Il est écrit: TA PAROLE EST LA VERITE(Jean 17.17)... cela me suffit !

Plaire et déplaire à la fois... à la foi?

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Quelle que soit la réponse que je peux donner maintenant sur le fait de rechercher la faveur des hommes ou celle de Dieu, l’honnêteté de l’apôtre me fait pousser un soupir de soulagement.
En étant attentif à la lecture de ce verset, je constate que Paul reconnaît qu’il n’a pas toujours eu cette conduite loyale vis-à-vis de Dieu.

“Si je plaisais
encore aux hommes”, dit-il!

Nous connaissons le vécu de ce disciple du Seigneur, nous savons comment il était zélé pour les traditions de ses pères, comment il avait donné sa vie pour défendre la cause du judaïsme et qu’en raison de son engagement, on lui confia la charge de faire un “nettoyage ethnique” en emprisonnant ou en supprimant les adeptes de la foi chrétienne.
C’était un genre “d’intégriste” qui ne laissait rien passer chez les autres avant de devenir un “intègre” qui ne voulait plus rien laisser passer dans sa vie afin de plaire à Dieu!

Vous avez su, en effet, quelle était autrefois ma conduite dans le judaïsme, comment je persécutais à outrance et ravageais l'Église de Dieu, et comment j'étais plus avancé dans le judaïsme que beaucoup de ceux de mon âge et de ma nation, étant animé d'un zèle excessif pour les traditions de mes pères. Galates 1. 13-14

Saul (Paul) avait approuvé le meurtre d'Étienne. Il y eut, ce jour-là, une grande persécution contre l'Église de Jérusalem...
Actes 8: 1

Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ.

Le nouvel engagement de Paul était un engagement qui n’admettait aucun retour en arrière, aucun compromis. Comme lui nous devons comprendre qu’il est impossible (encore aujourd’hui) de plaire en même temps aux hommes et à Dieu, de suivre la voie de Dieu tout en restant soumis au prince des ténèbres!
Son changement d’attitude, sa conversion, fit de lui un nouvel homme qui ne pouvait plus agir comme par le passé. Il ne cherchait plus à satisfaire sa hiérarchie pour être bien vu d’elle, ni même à faire des compromis avec elle.
Parce qu’il avait rencontré le Seigneur Jésus sur sa route, sa vie changea du tout au tout, ainsi que les priorités qu’il s’était donné:

Christ est ma vie et la mort m’est un gain
. Philippiens 1: 21

Non pas la mort des autres, mais la sienne! (Un sérieux changement d’attitude depuis l’approbation du meurtre d’Étienne!)

Avec une telle profession de foi, il ne faisait aucun doute que les choses anciennes étaient passées et que désormais il était soumis à la volonté de Dieu et non aux désirs de ses chefs ou de la tradition judaïque.

Si nous pouvons dire: “Christ est ma vie!”, il va de soi que nous aurons une marche semblable à celle de l’apôtre.
Nous chercherons à être fidèles sans regarder aux conséquences que pourrait avoir notre engagement.
C'est alors que nous proclamerons aussi: “la mort m’est un gain!” Elle sera un gain parce que nous aurons été fidèles dans la mission que le Seigneur nous a confiée.
Fort heureusement pour nous, le Seigneur Jésus n’a pas regardé aux conséquences de son engagement pour sauver l’humanité!
Il n’a pas pris en considération le rejet de ses concitoyens, il n’a jamais minimisé la Parole de Dieu afin d’obtenir la faveur d’un homme. Même sur la croix, alors qu’il souffrait dans sa chair, il est allé jusqu’au point de non-retour, refusant de descendre de la croix quand les sbires de Satan le lui suggéraient!
Celui qui devait recevoir les honneurs de sa création s’est humilié pour se mettre à ma hauteur, pour prendre mon péché sur lui. Il est mort sur la croix comme un brigand, un pestiféré dont la société veut se séparer.

... ayant paru comme un simple homme, il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix. Philippiens 2:8

N’y a-t-il pas des moments dans notre vie où nous voulons aussi nous séparer (momentanément) de Christ?

Jésus est allé jusqu’au bout, non pas parce qu'il était masochiste (masochisme = perversion qui fait rechercher le plaisir dans la douleur), mais parce qu’il
nous a tellement aimés..., parce qu’il m’a tellement aimé..., parce qu’il t’a tellement aimé, que même l’horrible abandon de son Père ne l’a pas fait reculer dans sa mission salvatrice.

Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m'as-tu abandonné? Matthieu 27.46

Il l’a fait pour que je ne sois plus orphelin, pour que la grâce de Dieu me soit accessible
par la foi en l’oeuvre expiatoire de Jésus-Christ.
Il s’est donné
volontairement pour subir MA condamnation afin que la dette de mon péché soit acquittée une fois pour toute!

Qu’en est-il de ton péché? Est-ce toi qui dois payer la facture (en allant dans le lieu de perdition) ou acceptes-tu que Christ l’ait payée pour toi?

Si j’arrive à mesurer quelque peu la grandeur de l’amour de Dieu envers moi...:

- N’ai-je pas un peu honte pour toutes les fois où j’ai reculé, où j’ai gardé le silence parce que j’ai eu peur de ce que l’on aurait pu penser de moi?

- N’ai-je pas un peu honte d’avoir cherché à plaire à des hommes mortels plutôt qu’à ce Dieu qui s’est donné lui-même pour me sauver d’une condamnation qu’aucun autre acte ne pouvait effacer?

La grandeur de ce sacrifice et la gratuité de cet amour immodéré ne devraient-elles pas nous encourager à ne plus déplaire à Dieu?

Servir Christ tout en cherchant à être agréable aux païens, aux tièdes, aux renégats, conduit immanquablement à ne plus être reconnu comme un serviteur
fidèle dans SA maison.
L’important n’est pas de faire valoir ce que nous prétendons être, mais d’être approuvés et reconnus de Dieu, de ce Dieu qui sonde les coeurs et qui ne peut être trompé sur la marchandise.

Le Seigneur nous a confié à tous le ministère d’être des témoins, de faire des disciples, d’apporter l’Évangile.
Jamais il ne nous a demandé de frelater sa Parole, de minimiser sa justice, d’alléger ses commandements afin que
nous puissions augmenter artificiellement le nombre de chrétiens.

Dieu ne regarde pas à la quantité de ceux qui portent son Nom ou qui s’affichent avec son Nom!

Il regarde à la qualité de ceux et celles qui lèvent l’étendard de la croix, qui avancent en annonçant le même Évangile que celui des apôtres sans regarder aux conséquences terrestres de leur engagement.
La grande misère de l’Église d’aujourd’hui se résume dans la simple pensée qu’elle préfère davantage plaire au monde qu’au Seigneur Jésus-Christ; un Seigneur si dérangeant qu’elle l’a mis en dehors de ses murs.

La Jézabel moderne, assise dans l’Église de Laodicée, a beau se parer d’artifices pour remplir les sièges vacants, elle peut copier les méthodes du monde pour faire du remplissage de chaises vides afin d’assurer des rentrées d’argent suffisantes pour donner l’impression de vivre, cette Jézabel-là n’attire à elle que des troupeaux d’hommes et de femmes qui vivent d’illusions sans avoir l’assurance du salut de leur âme.
La voyez-vous s’arrangeant avec le monde pour obtenir ses faveurs?
L’entendez-vous demander des avantages fiscaux ou des soutiens de l’État en se justifiant auprès de lui parce qu’elle accomplit des oeuvres sociales? (oeuvres dont la prédication de l’Évangile est occultée)
Sa vie de compromis la paralyse et la condamne tout à la fois!

Les soubresauts d’un christianisme agonisant l’autorisent juste à s’exprimer de temps à autre sans pouvoir influencer son environnement.
À force de manger dans la main du monde qui l’entretient, sa voix n’a plus de valeur! Ses défilés, ses manifestations, à grand renfort de publicité, sont incapables d’arrêter l’invasion d’une moralité qui la choque parfois mais qu’elle accepte dans son propre corps!

Notre voix porte-t-elle encore ou est-elle noyée par les compromis que nous aurions pu faire pour ne pas perdre quelques avantages que le monde met à disposition!

La voix de Dieu atteint-elle encore notre coeur?

Hommes et femmes adultères, ne savez-vous pas que l'amitié du monde est inimitié contre Dieu? celui donc qui voudra être ami du monde, se rend ennemi de Dieu. Jacques 4: 4 (Version David Martin)

Quiconque donc voudra être ami du monde, se constitue ennemi de Dieu. (Version Darby)


Lorsque je pense à ces réformateurs, au travail d'évangélisation qu’ils ont pu faire dans nos cités, comment ne pas être attristé en voyant les ruines de ce christianisme dont la lumière faiblit de jour en jour?

Malgré cette tristesse, il est à craindre que nous soyons aussi les artisans de l’insuccès du christianisme des temps modernes.
Ne sommes-nous pas en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis?
Est-ce que nous ne détruisons pas la foi chrétienne lorsque nous essayons de plaire aux hommes plutôt qu’à Dieu?

Chaque fois que nous “applaudissons” une tolérance qui rabaisse la Parole de Dieu, qui la réduit à des pensées humaines que l’on peut tordre ou manipuler à volonté, n’agissons-nous pas comme des ennemis de Dieu?

Plaire et déplaire à la fois! À la foi! (Au Seigneur)

- À qui voulons-nous plaire?
- À qui allons-nous déplaire?

Est-ce que je cherche à plaire aux hommes?

L’apôtre Paul est catégorique:
Si je plais aux hommes (du monde), je ne suis pas serviteur de Christ! Qu’importe les titres, qu’importe la fonction, c’est Dieu qui définit ce qu’il en est!
Plaire aux hommes, c’est déplaire à Dieu car pour plaire aux hommes il est nécessaire de se détourner du Dieu trois fois saint.
Certes nous avons besoin d’encouragements, surtout dans ces temps difficiles où le monde va à la dérive à grande vitesse, où les Églises dites “officielles” (catholiques, protestantes ou évangéliques) ont une extinction de voix.

Si nous avons besoin d’être approuvés, que cette approbation vienne des frères et non du monde.
Qu’à notre tour nous sachions relever les bons comportements, les bonnes prises de positions de ceux qui marchent avec le Seigneur, que nous sachions les encourager afin que l’amour fraternel ne soit pas un vain mot.

Est-ce que je cherche ENCORE à plaire aux hommes?

Si je peux répondre par l’affirmative, cela veut dire que la vie de Christ a bien de la peine à couler en moi, que l’avis de Christ, que sa pensée a peu d’emprise sur mon comportement.

Si je cherche encore... c’est qu’il n’y a pas eu de grand changement dans ma vie et que je suis toujours disposé à écouter le monde pour obtenir ses faveurs comme lorsque j’étais rebelle à l’Évangile!

Alors que nous étions indignes du salut, Dieu nous a jugés dignes de nous confier sa Parole afin que nous la propagions et que nous la vivions. Devrait-il le regretter?

Que le Seigneur nous aide à ne plus craindre les hommes afin que nous ne cherchions plus à leur plaire. Qu’il nous aide à rechercher SES faveurs à LUI, plutôt que les faveurs et les honneurs d’hommes qui seront prêts à nous déchirer, à nous détruire dès que le moment sera favorable.

Dieu nous a jugés dignes de nous confier l'Évangile, ainsi nous parlons, non comme pour plaire à des hommes, mais pour plaire à Dieu, qui sonde nos coeurs.
Jamais, en effet, nous n'avons usé de paroles flatteuses, comme vous le savez; jamais nous n'avons eu la cupidité pour mobile, Dieu en est témoin.
1 Thessaloniciens 2: 4-5


© J-M Ravé 07 février 2004

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