Pendant la période pascale, nous commémorons le sacrifice de Jésus, qui a voulu et veut sauver afin que personne ne soit perdu. Il a déclaré: <Je suis venu afin que les brebis aient la vie et qu'elles l'aient en abondance» (Jean 1 0, 1 0).
De nos jours, on ne veut plus tenir en vie des personnes gravement malades. Le docteur Marc Bourquin, interne et fervent chrétien, nous a permis de reproduire ici un article écrit de sa main.
Euthanasie
La notion d'«euthanasie» (grec = la belle mort) est un euphémisme pour la mise à mort planifiée de personnes physiquement et /ou mentalement malades, pour des raisons d'utilité ou de fausse compassion.
En 1920, les professeurs allemands Binding (juriste) et Hoche (psychiatre) ont publié un document intitulé «L'autorisation d'anéantir des vies qui ne sont pas dignes d'être vécues». Ils exigeaient que la loi autorise tout médecin à tuer certaines personnes par une injection. Ils visaient deux catégories de malades. D'abord ceux qui «sont irrémédiablement perdus à la suite d'une maladie ou d'une blessure, qui désirent en toute lucidité être délivrés de leurs souffrances et qui expriment ce désir d'une manière ou d'une autre». Deuxièmement, les «aliénés incurables», car ceux-ci «ne veulent ni vivre ni mourir. Leur vie n'a pas le moindre sens . . . Pour leur famille et pour la société, ils constituent seulement une lourde et redoutable charge». D'après les professeurs Binding et Hoche, de telles personnes «sont moralement mortes pour la société humaine et incapables d'activités productives».
Ne servant à rien, ces gens font tort à l'Etat et à la société.
Les idées des professeurs Binding et Hoche doivent être situées dans le contexte de l'évolution que l'image de l'homme avait subie au 19 éme siècle, sous l'effet de l'industrialisation. A cette époque, la valeur des hommes dépendait surtout de leurs performances économiques et de leurs qualités professionnelles et industrielles.
Cette mentalité était aussi le résultat de ce que l'on appelle le «darwinisme social», qui prétend que - à l'instar de la théorie hypothétique de l'évolutionnisme biologique - il existe, voire doit exister, aussi une sélection naturelle dans le domaine social. Seuls les forts, ceux qui sont capables de s'imposer et de travailler, ont le droit de vivre et de survivre.
En Allemagne, peu après la prise du pouvoir par Hitler, cette conception a mené à la publication, le 14 juillet 1933, d'une loi empêchant la procréation de malades héréditaires. Cette loi n'était qu'un développement de l'idée qu'Adolf Hitler avait formulée dans son livre «Mein Kampf» (Mon combat): «Ceux qui ne sont physiquement ou mentalement pas sains et valables, ne peuvent transmettre leurs souffrances à des enfants. Nous sommes bien résolus à purifier la société et à éliminer une fois pour toutes les maladies héréditaires.» Il s'agit d'une «sélection en fonction des performances».
Les nazis ont dès lors appliqué la stérilisation forcée à tous les malades mentaux, handicapés et «criminels». Cette disposition a été confirmée et renforcée par la loi du 18 octobre 1935 sur la protection de la santé héréditaire du peuple allemand. Personne ne pouvait plus se marier sans disposer d'un certificat d'aptitude au mariage délivré par l'administration de la santé publique.
Cette évolution se poursuivit rapidement. Dans une ordonnance antidatée du 1er septembre 1 939, Adolf Hitler déclare que «le directeur national Bouhler et le docteur en médecine Brandt sont chargés d'élargir les compétences des médecins responsables, afin de permettre que des malades, humainement parlant, incurables puissent, après un examen critique de leur état, bénéficier de l'euthanasie».
Cette décision a donné lieu à une organisation quasi industrielle de l'euthanasie de personnes adultes. Entre la fin juillet 1939 et janvier 1942, quelque 100.000 pensionnaires d'hôpitaux psychiatriques ont été «désinfectés» (le terme officiel désignant "asphyxie au monoxyde de carbone): malades mentaux (maniaco-dépressifs, schizophrènes), épileptiques et aliénés (dont un très grand nombre d'enfants). Plusieurs hôpitaux psychiatriques ont été dotés de chambres spéciales permettant l'asphyxie au monoxyde de carbone, une méthode entraînant la mort après 10 à 30 minutes. Toute cette campagne était destinée à «anéantir les vies qui n'étaient pas dignes d'être vécues». [Source: «Euthanasie dans l'Etat nazi», Ernst Klee; «L'anéantissement des vies qui n'étaient pas dignes d'être vécues», éditions Fischer, 1983; en allemand.]
Le 20 août 1947, à Nuremberg, s'est terminé ce que l'on appelait le «procès des médecins». Les prévenus étaient des docteurs coupables de «crimes contre l'humanité». Très peu de ces malfaiteurs ont été condamnés. La plupart ont pu se cacher.
On est dès lors choqué de voir que dans les années 70 - à peine 30 ans après les événements susmentionnés - une espèce de «mouvement pour l'euthanasie» surgit aux Pays-Bas. Le 1er juin 1994, la Hollande a publié une loi approuvant les règles officielles que la fédération des médecins néerlandais avait rédigées 10 ans plus tôt au sujet de l'euthanasie «en âme et conscience» (par laquelle on entend, aux Pays-Bas, l'euthanasie active sur demande). Pour la première fois dans le monde occidental, l'euthanasie était officiellement autorisée dans certaines situations. La décision de publier cette loi a principalement été influencée par le résultat des travaux de la commission gouvernementale présidée par le professeur Remmelinck, qui avait pour la première fois rassemblé des statistiques sur la pratique de l'euthanasie dans l'ensemble des Pays-Bas. Le rapport de la commission Remmelinck a été publié en 199 1 et complété en 1995 par une nouvelle enquête.
Le tableaude
la page 25permet de conclure que
3,% des 128.800 personnes décédées en 1990 ont
été tuées activement (1, 3, 4). En 1995, ce
nombre avait grimpé jusqu'à 4,5%, principalement
à cause de l'augmentation des cas d'euthanasie sur demande.
Une telle évolution en 5 ans est effrayante!
La part des cas «d'euthanasie active non voulue» (c'est-à-dire la mise à mort active sans approbation du patient) demeure au même niveau élevé et inquiétant de quelque 1.000 personnes.
Quant aux mobiles des patients, la «souffrance insupportable» n'est qu'un élément parmi les autres (et nullement le principal). La perte de l'indépendance et les états dépressifs se sont avérés beaucoup plus importants.
En 1995, la fédération des médecins néerlandais a formulé de nouvelles directives ouvrant l'euthanasie à des patients qui ne souffrent pas d'une maladie mortelle. Il s'agit principalement d'aide au suicide de malades psychiques et de la mise à mort de nouveaux-nés gravement handicapés, de patients comateux et de personnes démentes. Entre-temps, l'aide au suicide en cas de dépression chronique ou d'anorexie mentale est en principe juridiquement acceptée.
En Allemagne, cette évolution désastreuse a commencé en 1933 par la promulgation de la stérilisation forcée et, en passant par l'anéantissement de «vies qui n'étaient pas dignes d'être vécues», elle a abouti aux chambres à gaz de certains hôpitaux psychiatriques et aux camps d'extermination.
Aux Pays-Bas, la fatale «tendance négative» a commencé après la seconde guerre mondiale, par la libération de l'avortement.
Depuis les années 70, l'euthanasie active gagne toujours du terrain. Il n'y a pas l'ombre d'un doute que certaines personnes sont tuées contre leur gré, aux Pays-Bas (voir le tableau en page 25). La mentalité favorable à l'euthanasie se propage à un point tel que les patients âgés subissent des pressions pour accepter l'injection qui les «endormira»! Pour se munir contre de telles éventualités, il y a même des personnes âgées portant sur elles une «déclaration du patient» affirmant qu'elles désirent être traitées selon toutes les règles de la médecine, voire être réanimées.
En Suisse, on discute actuellement du délai maximum en matière d'avortement. L'enjeu est une loi qui permettra de tuer les enfants dans le sein de leur mère jusqu'à la douzième voire la quatorzième semaine de la grossesse. Envisage-t-on ensuite la modification des articles 114/155 du code pénal suisse pour permettre aussi de tuer quelqu'un «sur demande» ou de l'aider à «se suicider»? Le docteur Georges Lundberg, éditeur d'une des plus célèbres revues médicales, le «Journal of American Medical Association» Journal de l'association médicale américaine), a lancé un appel ardent: «Malgré la révolution technologique, nous, médecins, devons respecter la tradition millénaire exigeant de sauvegarder le plus longtemps possible la meilleure vie possible.
Celui qui abandonne d'une manière ou d'une autre le principe sacré de sauvegarder la vie, s'engage sur une pente sans doute très glissante («slippery slope») » (JAMA, tome 259, n° 4).
De cette pente glissante, voici ce que la Bible nous dit «Vous me déshonorez auprès de mon peuple pour des poignées d'orge et des morceaux de pain, en tuant des âmes qui ne doivent pas mourir» (Ezéch. 13, 19). N.L.
«Voici, je fais toutes choses nouvelles!»
Jésus est venu ici-bas, et Il est mort pour nous sur la croix de Golgotha. Il a donné Son sang pour nous accorder une vie nouvelle, la vie de Dieu. Celui qui a accepté Jésus et Lui a remis sa vie peut réellement expérimenter ce qui est écrit en 2 Corinthiens 5, 17: «Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées; voici, toutes choses sont devenues nouvelles.'» Une de nos lectrices, qui en a fait personnellement l'expérience, nous a envoyé ce témoignage qui dépeint ce fait de manière remarquable et fort originale.
N.L.
Jadis et aujourd'hui Jadis, je disais: «A quoi cela sert-il que j'appelle au secours, alors que je suis seule dans la grande foule?» Aujourd'hui, je dis «Je crois et je sais que mon appel est entendu; car je supplie chaque fois Dieu, et Il entend mes prières.» Jadis, je disais: «A quoi cela sert-il que je pleure, angoissée, pour mes enfants?» Aujourd'hui, je dis: «Toi, Seigneur, tu redresses les chemins tortueux pour autant que je te fasse confiance et que je te croie.» Jadis, je disais: «A quoi cela sert-il que j'aie un masque à gaz, si mes enfants n'en ont pas?» Aujourd'hui, je dis: «Tu as sauvé ma famille, et nous serons tous finalement près de toi et habiterons dans ta gloire.» Jadis, je disais: «Je dois constater mon impuissance devant tout, car ma seule activité ne suffit pas.» Aujourd'hui, je dis «Je veux être sel et lumière dans ce monde, afin que tous connaissent le sens de la vraie vie.» Jadis, je disais: «L'humanité m'attriste profondément, car ce monde s'y entend pour se détruire lui-même.» Aujourd'hui, je dis: «Je suis là pour consoler les gens tristes et désespérés, leur parler de la vraie vie que Jésus-Christ nous a donnée.» Jadis, je disais: «L'humanité ne changera jamais.» Aujourd'hui, je dis: «A toi, Seigneur, rien n'est impossible.»- «Seigneur, je te remercie de nous avoir appelés par nos noms, moi-même et ma famille; nous sommes à toi! Maranatha!» Gaby Sax.
Jadis, 1980. Aujourd'hui, 1997.
Appel de Minuit Avril 1998