LA LOI DES SACRIFICES CONSIDÉRÉS COMME TYPES DES DIFFÉRENTS ASPECTS DU SACRIFICE DE JÉSUS-CHRIST
LES TYPES EN
GÉNÉRAL
(Suite)
Les types de la
Genèse, différents en
cela de quelques-uns des autres livres, préfigurent presque
exclusivement de grandes vérités ou des
événements en rapport avec ces dispensations. Deux ou
trois passages du Nouveau-Testament fourniront avec une
autorité divine une preuve de cette assertion. Grâce
à ces exemples, qui nous serviront de point de départ,
j'espère vous montrer facilement combien la Genèse
renferme de types semblables.
Lisons d'abord Genèse XXI avec le
commentaire qu'en donne Paul dans Galates IV: «
Dites-moi, vous qui voulez être sous la loi,
n'écoutez-vous pas la loi? Car il est écrit qu'Abraham
eut deux fils, l'un de la servante et l'autre de la femme libre. Mais
celui qui naquit de la servante naquit selon la chair, et celui qui
naquit de la femme libre, naquit par la promesse. Ces choses doivent
être prises dans un sens allégorique; car ce sont deux
alliances, l'une du mont Sina, enfantant pour la servitude, et c'est
Agar. Car Agar est le mont Sina, en Arabie, et correspond à la
Jérusalem de maintenant, car elle est dans la servitude avec
ses enfants. Mais la Jérusalem d'en-haut est la femme libre
qui est notre mère... Mais comme alors celui qui était
né selon la chair persécutait celui qui était
né selon l'Esprit, il en est de même aussi maintenant.
Mais que dit l'Ecriture? « Chasse la servante et son fils, car
le fils de la servante n'héritera point avec le fils de la
femme libre.»
Ainsi, frères, nous ne sommes pas
enfants de la servante, mais de la femme libre. »
Tout cela est en rapport avec les
dispensations. Agar, la servante esclave, est le type parfait de
l'alliance de la loi; Sara, la vraie épouse, la femme libre,
représente l'alliance de la grâce. Ismaël, le
premier né, né selon la nature, est un type des Juifs
qui, entraient dans l'alliance par la naissance naturelle. Isaac, le
second fils, né contre les lois de la nature, de parents
déjà « affaiblis par l'âge »
(Hébr. XI, 12;
Rom. IV, 19), est un type de
la vie de résurrection, de la vie d'en haut qui sort de la
mort, telle que nous l'avons dans la dispensation actuelle.
Je ne puis maintenant qu'aborder le sujet, mais
j'espère en avoir dit assez pour me faire comprendre. Christ,
naturellement, est la clé ici comme ailleurs. Mais comme ces
types sont différents de ceux du Lévitique qui, au lieu
de parler de Lui comme étant en rapport avec les
dispensations, nous montre son oeuvre comme étant la source de
la communion! Et si les types de la Genèse sont
différents de ceux du Lévitique, que dirons-nous de
ceux des Nombres et de ceux de Josué, qui représentent
les différentes expériences des rachetés!
L'intelligence spirituelle la plus élémentaire saisira
dès l'abord une différence aussi frappante.
Mais il y a autre chose à observer
encore au sujet du type d'Agar et de Sara. Remarquez que, quand Sara
mourut, Abraham prit encore une autre femme, Kétura
(Genèse XXV, 1-4); et
il eut d'elle non pas un fils comme dans les précédents
types (un fils étant toujours l'emblème d'une famille),
mais beaucoup de fils, type de ce qui aura lieu quand la dispensation
figurée par Sara aura pris fin; quand ce ne sera pas un seul
peuple qui appartiendra au Seigneur, mais quand « les royaumes
de ce monde seront à Lui ». Jusqu'ici Dieu n'a eu qu'un
seul peuple qui lui appartînt. Dans la précédente
dispensation, c'était un peuple particulier dans, la chair;
maintenant c'est un peuple particulier dans l'esprit, un peuple qui
ne tire pas son origine d'Adam, mais de Christ. Mais, dans la
prochaine dispensation, il en sera autrement; l'alliance de Sara
n'embrassera jamais les nations, quoique un peuple doive en
être tiré pour son nom (Actes XV, 14); car, dans ce
peuple, « il n'y a ni Juif ni Grec », la chair qui est en
lui n'étant nullement reconnue comme telle, ainsi que je l'ai
dit. Tout ainsi sera changé quand viendra la dernière
dispensation et que « la terre sera remplie de la connaissance
du Seigneur ». Mais je parle ici des différences
caractéristiques des types et non de tout l'enseignement
qu'ils renferment.
Un second passage de la Genèse, qui nous
est cité dans le Nouveau-Testament comme étant typique,
c'est l'histoire de Melchisédec, VII ème chapitre des Hébreux; l'apôtre montre comment la sacrificature
lévitique a été abrogée et comment la
dispensation de la loi avec tout ce qui y a trait a été
remplacé par une nouvelle dispensation. Et, à ce sujet,
il cite un fait rapporté dans la Genèse, fait qui est
pour lui une preuve suffisante. Le passage est très
remarquable, non seulement en ce qu'il montre le caractère des
types de la Genèse, mais en ce qu'il nous instruit sur la
nature des représentations typiques et sur la manière
dont elles doivent être interprétées.
J'en parle ici simplement comme d'un exemple
pour montrer le caractère général des types de
la Genèse. Il nous est dit qu'Abraham paya la dîme
à Melchisédec, qui était à la fois roi et
sacrificateur. L'apôtre montre comment ce qui est dit de lui,
aussi bien que ce qui ne l'est pas, comment tous les détails
sur ce sujet sont riches pour nous en instructions typiques
(1). Lévy payait la dîme
à Melchisédec dans la personne d'Abraham, Cela prouve,
dit l'apôtre, combien Lévy était au-dessous de
Melchisédec. Il parle aussi d'un temps où la
sacrificature de Lévy devra faire place à une autre
sacrificature. Je n'entre pas dans les détails connus de tous,
même de ceux qui ne sont que médiocrement versés
dans les Ecritures. Je me borne à faire remarquer que nous
avons ici une nouvelle preuve du caractère dispensationnel des
types de la Genèse.
Prenons un autre des types de ce livre,
l'histoire de Joseph. Tous ceux, je pense, qui ont une fois
réfléchi sur cette histoire, reconnaîtront sans
peine son caractère typique. Mais c'est un type de quoi ?
D'une vérité dispensationnelle. Joseph est le
bien-aimé de la femme bien-aimée qui est en même
temps la plus jeune. Ici de nouveau nous avons les deux femmes comme
dans le type précédent; c'est la même
vérité présentée avec quelques
détails de plus. Léa, l'aînée, a tous ses
enfants avant que Rachel, la plus jeune, en ait aucun. Tous les
enfants de l'économie juive ont précédé
ceux de l'économie chrétienne. Christ, le premier
né de la tombe, fut le premier né de la dispensation de
Rachel. Ce fils, le bien-aimé de son père, est vendu
par ses frères, les enfants de l'aînée, et
emmené en Egypte, qui est constamment regardée comme le
type du monde gentil. Là, après un temps de souffrance
et d'humiliation, il est élevé à la plus haute
position dans le royaume; il prend une femme d'entre les Gentils; ses
frères, enfants de Léa, l'aînée, le
reconnaissent. Ce type, je pense, n'a pas besoin d'explication. Si
l'on en veut une, qu'on la lise dans le onzième chapitre des
Romains. Le péché des Juifs, les frères
aînés, devient pour un temps une source de richesse pour
les Gentils. Mais je désire seulement appeler l'attention sur
ce fait que, ici comme dans le reste de la Genèse, les types
sont dispensationnels. Christ, rejeté par la famille juive,
Christ au milieu des Gentils, ses frères, rentrant en
grâce auprès de Lui, voilà ce que nous trouvons
dans l'histoire de Joseph.
Je donnerai encore un exemple qui suffira
à prouver ce que j'ai dit au sujet de la Genèse. S'il y
a un type dans la Bible, l'arche de Noé en est sûrement
un, c'est un type de Christ, sans doute, mais de Christ
considéré dispensationnellement. C'est ainsi que Pierre
en parle; il le considère comme un type de la mort et de
l'Eglise (2). Mais venons-en à l'histoire.
Nous voyons d'abord un monde qui doit être détruit avec
une famille fidèle, ou plutôt une famille sauvée
par la fidélité et la piété de son chef,
comme il est dit: « Entre dans l'arche, toi et toute ta maison,
car je t'ai vu juste devant moi» (Gen. VII, 1). Puis nous
avons un monde renouvelé et rendu à sa beauté
première, après que la destruction a passé. sur
l'univers et que la famille élue passe ainsi d'un monde dans
un autre, transportée dans l'arche, le seul lieu de
sûreté pour elle. Christ est l'arche, par qui les
élus, retirés de ce monde qui va être
jugé, sent transportés dans les nouveaux cieux et la
nouvelle terre. C'est ce qui est facile à saisir.
Mais venons-en aux détails. C'est ainsi
qu'on peut employer impunément le microscope. L'arche, avec
tout son contenu, s'arrête sur les montagnes, première
partie visible de ce monde renouvelé. Christ, notre arche,
apparaît sur la montagne de la résurrection avec toute
la famille des rachetés; car en Lui nous sommes
déjà ressuscités, tandis que le monde est encore
plongé dans les eaux du jugement. « Maintenant est le
jugement de ce monde » (Jean XII, 31). Et remarquez
ceci, le jour où l'arche s'arrêta fut
précisément le jour et le mois où, bien des
siècles après, Christ, notre vraie arche, est
ressuscité. « Elle s'arrêta au septième
mois, au dix-septième jour du mois» (Genèse VIII, 4). Et
c'est le jour où Christ est sorti du tombeau. Le
quatorzième jour de ce septième mois (appelé
plus tard, par l'ordre de Dieu, le premier mois. Exode XII, 2) était
celui où l'on célébrait la Pâque; au
quinzième, c'était la fête des pains sans levain
(Lévit. XXIII, 5. 6)
(3) ; et le troisième jour
après cela, c'est-à-dire le dix-septième, fut
celui où Christ est ressuscité d'entre les
morts.
Mais j'en ai dit assez pour montrer le
caractère des types de la Genèse. Ils sont tous plus ou
moins dispensationnels. Et, qu'on le remarque bien, ces types
embrassent trois dispensations: celle qui a pris fin, la dispensation
présente et celle de l'avenir.
Parlons maintenant des types de
I'EXODE. Ceux-ci même, nous
l'avons déjà vu, ont principalement trait à la
rédemption et à ses conséquences. Pour le
prouver je commencerai, comme je l'ai fait pour les types
précédents, par citer le Nouveau-Testament.
Voyons d'abord la Pâque, dont
l'institution nous est rapportée dans le douzième
chapitre. Quelqu'un pourrait-il douter un instant que cette
ordonnance ne doive être regardée comme typique?
Ecoutons le commentaire de Paul: « Car aussi Christ, notre
pâque, a été sacrifié ; c'est pourquoi
célébrons la fête non avec du vieux levain ni
avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec
des pains sans levain de sincérité et de
vérité» (1 Cor. V, 7. 8). Et
qu'est-ce que c'est que cette pâque ?sinon la rédemption
! Les Israélites, les pieds chaussés et les reins
ceints, prêts à quitter l'Egypte, sont là pendant
la nuit («la nuit est fort avancée ») [Rom. XIII, 12] dans leurs
maisons, dont les poteaux ont été aspergés de
sang ; tandis que, au dehors, l'ange destructeur, exécutant le
jugement de Dieu sur l'orgueilleuse Egypte, met à mort tous
ses premiers nés.
Et voilà la grande vérité
mise en évidence en ce moment: la valeur du sang
répandu pour délivrer du jugement. Cette scène
nous montre bien qu'Israël est racheté et que la
sûreté pour nous est le sang répandu.
Mais il y a beaucoup plus encore que la
délivrance de l'esclavage d'Egypte par le sang,
quoiqu'Israël dans la maison de servitude ne vit rien
au-delà. Pour Israël esclave en Egypte et pour tous les
chrétiens, la grande vérité c'est celle que
figure la Pâque, la rédemption par le sang de l'Agneau,
acquise non par notre justice, mais par le sang. Pour en savoir
davantage sur le sang, Israël doit être amené
à se reconnaître hors d'Egypte, à se voir comme
racheté du Seigneur, à comprendre que Dieu met une
différence entre lui et les Egyptiens. C'est dans le
désert, c'est-à-dire hors de l'Egypte, que Dieu
révèle à son peuple toute la valeur des
sacrifices. En Egypte, on ne sait pas ce que c'est que l'holocauste ;
on ne voit pas la différence entre l'offrande de gâteau
et le sacrifice de prospérité; la cuve où les
pains de proposition n'ont point de signification, non plus que
l'oeuvre accomplie par le sacrificateur. Tout cela, Israël ne
l'apprendra que plus tard, quand il sera en réalité un
pèlerin, avec la Mer Rouge et l'Egypte derrière
lui.
Comme tout cela est vrai pour nous! Pour les
saints qui n'ont pas saisi pleinement la rédemption, il n'y a
qu'une seule vérité importante, celle de la Pâque
et de l'effusion du sang; ils ne voient absolument rien d'autre. Mais
j'en reviens à l'étude des types.
Je dis donc que la rédemption
caractérise en général les types de l'Exode;
c'est ce que reconnaîtront facilement ceux qui, sous le regard
de Dieu et en s'attendant à Lui, liront ce livre en faisant
attention à la grande pensée qui s'y retrouve partout.
Qu'est-ce que c'est que la sortie d'Egypte? sinon la
rédemption! Qu'est-ce que le passage à travers la mer?
sinon encore la rédemption! C'est la note dominante dans le
cantique d'Israël, quand Pharaon et ses armées eurent
été engloutis. « Tu as conduit par ta bonté
ce peuple que tu as racheté... la crainte est tombée
sur les habitants de Canaan jusqu'à ce qu'ait passé ce
peuple que tu t'es acquis (Exode XV, 13-16).
Voilà le commencement; la suite du livre nous montre les
conséquences de la rédemption et nous parle d'un peuple
qui a été ainsi rapproché de Dieu.
Le LÉVITIQUE nous présente tout autre chose. J'ai à
peine besoin de dire que ce livre est typique; car si nous ne le
considérons pas ainsi - je le dis en toute
révérence, - il n'a point de signification pour nous.
Mais les épîtres du Nouveau-Testament sont pleines de
références directes qui mettent hors de doute le
caractère typique de ces ordonnances. (Voyez Hébreux V,
VII, VIII, IX, X, XIII; 1 Pierre
II, 9.) Dans ces
références, il n'y en a pas moins de quarante qui
parlent des choses citées comme étant typiques. Ce sont
des types de quoi? de Christ sans aucun doute. Mais de Christ
considéré sous quel aspect? non pas en rapport avec les
dispensations, comme c'est le cas dans la Genèse; non pas
comme nous parlant de la rédemption, ainsi que le faisaient
les premiers types de l'Exode. Le Lévitique ne vient
qu'après la rédemption et parle de ce qui rapproche de
Dieu son peuple élu. Ainsi, comme ce qui suit le montrera,
j'espère, Christ est le fond et la substance de ces types;
mais c'est Christ saisi par celui qui connaît
déjà la certitude de la rédemption, c'est Christ
vu par celui qui, jouissant de la paix avec Dieu et de la
délivrance peut contempler avec joie tout ce que Christ a
pleinement réalisé pour lui; Christ, comme le
sacrificateur, comme celui qui offre le sacrifice et comme la
victime; Christ répondant à tout ce dont un
pécheur sauvé a besoin pour s'approcher de Dieu et
rester en communion avec Lui; tout ce que Christ est pour le croyant.
Voilà ce que nous présente clairement le
Lévitique dans ses divers types. L'Exode nous parle du sang de
l'Agneau, qui met Israël à l'abri dans le pays d'Egypte;
le Lévitique, des sacrificateurs et des sacrifices, entrant
dans les détails de tout ce qui est nécessaire pour
qu'Israël puisse s'approcher de Jéhova.
Mais je ne m'étends pas
là-dessus, puisque l'étude des sacrifices
établira clairement ce que j'avance. Je passe donc aux types
des Nombres, et je vais indiquer ce qui me paraît être
leur caractère distinctif.
Les NOMBRES,
racontant l'histoire des Israélites dans le désert,
leurs épreuves et leurs chutes, renferment des types nombreux
des expériences du chrétien et de son pèlerinage
à travers le désert de ce monde. L'histoire
d'Israël, aussi bien que les ordonnances qui lui furent
données, était typique ; leur sortie d'Egypte, leur
séjour dans le désert, leur entrée dans le pays
de Canaan, tout était typique; et les détails de leur
histoire, que chacun s'accorde à regarder comme tels,
montreront avec quelle perfection ont été tracés
tous ces tableaux par la main de Celui qui avait une parfaite,
connaissance de ce qu'Il décrivait.
Dans les Nombres donc, nous avons des types en
relation avec le désert. Ici le monde est
considéré non pas comme la maison de servitude, mais
comme le lieu de l'épreuve, comme la scène à
traverser pendant notre pèlerinage pour arriver en Canaan
(4). Ainsi, dans les parties des Nombres
dont le caractère rappelle le plus les types du
Lévitique (comme c'est le cas dans la Genèse rousse
(5)), les sacrifices nous sont
représentés non pas ainsi que dans le Lévitique,
comme ce qui nous permet de nous rapprocher de Christ, mais comme ce
qui sert à nous soutenir dans la marche de la foi au milieu du
désert et à nous fortifier dans nos luttes contre le
mal et la souillure.
Je ne m'étends pas beaucoup sur ce
sujet, parce que tout le caractère du livre est facile
à saisir (6),
et qu'il faudrait un volume si l'on voulait entrer
dans les détails. Qu'il nous suffise de dire que, dans tout le
voyage à travers le désert, nous voyons le peuple
élu apprenant ce qu'est l'homme et ce qu'est Dieu; ce qu'il
devrait être comme peuple élu et ce qu'il est en
réalité. Les Lévites, pour prendre un type bien
connu, avec leurs vêtements sans tache et à l'abri de
toute souillure, figurent certainement les rachetés rendant
culte à Dieu pendant leur passage ici-bas. Comme ils
rappellent bien ce que doit être l'Eglise de Dieu: dans leur
esprit de dépendance, dans leur obéissance aux
directions de la nuée, dans leurs soins continuels pour les
vases sacrés du sanctuaire! Ces vases sacrés rappellent
tous quelque chose de Christ, que les Lévites spirituels ont
maintenant à reproduire pendant 'leur marche à travers
le désert.
Et ainsi, tout le long, les Nombres nous
donnent l'histoire du désert. La nuée qui montrait le
chemin (ch. IX); le retentissement des
trompettes d'argent dans le camp (ch. X); les murmures au sujet de
la manne ou à cause de la longueur du chemin (ch. XI et XXI); le regret des
potées de chair de l'Egypte (ch. XI); le découragement
causé par le manque de foi (ch. XIII et XIV); la disette d'eau dans
le désert et le rocher qui leur en fournit (ch. XX); la fornication avec les
filles de Moab (ch. XXX); - qu'est-ce que tout
cela, sinon une peinture illustrée des expériences du
chrétien pendant son pèlerinage dans le désert;
et combien souvent les enfants de Dieu ne pèchent-ils pas de
la même manière en reculant devant les épreuves!
Le livre de JOSUÉ nous présente quelque chose de différent;
c'est encore l'expérience sans doute, mais ce n'est plus la
même. L'un de ces livres nous transporte dans le désert,
l'autre, celui de Josué, au-delà du Jourdain, dans le
pays de Canaan. Quelques-uns, je le crains, auront de la
difficulté à comprendre ce dernier, parce que, ce qu'il
représente, est une chose à eux inconnue. Josué
nous présente en type l'Église déjà avec
Christ dans les lieux célestes; mais il s'agit ici d'une
expérience que bien peu de saints ont faite, et bien peu
savent aussi ce que signifie la résurrection. Ainsi le livre
de Josué, envisagé typiquement, répond
exactement à l'épître aux Ephésiens. Dans
l'un et l'autre de ces livres, nous voyons les élus
établis dans le pays de la promesse, mais y rencontrant encore
des luttes et des combats. Comme Paul dit : « Il nous a
ressuscités et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux
célestes, dans le Christ » (Eph. II, 6); mais ce lieu
n'est pas encore celui du repos; car, comme l'apôtre le dit
ailleurs dans la même épître: « Notre lutte
n'est pas contre la chair et le sang, mais contre les
principautés et la puissance spirituelle qui est dans les
lieux célestes » (Eph. VI,
12, en tois epouraniois; le
même mot que dans II, 6).
Voilà précisément ce
qu'est le livre de Josué. Il nous décrit le passage
d'Israël à travers le Jourdain pour entrer dans le pays
de Canaan. Nous comprenons ce que signifient ces symboles; nous
savons tous que le Jourdain est le type de la mort, limite entre le
désert de ce monde et le pays de la promesse, qui est le ciel.
Israël passe à pied sec le Jourdain, et entre avec
Josué dans la terre promise. Quand il passe le Jourdain, tout
Israël passe avec lui. Il en est ainsi pour Christ. L'Eglise est
morte avec Lui, ensevelie avec Lui, ressuscitée avec Lui; mais
il y a encore des combats, car les Cananéens habitent encore
le pays. Et il en sera toujours ainsi, jusqu'à ce que vienne
le vrai Salomon. Oh! puisse-t-Il venir bientôt!
Prenons un ou deux exemples, pour illustrer le
sujet.
Dans le quatrième chapitre, nous voyons
Israël traversant le Jourdain à pied sec; dans le
cinquième, la cérémonie de la circoncision.
Aussitôt qu'ils ont passé le Jourdain, ils sont
appelés à se faire circoncire. Quoique semence
d'Abraham, Israël n'avait pas pratiqué la circoncision
dans le désert; mais aussitôt qu'ils sont dans le pays
de Canaan, elle doit être reprise. Voici ce que signifie cette
cérémonie, qui répond exactement au «
huitième jour », selon son institution primitive
(Gen. XVII, 12; Philip. III, 5). Pour ceux
qui sont bien familiarisés avec les types, je n'ai pas besoin
de dire que le huitième jour est toujours le type de la
résurrection. C'était le jour après le sabbat,
il répond au premier jour de la semaine, celui dans lequel
Christ est ressuscité. C'est bien d'ailleurs le premier
après une série des sept jours. Sept jours, c'est le
temps de la première création. Le huitième nous
transporte au-delà, au-delà des limites de la vieille
création, et nous introduit typiquement dans un nouvel ordre
de choses, dans d'autres temps; en un mot, dans une nouvelle
création, clans une création de résurrection.
Quant à la circoncision, Pierre nous enseigne qu'elle nous
représente le dépouillement « des souillures de la
chair» (1 Pierre III, 21).
C'était à cela que tendait toute la dispensation juive;
mais tout avait échoué, car Israël n'occupait pas
encore la position de ressuscité au-delà du Jourdain.
Mais, puisque Christ, le vrai Josué, a passé le
Jourdain, et puisque toute l'Eglise est en Lui et avec Lui - comme
formant son corps, - l'Eglise a passé avec Lui par la mort et
la résurrection; elle est donc appelée à passer
par la circoncision et à rejeter la souillure de la chair.
« Si vous êtes ressuscités avec Christ... renoncez
à la colère, à l'animosité, à la
malice, à toute parole déshonnête »
(Col. III, 1. 3. 5. 8). Nous n'arrivons à
la vraie circoncision du coeur que dans la mesure où nous
connaissons la puissance de la résurrection.
D'un bout à l'autre d'ailleurs, le livre
des Nombres et celui de Josué diffèrent quant au
caractère de l'expérience. Non pas que, dans le fait,
les deux livres puissent être séparés l'un de
l'autre, car en Christ l'Eglise est appelée à
réaliser toutes les bénédictions; mais c'est une
chose d'être saisi par Lui, et c'en est une autre de saisir ce
pourquoi Jésus-Christ nous a pris à Lui. (Phil. III, 12). Mais
voilà, nous ne réalisons qu'en partie. En
vérité, notre expérience n'est que la mesure
à laquelle nous sommes arrivés, elle montre
jusqu'à quel point nous avons saisi la vérité,
jusqu'à quel point est réalisé dans nos
âmes ce qu'Il est déjà virtuellement en nous par
Christ. L'oeuvre de Christ pour nous est la source de toutes les
bénédictions pour ses membres, et la foi s'en empare.
Mais nous ne jouissons de tout cela expérimentalement
qu'autant que le Saint-Esprit nous en rend capables.
Mais revenons à la différence
entre les Nombres et Josué. Il n'y avait point de
difficulté à entrer en possession du désert.
Mais, en Canaan, Israël dut combattre à chaque pas. Dans
le désert, ils avaient affaire aux convoitises de la chair. En
Canaan, et quand la vie de résurrection est connue, la
tentation a un caractère tout différent. Nous voyons
Israël se confier en ses forces, comme devant Aï
(ch. VII); se confier en sa
connaissance, comme dans l'affaire des Gabaonites; abusant de la
grâce, comme dans l'histoire d'Achan; comprenant qu'elle donne
la victoire, mais ne voyant pas quelles obligations elle constitue
pour nous. A mesure que les saints croissent dans la grâce et
dans la connaissance de leur position de ressuscités, un autre
ordre d'épreuves vient s'ajouter à celles du
désert. « La lutte, non avec la chair et le sang, mais
avec les principautés et les puissances dans les lieux
célestes »; c'est là ce que nous avons dans le
livre de Josué.
Voilà une courte et imparfaite esquisse
des différents caractères typiques que nous trouvons
dans l'Ecriture. Je sens d'ailleurs combien peu ce que j'ai dit
pourra révéler la profondeur et la richesse de ce sujet
à celui qui ne l'a pas étudié.
Quelqu'un dira peut-être qu'il s'agit
là non de vérités pratiques, mais de simples
spéculations qui ne sauraient avoir que peu de valeur.
J'accorde qu'il s'agit, en effet, de connaissance, mais n'est-ce pas
ainsi que nous croissons dans la grâce ? (2 Pierre I, 2). Et une des
causes de la faiblesse de l'Eglise, c'est justement le défaut
de connaissance sur ces points?
Je n'ai pas l'intention de montrer maintenant
l'usage que nous devons faire de cette connaissance. Qu'il me suffise
de dire que, si les types de la Genèse étaient mieux
compris, nous ne verrions pas tant de fâcheuses erreurs
provenant de ce que l'on confond les dispensations et que l'on
mêle les choses et les espérances d'une alliance avec
les choses et les espérances d'une autre. Et ainsi du reste.
Faites plus ample connaissance de l'Exode ou de la rédemption,
des Nombres ou des expériences du désert, de
Josué ou des expériences d'au-delà le Jourdain,
et vous verrez si vous ne pourrez pas servir plus utilement Celui
qui, dans son grand amour, nous a rachetés de la
perdition.
Qu'il en soit ainsi! Prions le Seigneur de nous
garder bien près de Lui, et dans une communion habituelle avec
Lui. Amen!
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