ALFRED SAKER
Pionnier Missionnaire au Cameroun
de 1845 à 1876
PRÉFACE
Cette biographie très
abrégée d'Alfred Saker a
été écrite en hommage au
fondateur de la Mission du Cameroun, à
l'occasion du centenaire de son débarquement
sur ce territoire en juin 1845, sous les auspices
de la Baptist Missionary Society.
C'est un geste
d'amitié que j'apprécie de la part de
Mlle Armand-Hugon d'avoir voulu m'associer à
son travail en me proposant de le préfacer.
je le fais d'autant plus volontiers que j'ai encore
connu Miss Emily Saker, la dernière fille de
M. Saker, retirée en Angleterre après
avoir aidé son père pendant tant
d'années laborieuses et qui, jusqu'à
un âge très avancé, garda pour
nos missions le plus vif
intérêt.
Certains lecteurs
auront conservé au fond de leur coeur
l'image vivante d'Alfred Saker. À ceux qui
n'ont glané sur cette attachante
personnalité que quelques ouï-dire et
qui voudront. faire plus ample connaissance, je
recommande ce petit livre; puisse-t-il être
comme un prolongement de son rayonnement et
créer l'émulation qu'Alfred Saker
lui-même aurait aimé susciter.
M. Eleanor
Bowser.
Londres, Octobre, 1944.
B.M.S.
.
INTRODUCTION
ALFRED SAKER ! Qui ne
connaît ce nom, du moins au Cameroun ? C'est
celui d'un grand missionnaire qui, le premier,
apporta l'Évangile aux peuplades du Cameroun
il y a exactement cent ans. jusqu'alors, jamais le
nom de Jésus-Christ n'avait retenti à
leurs oreilles. Ils vivaient dans les
ténèbres du paganisme avec toutes ses
superstitions, son ignorance et sa
cruauté.
Or, voici qu'un
jour, un homme blanc, venu d'au-delà des
mers, leur apporta la Bonne Nouvelle de l'amour de
Dieu. Au premier moment, ils ne purent comprendre,
tant leurs yeux étaient obscurcis, le sens
exact du don ineffable que Dieu leur faisait dans
la personne de son serviteur. Mais bientôt la
bonne semence pénétrait dans les
coeurs de quelques-uns de ces enfants de l'Afrique
et, depuis lors, des multitudes de Cameroniens se
sont donnés à
Jésus-Christ.
C'est pour
célébrer cette grande date que ce
petit livre a été écrit avec
amour par une grande amie des missions. Nos
remerciements sont aussi dûs à la
Baptist Missionary Society et à la United
Society for Christian Literature pour la permission
de reproduire les gravures et la carte. Certes
Alfred Saker aurait mérité un volume
plus considérable, car il fut un
éminent serviteur de Dieu. Mais les temps
sont difficiles et le papier est
rare.
Telle quelle, la
brochure de Mlle Armand-Hugon résume d'une
façon vivante la personnalité
d'Alfred Saker, dont le nom subsistera à
travers les âges comme celui du premier
missionnaire dont Dieu se servit pour apporter
l'Évangile sur les côtes du Cameroun.
À Dieu en soit la gloire, aux siècles
des siècles.
F.
Christol.
Londres, Octobre, 1944.
Missionnaire en Afrique.
ALFRED
SAKER
Pionnier
Missionnaire au Cameroun
de 1845 à
1876
Allez donc, enseignez toutes
les nations en les baptisant au nom du Père,
du Fils et du Saint-Esprit (Matthieu, XXVIII :
19).
Si le grain de
froment ne meurt, il demeure seul; mais s'il meurt,
il porte beaucoup de fruit (Jean, XII :
24).
Celui qui voudra
sauver sa vie la perdra mais celui qui aura perdu
sa vie à cause de moi la sauvera (Luc, IX
24).
.
FORMATION
Il est des êtres de
haute qualité spirituelle dont la vie est si
féconde en triomphes de la foi qu'elle
constitue, à elle seule, une
épopée au sens le plus vrai du mot.
Alfred Saker était un de ceux-là. Il
appartient à l'héroïque
lignée des missionnaires grands pionniers de
la civilisation chrétienne dans des pays
longtemps inexplorés.
Qui aurait pu lui
prédire cette destinée au temps
où il n'était encore qu'un
chétif enfant blond, si timide qu'il
s'occupait à part ou rêvait devant la
belle nature anglaise, au lieu de s'adonner aux
jeux violents des garçons de son âge ?
Qui aurait soupçonné, sous ce
physique fragile, le lutteur intrépide qui,
un jour, fraierait un chemin de lumière dans
les denses ténèbres du Continent Noir
? Lui-même grandit dans l'inconscience de ce
qui l'attendait; mais Dieu savait, et se
préparait en lui un témoin hors de
pair. Poussé par l'insatiable soif de savoir
qui révèle de bonne heure une
intelligence supérieure, le jeune Alfred eut
bientôt absorbé toute la science que
l'école du village pouvait lui dispenser et,
dès l'âge de dix ans, il se mit
à apprendre tout seul, à la maison,
au hasard de livres qu'un de ses frères lui
procurait, des matières
réservées en général
aux programmes des hautes écoles.
Géologie, astronomie, mensuration,
géométrie, dessin, etc.,
étaient ses sciences d'élection.
L'astronomie l'aiguilla sur les arcanes de la
navigation et des instruments indispensables dans
les voyages au long cours. En outre, il
était né musicien et apprit à
jouer de plusieurs instruments, ce dont sa famille
tirait quelque fierté.
Parallèlement à ce
développement intellectuel, sa
sensibilité s'éveillait en prenant
contact avec la souffrance d'autrui et il
décida d'entreprendre l'étude de la
médecine ; malheureusement, les finances de
la famille ne favorisèrent pas cette
ambition où s'annonçait
déjà l'élan de son âme,
marquée pour le don total de soi. Il dut
donc s'employer dans le bureau de son père,
ce qui ne l'empêcha pas de continuer à
s'instruire, consacrant à cela tous ses
loisirs et désertant les fêtes et
réjouissances dont ses frères
étaient souvent les animateurs
recherchés. Il s'en allait seul dans les
champs, avec ses chers livres, ouvrant son esprit
aux connaissances scientifiques et son coeur aux
beautés de la nature.
Vers sa
quinzième année, il dut faire un
séjour à Sevenoaks, dans le joli
comté de Kent. Un dimanche soir, en se
promenant dans la campagne, il passa devant une
petite chapelle baptiste. Captivé par le
chant d'un cantique, il s'arrêta un instant,
puis entra, poussé par une impulsion
irraisonnée. En l'absence du pasteur, un
suppléant présidait le service et
s'adressait à tous « car tous ont
péché et se sont privés de la
gloire de Dieu » ; son message trouva un
terrain propice dans le coeur du jeune homme et
changea le cours de sa vie. Dorénavant, il
était une nouvelle créature en
Jésus-Christ.
.
CONSÉCRATION
À son retour dans sa
ville natale, il se met à fréquenter
les cultes d'une petite église baptiste
locale. Le pasteur, M. Bolton, lui fit accueil et
lui confia un groupe à l'école du
dimanche, dont plus tard il le nomma directeur.
Mais la question du baptême des croyants ne
s'était pas encore posée à son
esprit. Lorsqu'elle lui fut
présentée, il la rejeta, et ce n'est
qu'en septembre 1833, à la suite de la mort
d'un membre respecté de cette église
qu'il fut amené à considérer
comme son devoir de s'y rattacher et de recevoir le
baptême par immersion. À ce propos, il
écrit dans son journal en date du 15
septembre : « Permets que ton jeune serviteur
se joigne à eux pour le remplacer parmi les
membres de l'Église . . . » Toutefois
son esprit restait rebelle à l'idée
de confession publique et, le lendemain, il
confiait à son journal un écho de ce
débat intime:. « 0 Dieu, ranime mon
âme languissante et rends-moi capable de te
servir. je suis prêt à dépenser
et même à me dévouer pour ton
service. » Suivirent des jours de
dépression, presque de désespoir. Les
cultes du premier dimanche de décembre
apportèrent quelque apaisement à son
coeur inquiet, et le jeudi suivant, une allocution
de M. Fremlin sur Job, XXIII : 3, 4, acheva de le
décider. Il eut une entrevue avec M. Bolton,
lequel posa aussitôt sa candidature devant
l'Église. Il fut baptisé le dimanche,
5 janvier 1834. Cet acte de soumission et de
témoignage donna une impulsion nouvelle
à son service pour le Seigneur. Dans les
maisons et les villages qu'il visitait, dans sa vie
privée et publique, son activité
était de plus en plus bénie et il
devint manifeste à tous ses amis qu'il
était destiné au saint
ministère.
.
MARIAGE
Le 25 Février 1840, il
épousa Miss Helen Jessup, qu'il connaissait
depuis l'enfance et qui, née dans
l'Église Anglicane avait, de son propre
choix, adopté les doctrines baptistes. Elle
partageait donc les convictions de son mari et
possédait, grâce à son
éducation et à sa
consécration, les qualités requises
pour être sa compagne et sa collaboratrice.
Quelques mois avant ses fiançailles, elle
avait offert ses services à la Church
Missionary Society pour être envoyée
en terre païenne. À cette
époque, cela constituait un geste de foi car
la société n'avait jamais encore
accepté de dame célibataire pour ses
champs de missions et, fidèle a sa
politique, mais ne voulant pas décourager
l'initiative de Miss Jessup, elle la prévint
qu'il faudrait attendre que Dieu lui ouvre une
voie.
Entre-temps,
Alfred Saker en fit sa compagne et l'emmena
à Devonport, où il travaillait comme
dessinateur dans un chantier
naval.
Deux enfants
vinrent combler le bonheur de ce jeune
ménage chrétien qui prospérait
et avait gagné la haute estime de tout son
entourage.
.
L'APPEL
Pendant l'hiver de 1842-43,
une campagne intense fut menée dans toute
l'Angleterre afin d'éveiller
l'intérêt des églises baptistes
pour l'oeuvre des missions que la, Baptist
Missionary Society avait rétablie en Afrique
deux ou trois ans auparavant. Des esclaves
chrétiens, émancipés en
Jamaïque, avaient été recueillis
sur des croiseurs britanniques et le comité
missionnaire avait dépêché, de
la Jamaïque, le pasteur John Clarke et le Dr
Prince pour rechercher sur la côte ouest
africaine, un emplacement où donner asile
aux réfugiés afin de leur permettre
de refaire leur vie sous la protection de
l'Angleterre. Le choix s'était fixé
sur l'île de Fernando Po. Ils y avaient
établi un poste missionnaire que le
comité avait confié à M. et
Mme. Sturgeon. Ces derniers avaient besoin de
renforts en vue de l'importance que
commençait à prendre cette station
nouvelle, et la campagne organisée en
Angleterre avait pour but de recruter des
volontaires au sein des églises de la
métropole.
Une
tournée de conférences amena M.
Clarke et le Dr Prince à Devonport et, un
soir, Alfred Saker se joignit à leurs
auditeurs dans cette ville : sa femme était
retenue au foyer par la maladie d'un enfant.
Aussitôt rentré, il l'aborda sans
ambages : - Serais-tu disposée à
aller en Afrique ? demanda-t-il à
brûle-pourpoint.
- Et les enfants
? Tu n'y penses pas ? répliqua-t-elle,
oubliant toutes ses ambitions de jeune fille. Mais
lui, conciliant :
- Ne
décide rien maintenant, reprit-il : songes-y
pendant huit jours.
Ce fut pour eux
une semaine de graves réflexions, car tous
deux, dans leur première jeunesse,
s'étaient offerts au Seigneur pour les
missions. Maintenant l'appel avait enfin retenti et
les trouvait prêts à y
répondre.
Le 18 avril 1843,
il s'embarquèrent à bord du Chilmark
à Portsea, avec l'aînée de
leurs enfants, laissant derrière eux, dans
une petite tombe toute fraîche, le corps
aimé de leur deuxième fillette, morte
en bas-âge. À propos de ce premier
deuil, Alfred Saker confie à son journal :
« Toutes les sources de la vie sont en Lui, et
si mon bonheur terrestre devait tarir, je serais
encore quand même heureux.
»
Le voyage fut
long et pénible parce que le bateau,
affrété par la société
des missions, devait d'abord aller à la
Jamaïque chercher un groupe de
chrétiens indigènes chargés
d'aider au développement de la mission parmi
leurs compatriotes à Fernando Po.
Retardé par d'es vents contraires ou des
calmes plats, le voilier fut huit semaines en
route.
En Jamaïque,
nos voyageurs s'arrêtèrent quelque
temps pour visiter les stations de l'île et
se remettre des fatigues de cette première
étape. Rembarqués le 16 novembre
1843, ils n'arrivèrent à destination
que le 16 février 1844, après trois
mois de haute mer, pendant lesquels ils furent en
butte à la malveillance du capitaine, qui
leur fit subir des désagréments et
des privations incroyables. Ainsi commençait
la vie d'épreuves et d'abnégation qui
est celle du missionnaire pionnier de
l'Évangile en terre
païenne.
Enfin, le
voilà à pied d'oeuvre. Le chantier,
c'est Clarence Cove, sur la côte de Fernando
Po. Ce n'est même pas une île anglaise
: l'Espagne en revendique la possession.
.
APPRENTISSAGE
Par suite d'un malentendu
fort regrettable, les gros bagages des Saker, y
compris leur literie, n'avaient pas
été expédiés à
temps ; en sorte que, pour tout matelas, pendant
ces premières semaines d'installation, ils
durent se contenter de planches, même au plus
fort des fièvres par lesquelles chaque
Européen, en arrivant, paie son tribut au
climat africain.
Le premier
dimanche après son débarquement, M.
Saker, qui présidait le service du matin,
prêcha sur Jean III, 16. Le coeur
débordant d'enthousiasme à la vue de
la salle bondée d'auditeurs attentifs et
recueillis, il s'écria : 'Voyez quelles
merveilles Dieu accomplit ! Songez qu'il y a trois
ans, tous ces gens-là s'adonnaient sans
frein à une vie de péché ! Oh,
je suis prêt à vivre et à
mourir pour une oeuvre aussi magnifique
!
Le bruit
s'était vite répandu, dans toute la
colonie des esclaves libérés,
installée à Clarence, qu'un 'jeune
garçon'. prédicateur (ainsi leur
apparaissait M. Saker tant il semblait fragile)
venait d'arriver d'Angleterre sur le Chilmark et
prêcherait ce dimanche-là. Un certain
Thomas Horton Johnson alla l'entendre et Jean III,
16 fut le message de Dieu à son âme.
Dès lors, il s'attacha comme une ombre
à M. Saker dont il devint l'ami et l'aide
inséparable ; cette conversion consacra
comme date mémorable le premier dimanche des
Saker en Afrique.
Le 25
février, Mme. Saker mit au monde une
troisième fille qui, hélas, ne
vécut que cinq mois. Toute la
maisonnée avait contracté la malaria
et les soins manquèrent au
bébé, qui succomba.
Joseph Wilson,
évangéliste indigène à
Fernando Po.
Ces épreuves n'avaient
pas abattu la belle énergie de M. Saker qui,
quelques semaines après, écrivait :
« J'ai rien moins que cinq maisons en
construction pour les missionnaires et les
instituteurs. » Construire était alors
la première nécessité. Mais le
jeune missionnaire avait la tête et le coeur
pleins de projets, et la science qu'il avait
acquise avec acharnement pendant son adolescence
allait maintenant lui être d'une grande
utilité.
Les maisons
achevées, il se mit à fondre des
caractères pour l'imprimerie de la station,
en utilisant des déchets de plomb. En deux
jours, il en avait fondu un millier à sa
propre satisfaction. Ce travail inusité
l'avait fort éprouvé et, avant qu'il
eût pu le terminer, la fièvre dont il
relevait le reprit avec plus de virulence. À
partir de ce moment, la souffrance physique ne le
quitta plus. Ce fut son 'écharde dans la
chair' qui le faisait à tout moment
dépendre étroitement de la
présence divine, et il devint une preuve
vivante de l'efficacité de la grâce et
de la puissance de Dieu. Ses collègues
missionnaires écrivirent au comité de
Londres qu'ils craignaient que Mme. Saker
n'eût bientôt à pleurer sa mort;
mais lui, conscient de l'oeuvre qu'il était
venu accomplir et de tout ce qui lui restait
à faire, protesta:
« Non ! je
ne mourrai pas de si tôt !
»
Son séjour
à la station de Clarence fut pour lui une
sorte d'apprentissage et, tandis qu'il
s'acclimatait en collaborant avec ses
collègues, ses yeux et son coeur se
tournaient souvent vers la côte du continent
africain où il voyait se dresser le pic
volcanique du Cameroun, et il caressait l'ambition
d'aborder là quelque jour et de traverser
tout le pays pour l'évangéliser
jusqu'en Éthiopie. Un collègue de M.
Saker, M. Merrick, avait déjà
pénétré dans Bimbia, sur l'un
des promontoires, et s'occupait à fixer le
langage de la tribu qu'il y avait trouvée.
M. Saker alla lui rendre visite en
éclaireur, dans le but de reconnaître
les alentours et de chercher une voie par où
s'introduire dans le grand pays à
l'âme enténébrée. Tout
autour de Bimbia, le territoire était
occupé par des peuplades encore sauvages
auxquelles jamais personne n'avait parlé du
Sauveur. Où fallait-il faire brèche ?
À cette question portée en
prière devant le Seigneur, la réponse
fut: « Au Cameroun ». On décida
donc d'y aller en exploration; mais il fallait s'y
faire transporter par les indigènes. Or,
ceux-ci n'avaient pas la notion du temps qui
s'écoule et il fallut attendre avec une
patience obstinée le bon plaisir des
passeurs. Un nouvel accès de fièvre
terrassant M. Saker entrava aussi ce projet et
nécessita d'urgence son retour à
Clarence.
Pendant que sa
femme le soignait, on apprit un beau matin que the
Dove (La Colombe), le bateau envoyé
d'Angleterre avec des renforts pour le service des
missionnaires, était en
vue.
Pour
ménager son malade dans l'état
d'extrême faiblesse où il se trouvait,
Mme Saker voulait lui laisser ignorer
l'événement ; mais il le pressentit
à l'agitation insolite de son entourage et
en devina la cause : « Il faudra nous
préparer à recevoir nos hôtes
» , conclut-il. Sur quoi, Mme Saker s'en fut
vaquer aux arrangements nécessaires. Quand
elle revint dans la chambre, le malade avait
disparu et bientôt on le vit, assis dans un
canot, qui, sous l'effort de vigoureux rameurs,
approchait rapidement à la rencontre du
bateau. C'est ainsi que Saker, tout rongé de
fièvre qu'il était, fut le premier
à souhaiter la bienvenue aux nouveaux
arrivants.
The Dove devait
rester au service de la mission et M. et Mme Saker
ne tardèrent pas à s'en servir pour
se transporter sur le territoire du Cameroun de
l'autre côté de la baie, en
tournée de reconnaissance. Il s'agissait de
savoir si l'on pouvait y établir une station
missionnaire.
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