CHAPITRE IV
La réaction orthodoxe contre le
Gnosticisme
L'opposition des
églises aux hérésies, surtout
au Gnosticisme, leur plus redoutable, adversaire,
s'exprima par des ouvrages de controverse
(1), et par un
mouvement de concentration qui fortifia le pouvoir
des évêques et prépara
l'unité dogmatique.
Les écrits polémiques sont
presque tous perdus, comme la plupart des
traités qu'ils réfutaient. Il est
probable, en effet, qu'on cessa de les copier avec
la disparition du péril qui les avait fait
naître
(2).
Parmi les fervents défenseurs de
l'orthodoxie naissante, il faut nommer
Hégésipe et
Irénée. Dans ses Mémoires (cf nos
Préliminaires, p. 14),
Hégésippe consigna les
résultats d'une enquête qu'il avait
faite dans plusieurs églises, celles de
Corinthe, où Primus était
évêque, de Roule, dirigée par
Anicet (de 155 à 166), de Jérusalem,
dont le chef était Siméon (fils de
Clopas), successeur de Jacques « le juste
». Son dessein était d'y rechercher,
selon l'expression d'Eusèbe, « la
sûre tradition de la prédication
apostolique » (H. E. IV, 8). Il déclare
avoir constaté partout
« la droite doctrine » (orthos logos), et
sa provenance directe des apôtres par une
succession (diadokhé) bien suivie. Il crut
l'établir, en particulier, pour Corinthe et
pour Rome. À propos de l'église de
Jérusalem, troublée par des sectes,
Hégésippe s'élève
contre les hérétiques
chrétiens, « pseudo-prophètes,
pseudo-apôtres qui ont divisé
l'unité de l'Église par des discours
corrupteurs contre Dieu et contre son Christ
». En fait, « son livre était une
démonstration, contre les gnostiques de la
vérité de l'enseignement officiel
» (Tixeront).
Le plus ardent adversaire de ces
hérétiques fut Irénée,
évêque de Lyon
(3). Né en Asie-Mineure, disciple de
Polycarpe, qu'il avait connu fort âgé
(4), il avait
été aussi l'auditeur de presbytres
considérés. En 177, on le trouve
à Lyon, prêtre de l'église dont
Pothin était évêque. Des
chrétiens prisonniers le chargèrent,
à cette époque, d'un message pour
Eleuthère, évêque de Rome, au
sujet du montanisme, en lui rendant le beau
témoignage d'être « un
zélateur de l'alliance du Christ »
(Eusèbe, H. E. V, 4). Devenu peu
après successeur de Pothin, il s'appliqua
tout d'abord à reconstituer l'église
décimée par la persécution de
Marc-Aurèle, puis à propager le
christianisme en Gaule
(5). Il combattit
les hérésies, le Gnosticisme surtout,
dans divers ouvrages, dont le plus important est La
Gnose mensongère démasquée et
réfutée (Elenkos caï
anatropé tés pseudonymou
gnôseôs), connue
sous le titre (6)
de Adversus Hoereses (contre les
Hérésies). Les trois premiers livres
de ce traité datent des années 180
à, 189, comme le montre une allusion (L. II,
3) à l'évêque Eleuthère.
Les deux derniers ont été
rédigés, semble-t-il, sous le
pontificat de Victor (entre 189 et 198)
(7). Vers l'an
190, Irénée intervint auprès
de cet évêque, intransigeant sur la
date de la fête pascale, en faveur de la
paix. Il mourut, croit-on, en l'an 202-203.
D'après Jérôme, il subit le
martyre, sans doute au cours de la
persécution de Septime
Sévère.
Insistons à présent sur
l'Adversus Hoereses, dont l'importance est
considérable. Le livre I
démasqué, en les exposant, les
erreurs gnostiques. « Explorateur très
curieux de toutes les doctrines », comme a dit
de lui Tertullien, Irénée avait fait
des recherches consciencieuses, et il se montre
sincère et assez bien informé (Carl
Schmidt). Le livre, Il réfute les erreurs
avec une dialectique souple et non sans les
ridiculiser parfois (cf III, 15, 2). Les trois
livres suivants ajoutent aux arguments logiques des
preuves tirées de la tradition et des
écrits sacrés, en particulier
d'épîtres pauliniennes et de «
paroles du Seigneur » (Domini sermones). Le
style de la version latine est un peu lourd, mais
celui de l'original grec est clair dans sa
simplicité. L'auteur se montre nourri de
l'Ancien Testament et au courant de la
littérature et de la philosophie grecques,
qu'il jugeait d'ailleurs sans malveillance.
Les nécessités de la
polémique ont fait de cet ouvrage, selon
l'expression de Batiffol, « un
véritable et le plus ancien traité de
l'Église ÷. Sa grande arme contre
l'hérésie c'est l'unité de sa
loi. Irénée donne à, plusieurs
reprises son credo, qu'il appelle «
règle de la vérité »
(canôn tés alethéias). En voici
les articles : un Dieu, père tout-puissant ;
un Jésus-Christ, fils de Dieu,
incarné pour notre salut ; le Saint-Esprit,
qui a annoncé par les prophètes les
desseins de Dieu ; la conception virginale, la
passion, la résurrection, l'ascension du
bien-aimé Jésus-Christ notre
Seigneur, enfin sa venue pour la
résurrection de la chair du genre humain I,
10, 1). L'Église n'a qu'une âme
(8). Elle est
une, comme le soleil est le même pour
l'univers (Sicut sol in universo mundo unus et idem
est, I, 10, 2).
Irénée met en
lumière l'autorité de cette foi. Elle
repose (III, 3, 1) sur la parole du Christ,
déposée dans les évangiles et
commentée dans les écrits
apostoliques, transmise par les églises,
où elle est garantie par la succession
régulière des évêques,
qui remonte jusqu'aux apôtres. Dans son
désir de fortifier le crédit des
évangiles, il affirme, avec plus de
fantaisie et de piété que de
compétence critique, leur origine
apostolique directe ou indirecte. Jean a
composé son évangile à
Éphèse. Matthieu a écrit le
sien en hébreu, au temps où Pierre et
Paul « prêchaient l'évangile
à Rome et fondaient l'église ».
Marc, disciple et interprète de Pierre, a
mis par écrit la prédication de son
maître, et Luc celle de Paul. Quant à
l'enseignement non écrit des apôtres,
il a été conservé par leurs
successeurs immédiats, les presbytres
(presbyteroï ou seniores), qui ont connu en
Asie saint Jean, demeuré avec eux jusqu'au
temps de Trajan (II, 22, 5).
En ce qui touche la succession
régulière des évêques
dans les églises, Irénée la
précise pour Rome, où, d'après
lui, la liste s'élève à douze,
de Pierre à Eleuthère
(9), et pour
Smyrne, où la grande liaison a
été faite par Polycarpe, disciple des
apôtres (III, 3). L'Église,
fondée sur cette succession, est le canal
par lequel passe l'Esprit. « Ceux qui ne
courent pas à elle ne peuvent y participer.
Car là où est l'Église,
là est l'Esprit de Dieu, et là
où est l'Esprit de Dieu, là est
l'Église et toute grâce » (Adv.
Hoer. Ill, 24).
Dans ce vaste ensemble se détache
une église spéciale, celle de Rome,
qu'exalte Irénée
(10) Rappelons
le passage le plus saillant, « Ad hanc
Ecclesiam, propter potentiorem principalitatem,
necesse est omnem convenire ecclesiam, hoc est eos
qui sunt undique fideles, in qua semper ab his qui
[sunt undique] conservata est ea qu0e est ab
apostolis traditio » (III, 3). Le sens,
très contesté, paraît
être le suivant : « A cette
Église (celle de Rome), à cause de sa
prééminence, doit venir toute
église, c'est-à-dire les
fidèles de partout, dans laquelle
(l'église de Rome) la tradition apostolique
a toujours été conservée par
ceux qui président »
(11).
Si telle est l'essence de
l'Église, l'hérésie (le
Gnosticisme surtout) apparaît comme une
formation hétérogène à
elle, viciée par ses variations qui la
réduisent à
l'état d'écoles et la
discréditent en face de l'unité et de
la fixité de la foi orthodoxe. Pour
l'achever, Irénée, reprenant un
argument employé par Hégésippe
et Justin, dresse la généalogie
(diadokhé) des hérétiques, et
les rattache à Simon le Magicien (1,
27).
Insistons à présent sur le
rôle conciliateur d'Irénée dans
la controverse pascale, dont nous avons
déjà parlé. Polycarpe, on s'en
souvient, était venu voir Anicet, à
Rome, pour conclure un accord, mais n'y avait pas
réussi. En 167, la question se posa de
nouveau avec l'église de Laodicée,
dans des circonstances qui restent obscures.
Apollinaire, évêque
d'Hiérapolis, et Méliton,
évêque de Sardes, intervinrent pour
soutenir l'usage quarto-déciman .(12).
Vers 191, Victor, évêque de Rome,
écrivit à son collègue
d'Éphèse, Polycarpe, le priant de
réunir les évêques d'Asie pour
décider le ralliement de leurs
églises à la coutume romaine,
fondée, disait-il, sur la tradition
apostolique, celle de Pierre et de Paul. Polycarpe
répondit avec fermeté «
à, Victor et à l'église des
Romains », en invoquant l'autorité de
Philippe, de l'apôtre Jean, de Polycarpe,
etc... Il les assura que les évêques
réunis à Éphèse
refusaient, comme lui, de modifier leur date. Il
ajouta qu'« il ne perdait pas la tête
quoi que l'on fît pour l'effrayer ».
Vers le même temps, Victor obtint
l'adhésion de nombreuses églises,
celles de Palestine, du Pont, de Gaule, des
environs d'Edesse, de Corinthe (d'après
Eusèbe). Fort de ces appuis, il eut l'audace
d'exclure les Asiates de la communion non pas
simplement romaine mais « catholique ».
Il souleva d'énergiques protestations, dont
Eusèbe a eu le texte sous les yeux.
Irénée écrivit à Victor
que la date pascale n'était pas une question
essentielle justifiant une excommunication, et il
fit part de son sentiment à la plupart des
évêques. Il fut approuvé, et Victor n'osa
pas renouveler son geste d'excommunication.
L'opposition au Gnosticisme et aux
autres hérésies se traduisit par un
renforcement de la hiérarchie et de la
solidarité entre les églises. Le fait saillant fut la croissance du
pouvoir épiscopal. Parmi les causes,
déjà indiquées
(p. 127), de
ce grand événement, la plus agissante
fut le besoin des fidèles, inquiets des
nouveautés hérétiques, de se
grouper autour de l'évêque, devenu
vraiment un rempart. Ce qui vint la fortifier, ce
fut l'action personnelle des grands
évêques du IIe siècle, surtout
celle d'Ignace et d'Irénée, qui
prônèrent l'épiscopat, non sans
l'illustrer par leur caractère et leur
martyre. Ils donnèrent ainsi à
l'évolution hiérarchique, lente et
uniforme partout ailleurs, l'aspect de mutations
brusques. À côté d'eux figurent
quelques évêques dont l'influence fut
réelle : Méliton de Sardes et surtout
Denys de Corinthe. Pour accroître encore
l'autorité de l'épiscopat,
l'idée vint d'en faire une institution
fondée sur la succession apostolique.
Irénée, grand théoricien de
cette prétention, donne la liste des
évêques de Rome et de Smyrne.
Eusèbe, se faisant l'écho d'une
vieille tradition, en énumère quinze
qui se seraient succédé à la
tête de l'église de Jérusalem,
à partir des origines jusqu'à la
révolte des Juifs en 132. « Les deux
premiers, dit Duchesne, sont Jacques et
Siméon, avec lesquels on arrive à
l'an 107. Il resterait treize évêques
à répartir en vingt-cinq ans : c'est
beaucoup » (Histoire I, p. 210). L'existence de l'épiscopat
à Jérusalem, à cette
époque, est attestée par
Hégésippe. Il raconte que, avec
Siméon, des division furent
déchaînées dans cette
église par un certain Thébouthis,
« parce qu'il n'était pas devenu
évêque » (Eusèbe, H. E.
IV, 22). L'invraisemblance des indications
d'Eusèbe et la faible autorité
d'Hégésippe font penser, en accord
avec les savantes recherches de
Lipsius et d'Harnack, que cette liste
d'évêques, comme les autres listes
d'évêques du 1er et même du IIe
siècles, est très sujette à
caution. Plus digne de créance est la
mention (Eusèbe, H. E. V, 23 et 25) de
Narcisse, évêque de Jérusalem,
présidant, avec Théophile, son
collègue de Césarée, le synode
palestinien réuni, vers 190, au moment de la
controverse pascale, sur la demande de Victor,
évêque de Rome.
L'engouement pour l'épiscopat
gagna même les milieux
judéo-chrétiens. La troisième
Homélie Clémentine attribue à
Pierre, sur le point de quitter
Césarée, la nomination en
règle de son successeur, l'«
évêque » Zachée,
appelé « le chef ». L'apôtre
lui aurait imposé les mains en disant :
« O Dieu notre Père, donne à
l'évêque de délier ce qui doit
être délié et de lier ce qui
doit être lié ! »
Pourtant, il s'en faut que cette
évolution ait été
précise et rapide. L'identité des
fonctions. d'évêque et de celles de
presbytres subsista longtemps dans certaines
églises. Polycarpe, écrivant aux
Philippiens, ne mentionne pas d'évêque
directeur. La confusion de ces charges se voit
aussi dans le Pasteur d'Hermas et même chez
Irénée (Adv. Hoer. III, 2, 3). Il n'y
avait pas non plus, à cette époque,
de ligne de démarcation entre le
clergé
(13) et les
simples fidèles, les laïques
(laïci), comme les appellera Tertullien (dans
son Exhortation à la Chasteté, ch.
7). Tandis qu'il y avait une distinction entre les
fidèles (baptisés) et les
catéchumènes, les membres de
l'église ne formaient pas alors une classe
subordonnée à celle des
prêtres. « Tous les justes, disait
Irénée lui-même,
ont l'ordre sacerdotal »
(Omnes justi sacerdotatem habent ordinem, Adv.
Hoer. IV, 20).
Un fait important à noter dans
cette évolution, c'est le prestige
spécial acquis par certains sièges
épiscopaux, ceux de Jérusalem,
Antioche, Éphèse, Alexandrie, Rome.
Ils le durent à leur origine apostolique, au
chiffre de leur population, à, l'importance
historique de leurs villes ou à leur
situation géographique, mais ce ne fut en
aucune manière une primauté
créée par Jésus ou ses
premiers disciples. Dans ce groupe se
détacha, comme Irénée l'a
noté avec insistance, l'épiscopat de
Rome qui, pour des raisons faciles à
deviner, joua le rôle d'un grand aimant
central attirant peu à peu les parcelles de
la chrétienté. Son autorité
était déjà grande à la
fin du IIe siècle, avec
l'évêque Victor, qui obtint
l'adhésion de nombreuses églises au
point de vue des églises d'Occident sur la
date pascale. Mais, comme on s'en souvient, ses
prétentions autoritaires se
heurtèrent à la ferme
résistance de Polycarpe, évêque
d'Éphèse, soutenu par de nombreux
collègues, et il n'osa pas réaliser
ses menaces contre les Asiates. Il serait donc
prématuré d'ériger en
papauté son épiscopat, ou, si l'on
tient à lui donner ce nom, il doit
être appliqué aussi aux autres
évêques, qui portaient le titre de
pape (père) aussi bien que lui.
Un dernier fait saillant à
indiquer, c'est le renforcement de la foi en
l'Église une et universelle,
célébrée par
Irénée. On le constate dans les
relations entre les églises, où
s'esquisse une sorte de régime synodal
officieux. Rappelons les assemblées, non pas
régulières mais assez
fréquentes, composées
d'évêques sans que les laïques en
fussent exclus
(14),
appelées à délibérer
sur de graves questions, en particulier la fixation
de la date pascale (synodes de Palestine, de
Mésopotamie, des Gaules, etc.). Que l'on
songe encore aux échanges
de vues par lettres, au message envoyé aux
frères d'Asie-Mineure de la part des «
serviteurs de Christ » lyonnais et viennois,
à la mission dont Irénée fut
chargé pour les chrétiens de Rome.
Ajoutons l'importante circulaire que
Sérapion, évêque d'Antioche,
écrivit aux églises d'Asie-Mineure,
au sujet de l'hérésie montaniste, et
qui reçut la signature de nombreux
évêques (H. E. V., 19). Cet instinct
naturel de concentration d'intérêts
spirituels, avivé par les périls
communs et indépendant de toute
autorité centrale, fut la force harmonieuse
qui rassembla en un monument durable les
éléments dispersés de
l'Église.
(1) Déjà, vers la fin du
1er siècle avait paru le IVe
évangile qui, avec la 1re
épître de Jean, réagit
contre le docétisme,
conséquence assez naturelle de la
théorie du Logos incarné (cf
Origines, p. 77-79 et 232).
.
(2) Tel fut le cas pour le Syntagma de
Justin contre les grands gnostiques, surtout
Marcion, le traité de Théophile
d'Antioche contre Hermogène, celui d'
Agrippa Castor, contemporain d'Hadrien,
contre Basilide, les livres de Rhodon, ancien
élève de Tatien, contre Marcion
et Apelle, ceux de l'apologiste Miltiade et
de Zachée, évêque de
Césarée, contre les disciples
de Valentin (cf Eusèbe, H. E., L. IV
et V).
.
(3) A consulter : Albert Dufourcq, Saint
Irénée (coll. Les Saints),
Paris 1904 ; P. Beuzart, Essai sur la
Théologie d'Irénée,
Leroux 1908 ; Hitchcock, Irenus, Cambridge
1914 ; Batiffol, L'Église (ch. IV : Le
catholicisme de saint-Irénée).
.
(4) Cf Adversus Haereses (III, 3) et sa
lettre à Florin.
.
(5) C. Jullian, Histoire de la Gaule, T.
IV, p. 40-512.
.
(6)) C'est celui de la version latine,
d'une fidélité très
littérale dans laquelle l'ouvrage nous
est parvenu. Une partie du texte grec - le
premier livre presque en entier - a pu
être reconstitué grâce
à des citations. Édition
Manucci Rome 1907 ss) du texte latin.
.
(7) Il reste aussi un traité
d'Irénée postérieur
à l'Adversus Hoereses, la
Démonstration de la Prédication
apostolique, découvert à Erivan
en 1904, dans une traduction
arménienne et édité,
avec une traduction allemande en 1907.
Rappelons sa lettre à Florin Sur la
Monarchie (divine) ou Sur ce que Dieu n'est
pas l'auteur du mal (fragments cités
par Eusèbe). Cet historien lui
attribue un livre d'Entretiens, plusieurs
lettres sur la question pascale,
etc.
.
(8) Si le mot « catholique »
manque à Irénée, ainsi
qu'à son traducteur latin, il en a du
moins l'idée (Harnack, p. 407).
.
(9) Voici les noms qu'il indique : Linus,
Anaclet, Clément, Évariste,
Alexandre, Sixte, Télesphore, Hygin,
Pie, Anicet, Soter et Eleuthère (voir
Duchesne, T. I, p. 92 ; Turmel, Histoire du
dogme de La Papauté, Paris 1908 , T.
I, p. 49-61 ; Michiels, Origine de
L'Épiscopat, p. 306-366 ; Caspar, Die
atteste romische Bischofliste «Jans
Papstum und daisertum 1926, p. 1-22).
.
(10) J. Forget, Le Témoignage de
saint Irénée en faveur de la
Primauté romaine
(Éphémérides theologioe
Lovanienses, 1928).
.
(11) La traduction « ceux qui
président » n'est acceptable que
si l'on admet la correction que Dom Morin
propose des mots sunt undique, mis par un
copiste à la place de praesident. (Une
erreur de copiste, Revue
Bénédictine, 1908, p. 515-520)
.
(12) Il consistait à
célébrer là fête
le 14 nisan. (Voir plus haut, p. 53).
.
(13) Le terme de clergé vient du
latin clerus, qui signifiait « classe
». Son application aux charges
ecclésiastiques n'apparaît que
chez Tertullien (La Monogamie, ch. 12). C'est
également à lui que l'on doit
l'emploi du mot ordre dans ce même sens
(ordo, terme juridique qui signifiait «
l'autorité constituée » :
cf L'Exhortation à la Chasteté,
ch. 7). Il lui donne aussi le sens d'«
organisation » (La Monogamie, ch. 11).
.
(14) Même plus tard,
Origène, encore laïque
prêchait à Césarée
devant un synode d'évêques (H.
E., VI, 19).