L'ENNEMI DE LA FAMILLE
VIII
L'ISLAMISME
Au reste, ne chantons pas trop victoire.
La famille chrétienne n'occupe aujourd'hui
qu'une très-petite place ici-bas : très-petite
parmi les chrétiens, infiniment chétive sur
notre globe terrestre.
Laissons les païens. Nous avons vu le paganisme,
à l'oeuvre dans l'antiquité.
Prenons les musulmans, prenons l'islamisme.
Dérivé jusqu'à un certain point de la
religion chrétienne, l'islamisme a été
sa grande hérésie, son grand ennemi, la grande
réaction contre la famille, son destructeur dans tout
l'Orient.
Cette polygamie qui disparaissait devant
l'Évangile, Mahomet l'a
ressaisie, le Koran l'a recueillie, l'Islam l'a
réinstallée triomphante partout où il a
triomphé.
En Asie, en Afrique, partout où les
convertisseurs du sabre ont pénétré,
vous trouvez ce prodigieux abaissement de la
pluralité des femmes, réduites à
n'être, plus qu'un troupeau de bétail. Si de
fréquentes relations avec l'Europe, si le voisinage
des civilisations chrétiennes modifient l'apparence,
s'ils soulèvent dans les coeurs féminins un
fiévreux besoin d'émancipation que
n'accompagne ni la connaissance éclairée du
devoir, ni le sentiment juste de la véritable
dignité; le fond, le fond ignoble et grossier reste
le même. Ce fond reparaît dans ses
brutalités, à mesure qu'enfoncée vers
l'extrême Orient, seule maîtresse parmi les
royaumes africains, débarrassée de toute
influence évangélique, la religion de Mahomet
se retrouve telle quelle, vis-à-vis
d'elle-même, exerçant sans contrôle son
pouvoir absolu. Alors vous avez les femmes à
l'engrais. Alors, sous de tels avilissements, vous
rencontreriez difficilement une âme. Cela mange, cela
boit, cela subit. Cela souffre-t-il? je n'en sais rien. Il y
a des emportements parce qu'il y a des haines; il n'y a ni
affections, ni raison, ni espoir; pas une lueur !
Plus rapproché de nos civilisations
européennes, moins sauvage ou plus contenu, l'Islam
n'en vaut guère mieux. Le harem, qu'il bâtisse
les murs de ses prisons avec du marbre ou avec de la boue,
renferme toujours les mêmes énormités.
L'épouse n'existe pas. La mère, à qui
l'on arrache son fils dès l'âge de sept ans,
follement passionnée, jalouse, éternel enfant
elle-même, s'en divertit comme elle fait de sa
perruche, ou bien ambitieuse, politique, reployée sur
ses plans qu'elle couve avec une sombre ardeur,
prépare à force de gâteries malsaines,
parfois d'asservissements abjects, un instrument dont elle
se servira plus tard pour saisir l'autorité. Quant
à la fille, fiancée au berceau, mariée
avant d'être jeune, ne la cherchez pas dans le
harem.
L'homme s'aplatit, s'épaissit, s'engourdit,
à l'engrais, lui aussi, sans qu'il s'en doute. Rien
de généreux ne fermente dans ces coeurs
d'où le véritable amour est banni; rien de
grand ne jaillit de ces sociétés où le
mariage n'existe plus. En revanche, vous avez le divorce,
inévitable corollaire de la polygamie : le divorce
chez le peuple, à l'usage de ceux qui, ne pouvant
entretenir dix femmes à la fois, prennent et
renvoient vingt femmes l'une après l'autre; le
divorce chez les grands, qui tantôt épousent et
tantôt répudient, pour varier leurs plaisirs.
Vous avez l'esclavage, absolument indispensable à la
polygamie; vous l'avez avec les monstruosités que la
polygamie en exige, que lui seul peut lui fournir sans
lesquelles la polygamie ne se maintiendrait pas.
Où parait l'Islam, ces trois faits,
également hideux, se produisent infailliblement
(1) : le harem, le
divorce, l'esclavage. Où parait l'Islam, la famille
disparaît.
Voulez-vous embrasser d'un regard les mornes
stérilités de ce désert? venez,
considérez le tableau qu'une de nos galeries de
peinture exposait naguère : la Mort dans le
harem!
Saïd Pachah expire, entouré de toutes les
pompes orientales, et seul. On lui tend son enfant - un
fils, bien entendu, - ses bras le cherchent, ses yeux ne le
voient plus; l'enfant reste inerte. Amassées dans un
coin, les femmes de Saïd essayent de pleurer;
quelques-unes essayent d'approcher ; un eunuque les repousse
brutalement.
Ne sentez-vous pas le frisson?
Et ce que Mahomet a ramené sur la terre: les,
souillures avec les désolations de la polygamie, il
l'a introduit dans les cieux; desséchant, rabattant,
salissant le coeur jusqu'au bout! Ce que Mahomet a
dérobé à notre pèlerinage : la
sainte union, les tendresses, l'idéal, il l'arrache
à l'éternité; de telle sorte,
qu'appauvris, que dépouillés partout, que
partout avilis et partout déshérités,
l'homme et la femme, étrangers l'un à l'autre,
passent de l'abjection d'en bas au matérialisme d'en
haut, des aridités d'une vie sans famille aux
aridités d'un ciel sans amour ! Mettez le Koran
vis-à-vis de l'Évangile Voyez ce qu'a fait
l'homme, voyez ce qu'à fait Dieu.
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