CHAPITRE XXI.
4. Les nouveaux cieux et la nouvelle
terre (v.
1).
«Puis je vis un nouveau
ciel et une nouvelle terre; car le premier ciel et
la première terre avaient disparu, et la mer
n'était plus» (v. 1).
Beaucoup se figurent
qu'après le jugement dernier, la terre et
les cieux qui l'entourent, se dissoudront pour ne
jamais être retrouvés. Cette
idée provient d'une fausse conception des
deux textes ci-dessous. «La terre et le ciel
s'enfuirent devant sa face, et il ne fut plus
trouvé de place pour eux» et «En
ce jour, les cieux passeront avec fracas, les
éléments embrasé& se
dissoudront, et la terre avec les oeuvres qu'elle
renferme, sera consumée» (Apoc. 22 : 1 et 2 Pierre 3: 10). Nous lisons cependant, dans ce
même chapitre de l'apôtre Pierre, ces
paroles :
«Maïs nous
attendons, selon Sa promesse, de nouveaux cieux et
une nouvelle terre, où la justice
habitera» (2 Pierre 3: 13).
Le millénium nous
apportera ces nouveaux cieux et cette nouvelle
terre; mais cet état de parfaite justice ne
s'établira sur la terre d'une manière
définitive, qu'après le jugement
dernier, car le grand embrasement de la terre que
signale l'apôtre Pierre, ne fait aucune
allusion à l'annihilation de ce monde. Dieu
n'annihile rien, et nous ne trouvons aucun passage,
dans les Ecritures, qui enseigne l'annihilation
d'une chose quelconque, et moins encore d'une
âme, comme certains voudraient le
prétendre.
Cette grande conflagration
parle d'une complète et entière
purification des cieux et de la terre. En ce
temps-là, Satan ne sera plus le prince de
l'air, ni de ce monde. Les cieux et la terre de
maintenant se seront retirés, ils ne seront
plus. C'est-à-dire dans la forme que nous
leur connaissons présentement, ou, pour
employer le langage de l'apôtre Paul, nous
dirions: la figure de ce monde a passé
(1 Cor. 7: 31). L'expression «une nouvelle
terre» ne veut pas dire
précisément une autre terre, pas plus
qu'un nouvel homme ne veut dire un autre homme.
Nous sommes de nouvelles créatures en
Christ, et cependant nous sommes identiquement les
mêmes personnes; ce qui a changé,
c'est l'esprit. Ainsi la signification de ce mot
«nouveau» veut dire: renouvelé,
transformé, changé tout en restant le
même. Il en est de même pour cette
expression «plus de mer». Cela
suggère un tout autre état d'esprit
de la société au milieu de laquelle
nous vivons. La mer est le symbole de
l'instabilité, de l'agitation des masses.
Esaïe compare le méchant à une
mer agitée (Esaïe 57: 20). Il n'y aura ainsi, sur cette
nouvelle terre, aucun mal, aucune agitation, ni
aucune instabilité.
Les cieux qui sont
mentionnés, ne sont pas tous les cieux, car
il y a un ciel qui ne sera touché ou
affecté en quoi que ce soit par ces
éléments embrasés. Les cieux
mentionnés dans l'épître de
Pierre, comme dans ce premier verset, sont les
différentes couches atmosphériques
qui entourent notre planète et avec
lesquelles nous avons à lutter.
D'après Esaïe 66: 22 et 65: 17, il
semblerait que les nouveaux cieux et la nouvelle
terre seraient la demeure éternelle des
élus.
.
5. Premier aperçu de la nouvelle
Jérusalem (v.
2).
Les premières lueurs
de la nouvelle Jérusalem se dessinent
à l'horizon. Durant le millénium,
Jérusalem était la capitale du monde.
Elle était enveloppée de gloire.
Esaïe 60: 11-22 a trouvé son parfait
accomplissement. Au chapitre 20:
9 de notre livre,
elle est appelée «la ville
bien-aimée». Mais il est parlé
d'une autre Jérusalem, que Jean vit
descendre du ciel. Cette autre Jérusalem ne
peut être que l'Eglise lorsqu'elle
apparaît dans toute sa gloire. Cette phrase:
« préparée comme une
épouse qui s'est parée pour son
époux» (v. 2)
confirme bien l'exactitude de cette
interprétation. Les noces de l'Agneau ont eu
lieu mille ans auparavant, puis l'Eglise a
régné avec Christ, son divin
époux, durant le millénium;
maintenant vient la fin, où l'Eglise
régnera pour toujours avec Christ, sur une
nouvelle terre et sous de nouveaux cieux, lorsque
Christ aura remis le Royaume à Celui qui est
Dieu et Père, afin que Dieu soit tout en
tous (1 Cor. 15: 24 et 28).
Oh! les richesses insondables
et éternelles de Celui « qui pour nous
s'est fait pauvre, de riche qu'Il était,
afin que par sa pauvreté nous fussions
enrichis» (2 Cor. 8: 9). Ces richesses commencent à
se manifester dans toute leur splendeur.
C'est alors que tous les
rachetés de tous les temps et de tous les
lieux, apprendront à connaître par ce
glorieux fait la pleine justification de ces
paroles: «Afin de montrer, dans les
siècles à venir, l'infinie richesse
de sa grâce par sa bonté envers nous
en, Jésus-Christ» (Eph. 2: 7).
.
6. Le tabernacle de Dieu avec les
hommes (v.
3-8).
«Et j'entendis du
trône une voix forte qui disait: Voici le
tabernacle avec les hommes ! Il habitera avec eux,
et ils seront son peuple, et Dieu lui-même
sera avec eux» (v. 3). C'est
là, la glorieuse consommation de l'oeuvre du
Dieu trois fois saint et plein d'amour.
Dans le jardin d'Eden, avant
la chute, Dieu prenait plaisir à marcher
avec l'homme et à converser avec lui dans
l'intimité; mais le jour où le
péché a été commis,
cette communion a été brisée.
Cependant, l'amour insondable de Dieu a
trouvé dans les profondeurs de sa sagesse,
sans violer les exigences de sa justice et de sa
sainteté, le moyen de renouer les relations
brisées et de demeurer à nouveau avec
l'homme, comme nous l'enseigne le lieu très
saint du tabernacle. Après la
désobéissance d'Israël et le
rejet du Messie promis, Dieu se forma un nouveau
peuple tiré du milieu des païens et
auquel Il s'est manifesté. Ce peuple est
devenu son tabernacle spirituel parmi les hommes,
c'est-à-dire l'Eglise, le corps mystique de
son bien-aimé, au milieu duquel Il vit en
esprit et en vérité. Mais dans
l'économie éternelle, Dieu demeurera
lui-même au milieu de ses
rachetés.
Quelle éternité
glorieuse! Dieu au milieu des siens, vivant
ensemble dans une perpétuelle
intimité. Nous pouvons alors comprendre ces
paroles: «Il essuiera toute larme de leurs
yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus
ni deuil, ni cri, ni douleur, car les
premières choses ont disparu» (v.
4). Quelle
délivrance et quelle joie! Quel contraste
avec l'heure présente, où il n'y a
que pleurs, deuils, tristesses, cris,
misères, angoisses et souffrances. Crainte
au dedans et crainte au dehors. Toutes ces choses,
fruits directs ou indirects du péché,
appartiendront au passé. A l'inauguration de
ce glorieux jour, les rayons du Soleil de justice
feront disparaître à tout jamais,
toutes les ombres de la nuit du péché
au milieu de laquelle nous vivons.
Puissions-nous, par la
grâce de Dieu, apprendre, .à travers
nos larmes, nos chagrins, nos tristesses, nos
peines et nos misères, à regarder en
avant, dans une sainte anticipation, le jour
glorieux où Dieu «essuiera toute larme
de nos yeux».
Enfin! nous entendons la voix
de Celui qui est assis sur le trône dire:
«Voici, je fais toutes choses nouvelles.»
«Et Il me dit: C'est fait! Je suis l'Alpha et
l'Oméga, le commencement et la fin. A celui
qui a soif je donnerai de la source de l'eau de la
vie gratuitement. Celui qui vaincra héritera
ces choses; je serai son Dieu, et il sera mon
fils.»
«C'est fait», tout
est accompli, rien n'a été
négligé. L'oeuvre de la
rédemption est entièrement
achevée.
A la croix, Christ a pu
prononcer ces paroles « Tout est
accompli», car la coupe de malédiction
qui nous était réservée, Il
l'a bue à notre place, jusqu'à la
lie. La question du péché
était à tout jamais
réglée. Au chapitre 16: 17
nous entendons sortir du temple une voix forte qui
provenait du trône et disait: « C'en est
fait! » Les sept sceaux du livre de la
rédemption étaient brisés, la
septième trompette avait retenti. Le jour de
l'homme était à son terme. Le
millénium était à la porte
avec toutes ses promesses et sa gloire. Dans ce
21me chapitre nous entendons pour la
dernière fois cette déclaration
«C'en est fait», tout est achevé,
rien ne reste en suspens. Le péché a
été expié, la terre a
passé par le feu. Le jugement dernier a eu
lieu. Les élus de toutes les dispensations
sont introduits dans l'Etat éternel de
gloire.
Cher lecteur, es-tu du nombre
de ces élus? Si par malheur ce
n'était pas le cas, oh! sache que Dieu te
veut dans ce lieu de félicité
éternelle. Ecoute sa Parole: «A celui
qui a soif je donnerai de la source de l'eau de la
vie gratuitement. Celui qui vaincra héritera
ces choses; je serai son Dieu, et il sera mon fils.
Mais pour les lâches, les incrédules,
les abominables, les meurtriers, les impudiques,
les enchanteurs, les idolâtres et tous les
menteurs, leur part sera dans l'étang ardent
de feu et de soufre, ce qui est la seconde
mort» c'est-à-dire la mort spirituelle,
en d'autres termes, la séparation
éternelle d'avec Dieu.
.
7. La nouvelle
Jérusalem.
A partir du 19me chapitre
jusqu'à la fin du chapitre 20me, les
événements qui doivent se
dérouler sont indiqués dans leur
ordre chronologique. Premièrement, c'est le
grand choeur des alléluias qui se fait
,entendre du ciel, célébrant la chute
de Babylone (19: 1-5),
puis la célébration des noces de
l'Agneau (19: 6-10),
suivie du retour du Roi rejeté, qui revient
avec l'Epouse qu'Il s'est acquise au prix de son
sang (19: 20-21). Ensuite nous avons le grand
rassemblement des armées pour la bataille
d'Harmaguédon (19: 17-19), suivi du jugement de la bête
et du faux prophète et de leurs
armées (19: 20-21). Enfin, Satan est lié pour
mille ans (20: 1-3).
Le règne de Christ est établi
(20: 4-6),
Satan est délié pour un temps
relativement court (20: 7-8).
La dernière et grande révolte
éclate à l'instigation de Satan
(20: 8-9),
et le feu du ciel y met une fin rapide
(20 : 9-10). Satan est jeté où
sont la bête et le faux prophète
(20: 10).
La deuxième résurrection a lieu,
suivie du jugement dernier (20: 11-15).
« Après le
jugement dernier, un des sept anges qui tenaient
les sept coupes remplies des sept derniers
fléaux vint, et il m'adressa la parole en
disant : Viens, je te montrerai l'Epouse, la femme
de l'Agneau. Et il me transporta en esprit sur une
haute montagne. Et il me montra la ville sainte,
Jérusalem, qui descendait du ciel,
d'auprès de Dieu, ayant la gloire de
Dieu» (21 : 9-10).
Jean voit cette cité
céleste où habitent tous les
rachetés et au milieu de laquelle Dieu
lui-même demeure.
«Son éclat est
semblable à celui d'une pierre très
précieuse, d'une pierre de jaspe
transparente comme du cristal.» La pierre de
jaspe que nous connaissons est opaque et non
transparente, de sorte que la splendeur de la
nouvelle Jérusalem dépasse tout ce
que l'on peut imaginer ici-bas. C'est une splendeur
céleste. C'est la pierre vivante... choisie
et précieuse devant Dieu. C'est l'Eglise
tout entière avec les rachetés de
l'ancienne alliance et de la Grande Tribulation qui
ont été, par le fait de sa
grâce, rendus semblables à Lui, qui
est le Soleil de justice.
Cette ville est
entourée d'une grande et haute muraille.
Cette muraille nous fait penser au fin lin retors,
brillant et pur, qui entourait le parvis du
tabernacle. Le fin lin symbolise la justice et la
sainteté de Dieu. Ces tentures
placées autour du tabernacle servaient de
séparation pour exclure les profanes et
protéger les adorateurs. Nous avons dans
cette muraille la même signification.
«Elle avait douze
portes. Ces portes étaient en perles, chaque
porte était d'une seule perle.» La
perle représente l'Eglise. En effet,
l'Eglise est bien la perle de grand prix pour
laquelle le Seigneur a donné tout ce qu'il
avait pour se la procurer (Matth. 13: 45-46) . Ainsi, ces portes faites d'une
seule perle chacune, sont -une image
merveilleusement bien appropriée pour
indiquer l'entrée et la sortie de la
nouvelle Jérusalem. Il y a entrée et
sortie, ce qui suggère une activité
de la part des saints. Sur chaque porte il y avait
un ange, chaque ange portait un des noms des douze
tribus d'Israël. Ces anges sont des messagers
qui sont à la disposition des
rachetés, qui sont appelés
eux-mêmes à juger le monde et les
anges (1 Cor. 6: 2-3).
«La muraille de la ville
avait douze fondements, et sur eux, les douze noms
des douze apôtres de l'Agneau.» Ces
fondements ou bases de la muraille nous font encore
penser aux bases d'argent du parvis du tabernacle,
sur lesquelles reposaient les pieux d'airain
où étaient suspendues les tentures de
fin lin. Ses bases d'argent représentaient
l'oeuvre de la rédemption, et c'est bien de
la rédemption que parlent ces douze
apôtres de l'Agneau.
Le mesurage de la ville. Il
n'y a rien dans l'oeuvre de Dieu qui ne soit
préalablement pensé, mesuré et
pesé. Dieu a donné à
Moïse les indications précises pour la
construction du tabernacle (Exode 25: 9). Les ouvriers ont
exécuté strictement les ordres qui
leur ont été donnés
(Exode 39: 43). Il en a été de
même pour le temple de Jérusalem, de
même pour l'Eglise qui est l'anti-type du
tabernacle (Exode 25: 8; Ephés. 2: 19-22) et ce n'est pas le fruit du hasard
de voir identiquement les mêmes proportions
cubiques entre le lieu très saint et la
nouvelle Jérusalem.
Quant à la
signification des pierres précieuses qui
forment les fondements de la muraille, nous nous
voyons dans l'obligation de garder le silence en
attendant les lumières qui nous
échappent encore. Il suffit pour le moment
de savoir que tout est «édifié
sur le fondement des apôtres et des
prophètes, Jésus-Christ
lui-même étant la pierre
angulaire» (Eph. 2 : 20).
«Je ne vis point de
temple dans la ville; car le Seigneur Dieu tout
puissant est son temple, ainsi que l'Agneau»
(21 : 22).
Nos temples sont des moyens de grâce que Dieu
met à notre disposition pendant que nous
sommes sur cette terre de péché. Dans
la nouvelle Jérusalem, ces moyens de
grâce n'auront plus leur raison d'être,
car tous ses citoyens seront des rachetés
qui auront été glorifiés, et
qui, par le fait, auront reçu à
nouveau tout ce qui a été perdu par
la chute, de sorte qu'ils pourront tous jouir d'un
libre accès auprès de Dieu et de
l'Agneau. Ainsi, l'absence d'un temple, dans cette
nouvelle Jérusalem, ne peut être
considérée comme une lacune, bien au
contraire, cela nous donne la preuve d'une
communion plus immédiate et plus intense
avec Dieu. La présence d'un temple donnerait
l'idée d'un intermédiaire entre Dieu
et ses rachetés; ainsi son absence doit
être considérée comme un
progrès plutôt qu'une perte.
« La ville n'a besoin ni
du soleil, ni de la lune pour l'éclairer;
car la gloire de Dieu l'éclaire, et l'Agneau
est son flambeau» Il n'y aura ainsi plus de
nuit, plus de ténèbres, plus
d'ombres, plus de sombres vallées à
parcourir. Tout sera resplendissant de
lumière sans la moindre variation.