LA LOI DES SACRIFICES CONSIDÉRÉS COMME TYPES DES DIFFÉRENTS ASPECTS DU SACRIFICE DE JÉSUS-CHRIST
LE SACRIFICE DE
PROSPÉRITÉ
(Lévitique III;
VII, 11-21. 29-34.)
Nous en venons maintenant au SACRIFICE DE
PROSPÉRITÉ, le dernier des sacrifices typiques. Aussi
verrons-nous qu'il nous révèle un aspect du sacrifice
de Christ, qui n'est saisi qu'en dernier lieu par le croyant. Et je
puis ajouter que, comme il était consumé sur l'autel
par dessus l'holocauste » (Lévit. III, 5),
auquel il était étroitement lié, il nous
révèle les conséquences du sacrifice de Christ,
telles que nous les présentent l'holocauste et l'offrande de
gâteau.
Nous le considérons d'abord dans ce qui
le distingue des autres sacrifices, puis ses différents
degrés qui répondent aux différentes
manières dont nous saisissons cet aspect du sacrifice de
Christ selon la mesure de notre intelligence spirituelle.
I. Quant
à ce qui le distingue des autres sacrifices, qu'il nous
suffise d'indiquer deux points principaux:
a) C'était un sacrifice
d'agréable odeur; et
b) Celui qui l'offrait aussi bien que Dieu et
les sacrificateurs s'en nourrissaient. Il différait du
sacrifice pour le péché quant au premier de ces points,
et de tous les autres quant au second.
1° C'était une offrande d'agréable odeur
(Lévit. III, 5. 16).
Je n'ai pas besoin d'insister sur cette différence, dont nous
avons déjà parlé. Qu'il nous suffise de dire
que, ici, comme dans l'holocauste et l'offrande de gâteau, nous
voyons le sacrifice non pas en relation avec le péché,
mais comme présentant à Dieu quelque chose qui Lui est
doux et agréable.
L'holocauste et l'offrande de gâteau
étaient, l'un et l'autre, des sacrifices d'agréable
odeur. Ce détail donc, quoique distinguant le sacrifice de
prospérité du sacrifice pour le péché, ne
le distingue pas des autres sacrifices d'agréable odeur. Je
passe donc à un autre point qui nous fera saisir la
différence entre le sacrifice de prospérité et
l'holocauste, ou l'offrande de gâteau.
2° Ce qui
n'était le cas dans aucun autre sacrifice, celui qui
l'offrait, le sacrificateur et Dieu lui-même s'en nourrissaient
ensemble. Ils avaient quelque chose en commun; et chacun avait sa
part. La communion existait entre eux par le fait qu'ils
participaient au même sacrifice en s'en nourrissant.
Nous avons d'abord la part de celui qui offre
le sacrifice, puis celle de Dieu, et enfin celle dit sacrificateur
Dans cette dernière était comprise aussi, quoique
mentionnée séparément, la part
réservée aux, fils du sacrificateur (1).
Et quelle haute idée cela nous donne de
ce sacrifice' Comme les insondables richesses de Christ sont ici
révélées! Dieu, l'homme et le sacrificateur
trouvant leur satisfaction dans le même objet. Dieu a sa part,
qu'il déclare être très bonne, car il est dit :
« C'est un sacrifice par feu, une odeur agréable à
l'Eternel » (Lévit. III, 5).
L'homme (en Christ), comme celui qui offre le sacrifice, a aussi sa
part, et il peut en jouir avec ses amis (Lévit. VII, 16). Et
le sacrificateur, c'est-à-dire Christ dans son
caractère officiel, a la sienne également, et ses
enfants avec Lui (Lévit. VII, 31).
Quel tableau nous avons là! Celui qui
offre le sacrifice se réjouit avec Dieu, avec son
sacrificateur et avec la famille du sacrificateur!
I) Dans le
sacrifice de prospérité, nous voyons celui qui l'offre
faire la fête avec son Dieu, se nourrir de l'offrande dont une
portion (la graisse, le sang, les entrailles) a déjà
dû être consumée sur l'autel.
Rien de semblable dans l'holocauste, ni dans
l'offrande de gâteau. Tout est consumé par le feu dans
l'holocauste, dans l'offrande de gâteau elle est
partagée entre les sacrificateurs.
Mais, dans tout cela, Dieu était bien
satisfait; mais celui qui offrait le sacrifice n'y avait aucune part.
L'holocauste et l'offrande de gâteau (comme nous l'avons
déjà vu) rappelaient qu'il avait été fait
droit à toutes les exigences de la loi. Dans ces deux
sacrifices, nous voyons Dieu pleinement satisfait par l'offrande que
l'homme (en Christ) lui présente, offrande à laquelle
Il prend plaisir, et qu'Il déclare très bonne. Mais,
dans le sacrifice de prospérité, celui qui l'offre
trouve lui-même sa satisfaction.
Maintenant, ici comme ailleurs, celui qui offre
le sacrifice, c'est Christ; Christ qui l'offre « pour nous
» (Ephés. V, 2).
Jusqu'à ce que nous ayons compris cela, le sacrifice de
prospérité est un mystère pour nous.
Je le répète donc, c'est Christ
qui offre tous les sacrifices; il le fait comme notre
représentant. Dans le sacrifice pour le péché,
dans l'holocauste, dans l'offrande de gâteau ou dans le
sacrifice de prospérité, c'est toujours l'homme-Christ
que nous voyons, Christ se présentant « pour nous ».
C'est pour nous qu'Il est hors du camp, pour nous qu'Il a
été immolé, pour nous qu'Il a été
fait péché; c'est pour nous qu'Il « a joui du
travail de son âme et qu'Il en a été
rassasié ». Et quand nous disons qu'Il a fait cela «
pour nous », nous voulons dire qu'Il l'a fait à notre
place, comme s'Il était nous. Ainsi, quand Il a
été condamné, c'est comme si nous l'avions
été ; s'Il a gardé la loi, c'est comme si nous
l'avions gardée nous-mêmes. De même encore quand
Il a joui de son travail, c'est comme si nous en avions joui
nous-mêmes.
En conséquence, ce qui est vrai de Lui
est vrai de tous ceux qui sont en Lui. Ainsi les sacrifices, en nous
montrant la position de Christ, nous montrent la nôtre propre ;
et c'est bien l'Eglise que nous voyons partout où nous
rencontrons Christ lui-même, car Il nous représente.
« Comme Il est Lui, nous sommes nous aussi dans ce monde »
(1 Jean IV, 17). « Il
nous a rendus agréables dans le Bien-aimé »
(Ephés. I, 6). Mais je
ne dis pas que cela soit bien saisi par ceux même qui
possèdent pourtant ces bénédictions. Je n'ai pas
besoin de dire combien peu nous saisissons ce «pourquoi nous
avons été saisis » (Phil. III, 12). Je constate
seulement le fait que, dans toutes les relations dont les
différents sacrifices sont les types, Jésus, en les
offrant comme homme, était à notre place; Il
était là pour nous représenter ; Il était
nous-mêmes, si je puis m'exprimer ainsi. Quand Christ offrait
un sacrifice, c'est nous que Dieu voyait l'offrir, Il nous
identifiait avec Lui (2).
Et ce que Christ a été pour nous et
comme nous, nous le sommes donc comme Lui devant Dieu. Ce qu'Il a
fait, c'est comme si nous l'avions fait nous-mêmes, et ce dont
Il jouit, nous en jouissons nous-mêmes.
Cette dernière pensée est celle
du sacrifice de prospérité. Christ jouit de son
sacrifice, et Il est là pour nous; cela nous suffit
aussitôt que nous l'avons compris. La pensée ici est un
peu moins facile à saisir que dans le sacrifice pour le
péché et dans l'holocauste ; mais elle repose
exactement sur le même principe. Quand le croyant voit Christ
offrant le sacrifice pour le péché, il comprend que
nous n'avons plus à encourir la colère de Dieu, car
Jésus l'a encourue pour nous comme homme.; quand il voit
Christ offrant l'holocauste et l'offrande de gâteau, il voit
qu'il a été fait droit aux exigences de la
sainteté de Dieu, car Jésus, comme homme, y a
répondu pour nous; mais, quand ce même croyant voit
Christ offrant le sacrifice de prospérité, il voit
l'homme satisfait par ce sacrifice, car Jésus, qui est
à notre place, est satisfait Lui-même. Et comme le
sentiment de notre acceptation dépend du fait que nous
réalisons la sienne propre, ainsi nous avons le sentiment de
notre communion avec Dieu, dans la mesure où nous
réalisons qu'Il est en communion pour nous. Pour ceux qui se
savent en Christ, il leur suffit de comprendre, en voyant le
sacrifice de prospérité, que Christ, comme homme, est
satisfait, car ils le sont eux-mêmes par ce fait.
Je crains bien qu'il n'y ait beaucoup de saints
qui ne réalisent jamais cet aspect du sacrifice, et qui, par
conséquent, ne connaissent pas, par expérience, la
position que ce sacrifice leur a acquise. Je ne dis pas qu'ils ne
possèdent pas le salut; oui, ils le possèdent ainsi que
tout le reste, s'ils sont « en Christ ». Mais ces choses,
qui sont vraies pour eux en Lui, ils ne les réalisent pas dans
leur propre expérience. L'expérience n'est rien d'autre
que la mesure dans laquelle nous saisissons ce qui est
déjà vrai pour nous en Christ. Dieu soit loué!
la pleine suffisance de son oeuvre ne dépend pas de la
manière dont nous la saisissons. Mais notre propre jouissance
en dépend, et, si nous en avons peu, c'est parce que nous
saisissons peu.
Et notre force, en particulier, dépend
de la manière dont nous saisissons Christ tel que nous le
montre le sacrifice de prospérité; car, c'est la
nourriture qui entretient les forces, et le sacrifice de
prospérité nous montre l'homme nourri par ce sacrifice.
Mais cela n'est pas saisi, ou ne l'est qu'en faible mesure. Si l'on
m'en demandait la cause, je répondrais que c'est parce qu'il y
en a peu qui réalisent leur propre acceptation. Aussi
longtemps que le salut n'est pas pour vous une chose
réglée, votre premier besoin sera de savoir que Dieu
,est satisfait, bien plutôt que de l'être
vous-même. Comme un criminel qui est encore à attendre
sa grâce, vous ne demanderez pas : Ai-je du pain pour
aujourd'hui ? Mais bien: Suis-je gracié ? En face de la mort,
comment donner une pensée à la nourriture ou au
vêtement? Mais que la question du salut soit
réglée; qu'il n'y ait plus de doute à cet
égard ; alors, et alors seulement, vous aurez le temps
d'écouter les cris de la nouvelle nature qui a besoin, elle
aussi, d'être nourrie et fortifiée. Qu'est-ce qui peut
la satisfaire ? Rien que la précieuse nourriture
exposée sur l'autel, et préparée pour nous par
Jésus, que nous voyons comme notre représentant quand
il offre le sacrifice de prospérité.
Et qu'est-ce qui fait la joie de celui qui
offre le sacrifice ? de quoi se nourrit-il ? De ce qui est
exposé sur l'autel, de l'offrande parfaite dont le Seigneur a
déjà fait sa joie.
Ce sacrifice représente « le corps
de Jésus » (Hébr. X, 5-10), sa
marche, ses pensées et ses affections. Et ce sacrifice,
agréé, parce qu'il était parfait,
réjouissait le coeur de Dieu comme une offrande
d'agréable odeur. Mais, c'est aussi celui qui l'offre qui en a
de la joie. Christ se repaît de son propre sacrifice. « Il
verra du fruit du travail de son âme » (Es. LIII, 11).
C'est pour nous que Jésus se
présente comme celui qui offre le sacrifice ; et en en faisant
sa nourriture, Il nous montre la voie. Oh! si les enfants de Dieu
pouvaient apprendre ce qui seulement peut les satisfaire concernant
l'expiation. Hors de la présence de Dieu , l'homme cherche ses
jouissances dans mille et mille choses qui ne sont pas Lui. Il essaie
peut-être de la « vie de débauche du pays
éloigné »; et, à l'heure du besoin, il est
réduit « aux gousses que les pourceaux mangeaient »
(Luc XV, 13. 15. 16). En cherchant la
présence de Dieu, beaucoup ont encore à apprendre ce
qui seulement donne paix et satisfaction en cette présence.
Quelques-uns regardent avec complaisance à leurs bonnes
dispositions, à leurs sentiments; ils sont
préoccupés de leurs expériences, de leur marche
et de leur service; ils s'appuient sur leur propre justice. Mais,
est-ce là ce qui constitue cette offrande parfaite
exposée sur l'autel ? Est-ce par ces choses que Christ a fait
droit aux exigences de Dieu ? Est-ce en cela que Christ et Dieu sont
en communion quant à l'expiation? Nous répondons sans
hésiter que non. Mais nous-mêmes, qui avons besoin
d'expiation, comment y trouverions-nous notre paix et notre joie ? Si
Christ, comme homme, ne pouvait avoir communion avec Dieu autrement
qu'à l'autel du sacrifice, ses membres ne le peuvent pas non
plus; s'ils veulent être nourris, ils doivent l'être
comme Il l'est lui-même. Oh! soyons sages, considérons
quelle est notre vocation, et ne cherchons pas notre satisfaction
autre part qu'en Jésus ! Il est le seul parfait; hors de
Christ, il n'y a rien qui puisse être offert sur l'autel, rien,
par conséquent, qui puisse nourrir nos âmes. Quand
Christ prendra son plaisir à ce qui est souillé ou
impur, alors, mais pas avant, nous pourrons, nous aussi, le faire.
Mais puisque, pour ce qui concerne l'expiation, Lui-même ne
peut être satisfait que par son propre sacrifice, nous, qui
sommes en Lui, rejetons tout autre chose pour ne vouloir que
Lui.
Voici donc l'enseignement important que nous
recevons ici: cela seul est pour le chrétien une nourriture
qui en est une pour Christ lui-même devant son Père, et
quelque précieuses que soient nos expériences, quelque
irréprochable que soit notre marche ou notre service, ils ne
sont pas le sacrifice expiatoire et ne peuvent être le
fondement de notre paix. Vraiment, pour un chrétien, chercher
sa satisfaction dans ces choses, c'est comme si un Israélite
avait voulu se nourrir de ses vêtements. C'est
précisément là le cas de l'homme qui se
complaît dans la position à laquelle il est parvenu ; il
fait sa nourriture de ce qui doit être sa parure, puisque le
vêtement n'est que le symbole de la conduite et du
caractère (3).
Et n'est-il pas dit que « le fin lin ce sont
les justices des saints » (Apoc. XIX, 8) ?
Ce vêtement est exposé à se
salir. Mais supposons-le parfaitement net; est-ce que pour cela nous
pourrons nous en nourrir ? Non, ce qui a été offert sur
l'autel, le sacrifice d'agréable odeur, voilà ce qui
seul peut satisfaire. Nos prières, notre amour, notre service,
toutes ces choses, comme le pain levé de la Pentecôte
(voir
page 93), quoique acceptées
à cause de ce qui les accompagne, sont loin d'être sans
tare. En un sens, c'est vrai, notre service est un parfum
agréable à Dieu (Phil. IV, 18), mais
seulement dans ce sens que nous sommes tenus pour « justes
». Les oeuvres et les personnes sont regardées comme
étant ce qu'elles ne sont pas en elles-mêmes, et cela en
vertu de la perfection de l'oeuvre accomplie et de la personne en qui
et par qui elles sont offertes. Comme le pêcheur, quoique
souillé en lui-même, est tenu pour juste en Celui par
qui nous avons reçu le pardon; ainsi ses offrandes, quoique
renfermant du levain, sont agréées à cause de
l'offrande parfaite par laquelle elles sont offertes. Le
pécheur accepté en Christ est bien en même temps
lui-même la victime et celui qui l'offre; mais ses sacrifices
spirituels, ses oeuvres et son culte, Dieu ne les agrée
qu'à cause de Jésus-Christ (1 Pierre II, 5). Comme le
pain levé dont nous avons déjà parlé, nos
oeuvres ni notre culte ne pourraient jamais être
acceptés à cause de leurs défectuosités,
s'ils ne montaient devant Dieu avec le parfum d'un autre sacrifice
parfait. S'ils étaient offerts en expiation, ils seraient
rejetés. Ils ne sont agréés que parce que
l'expiation a déjà été faite. Pour
qu'elle ait lieu, il faut que l'offrande soit sans défauts ;
rien ne peut satisfaire Dieu qu'un sacrifice parfait. Nous ne pouvons
nous approcher de Lui ni trouver notre joie en Lui qu'en vertu de ce
seul sacrifice qui a déjà répondu aux exigences
de sa sainteté.
Mais il y a un autre point à
considérer dans le sacrifice de
prospérité:
II) Celui qui
offre le sacrifice fait la fête avec Dieu. L'homme (en Christ)
et Dieu font la fête en commun: ils se partagent l'offrande. La
pensée ici n'est pas seulement comme dans l'holocauste que
Dieu trouve sa satisfaction dans l'offrande. Sans doute il y a cela,
mais plus encore. Il y a la pensée de la communion, car Dieu
et l'homme jouissent ensemble.
Je voudrais que cette pensée fût
plus présente à l'esprit des chrétiens! Comme
alors ils comprendraient mieux la valeur infinie du sacrifice et la
position à laquelle l'homme est appelé par ce sacrifice
même! L'homme jouissant avec Dieu de ce qu'Il déclare
lui être très précieux, quel spectacle propre
à nous faire mieux saisir la haute destinée de l'homme!
Mais avons-nous vraiment compris cela? Quand nous pensons à ce
sacrifice, est-ce pour nous souvenir de la joie que Dieu y trouve,
pour réaliser la position dans laquelle Il place l'homme comme
partageant avec Lui un sujet de joie ? Hélas! combien sont
nombreux ceux auxquels de telles pensées sont
étrangères ! La raison en est qu'ils n'ont pas encore
vraiment compris le sacrifice de prospérité. Il leur
suffit de savoir qu'ils sont délivrés de la
malédiction, qu'ils sont sauvés. Beaucoup de
chrétiens ne vont pas au-delà. Ils ne recherchent rien
d'autre. Mais est-ce là tout ce qui nous a été
acquis par ce sacrifice ? Est-ce là tout ce dont Christ jouit?
S'agit-il uniquement de salut et de pardon? Christ n'est-il pas,
comme homme, l'héritier de Dieu et son premier né, le
seul en qui Il trouve ses délices, le seul avec qui Dieu soit
en constante communion et à qui Il communique toutes ses
pensées ? Mais, ne sommes-nous pas en Jésus
appelés à jouir de la même communion? Ne
sommes-nous pas en tout ses cohéritiers, sa joie, son
épouse, ses membres ? Le sacrifice de prospérité
répond à cette question en nous montrant l'homme
faisant la fête avec Jéhovah; en nous disant que la
position de Christ est la nôtre, et que en Lui nous sommes en
communion avec Dieu.
Et comme cette partie du type nous montre bien
ce qu'est la communion! Qui dit communion dit partage; pour avoir
communion, il faut donc avoir quelque chose à partager, et
quelque chose digne d'être partagé avec Dieu, car Il ne
peut pas tolérer la souillure. Nous ne pouvons pas atteindre
par nous-mêmes cette communion, car nos oeuvres, même les
meilleures, sont tout entachées de péché. Mais,
grâce à Dieu, il y a un sacrifice parfait: c'est celui
de notre Sauveur bien-aimé; et, si nous voulons avoir
communion avec Dieu, le seul moyen est de partager avec Lui la
jouissance du sacrifice de son Fils.
Cela nous explique notre défaut de
communion qui est si généralement reconnu et
confessé. Des communications avec nos frères, nous en
avons assez et peut-être trop, mais combien peu de communion
avec Dieu! Pourquoi cela? C'est que nous avons imparfaitement saisi
la valeur et le sens du sacrifice de Christ, et que, quand nous nous
réunissons, nous n'avons pas grand'chose à mettre en
commun, parce que nous avons peu reçu. Et la même chose
est vraie de nos rapports avec Dieu, car nous pouvons avoir des
communications avec Dieu, sans qu'il y ait communion. Combien
souvent, quand nous nous approchons de Dieu, lui parlons-nous non
seulement de nos sentiments, de nos expériences, de nos
péchés, de nos épreuves! Tout cela est bien,
sans doute; nous faisons bien d'en entretenir notre Père.
Mais, après tout, au fond, ce n'est pas en cela que consiste
la communion, et ce n'est pas en parlant de ces choses que nous
l'acquerrons jamais. Approchons-nous de Dieu pour être remplis
de Christ, et que la confession de nos chutes et de notre
néant soit notre seul droit à l'être; soyons
occupés de Lui, de sa vie, de ses voies de miséricorde.
Alors nos entretiens avec Lui deviendront bientôt de la
communion, car nous aurons quelque chose à partager avec Lui.
Que le Seigneur nous donne de jouir davantage de sa présence,
afin que, comprenant ce que nous possédons en Jésus,
nous puissions nous en réjouir avec nos frères et avec
notre Père.
III) Dans le
sacrifice de prospérité, celui qui l'offrait taisait la
fête avec le sacrificateur (Lévit. VII, 32. 33).
Le sacrificateur, comme je l'ai déjà dit, est toujours
Christ présenté dans son caractère officiel de
Médiateur. Nous le voyons ici se nourrir de l'offrande qu'Il
présentait lui-même, non seulement comme homme, mais
aussi comme Médiateur.
Pour comprendre cela, il faut se rappeler les
différentes relations dans lesquelles Christ se trouve
relativement au sacrifice. Nous le voyons, comme je l'ai dit, au
moins sous trois aspects différents: Il se présente
à nous comme celui qui offre le sacrifice, mais Il est en
même temps l'offrande et le sacrificateur. Ce sont là
des relations distinctes l'une de l'autre, et qui nous
présentent chacune un caractère particulier de Christ.
Quand nous le considérons comme offrant le sacrifice, c'est
l'homme que nous voyons, l'homme satisfaisant aux droits de Dieu dans
notre nature, la personne de Christ, celui qui s'est mis là
à la place des hommes. Si nous considérons Christ comme
offrande, c'est une autre idée que nous avons. Ce n'est pas
Lui autant que ce qu'Il a fait, ce n'est pas sa personne autant que
son oeuvre et son caractère qui nous sont
présentés. Comme sacrificateur, il nous apparaît
encore sous un autre caractère, sous celui de
Médiateur. Nous voyons Christ dans son office plutôt que
dans sa personne ou dans son oeuvre.
Maintenant, si cette simple distinction est
saisie comme je pense qu'elle doit l'être plus ou moins par
tout chrétien, on comprendra que certaines choses vraies de
Christ, dans une relation, ne le sont pas dans une autre. Par
exemple, c'est comme sacrificateur qu'Il intercède pour nous.
Mais, comme offrande, Il n'intercède pas; c'est l'Agneau qui a
été immolé pour nous. Comme sacrificateur et
comme celui qui offre le sacrifice, Il s'en nourrit, ce qu'Il ne fait
pas dans l'autre cas. Il y a des offrandes dont le sacrificateur peut
disposer, mais auxquelles celui qui offre le sacrifice ne peut
toucher, par exemple quelques-uns des sacrifices pour le
péché. Dans ces derniers, comme nous le comprendrons
mieux dans la suite, nous voyons l'homme satisfaisant aux droits de
la justice de Dieu offensées. Ce n'est pas l'homme offrant
à Dieu quelque chose d'agréable, mais l'homme subissant
de la part de Dieu la peine due à son péché. Ces
sacrifices-là, le sacrificateur peut s'en nourrir
(Lévit. VI, 25-30),
c'est-à-dire que Christ, comme médiateur, y trouve sa
satisfaction; mais, comme homme, il ne peut y toucher, car, en les
offrant, A ne fait que reconnaître son péché. Le
sacrificateur, le serviteur officiel de Dieu, est satisfait, parce
qu'il est fait droit à la justice offensée; mais
l'homme, qui mérite une peine, ne saurait trouver de la
satisfaction dans l'acte qui la rappelle.
L'idée que nous donne le sacrifice de
prospérité est toute autre. Ici , homme est satisfait;
il partage avec Dieu, aussi bien que le sacrificateur, la jouissance
du sacrifice, ce qui ne pouvait avoir lieu dans le sacrifice pour le
péché, où nous voyons l'homme sous le coup de la
peine que méritait son péché. Le sacrifice pour
le péché faisait simplement droit à la justice
offensée; si Christ, comme sacrificateur, en a
été satisfait, ne le sera-t-il pas bien plus encore du
sacrifice dont Dieu et l'homme se sont nourris. C'est bien là
l'idée du sacrifice de prospérité. Dieu et
l'homme font la fête ensemble, et le sacrificateur, l'ami de
l'un et de l'autre, les voyant satisfaits, l'est aussi
lui-même.
Quelle pensée bénie que celle qui
nous est ici révélée! Comme elle nous montre le
coeur de Christ, la joie qu'Il éprouve comme médiateur
en voyant la communion établie outre Dieu et l'homme ! La joie
de notre communion est certainement bien diminuée, si nous
oublions celle que le médiateur y trouve, ou la satisfaction
qu'il éprouve de voir l'homme en paix avec Dieu. Celui qui
connaît toute la valeur du sacrifice n'oublie jamais que le
sacrificateur y trouve sa jouissance. La présence d'amis bien
aimés augmente la douceur de toutes les joies d'ici-bas, leur
absence nuit à toutes. Combien notre joie en est
augmentée si nous savons que Celui qui nous aime fait la
fête avec nous; combien au contraire la douceur de la communion
est diminuée pour ceux qui oublient que notre sacrificateur y
trouve sa joie. Assurément, Christ n'oublie jamais que, quand
Il fait la fête, Il la fait avec nous. Aujourd'hui, comme
autrefois, Il dit: « J'ai fort désiré de manger
cette pâque avec vous » (Luc XXI, 15). Sa joie nous
sera-t-elle donc indifférente? Oublierons-nous la satisfaction
qu'Il trouve dans ce sacrifice ? Ceux qui en sont capables ont encore
bien peu compris ce qu'est le sacrifice de prospérité,
et combien le sacrificateur y trouve de joie.
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