CHAPITRE
IV
Auxiliaires et ennemis du Christianisme
naissant
Les progrès surprenants du Christianisme,
au 1er siècle, s'expliquent avant tout, non
pas par son caractère syncrétiste qui
lui aurait permis de satisfaire les besoins
religieux du temps, mais, comme l'a bien
montré Holl, dans sa remarquable brochure
Christianisme primitif et Histoire des Religions
(Gutersloh, 1925), par sa vertu propre, sa
fraternité débordante et sa grande
idée de la Grâce divine qui sauve le
pécheur. Toutefois, il ne faut pas oublier
que des circonstances favorables ont soutenu ses
ailes et élargi son essor. Ce qui a facilité sa propagande,
ce furent d'abord l'essaimage et les
privilèges légaux des
communautés juives, à l'ombre
desquelles (l'image est de Tertullien) il fit ses
premiers pas.
La Dispersion (Diaspora) juive, qui
avait atteint son apogée au temps d'Auguste,
avait semé de colonies l'Arabie,
l'Égypte, la Babylonie et d'autres
contrées .
(1). Philon d'Alexandrie
évaluait à un million le nombre de
ses coreligionnaires fixés dans son pays. La
juiverie de Rome comptait au moins dix mille
hommes, auxquels s'ajoutaient les femmes et les
enfants. Cette diffusion du Judaïsme
s'explique en partie par les privilèges
légaux qui lui permettaient le libre
exercice de sa religion et lui
concédaient le droit
d'avoir des juges pour rendre la justice selon la
Loi (Schürer, p. 97-121). « À
Alexandrie, dit Strabon, un quartier
considérable leur a été
assigné. À leur tête est
placé un ethnarque qui administre les
affaires de la nation »
(2). Dans ces
divers milieux, où il faisait bande à
part avec sa religion fermée, hostile
à toute idolâtrie, au risque de
déchaîner des accès
d'antisémitisme
(3), le
Judaïsme recruta de nombreux
prosélytes, attirés par son culte
austère, son monothéisme et les
efforts de ses apologètes qui, rompant avec
l'hostilité témoignée par les
pharisiens à l'hellénisme,
présentaient la révélation
mosaïque comme la vraie philosophie, dont la
pensée profane n'avait été
qu'une série d'ébauches. À
côté des convertis, circoncis et
pratiquants, dits « prosélytes de la
justice »
(4), se
pressaient les prosélytes de deuxième
zone, qui se bornaient à professer le
monothéisme et à observer les
préceptes moraux de la Loi et quelques-unes
de ses prohibitions. On les appelait les «
craignant Dieu »
(5).
L'Église naissante trouva des
auxiliaires inconscients parmi les Juifs
dispersés, et elle bénéficia
d'abord des lois favorables qui les
protégeaient
(6).
On confondait les chrétiens avec eux. C'est
ce que montrent l'expulsion en bloc des Juifs de
Rome par Claude, vers l'an 49 ou 50,
signalée par Suétone (Vita Claudii,
25), et l'attitude du proconsul d'Achaïe
renvoyant le chef de la synagogue de Corinthe et
l'apôtre Paul
(Actes, 18, 12-17). Cette
immunité, il est vrai, ne
dura pas longtemps, comme nous le verrons plus
loin, mais elle permit à la nouvelle
religion de se donner quelques solides points
d'attache et de s'organiser. Ce qui facilité également
l'essor du Christianisme, ce fut l'unification
romaine. Elle avait été
préparée par la civilisation
hellénistique, propagée par
Alexandre-le-Grand, qui avait soudé, avec un
ciment trempé dans le sang, le monde
oriental au monde européen. Cette culture
eut pour véhicule le grec, devenu la langue
universelle, parlée en Occident, où
Marc-Aurèle devait l'utiliser pour ses
Pensées, et jusque chez les Parthes, dont le
roi Orode, au dire de Plutarque, faisait
représenter les Bacchantes d'Euripide pour
célébrer sa victoire sur Crassus ;
langue devenue « vulgaire » ou «
commune » (grec Koïné),
dépouillée de la correction et de la
finesse attiques, chargée de locutions
empruntées aux divers dialectes
(7). Il s'en
dégagea une disposition cosmopolite,
sensible surtout dans ce qu'on appelle,
d'après une expression de Plutarque, le
syncrétisme religieux, essais de fusion de
tendances philosophiques et de religions diverses,
et cette orientation vers l'universalisme ne fut
pas sans favoriser la nouvelle foi qui, sous
l'impulsion de Paul, s'adressait à tous les
païens.
Mais l'unification fut surtout. l'oeuvre
du génie romain. Tous les points du cercle
immense qu'il avait lentement constitué,
furent reliés au centre, la Rome
triomphante, par des rayons directs. Réseaux
de route conçus et exécutés
avec soin, relations postales
régulières, lignes de transports
maritimes, rôle civilisateur des villes, tous
ces progrès, qui activaient
les échanges
d'idées, contribuèrent au
succès du message évangélique.
Un autre facteur favorable fut la misère
sociale. Les paysans d'Italie et les artisans des
cités avaient été plus ou
moins ruinés par la concurrence des
blés et des objets étrangers. De
plus, le poids des impôts directs retombait
sur les provinciaux
(8), charge
inique d'autant plus douloureuse qu'elle
enrichissait trop souvent les fonctionnaires qui
les percevaient. Toute cette détresse
économique, qui avait fait affluer les
âmes, avides d'oubli et de consolation, dans
la forêt des rites orientaux, disposa nombre
d'entre elles à se réfugier au pied
de la croix. Ce fut surtout le cas pour les
esclaves, que la prédication
d'égalité morale ne pouvait pas
manquer d'attirer.
Ce qui facilita enfin sa diffusion, ce
fut la multiplicité des collegia,
associations professionnelles (corps de
métiers, commerçants, musiciens,
prêtres, etc.), mutualités avec
caisses de secours pour maladies et en cas de
décès. Ces dernières (collegia
funeraticia) assuraient à leurs membres une
sépulture (columbaria). Il y eut d'autres
associations de caractère religieux, avec
cultes offerts à des divinités le
plus souvent étrangères. Tout cela
favorisa l'établissement des églises,
au moins au 1er siècle
(9).
D'autre part, la propagande
chrétienne fut affaiblie, au dehors par
l'opposition juive et païenne, au dedans par
certaines hérésies.
Dès que les dirigeants du
Judaïsme se furent rendu compte de la
volonté des disciples de rendre
témoignage à leur
Maître, ils les combattirent avec fureur.
Durs pour Étienne, ils le furent encore
davantage pour Paul, le renégat. On les
trouve à l'origine de la plupart des
persécutions qu'il dut subir
(10).
Moins passionnée mais plus
brutale fut l'opposition païenne, à
partir de l'an 64. À cette date, les
chrétiens sont nettement distingués
des Juifs. Déjà, dès l'an 41,
ils semblent avoir été
soupçonnés, si l'on en juge par une
lettre de Claude à la cité
d'Alexandrie, dont il exhorte la population juive
à se montrer moins turbulente et à
ne, pas « accueillir ou appeler » des
Juifs arrivant de Syrie ou d'Égypte
(11). Quoi
qu'il en soit, au lendemain de l'incendie de Rome,
qui éclata le 19 juillet 64, Néron,
désireux de détourner sur d'autres
têtes que la sienne le courroux du peuple,
« fit souffrir les tortures les plus
raffinées à une classe d'hommes
détestés pour leurs abominations et
que le vulgaire appelait chrétiens ».
Tacite, qui raconte ainsi ce crime (Annales XV,
44), ajoute : « On saisit d'abord ceux qui
avouaient leur secte, et, sur leurs
révélations, une infinité
d'autres, qui furent bien moins convaincus
d'incendie que de haine, pour le genre humain
». Vient ensuite la description de cruels
supplices exécutés dans les jardins
de Néron. Cette proscription des chrétiens
est-elle attribuable au caprice passager d'un fou
couronné, ou bien a-t-elle été
sanctionnée à, cette époque
par une législation positive ? Cette seconde
alternative, repoussée par Boissier et
Harnack, paraît la vraie
(12).
Rappelons le témoignage de
Tertullien : « Consultez vos archives,
s'écrie-t-il, et vous verrez que
Néron, le premier, a sévi contre
cette secte avec le glaive impérial »
(Apologétique, ch. 5). Cette allusion aux
archives et au glaive semble indiquer une
proscription légale. Il y a plus : un texte
de Suétone vient confirmer cette
supposition. Cet historien, dans sa Vie de
Néron (ch. 16), rattache les
persécutions contre les chrétiens,
non pas à l'incendie de 64, mais à
une série de lois édictées par
cet empereur. Il mentionne, entre des mesures
prises contre les cabarets et contre les cochers,
« les supplices infligés aux
chrétiens, race d'hommes adonnés
à une superstition nouvelle' et malfaisante
».
Si une loi a été vraiment
promulguée contre eux, elle ne semble pas
avoir été longtemps observée.
Ce qui les fit le plus souffrir pendant les
années qui suivirent, ce fut
l'hostilité de la foule qui voyait d'un
mauvais oeil leur vie à l'écart et
leur indifférence à l'égard
des affaires publiques. Vespasien et Titus les
laissèrent tranquilles, mais leur
sécurité fut troublée par
Domitien, prince ombrageux et cruel,
persécuteur des républicains et des
stoïciens. Il les tourmenta pendant la
dernière année de son règne,
en 96. Ce que fut cette persécution, on n'a
pu l'élucider, faute de sources
précises
(13). En tout
cas, elle ne fut pas continuée par Nerva,
qui fit un édit général de
pacification. Ce qui, avec les vexations officielles
ou officieuses, vint troubler
(14) la marche
conquérante du christianisme, ce furent
aussi des ennemis intérieurs, les
hérésies.
Les principales hérésies
combattues par Paul et la seconde
génération chrétienne peuvent
être désignées par le terme
général de Prégnosticisme
(15). Ce furent
des ébauches
(16) du
puissant effort de spéculation religieuse
qui devait se déchaîner au IIe
siècle, « forme particulière,
dit Harnack, du grand mouvement de fusion que
produisirent alors le mélange des religions
et l'influence exercée sur elles par la
philosophie grecque »
(17). Il s'est
épanoui en systèmes divers, en
particulier ceux de Basilide, Valentin et Marcion,
mais sous cette variété on a pu
constater une certaine unité, des traits
distinctifs
(18) : une
même aspiration intellectuelle à la
connaissance du monde supra-sensible, conçu,
à la façon des mythes platoniciens,
comme une hiérarchie d'abstractions
(entités) ; une préoccupation
religieuse, dans l'esprit du stoïcisme et des
religions -orientales, de la rédemption
universelle, celle des âmes et celle du monde
(cosmos), appelés à revenir à,
Dieu ; une, tendance morale ascétique
analogue à celle des stoïciens et des
platoniciens du temps, hostiles à la
matière tenue pour source du mal ; une
poussée d'orgueil spirituel conduisant
à attribuer une supériorité,
non pas simplement de degré mais de nature,
aux âmes pénétrées de
gnose.
Au milieu du 1er siècle, la
flamme gnostique couve encore, jaillissant
çà et là en étincelles.
Certains esprits, attirés par le message
ardent de Paul et par la personne sacrée de
Jésus, conçurent les idées
chrétiennes sous les
formes de spéculation courantes, qui.
satisfaisaient leurs besoins métaphysiques
mieux que ne le faisait le message sans
prétentions philosophiques des
chrétiens de cette époque, assez peu
intellectuels
(19).
Les origines du Gnostisme sont encore
mal éclaircies, malgré les recherches
de savants éminents. À la suite des
vastes travaux de Cumont et d'autres sur les cultes
d'Égypte, de Babylone et de Perse, d'Usener,
Dieterich, 'Bousset et Reitzenstein sur l'histoire
comparée des religions, on a cru trouver ces
origines en Orient. Dans son Essai sur le
Gnosticisme égyptien (1882), Amelineau s'est
efforcé d'expliquer le valentinianisme par
les monuments antérieure à lui. La
même année, Kessler signalait les
antécédents babyloniens du
Gnosticisme
(20). Cette
thèse fut reprise avec force par Anz
(21). Il
postulait l'existence d'une spéculation
primitive, tributaire de la religion babylonienne,
devenue mère du Gnosticisme après son
alliance avec l'intellectualisme grec et les
doctrines chrétiennes de la grâce et
de la rédemption. Après lui, Bousset,
dans son important ouvrage sur « les
Problèmes capitaux de la Gnose »
(1907), a bien montré l'influence des
religions orientales, sinon sur les grands
théoriciens de cette spéculation, du
moins sur une partie de ses promoteurs
(22).
En attendant que la science
démêle mieux les origines du
Gnosticisme, on peut dire que son principal
inspirateur a été le Juif Philon,
d'Alexandrie. Ce penseur, né l'an 20 environ
avant notre ère, se signala par de nombreux
commentaires philosophiques sur le Pentateuque.
Très attaché à la Loi
mosaïque et en même temps tout
pénétré de culture
hellénique, il aimait à retrouver
dans ces livres sacrés, grâce
à, la méthode allégorique
courante à cette époque, les
idées des grands spéculatifs grecs,
parcelle de la vérité
déposée dans la Loi. Avec lui, les
personnages bibliques devenaient les symboles de
notions abstraites : ainsi l'histoire d'Adam et
d'Eve représentait les rapports de
l'intelligence et des sens. Métaphysicien
lui-même, il avait construit un
système avec des matériaux, mal
liés, puisés dans le platonisme, le
stoïcisme, le syncrétisme religieux et
la théologie juive. Il posait d'abord
l'Intelligence suprême, Dieu,
indéfinissable, absolu, immuable,
l'Être, la Raison dernière de tout. En
face de lui il mettait la Matière,
au-dessous de toute détermination, pur
non-être. D'autre part, d'après lui,
Dieu gouverne le monde il est Père. Comment
concilier ces idées disparates ? Par
l'action d'intermédiaires qui sont le
produit du rayonnement de Dieu (Philon ne les
définit pas), et dont l'ensemble constitue
le Logos. Pour lui, la cause du mal est
l'obscurcissement de l'âme par la
matière, et la vertu est le fruit de la
connaissance. Elle s'exprime par un
ascétisme, modéré d'ailleurs,
qui assujettit le corps à l'esprit
(23). 'Tout le
Gnosticisme. est en germe dans cette
spéculation. Ses premiers promoteurs, de nous connus,
sont les docteurs de Colosses, visés par
Paul dans son épître aux
chrétiens de cette ville. « Les
Phrygiens, écrit P. Prat, dans sa
Théologie de Saint Paul (T. I., p. 342),
ont été de tout
temps célèbres par leur tendance
à l'illuminisme. On eût dit que leur
sol même les y portait. Cette nature
âpre, tourmentée, secouée
périodiquement d'affreux tremblements de
terre, déchirée de crevasses qui
vomissent encore des vapeurs sulfureuses, semblait
le théâtre, d'anciennes luttes entre
puissances surhumaines. On montrait à
Hiérapolis, non loin de Colosses, une bouche
de l'enfer appelée Plutonium... Les rites
pratiqués en l'honneur de Cybèle et
de Diane nous montrent jusqu'où pouvait
aller l'exaltation mystique de ces peuplades
».
La branche prégnostique qui
bourgeonnait à Colosses faisait partie du
tronc judaïque, comme le prouve la couleur de
ses préceptes d'abstinence (Col, 2, 16), et
elle ne devait pas être négligeable,
si l'on en juge par l'importance de la colonie
juive qui avait été
transplantée dans ce pays par Antiochus le
Grand, roi de Syrie. À l'observation de la
Loi elle mêlait des préceptes
arbitraires, tels que les restrictions relatives
aux boissons 1(2, 16), et des spéculations
issues d'un syncrétisme bizarre, que Paul
appelait « tradition des hommes » et
« tromperies vaines ». Elles se
résumaient dans un ascétisme excessif
(24) et le
culte des anges. Comme l'a soutenu Lightfoot
(25), ces
docteurs, alliés, à cette
époque, du Judaïsme dont ils devaient
se séparer plus tard, avaient des
affinités pour les tendances
esséniennes.
Cette hérésie
apparaît un peu plus tard, vers la fin du 1er
siècle, à Éphèse et en
Crète, comme le montre le tableau
tracé d'elle dans les deux
épîtres à Timothée et
l'épître à Tite. En voici les
traits essentiels. Les prédicateurs sont Juifs ou
judaïsants. Ils
appartiennent surtout à la
circoncision, ils se disent docteurs de la Loi
(Tite 1, 10 ) ils s'attachent
à des fables judaïques
(Tite 1, 14) ils se livrent à
des disputes concernant la Loi
(Tite 3, 9)... Ce sont des
séducteurs, des hypocrites, des esprits
brouillons, des hommes à l'entendement
perverti, à qui les oreilles
démangent, incapables de saisir la
vérité, des gens avides de lucre et
de popularité, qui organisent des coteries
et préparent des schismes. Les doctrines
qu'ils propagent sont moins des
hérésies que des nouveautés
qui entretiennent une curiosité malsaine.
Ils s'attachent à des fables et à des
généalogies sans fin » (Prat, p.
405-406). Il s'agit là, sans doute, de
commérages dans le genre de ceux qu'on
trouve dans le Talmud, et dans les Apocryphes de
l'Ancien Testament datant des environs de
l'ère chrétienne, et d'allusions aux
êtres intermédiaires de Philon. Cette
hérésie était aussi de nature
morale. Elle avait tantôt une tendance
libertine, menaçant de faire surgir une
génération cupide,
intempérante et cruelle
(2 Tim. 3, 2-5), tantôt des
dispositions ascétiques risquant de mener
à l'interdiction du mariage et de certains
aliments. On le voit, cette hérésie
ressemble à celles que mentionnent les
épîtres aux Romains et aux Colossiens.
Toutefois, comme l'observe Goguel, elle est
à un stade plus avancé. Les «
faibles »
(Rom. 14, 1 ss) sont des
timorés, et Paul recommande de les
ménager. Les hérétiques de
Colosses sont agressifs : ils blâment ceux
qui n'observent pas leurs pratiques
(Col. 2, 16,
20-21). Quant à ceux que
visent les Épîtres pastorales, ils
font une propagande insidieuse, se glissant dans
les maisons et cherchant surtout à agir sur
les femmes
(2 Tim. 3, 6)
(26). Au-dessus de la forêt obscure de
cette hérésie se dressent, comme des
arbres séparés mais à la vague
silhouette, quelques noms
sauvés de l'oubli mais non du mystère
(27). Simon le
Magicien, simple charlatan dont la tradition a fait
le père des hérésies,
séducteur de Claude mais se dérobant
sans cesse devant Pierre, instructeur de quelques
disciples, au dire d'Irénée et de
Clément -d'Alexandrie ; Ménandre,
qui, d'après Justin Martyr, -était un
magicien d'origine samaritaine, exerçant son
industrie à Antioche; Cérinthe,
théosophe judéo-chrétien qui
enseignait à Ephèse que
l'élément divin (appelé par
lui Christ), communiqué à
Jésus lors de son baptême, lui avait
été retiré avant sa passion
(28), et enfin
Cerdon, qui, d'après Irénée.,
vécut à Rome, où il fut le
maître de Marcion, titre confirmé
à diverses reprises par Tertullien dans son
traité contre ce dernier
hérétique.
(1) Cf Schurer, Geschichte des Judischen
Volkes T III, 4e éd., p. 2-70 ; Harnarck,
Mission, T. I., p. 1-16 ; P. Lagrange, Le
Messianisme chez les Juifs, Paris 1909, p.
273-284 ; Batiffol L'Église, p. 2-20 ; A.
Gausse, Les Dispersés d'Israël,
Alcan, Paris 1929.
.
(2) Cf Th. Reinach, Textes d'Auteurs grecs
et romains relatifs au Judaïsme, Paris
1895, p. 92.
.
(3) Voir Bousset, Die Religion des
Judentums, im N. T. Zeitalter, 2e éd.
Berlin 1906, et Guignebert, Christianisme, P.
73.
.
(4) Meinertz, Jesus und die Heidenmission,
p. 42-43.
.
(5) Cf Lévi, Le Prosélytisme
juif (Revue des Études juives, 1905 et
1906).
.
(6) Cf B. Aubé, Histoire des
persécutions de l'Eglise..., Paris 1875,
Tome 1 ; Appendice : De la
légalité du Christianisme au 1er
siècle.
.
(7) Pourtant le grec classique resta la
langue de la littérature et des
écoles. Il deviendra, avec les
Pères de l'Église, l'idiome des
écrits chrétiens.
.
(8) On a pu reconstituer ce système
avec. des quittances d'impôts, cadastres,
listes etc., sur papyrus et Ostraka
(débris de poteries), trouvés en
Orient (Cf Deissmann, Licht vom Osten, 1908).
.
(9) Trajan devait interdire les associations
secrètes, en 112, parce qu'un certain
nombre d'entre elles exerçaient une
propagande politique difficile à
contrôler.
.
(10) Il y eut des cas où, comme l'a
discerné Wellhausen, les
évangélistes furent poursuivis en
tant que Juifs, par exemple à Philippes
(Actes 16, 20).
.
(11) Voir Idris Bell, Jews and Christians in
Egypt, Londres 1924. Les Juifs ainsi
visés étaient-ils chrétiens
? Les avis sont partagés (Cf. la Revue
des Études grecques, 1925, p. 386-388).
.
(12) Ce. Batiffol, Revue Biblique 1894 p.
503-521 ; Callewaert articles de la Revue des
questions historiques, 1903 et 1904. Duchesne ne
se prononce pas (Histoire, T. I, p. 106).
.
(13) Cette partie du récit de Tacite
est perdue. Suétone tient dans le vague.
De même, Tertullien, Lactance et
Eusèbe.
.
(14) Il faut noter pourtant que les
hérésies hâtèrent
l'élaboration des formules doctrinales
par lesquelles les églises se
défendirent contre elles.
.
(15) Racine gnosis, terme grec qui signifie
« connaissance » (que l'on n'acquiert
que par révélation ou initiation).
Voir Legge, Forerunners and Rivals of
Christianity, Cambridge 1915, T. 1, ch. III-VI.
.
(16) Il ne faut pas exagérer
l'importance de ce Prégnosticisme, comme
l'a fait Bousset dans son grand ouvrage, Die
Hauptprobleme der Gnosis, 1907
.
.
(17) Précis de l'Histoire des Dogmes,
trad. Choisy, 1893, P. 1 8.
.
(18) Voir le beau livre du savant et
regretté Eug. de Faye, Gnostiques et
Gnosticisme, 2e éd. Geuthner, Paris 1925.
.
(19) De raye, Origines des Églises de
l'Âge apostolique, P. 264.
.
(20) Gnosis und altbabylonische Religion,
1882.
.
(21) Zur Frage nach dem Ursprung des Gnost.,
1897.
.
(22) Telle est aussi, sur ce point,
l'opinion de Harnack (Manuel). Eh ce qui touche
Marcion, il contredit Bousset (Marcion, das
Evangelium vom fremden Gott, 1921).
D'après lui, il n'a rien emprunté
à la philosophie grecque ou aux religions
syncrétistes : il tient ses inspirations
des épîtres de Paul et des
évangiles. Il a oublié, comme
l'observe E. de Faye, que Marcion a
été tributaire, à la fois
de la philosophie grecque, où la
distinction entre le Dieu suprême et les
divinités subalternes était
courante, et de ses prédécesseurs
qui l'ont développée.
.
(23) On peut consulter Zeller, Philosophie
des Grecs, T. V ; Philon Comment.
allégorique des saintes Lois,
édition Bréhier (Hemmer, Lejay, T.
IX) ; Bréhier Les Idées philos. et
relig. de Philon d'Alex, Paris 1908.
.
(24) Cette tendance se montrait aussi dans
l'église de Rome, où certains
fidèles ne mangeaient que des herbes et
tenaient certains jours pour sacrés
(Rom. ch. 14).
.
(25) Colossians and Philemon (cf les deux
dissertations qui s'y trouvent : The Colossian
Hercey, p. 71-111, et The Essenes, p. 347-417).
Voir aussi Williams The Cull of the Angels at
Colossae (Journal of Theol. Studies, T. X, avril
1909).
.
(26) L'Apocalypse mentionne une
hérésie, celle des Nicolaïtes
qui fleurissait à Éphèse
(2, 6). Son promoteur, Nicolas, est inconnu.
.
(27) Cf E. de Faye, Gnostiques et
Gnosticisme, p. 429-437.
.
(28) D'après Irénée
(Adversus Hoereses (L. III, 3), il aurait eu des
démêlés avec saint Jean.