LE
SALUT DE DIEU
FEUILLE CONSACRÉE À
L'ÉVANGÉLISATION
VOL. I
PREMIÈRE ANNÉE 1873-4
FRAGMENT SUR LA GRÂCE
« Car vous êtes sauvés
par la grâce, par le moyen de la
foi ; et cela ne vient pas de vous.
C'EST LE DON DE DIEU (le salut, la grâce et
la foi). NON PAS sur le principe des oeuvres
(pour quoi ?) ; AFIN QUE personne ne
se glorifie »
Arrêtons-nous un peu à cette
déclaration
d'Éphésiens II, 8.
L'homme naturel, pauvre créature
déchue, aussi orgueilleuse qu'elle est
misérable, considérera toujours ce
témoignage de Dieu comme une
folie et un scandale.
L'homme perdu veut absolument mériter ou
acquérir, —au moins en partie, —
le salut, la vie éternelle, et la faveur de
Dieu. Sa conscience lui dit qu'il est privé
de la gloire de Dieu ; qu'il ne peut
paraître devant sa face que pour être
jugé. Il n'admettra jamais que l'unique
place, où il ait le droit
d'être, selon la justice, soit la croix
de laquelle il est écrit :
« Maudit est quiconque est pendu au
bois. » Oubliant que la mort est le
salaire inévitable de chacun des nombreux
péchés qu'il a commis, ce
pécheur perdu consentirait
peut-être à faire ou plutôt
à entreprendre beaucoup de choses pour
s'améliorer, — comme si ce qui est
corrompu pouvait devenir bon.
Il n'est point assez perdu, à son
avis, pour admettre la nécessité de
naître de nouveau, afin de voir le royaume de
Dieu ou d'y entrer. Il veut acquitter
lui-même ses dettes, se délivrer
lui-même du jugement et de la condamnation.
À quoi serviraient à un tel homme la
croix de Christ, son oeuvre, sa
résurrection ? Ne veut-il pas devenir
meilleur, afin de se sauver
lui-même ?
Ce triste état du coeur de l'homme manifeste
précisément la plus déplorable
forme de son éloignement de Dieu, je veux
dire : l'inimitié contre Dieu.
Il s'oppose directement et audacieusement au
témoignage de Dieu : « Car
Dieu a renfermé tous les hommes sous
la désobéissance, afin de
faire miséricorde à tous. »
DEUX CHEMINS SUR L'UN
DESQUELS CHACUN DE NOUS SE TROUVE.
|
L'ENFER
SANS ESPÉRANCE
ET SANS DIEU
DANS LE MONDE.
|
|
LE CIEL
PURIFIÉ,
CONSOLÉ,
RÉJOUI.
|
LECTEUR, Lequel de ces deux chemins
suivez-vous ?
« CHRIST A SOUFFERT UNE FOIS
POUR LES PÉCHÉS, le juste
pour les injustes, afin qu'il nous
amenât à
Dieu. »
(1 PIERRE III, 18.)
« II était navré
pour nos forfaits, et froissé pour
nos iniquités ; l'amende qui
nous apporte la paix a été
sur lui, et par sa meurtrissure nous avons
la guérison. Nous avons tous
été errants comme des
brebis ; nous nous sommes
détournés chacun en suivant
son propre chemin, et l'Éternel a
fait venir sur lui l'iniquité de
nous tous. » (Esaïe LIII,
5, 6.)
Voilà ce que disent ceux qui
sont, par la grâce de Dieu, sur le
chemin resserré. Pouvez-vous, cher
lecteur, tenir un langage
pareil !
CROYEZ AU SEIGNEUR
JÉSUS-CHRIST ET VOUS SEREZ
SAUVÉ.
|
LE SANG QUI PURIFIE DE TOUT
PÉCHÉ
Un colporteur de bibles gravissait un jour
l'escalier délabré d'un galetas, dans
une chétive maison d un des quartiers les
plus mal famés de Londres. Arrivé en
haut, il se trouva vis-à-vis d un homme
à l'air brutal et rébarbatif, qui se
tenait sur le palier, les bras croisés,
appuyé contre la muraille. Il y avait dans
l'expression de sa figure et dans son attitude de
quoi inspirer la terreur ; et le premier
mouvement du visiteur à son aspect, fut de
se retirer ; mais, surmontant cette crainte
involontaire, il essaya d'engager une conversation
avec ce misérable. Il lui dit qu'il
était venu avec le désir de lui faire
du bien et de le voir heureux, - et que le livre
qu'il avait à la main contenait le secret du
bonheur.
Irrité, le scélérat se mit
à secouer avec rudesse son interlocuteur,
lui signifiant qu'il eût à
déguerpir aussitôt avec ses
stupidités, sinon il le jetterait du haut en
bas de l'escalier. Tandis que le colporteur
cherchait, par des paroles pleines de douceur et de
bienveillance, à calmer son furieux
adversaire, il entendit à sa grande surprise
le son d'une voix faible, partant de
derrière une porte à moitié
disloquée qui donnait sur le même
carré. Cette voix, presque éteinte,
murmurait ces mots : « Votre livre
parle-t-il du sang qui purifie de tout
péché ? Occupé qu'il
était de chercher à parler à
la conscience d'un pécheur endurci le
colporteur ne répondit pas tout de suite
à la voix qui l'interpellait. Celle-ci se
fit entendre de nouveau et répéta
avec plus de force et de clarté
« Dites-moi donc, ah ! dites-moi si
votre livre parle du sang qui purifie de tout
péché ? »
L'étranger ouvrit la porte et
pénétra dans une misérable
pièce, n'ayant pour tout ameublement qu'un
mauvais tabouret de bois ; et dans un coin un
tas de paille sur lequel était
étendue une vieille femme aux membres
décharnés. À l'arrivée
du visiteur, elle s'accouda pour appuyer sa
tête, et le regardant fixement de ses yeux
brillants de fièvre, elle lui
réitéra sa question :
« Votre livre parle-t-il du sang qui
purifie de tout
péché ? » II s'assit
auprès d'elle et lui demanda :
« Pauvre femme, que désirez-vous
savoir au sujet du sang qui purifie de tout
péché ? » Elle
répondit avec une vivacité
étrange et un redoublement
d'énergie : « Ce que
j'en veux savoir, moi ?... Mais je me meurs,
et je m'en vais comparaître nue devant Dieu.
J'ai été une femme méchante,
très-méchante toute ma vie... J'aurai
à répondre de tout ce que j'ai
fait... » — et elle se mit à
sangloter amèrement à ce souvenir
d'une vie passée dans l'iniquité.
« Mais une fois, continua-t-elle, une
fois, il y a bien des années de cela, je
passais devant la porte d'une chapelle, et
j'entrai, je ne sais pourquoi ni comment ;
mais bientôt après je sortis, et je
n'ai jamais oublié dès lors une
parole que j'entendis là. C'était
à propos du sang qui purifie de tout
péché. Ah ! si je pouvais en
entendre parler à présent. Dites-moi,
oh ! dites-moi s'il est parlé du sang
qui purifie, dans votre livre ? » Le
colporteur ouvrit sa Bible, et répondit
à cette demande par la lecture du premier
chapitre de la première épître
de Jean.
La pauvre créature semblait dévorer
ses paroles, et lorsqu'il s'arrêta, elle
s'écria : « Lisez-m'en
davantage, davantage ! » II lui lut
le. deuxième chapitre ; — un
léger bruit se fît entendre ; il
détourna la tête : c'était
le scélérat qui l'avait suivi jusque
dans la chambre de sa mère ; et bien
que ce malheureux eût le visage tourné
de côté, l'étranger
aperçut de grosses larmes qui roulaient sur
ses joues. Ce ne fut qu'après la lecture du
troisième, puis du quatrième et du
cinquième chapitre que la pauvre vieille
consentit à ce qu'il s'arrêtât,
mais elle ne voulut pas le laisser partir sans
qu'il lui eût promis de revenir le
lendemain.
Depuis ce moment-là jusqu'à ce
qu'elle mourut, six semaines plus tard, il ne
manqua pas un seul jour de venir lui lire la Parole
de Dieu, et c'était un bonheur de voir
comment, dès les premières lectures,
elle paraissait avoir trouvé la paix en
croyant en Jésus.
Et chaque fois que le colporteur venait, le
terrible homme d'autrefois le guettait pour le
suivre dans la chambre de sa mère ; et
là, ce malheureux écoutait en
silence, mais non sans intérêt, la
Parole. Enfin, la vieille femme mourut ; et le
jour de l'enterrement, tandis qu'on refermait la
fosse où l'on venait de descendre sa
dépouille mortelle, son fils se tourna vers
celui qui les avait visités avec tant de
sollicitude, et lui fit signe de venir vers lui.
Alors il lui dit : « Monsieur, j'ai
pensé qu'il n'y a rien au monde que je
souhaiterais autant que de consacrer
désormais ma vie à
parler à d'autres du sang qui purifie de
tout péché. »
Cher lecteur, le Seigneur Jésus-Christ a
satisfait, béni soit son nom, à tous
les droits que le Dieu juste et saint puisse avoir
contre un pécheur ; il y a satisfait
pour quiconque croit en lui. — La mort
n'est-elle pas les gages du
péché ? Eh bien ! Christ
est mort pour des impies.
(Rom. V, 6.) —Le jugement
suit-il la mort ? Oui, mais le Christ a
été offert pour porter les
péchés de plusieurs.
(Hébr. IX, 28.) —
Quelqu'un me demandera : « Comment
parviendrai-je à Dieu ? »
« Par le sang de
Jésus, » dit l'un des
apôtres. — « II a souffert
— le juste pour les injustes — afin de
nous amener à Dieu, » dit
un autre. Ainsi, notre état misérable
ayant été complètement mis
à nu dans la lumière de Dieu qui voit
tout, qui connaît tout, le Seigneur
Jésus-Christ a fait face à
tout ; il a répondu à tout, il a
satisfait à tout ce qu'exigeait la
sainteté de Celui qui a les yeux trop purs
pour voir le mal.
Que reste-t-il à faire maintenant ? Pas
autre chose qu'à croire que Jésus a
tout fait. — Vérité
merveilleuse ! Grâce sans
pareille ! Dieu se montre juste envers le
Christ, en pardonnant les péchés
de quiconque croit en Jésus, et se repose
sur l'oeuvre parfaite et achevée du Sauveur.
— Et pourquoi Dieu est-il satisfait ?
Parce que Jésus a porté le jugement
que nous avions mérité ; il a
porté le jugement du péché, et
pour cela il est entré dans les
pensées de Dieu à l'égard du
péché et de notre culpabilité,
de sorte qu'ila glorifié
Dieu dans l'oeuvre de la rédemption.
Et maintenant, Christ, ressuscité d'entre
les morts par la puissance de Dieu, et assis
à sa droite dans le ciel, est le
témoin aussi bien que la preuve, que toute
l'oeuvre est faite, et plus encore — que Dieu
reçoit avec joie celui qui s'approche ;
il le reçoit avec une joie qui devient
réciproque, qu'il veut partager avec nous,
car il dit :
« Mangeons » (et non pas
seulement mange, toi), « faisons
bonne chère. » Le salut est
par la grâce ; la vie éternelle
est le don de Dieu.
Pour le pécheur, tout est pure
grâce ; c'est Christ qui a porté
toute la peine du péché. Par son
précieux sang, il a obtenu une
rédemption éternelle ; et Dieu
peut avec justice, en vertu de l'oeuvre de Christ,
manifester sa grâce en faveur du
pécheur repentant. Quel solide appui, quel
fondement permanent pour l'âme du
croyant ! Le sang peut-il jamais
manquer ? Peut-il en rien perdre sa puissance,
sa vertu, pour purifier le plus misérable,
le plus impie, le plus infâme des
pécheurs qui vient à
Jésus ? Jamais, jamais !
Croyez donc la fidèle Parole de Dieu. Mettez
toute votre confiance dans l'oeuvre parfaitement
accomplie de Christ, et vous serez sauvé.
(Actes des apôtres XVI, 31.)
LA JUSTICE DE DIEU
Dans la Parole de Dieu on trouve
continuellement, et comme marchant de front, deux
choses qu'il importe de bien
distinguer :
1° Les desseins éternels de Dieu qui
s'accomplissent sans aucune participation de la
part de l'homme.
2° Le travail de l'Esprit de Dieu dans le
coeur de l'homme, travail intérieur,
individuel, ayant pour but d'approprier à
l'homme ces desseins de la grâce divine, en
amenant sa conscience dans la lumière de la
présence de Dieu ; puis en le faisant
jouir, dans la paix de Dieu, dans sa faveur et les
libres relations d'un enfant, en attendant la
gloire à venir, d'un avant-goût des
bénédictions spirituelles et
éternelles, apanage de la foi.
L'homme, bien que par la grâce il soit
l'objet des conseils de Dieu, n'a rien à
faire pour leur accomplissement. Dieu en est
l'auteur et le consommateur. Lui seul, selon sa
propre sagesse, et pour sa propre gloire, pouvait
permettre que le mal entrât dans le monde
qu'il avait créé, pour en faire
l'occasion et un moyen de la manifestation de sa
gloire et de l'accomplissement de ses conseils
éternels ; Dieu seul pouvait porter
remède à l'état de
dégradation dans lequel Adam s'est
plongé avec sa race par la chute ; or,
Dieu l'a fait, et il l'a fait pour sa propre
gloire, non pour la gloire de l'homme. (Voyez
Ezéch. XXXVI, 16-38.)
Satan avait commencé la guerre en se rendant
maître de l'homme. Dieu intervint
aussitôt pour établir
l'inimitié entre le serpent et la semence de
la femme, et pour prononcer sur l'ennemi la juste
sentence de jugement qui accomplirait aussi
l'affranchissement de l'homme. Bientôt Dieu
se montrera Vainqueur, aux yeux
de tous, lorsque Satan sera définitivement
écrasé sous les pieds des saints.
(Rom. XVI, 20.)
Jusque-là tout ce qui est moralement
nécessaire pour anéantir l'Ennemi et
pour délivrer l'homme, a été
accompli dans la mort et la résurrection de
Christ ; et tout cela est maintenant
valable pour quiconque CROIT :
« Car le juste vivra DE SA
FOI. »
La mort de Christ, sa résurrection, son
ascension dans le ciel, sa séance à
la droite de Dieu, voilà ce qui fournit au
croyant la divine assurance que Dieu l'a
agréé, et qui lui donne en même
temps la mesure de sa bénédiction
actuelle, et le caractère de la relation
dans laquelle Dieu l'a placé. Et tout cela
s'accomplit non-seulement selon le propos
arrêté de Celui qui opère
toutes choses selon le conseil de sa VOLONTÉ
(Eph. I, 11), non-seulement comme
fruit de son AMOUR ineffable, mais en même
temps sur le principe de la JUSTICE absolue.
S'agit-il du péché ? Le sang de
Jésus, qui purifie de tout
péché, a été
répandu. S'agit-il de notre
éloignement de Dieu ? Le croyant peut
dire qu'il a été approché,
amené à Dieu,
réconcilié avec Dieu par la mort de
son Fils.
(Rom. V, 10.) La justice
exigeait-elle la mort du pécheur ?
Christ est mort, porteur des péchés
qui n'étaient pas les siens, mais les
nôtres, afin de satisfaire les saintes
exigences de la justice. Lui seul était
qualifié pour se présenter comme le
sacrifice que la gloire, la justice et la
sainteté de Dieu demandaient.
Oui, Christ est mort. Lui, le bon Berger, a
donné sa vie pour ses brebis. Mais Dieu, qui
l'a livré, l'a aussi ressuscité,
ayant délié les douleurs de la mort,
puisqu'il n'était pas possible qu'il
fût retenu par elle.
(Actes II, 24.) La
résurrection de Christ est, à la
fois, la preuve de sa victoire sur Satan, sur le
péché et sur la mort ; — le
gage de la résurrection de tous ceux qui se
sont endormis en croyant en Lui
(1 Cor. XV, 20 ;
Jean VI, 39, 40 ;
1 Thess. IV, 14 ;
Rom. VIII, 11) ; —et, dans
le croyant, par l'Esprit-Saint, la puissance morale
de la vie nouvelle que Dieu lui a donnée.
(Rom. VI, 4 ;
Eph. I, 19, 20 ;
2 Cor. IV, 14, 16.)
« Jésus a été
livré pour nos fautes et a été
ressuscité pour notre
justification. »
(Rom. IV, 25.)
Mais ce n'est pas tout. La même justice, qui
exigeait le sacrifice pour le péché,
exigeait aussi l'élévation en gloire
du fidèle serviteur de Dieu, qui,
accomplissant toute la volonté de Dieu,
s'était humilié jusqu'à la
mort de la croix, pour nous délivrer de nos
péchés, faisant de la mort l'acte
suprême et absolu d'obéissance
à Dieu. Nous savons maintenant que Dieu a
agréé le sacrifice de
Jésus ; car II a élevé
à sa droite dans le ciel Celui qui avait
parfaitement accompli toute Sa volonté. La
gloire actuelle de Christ devient la parfaite
assurance du croyant, en ce qu'elle est la garantie
et la preuve éclatante de la satisfaction
rendue à toutes les exigences de la justice
de Dieu.
Nous voyons donc actuellement la justice
satisfaite dans tout ce qu'elle
réclamait à cause du
péché, et pour sa
propre manifestation ; ensuite la justice
démontrée et glorifiée dans
ses résultats par l'exaltation de
Jésus à la droite de Dieu ;
puis, comme fruit et comme conséquence,
cette même justice s étendant vers
nous pécheurs, et sur quiconque
croit, — Jésus réclamant pour
son peuple racheté, la même place
qu'il occupe Lui-même, Lui qui, comme homme,
a glorifié Dieu en accomplissant l'oeuvre de
la rédemption. à dit :
« Père, je veux, quant à
tous ceux que tu m'as donnés, que là
où moi je suis, ils y soient aussi avec moi,
afin qu'ils voient ma gloire, la gloire que tu m'as
donnée ; car tu m'as aimé avant
la fondation du monde. »
(Jean XVII, 24.) Combien les
pensées et les voies de Dieu sont
magnifiques ! La position dans laquelle, le
croyant est placé n'est point un
rétablissement de l'état primitif
d'Adam avant sa chute ; c'est quelque chose
d'infiniment meilleur : c'est la position de
Christ ressuscité et glorifié.
Jésus ressuscité, et sur le point de
retourner auprès de son Père dans le
ciel, fit connaître à ses disciples la
gloire et l'intimité de la relation avec
Lui-même et avec Dieu son Père dans
laquelle il les introduisait par son oeuvre :
« Va vers mes frères,
dit-il à Marie de Magdala, et
dis-leur : Je monte vers mon
Père et votre Père, et
vers mon Dieu et votre
Dieu. »
(Jean XX, 17.) La relation d'enfant
qui, par la foi, par la rédemption, est
devenue notre part, nous est ici pleinement
révélée, dans la
résurrection, par la bouche d'un Christ
ressuscité. C'est une vie toute nouvelle,
qui commence, pour ainsi dire,
de l'autre côté du sépulcre de
Christ, et qui, par cela même, est au
delà de l'atteinte de la mort et du
jugement.
Aussi n'avons-nous pas besoin d'attendre le jour de
notre mort physique pour jouir de l'adoption ;
elle est à nous croyants dès
maintenant, par la grâce de Dieu, en vertu de
la mort de Christ et de sa
résurrection. Le croyant est
identifié avec Christ, dans sa mort et dans
sa résurrection, de sorte que la vie
éternelle et l'adoption sont pour lui,
dès qu'il a cru, une possession
présente.
Le Seigneur Jésus-Christ nous le
déclare expressément
(Jean V, 24) : « En
vérité, en vérité, je
vous dis, que celui qui entend ma parole et qui
croit Celui qui m'a envoyé, a la vie
éternelle et ne viendra pas en
jugement ; mais il est passé de
la mort à la vie. » Et
l'apôtre ajoute :
« Bien-aimés, nous sommes
maintenant enfants de Dieu... »
LA VOIE DE LA PAIX
« Ils n'ont pas
connu la voie de la paix. »
Romains III, 17.
Ces paroles s'appliquent à tous ceux qui
ne connaissent pas l'amour de ? Dieu envers
eux comme pécheurs, ni ses voies envers eux
comme tels dans la croix de son Fils
bien-aimé. C'est à la croix que
j'apprends à connaître Dieu comme le
Dieu de paix ; c'est là que Dieu me
fait voir de quelle manière la paix a
été faite ; c'est là que
je découvre, pour la joie
de mon âme, comment Dieu, tout en
satisfaisant son amour envers moi, pécheur,
peut avec justice venir me parler de paix ;
c'est là, et uniquement là, que je
vois la grâce et la vérité se
rencontrer, et la justice et la paix
s'entre-baiser. Pour m'approcher de Dieu il n'y a
pas d'autre voie que la croix ; il n'y a pas
d'autre moyen non plus pour que Dieu me
reçoive selon la justice et la paix.
Si, baissant les yeux, je puis dire :
« O Dieu, sois apaisé envers moi,
pécheur, » je puis aussi, par la
foi, regarder en arrière vers la croix
où le Fils de Dieu a souffert pour le
péché, et voir là la
miséricorde, rien que la miséricorde
envers moi ; et tous mes péchés
sont effacés ; je suis
justifié ; de plus, je sais que Dieu
m'aime, et qu'il a trouvé un moyen pour me
ramener à lui ; je sais aussi qu'il a
de la joie en me recevant ainsi. Sa joie est
exprimée devant les anges dans le ciel, pour
chaque pécheur qui se repent. Et remarquez
que c'est en cela précisément que
consiste la repentance envers Dieu, dans cette
découverte de sa bonté
vis-à-vis de ma méchanceté. La
bonté de Dieu me brise le coeur. Je me juge
à cause de ce que je suis, et je suis
attiré vers Dieu à cause de ce qu'il
est. La bonté de Dieu pousse à la
repentance.
(Rom. II, 4.)
Lecteur, connaissez-vous Dieu comme le Dieu de
paix ? C'est ainsi qu'il faut le
connaître, avant de pouvoir marcher dans la
voie de la paix ; non pas dans %ne voie
de paix, car il n'y en a pas plusieurs ; il
n'y en a qu'une.
La paix fut faite à la croix de Christ. Dieu
nous a fourni un type saisissant de ce qui s'est
accompli à la croix, en nous donnant
l'histoire d'Abraham qui s'en est allé
à la montagne de Morijah avec Isaac, son
fils unique, afin de l'y offrir en holocauste.
N'avez-vous pas remarqué les paroles
touchantes que prononce Isaac dans la scène
émouvante que nous décrit le
chapitre XXII du livre de la
Genèse ? Il demande :
« Voici le feu et le bois ; mais
où est la bête pour
l'holocauste ? Et Abraham répond :
Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de
bête pour l'holocauste ; et ils
marchaient tous deux ensemble. » Abraham
ne se doutait guère que, inspiré de
Dieu, il proférait des paroles
prophétiques qui devaient s'accomplir sur le
Calvaire. En effet, Dieu s'est pourvu d'un agneau.
Isaac était remplacé sur l'autel par
un bélier qui se trouvait retenu à un
buisson par les cornes, mais le Fils de Dieu n'a
pas été épargné ;
telles sont les voies et les miséricordes de
Dieu.
Lecteur, avez-vous jamais été
frappé par ces paroles du Fils
bien-aimé de Dieu, lorsqu'il était
sur la croix, portant nos
péchés : « Mon Dieu,
mon Dieu, pourquoi m'as-tu
abandonné ? » Ah ! si
vous êtes un pécheur sauvé,
vous savez maintenant pourquoi vous l'êtes.
Si vous n'êtes pas encore sauvé, vous
devez en connaître la raison avant de pouvoir
faire un seul pas dans « la voie de la
paix. » La question est simplement
celle-ci : Que je me reconnaisse pour ce que
je suis, un pécheur, et que je connaisse
Dieu comme un Dieu qui, à
cause de Christ, trouve ses délices à
me recevoir, moi, pécheur. En Christ, je
connais Dieu comme un père qui se jette
à mon cou et me couvre de baisers. Quand je
reconnais ce que je suis, Dieu me fait
bientôt découvrir ce qu'il est,
lui ; car je suis revêtu de la plus
belle robe, l'anneau est à mon doigt, les
sandales sont à mes pieds, le veau gras est
tué, et assis à la table du
père, j'écoute la musique et les
réjouissances que sa propre parole a
ordonnées.
D'où vient cette joie du côté
de Dieu ? Son amour infini en est la seule
explication. Quand je discerne son amour, la
repentance envers Lui que produit la conscience de
sa bonté vis-à-vis de mon
indignité, devient toujours plus profonde.
Qu'il y ait seulement un retour vers Dieu, et en
même temps l'aveu de ce que je suis comme
pécheur, et Dieu est le premier à
venir à ma rencontre. La foi dans le
Seigneur Jésus-Christ et l'amour pour Lui
s'accroissent aussi quand nous le voyons, dans son
amour, « porter nos péchés
en son corps sur le bois. »
(1 Pierre II, 24.)
La paix est faite. Je n'ai pas à la
faire ; comment pourrais-je, moi,
pécheur, faire la paix avec Dieu ?
Christ seul pouvait la faire par le sang de sa
croix ; car sans l'effusion de ce sang, Dieu
n'aurait pas pu pardonner les péchés.
Or ce sang a été répandu, et
Dieu est juste en me pardonnant mes
péchés ; et, comme je l'ai dit,
il a de la joie en recevant le pécheur et en
lui pardonnant ses péchés. J'ai donc
la paix avec Dieu ; je connais Dieu comme le
Dieu de paix.
Il y a deux sortes de paix, distinctes l'une de
l'autre, qui se rattachent à la voie de la
paix : ce sont d'abord la paix que Christ a
faite à la croix ; puis la paix qu'il a
laissée aux siens qui l'attendent dans ce
monde jusqu'à ce qu'il vienne. L'esprit de
Dieu veut les maintenir devant l'âme dans
toute leur intégrité et selon leurs
valeurs respectives ; malgré cela,
Satan, en lés mêlant, réussit
souvent à entraver la tranquillité et
le progrès du croyant. Lorsqu'en traversant
le monde, nous marchons vers le « Dieu de
paix » dans « la voie de
la paix, » le coeur jouit en discernant
combien les deux sortes de paix se distinguent
l'une de l'autre, et combien en même temps
elles se tiennent ensemble.
Je me suis un peu arrêté à la
première des deux paix — la paix que
Christ a, faite, — par la raison qu'il
y a tant d'âmes qui devraient la
posséder et qui ne la possèdent pas.
Cela est bien triste, mais ce n'est pas chose
étonnante aussi longtemps qu'ils croient
devoir ajouter quelque chose à une oeuvre
déjà faite. Il est cependant
d'autres personnes qui croient posséder la
paix ; toutefois ils ne l'ont pas d'une
manière stable. Leur conscience est
tranquille quant au jugement, car ils ont vu
clairement que tout dépend d'une oeuvre qui
est accomplie. Ils savent qu'ils n'ont rien
à faire ; malgré cela ils ne
sont pas remplis de paix. Le coeur n'est pas
satisfait, et pourquoi ? — Us
s'arrêtent là où ils
sont ; ils recherchent plus ou moins les
choses de la terre et ne se rendent pas compte que
pour posséder la seconde
paix — la paix que Christ a laissée
— sa propre paix, — il faut suivre
Christ. Si nous confondons les deux paix, nous
détruisons le caractère propre de
chacune d'elles. Il faut donc les tenir
séparées selon leur différence
positive et précieuse. Avoir la vie
par la foi en Christ est une chose ;
vivre par Lui est tout autre chose.
« Celui qui me mangera, celui-là
aussi vivra à cause de moi. »
(Jean VI, 57.) Voilà ce qui entretient la
vie que Dieu a donnée.
Si vous avez la paix de Christ Lui-même,
celle qu'il a donnée, vous la
possédez en vivant de Lui et en le
suivant.
Si vous n'êtes pas encore sauvé, si
vous n'êtes pas dans « la voie de
la paix, » ne vous donnez pas de repos
jusqu'à ce que vous connaissiez cette voie.
Si au contraire vous êtes sauvé et
dans « la voie de la paix, »
recherchez avant tout la paix dont Christ
Lui-même jouissait en passant par ce monde
qui ne connaît pas la paix.
Combien il vaut mieux avoir les pieds dans
« la voie de la paix » pendant
que nous traversons cette terre que vouloir
réussir dans le monde ! À
la fin il nous faudra quitter cette vie, et alors
qu'en sera-t-il ? Si nous mourons sans avoir
connu « la voie de la paix, »
sans y avoir marché, il est évident
que nous n'arriverons jamais auprès du Dieu
de paix ; toutes nos espérances seront
anéanties.
Que Dieu vous accorde, cher lecteur, de
connaître celui dont il est
écrit : « C'EST LUI QUI EST
NOTRE PAIX. »
(Eph. II, 14.) Vous pourrez alors
dire avec le bienheureux
apôtre Paul : « Pour moi vivre
c'est Christ, et mourir un gain. »
(Phil. I, 21.) Bientôt nous
serons avec le Dieu qui nous a aimés et qui
a donné son Christ pour nous, le Dieu que
maintenant nous aimons et que nous servons.
LES DÉGUISEMENTS DE LA
MORT
Un train express se lance dans la nuit avec la
rapidité de l'éclair ; tout
à coup un essieu se rompt ; quelque
chose se dérange, et en un instant les
wagons sont jetés hors de la voie, et ne
forment plus qu'une masse confuse de débris
méconnaissables. Les cris des blessés
et des mourants retentissent, et l'horreur se peint
sur la figure de ceux qui assistent à la
catastrophe. La mort est là, sans
déguisement et sans voile ; elle
s'avance fièrement et à
découvert, et réclame sa proie.
Un beau navire appareille et quitte le port sous
l'impulsion réunie du vent et de la vapeur,
il glisse rapidement sur la mer profonde. La
côte éloignée s'approche. Mais
quelque circonstance détourne le vaisseau de
sa route. Soudain, au milieu de la nuit, on entend
le cri de la vigie : « Brisants
à l'avant ! » II est trop
tard ! Le danger ne peut plus être
évité. Le navire donne sur les
brisants ; il frémit ; il
chancelle, et avant que les passagers, à
peine réveillés, puissent atteindre
le pont, les eaux mugissantes ont tout envahi
et mis fin à leur vie.
Au-dessus de l'humide sépulcre plane le
spectre de la mort. Elle est là, effrayante,
couvant des yeux sa proie, le saisissant sans
s'inquiéter des larmes de ceux qui pleurent
en entendant cette nouvelle
répétée si souvent :
« Perdu corps et
biens ! »
Voyez ce champ de bataille, de carnage, de sang
répandu, de mort. Les puissances hostiles se
trouvent en présence ; l'ordre pour le
combat a été donné ;
avant le premier coup de feu bien des coeurs se
sont élevés à Dieu. Chaque
soldat doit faire abnégation de sa vie, la
donner volontairement pour la cause de son pays, et
fouler ce sol qui va s'imprégner du sang de
milliers d'hommes. Et la mort hideuse est
là, prête à serrer dans ses
bras avides tous ceux qui vont succomber dans la
lutte sanglante. On entend la mort dans chaque
détonation du canon ; on la voit dans
chaque coup d'épée.
Le champ de bataille, le naufrage, les accidents de
chemins de fer, c'est là qu'habite la mort.
Elle s'y trouve chez elle. Elle y est attendue.
Elle n'a pas besoin de voile là, ni de
manteau, ni de rien qui la cache. Elle peut n'y pas
être désirée, elle est
là néanmoins, — le roi des
épouvantements
(Job XVIII, 14) ; elle est
là dans toute sa réalité, pour
les jeunes comme pour les vieux ; pour les
riches comme pour les pauvres ; pour les forts
comme pour les faibles ; pour les
maîtres comme pour les serviteurs.
Mais la mort n'est pas toujours sans voile :
pour s'avancer sans être reconnue, elle a
recours à plus d'un
déguisement. Elle doit nécessairement
paraître sur la scène ; et pour
ne pas être vue de sa victime, elle sait
s'approcher de la manière qui lui assure le
mieux le succès. C'est d'une main habile
qu'elle sait conduire jusqu'au fond de
l'abîme de l'enfer.
Voyez ce jeune homme, séduit par le
goût de la liqueur qui brille dans le
verre ; voyez-le poursuivre sa route fatale et
descendre toujours plus bas, jusqu'à ce que
vous le trouviez étendu dans la fosse des
ivrognes.
Voyez cette jeune femme que
l'élégance d'une parure a
captivée, puis entraînée dans
un chemin de péché ; voyez-la
s'en allant déshonorée vers une tombe
précoce.
Et si nous nous détournons de ces causes
manifestes de destruction, arrêtons-nous
auprès de ceux qui suivent une voie qui
semble droite à leurs yeux.
(Proverbe XVI, 25.) Ce n'est pas une
voie d'intempérance, d'impureté, de
vol ou d'incrédulité ; c'est une
voie dans laquelle la conscience est tenue assoupie
par la pensée qu'on peut dire :
paix, paix, quand l'entendement n'a
pas été renouvelé, que la
nouvelle naissance n'est pas connue, qu'il n'y a
pas eu d'aspersion par le sang de Christ, et que le
coeur trouve sa jouissance, non dans une voie de
péché notoire, cela va sans dire,
mais dans les choses de cette vie, dans les
intérêts, la politique, les habitudes
de ce monde ! — lorsque Dieu
déclare tout le .long de sa Parole qu'il
n'y a point de paix là, et «
qu'il y a telle voie qui semble droite l'homme mais
dont l'issue sont les voies de
la mort . »
(Proverbes XIV, 12.)
Quand, le jeune homme goûta pour la
première fois le contenu de la coupe
étincelante, il ne se doutait pas qu'elle
était portée à ses
lèvres par la main de la mort. Il ne
connaissait pas la mort sous cette for e ; il
fut trompé et il fut per u ! — Et
la jeune femme qui descendit dans la tombe avant le
temps, elle non plus ne discerna pas l'ennemi sous
l'éclat de l'attrayante parure, qui lui fit
faire le premier pas dans le chemin de la
perdition. Elle ne voyait pas la mort; pourtant
elle devint sa pro e !
Ceux-là enfin qui s'occupent activement de
ce qui semble droit à leurs yeux,
ceux-là non plus ne songent guère aux
ruses de l'adversaire. La mort se sert de choses,
bonnes en elles-mêmes peut-être, pour
les aveugles quant à leur état de
pécheurs perdus, elle les tient assoupis,
pour que la parole incisive de la nouvelle
naissance et de la vie en Christ ne leur parvienne
pas. — h ! que ceux qui dorment se
réveillent! Que le bandeau soit
arraché de leurs yeux ! Que le
pécheur apprenne que le salaire du
péché c'est la mort !
(Rom. VI, 23.) Que celui qui
professe de croire en Christ, et qui fait de
sa profession un oreiller de
sécurité, sache qu'il n'a que le nom
de vivre et qu'il est mort !
(Apoc. III , 1.) O vous, qui
n'êtes pas sauvés,
réveillez-vous! Pourquoi dormir, pourquoi
sommeiller, et ployer les bras pour demeurer
couchés?
(Prov. XXIV, 33.) Vous êtes les
captifs de Satan, et vous ne vous en doutez pas !
Vos péchés sont grands, mais votre
indifférence à cet égard et
à l'égard du jugement est plus
terrible encore. Croyez-vous que Dieu ne fera pas
ce qu'il dit, ou que la Parole de Dieu ne s'adresse
pas à vous? Ne savez-vous pas que le regard
de la mort est attaché sur vo us? Vous
êtes avertis.
Si vous fermez l'oreille aux avertissements de la
Parole de Dieu, il ne reste plus pour vous qu'une
certaine attente terrible de jugement.
(Hébr. X, 27.) La mort vous
amènera devant le jugement et Dieu vous
condamnera à « la peine du feu
éternel »
(Jude, 7) que vos
péchés méritent. —
Lecteur, si vous n'êtes pas sauvé,
nous vous supplions solennellement,
affectueusement, d'écouter l'appel que vous
adresse Celui qui a souffert une fois pour les
péchés, le juste pour les injustes
: «Venez à moi, vous tous qui
vous fatiguez, et qui êtes chargés, et
moi je vous donnerai du repos . »
C'est la vie qu'il vous faut, à vous
tous qui êtes encore dans vos
péchés, et vous pouvez la' trouver
aujourd'hui même, bénit soit Dieu
! « Qui croit au fils, a la vie
éternelle . »
(Jean III, 36.) «Celui qui
a le fils, a la vie . »
(1 Jean V, 12.) « Je suis
le chemin, et la vérité, et la
vie . »
(Jean XIV, 6.) Si vous croyez ce que
Dieu vous dit dans ces paroles, vous «
êtes passés de la mort à la vie
»
(Jean V, 24), et vous pouvez dire
: « Où est, ô mort, ton
aiguillon? où est, ô hadès, ta
victoire ? »
(1 Cor. XV, 55.)
J.-W. S.
« LA BIENHEUREUSE
ESPÉRANCE »
(un mot a ceux qui sont sauvés.)
(Lisez l'épître
à
Tite II, 11-14.)
I
Dans le moment actuel il est
particulièrement nécessaire que nous
combattions pour la foi qui a été une
fois enseignée aux saints. Le monde
soi-disant chrétien est rempli de fausses
doctrines, de sorte que l'enfant de Dieu est
"appelé d'une manière toute
spéciale à examiner, par la Parole de
Dieu, quels sont les fondements de sa foi. Chacun
doit se demander : Est-ce que je
possède la foi telle qu'elle a
été enseignée au commencement
par le Seigneur, puis confirmée par ses
apôtres ? Bienheureux celui qui, par la
grâce de Dieu, peut répondre dans
l'humilité et dans la crainte - : Oui.
— Bienheureux celui dont la vie
journalière vient en témoignage
à l'appui de sa profession.
L'attente du retour personnel du Seigneur
Jésus a été, et est encore,
trop séparée de l'assurance du salut
dans la pensée des enfants de Dieu. C'est
par cette conviction que nous nous sentons
pressés d'appeler, sur ce sujet, l'attention
sérieuse de nos lecteurs, en examinant la
manière dont la Parole de Dieu réunit
ces deux vérités.
Le salut se rattache nécessairement à
la personne de Christ. Lorsque le vieillard
Siméon tient le petit enfant Jésus
entre ses bras, il bénit Dieu, disant :
« Maintenant, Seigneur, tu laisses aller
ton esclave en paix selon ta parole, car mes
yeux ont vu ton salut, lequel tu
as préparé devant la face de tous les
peuples... » Siméon voit, dans la
personne de cet enfant, le salut
préparé par Dieu. Anne, la
prophétesse, aussi, parlait de lui à
tous ceux qui, à Jérusalem,
attendaient la délivrance. (Voyez
Luc II, 25-38.)
Le fait que Christ est venu pour sauver est d'une
immense portée pour nos âmes.
J'apprends ainsi, non-seulement que Christ a
achevé, sur la terre, l'oeuvre que le
Père lui avait donnée à faire,
mais encore qu'il est venu a ma recherche :
moi, j'étais une brebis perdue ; Lui,
le bon Berger, est venu pour me chercher et pour me
sauver. Ce fait, simplement saisi par la foi,
produit une douce et ineffable intimité du
coeur avec le Seigneur. Aussi l'Esprit de Dieu
insiste-t-il beaucoup là-dessus dans la
Parole :
« Cette parole est certaine et digne de
toute acceptation, que le Christ Jésus est
venu dans le monde, pour sauver les
pécheurs, dont moi je suis le
premier. »
(1 Tim. I, 15.) « Le
Père a envoyé le Fils pour être
le Sauveur du monde. » « Dieu a
envoyé son Fils unique dans le monde, afin
que nous vivions par lui. »
(1 Jean IV, 9,
14.) On pourrait aisément
multiplier les citations de ce genre. Bornons-nous
à ces propres paroles de Celui qui
était envoyé de Dieu et qui est venu
aussi de sa libre volonté
(Hébr. X, 6, 9) :
« Le Fils de l'homme est venu
cherchée et sauver ce qui était
perdu. »
(Luc XIX, 10; comparez
Matth. XVIII, 11.)
L'oeuvre de la rédemption se rattache donc
indispensablement à la
personne du Sauveur ; de sorte que le coeur de
celui qui est sauvé se tourne
spontanément vers Jésus, afin de le
connaître tel qu'il est, avec l'ardent
désir d'arriver auprès de Lui,
là où II est. L'âme du croyant
soupire après le moment où elle sera
avec lui. La brebis perdue qui a une fois
reposé sur l'épaule puissante du bon
Berger, où elle est garantie de tout mal;
qui, de plus, a connu la douceur d'être
portée, dans son sein
(Ésaïe XL, 11), comme
dans son éternel refuge, loin de toute la
perfidie et de tous les mensonges de l'ennemi,
cette brebis-là ne pourra jamais accepter
d'être séparée de son Sauveur.
Le coeur de la brebis sauvée se tournant
instinctivement vers Jésus, elle doit se
demander pourquoi II a quitté cette terre,
où II est allé, et ce qu'il est
allé faire.
Notre intention n'est point d'exposer dans toute
son étendue la réponse que les
Écritures fournissent à ces
questions, au point de vue des conseils de Dieu.
Contentons-nous de l'explication que nous donne
Jésus lui-même, en rapport avec les
besoins actuels des rachetés qu'il allait
alors, laisser pendant quelque temps sur la terre.
Il dit
(Jean XIV, 1-4) :
« Que votre coeur ne soit pas
troublé ; vous croyez en Dieu, croyez
aussi en moi. Dans la maison de mon Père il
y a plusieurs demeures ; s'il en était
autrement, je vous l'eusse dit, car je vais vous
préparer une place. Et si je m'en vais, et
que je vous prépare une place, je
reviendrai, et je vous prendrai auprès de
moi ; afin que là où moi je
suis, vous, vous soyez aussi. Et
vous savez où je vais, et vous en savez le
chemin. »
Serait-il possible pour Lui qui est venu à
la recherche de ses brebis, de les abandonner sur
la terre où règne le
péché à cause duquel II a tant
souffert ? Assurément non. — Aussi
demande-t-Il à son Père qu'elles
soient avec lui, là où Lui est, afin
qu'elles y voient la gloire que le Père lui
a donnée, — gloire qui lui est propre,
et qui ne peut être vue que là, —
dans la maison de son Père.
(Jean XVII, 24.) Puis, II leur fait
comprendre qu'il va venir pour les prendre
auprès de Lui. Enfin le dernier message
qu'il leur envoie (à la fin de
l'Apocalypse), pour les consoler et les encourager
chemin faisant, c'est : « Voici, je
VIENS BIENTÔT. »
Lorsque le Seigneur Jésus est monté
dans le ciel à la vue de ses disciples, sur
la montagne des Oliviers, Dieu a pris soin de leur
confirmer, par le moyen de deux anges en forme
humaine, l'espérance que le Seigneur
Lui-même avait nourrie dans leurs coeurs. Les
anges leur dirent : « Hommes
Galiléens, pourquoi vous tenez-vous ici en
regardant vers le ciel ? Ce Jésus qui a
été élevé d'avec vous
dans le ciel, viendra de la même
manière que vous l'avez vu s'en allant au
ciel. »
(Actes I, 11.)
Est-ce donc chose étonnante que de trouver
les premiers chrétiens remplis de
zèle et attendant le Seigneur
Jésus ? Cette attente leur donnait un
tel caractère, un tel cachet, aux yeux de
tout le monde que l'apôtre Paul n'avait pas
besoin d'en rien dire. Leur vie,
leur conduite, leur marche, tout disait qu'ils
s'étaient détournés des idoles
vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai, et
pour attendre des cieux son Fils.
(1 Thess. I, 5-10.) Cette
« bienheureuse
espérance » leur donnait un
caractère céleste ; elle
entretenait, dans leurs coeurs, les relations les
plus intimes avec le Seigneur lui-même. Ils
agissaient fidèlement d'après les
ordres de « l'homme noble, »
qui s'en était allé pour recevoir le
royaume et revenir : ils trafiquaient pour lui
jusqu'à ce qu'il revînt.
(Luc XIX, 13.)
II
Considérons maintenant un autre aspect de
la bienheureuse espérance que nous
présentent les oracles divins ; je veux
dire le point de vue dispensationnel qui est
développé surtout dans
l'Évangile de Matthieu.
Le Seigneur Jésus-Christ était, selon
la chair, fils de David et fils d'Abraham ; il
était par conséquent héritier
de toutes les promesses que Dieu avait faites
à ces deux hommes de foi. Comme fils
d'Abraham, II était « la
semence » dont parle l'apôtre Paul
en Galates III, 16,
19, celui en qui toutes les nations
de la terre devaient être bénies.
Comme fils de David, il devait s'asseoir sur le
trône de son père, et procurer
à son peuple terrestre, ces
« grâces
assurées » dont les
prophètes d'Israël aimaient à
s'entretenir. (Comparez
Psaume LXIX ;
Ésaïe LV, etc.)
Pour établir son royaume en Israël, il
aurait fallu qu'il eût
trouvé un peuple de franche volonté,
selon le Psaume
CX. Au lieu de cela lorsqu'il est
venu chez les siens, les siens ne l'ont pas
reçu ; le monde qui était fait
par lui ne l'a point connu. Sa présence
personnelle devait manifester jusqu'à quel
point le monde, plongé dans le
péché, s'était
éloigné de Dieu. Le règne du
« prince de ce monde » n'avait
pas encore pris fin. D'ailleurs Jésus, comme
l'Agneau de Dieu, devait souffrir pour le
péché afin de l'ôter. —
D'un côté, la justice de Dieu, comme
caractère moral du royaume, devait
être mise en évidence ; de
l'autre côté, l'iniquité des
hommes devait venir à son comble dans la
réjection du Roi qui était venu du
ciel. Tout cela, pour ce qui concerne les hommes
pécheurs, était consommé
à la croix.
Le monde ne voulait pas un règne qui aurait
eu pour base la justice absolue. Mais parce que les
hommes refusaient de le reconnaître,
Jésus n'en était pas moins Roi. Il
vint dans le monde comme celui dont il est
parlé dans le IIe psaume :
« Mais j'ai sacré mon roi sur
Sion, la montagne de ma
sainteté. » II maintient hautement
la confession de sa royauté devant
Ponce-Pilate.
(Jean XVIII, 33-38.) Il était
réellement Roi ; — le seul auquel
le gouvernement appartenait de droit
(Ézéchiel XXI, 27),
aussi était-Il reconnu pour tel par quelques
hommes de foi qui, comme Nathanael avaient appris
à le connaître.
(Jean I, 50.)
Or, ce n'était que par la foi, que l'on
pouvait ainsi reconnaître Jésus. Le
monde qui ne regarde qu'à
l'apparence extérieure, ne voyait rien en
Lui qui fît qu'on le désirât.
Était-il raisonnable que le pauvre
charpentier de Nazareth fût le Roi
d'Israël, le Messie dont tous les
prophètes avaient parlé ?
Toutefois, c'était une
réalité. Le Roi était
venu ; il ne manquait plus que son
installation comme tel.
Quant au ciel, rien n'a empêché que
son règne n'y fût pleinement
établi ; mais les cieux et la terre
n'étaient pas d'accord ; le
péché étant entré dans
le monde. Lorsque le Roi céleste se
présenta en personne et annonça que
le royaume des cieux s'était approché
(vu que Lui le Roi était déjà
venu), on l'a rejeté, on a cherché
à le faire mourir ; on lui a
préféré César.
Cependant le royaume des cieux n'était pas
anéanti parce que les hommes ne voulaient
pas le recevoir sur le principe de la justice de
Dieu. Sa manifestation, en gloire, sur la terre,
était nécessairement renvoyée
à plus tard; toutefois le royaume existait
pour la foi, quoiqu'il eût pris un
caractère mystérieux ou caché,
et que tous ceux qui y croyaient dussent attendre
avec patience le jour de la manifestation glorieuse
du Roi.
Ce caractère mystérieux du royaume de
gloire se voit surtout dans le chapitre XIII de
Matthieu ; là, Jésus l'annonce
en paraboles aux disciples qu'il s'était
spécialement choisis. Il leur disait que,
à eux, il était donné de
connaître « les mystères du
royaume des cieux. »
(Matth. XIII, 11.)
Peu de temps après, le Seigneur
dévoila pour ses
disciples quelque chose de tout nouveau, — un
secret à l'égard duquel le silence
avait été gardé, dès la
fondation du monde. — Pierre, enseigné
par le Saint-Esprit, ayant confessé
Jésus comme « le Christ, le Fils
du Dieu vivant, » Jésus leur parla
pour la première fois de l'ÉGLISE,
disant qu'il la bâtirait sur le rocher de
cette confession-là, et qu'il donnerait
à Pierre les clefs du royaume des
cieux ; car c'était lui qui devait en
ouvrir la porte, aux Juifs d'abord, puis aux
Gentils. (Voyez
Actes II et
X.)
L'Église et le royaume des cieux
étaient ainsi associés et
distingués en même temps. Tandis que
le Seigneur gardait pour Lui-même la
tâche de bâtir « son
assemblée, » afin que les pierres
posées sur le rocher y fussent
placées selon Dieu et pour
l'éternité, II confiait à des
mains humaines les clefs du royaume, et
déclarait d'avance par les paraboles de
l'ivraie et du grain de moutarde
(Matth. XIII, 24-32),que toute sorte
de mauvaises choses s'introduiraient dans le
royaume; —les méchants oiseaux qui
avaient dévoré la bonne semence
(Matth. XIII, 4), viendraient
s'abriter sous l'ombre du grand arbre, figure du
royaume pendant l'absence du Roi.
« L'Église, » selon le
XVIe chapitre de Matthieu, est donc
l'assemblée des vrais croyants qui sont
scellés par le Saint-Esprit. Le royaume des
cieux contient, en outre, les faux professants, qui
entrent par la porte qu'ouvre la prédication
de l'Évangile. Les faux professants
reconnaissent ostensiblement le Roi.
Laissons-les maintenant de côté ;
poursuivons notre étude
en demandant : Quelle est l'avenir, quelle est
l'espérance des vrais croyants que la foi
introduit dans le royaume ?
Pour les vrais croyants, Jésus est toujours
là, lui, le Roi, le Christ de Dieu, le seul
qui ait réellement le droit de
régner. La parole de Dieu nous enseigne, en
outre, que lorsque Jésus régnera sur
la terre, ses rachetés régneront avec
Lui. Oui, les croyants sont appelés à
participer avec Jésus au royaume et à
la gloire de Dieu ; voyez
Luc XII, 32 ;
1 Thess. II, 12 ; et
2 Timothée II, 12. Mais
Jésus était méconnu du
monde ; de telle sorte qu'il défendait
à ses disciples de déclarer
ouvertement qu'il était le Christ.
Dès lors, vis-à-vis du monde et sur
la terre, II prend un autre caractère, celui
du « Fils de l'homme ; »
II dit ouvertement que les souffrances, les
indignités, la mort l'attendent comme
tel ; puis, qu'il ressuscitera le
troisième jour. — Voilà le
chemin qu'il ouvre sur cette terre à ceux
qui doivent avoir part à son règne.
Il fallait que chacun l'y suivît, en portant
sa croix. Le chemin était, il est vrai, bien
sombre ; mais, dans la résurrection,
qui suit la mort, le fidèle disciple
trouverait un accomplissement parfait et glorieux
de cette parole de son Maître :
« Quiconque perdra sa vie pour l'amour de
moi la trouvera. »
(Matth. XVI, 25.)
Cependant Jésus ne veut pas introduire ses
disciples dans un tel chemin, sans avoir
fortifié leur coeur par la vue de la gloire
qui devait suivre les souffrances ici-bas. Il leur
dit : « II y a quelques-uns de ceux
qui sont ici présents, qui
ne goûteront point la mort
jusqu'à ce qu'ils aient vu le Fils de
l'homme venant dans son royaume. » Six
jours après, II prend avec lui Pierre et
Jacques et Jean, et les mène à
l'écart sur une haute montagne, où II
est transfiguré devant eux et leur fait voir
sa gloire. Il est facile de comprendre l'effet de
cette vision sur leur coeur, en lisant le
chapitre I de la 2e épître
de Pierre.
Nous n'entrerons pas à présent dans
les détails de la transfiguration. Notre but
était de montrer que l'attente du Seigneur
en gloire est la chose que Jésus a
proposée à ceux qui étaient
appelés à connaître son royaume
en mystère, en patience et en souffrance. Le
Seigneur a présenté la chose
dételle façon, que ses paroles
s'appliquent parfaitement aux croyants
d'aujourd'hui. Il se peut que vous et moi, chers
amis, soyons du nombre de ceux qui ne
goûteront pas la mort avant de voir
Jésus dans la gloire. Si l'on suit
réellement Jésus, l'attente du retour
personnel de Christ en gloire peut seule soutenir
nos coeurs pendant la pénible
traversée.
La transfiguration n'est pas mentionnée dans
l'Évangile de Jean ; mais si on lit cet
Évangile avec un peu d'attention, on
s'aperçoit que l'on y est, pour ainsi dire,
continuellement avec Jésus sur la montagne.
La gloire du Fils unique delà part du
Père y resplendit d'un bout à
l'autre. Aussi quelle large place la venue et
l'attente du Seigneur n'occupent-elles pas dans cet
Évangile !
Nous avons déjà cité quelques
passages ; comparez encore
Jean XXI, 22.
S'il s'agit du lien intime formé entre le
berger et la pauvre brebis qu'il a trouvée,
cette dernière ne peut pas être
satisfaite avant de voir Jésus tel qu'il
est. S'il est question de suivre, sur la terre, le
Fils de l'homme dans un chemin de souffrance qui
peut aboutir à la mort, le coeur est
fortifié par le fait que la
résurrection suivra en tout cas la
mort ; mais que le retour glorieux de ce
même Fils de l'homme est, pour la foi, chose
plus certaine que la mort ; et pour le coeur
chose plus prochaine, attendu que quelques-uns ne
goûteront pas la mort avant de l'avoir vu
(1). - S'agit-il
d'exhorter les saints à la patience ?
L'Esprit de Dieu le fait encore par l'efficace de
la même vérité :
« Usez donc de patience, frères,
jusqu'à la venue du Seigneur. »
(Jacq. V, 7-11.)
Du moment où l'attention a été
éveillée sur cette
vérité, on trouve que la parole de
Dieu en est toute pleine. Comment en serait-il
autrement ? Car Jésus va venir nous
prendre auprès de Lui. Alors les saints
morts seront ressuscités en gloire, et les
saints vivants seront transmués ; puis
tous monteront ensemble à la rencontre de
Jésus en l'air. (Lisez
1 Thessaloniciens IV, 13-18.)
Sera-ce donc trop de conclure que celui qui
n'attend pas le retour personnel de Jésus ne
connaît pas pleinement
l'Évangile ? Satan a fait tous ses
efforts pour cacher cette vérité, ou
pour lui ôter toute sa puissance sur les
coeurs. C'est une habile ruse pour détacher,
autant que possible, les rachetés de leur
Seigneur. Rien n'est plus fâcheux, puisque la
communion avec Christ est le soutien de nos
âmes.
Cher lecteur croyant, si l'attente du Seigneur
n'est pas une chose réelle pour votre coeur,
soyez sûr que vous êtes occupé,
d'une manière ou d'une autre, à
chercher votre bonheur ou votre repos sur la terre
où votre Seigneur a souffert ? Comment
pouvez-vous agir ainsi ?
Que le Seigneur accorde à chacun de pouvoir
dire en vérité, avec le bienheureux
apôtre Paul : « Notre
bourgeoisie est dans les cieux, d'où aussi
nous attendons le Seigneur Jésus-Christ
comme Sauveur, qui transformera le corps de notre
abaissement en la conformité du corps de sa
gloire, selon l'opération de ce pouvoir
qu'il a de s'assujettir même toutes
choses. »
(Philippiens III, 20-21.)
« L'ATTENTE
TERRIBLE »
(un mot a ceux qui ne sont pas sauvés.)
(Lisez l'épître aux
Hébreux X, 26-27.)
Une autre année va encore
s'écouler, chers amis, en vous laissant
toujours sans espérance et sans Dieu dans le
monde. Ce qu'il y a de plus
triste dans votre état,
c'est que vous ne voulez pas croire ce que Dieu
vous en dit. Il y a de l'espoir pour celui qui est
« prêt à
périr, » car un Sauveur, le
Sauveur, est venu dans le monde ; mais vous,
vous ne croyez pas que vous êtes prêts
à périr. Vous êtes là,
à regarder toujours en bas, vers la terre.
Vous cherchez votre bonheur au milieu des
misères qui y abondent, parce que le
péché y est entré et qu'il y
règne. Vous êtes comme le pauvre
chiffonnier qui travaille pendant la nuit avec une
misérable petite lanterne, pour trouver, au
milieu de monceaux de saletés, quelque chose
de précieux, quelque chose qu'il puisse
faire valoir pour se procurer une subsistance
à peine suffisante.
Votre état, cependant, est pire que le
sien ; il agit par
nécessité ; vous, par choix.
Vous écoutez les mensonges de l'adversaire,
et vous croyez que la lumière est
ténèbres, et que les
ténèbres sont lumière ;
votre volonté, votre raison sont la
misérable lampe qui vous porte à
croire et à agir ainsi. Votre but dans la
vie, c'est de ramasser ; mais quoi ?
avez-vous donc trouvé le bonheur ?
Plût à Dieu que vous fussiez las de le
chercher ici-bas !
À force de regarder en bas, vous avez des
pensées corrompues, des idées fausses
sur Dieu, sur le monde et sur vous-mêmes.
Vous prétendez rechercher la
vérité, et vous ne voyez pas que
votre vie et ce qui l'occupe, vous empêchent
de la trouver. Vous vous persuadez, cher lecteur,
que vous êtes pur, bon et juste, parce que
vous vous comparez avec ceux qui sont du même
métier, et que vous
n'avez jamais appris à vous connaître
au plein jour de la parole de Dieu.
Vous trouvez que le monde est beau et
honnête, parce que vous ne croyez pas ce que
Dieu a dit, savoir : que le monde entier
gît dans le mal, et que le diable y
règne. Vous estimez que Dieu est
véritablement tel que vous
(Ps. L, 21) ; qu'il ne donne
rien gratuitement, mais que, comme vous, il a
besoin de tout vendre ou de tout acheter. Si
même, pensez-vous, Dieu a été
assez bon pour appeler les hommes à son
ciel, II ne veut cependant y introduire que ceux
qui auront acheté cet honneur, par leur
conduite et par leurs bonnes oeuvres !
Cher ami, jetez, nous vous en prions, jetez loin de
vous votre lanterne et votre crochet, et venez au
grand jour. Levez vos yeux en haut et contemplez
Dieu tel que Jésus-Christ l'a
révélé, un Dieu qui donne, qui
donne sans cesse, et toujours gratuitement ;
un Dieu qui est amour. « Dieu a tant
aimé le monde qu'il a donné son Fils
unique, afin que quiconque croit en lui ne
périsse pas, mais ait la vie
éternelle. »
(Jean III, 16.)
Dieu peut pardonner au coupable, II peut
réconcilier à Lui-même des
pécheurs qui étaient ses ennemis,
parce que son Fils unique a, par sa mort, satisfait
à tout ce que la justice de Dieu exigeait au
sujet du péché. Le sang de
Jésus-Christ son Fils purifie de tout
péché. Voilà pourquoi aussi
Dieu peut justifier l'impie qui croit en
Jésus, car Jésus est venu comme
l'Agneau de Dieu qui ôte le
péché du monde.
Dieu n'exige rien de vous ; II vous appelle
maintenant. C'est le jour de sa grâce. Venez
et goûtez que le Seigneur est bon. La
connaissance du Seigneur opérera une telle
révolution dans toutes vos anciennes
pensées, que vous serez vous-même le
premier à vous juger, en disant comme
Job : « Maintenant mon oeil t'a
vu ; c'est pourquoi je m'abhorre
moi-même, et je me repens sur la poudre et
sur la cendre. »
(Job XLII, 5, 6.)
Cher ami, vous êtes averti. Vous ne pourrez
pas dire que vous n'avez pas entendu parler d'un
salut qui est tout entier par grâce. Sachez
donc que, si vous persistez à nourrir vos
vaines espérances en un avenir trompeur,
vous péchez volontairement après
avoir reçu la connaissance de la
vérité. En dehors de Jésus et
de son sang précieux, il n'y a pas de salut.
Ce salut-là est pour les
pécheurs ; non pas pour les
« justes, d Si vous rejetez la
grâce de Dieu, sachez « qu'il ne
reste plus de sacrifice pour les
péchés, mais une certaine attente
terrible de jugement, et l'ardeur d'un feu qui va
dévorer les adversaires. »
(Hébreux X, 26, 27.)
PAIN QUOTIDIEN
Nous pensons que nous ne pouvons pas mieux
terminer notre premier volume qu'en engageant nos
amis à une lecture régulière
et suivie de la Parole de Dieu. Nous estimons que
notre but est manqué si nous ne pouvons pas
attirer nos lecteurs aux Écritures
mêmes.
Si la vie se trouve en Jésus, c'est lui qui.
est aussi la nourriture de
l'âme. Il est le pain descendu du ciel. Il y
a là une provision pour tous les jours. Le
Saint-Esprit prend les choses de Jésus qui
sont renfermées dans la Parole et nous les
révèle. C'est Lui qui applique, en
puissance, à nos coeurs tout ce que Dieu
nous dit.
Toutefois, nous avons notre part à y
faire : c'est de lire la Parole en y faisant
attention pour ne pas nous laisser aller à
l'indifférence de l'homme paresseux
« qui ne rôtit point sa
chasse. »
(Proverbes XII, 27.)
Il y a ici deux choses à
remarquer :
I. La lecture doit être journalière,
— comme la manne que Dieu fournit aux enfants
d'Israël tous les jours
(Exode XVI, 11-35), ou comme la
poignée de farine et la goutte d'huile qui
ne manquaient pas dans la maison de la veuve de
Sarepta au temps d'Élie.
(1 Rois XVII, 14.) Il y avait assez
de quoi faire le gâteau pour un seul
jour.
Si l'on avait toujours négligé de le
faire, il n'y aurait pas eu une double provision
pour le lendemain. En faisant chaque jour son
gâteau, on épuisait le petit
trésor ; mais il y en avait toujours le
lendemain ; et cela durait pendant tout le
temps de l'épreuve. C'est ainsi que notre
provision nous est assurée pour tout le
temps que Dieu nous laisse ici-bas.
II. La lecture doit être faite en
particulier, et, autant que possible, de bonne
heure, dans la journée, — comme il
était ordonné aux enfants
d'Israël de ramasser la manne chacun pour soi,
avant que le soleil se levât.
Nous devrions de même nous recueillir dans la
présence de Dieu et de sa Parole, avant que
le coeur soit préoccupé et distrait
par les soucis et les rapports variés de la
vie journalière. Un saint calme dans la
présence de Dieu se répand ainsi sur
tout ce que nous faisons. Cherchons d'abord le
royaume de Dieu et sa justice, en faisant notre
compte que la chose la plus essentielle dans notre
vie journalière, c'est de nous nourrir de
Christ.
Que Dieu nous fasse croître dans sa
grâce et dans la connaissance de notre
Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.
|