Il est écrit: TA PAROLE EST LA VERITE(Jean 17.17)... cela me suffit !

La réunification entre croyants évangéliques-chrétiens-baptistes en ex-URSS est-elle possible ?

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La réunification entre les croyants des églises de l'Union Evangélique-Chrétienne-Baptiste enregistrée avec les croyants des églises du Conseil Evangélique-Chrétien-Baptiste non enregistrés en ex-URSS est-elle devenue possible, maintenant qu'une nouvelle loi accorde la liberté religieuse dans le pays? Cette question me fut posée en ex-URSS dans un esprit de conciliation et en vue d'un meilleur et plus efficace témoignage vis-à-vis des personnes qui cherchent à connaître la Parole de Dieu en ex-URSS.

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Un peu d'histoire

Pour répondre à cette question, il faudrait un peu remonter le cours de l'histoire. La Russie fut évangélisée au XlXe siècle par trois courants évangéliques: les mennonites, les baptistes et les chrétiens évangéliques. Les mennonites étaient tous d'origine allemande. Dans les années 1920, le pentecôtisme est aussi apparu dans le pays.

Jusqu'en 1929 chaque dénomination évangélique maintenait sa position ecclésiastique, mais il existait cependant des liens fraternels entre les trois premières dénominations mentionnées. Après cette date une grande persécution s'abattit sur le pays, les églises évangéliques furent fermées et les pasteurs arrêtés. En 1943, pendant la deuxième guerre mondiale, Staline voulut unifier le pays et, selon l'exemple allemand sous Hitler, il autorisa le culte orthodoxe et ordonna l'unification des chrétiens évangéliques. Certains pasteurs, alors emprisonnés, acceptèrent de former une nouvelle dénomination placée sous le contrôle du gouvernement stalinien. qui voulait ainsi montrer au monde entier que seul le communisme rendait possible [`existence d'une église unie.

En 1944. des pasteurs pentecôtistes, sous la menace gouvernementale, se joignirent à cette nouvelle dénomination qui fut composée de trois groupements et qui prit le nom d'Union des Eglises Evangéliques Chrétiennes-Baptistes en URSS. Afin d'avoir le droit de se réunir et de célébrer leurs cultes, les croyants évangéliques se virent contraints de se joindre à cette dénomination. A la mort de Staline. les pasteurs évangéliques qui avaient refusé de se rallier à cette formation imposée et contrôlée par 1`Etat soviétique furent libérés des prisons et des camps du Goulag. Sous le régime de Khroutchev il y eut un nouveau durcissement par l'enregistrement des églises. De nombreux pasteurs préférèrent à nouveau `emprisonnement et la clandestinité à la soumission totale à l'Etat et au contrôle de 1`église locale par les autorités.

Les mennonites d'origine allemande. envoyés dans les goulags sous le régime stalinien. furent obligés de se rattacher à l'Union des Eglises Chrétiennes-Baptistes. Cette Union devait ainsi représenter une quatrième association d'églises forcée de faire partie d'une telle alliance. ce qui n'est concevable qu'en régime totalitaire.

 

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Bouleversements

Est-ce que cette unité ecclésiastique résistera aux différentes pressions, maintenant que les portes de la liberté sont ouvertes?

C'est peu probable. Chacun voudra retrouver sa propre identité.

Sans attendre la nouvelle loi sur la liberté religieuse en URSS, une large fraction du pentecôtisme annonçait déjà le le' janvier 1990 sa séparation de l'Union E. C.B. Cette fraction comprenait près de 300 églises avec 42000 membres. La plus grande partie provenait de l'Ukraine avec 223 églises et 34 728 membres.

De même, depuis plus de 10 ans, une forte population allemande a quitté l'URSS pour aller s'établir en Allemagne. Parmi elle il y a des mennonites et des baptistes. Bientôt il n'y aura plus de mennonites en ex-URSS.

Les Eglises Chrétiennes Baptistes non enregistrées d'origine allemande quittent aussi l'ex-URSS et se joignent aux églises baptistes indépendantes lesquelles sont associées à la Mission Friedensstimme (voix de la Paix). Le nombre de croyants de l'Union des E.C.B. qui quittèrent leur pays en 1989 s'éleva à 15000 personnes. Cependant 11416 croyants furent baptisés en 1989 et ajoutés aux églises E.C.B. enregistrées.

Depuis l'introduction de la loi sur l'enregistrement des églises sous Khroutchev, les croyants qui refusaient l'enregistrement étaient dénigrés par la presse gouvernementale et l'organe officiel de l'Union E.C.B., le «Bratskii Vestnik». On les considérait comme de mauvais citoyens et des chrétiens fanatiques, voire dangereux. De nombreux chrétiens E.C.B. furent arrêtés, mis en prison et dans e Goulag sibérien. Certains sont morts en déportation depuis les années 60.

De nombreux hommes religieux et baptistes de [`Occident ont apporté des témoignages favorables au gouvernement soviétique en faisant croire que la liberté de culte existait réellement en URSS. Ils voulaient ainsi soutenir les dirigeants de l'Union E.C.B., vu que c'était là le seul moyen pour tenter d'obtenir une invitation de prêcher à Moscou. Ce fut le cas de Billy Graham et du Dr. Noël Voos, président de l'Alliance Baptiste Mondiale. (Lors de la remise de mon diplôme au Collège Northwestern à Minneapolis en 1950, le Dr. B. Graham, président de cette école de 1000 étudiants, nous exhorta à maintenir une position fondamentaliste. Le Dr. N. Voos fut avec moi étudiant à la Faculté Baptiste de Chicago de 1953 à 1955. alors que j'y préparais mon doctorat.) A cette époque personne ne pensait à un effondrement économique si rapide du communisme et à l'instauration de nouvelles lois religieuses en URSS.

Avec l'arrivée de la perestroïka l'Union E.C.B. souhaita le retour dans ses rangs de la dissidence baptiste pour qu'un sang nouveau soit injecté dans ses églises. Des rapprochements furent entrepris de la part de l'Union E.C.B., mais sans résultats positifs.

Selon le «Bratskii Vestnik» (2/1990, p. 49) on déclara lors du congrès de l'Union E.C.B. à Moscou en janvier 1 990: «. . .de nouveaux documents ajoutent des faits nouveaux. Nous sommes attristés, comme successeurs de la fraternité nous souffrons des divisions des années passées. Nous nous repentons des actes qui ont fait reculer la proclamation de l'Evangile dans les années 60, où nos organes ont publié des documents qui n'ont pas servi de témoignage au monde qui nous entoure.» Il sera intéressant de faire l'analyse de ces nombreux documents parmi lesquels se trouvent des lettres envoyées à Staline et à Khroutchev, les remerciant de la liberté religieuse afin d'obtenir le maintien de congrès et l'autorisation d'inviter différents ecclésiastiques occidentaux. Certains extraits avaient paru dans les Bratskii Vestnik. Lors de mon dernier voyage en URSS, j'ai pu dire à de nombreux frères du Conseil des E. C. B. que puisqu'il y avait repentance, ce point devenait secondaire.

 

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Affiliation au Conseil Oecuménique

Un fait nouveau important est cependant apparu au cours des années au niveau théologique. Ce fait contribuera inévitablement à aggraver la situation. En 1929 les églises baptistes d'URSS étaient librement unies et possédaient une confession de foi fondamentaliste commune. La nouvelle dénomination imposée en 1 944 par le gouvernement stalinien fut obligée de s'affilier en 1962 au Conseil Oecuménique des Eglises (G.O.E.). Le président de l'Union des E.C.B. fut alors le pasteur J.J. Zhidkov, et le secrétaire général le pasteur A. V. Karev. Avant 1944 ces deux pasteurs ont été d'ardents disciples du mouvement Evangélique Chrétien, et non des baptistes. Lors de ce rattachement au G.O.E. en 1962 A.V. Karev écrivit dans le Bratskii Vestnik: «...que nous sommes entrés afin d'être un exemple et que jamais nous ne nous détacherons d'un iota de notre position évangélique fondamentaliste.» Trente ans ont passé, les pasteurs J.J. Zhidkov et A.V. Karev sont décédés. La position fondamentaliste professée par le pasteur A. V. Karev, disciple du pasteur J. S. Prokhanoff, n'est plus maintenue dans la pratique par les dirigeants de l'Union des E.C.B. Sous la pression gouvernementale des amitiés se créèrent et des hommes sans grande - ou sans aucune - formation théologique furent choisis pour diriger la dénomination. Ce choix était simplement basé sur la loyauté au gouvernement soviétique. Depuis 1944 le fossé qui sépare les E.G.B. enregistrées des non enregistrées s'est élargi par le désaccord théologique. Afin de concrétiser l'entente oecuménique on célébra le 29 janvier 1976 un culte en l'église de l'Union E.C.B. de Leningrad avec la participation de quatre prêtres orthodoxes, dont le métropolite de Leningrad et de Novgorod, Nicodéme, qui prononça le sermon. Cette expérience est répétée chaque année à Leningrad et à Moscou. A ma connaissance, aucun prédicateur évangélique russe de la diaspora n'aurait accepté un tel compromis.

 

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Nouvelle orientation théologique

II y a à peu près deux ans, lorsqu'il fut accordé à l'Union officielle des E. C. B. de former sa faculté de théologie à Moscou, ses responsables se mirent à la recherche de professeurs qualifiés, en possession de diplômes universitaires pour enseigner dans cette faculté. La barrière des langues était considérée comme secondaire pour les professeurs, car ils allaient disposer de traducteurs. En passant à Pasadena en Californie en février 1990 pour voir mon frère et prêcher dans plusieurs églises baptistes, je me suis arrêté à la faculté de théologie appelée «Fuller», afin de la visiter et de rencontrer des amis de classe qui y enseignent. Là, j'ai appris que les dirigeants officiels des églises E.G.B. de Moscou étaient venus à deux reprises afin d'engager pour Moscou des professeurs de cette faculté. Or, depuis plus de 25 ans cette faculté n'est plus considérée comme évangélique, et encore moins comme fondamentaliste, bien que son fondateur fut un ardent fondamentaliste. J'étais surpris d'apprendre que ces professeurs américains aimeraient enseigner à Moscou avec l'idée d'employer cette nouvelle faculté des Eglises Chrétiennes Baptistes de Moscou comme un tremplin pour accéder à l'église orthodoxe russe, à l'instar de Billy Graham.

Lors de mes études secondaires, j'ai fréquenté le lycée russe de Paris à Auteuil. Je n'étais pas converti à cette époque, mais je ne me souviens pas d'un seul orthodoxe

russe partageant la position théologique fondamentaliste de mon père qui était pasteur de l'Eglise Evangélique Russe à Paris. J'ai eu un oncle qui fut prêtre orthodoxe russe en Alaska et à Seattle aux U.S.A. Je n'ai découvert aucune affinité théologique et fondamentaliste avec ma famille orthodoxe et je ne vois pas comment les croyants des E.G.B. non enregistrés pourraient maintenant avoir des liens avec l'Union des E.G.B., anciennement officielle, compte tenu de la nouvelle orientation théologique de cette Union. Je pense que de nombreux croyants de cette Union viendront se joindre aux églises du Conseil des E.G.B. afin d'entendre la simple prédication de la Parole de Dieu, surtout qu'il est maintenant possible de travailler en dehors de la clandestinité et que la soif spirituelle est grande.

D'«être tous un» dans le monde entier serait merveilleux, mais pour cela il faudrait avoir une même expérience spirituelle en Christ, c'est-à-dire être sauvé par la foi en Jésus-Christ crucifié et ressuscité, et professer la même doctrine biblique.

Alexandre de Ghalandeau

La Bonne Nouvelle 2/92

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