LA LOI DES SACRIFICES CONSIDÉRÉS COMME TYPES DES DIFFÉRENTS ASPECTS DU SACRIFICE DE JÉSUS-CHRIST
LE SACRIFICE POUR LE
DÉLIT
(Lévitique V, 14-19,
et VI, 1-7.)
Le SACRIFICE POUR LE DÉLIT ressemble
beaucoup, pour le fond, à celui pour le péché,
mais il en diffère absolument pour certains détails
qu'il importe de bien comprendre pour saisir l'idée que ce
sacrifice nous présente.
Comme nous l'avons fait pour les autres
sacrifices, nous considérerons celui-ci, d'abord dans son
caractère distinctif et ensuite dans ses différents
degrés ou manières de le comprendre.
I. QUANT AU CARACTÈRE DISTINCTIF DE
CE SACRIFICE, nous considérerons
d'abord la grande distinction à faire entre le sacrifice pour
le délit et toute la classe des sacrifices d'agréable
odeur; ensuite la différence entre le sacrifice pour le
péché et le sacrifice pour le délit; puis nous
verrons certains détails en rapport avec la nature du
péché et celle du délit, en rapport aussi avec
leur expiation.
1° Je
n'ai pas besoin d'insister sur le premier point, car la distinction
entre ce qu'était et ce que n'était pas un sacrifice
d'agréable odeur a été suffisamment
établie. Je note donc simplement ici le fait que le sacrifice
pour le délit n'était pas un sacrifice
d'agréable odeur. Christ nous y est présenté
comme souffrant pour les péchés; et son oeuvre est y
considérée comme expiatoire.
2° Nous
avons déjà vu que le sacrifice pour le délit
était bien distinct du sacrifice pour le péché.
Nous devons cependant revenir encore là-dessus et rappeler les
détails très précis qui nous sont donnés
au sujet du délit. Nous lisons: « Si quelqu'un a commis
une infidélité et a péché par erreur dans
les choses saintes de l'Eternel, le sacrificateur fera propitiation
pour lui pour le délit » (Lévit. V, 15. 16). Et
encore: « Si quelqu'un a péché et a commis une
infidélité envers l'Eternel et a menti à son
prochain pour une chose qu'on lui a confiée, ou qu'on a
déposée entre ses mains, ou qu'il a volée, ou
extorquée à son prochain; ou s'il a trouvé une
chose perdue, et qu'il mente à ce sujet, et qu'il jure en
mentant à l'égard de l'une de toutes les choses qu'un
homme fait, de manière à pécher en les faisant;
alors, s'il a péché et qu'il soit coupable, il arrivera
qu'il rendra l'objet qu'il a volé ou la chose qu'il a
extorquée ou le dépôt qui lui a été
confié, ou la chose perdue qu'il a trouvée »
(Lévit. V, 21.22. 23).
Ici le délit est qualifié d'infidélité ou
de forfait contre l'Eternel ou contre le prochain ; il s'agit en
effet d'extorsion violente ou de mensonge et de faux serment à
l'égard d'une chose trouvée. Dans tous ces
cas-là, il y avait infidélité, ou tort fait
à un autre. Et le sacrifice accompli pour expier cet acte, le
sacrifice pour le délit (en cela il était en contraste
avec le sacrifice pour le péché) était offert
par celui qui le présentait non point pour ce que celui-ci
était, mais pour ce qu'il avait fait. En conséquence,
dans le sacrifice pour le délit, il n'est jamais question
d'une personne qui aurait péché il ne que d'un acte
coupable; c'est là la chose principale.
Voilà ce qu'était le
délit, et cependant le transgresseur pouvait l'avoir commis
par erreur et sans le savoir (Lévit. V, 15.
17. 19). Ceci est remarquable et
montre combien peu on doit se fier au jugement de l'homme, non
seulement à l'égard de ce qu'Il est, mais aussi de ce
qu'il fait. Il est à remarquer que cette transgression
inconsciente se commet surtout quand il s'agit des choses saintes ;
nous n'en trouvons pas d'exemple à propos d'un tort fait au
prochain. La raison en est bien simple ; notre conscience naturelle
connaît l'homme et ce qui lui est dû, bien plus
facilement qu'elle n'arrive à comprendre ce qui est dû
à Dieu. Si donc nous n'avons qu'une conception imparfaite de
modèle à réaliser, qu'une connaissance
superficielle des choses saintes, si la transgression est seulement
pour nous ce qui touche l'homme, alors il n'y a pas de transgression
commise par erreur. Mais qu'un homme entre souvent dans le sanctuaire
où il apprendra à connaître quelque chose de la
sainteté de Dieu, et il trouvera que les choses saintes
elles-mêmes, les moments du culte sont, en raison de notre
faiblesse, tout autant d'occasions pour les transgressions. Ceux qui
vivent beaucoup en présence de Dieu sont les premiers à
reconnaître, ce qui parait impossible à plusieurs, qu'il
y a souvent un péché inconscient dans les actes les
plus saints de notre culte. Je crois qu'il n'y a aucune espèce
d'acte de louange, de prière ou d'adoration, aucun service
quelconque qui, par la ruse de Satan, ne puisse devenir pour la chair
une occasion de péché. Les exemples ici sont superflus.
Tout chrétien sera prêt à reconnaître que
tel ou tel acte, accompli, semble-t-il, pour le Seigneur, s'est
trouvé tout souillé de péché. Dans le
moment peut-être nous n'en avons pas conscience; mais,
grâce aux circonstances ou à un plus grand degré
de lumière spirituelle, nous arrivons souvent à le
reconnaître. Le péché est d'ailleurs le
même, qu'il soit on non reconnu, et le mal que nous ignorons
n'en est pas moins le mal.
Et combien elle est solennelle la
vérité qui nous est enseignée ici? Que ce n'est
ni notre conscience, ni l'appréciation que nous faisons de la
lumière, ni nos capacités, mais la vérité
de Dieu qui est la mesure selon laquelle le péché et
les transgressions doivent être jugés. « Quoiqu'il
ne l'ail pas su, il sera coupable ; certainement il s'est rendu
coupable envers l'Eternel » (Lévit. V, 17. 19). Si
la conscience ou les lumières de l'homme étaient sa
norme, chacun aurait une règle différente. Et ainsi le
juste et l'injuste, le bien et le mal, dépendraient non de la
vérité de Dieu, mais du jugement de la créature.
A ce compte-là, le plus immonde des animaux ne devrait pas
être regardé comme souillé, parce qu'on pourrait
toujours alléguer qu'il n'a aucune idée de ce qui est
pur et bien séant. Mais, dans les choses de ce monde, nous
nous gardons bien de juger ainsi; Dieu non plus ne le fait pas dans
les choses du ciel. Qui oserait avancer que, si les pores sont sales,
la mesure de la propreté doit s'abaisser à leur propre
impossible à plusieurs, qu'il y a souvent un
péché inconscient dans les actes les plus saints de
notre culte. Je crois qu'il n'y a aucune espèce d'acte de
louange, de prière ou d'adoration, aucun service quelconque
qui, par la ruse de Satan, ne puisse devenir pour la chair une
occasion de péché. Les exemples ici sont superflus.
Tout chrétien sera prêt à reconnaître que
tel ou tel acte, accompli, semble-t-il, pour le Seigneur, s'est
trouvé tout souillé de péché. Dans le
moment peut-être nous n'en avons pas conscience; mais,
grâce aux circonstances ou à un plus grand degré
de lumière spirituelle, nous arrivons souvent à le
reconnaître. Le péché est d'ailleurs le
même, qu'il soit on non reconnu, et le mal que nous ignorons
n'en est pas moins le mal.
Et combien elle est solennelle la
vérité qui nous est enseignée ici? Que ce n'est
ni notre conscience, ni l'appréciation que nous faisons de la
lumière, ni nos capacités, mais la vérité
de Dieu qui est la mesure selon laquelle le péché et
les transgressions doivent être jugés. « Quoiqu'il
ne l'ail pas su, il sera coupable ; certainement il s'est rendu
coupable envers l'Eternel » (Lévit. V, 17. 19). Si
la conscience ou les lumières de l'homme étaient sa
norme, chacun aurait une règle différente. Et ainsi le
juste et l'injuste, le bien et le mal, dépendraient non de la
vérité de Dieu, mais du jugement de la créature.
A ce compte-là, le plus immonde des animaux ne devrait pas
être regardé comme souillé, parce qu'on pourrait
toujours alléguer qu'il n'a aucune idée de ce qui est
pur et bien séant. Mais, dans les choses de ce monde, nous
nous gardons bien de juger ainsi; Dieu non plus ne le fait pas dans
les choses du ciel. Qui oserait avancer que, si les pores sont sales,
la mesure de la propreté doit s'abaisser à leur propre
niveau; ou que, à cause de l'inconscience dans laquelle ils
sont de leur état, il faut renoncer à distinguer entre
ce qui est pur et ce qui est impur? Non, nous jugeons non pas comme
eux... si tant est qu'ils jugent, mais selon nos lumières et
nos connaissances qui sont notre règle, et non pas leur
ignorance. De la même manière, et quoique sa grâce
soit prête à pardonner, Dieu juge toujours le mal comme
mal partout où il le voit. Notre aveuglement ne change rien
à son jugement, car c'est notre péché et notre
péché seul qui a causé cet aveuglement.
Tel est le délit, et telle est la mesure
à lui appliquer, mesure qui est plus ou moins étendue
à proportion des lumières que nous recevons; car, Celui
qui nous appelle, nous conduit à voir comme il voit
lui-même, non pas seulement sa grâce, mais le profond et
constant besoin que nous en avons. Mais, béni soit Dieu, Celui
qui convainc de péché rend témoignage aussi
à Celui dont le sacrifice nous a procuré le pardon.
Celui qui voit Jésus dans le sacrifice pour le délit,
voit que celui-ci a été expié; car Christ a
confessé le délit, a porté le jugement et la
peine encourue. Non seulement son âme a été en
oblation pour le péché, - nous avons pour cela le
sacrifice pour le péché - mais il a été
navré pour nos forfaits (1).
Le jugement pour les transgressions est tombé
sur Lui. Là, comme dans le sacrifice pour le
péché, Il a été, lui juste, mis à
la place des injustes (1 Pierre II, 18), confessant
les fautes de son peuple comme étant les siennes; Il a offert
une pleine réparation pour toutes ces fautes et, dans sa
personne, c'est nous qui avons donné satisfaction à
Dieu. Tout ceci ressemble tellement à ce que nous avons vu
dans le sacrifice pour le péché que, sans m'y
arrêter davantage, j'en viens à ce qui
caractérise, d'une manière plus spéciale, le
sacrifice pour le délit.
Il y a deux traits à noter. Dans le
sacrifice pour le délit, outre le sacrifice d'une vie, la
valeur du délit, selon l'évaluation qu'en faisait le
sacrificateur, était payée en sicles du sanctuaire
à la partie offensée. Et puis un cinquième,
compté aussi en sicles, était encore ajouté
à cette somme, et le tout était payé par le
transgresser à la personne offensée (Lévit. V, 15. 16;
VI, 5. 6). Les
détails relatifs au payement d'une somme d'argent sont
à la fois très précis et très
remarquables. Notons combien tout ce que nous avons ici
diffère du sacrifice pour le péché.
Dans le sacrifice pour le péché
il n'est pas question d'argent; il n'y avait pas d'évaluation
faite par le sacrificateur, pas de cinquième ajouté,
aucune de ces choses qui dépendaient uniquement de la nature
de la transgression. Dans le sacrifice pour le péché,
celui qui l'offrait voyait son péché jugé,
jugé dans une victime parfaite qui portait le châtiment
pour le péché sans l'avoir commis. Dans tout cela, la
seule pensée qui se présente à nous, c'est celle
du péché recevant son juste châtiment. Nous
voyons un jugement mérité tombant sur le substitut du
pécheur; et ainsi la justice est satisfaite. Tout cela nous
l'avons dans le sacrifice pour le délit, sauf qu'il s'agit du
délit et non du péché. La vie de la victime est
aussi donnée pour le délit : le jugement est
prononcé et la justice est satisfaite. Mais, il y a plus que
cela encore - ce qui vient, comme nous le verrons, de la nature du
délit, - le mal est réparé; et, en outre, il est
ajouté un cinquième. Remarquez que, dans le sacrifice
pour le délit, c'est celui qui offre le sacrifice qui fait la
réparation. Selon l'estimation du sacrificateur, la partie
lésée rentre en possession de son bien ou en
reçoit la valeur. Mais il y a plus : non seulement le mal est
réparé, mais la réparation dépasse
l'offense. Ces deux faits particuliers, qui caractérisent
l'expiation du sacrifice pour le délit, résultent
directement et immédiatement de la distinction entre le
péché et le délit. Il est absolument
nécessaire de saisir cette distinction pour comprendre ce qui
sera dit encore sur le sacrifice pour le délit.
Le péché, je le
répète, c'est le mal dans notre nature; et le sacrifice
pour le péché est offert pour ce que nous sommes,
tandis que, dans le cas du délit, c'est pour ce que nous avons
fait, pour le tort fait à quelqu'un. Il suit de là que
l'expiation ou la satisfaction ne doit pas être la même
dans un cas que dans l'autre; car ce qui satisferait pleinement la
justice relativement au péché, pourrait ne pas la
satisfaire du tout relativement au délit. Dans le cas du
péché - c'est-à-dire quand il s'agit de notre
nature pécheresse et non d'un tort fait à quelqu'un -
la mort du pécheur serait une satisfaction parfaitement
suffisante. Mais elle n'en serait pas une pour le tort
occasionné par le délit. Car, le simple fait que la
victime meurt, ne serait pas une réparation pour la partie
lésée. Le transgresseur, à la
vérité, serait puni, mais le tort et l'injure
subsisteraient. Celui qui a été lésé ne
serait pas rétabli dans ses droits par la mort du
transgresseur, ce qui est nécessaire pour que l'expiation soit
considérée comme parfaite. En conséquence, pour
que la satisfaction ait lieu dans le sacrifice pour le délit,
il faut qu'il y ait non seulement jugement de la victime, mais aussi
restitution; c'est alors seulement que le lésé est
rétabli dans son droit et que le tort est pleinement
réparé.
En un mot, l'expiation pour le délit
implique donc la restitution; jusque-là, le transgresseur peut
bien avoir été jugé, mais il n'a pas encore
été fait droit à la partie lésée.
Mais, en Christ, l'homme a satisfait pleinement à tout. Et
ainsi Dieu, loin d'être frustré de quelque chose par la
transgression de l'homme, reçoit une satisfaction qui
dépasse l'offense.
3° Dans
le sacrifice pour le délit, nous avons la restitution, une
pleine restitution pour le tort commis. La réparation devait
se faire, selon l'estimation du sacrificateur, en sicles du
sanctuaire (V. 15). La pensée ici
n'est pas celle du délit puni, mais celle du tort
réparé. Le paiement devait se faire en sicles du
sanctuaire ; c'est ainsi que Dieu le voulait. (Voyez Exode XXX, 13. 24;
XXVIII, 24. 25; Lévit. XXVII, 3.
25: Nombres III, 47.50; XVIII, 16). Comme il est dit
: « Et toute estimation que tu auras faite sera selon le sicle
du sanctuaire » (Lévit. XXVII, 25).
Telle était la mesure de Dieu.
Dieu et l'homme reçoivent en Christ, par
le sacrifice pour le délit, la réparation
complète du tort qui leur a été fait. Il a
été porté atteinte à l'honneur de Dieu,
on a méprisé ses droits, oublié ce qu'il lui
était dû; l'homme s'est souvent approprié ce qui
ne lui appartenait pas, prenant pour lui « la graisse » des
sacrifices qui revenait à Dieu. C'est ainsi, si j'ose employer
cette expression, que Dieu s'est trouvé en perte; en Christ,
cette perte a été réparée et, tout ce qui
a été perdu par le premier Adam, a été
pleinement rendu dans le second. Honneur, service, culte,
obéissance, tout ce que Dieu pouvait réclamer, tout ce
dont l'homme l'a privé, Il l'a reçu de nouveau de
l'homme dans la personne de Christ, en sicles du sanctuaire, selon
l'estimation du sacrificateur.
Mais l'homme, lui, aussi offensé par le
délit, a reçu une pleine réparation. Christ, en
présentant le sacrifice pour le délit, rend à
l'homme offensé tout ce que celui-ci a perdu. Et quiconque
accepte son sacrifice, trouvera que tout a été plus que
réparé. Si le délit a privé l'homme de la
vie, de la paix, de la joie, il peut, en regardant à Christ,
retrouver tout cela. Qu'il s'agisse du tort de l'homme
vis-à-vis de l'homme ou des torts de l'homme vis-à-vis
de Dieu, Christ est toujours le souverain réparateur. Tout a
été payé et réparé, pour l'homme
aussi bien que pour Dieu.
4° Mais
ce n'est pas tout. Non seulement le mal est réparé, et
les droits de Dieu sont satisfaits - c'est ce que nous dit le
sacrifice pour le délit, - mais il faut encore qu'un
cinquième soit ajouté par-dessus.
Et d'abord, quelle est la signification de ce
cinquième ? Pour la comprendre, remontons à la
Genèse et voyons ce qui nous est dit la première fois
qu'il en est question. C'est dans l'histoire de Joseph. Voici le
résumé de ce passage : Avant les sept ans de famine,
quoiqu'ils fussent son pays et son peuple, l'Egypte et les Egyptiens
étaient encore en quelque mesure indépendants de
Pharaon. Mais évidemment il n'en fut plus de même
après. C'est ce que nous concluons du fait que, après
la famine, Pharaon exigea le paiement d'un cinquième
destiné à rappeler que le pays et le peuple lui
appartenaient désormais à un autre titre. Nous lisons:
« Et cette année-là finit; et ils vinrent à
lui la seconde année, et lui dirent : Nous ne cacherons pas
à mon seigneur que l'argent est épuisé, et mon
seigneur a des troupeaux de bétail; il ne reste rien devant
mon seigneur que nos corps et nos terres. Pourquoi mourrions-nous
devant tes yeux, tant nous que nos terres? Achète-nous, et nos
terres, contre du pain; et nous serons, nous et nos terres,
serviteurs de Pharaon. Et donne-nous de la semence, afin que nous
vivions et ne mourions pas, et que la terre ne soit pas
désolée. Et Joseph ,acheta tout le sol de l'Egypte pour
Pharaon ; car les Égyptiens vendirent chacun son champ, parce
que la famine les pressait; et la terre fut à Pharaon.... Et
Joseph dit au peuple : voici, je vous ai achetés aujourd'hui,
et vos terres, pour Pharaon. Voici de la semence pour vous:
ensemencez la terre. Et il arrivera, lors des récoltes, que
vous donnerez le cinquième à Pharaon, et les quatre
autres parties seront pour vous Et ils dirent : Tu nous a
conservé la vie; que nous trouvions grâce aux yeux de
mon seigneur et nous serons serviteurs de Pharaon. Et Joseph en fit
une loi, jusqu'à ce jour, sur les terres de l'Egypte: à
Pharaon un cinquième. Seulement, les terres des sacrificateurs
seuls ne furent pas à Pharaon (Gen. XLVII, 18-26).
Nous voyons ici que, en payant ce
cinquième, le peuple reconnaissait que la misère
l'avait contraint à remettre tout entre les mains de Pharaon
et à se livrer eux-mêmes à lui. Et ainsi, partout
où nous le trouvons dans l'Ecriture (2),
le paiement de ce cinquième renferme l'aveu
que celui qui s'en acquittait avait perdu et aliéné ce
dont il payait le cinquième. C'est un témoignage non
seulement que tout ce qui avait été cédé
l'avait été par nécessité, comme une
dette et non comme un don fait librement, mais que désormais
tout appartenait de droit à celui à qui le
cinquième était payé. C'est la ce qui fait
proprement le caractère du sacrifice pour le délit;
tout ce qui était livré était vraiment dû
(3).
Par l'addition de ce cinquième, c'est ce
que nous avons maintenant à considérer, il arrivait que
la partie offensée recevait plus qu'elle n'avait perdu.
C'était un gain pour elle. Les voies de Dieu sont en
vérité merveilleuses, et les conseils de sa sagesse
inscrutables.
Qui aurait pensé que le délit
eût un résultat pareil ? Mais c'est pourtant la
vérité. Dieu et l'homme ont reçu de l'homme en
Christ plus que ce dont ils ont été frustrés par
le péché. Toutes choses sont de Dieu sans doute;
cependant c'est de l'homme en Christ, et cela en conséquence
du péché, que Dieu, selon les desseins de sa
merveilleuse sagesse, reçoit cette abondante
réparation. « Où le péché a
abondé, et même parce qu'il a abondé, la
grâce a surabondé. » Tout comme ce fut à
cause de la famine et de la misère dont souffraient les
Egyptiens, que Pharaon acquit des droits nouveaux sur son peuple,
ainsi c'est à cause du délit que la partie
offensée, qu'il s'agisse de Dieu ou de l'homme, a acquis sur
la personne et la propriété du transgresseur un droit
qui n'existait pas auparavant.
Je voudrais bien que cela fût mieux
compris; nous entendrions alors plus souvent parler de grâce et
plus rarement de droit; et nous ne verrions pas si souvent des
chrétiens si peu à la hauteur, quant à la
pratique, de ce qu'ils appellent la grâce. Mais entrons dans
quelques explications. Avant que le délit existât, Dieu
réclamait ses droits et rien de plus. Mais, depuis que la
transgression est intervenue, Il réclame davantage; la
réparation du tort primitif d'abord, puis le «
cinquième en sus. » Le paiement du cinquième
rappelait, comme nous l'avons vu, combien le transgresseur
s'était rendu coupable; il rappelait aussi que celui auquel ce
cinquième était payé, avait non seulement un
droit primitif à faire valoir, mais encore un droit
particulier sur celui qui l'avait offensé. Ainsi le
délit avait augmenté les droits de Dieu; et il en est
de même pour ceux de l'homme. Avant le délit, l'homme
avait déjà ses droits, c'était la simple
justice; mais, depuis, il réclame plus que son droit, et le
transgresseur lui doit plus que la simple justice. Le fait que Dieu a
été offensé par l'homme et que Christ confesse
les péchés de l'homme, donne à Dieu un droit sur
lui, non seulement pour la réparation du tort primitif, mais
pour plus encore. Ainsi, de même que l'homme a
été offensé par l'homme et parce que Christ
s'est présenté comme son substitut, l'homme
offensé par le délit, peut réclamer de Christ
non seulement la satisfaction pour le tort primitif, mais des
bénédictions plus grandes encore.
Christ ne refuse jamais de répondre
à cette prétention ; et ceux qui sont en Christ ne sont
pas libres non plus de s'y soustraire. En tant qu'ils sont en Christ,
ils sont appelés à agir en grâce et à
dépasser la simple justice: ils sont même dans
l'obligation de le faire. Le monde pense que rendre justice à
chacun c'est le plus haut degré auquel l'homme puisse
atteindre. Mais Christ a montré qu'il y a quelque chose de
plus élevé encore, et que « celui qui demeure en
Lui est appelé à marcher comme Il a marché
lui-même » (1 Jean II, 6). Certainement
il nous en coûtera quelque chose de marcher sur les traces de
Christ. Mais, riches comme nous le sommes, nous pouvons bien
consentir à faire la perte de ce monde. Tout ce qu'il y a de
plus précieux nous appartient.
Que le Seigneur donne à tous les saints
de mieux connaître leur vocation et de marcher dans ses
voies!
Mais je n'insiste pas là-dessus
maintenant, ce sujet reviendra plus loin. J'ajoute seulement ceci :
« Christ nous a donné un exemple » (1 Pierre II, 21), et ce
qu'Il donne à tout homme, c'est bien plus que le droit, c'est
la grâce.
Voilà donc ce que j'avais à dire
quant à ce qui caractérise le sacrifice pour le
délit et ce qui le distingue des autres sacrifices. Il reste
seulement à parler:
II. DES DIFFÉRENTS DEGRÉS DE
CE SACRIFICE. Ils sont moins nombreux
que dans tous les autres sacrifices. Cela nous dit que ceux qui
saisissent cet aspect de l'oeuvre de Christ, le font à peu
près tous de la même manière, sans doute à
cause de la nature du délit, qui est bien différent du
péché. On se souvient que, dans le sacrifice pour le
péché, les degrés sont nombreux, parce que le
péché en nous peut être saisi, et il l'est en
effet, de bien des manières différentes. Mais le
délit, ou l'acte de transgression, on ne peut guère le
comprendre que d'une manière.
A peine peut-on regarder comme des
degrés différents les deux aspects du délit:
celui contre Dieu (Lévit. V, 15-19), et
celui contre le prochain (Lévit. VI, 1-7). Ce
sont plutôt des sacrifices différents que des
degrés dans le même sacrifice. L'expiation est
d'ailleurs précisément la même.
Il y a cependant une différence, bien
petite sans doute, mais elle est remarquable, dans les deux
degrés du sacrifice offert pour des transgressions relatives
aux choses consacrées à l'Eternel. Dans le premier
degré, qui nous présente le sacrifice dans son aspect
le plus élevé, nous voyons, qu'outre la victime
immolée et la réparation offerte, un cinquième
est encore ajouté. Mais, dans le dernier degré, il
n'est plus question du tout de ce cinquième (4).
Comme nous retrouvons tout cela dans la vie des
chrétiens !
S'il y a pleine mesure d'intelligence
spirituelle, non seulement l'immolation de la victime et la
restitution opérée, mais aussi tout l'enseignement que
nous donne ce cinquième à ajouter, apparaîtront
au chrétien comme une conséquence du délit, et
seront pour lui tout autant de parties essentielles du sacrifice.
Mais s'il y a défaut de lumière, rien de tout cela ne
sera saisi; aussi, dans le dernier degré, il. n'est pas
question de rien ajouter à la simple réparation de
l'offense.
Mais j'ai hâte de terminer ces remarques
sur le caractère des différents sacrifices. Nous les
avons considérés séparément, mais nous ne
devons jamais oublier que, quoique il y ait différents
aspects, il n'y a qu'un seul sacrifice. Jésus, notre
bien-aimé Sauveur, offert une fois pour toutes, a parfaitement
réalisé, pour ceux qui croient, tout ce que
représentent ces symboles. Les saints ne voient pas, sans
doute, et ne peuvent pas voir également tous les aspects de ce
sacrifice; mais Dieu les voit, et nous voit comme étant au
bénéfice de tous. C'est là ce qui fait notre
sûreté. Saisir toutes ces choses, c'est, pour nous, le
moyen de croître en grâce, et c'est à cela que
nous sommes appelés. Mais, après tout, ce qui fait
notre joie, c'est que, en réalité, nous avons
été saisis nous-mêmes. Et quoique nous
connaissions encore bien peu ce qui est à Christ et ce qui est
à nous, le jour vient qui nous le révélera; et,
quand la perfection sera venue, nous connaîtrons parfaitement,
et non plus en partie comme maintenant.
Sauveur bien-aimé, hâte ta venue
pour réjouir par ta présence ceux que tu as
sauvés par ton sang !
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