Interviewé le 22 mai dernier par l'«ECHO»1*,Emilio Castro, secrétaire général du Conseil Oecuménique des Eglises (COE), a déclaré à propos du document «Baptême, Eucharistie, Ministère» (BEM) 2*: «Vous constaterez qu'il y a une concordance extraordinaire entre les points de vue concernant le baptême. Aujourd'hui, rebaptiser des gens d'une Eglise à l'autre a presque disparu». Par rapport à la cène il a ajouté:
«Ceux qui voient dans la cène un symbole n'ont pas de représentants valables dans la théologie contemporaine».
Voilà comment on met au rancart ceux qui pensent autrement que les chefs de file oecuméniques, quand on ne feint pas de les ignorer complètement.
Là où Emilio Castro voit une extraordinaire concordance des points de vue, les vrais évangéliques constatent une totale incompatibilité, parce qu'il n'y a rien de commun entre une aspersion d'eau administrée à un être encore spirituellement inconscient, que l'on prétend faire ainsi naître de nouveau, et l'immersion d'un croyant symbolisant sa mort et sa résurrection spirituelles en Christ. Il y a également incompatibilité entre la commémoration du dernier repas pris par le Seigneur et le dogme de la transsubstantiation selon lequel le prêtre aurait le pouvoir de transformer le pain et le vin de la cène en corps et en sang de Jésus-Christ offerts sur l'autel en sacrifice pour l'expiation des péchés des vivants et des morts.
Quant à savoir qui doit être considéré comme représentant valable de la théologie contemporaine il y a lieu de préciser:
1 Ce qui est déterminant en théologie, et ce qui lui confère son autorité, c'est son caractère biblique intemporel et non son orientation contemporaine qui devient de plus en plus déviante.
2 Il n'appartient pas plus à Emilio Castro qu'au pape de décréter qui est représentant valable en matière théologique. Cette qualité est fonction de la fidélité à la Parole de Dieu de ceux qui sont censés enseigner la Vérité.
3 Ceux qui enseignent autre chose, seraient-ils porteurs des plus hautes distinctions académiques et ecclésiastiques, sont peut-être les porte-parole de la théologie moderniste contemporaine, mais certainement pas les représentants valables de la théologie biblique.
J. Hoffmann
1*Hebdomadaire catholique de Suisse romande
2*Voir les B.N. 4/85 pp. 56-60 et 1/86 pp. 4-6
La Bonne Nouvelle 2/92
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