CHAPITRE XXII.
«Et il me
montra un fleuve d'eau de la vie, limpide comme du
cristal, qui sortait du trône de Dieu et de
l'Agneau. Au milieu de la place de la ville et sur
les bords du fleuve, il y avait un arbre de vie
(c'est-à-dire beaucoup de spécimens
de cet arbre), produisant douze fois des fruits,
rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles
servaient à la guérison des
nations.»
La première partie de
ce dernier chapitre est la continuation de la
description de la nouvelle Jérusalem que
nous avons considérée au chapitre
précédent.
Ce que nous trouvons de
particulièrement remarquable vers la fin de
cette description, c'est le fait que
l'achèvement de l'oeuvre de la
rédemption place à nouveau l'homme au
pied du même tableau devant lequel l'histoire
humaine a commencé.
L'histoire humaine a
commencé dans le Paradis, situé dans
une plaisante et fertile vallée. Un fleuve,
source de vie et de prospérité, de
paix et de joie, sortait d'Eden pour arroser le
jardin, embellissant et enrichissant la
contrée. Il y avait dans ce paradis des
arbres de toutes espèces, dont deux d'entre
eux sont particulièrement mentionnés.
C'est l'arbre de la vie et l'arbre de la
connaissance du bien et du mal. Ces deux arbres ont
en eux-mêmes une signification symbolique. Le
premier préfigure Jésus-Christ, le
deuxième la responsabilité humaine.
Adam et Eve pouvaient se nourrir de tous les fruits
des arbres du jardin à l'exception de celui
de la responsabilité. Dieu désirait
être le seul Maître de sa
créature. Il voulait la garder sous son
entière dépendance, afin quelle soit
idéalement heureuse. Hélas, nous
connaissons la suite: la
désobéissance, l'insoumission, la
révolte et toutes ses conséquences
catastrophiques. Mais nous connaissons aussi
l'amour incomparable de Dieu et son infinie sagesse
qui a trouvé le moyen de ramener
l'humanité à son point de
départ, dans le paradis retrouvé; non
pour recommencer la ronde infernale, mais pour s'y
établir éternellement, ayant
profité des résultats bénis de
cette grande et tragique expérience.
Le premier paradis
était glorieux, le second le sera davantage
encore. Dans le premier, le péché a
pénétré; dans le paradis
retrouvé, il n'y aura plus une telle
possibilité, car il n'entrera dans la
nouvelle Jérusalem rien de souillé,
ni personne qui se livre à l'abomination et
au mensonge; il n'y entrera que ceux dont le nom
est écrit dans le livre de vie, de l'Agneau.
Il n'y aura plus d'anathème. Les
rachetés ,seront étroitement
liés avec le trône. Une grande et
glorieuse activité régnera partout.
Le jour sera éternel, il n'y aura plus de
nuit, plus d'ombre. La lumière resplendira
éternellement partout, sans une ombre de
variation.
.
8. Derniers messages et
exhortations.
Nous sommes arrivés au
terme de la parole prophétique. Il nous
reste encore à considérer quelques
exhortations et avertissements.
L'assurance, qui a
déjà été donnée
au cinquième verset du
précédent chapitre, concernant la
certitude de ces paroles prophétiques, est
à nouveau renouvelée. Elle fait
également penser aux autres paroles que nous
avons considérées au premier
chapitre, où il est dit: «Heureux celui
qui lit et ceux qui entendent les paroles de la
prophétie, et qui gardent les choses qui y
sont. «Le jour viendra où toutes ces
choses se réaliseront. Où l'on
entendra la voix de l'archange et le son de la
trompette de Dieu. Alors, en un clin d'oeil,
l'Eglise qui est présentement l'obstacle
à l'iniquité, sera transmuée
et enlevée à la rencontre du Seigneur
dans les airs. C'est alors que l'on entendra la
voix du Maître proclamer ces paroles: «
Voici, je viens bientôt».
Cette déclaration est
renouvelée trois fois dans ce dernier
chapitre, en rapport avec la marche du croyant.
Quelle autre vie serait notre vie chrétienne
si nous étions remplis par cette
espérance bénie de son prochain
retour; et pourtant, nous entendons des
chrétiens dénigrer cette doctrine,
prétendant qu'elle n'est pas d'un ordre
pratique. Quelle erreur! Y a-t-il une doctrine qui
soit plus pratique que celle-là? Par
exemple, quelle fiancée, qui serait dans
l'attente d'un moment à l'autre du retour de
son fiancé absent, se laisserait-elle aller
à négliger sa tenue? Ne voyons-nous
pas que cette attente est le plus grand des
stimulants pour une vie pure et sainte? Quelle vie
pieuse vivrait le peuple de Dieu ici-bas, s'il se
souvenait constamment du grand fait de son prochain
retour, trois fois mentionné dans ce dernier
livre de la Bible.
Tragique situation que celle
dans laquelle se trouve la chrétienté
pour avoir perdu de vue cette glorieuse
vérité! Hélas, la
chrétienté continue à rejeter
cette espérance bénie, et tout
logiquement, elle continue à marcher vers la
nuit et dans la nuit, sans Dieu et sans
espérance. «Mais heureux celui qui
garde les paroles de la prophétie de ce
livre!»
«C'est moi, Jean, qui ai
entendu et vu ces choses. Et quand j'eus entendu et
vu, je tombai aux pieds de l'ange qui me les
montrait, pour l'adorer. Mais il me dit: Garde-toi
de le faire! je suis ton compagnon de service, et
celui de tes frères les prophètes, et
de ceux qui gardent les paroles de ce livre. Adore
Dieu.»
Il n'y a chez l'ange aucun
orgueil, aucune vanité. Il est dans la
volonté de son Dieu. Quelle leçon
pour l'église catholique romaine qui ne
craint pas de s'agenouiller devant des images de
bois, de plâtre ou de pierre.
Jean reçoit l'ordre de
ne point sceller les paroles de la prophétie
de ce livre. Car le temps est proche. Si ces
paroles ne doivent pas être scellées,
elles doivent être enseignées et
proclamées. Alors, comment se fait-il qu'il
n'y en ait point eu qui aient été
plus négligées que
celles-là.
Il nous est ensuite
parlé des deux classes qui divisent notre
humanité. Le contraste qui existe entre
elles doit s'accentuer de plus en plus, jusqu'au
jour de la rétribution où il sera
donné à chacun selon son
oeuvre.
Le mal prend des proportions
insoupçonnées. Les hommes
méchants et imposteurs avancent toujours
plus dans le mal. Ils s'opposent à la
vérité, étant corrompus
d'entendement, réprouvés en ce qui
concerne la foi. La parole donnée perd sa
valeur, les moeurs perdent leur retenue, les
doubles vies se multiplient. Les besoins religieux
sont étouffés par le sport et le
plaisir.
D'un autre côté,
le bien fait aussi un pas en avant, un travail
s'accomplit au milieu du peuple de Dieu.
Le besoin d'un réveil
se fait sentir et se manifeste ici et là.
Nous constatons un retour à la parole
intégrale. L'attente de son retour fait un
réel progrès au milieu de l'Eglise,
et avec cette attente, un réveil de la
conscience se manifeste.
Pour la deuxième fois,
Il annonce sa venue; mais en cette occasion c'est
en rapport avec les récompenses qu'Il
donnera à chacun, selon son oeuvre. Quel
encouragement à son service, et quelle
grâce nous est faite de la part de Celui qui
est l'Alpha et l'Oméga, le premier et le
dernier, le commencement et la fin.
Les deux classes apparaissent
à nouveau. La première est
parfaitement heureuse, car elle a lavé ses
robes dans le sang de l'Agneau, ce qui lui
confère le droit d'entrer par les portes
dans la ville où elle trouve accès
à l'arbre de vie.
La deuxième est exclue
de ce bonheur par sa propre volonté, ayant
foulé aux pieds le Fils de Dieu, tenu pour
profane le sang de l'alliance, et outragé
l'Esprit de la Grâce (Hébr. 10: 29).
«Moi, Jésus, j'ai
envoyé mon ange pour vous attester ces
choses dans les Eglises» (v. 16).
«Moi,
Jésus», que c'est grand, que c'est beau
cette humilité et cette simplicité.
Lui, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs,
le Tout-Puissant, Créateur des mondes, se
désigner ainsi sous le nom de son
humiliation volontaire. «J'ai envoyé
mon ange pour vous attester ces choses dans les
Eglises.» Pourquoi le Seigneur Jésus
aurait-il envoyé son ange pour attester ces
choses, s'il n'y avait pas dans ces
révélations un enseignement
précieux pour les rachetés? Et comme
il existe un tel enseignement, pourquoi
continuerions-nous à vouloir
méconnaître cette glorieuse
vérité de son prochain retour
?
Que le Seigneur nous vienne
en aide et nous éclaire sur ce sujet trop
longtemps négligé. Et puissions-nous
dire, avec l'Esprit et l'Epouse tout
entière: Viens. Et que celui qui entend et
lit ces paroles dise: Viens. Et que celui qui a
soif vienne; que celui qui veut prenne de l'eau de
la vie, gratuitement.
.
9. Un dernier et solennel
avertissement.
«Je le déclare
à quiconque entend les paroles de la
prophétie de ce livre. Si quelqu'un y ajoute
quelque chose, Dieu le frappera des fléaux
décrits dans ce livre; et si quelqu'un
retranche quelque chose des paroles du livre de
cette prophétie, Dieu retranchera sa part de
l'arbre de la vie et de là ville sainte,
décrits dans ce livre.»
Les faux prophètes qui
croient pouvoir ajouter à la Parole de Dieu
le fruit de leur prétendue sagesse, ainsi
que la haute critique qui prend plaisir à
arracher aux Saintes Ecritures ce qu'elles ont de
plus vital, trouvent écrit dans ces versets
le jugement qui leur est réservé.
Celui qui atteste ces choses dit: Oui, je viens
bientôt. Et à cette déclaration
l'Eglise répond par un solennel: Amen!
Viens, Seigneur Jésus!
Cette réponse si
spontanée de l'épouse à la
déclaration du Maître nous fait penser
à cette autre réponse que fit Adam au
Seigneur, lorsqu'Il le cherchait dans le jardin
d'Eden: «J'ai entendu ta voix et j'ai eu
peur». Quel contraste avec ces
dernières paroles de la Bible qui annoncent
la venue du Seigneur, et auxquelles l'Eglise
répond avec force par un: «Amen, viens,
Seigneur Jésus». Ah! c'est que pour en
arriver à ce merveilleux contraste, il a
fallu l'accomplissement de toute l'oeuvre de la
rédemption.
Que le Seigneur nous aide
à saisir avec plus de clarté la
grâce infinie qui nous a été
faite en Jésus-Christ, et que nous puissions
avec l'Eglise entière adresser du fond de
nos coeurs cette prière trop longtemps
oubliée: 'Viens! Seigneur Jésus. Et
que la grâce du Seigneur soit avec nous
tous.
Nous plaçons cet
humble travail aux pieds du Maître, comptant
sur sa bénédiction pour que cet
ouvrage devienne entre ses bonnes mains une source
de bénédictions qui aide à
mieux comprendre ces glorieuses
vérités, et que par elles nous
comprenions à notre tour le besoin de
consacrer nos vies plus complètement
à son saint service, et qu'à Lui soit
toute la gloire.
En conclusion nous ne voyons
pas de passage mieux approprié que celui que
nous trouvons dans l'épître aux
Hébreux:
«Gardez-vous de refuser
d'entendre celui qui parle; car si ceux-là
n'ont pas échappé qui
refusèrent d'entendre celui qui publiait des
oracles sur la terre, combien moins
échapperons-nous si nous nous
détournons de celui qui parle du haut des
cieux, Lui dont la voix alors ébranlera la
terre, et qui maintenant a fait cette promesse: Une
fois encore j'ébranlerai non seulement la
terre, mais aussi le ciel. Ces mots: Une fois
encore, indiquent le changement des choses
ébranlées comme étant faites
pour un temps, afin que les choses
inébranlables subsistent. C'est pourquoi,
recevant un royaume inébranlable, montrons
notre reconnaissance en rendant à Dieu un
culte qui lui soit agréable, avec
piété et avec crainte, car notre Dieu
est aussi un feu dévorant»
(Hébr. 12: 25-29).