UN SOLDAT DE
JÉSUS-CHRIST EN CHINE
LE
MARÉCHAL FENG
Fais du bien aux pauvres,
protège et défends les faibles, et
mets tout ton pouvoir au service du droit en
t'efforçant de redresser les torts. Alors le
Seigneur t'aimera, et Dieu sera lui-même ta
grande récompense.
Dernières paroles
d'ALFRED-LE-GRAND ( 901).
Photo H.
Holmes.
Le
maréchal Feng (au centre) et deux de ses
officiers.
PRÉFACE.
Que nul ne s'étonne si la Mission aux
Indes publie aujourd'hui la biographie d'un
Chinois ! Nous le faisons pour glorifier Dieu,
pour encourager la foi des amis des Missions, et
pour les stimuler à la
prière.
Dans nos difficultés, il est bon
de regarder parfois au-delà de nos
frontières pour contempler l'oeuvre de Dieu
dans d'autres champs de Mission. Que Sa sagesse est
grande, et que Ses moyens sont variés !
Lui qui a su donner aux Indes un Sadhou Sundar
Singh, a donné à la Chine un soldat
chrétien, le Maréchal Feng ! je
viens de lire ceci : "Ce qui manque le plus
à la Chine pour sortir de son anarchie
actuelle, ce sont des hommes
désintéressés, prêts
à accepter de vraies responsabilités
publiques." Feng est précisément l'un
de ces hommes. Il est instructif de suivre les
étapes par lesquelles Dieu a
préparé la conversion de cet
instrument d'élite : ce furent
l'héroïsme de quelques martyrs de la
révolte des Boxers, le dévouement et
le témoignage de deux médecins
missionnaires, la sollicitude
courageuse d'un missionnaire pour son troupeau, la
Bible, et enfin l'appel viril de John Mott dans une
grande réunion
d'évangélisation. Dieu s'est servi de
tous ces moyens pour gagner Feng Yü-hsiang.
Rendons-Lui grâces de ce qu'Il ait
donné à la Chine cet
homme-là ; intercédons en sa
faveur, rendons nous-mêmes plus
fidèlement notre témoignage, et
prions avec plus de foi et de
persévérance pour nos divers champs
de mission !
Océan Indien, le 29 juin
1924.
P. de Benoît,
missionnaire.
P. S. Nous désirons aussi remercier M.
Marshall Broomhall de sa permission, gracieusement
accordée, de faire traduire ce livre, ainsi
que M. Ch. Rochedieu, pasteur, qui a bien voulu se
charger de ce travail.
AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR.
On n'a guère entendu parler
jusqu'à présent du maréchal
Feng sur le continent européen. Cette
remarquable personnalité mérite
pourtant d'être connue. Feng
représente un type de piété
différent de celui du Sadhou Sundar Singh.
Ce dernier est, comme ses compatriotes hindous,
religieux et mystique de nature, tandis que les
Chinois sont avant tout pratiques, pour ne pas dire
terre à terre. L'Évangile est le
merveilleux message divin
adressé à toute
l'humanité ; il s'adapte aux
mentalités les plus diverses ; s'il
fait du Sadhou un apôtre et un saint, il
transforme aussi un soldat chinois sans
éducation et parvient à faire de lui
un serviteur de Dieu aussi humble que
fidèle, un ardent patriote,
dévoré de l'unique ambition d'amener
la Chine entière aux pieds de son
Sauveur.
Au moment où cet immense pays
traverse une crise d'une exceptionnelle
gravité, n'est-ce pas le devoir des croyants
de tout pays d'entourer de leurs prières
l'homme extraordinaire et sympathique que Dieu
semble avoir suscité à l'heure
où précisément il fallait, non
plus seulement des missionnaires étrangers,
mais un apôtre indigène qui pût
mettre au service de l'Évangile et de sa
patrie sa foi et ses dons
particuliers ?
Dans l'Avant-propos anglais de
cette biographie, le
lieutenant-général Sir G. K. Scott
Moncrieff le compare, non sans raison, à
Gustave-Adolphe, l'ardent et pieux champion de la
Réformation menacée, grand soldat et
meneur d'hommes en même temps que grand
chrétien, dont les vertus brillent d'un
éclat d'autant plus vif que le milieu dans
lequel il était appelé à vivre
était plus corrompu. Mais Gustave-Adolphe
avait reçu une éducation
chrétienne des plus soignées ;
tandis que celui qui est aujourd'hui
feld-maréchal dans l'armée chinoise
est à tous égards un fils de ses
oeuvres, né dans le milieu le plus humble et
le plus ignorant. Il s'est élevé aux
plus hautes fonctions par ses mérites
personnels et, par la grâce de Dieu, il s'est
préparé lui-même pour une
tâche exceptionnelle.
C'est le lieu d'indiquer quelques dates
de la rapide carrière militaire de Feng. En
1898 il entre dans l'armée chinoise,
à l'âge de dix-huit ans ; en
1913, il est colonel de la XlVe brigade
d'infanterie ; en 1914, colonel de la XVIe
brigade ; en 1918, commissaire chargé
de la défense du Honan occidental ; en
1921, commandant de la Xle division ; en 1921,
général ; en 1922, gouverneur
militaire du Honan ; en 1922, inspecteur
militaire général à
Pékin ; en 1923, feld-maréchal.
Sans donner à cette carrière
militaire en Chine une importance
exagérée, elle n'en témoigne
pas moins chez Feng d'aptitudes
exceptionnelles.
La première édition
anglaise de cette esquisse biographique a paru en
septembre 1923, alors que Feng était
général. Cette première
édition a été
réimprimée la même année
en novembre, puis en décembre ; avec la
quatrième édition, en mars 1924, il a
fallu en modifier le titre et ajouter les
dernières pages. Il a déjà
paru ou il va paraître des traductions en
suédois, en danois, en allemand, et en
arabe, sans parler d'une édition anglaise en
caractères Braille, pour les aveugles. C. R.
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