LA LOI DES SACRIFICES CONSIDÉRÉS COMME TYPES DES DIFFÉRENTS ASPECTS DU SACRIFICE DE JÉSUS-CHRIST
LE SACRIFICE POUR LE
PÉCHÉ (Suite)
Dieu me garde de parler
légèrement du péché! Et, pour comprendre
combien il est odieux, nous n'avons qu'à penser au sacrifice
pour le péché, qu'à voir le Saint de Dieu, son
Fils bien-aimé rejeté et mis à mort pour le
péché. Oui, notre péché est odieux aux
yeux de Dieu, mais il ne saurait absolument rien ôter à
la valeur du sacrifice de Christ; il est haïssable au dernier
point; mais, je le demande encore, le sacrifice pour le
péché n'a-t-il pas été offert ? S'il ne
l'a pas été, malheur, malheur à nous pour
l'éternité! car nous ne pouvons effacer un seul de nos
péchés. Mais si, au contraire, le sang a coulé
pour nous, que sont autre chose tous nos doutes, sinon du
mépris jeté sur la valeur du sacrifice de Christ. Nous
avons beau essayer de les justifier en disant: Nous ne sommes
après tout que de pauvres pécheurs auxquels il convient
d'être humbles et d'éviter tout ce qui ressemblerait
à de la présomption. Vaines excuses que tout cela !
C'est de l'incrédulité, car Dieu ne permet pas que l'on
mette en question ce qu'Il déclare au sujet de Jésus.
Dieu, sans doute, n'oublie jamais que nous sommes pécheurs;
nous pouvons l'oublier, Lui pas. Mais Il n'oublie jamais non plus le
sacrifice de Christ, Il n'oublie pas que, par ce sacrifice, les
péchés de l'Eglise sont effacés. Et le sang du
sacrifice pour le péché, porté par le Souverain
Sacrificateur au-delà du voile, le grand jour des expiations,
personne ne peut le cacher aux yeux de Dieu, qui le voit
continuellement. Et si nous-mêmes le perdons de vue, il demeure
devant Lui comme un témoin que le péché a
été jugé et que le chemin est ouvert aux
pécheurs pour entrer dans le lieu très-saint.
Il a fait par lui-même «la
purification des péchés » (Hébr. I, 3). Non, Il
ne s'est pas assis dans la gloire avant d'avoir fait cette
purification. Quelle assurance quant au salut, n'est-ce pas
là, pour ceux qui se contient en Jésus ! Ce n'est pas
une oeuvre non encore faite, qui doive encore s'accomplir, mais une
oeuvre achevée qui fait notre sûreté. « Il a
porté nos péchés », tel est le
témoignage de Dieu; et, les ayant portés, Il est
ressuscité pour notre justification (Rom. IV, 25) (1). Si nous n'étions pas
justifiés, Christ ne serait pas ressuscité. Sa
résurrection est la nôtre en Lui, voilà la preuve
que nous sommes justifiés. Si le péché n'a pas
été déjà porté, comment le
sera-t-il? Christ, victime offerte pour le péché,
doit-Il mourir une seconde fois? « Christ a été
offert une fois pour porter les péchés de plusieurs
» (Hébr. IX, 28), et
« maintenant il n'y a plus d'offrande pour le
péché » (Hébr. X, 18. 26). Si
donc Il n'a pas porté nos péchés, Il ne le fera
jamais, et, s'Il les a portés, pourquoi n'aurions-nous pas la
paix ? Si nous croyons que le sacrifice pour le péché
une fois offert sur le Calvaire n'a pas expié tous nos
péchés, toutes nos transgressions, ce qui reste, que ce
soit peu ou beaucoup, ne pourra jamais être expié ni
pardonné. Mais Jésus a porté, non pas quelques
péchés de son peuple, mais tous leurs
péchés, et «par Lui quiconque croit est
justifié de tout » (Actes XIII, 39). « Il
nous a pardonné toutes nos transgressions » (Col. II, 13). La croix a
tout effacé.
Veuille le Seigneur révéler plus
complètement ces choses à ses élus, afin qu'ils
puissent se réjouir en disant: Oui et amen!
Tel est le caractère
général du sacrifice pour le péché ainsi
qu'il ressort de la comparaison des points dans lesquels il
diffère des autres sacrifices.
Considérons maintenant:
Il. LES DIFFÉRENTES CLASSES DE CE
SACRIFICE, Selon les différentes
manières de saisir cet aspect particulier du sacrifice de
Christ.
La variété est beaucoup plus
grande ici que dans aucun des sacrifices précédents.
L'animal et la manière de l'offrir présentent
déjà des différences, mais elles sont surtout
remarquables quand il s'agit de la personne de Celui qui offre le
sacrifice. Il y en a encore d'autres moins importantes et relatives
au sang, à la graisse, au corps, et enfin au nom de
l'offrande. Puisque le Seigneur a voulu que nous connaissions ces
détails, chacun d'eux est digne de notre sérieuse
attention. Mais je me bornerai ici à quelques indications
générales, laissant aux enfants de Dieu le soin
d'approfondir eux-mêmes le sujet:
1° Voyons
d'abord ce qui concerne l'animal offert. Nous retrouvons ici les
mêmes différences que dans l'holocauste, et la
signification en est sans doute la même aussi. Les
différents degrés dans le sacrifice pour le
péché sont d'ailleurs beaucoup plus nombreux que dans
l'holocauste; ce qui nous montre qu'il y a plus de manières
différentes de comprendre le sacrifice de Christ pour le
péché, qu'il n'y en a de comprendre l'holocauste. Dans
l'holocauste, le choix de la victime pouvait varier, mais dans
certaines limites pourtant. Ce devait être un taureau, un
agneau, un bouc ou une tourterelle (Voir Lévit. I). Dans
le sacrifice pour le péché, nous avons plusieurs autres
degrés encore (2). Le dernier consistait dans une
offrande de simple farine, comme il est dit: « Et si ses moyens
ne peuvent atteindre à deux tourterelles ou à deux
jeunes pigeons, alors celui qui a péché apportera pour
son offrande la dixième partie d'un épha de fine farine
en sacrifice pour le péché; il ne mettra pas d'huile
dessus, et il ne mettra pas d'encens dessus, car c'est un sacrifice
pour le péché. »
Ici je renvoie à ce qui a
été dit sur la signification de ces emblèmes,
qui nous montrent les différentes manières dont nous
pouvons saisir le sacrifice de Christ. Les vues des chrétiens
varient, d'abord ici comme au sujet de l'holocauste. Les uns y voient
le travail volontaire, les autres la soumission, d'autres encore
l'innocence de la victime offerte à Jéhova. Mais, dans
le sacrifice pour le péché, le dernier degré
nous présente quelque chose qui le rapproche de l'offrande de
gâteau. Cela se comprend; car, comme nous l'avons vu dans les
autres sacrifices, il y a toujours une confusion apparente dans les
degrés inférieurs, un mélange d'un
caractère avec un autre, en sorte que la pensée
distinctive disparaît ainsi plus ou moins. Il en est de
même ici. La pensée parait presque la même dans
les deux sacrifices, et cependant, quoique l'offrande consiste
simplement en fine farine, c'est bien un sacrifice pour le
péché (Lévit. V, 11).
Le sacrifice de Christ peut être bien
imparfaitement saisi, même par ceux qui aiment leur Seigneur.
C'est ce que comprennent les chrétiens d'expérience, et
c'est aussi ce que nous enseigne ici notre type. Quelques-uns, voyant
tout ce qu'Il eut à endurer ici-bas, les douleurs et les
angoisses par lesquelles Il a passé de qui est
représenté par l'offrande de gâteau), pensent
qu'en souffrant de cette manière, Il portait le
péché, confondant ainsi les épreuves du service
avec la malédiction qu'Il a subie. Ils voient bien que Christ
a eu une vie de souffrance, mais non qu'Il a été maudit
pour eux. Ils savent, sans doute, que Celui qui a ainsi souffert a
été immolé, mais ils ne comprennent
qu'imparfaitement, le but et le caractère de l'oeuvre de
Jésus!
2° Quant
à la personne qui offre le sacrifice, ce peut être le
sacrificateur (Lévit. IV, 3-12), la
congrégation tout entière (Lévit. IV, 13-21), un
des principaux (Lévit. IV, 22-26), ou
enfin quelqu'un du commun peuple (Lévit. IV, 27-35).
Dans le sacrifice pour des péchés particuliers
(Lévit. V, 1-13),
celui qui offre le sacrifice disparaît en quelque sorte, et
l'acte pour lequel le sacrifice est offert reste seul en vue. Ce
dernier sacrifice se rapproche beaucoup du sacrifice pour le
délit; aussi est-il appelé indifféremment des
deux noms (Lévit. V, 6-9).
Mais que signifient les différences
relatives à la personne qui offre les sacrifices ? Rappelons
seulement ce que nous avons vu, que ces différences, en
général, nous représentent autant de
degrés d'intelligence spirituelle, diverses manières de
comprendre la valeur et le caractère du sacrifice. Il n'en est
pas autrement ici, si nous considérons les différences
que l'on remarque quant à celui qui offre le sacrifice.
Naturellement, ici comme ailleurs, celui qui offre le sacrifice,
c'est Christ sous la loi, notre représentant que nous voyons
confessant le péché. Mais, ici encore, il y a des
différences. Par exemple, dans le premier cas, celui qui offre
le sacrifice, c'est un sacrificateur qui représente toute une
famille. Dans d'autres cas, c'est un homme du commun peuple, qui
représente simplement un individu. A la fin, la personne de
celui qui offre le sacrifice se perd complètement de vue et le
péché pour lequel il souffre est presque la seule chose
en évidence; on ne voit plus ni l'individu, ni la
famille.
Mais considérons ces différences
d'une manière un peu plus précise; et, pour cela,
rapprochons d'abord le degré le plus élevé du
degré inférieur, et nous verrons le contraste qu'ils
présentent.
Dans le premier degré, celui qui offre
le sacrifice, c'est le sacrificateur oint; dans le suivant, c'est
« toute la congrégation » ; dans le dernier, celui
qui offre le sacrifice est un homme du commun peuple. Le
sacrificateur et la congrégation sont des types que chacun
comprend. Le sacrificateur, oint comme chef de la famille sacerdotale
et médiateur entre Dieu et l'homme, est le type de
Jésus, chef d'une famille de sacrificateurs, et aussi
médiateur pour l'Eglise de Dieu. Dans cette classe, Christ,
offrant le sacrifice pour le péché, nous apparaît
comme le Chef de l'Eglise ou comme son Médiateur. Son
sacrifice se présente à nous non pas simplement comme
une expiation pour tel ou tel individu, mais comme s'appliquant
à toute une famille ou à tout un peuple.
Dans la classe suivante, c'est la
congrégation qui offre le sacrifice. Cette congrégation
représente l'Eglise. Ici, nous ne voyons plus le sacrificateur
sous la condamnation pour le péché d'Israël, mais
sans cela le sacrifice de la congrégation est presque
identique avec le précédent. Mais le point
spécial à noter dans ces deux cas - et ce en quoi ils
diffèrent d'une manière si remarquable des autres -
c'est que le péché et l'expiation sont
considérés non pas simplement en relation avec un
individu, mais avec tout Israël. Maintenant, remarquez le
contraste. Dans le degré inférieur du sacrifice, celui
qui l'offre est un « homme du commun peuple »; son
péché n'atteint que lui personnellement, et l'expiation
le concerne lui seul. Les saints qui comprennent le sacrifice pour le
péché de la manière la plus
élevée, le voient comme affectant non pas
eux-mêmes seulement, mais le sacrificateur et Israël.
Tandis que ceux dont les vues ne s'élèvent pas si haut,
ne voient qu'eux-mêmes dans ce sacrifice; ils oublient que le
souverain sacrificateur et Israël tout entier y ont leur part.
Quelques-uns le voient comme le chef d'une tribu; dans ce cas,
l'unité de l'Eglise est complètement perdue de vue.
D'autres, beaucoup plus nombreux, ne voient rien de tout cela. C'est
pour eux individuellement, pensent-ils, que Christ a offert le
sacrifice pour le péché. Mais il est des
chrétiens dont l'intelligence spirituelle est moins
développée encore: la seule chose qu'ils voient, c'est
que Christ s'est offert pour le péché. Les
chrétiens d'expérience comprendront facilement ces
différents degrés dans l'intelligence
spirituelle.
Telles sont les différences relatives
à la personne de celui qui offre le sacrifice, et telle est
aussi, si je l'ai bien comprise, leur signification. Nous n'avons
fait, qu'esquisser le sujet; les détails seraient d'un grand
intérêt ; mais nous abandonnons cette étude aux
chrétiens spirituels. Et tous, comme toutes les
différences dans le sacrifice, - que ce fût un taureau,
un agneau ou une tourterelle - nous présentaient
différents traits de l'oeuvre ou du caractère de
Christ, traits qui offraient constamment aux yeux de Dieu et des
saints l'image de la perfection; ainsi, dans chacune des
différences que nous présente celui qui offre le
sacrifice, il y a une pensée ou un aspect nouveau de la
personne de Christ, sujet d'actions de grâce pour nous. Mais,
quoiqu'il y eût un grand profit à faire cette
étude, je m'en abstiens, car elle m'entraînerait trop
loin. Ce que je demande seulement à Dieu, c'est qu'Il nous
donne de mieux connaître Celui de qui toutes ces choses rendent
témoignage.
3° Nous
aurons aussi des différences à remarquer pour ce qui
concerne le sang. Dans les degrés supérieurs dit
sacrifice, le sang était versé sur l'autel du parfum
(Lévit. IV, 7. 18);
dans les inférieurs, il n'était pas porté dans
le lieu saint, mais mis sur l'autel d'airain dans le parvis
(Lévit. IV, 25.
30. 34). Je crains de
n'être pas compris de ceux qui n'ont jamais
considéré la signification typique des
différentes parties du tabernacle. Il faut, avant tout, avoir
saisi deux choses: d'abord la signification de ces autels, et puis la
manière dont le sang y était répandu.
Quant aux autels, ils étaient, l'un d'or
et l'autre d'airain. L'autel d'airain était dans le parvis ;
l'autre, celui des parfums, dans le lieu saint, où les
sacrificateurs seuls pouvaient entrer. Le « parvis », avec
son autel d'airain et sa cuve, représentaient la terre et ce
qui s'y fait pour Dieu. Le « lieu saint », avec son autel
d'or, nous rappelle les lieux célestes et leur culte. C'est
sur l'autel d'airain que s'offraient les sacrifices. Tout
Israélite, s'il était pur, pouvait s'en approcher et y
offrir un sacrifice (Ex. XXIX, 36-43). Mais les
sacrificateurs seuls pouvaient s'approcher de l'autel d'or, et rien
ne pouvait y être offert que l'encens d'aromate (Ex. XXX, 1-10). La position
de ces autels et l'usage qu'on en faisait, en accord avec ce que nous
en dit le Nouveau-Testament (Hébr. XIII, 10-16;
Apoc. VIII, 3. 4), nous
donnent la clé de leur signification typique : l'un nous parle
du culte rendu sur la terre par l'Eglise, l'autre du culte rendu par
les saints comme sacrificateurs dans les lieux
célestes.
Voilà ce qu'il y a à remarquer
sur les autels. Quant à l'aspersion du sang, j'ai à
peine besoin de dire qu'elle représente l'expiation accomplie
par le sacrifice: elle signifie que la chose ou la personne
touchée par le sang se trouve, par le fait, rapprochée
de Dieu dont elle était éloignée. L'aspersion du
sang sur l'autel des parfums nous dit que, sans l'accomplissement de
cet acte, l'accès de l'autel était interdit, et qu'en
conséquence il n'y avait pas de communication, pas de culte
possible entre Dieu et Israël. L'aspersion du sang sur l'autel
d'airain avait la même signification. Dans les deux cas, on
voit que c'est le péché qui a interrompu la communion:
dans l'un, il s'agit de la communion des sacrificateurs; dans
l'autre, de celle du peuple. L'aspersion du sang la rétablit
pour les uns et pour les autres.
L'importance de la distinction que nous
considérons ici sera maintenant, je le pense, suffisamment
claire. Dans les degrés supérieurs, où il nous
est dit que l'autel des parfums a besoin de l'aspersion du sang, les
conséquences du péché sont beaucoup plus
étendues que dans les autres; car il ne s'agit pas ici
simplement d'une communion interrompue ici-bas pour des individus,
mais bien de sacrificateurs considérés comme
étant déjà dans les lieux célestes, et
qui sont privés de l'accès auprès de Dieu. Dans
les degrés inférieurs, dans celui par exemple où
il s'agit d'un homme du commun peuple, on ne voit pas que le
péché ait détruit la communion de toute la
congrégation; il ne s'agit pas des sacrificateurs ni
d'Israël dans son ensemble: la pensée ne va pas plus loin
que la personne et l'individu. En un mot, dans les degrés
inférieurs, les effets du péché et son
remède ne sont connus que d'une manière partielle. On
voit bien le besoin que l'on a de recevoir personnellement le pardon
et la réconciliation, et on les saisit. Mais, ce qu'on ne sait
pas, ou ce qu'on oublie, c'est que toute la congrégation a
besoin d'être réconciliée et qu'elle l'est en
effet. Ainsi, l'on a le sentiment ,de l'étendue du mal
causé par le péché dans la proportion exacte
où l'on a saisi l'étendue de la réconciliation
procurée par le sacrifice pour le péché.
Celui-là seul qui a compris l'efficace du sang pour sanctifier
l'autel, comprendra aussi que le péché en a toujours
interdit l'accès. Et il en doit être ainsi. Mieux on
verra l'efficace du sang, mieux on comprendra aussi ce dont il nous
délivre.
Mais il y a plus. Dans le cinquième
chapitre qui traite des degrés inférieurs du sacrifice
pour le péché, il n'est pas du tout question de l'autel
(3). Tout ce que l'on voit, c'est qu'une
expiation a été faite par le sacrificateur. Combien de
gens, hélas! sont aujourd'hui dans le cas ici
représenté! Ils voient qu'une expiation a
été faite, et ils en sont reconnaissants. Mais quant
à avoir une appréciation intelligente des
différents autels, quant à comprendre comment
l'accès nous en est interdit par le péché et
rendu par le sacrifice pour le péché, non seulement ils
n'en savent rien, mais ils regardent ces choses comme n'étant
ni essentielles, ni nécessaires. Le même esprit qui fait
dire à l'insensé: « Il n'y a point de Dieu »,
pousse aussi les chrétiens à dire: «Une grande
partie de ce qu'Il a fait pour nous est sans importance.
»
4° Il y a
aussi des différences à remarquer dans les
différents degrés du sacrifice au sujet de « la
graisse ». Dans les degrés supérieurs, la graisse
était brûlée .sur l'autel (Lévit. IV, 8. 9. 10.
19. 26. 31. 35) ; dans le dernier
(Lévit. V, 6), il
n'est pas question du tout de ce qu'on faisait de la graisse. Comme
nous l'avons vu dans d'autres cas, à ces différences
correspondent autant de degrés d'intelligence spirituelle.
Dans le premier degré, non seulement nous voyons que la
graisse est brûlée, mais il y a une distinction
opérée entre les différentes parties de la
victime (4). Dans les degrés suivants,
dans tous, excepté le dernier, la graisse est encore
brûlée, mais aucune distinction n'est faite entre les
parties. La graisse, comme nous l'avons déjà vu dans
les autres sacrifices, représente la santé et
l'énergie de tout le corps. Le fait qu'elle était
brûlée devant Dieu, était la preuve que la
victime offerte pour le péché avait les qualités
requises pour être agréée. C'est ce que l'on voit
particulièrement dans le degré supérieur, et
dans tous d'ailleurs, sauf le dernier, où se retrouve bien
l'expiation faite pour le péché, mais non l'idée
que la victime a tout ce qu'il faut pour être
agréée. Il en est ainsi pour certains chrétiens.
Ce qu'ils voient dans le sacrifice pour le péché,
n'est-ce pas bien plus leur pardon que la perfection de Christ
?
5° Une
autre différence encore à remarquer dans les divers
degrés de ce sacrifice est relative « au corps » de
la victime. Dans les degrés supérieurs, la victime est
emportée hors du, camp (Lévit. IV, 18.
21) ; ce qui n'est pas le
cas dans les degrés inférieurs; mais, dans la loi des
sacrifices, il y a cet autre détail encore, que le
sacrificateur mangeait de la chair de la victime. La signification de
cette différence est évidente. Si l'on comprend bien le
sacrifice pour le péché, on voit que la victime qui
porte le péché est maudite, et comme telle
éloignée du camp, emportée dans le
désert. Si l'on a de ce sacrifice une idée moins
complète, on comprend encore que la victime porte le
péché; mais, ce que l'on saisit moins, c'est
l'idée de la séparation de Dieu; et sa mort est
considérée simplement comme une satisfaction suffisante
pour l'expiation du péché.
Et ici, permettez-moi de vous faire remarquer
le principe constant que l'on retrouve au milieu de la
diversité des détails. Voici ce que je veux dire: dans
les degrés inférieurs, là où la mesure
d'intelligence spirituelle est limitée, la vue de la nature de
l'offrande fait invariablement place à celle des
résultats du sacrifice : en d'autres termes, on voit dans
l'offrande ce qui affecte Israël plutôt que ce qu'elle est
en elle-même et dans son caractère réel. C'est
ainsi que, dans ces degrés-là, on perd de vue, entre
autres la graisse brûlée, symbole de la perfection de la
victime, et le corps de la victime porté au loin, symbole de
la nature du jugement qui est tombé sur elle; tandis que l'on
voit, avant tout, les résultats du sacrifice qui a
opéré l'expiation. Et ceux qui se connaissent
eux-mêmes verront sans peine que ceci est en accord avec les
différents degrés de l'expérience
chrétienne.
Nous ne voyons d'abord dans l'oeuvre de Christ,
dans sa personne ou dans son sacrifice, que ce qui nous
intéresse personnellement, ce dont nous profitons. Ce
sacrifice a effacé nos péchés qui sont
complètement expiés. Voilà la chose, et presque
la seule à laquelle nous fassions attention. Il
paraîtrait absolument superflu de nous occuper d'autre chose.
Mais, quand nous avons connu et réalisé la paix avec
Dieu et notre pleine acceptation, alors nous réalisons aussi
la pleine suffisance du sacrifice, et nous comprenons ce qu'il est en
lui-même.
6° La
dernière différence que je veux relever, dans les
divers degrés du sacrifice pour le péché, est
relative aux différents noms donné à à ce
sacrifice. Dans les degrés supérieurs, il est toujours
appelé sacrifice pour le péché (Lévit. IV, 8.
21. 24. 29), et il n'est pas fait
mention des actes particuliers de transgression; dans les
degrés inférieurs, nous trouvons le nom de sacrifice
pour le délit aussi bien que celui de sacrifice pour le
péché (V. 6. 7). Et dans les actes
de transgression, l'on ne voit plus paraître la personne de
celui qui offre le sacrifice. C'est ainsi que, quand on n'a saisi
qu'imparfaitement la valeur et la signification du sacrifice, il y a
aussi manque d'intelligence spirituelle relativement à la
différence entre le péché et la transgression ;
il y a bien plus: on admettra sans doute que le sacrifice a
été offert pour les péchés; mais qu'il
l'ait été pour les personnes, c'est ce qu'on ne saisira
pas.
Mais remarquons ici les différentes
expressions employées dans chacun des degrés de ce
sacrifice. Dans le degré supérieur, quand il s'agit du
péché de toute l'assemblée, nous lisons
simplement: «Le sacrificateur fera propitiation pour eux »
(Lévit. IV, 20). S'il
s'agit d'un des principaux, les termes varient un peu, il est dit:
«Et le sacrificateur fera propitiation pour lui, pour le
purifier de son péché » (Lévit. IV, 26). Dans
le cas d'un homme du commun peuple, il y a ces mots: « Et le
sacrificateur fera propitiation pour lui, pour son
péché qu'il a commis » (Lévit. IV, 35). Dans
le premier cas, la propitiation est faite pour les personnes : «
Il fera propitiation pour eux ». Naturellement, là c'est
le péché qui rend la propitiation nécessaire,
mais il est question des personnes plus spécialement que du
péché. Dans la classe suivante, la propitiation se fait
pour le péché des personnes, plutôt que pour les
personnes elles-mêmes, quoiqu'il soit fait propitiation pour
les personnes aussi bien que pour les péchés, comme il
est dit: il fera propitiation «pour lui, pour son
péché ». Dans le degré inférieur,
quand il s'agit d'un homme du « commun peuple »,
l'expiation pour les personnes est complètement perdue de vue;
le péché qu'il a commis, voilà sur quoi porte
surtout l'attention.
Comme toutes ces différences sont
instructives pour nous! Comme elles nous montrent bien pourquoi les
saints diffèrent de vues relativement à l'expiation!
Les croyants voient bien, en général, que l'expiation a
été faite, et que Christ s'est donné pour les
péchés (1 Pierre III, 18), mais ce
qu'ils comprennent moins, c'est qu'Il ait fait cette expiation pour
les personnes. En un mot, s'ils sont d'accord avec l'apôtre
quand il dit: « Il m'a aimé et s'est livré
lui-même pour moi » (Gal. II, 20), ils sont loin
néanmoins de réaliser cette déclaration et d'en
saisir toute la valeur ; ces expressions ne sont pas claires pour
eux. Aussi longtemps d'ailleurs qu'il y aura différentes
mesures d'intelligence, il y aura aussi inévitablement des
différences de vues et de pensées; car, quoique la
vérité soit une, cependant, comme nous ne connaissons
qu'en partie, cette vérité une sera comprise de
différentes manières, il ne peut en être
autrement.
Telles sont quelques-unes des
différences que présente le sacrifice pour le
péché. Il y en a d'autres encore, mais je me suis
borné à noter les principales. Elles suffiront pour
montrer combien les chrétiens peuvent varier dans la
manière de comprendre Christ comme portant le
péché. Mais quelle perte pour ceux qui demeurent dans
l'ignorance sur ce sujet, de combien de joies ils se privent! Je
serais heureux si, avec la bénédiction de Dieu, la
lecture de ces quelques pages pouvait engager, ne fût-ce qu'un
de ses enfants, à rechercher une plus grande communion avec
Lui, une plus intime connaissance de ce qu'Il est, et à
examiner si tout a été présenté selon la
vérité. Ai-je besoin d'ajouter ici que c'est une chose
de le connaître Lui-même et une autre de connaître
quelque chose de Lui. Il se peut qu'un de mes lecteurs reconnaisse
qu'il faut en effet voir en Christ telles et telles choses sans qu'il
les ait jamais vues lui-même, ou peut-être aussi sans
qu'il se soucie de les voir. Je connais peut-être quelqu'un qui
a vu un prince, qui est en rapport avec lui. Mais si je le connais
seulement par ceux qui sont dans son intimité, je ne le
connais pas encore vraiment lui-même. Il en est exactement
ainsi de la connaissance de Jésus.
Des personnes qui lui sont
étrangères peuvent entendre parler de Lui; mais le
connaître Lui tel qu'Il est, c'est ce que Dieu seul peut
enseigner, et ceux qui Lui, appartiennent peuvent seuls l'apprendre
dans sa communion.
Nous avons ainsi parcouru tout ce qui est
relatif au sacrifice pour le péché, autant du moins que
la loi des, sacrifices nous permet de le faire. Dans d'autres
endroits, cependant, nous trouvons encore d'autres détails;
mais, quant aux principes, nous les avons tous
considérés. Ce qui est ajouté, est relatif
seulement à de nouveaux points de vue, sous lesquels ont peut
considérer le sacrifice pour le péché: je veux
parler du sacrifice de la génisse rousse (Nombres XIX) et du bouc
Azazel (Lévit. XVI). Le
sacrifice de la « génisse rousse », comme nous
pouvions nous y, attendre, puisqu'il est rapporté dans les
Nombres, montre comment il répond .aux besoins du
désert, bien plus que ce qu'il est en lui-même. La
génisse rousse n'était pas brûlée sur
l'autel, et son sang n'était pas porté dans le
tabernacle; mais tout l'animal devait être brûlé
hors du camp et ses cendres mêlées avec l'eau de
purification. Ensuite, quand un Israélite avait
contracté une souillure par le contact avec un mort, cette
eau, mêlée aux cendres, servait à faire aspersion
sur lui. Tout cela nous présente le sacrifice pour le
péché en relation avec le besoin que nous avons
d'être purifiés; car, pendant notre voyage à
travers le désert, nous sommes continuellement exposés
à être souillés par le contact avec la mort. Ce
que nous voyons donc ici, c'est l'oeuvre du Saint-Esprit
figurée par l'emploi de l'eau. - C'est un point de vue tout
différent de celui que nous présente le bouc Azazel, le
grand jour des expiations. Dans ce sacrifice pour le
péché, qui n'était offert qu'une fois par an, le
sang devait être répandu sur le propitiatoire. Paul en
parle comme type du sacrifice de Christ, qui, accompli une fois pour
toutes, nous ouvre l'entrée des lieux saints (Hébr. IX, 12). Mais
je n'en dirai pas davantage sur ce sujet. Que le lecteur intelligent
le poursuive lui-même!
Tel est le sacrifice pour le
péché et telles sont quelques-unes des manières
de le comprendre. Béni soit Dieu que nous ayons part à
un tel sacrifice ! « Celui qui n'a pas connu le
péché, il l'a fait péché pour nous, afin
que nous devinssions justice de Dieu eu Lui (2 Cor. V, 21).
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