Avec le IVe siècle
s'ouvre une période toute nouvelle de
l'histoire de l'Église, celle de sa
première entente avec l'Empire. « Nous
la voyons sortir comme d'un long hiver, consolider
et développer ses cadres, arrêter les
lignes de ses dogmes, régler le culte,
entourer les lieux saints des signes publics de la
vénération, assurer des retraites
sacrées aux âmes avides de perfection,
donner à la moitié latine de
l'Église une version plus fidèle de
la Bible »
(1). Dans ce IVe
siècle, tous les genres de
littérature religieuse,
exégèse biblique, prédication,
dogmatique, morale, histoire, hymnes
d'Église, poésie didactique,
épique et lyrique, vont briller d'un vif
éclat, au soleil de la liberté enfin
obtenue. L'art même va devenir « une
théologie en images, une apologétique
figurée »
(2).
Dans ce vaste mouvement, les Grecs, avec
leur goût de la spéculation et leur
culture, ont joué le principal rôle,
et, si l'on excepte Ambroise et Augustin - ont eu
les plus grands noms. On les voit se passionner
pour des controverses théologiques. D'autre
part, les Latins leur ont été
supérieurs par leur esprit pratique et la
précision de leurs formules. On les voit
s'absorber dans les discussions soulevées
par les hérésies priscillianiste,
donatiste et pélagienne.
Rappelons brièvement les faits.
Le 1er mai 305 - nous l'avons vu
(p. 216) -
Dioclétien avait abdiqué.
Galère et Constance Chlore, devenus
empereurs, avaient nommé deux Césars,
Sévère et Maximin Daïa, en
écartant Maxence, fils de, Maximien
(collègue de Dioclétien) et
Constantin, fils de Constance. Les princes
évincés se révoltèrent,
et, après sept ans de luttes, le pouvoir, en
Occident, tomba aux mains de Constantin, vainqueur
de Maxence qui se noya dans le Tibre, près
de Rome (28 octobre 312). Il laissa l'Orient
à Licinius. et, adhérant à la
religion longtemps persécutée, il
promulgua l'édit de Milan (février
313), qui accordait la liberté du culte
« aux chrétiens et aux autres ».
Le 13 juin, à Nicomédie, Licinius,
tout en restant païen, fit un édit
analogue pour l'Orient. Plus tard, Constantin,
brouillé avec lui, finit par
l'écraser (323), et il le fit périr
l'année suivante. En 337, année de sa
mort (le 22 mai), il partagea l'Empire entre ses
trois fils et ses neveux.
Les
sentiments qui ont inspiré l'attitude de
Constantin envers l'Église sont assez
mystérieux. Certains historiens
(3) le
dépeignent comme un politique habile,
sceptique en religion, attentif à tenir la
balance égale entre le paganisme et le
christianisme. La vérité parait tout
autre, comme Ferdinand Lot l'a montré avec
force dans son grand ouvrage, La Fin du Monde
antique (1re partie, ch. III). « Dans son
adhésion au christianisme, écrit-il,
il y a une grande part de sincérité.
Il fut très certainement religieux. On le
voit tourmenté par les problèmes de
la nature intime du Christ et de ses rapports avec
le Père». Cet historien reconnaît
pourtant que (Constantin a été
surtout un politique superstitieux. À cette
époque, les esprits étaient
troublés par la destinée tragique de
tous ceux qui avaient persécuté les
chrétiens. Galère lui-même,
leur plus féroce ennemi, avait fait afficher
le 30 avril 311, à
Nicomédie, au cours d'une grave maladie, une
déclaration où il renonçait
à les, persécuter et demandait leurs
prières pour le salut de l'État. En
lutte contre Maxence, à la suite de visions
(4), Constantin
se sentit, de son côté, poussé
à « miser sur le Dieu des
chrétiens ».
Sa conversion fut superficielle, comme
le prouvent les sentiments ambitieux et
sanguinaires qui continuèrent à
l'animer (5), et
le retard de son baptême
différé jusqu'à sa mort, mais
son adhésion extérieure à la
religion nouvelle, à partir de l'édit
de Milan, fut manifeste. Dès avant sa
victoire sur Maxence, il avait fait graver le
symbole Jésus-Christ sur le bouclier de ses
soldats. À son entrée à Rome,
le 29 octobre 312, il ordonna de mettre une croix
sur la main de la statue que le Sénat lui
avait offerte comme signe de sa divinité. En
317, en élevant deux de ses fils au rang de
Césars, il créa le labarum,
étendard impérial, ancien vexillum
dont la couronne porta un monogramme
chrétien. Une série de monnaies,
frappées de 317 à 320, montre deux
monogrammes chrétiens sur le casque de
l'empereur
(6).
Constantin ménagea les vieux
cultes du paganisme pendant une dizaine
d'années. « Trop avisé pour les
supprimer, dit P. Batiffol, il se contenta de leur
laisser leur vie propre qui était à
bout, en s'appliquant à ce que nul
n'ignorât qu'il n'était plus leur
fidèle »
(7). Sa
partialité envers l'Église
était déjà évidente.
Il défendit aux Juifs, sous peine
du feu, de lapider ceux des leurs qui se
convertiraient. Il interdit aux
municipalités d'obliger les chrétiens
à célébrer les sacrifices. Il
octroya des immunités au clergé
catholique. Il accorda aux évêques une
juridiction civile temporaire
(8). Mais c'est
surtout à partir de la disparition de
Licinius, en 324, que l'empereur laisse
éclater son zèle. Il fait graver le
labarum sur les monnaies. Il interdit de conserver
ses images dans les temples païens. Il
bâtit des églises à Antioche,
à Nicomédie, à,
Bethléem (la seule qui subsiste encore) ; il
consacre, en 325, la célèbre
basilique de Jérusalem. Il intervient dans
les affaires de l'Église, il convoque le
concile de Nicée (325). Il invite ses sujets
à devenir chrétiens. Il condamne le
culte d'Apollon, dont l'oracle avait
déchaîné la persécution
de Dioclétien. Il interdit les sacrifices
privée, et (après 330) il
défend aux fonctionnaires toute
participation publique aux cultes païens. Il
conserve, il est vrai, jusqu'à la fin le
titre de pontifex maximus, mais il en avait
abandonné les fonctions à un
promagister.
La plus grande preuve d'attachement
qu'il donna au Christianisme fut la fondation de
Constantinople. Inexplicable par des raisons
purement politiques, au moment où l'empereur
devenait le seul maître du monde romain,
à la fin de 324, elle fut l'effet d'une
décision rapide, inspirée par le
désir de transporter la capitale, de Rome
infectée de paganisme, à une ville
nouvelle toute chrétienne
(9).
L'agrandissement de l'antique ville de Byzance fut
commencé en 324, et la nouvelle cité
fut inaugurée le 11 mai 330. Elle
reçut le nom de Constantinopolis. Sa
superficie fut quadruplée. Les portes de
bronze, les toits dorés, les statues des
temples païens servirent à l'orner.
L'empereur y transporta une partie du Sénat
et fit bâtir des palais
pour les vieilles familles, qu'il y attira. Les
lois furent toutes romaines. La langue de la cour
et des bureaux fut le latin. Constantin se plut
tellement dans cette capitale que, sauf de rares
interruptions, il ne la quitta plus jusqu'à
sa mort.
En croyant avoir fait de Constantinople
le centre du cercle chrétien, il se
trompait. Cet honneur devait passer à Rome,
et sa ville, artificiellement romanisée,
allait redevenir une cité grecque,
étrangère à la langue et
à la littérature latines, foyer d'une
rivalité religieuse, qui devait aboutir au
grand Schisme d'Orient, du XIe siècle.
Double résultat que n'avait pas prévu
l'empereur, ce Latin qui savait peu le grec, cet
autocrate passionné pour l'unité de
foi
(10). Son règne fut marqué par
la grande controverse sur la définition des
rapports entre le Père et le Fils.
Arius, qui en fut la cause, était
originaire de Libye et disciple de Lucien
d'Antioche. Devenu diacre d'Alexandrie, il fut
excommunié par l'évêque Pierre,
pour avoir soutenu Mélétius,
évêque de Lycopolis, qui avait
résisté aux empiétements de ce
prélat sur les droits de ses
collègues de la province. Nommé
presbytre par Achillas, qui avait remplacé
Pierre, il fit opposition à son successeur,
Alexandre, à cause de son autoritarisme et
de ses vues sur la Trinité. Devant son refus
de revenir à la foi orthodoxe, le patriarche
réunit à Alexandrie un synode qui
l'excommunia (321), et, après qu'Arius eut
fondé à Alexandrie une église
gagnée à ses idées, il
l'expulsa, (322). À Nicomédie,
où il s'était réfugié,
Arius écrivit son fameux ouvrage Thalie
(grec Thaléia, banquet), dont il ne reste
que quelques fragments, mélange
d'aperçus dogmatiques et de poésies
populaires composées pour les voyageurs et
les pêcheurs. D'après lui, le
Fils a été
créé du néant (ex ouk
ontôn) par le Dieu unique. Le Fils n'est pas
égal au Père ; il ne participe pas
à son essence et à, son
éternité. Il n'est même pas
semblable à lui ; il est d'une autre
substance (hétérousios). Il a eu la
liberté de rester bon ou de se tourner vers
le mal. N'étant pas divin par nature, il
l'est devenu par pure grâce. Il a
été appelé Logos parce qu'il a
participé au Logos qui est en Dieu. Le
Père est incompréhensible pour le
Fils, mais il a bien voulu se révéler
à lui en quelque mesure. Le Saint-Esprit est
la première créature du Fils. La
Rédemption est l'ascension de l'homme vers
Dieu par les efforts de sa liberté. Tout en
rabaissant le Fils, Arius le relevait en l'appelant
Dieu parfait, antérieur à la
Création, ce qui créait une
équivoque propre à dérouter
les esprits
(11).
Deux synodes tenus, l'un en Bithynie,
l'autre en Palestine demandèrent la
réintégration d'Arius et de ses
partisans. La foule se passionna pour ce conflit.
On discutait sur les rapports du Père et du
Fils jusque dans les boutiques des
commerçants. Constantin,
préoccupé par ces divisions,
écrivit à Alexandre et à son
contradicteur de tâcher de se mettre
d'accord. Hosius, évêque de Cordoue,
qui vivait à la cour, chargé de
porter cette lettre, s'efforça, mais en
vain, de les réconcilier. 'Pour en finir
(12),
l'empereur convoqua à Nicée le
premier concile oecuménique.
Il s'y tint entre mai et septembre M. De
nombreux évêques y étaient
venus (trois cents environ, d'après
Athanase), la plupart Orientaux. On y voyait aussi
des prêtres et des diacres, en particulier le
jeune diacre Athanase, compagnon du patriarche
Alexandre. On y remarqua surtout la présence
de Constantin.
La plupart des évêques
n'avaient pas de credo très précis et
n'étaient guère prêts à
voter les décisions
fermes que l'empereur
réclamait. Soutenu par Eusèbe,
évêque de Nicomédie, et
Théognis, évêque de
Nicée, Arius exposa ses vues, mais il fut
fortement combattu par Athanase, que secondaient
Hosius et Marcel d'Ancyre. Ils firent adopter cette
formule : « le Fils est issu de la substance
du Père », en précisant qu'il
lui était « consubstantiel » (grec
homoousios). Athanase fit remarquer qu'elle
impliquait à la fois l'unité de la
substance divine et la distinction des personnes.
Devant cette formule contradictoire, Eusèbe,
l'illustre évêque de
Césarée, représentant du bon
sens et de la conciliation, proposa une
définition large, appelant le Christ «
le Logos de Dieu, le premier-né de toute la
Création », mais muette sur la
consubstantialité
(13). Mais
cette définition, bien qu'elle
affirmât en Termes suffisants la
divinité du Christ, fut jugée
inadéquate par Constantin
(14) et ses
conseillers et le concile finit par adopter le
symbole dit « de Nicée »
(15),
proclamant « le Fils unique engendré du
Père, c'est-à-dire de la substance du
Père, Dieu issu de Dieu, engendré et
non fait... »
(16). Dans
cette lutte, « Athanase domine Arius, non par
la, dialectique mais par la profondeur du sentiment
chrétien... et parce qu'il est porté
par le flot grossissant du sentiment populaire,
qui, d'instinct, adopte toute théorie qui
grandira le Christ le plus possible,
sans se soucier des
difficultés, ni même des
contradictions qui naîtront de son
assimilation à la divinité » (F.
Lot, P. 49).
Athanase triomphait, mais à quel
prix ! En sacrifiant, non seulement la logique,
mais la vérité historique, cette foi
des tout premiers disciples, dont on trouve des
échos dans les Synoptiques, les Actes et
l'épître de Jacques, au
prophète « puissant en oeuvres et en
paroles », élevé par Dieu
à la dignité de Messie
(17).
Les membres du concile durent signer le
symbole. Presque tous le firent, sauf deux
évêques égyptiens. Le concile
les frappa d'anathème, ainsi qu'Arius et ses
écrits, et l'empereur les exila. Le
même sort atteignit trois
évêques dont l'adhésion
à la formule avait été
jugée trop tardive, Eusèbe de
Nicomédie, Théognis de Nicée
et un autre.
Trois ans après, Constantin,
à l'instigation, d'un presbytre, rappelait
Arius, ainsi qu'Eusèbe et Théognis,
et se déclarait satisfait de leurs
explications théologiques. Poussé par
Eusèbe, il enjoignit à Athanase,
devenu, depuis 328, le successeur d'Alexandre, de
lever l'excommunication qui pesait sur Arius, sous
peine de déposition et d'exil. Devant le
refus du courageux évêque, l'empereur
n'osa pas sévir, mais il l'invita plus tard
à répondre à diverses
accusations portées contre lui par les
Mélétiens. Athanase n'eut pas de
peine à se justifier, mais il dut
comparaître devant le synode de Tyr (335),
convoqué par Constantin sur la demande des
Eusébiens. Malgré l'invraisemblance
des accusations, qu'ils ne purent prouver, les
adversaires d'Athanase obtinrent sa destitution et
la levée de l'excommunication
prononcée contre Arius et ses partisans. Peu
après, le patriarche incriminé
déjà, bien à tort,
d'inconduite et de violences, fut accusé
d'avoir empêché les blés
d'Égypte d'arriver
à Constantinople, et il fut exilé
à Trêves. Les Eusébiens,
présents dans la capitale, y
réunirent un synode, malgré
Alexandre, qui en était
l'évêque ; ils destituèrent
Marcel d'Ancyre, et décidèrent la
rentrée solennelle d'Arius dans
l'Église. La veille du jour fixé pour
la cérémonie , le
célèbre hérétique
mourut subitement à Constantinople
(336).
Nous arrêtons ici l'histoire de
l'Église. Nous l'avons prise à son
berceau, nous l'avons même
considérée dans ses origines, la
tradition hébraïque et la grande
âme du Christ. Nous l'avons suivie au cours
de son adolescence rapide, belle de ferveur
communicative, assombrie par les
persécutions. Nous la laissons lors de son
mariage avec l'Empire. Union triomphante mais
dangereuse, qui lui a donné la
sécurité matérielle et a
consacré son autorité, mais en lui
prenant sa liberté et en la poussant
à supprimer celle des autres, païens ou
hérétiques, et en faisant baisser son
niveau moral par l'abondance mal triée des
recrues, attirées par la flamme du
succès. Toutefois, de grandes
destinées l'attendent, car elle porte
l'évangile en elle ou plutôt elle est
portée par lui.
(2) L. Bréhier, L'Art
chrétien, Paris 1918, p.
107.
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(3) Victor Duruy, Histoire des Romains (T.
VI et VII) ; Ed. Schwartz, Kaiser Constantin und
die christliche Kirche, Leipzig
1913.
.
(4) Apparition de lu croix dam le ciel, au
couchant, avec ces mots : en ceci sois
victorieux (en toutô nica), apparition du
Christ à l'empereur la nuit suivante.
.
(5) Il tua plus tard un de ses fils. et sa
propre femme, Fausta. Pourtant, il avait de
nobles aspirations. il adoucit la rigueur du
code civil, et il protégea les enfants
pauvres, les esclaves, les petits
propriétaires tout en se montrant
très dur dans la répression des
délits contre les moeurs (F. Lot, p.
113-114).
.
(6) Jules Maurice, Numismatique
constantinienne, trois vol. Paris 1911.
.
(7) La Paix constantinienne et le
Catholicisme. Paris 1914, P. 399.
.
(8) Émile Chénon,
Conséquences Juridiques de L'Édit
de Milan (Nouvelle Revue historique de Droit,
1914, p. 255-263).
.
(9) Jules Maurice, Les Origines de
Constantinople, 1904, et F. Lot, ouvrage
cité, p. 39-44.
.
(10) F. Lot, ouvrage cité, p. 43-44.
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(11) Voir dans l'Encycl. Licht., le
remarquable article du professeur A. Jundt sur
l'Arianisme.
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(12) Eusèbe, Vie de Constantin, IlI,
6.
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(13) Ce projet se trouve dans l'Hist.
ecclés. de Théodoret, I, 12.
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(14) G. Boissier, La Fin du Paganisme, T. I,
p. 72-75.
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(15) Texte reproduit dans l'Hist.
ecclés. de Socrate (I, 91) et celle de
Théodoret (I, 12).
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(16) Le concile s'occupa aussi d'autres
questions importantes. Il adopta le point de vue
romain sur la date de la fête pascale ; il
apaisa presque entièrement le conflit
qui, depuis une vingtaine d'années
dressait contre le patriarche d'Alexandrie les
évêques partisans de
Mélétius ; il reconnut
officiellement les droits des patriarches de
Rome, d'Antioche et d'Alexandrie. Saisi d'un
projet tendant à faire
décréter le célibat des
prêtres à. depuis vingt ans, par le
concile d'Elvire pour d'Espagne, Il ne prit
aucune décision.
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(17) Maurice Vernes, Les Étapes de la
déification de Jésus, Leroux,
Paris 1918, p. 5 ss.