À propos de l'évolutionnisme

 

Nous signalions dans un précédent numéro de « La Bonne Nouvelle » que le pape Jean-Paul II avait déclaré que la théorie de l'évolution était « plus qu'une hypothèse ». Pour lui, « l'origine du corps humain se .trouve dans la matière vivante ayant existé avant lui ». Dans le périodique « L'Avènement»*1il était dit sous «Créationnisme ou évolutionnisme?» que les milieux évangéliques n'adoptaient pas de position claire sur la question de la création du monde. Et l'on citait quelques réponses obtenues auprès de membres de plusieurs fédérations ou instituts (« Institut Biblique Emmaüs », «Alliance Evangélique Française», «Fédération des églises libres pentecôtistes », « Fédération romande des églises et oeuvres évangéliques» (FREOE), «Association Création, Bible et Science ») et d'un pasteur réformé.

 

Ainsi, selon le rapport de « L'Avènement», l'enseignement dispensé sur ce sujet à l'Institut Emmaüs serait tiré de l'ouvrage du théologien Henri Blocher. Mais, renseignements pris, il semble bien que l'information fournie par « L'Avènement » ne soit pas tout à fait juste. Car s'il est vrai qu'Emmaüs n'a pas de position officielle sur cette question et que tel professeur rejoint personnellement la position de M. H. Blocher, tel autre prend dans son cours nettement position en faveur d'un créationnisme même très rigoureux. Rappelons que pour M. H. Blocher le croyant attaché à la Bible n'a aucune raison de rejeter l'évolution biologique comme procédure ou mode de création.*2Il rejoint en cela le professeur Jean Humbert qui paraphrase ainsi Genèse 2 : 7 : «... au terme d'une très longue évolution biologique qu'il (Dieu) a dirigée, il a fait surgir l'homme à partir d'un précurseur vivant... »*3. C'est donc admettre comme possible ce que l'on appelle "«évolution théiste», le « créationnisme progressif », ou encore la « création évolutive ». Le président de l'«Association Création, Bible et Science », J.-M. Berthoud, déclara que tout ce que la Bible dit est vrai et «si l'on doute de cela, on doute de la véracité du Christ Lui-même, car ses paroles confirment la Genèse ». D'autres, tout en étant en principe plutôt favorables au créationnisme biblique, se sont montrés réservés, ou pensent qu'il n'appartient à personne de prendre position... Ajoutons toutefois qu'il a été précisé que ces propos engageaient avant tout leurs auteurs, et non les oeuvres auxquelles ils se rattachent.

Donc, il demeure quand même vrai que bien des milieux, des pasteurs et des enseignants évangéliques n'adoptent pas de position claire sur cette question. On ne saurait que le regretter. Remarquons que si les évolutionnistes avaient raison, non seulement tous les hommes, y compris les papes, descendraient du singe, mais également Jésus quant à sa nature humaine, ce qui rend cette hypothèse tout simplement blasphématoire.

 

Mais que dit l'Écriture ?

1. Dès les premières pages de la Bible la création de l'homme est décrite de façon non équivoque. Il y est dit que Dieu forma (façonna, modela) l'homme à son image, non pas à partir d'une quelconque matière vivante préexistante (précurseur vivant, orang-outang ou chimpanzé), mais d'une matière inorganique, de la poussière du sol ou de la terre (adamah = terre: Gen. 2 : 7). Il s'agit bien de la terre au sens littéral, puisque c'est à cette même terre que l'homme retourne littéralement suite à sa chute : « Car tu es poussière et tu retourneras à la poussière» (Gen. 3 : 19). Prétendre que nous nous trouvons ici en face d'une description métaphorique ou symbolique, c'est manifestement aller au-delà de ce qui est écrit (1 Cor. 4 : 6) et de ce que nous fait comprendre une saine interprétation biblique. N'altérons donc pas la Parole de Dieu (II Cor. 4:2) pour la faire coïncider avec un système scientifique hypothétique, parce que invérifiable.

 

2. À ce corps encore inanimé Dieu insuffla une haleine de vie et ce n'est qu'ainsi qu'il devint une âme ou un être vivant (Gen. 2 : 7 = néphéch). Comme les animaux sont désignés par ce même vocable et que l'homme ne devint un être vivant qu'au moment précis où Dieu lui communiqua son souffle de vie, il est évident qu'il ne fut pas avant cela un quelconque anthropoïde comme l'imaginent les évolutionnistes, autant athées que théistes. L'évolution théiste se distingue de l'évolution darwiniste en ce qu'elle ajoute à cette dernière hypothèse une intervention divine dans le supposé passage d'un primate à l'homme.

 

3. Dieu créa tous les animaux selon leur espèce (7 fois répété dans Genèse 1 : 12, 21, 24, 25), ce qui exclut l'hypothèse des passages successifs, ou mutations, d'une espèce inférieure à une espèce supérieure aboutissant à l'apparition de l'être humain.

 

Conclusion

On comprend que des savants non croyants cherchent d'autres explications que celles que nous fournit la Bible. Par contre on ne comprend pas que des chrétiens, déclarant accepter l'inspiration, l'inerrance et l'autorité des Ecritures, puissent admettre des hypothèses qui ne sont d'aucune manière conciliables avec ce que révèle si clairement la Bible.*4

J. H.

.

1 Numéro de décembre 1996.

.

2 Dans «Révélation des origines» Henri Blocher, p. 224, Presses Bibliques Universitaires, rue de l'Ale 29, CH-1003 Lausanne (243 pages) et « Révélation des origines : une réponse » (Réponse au livre cité ci-dessus) Serge Rambert (Positions créationnistes No 11 ) A.C.B.S. Case Postale 4, CH-1001 Lausanne (24 pages) (voir B.N. 1/ 1980). Voir aussi « L'évolution est-ce un dogme ? » Christian Glardon (Positions créationnistes No 23). Même adresse que ci-dessus.

.

3 « Création, Evolution, faut-il trancher? » J. Humbert, Les Editions SATOR, Paris (voir B.N. 1/1992).

.

4 Pour approfondir le sujet nous recommandons « Au commencement Dieu » Edward J. Young (Genèse 1 à 3 et l'autorité de l'Ecriture) Editions Kerygma, 33, av. Jules-Ferry, F-13100 Aix-en-Provence (65 pages) et « Evolution ou Créationnisme: un acte de foi» Philippe Michaut, Editions A.C.R.P. Les Chapons 4, CH-2022 Bevaix, 44 pages (Ce texte a d'abord paru dans « La Bonne Nouvelle » (Numéros 5/83, 6/83, 1/84 et 2/84).

La Bonne Nouvelle 3/97

© La Bonne Nouvelle