Appendice
Les septante
semaines du prophète Daniel
A l'époque de Darius,
Israël vivait des jours sombres. Babylone, qui
avait été l'instrument de la
captivité, était alors tombée
entre les mains des Perses. Dans ces temps
troublés, Daniel redouble de ferveur pour
lire et méditer les divins manuscrits, afin
d'y trouver force, lumière et
consolation.
Par la méditation du
prophète Jérémie il comprend
que la captivité sera limitée
à soixante-dix années (Dan. 9: 2), et que, de ce fait, elle arrive
à son terme. C'est alors qu'il adresse
à Dieu une fervente prière dans
laquelle il confesse le péché de son
peuple, auquel il s'identifie. Puis, dans le
débordement de son coeur, il continue sa
prière par une brûlante requête:
«Maintenant donc, ô notre Dieu,
écoute la prière et les supplications
de ton serviteur, et, pour l'amour du Seigneur,
fais briller ta face sur le sanctuaire
dévasté! Mon Dieu, prête
l'oreille et écoute! Ouvre les yeux et
regarde nos ruines!... (Dan. 9: 17-18). Je parlais encore dans ma
prière, quand l'homme, Gabriel, que j'avais
vu précédemment dans une vision,
s'approcha de moi d'un vol rapide, au moment de
l'offrande du soir. Il m'instruisit et s'entretint
avec moi. Il me dit: Daniel, je suis venu
maintenant pour ouvrir ton intelligence. Lorsque tu
as commencé à prier, la parole est
sortie, et je viens pour te l'annoncer; car tu es
un bien-aimé. Sois attentif à la
parole et comprends la vision! Soixante et dix
semaines ont été fixées sur
ton peuple et sur la ville sainte, pour faire
cesser les transgressions et mettre fin aux
péchés, pour expier l'iniquité
et amener la justice éternelle, pour sceller
la vision et le prophète, et pour oindre le
Saint des saints. Sache-le donc, et comprends!
Depuis la parole ordonnant de rétablir et de
rebâtir Jérusalem, jusqu'à
l'Oint, au conducteur, il y a sept semaines et
soixante-deux semaines: les places et les
fossés seront rétablis, mais en des
temps fâcheux. Après les soixante-deux
semaines, un Oint sera retranché, et il
n'aura pas de successeur. Le peuple d'un chef qui
viendra détruira la ville et le sanctuaire,
et sa fin arrivera comme par une inondation; il est
arrêté que les dévastations
dureront jusqu'au terme de la guerre. Il fera -une
solide alliance avec plusieurs pendant une semaine,
et durant la moitié de la semaine il fera
cesser le sacrifice et l'offrande; le
dévastateur commettra les choses les plus
abominables, jusqu'à ce que la ruine et ce
qui a été résolu fondent sur
le dévastateur» (Dan. 9: 21-27).
La réponse de l'homme,
Gabriel, est une révélation de la
plus haute valeur pour celui qui désire
connaître les plans futurs de Dieu au sujet
de son peuple Israël, car elle contient tout
le programme des événements futurs
depuis la captivité jusqu'à la fin du
temps des Gentils, lorsque le grand dictateur de
l'Empire romain réorganisé brisera
l'alliance qu'il aura faite trois ans et demi
auparavant, pour commettre les choses les plus
infâmes. Et enfin, la glorieuse et
éternelle délivrance de son
peuple.
En étudiant ce sujet
il ne faut jamais perdre de vue que cette
prophétie concerne exclusivement
Israël, et n'a, de ce fait, aucun rapport avec
les Gentils. Cette déclaration
prophétique de faire cesser les
transgressions, mettre fin au péché,
pour expier l'iniquité, s'adresse à
Israël comme nation. Il est évident que
ceci n'exclut pas le fait que le fondement de cette
oeuvre de grâce pour le peuple élu
repose uniquement sur la mort de
Jésus-Christ comme pour nous (Jean 11 : 50).
Cette transgression
d'Israël n'est pas encore arrivée
à son terme, et son péché
n'est pas expié; mais la mort de Christ a
rendu possible le salut de la nation. Avant que ce
salut soit une réalité nationale pour
Israël, ces soixante-dix semaines doivent
s'écouler. Ce n'est qu'après ce temps
fixé par Dieu que cessera la transgression
et que les bénédictions
annoncées se réaliseront. C'est en ce
temps-là qu'«Il. détournera de
Jacob les iniquités et qu'Il ôtera
leurs péchés» (Rom. 11 : 26-27). Alors commenceront les temps
bénis où «selon le bienveillant
dessein qu'il avait formé en Lui-même,
pour mettre à exécution lorsque les
temps seraient accomplis, de réunir toutes
choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et
celles qui sont sur la terre» (Eph. 1 : 10-11). En ces temps-là, la justice
sera établie sur la terre, et la ville
sainte sera appelée « la ville de la
justice » (Esaïe 1: 26 et Jér. 33: 14-16).
Mais pour bien comprendre
tout l'enseignement ,que renferme la réponse
de l'ange Gabriel, il faut être parfaitement
renseigne sur la signification exacte de ces 70
semaines mentionnées.
La traduction
littérale de ces «70 semaines» est
«70 fois sept». Ce mot «sept»,
traduit par «semaine», peut signifier
«sept jours» comme il peut signifier
«sept années», de sorte que la
traduction aurait pu être tout aussi bien
«sept fois sept jours» ou «70 fois
sept années» que «70
semaines». Ceci porte à penser que 70
fois sept, traduit par 70 semaines, peut indiquer
des semaines sabbatiques, de sept ans
,chacune.
La justesse de cette
interprétation est prouvée par les
différentes façons par lesquelles est
déclarée la durée de la Grande
Tribulation qui doit se manifester dans la
dernière moitié de la 70me semaine de
notre prophétie.
Au verset 27, nous
voyons qu'après la soixante-neuvième
semaine, une alliance est conclue pour -une
semaine, entre le grand dictateur et plusieurs
(parmi les Juifs). Dans le même verset nous
voyons cette alliance brisée au milieu de la
semaine, ce qui enfante la Grande Tribulation.
Ainsi cette demi-semaine doit être d'une
durée de trois ans et demi, si notre
interprétation est juste. Que dit
l'Apocalypse à ce sujet? Parlant du
dictateur, il est dit qu'«Il lui fût
donné le pouvoir d'agir pendant 42
mois» ( 13 : 5).
Au sujet des Gentils, il est dit qu'ils «
fouleront aux pieds la ville sainte pendant 42
mois» ( 11 : 2),
ce qui fait trois ans et demi, la moitié
dune semaine de sept ans. Concernant les deux
témoins, il est dit: «Je donnerai
à mes deux témoins le pouvoir de
prophétiser, revêtus de sacs pendant
1260 jours» (11:3), ce
qui fait encore 42 mois ou trois ans et demi. Au
verset 14, il est
parlé d'un temps, des temps et la
moitié d'un temps, ce qui fait toujours
trois ans et demi. En plus, la preuve nous est
fournie par le fait que ces 69 semaines, qui
maintenant ont passé dans l'histoire, se
sont accomplies littéralement et dans
l'espace de 483 ans.
Pour constater ce dernier
fait, il est absolument nécessaire
d'être au clair sur la date exacte du
commencement de ces 70 semaines. Certains font leur
calcul à partir du moment où Daniel
faisait monter à Dieu sa prière, ce
qui est inexact. Au verset 25, nous
voyons que ces semaines ne commencent que lorsque
l'ordre est donné de rebâtir la ville.
Et nous trouvons dans le chapitre deuxième
du prophète Néhémie la date
précise de ce commencement. C'est au mois
Nizan de la vingtième année du
règne d'Artaxerxès, soit en l'an 445
avant Jésus-Christ.
L'ange Gabriel
révèle au prophète que ces 70
semaines se divisent en trois groupes distincts
l'un de l'autre. Le premier est formé par
les sept premières semaines, le
deuxième par les soixante-deux suivantes, et
le dernier par la soixante-dixième semaine,
ce qui fait respectivement 49 ans, 434 ans, et 7
ans, au total 490 ans.
C'est durant les sept
premières semaines que les fossés et
les places ont été rebâtis en
des temps fâcheux. A la fin de la
soixante-neuvième semaine, 7 + 62 = 69 = 483
ans, un Oint est retranché (cet Oint
retranché est Jésus-Christ
crucifié).
Si du mois Nizan de l'an 445
avant J.-C. à la mort de Christ en l'an 32,
il existe bien 483 ans , nous aurons par ce fait
une nouvelle et irréfutable preuve que notre
interprétation est juste.
Voici ce que nous dit Sir
Robert Anderson, qui compte ces soixante-dix
semaines à partir du 14 mars de l'an 445
avant J.-C., ce qui correspond avec les
déclarations qui sont données dans le
livre de Néhémie. «La
crucifixion de notre Seigneur Jésus-Christ a
eu lieu à la quatrième Pâque de
son ministère. Selon la coutume juive, Il se
rendit à Jérusalem le huitième
jour du mois Nizan, qui tomba, cette
année-là, sur un vendredi. Ayant
passé le sabbat à Béthanie, Il
rentra le jour suivant dans la ville sainte, tel
qu'il est précisé dans les
évangiles. La date du calendrier Julien de
ce dixième jour du mois Nizan était
un dimanche. C'était le 6 avril de l'an 32,
jour de l'entrée triomphale de Jésus
à Jérusalem. Quelques jours plus
tard, Il était rejeté par son peuple,
et mourait sur la croix de Golgotha.
Nous voyons ainsi que
l'intervalle qui existe entre ces deux dates est
exactement, jour pour jour, 173880 jours, ou sept
fois soixante-neuf semaines prophétiques de
360 jours, ce qui fait 483 années.
A partir de l'an 445 av.
J.-C. jusqu'en l'an 32 ap. J.-C. il y a 476 ans,
soit 173 740 jours (476 x 365 + 116 jours pour les
années bissextiles).
Du 14 mars au 6 avril, 173
740 + 116 + 24 = 173 880 jours, ou 483 ans. 69 fois
sept x 360 = 173 880 jours, ou 483 ans.
Ceci doit suffire pour
démontrer le fait que ces 70 semaines sont
bien des semaines sabbatiques de sept ans
chacune.
Après le rejet du Roi,
nous avons la prophétie de la destruction de
la ville. «Le peuple d'un conducteur qui
viendra détruira la ville et le
sanctuaire.» En l'an 70, les Romains, sous
Titus Vespasien, firent passer cette
prophétie dans l'histoire. Mais cette
prophétie va plus loin. «La fin
arrivera comme par une inondation, il est
arrêté que les dévastations
dureront jusqu'au terme de la guerre.» Ces
paroles nous donnent l'histoire du peuple juif
jusqu'à nos jours. Ce sont les mêmes
paroles que prononça le Maître.
«Ils tomberont sous le tranchant de
l'épée, ils seront emmenés
captifs parmi les nations, jusqu'à ce que
les temps des nations soient accomplis»
(Luc 21 : 24).
Il nous reste à
considérer la 70me semaine, soit les
derniers sept ans qui doivent s'accomplir avant
qu'il y ait un terme à la dévastation
et à la guerre, et que
l'établissement du Règne de la
Justice soit sur la terre une
réalité.
Une question se pose à
nous. Nous avons suivi le cours de ces 69 semaines
prophétiques, nous avons remarqué que
la 69me s'est accomplie au rejet du Roi; mais voici
bientôt deux mille ans
d'écoulés, et nous n'avons encore
rien vu, ni entendu de la dernière
semaine.
Nous comprenons fort bien
l'étonnement que cause ce fait, toutefois le
problème qu'il soulève ne
présente aucune difficulté. Nous
avons vu qu'à la fin de la 69me semaine, le
peuple a délibérément
rejeté son Roi. Il n'a pas voulu qu'Il
règne sur lui. Il l'a crucifié. Par
cet acte, il a comme brisé le cours
prophétique établi par l'Eternel, il
a pour ainsi dire créé une
interruption dans le développement normal
des événements prophétiques
qui devaient s'accomplir en rapport avec les
promesses faites à Israël. Par suite de
cette rupture, il s'est établi entre la 69me
et la dernière semaine, une
parenthèse indéterminée en
durée, durant laquelle l'évangile de
la Grâce a été substitué
à l'évangile du Royaume par lequel le
Roi rejeté attire à Lui, du milieu
des Gentils, un peuple qui porte son nom, et qu'Il
appelle son Eglise. Lorsque la totalité de
ceux qui sont appelés à former ce
corps mystique aura répondu à l'appel
divin (Rom. 11 : 25), le Seigneur Lui-même viendra
sur les nuées pour prendre à Lui son
Eglise. Alors cette parenthèse de
Grâce se fermera. L'interruption du
développement normal des soixante-dix
semaines produit par le rejet du Roi, prendra fin,
et la dernière semaine s'accomplira, durant
laquelle l'évangile du Royaume sera à
nouveau prêché.
En abordant le verset
27, qui
traite cette dernière semaine, nous voyons
qu'une décision est prise par une
personnalité de tout premier ordre. «Il
fera une solide alliance avec plusieurs, pendant
une semaine.» Ce « Il» qui
personnifie-t-il? C'est le grand chef qui sort de
ce peuple qui a détruit le temple et la
ville de Jérusalem en l'an 70 de
l'ère chrétienne, sous l'empereur
Titus. C'est la petite corne de Daniel 7: 8, le grand dictateur qui sortira de
l'Empire romain lorsqu'il réapparaîtra
vers la fin de notre époque. C'est la
personnification de la bête qui sort de la
mer (Apoc. 13 : 1).
En ce temps-là, la
question juive sera particulièrement tendue.
Il y aura, ici et là, de fréquents et
abondants mouvements antisémites. Les Juifs
porteront leurs regards
désespérés vers ce surhomme.
Leur espoir sera de posséder la Palestine,
d'établir un état juif, et de
reconstruire le temple afin de rétablir les
cérémonies du culte lévitique.
Ce surhomme prendra en considération les
demandes et aspirations juives, mais dans l'esprit
qui animait l'empereur Constantin lorsqu'il
épousa la cause chrétienne. Il verra
par cette protection qu'il accorde aux Juifs un
moyen de consolider son pouvoir dès le
début de son règne. Il fera avec eux
une solide alliance qui leur accordera, selon toute
probabilité, ce qu'ils désirent.
Cette alliance sera limitée, dans le sens
qu'elle ne sera signée qu'avec
«plusieurs».
En effet, nous distinguons
tout à travers les Ecritures «un
résidu» Israélite,
c'est-à-dire des descendants d'Abraham qui
ont gardé et qui garderont toujours, envers
et contre tout, leur foi inébranlable dans
le Dieu de leurs pères. Dans ces
jours-là, ce résidu ne se laissera
pas séduire par les paroles enjôleuses
de ce monstre déguisé en ange de
lumière. Ils refuseront de prendre part
à cette alliance. N'est-ce pas de ce pacte
qu'Esaïe fait allusion lorsqu'il écrit:
«Nous avons fait une alliance avec la mort,
nous avons fait un pacte avec le séjour des
morts, quand le fléau débordé
passera, il ne nous atteindra pas, car nous avons
la fausseté pour refuge, et le mensonge pour
abri.» A quoi l'Eternel répond:
«Votre alliance avec la mort sera
détruite, votre pacte avec le séjour
des morts ne subsistera pas quand le fléau
débordé passera, vous serez par lui
foulés aux pieds» (Esaïe 28 : 15, 18).
En effet, nous voyons qu'au
milieu de la semaine, 3 ans et demi après
que le surhomme aura pris le pouvoir et
signé cette alliance, il la brisera, fera
cesser le sacrifice et l'offrande, et commettra les
choses les plus abominables, jusqu'à ce que
la ruine et ce qui a été
résolu fonde sur le dévastateur,
comme il est démontré dans le cours
de cette étude.
FIN.