LA LOI DES SACRIFICES CONSIDÉRÉS COMME TYPES DES DIFFÉRENTS ASPECTS DU SACRIFICE DE JÉSUS-CHRIST
LE SACRIFICE DE
PROSPÉRITÉ (Suite)
IV) Mais le type nous conduit plus loin encore,
et nous montre les enfants du sacrificateur partageant aussi le
sacrifice de prospérité avec celui qui l'offre
(1). Eux aussi y trouvent leur
satisfaction, aussi bien que celui qui l'offre, que le sacrificateur
ou Dieu lui-même. Mais, question bien naturelle, qui sont ceux
que représentent les enfants du sacrificateur ?
Nous avons déjà vu que le
sacrificateur c'est Christ, Christ considéré dans son
caractère officiel de médiateur. Ses enfants,
c'est-à-dire sa famille, c'est donc l'Eglise, mais l'Eglise
considérée sous un aspect particulier. L'Eglise, comme
le Seigneur lui-même, se trouve dans plusieurs relations
différentes avec Dieu et l'homme ; et chacune de ces relations
répond dans le type à une image particulière. Ce
qui est vrai de Christ l'est aussi de l'Eglise, qui est son corps.
Les différents tableaux que nous avons
considérés: le sacrifice, celui qui l'offre et le
sacrificateur, nous montrent chacun notre bien-aimé Sauveur
sous un caractère différent. Il en est de même de
l'Eglise, qui se présente à nous dans plusieurs
relations répondant à des images différentes.
L'une nous la montre dans son service pour Dieu, l'autre dans la
communion avec Lui. Israël, comme la nation élue,
représente l'Eglise considérée simplement comme
la semence d'Abraham, et comme telle étant dans l'alliance de
Dieu. Les Lévites nous donnent une pensée
différente de l'Eglise. Ils nous la montrent servant Dieu
devant les hommes, portant son arche et faisant tout le service du
tabernacle (2). La famille des sacrificateurs, c'est
aussi l'Eglise en communion avec Dieu; c'est la race sacerdotale
s'approchant de Dieu avec le souverain sacrificateur et
médiateur, et intercédant avec lui, ayant le droit de
se présenter dans le saint lieu où Dieu seul les
voit.
Si l'on a bien compris cela, on saisira
facilement aussi l'enseignement que nous donnent les enfants dit
sacrificateur se nourrissant du sacrifice de
prospérité. Leur participation au sacrifice nous montre
l'Eglise se réjouissant avec celui qui l'offre. Quelle
pensée bénie qui révèle tout ce qu'est ce
précieux sacrifice ! C'est comme dans les jours anciens: celui
qui faisait la fête avec Dieu dans le sacrifice de
prospérité, devait nécessairement aussi la faire
avec les sacrificateurs. Ainsi maintenant, tous ceux qui sont en
communion avec Dieu, le sont aussi naturellement entre eux. Ce n'est
pas une affaire de choix, c'est un fait. Nous pouvons, en
vérité, avoir part au salut dans le Bien-aimé,
sans connaître notre vocation ou les relations qui existent en
Christ entre nous et tous ses rachetés. Mais il est impossible
de réaliser notre position en Christ comme offrant avec Lui le
sacrifice de prospérité, sans participer par le fait
à la joie de toute la sacrificature spirituelle de
Dieu.
Des croyants peuvent d'ailleurs trouver de la
bénédiction dans ce sacrifice comme enfants du
sacrificateur, sans en trouver comme l'offrant eux-mêmes en
communion avec Christ. Hélas ! l'Israël de Dieu est, en
grande partie, encore captif à Babylone ou en Egypte. Quoique
nés pour cela, ils sont privés de l'exercice de la
sacrificature et du festin sacré de l'autel. Mais, parmi ceux
qui connaissent la puissance de la rédemption et qui se sont
nourris des offrandes présentées au Seigneur, combien
peu connaissent cette sainte nourriture autrement qu'en
qualité de sacrificateurs; combien peu en jouissent comme
offrant eux-mêmes le sacrifice de prospérité! Que
tous les saints en jouissent comme enfants du sacrificateur, mais
qu'ils n'oublient point qu'en Christ ils offrent eux-mêmes le
sacrifice dont ils sont appelés à se nourrir. Pour
jouir du sacrifice comme enfants du sacrificateur, nous n'avons pas
besoin de connaître notre union avec Christ comme celui qui
l'offre; il suffit de voir, qu'en faible Israélite, Il a
offert le sacrifice sur lequel, comme enfants du sacrificateur, nous
avons un droit à faire valoir. Mais si nous ne voyons pas
autre chose, cela ne nous suffira pas pour nous faire réaliser
la part que nous avons dans le sacrifice de prospérité
comme l'offrant nous-mêmes. Savoir que Christ a offert le
sacrifice, ce n'est pas là ce qui nous donnera la nourriture
à laquelle a droit celui qui l'offre: il faut que nous
saisissions que nous sommes un avec Lui, qu'Il s'est mis à
notre place et que nous sommes « en Lui ». Hélas!
combien peu le comprennent maintenant! combien peu le voient! combien
peu, par conséquent, offrent vraiment eux-mêmes le
sacrifice de prospérité ! La source unique de toute
vraie jouissance spirituelle est pour nous dans la conscience de
notre sacrificature, dans la connaissance de cette position
bénie. Il a été satisfait aux droits de Dieu, et
ses sacrificateurs peuvent s'en réjouir en faisant la
fête avec Lui. Mais que le Seigneur nous donne de voir autre
chose encore, savoir que nous avons aussi notre position en Christ
comme celui qui offre le sacrifice, et que, en Lui, nous avons
satisfait aux droits de Dieu. C'est. là notre vocation autant
que la sacrificature. Puissions-nous le comprendre!
Relativement au sacrifice de
prospérité, il y a encore un point à noter,
c'est que personne, pas même ceux de la famille du
sacrificateur, ne pouvait manger du sacrifice sans être pur
(Lévit. VII, 20). Etre
sacrificateur et être pur sont deux choses différentes.
Et un homme pouvait contracter quelque souillure sans cesser pour
cela d'être sacrificateur. Mais les règles relatives
à ce qui était pur ou impur ne concernaient que le
peuple de Dieu. C'est là une vérité très
importante; que le Seigneur nous la fasse mieux saisir ! Elle nous
enseigne que c'est une chose d'être sacrificateur et une autre
d'être un sacrificateur pur. Le sacrificateur qui avait
contracté une souillure, était encore dans l'alliance,
parce qu'il était de la famille sacerdotale; il se trouve sur
un terrain tout autre que celui des étrangers.
L'Israélite qui, par le contact avec la souillure,
était exclu pour un temps du tabernacle, pouvait en tout temps
y être admis de nouveau en se soumettant aux purifications
prescrites. Tant qu'elle durait, sa souillure l'assimilait aux
étrangers et le privait du privilège de participer aux
repas sacrés.
Les prescriptions de la loi sur ce point
(3) sont bien dignes de toute notre
attention. Nous y voyous que la lèpre et la perte de semence
excluait du Camp un fils d'Aaron même; et cette exclusion
durait aussi longtemps que la souillure. La lèpre et la perte
de semence étaient, l'une et l'autre, des maladies manifestes,
quoique se montrant d'une manière différente. Elles
nous rappellent ces manifestations de la chair fréquentes chez
le chrétien et qui sont telles qu'elles ne peuvent rester
cachées aux autres. De nos jours, comme dans les temps
anciens, cette souillure entraîne momentanément
l'exclusion (1 Cor. V, 13). Aussi
longtemps qu'elle durait, le fils du sacrificateur restait
sacrificateur, mais il ne jouissait pas de sa position, car il ne
pouvait pas s'approcher de l'autel. Mais il y avait des souillures
d'un caractère moins évident que la lèpre, que
l'oeil de l'homme discernait moins facilement, et qui
entraînaient cependant aussi une exclusion temporaire. Si un
fils du sacrificateur touchait un cadavre ou quelque chose qui
fût souillé pour avoir été en contact avec
un mort; ou s'il touchait quelque reptile ou un homme qui aurait pu
lui communiquer sa souillure, voici, dans ce cas, ce qui était
prescrit: «L'homme qui aura touché cela, sera impur
jusqu'au soir et ne mangera pas des choses saintes s'il n'a pas
lavé sa chair dans l'eau » (Lévit. XXII, 6).
Un sacrificateur spirituel peut, de la
même manière, contracter de la souillure et voir sa
communion interrompue. Si nos esprits (car notre dispensation est
spirituelle et non charnelle) se trouvent en contact avec l'esprit du
monde; si ce qui est mort ou rampant vient à affecter nos
âmes, les autres pourront ne pas s'en apercevoir, mais nous
nous sentirons privés de la communion. Et alors, étant
sous le coup d'un jugement (4),
nous ne pouvons pas jouir de ce qui était
pour nous, en d'autres temps, un aliment spirituel. Grâces
à Dieu, quoique le contact avec ce qui est souillé nous
ôte le sentiment de la communion, il ne peut empêcher
l'efficace du sang de l'alliance que Dieu a toujours devant les yeux,
quoique nous ne le voyons peut-être pas. Mais qui pourrait
consentir à être un sacrificateur souillé, sans
communication avec l'autel, à voir son temps perdu pour Dieu
et pour son service, et à prendre sa nourriture dans les
ténèbres ? (5)
Tels sont les principaux points qui
caractérisaient, en le distinguant des autres, le sacrifice de
prospérité, ce sacrifice d'odeur agréable
où non seulement Dieu, mais l'homme et le sacrificateur
trouvaient leur plaisir. J'en viens maintenant à
considérer:
Il. LES DEGRÉS DE CE
SACRIFICE. Ils répondent aux
différentes manières dont nous saisissons cet aspect du
sacrifice de Christ, selon la mesure de notre intelligence
spirituelle.
Comme Dieu, l'homme et le sacrificateur ont
chacun leur part dans ce sacrifice, et que ces parts sont
différentes l'une de l'autre, il sera bon de les
considérer séparément:
1° Voyons
d'abord la part de Dieu dans le sacrifice. Nous y remarquons
aussitôt des différences relatives soit à la
valeur de l'offrande, soit à l'intention de celui qui offre le
sacrifice :
a) Quant aux différences relatives
à la valeur du sacrifice, nous avons ici les mêmes
différences que dans l'holocauste. Il y a le taureau,
l'agneau, le bouc qui respectivement répondent aux mêmes
degrés dans l'holocauste. Chacun nous offre une pensée
particulière du sacrifice de Christ. Mais il faut remarquer
ici que, quoique dans le sacrifice de prospérité nous
ayons à peu près le même nombre de degrés
que dans l'holocauste, nous ne trouvons pas dans les détails
autant de différences. On se rappelle qu'il y avait plusieurs
manières d'offrir l'holocauste. Dans certains cas, il fallait
distinguer les parties de la victime, dans d'autres pas; dans les
uns, une partie de la victime devait être lavée, dans
d'autres pas; celui qui l'offrait devait placer sa main sur la
victime ou ne pas le faire; l'immoler lui-même ou laisser le
sacrificateur le faire. Mais, dans le sacrifice de
prospérité, il n'en est pas ainsi : ces
différences n'existent pas, et tout s'y passe sensiblement de
la même manière (6).
On comprend facilement ce que cela signifie.
Nous apprenons ici que, si l'on saisit bien la part de Dieu dans le
sacrifice de prospérité, on la saisira presque toujours
de la même manière. Si l'on voit Christ comme le
présentant à Dieu, son office ne sera pas confondu avec
sa personne; aucune partie de son oeuvre ne passera inaperçue.
La plupart des différences auront trait au caractère
général de l'offrande, selon que la victime est un
bouc, un agneau ou un taureau.
b) Voyons maintenant les différences que
présente le sacrifice de prospérité en relation,
non plus avec la valeur de l'offrande, mais avec l'intention de celui
qui la présentait. Si nous lisons le chapitre VII, nous verrons que le
sacrifice de prospérité pouvait être offert de
deux manières, selon qu'il l'était pour la louange ou
pour le service, c'est-à-dire selon que c'était un
sacrifice d'actions de grâce (Lévit. VII, 12), ou
un voeu, une offrande volontaire (Lévit. VII, 16). Bien
des détails mentionnés dans le premier cas ne le sont
pas dans le second. Et la plupart des différences que l'on
remarque dans le sacrifice de prospérité (je puis dire
toutes les différences relatives à la part qu'y ont le
sacrificateur et celui qui offre le sacrifice), dépendent du
fait que le sacrifice est offert comme actions de grâce ou
comme un voeu. Nous noterons ces différences en leur lieu et
place. Qu'il nous suffise de constater ici cette distinction.
Pour comprendre ceci, il faut nous rappeler ce
qu'était ce sacrifice. C'était Christ comme notre
représentant se donnant lui-même à Dieu pour
nous. Mais le but de ce sacrifice peut être saisi de plusieurs
manières: on peut y voir Jésus s'offrant pour la gloire
de Dieu; c'est là le sacrifice d'actions de grâce; - ou
bien le voir s'offrant pour, le service de Dieu; c'est là le
sacrifice pour un voeu. La plupart des chrétiens regardent le
sacrifice de Christ pour l'expiation plutôt comme un acte de
service dont Christ s'est acquitté, que comme quelque chose
qui, depuis le commencement jusqu'à la fin, était pour
la gloire de Dieu. Naturellement, ces deux vues sont dans un rapport
intime; mais je tiens à faire remarquer ici que, quoique
liées, elles sont distinctes; et, ne le fût-elle pas
autrement, cette différence sera aussitôt visible dans
les résultats de l'une et de l'autre. Le type nous montre - et
notre expérience le confirme - à quelle hauteur et
à quelle profondeur de vues nous sommes conduits par le fait
que nous voyons Christ offrant un sacrifice pour la gloire de Dieu,
plutôt que s'acquittant d'un service. De là encore le
fait que bien des détails relatifs au sacrifice d'actions de
grâce, sont omis dans le sacrifice offert comme un voeu
(7).
Ayant ainsi rapidement étudié les
différences que nous présente le sacrifice de
prospérité considéré dans la part de
Dieu, nous en venons maintenant à considérer:
2° La
part du sacrificateur et de celui qui offre le sacrifice.
On verra combien de différences naissent
du fait que le sacrifice est offert comme actions de grâce ou
qu'il est offert comme un service. « Si quelqu'un l'offre pour
rendre grâce, il offrira, avec le sacrifice d'actions de
grâce, des gâteaux sans levain pétris à
l'huile et des beignets sans levain oints d'huile, et de la fleur de
farine rissolée en gâteaux pétris à
l'huile; il offrira avec ces gâteaux du pain levé pour
son offrande, avec le sacrifice d'actions de grâce pour ses
prospérités; et il en offrira une pièce de
toutes les sortes, qu'il offrira pour une oblation
élevée à l'Eternel; et cela appartiendra au
sacrificateur, qui répandra le sang du sacrifice de
prospérité; mais la chair du sacrifice d'actions de
grâce de ses prospérités sera mangée au
jour qu'elle sera offerte; on n'en laissera rien jusqu'au matin. Que
si le sacrifice de son offrande est un voeu, ou une offrande
volontaire, il sera mangé au jour qu'on aura offert son
sacrifice; et, s'il y en a quelque reste, on le mangera le lendemain;
mais ce qui sera demeuré de reste de la chair du sacrifice
sera brûlé au feu le troisième jour. »
(Lévit. VII, 12-17.)
Telle est la loi. Voyons-en maintenant les
détails.
Si c'est un sacrifice d'actions de grâce:
A) une offrande de gâteau l'accompagne,
et celui qui l'offre en a sa part aussi bien que les sacrificateurs;
B) les gâteaux quoique offerts avec le
sacrifice de prospérité, ne sont pas consumés;
C) des gâteaux avec et sans levain, un de
chaque sorte, sont présentés en offrande
élevée au Seigneur et donnés ensuite au
sacrificateur lui fait aspersion du sang du sacrifice de
prospérité;
D) la chair du sacrifice doit être
mangée le même Jour.
Trois de ces quatre prescriptions sont
entièrement omises quand le sacrifice de
prospérité est un voeu; la quatrième est bien
indiquée, mais d'une manière un peu différente,
en ce sens que la chair du sacrifice est mangée le lendemain.
Plusieurs des symboles employés ici ont été
d'ailleurs déjà étudiés, quoique à
un point de vue différent; c'est pourquoi je ne m'y
arrête pas davantage.
I) Dans le
sacrifice d'actions de grâce celui qui l'offre a sa part de
l'offrande aussi bien que les sacrificateurs L'offrande de
gâteau, comme nous l'avons déjà vu, c'est
l'accomplissement de la seconde table du ,décalogue: l'homme
offrant à Dieu comme un parfum agréable
l'accomplissement de ce qu'il doit à son prochain. Ce qu'il y
a de particulier ici, c'est que celui qui offre le sacrifice en a sa
part, ce qui n'était pas le cas dans l'offrande de
gâteau ordinaire. Cette dernière nous montre la loi
accomplie simplement vis-à-vis de, Dieu et pour satisfaire
à ses droits. Mais cet accomplissement a d'autres aspects
encore, celui-ci entr'autres qu'il satisfait aussi celui qui l'offre.
C'est la vérité que le sacrifice de
prospérité met en relief, que celui qui l'offre trouve
sa satisfaction aussi bien que Dieu dans l'accomplissement de toute
justice. Et cette satisfaction ne se rapporte pas seulement à
l'accomplissement de la partie de la loi qui a Dieu pour objet, et
qui était représentée par le sacrifice d'une
vie, mais elle se rapporte aussi à l'homme, et était
représentée par les pains sans levain de l'offrande de
gâteau. On perd complètement de vue cette
dernière partie, si l'on ne saisit pas le sacrifice de
prospérité comme « sacrifice d'actions de
grâces ».
II) Dans le
sacrifice pour l'action de grâce, nous voyons les gâteaux
levés offerts aussi avec le sacrifice (Lév. VII, 13).
Nous nous sommes déjà occupés de ce symbole
quand nous avons parlé de la Pentecôte. Ces
gâteaux représentent l'offrande de l'Eglise. Quand
l'oeuvre de Christ est considérée simplement comme un
voeu, comme un acte de service, il n'est pas question de l'offrande
de l'Eglise; mais, quand il s'agit d'un sacrifice offert pour
l'action de grâce, c'est-à-dire pour la gloire de Dieu,
on voit l'Eglise unie avec Lui. Les gâteaux levés ne
pouvaient pas être consumés devant Dieu, mais ils lui
étaient présentés avec les sacrifices faits par
le feu en bonne odeur à l'Eternel (Lév. VII; 13;
XXIII, 18). Et, quoiqu'ils
ne pussent pas supporter l'épreuve du feu ni satisfaire ainsi
aux droits de Dieu, ils lui sont pourtant présentés
pour qu'Il veuille bien les accepter dans sa miséricorde, et
ils sont mangés par le sacrificateur et celui qui offre le
sacrifice.
III) Et ceci
nous conduit à un autre point à noter, savoir qu'un
gâteau de chaque sorte (avec du levain et sans levain) devait
appartenir au sacrificateur qui répandait le sang du sacrifice
de prospérité (Lévit. VII, 14),
tandis que le reste, ce qui avait du levain, et ce qui n'en avait
pas, appartenait à celui qui présentait l'offrande.
Christ, comme sacrificateur, ne trouve pas sa nourriture et sa
satisfaction seulement dans son parfait sacrifice; Il se nourrit
aussi du gâteau qui a du levain, et prend plaisir à
l'offrande de l'Eglise, malgré tous ses manquements et toutes
ses défaillances. Il la présente avec la sienne propre,
en tant qu'étant Celui qui offre le sacrifice; et Il s'en
nourrit. Et nous aussi, comme offrant avec Lui le sacrifice, nous
pouvons prendre plaisir à de telles offrandes, comme Paul
trouvait joie et consolation dans l'amour des saints (2 Tim. I, 16; Philém.
7. 20). Quelques douces que
nous soient ces offrandes, et quoiqu'elles réjouissent nos
entrailles dans le Seigneur, elles ne peuvent pas, en elles
mêmes, être acceptées de Dieu ni être le
fondement de notre communion avec Lui, car aucun gâteau
levé ne pouvait être consumé devant Lui. La seule
nourriture que nous puissions ainsi partager avec Lui est celle de
l'autel; c'est la seule, en effet, qui soit parfaite et sans tache.
Tout cela, d'ailleurs, ne sera saisi qu'autant qu'on aura compris le
sacrifice de prospérité comme étant un sacrifice
d'actions de grâce.
IV) Le dernier
point à noter a trait au temps dans lequel la chair dit
sacrifice de prospérité devait être
mangée. Cela devait avoir lieu le même jour, on n'en
devait rien laisser jusqu'au lendemain (Lévit. VII, 15). S'il
s'agissait d'un voeu, il y avait une petite différence: la
chair devait être mangée le premier et le second jour,
et le reste brûlé le troisième jour (Lévit. VII, 16.17).
Le jour même et le troisième jour,
ces jours-là sont communément employés comme
types, et même constamment, je crois, dans la
résurrection (8).
Ceci me semble certain, mais je ne suis pas aussi
sûr quant aux différents. aspects sous lesquels la
résurrection est présentée dans chacun de ces
jours. Je suis disposé cependant à penser que le jour
même représente la résurrection quant au temps
où Christ apparaîtra, tandis que la pensée
liée avec le troisième jour est simplement celle de la
sortie du tombeau. Dans l'un et l'autre cas, cette simple
vérité demeure la même, que le sacrifice de
prospérité est notre nourriture jusqu'à la
résurrection. Dans un des cas, nous mangeons avec la
pensée que le temps est court; c'est la nuit peut-être,
mais nous attendons l'aurore; dans l'autre cas, ce n'est pas la
pensée du lendemain qui domine, mais bien celle du travail. Je
n'ai pas besoin de dire que le premier aspect est le plus
élevé.
Telle est la loi du sacrifice de
prospérité et telles sont quelques-unes de ses
principales espèces. Nous n'avons guère fait que tracer
une esquisse, mais que de choses elle contient! Le peu que nous en
connaissons révèle la profondeur et la hauteur de la
grâce, quand nous pensons à ce que notre paix a
coûté à notre Rédempteur et au sang qu'Il
a versé pour nous mettre en communion avec Lui.
Bénissons son nom pour tout son amour. Qu'Il nous le
révèle par le Saint-Esprit! Le psalmiste pouvait bien
dire: « 0 Dieu! la louange t'attend dans le silence en Sion, et
le voeu te sera payé; bienheureux celui que tu as choisi et
que tu fais approcher: il habitera tes parvis! Nous serons
rassasiés du bien de ta maison, de ton saint temple »
(Ps. LXV, 1. 4). «Ils
seront abondamment rassasiés de la graisse de ta maison, et tu
les abreuveras au fleuve de tes délices » (Ps. XXVI, 8). Que le
Seigneur nous donne, non pas seulement de connaître ces choses,
mais de connaître mieux Celui dont elles parlent!
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