CHAPITRE XIII.
2) Résurrection de
l'Empire romain.
.
a) La bête qui sort de
la mer (v. 1-10).
«Puis je vis monter de
la mer une bête qui avait dix cornes et sept
têtes, et sur ces cornes dix diadèmes,
et sur ces têtes des noms de
blasphème.»
Nous trouvons, dans le
deuxième chapitre du livre de Daniel, la
description de la statue que vit
Nébucadnetsar dans un de ses songes, et son
interprétation. Dieu révéla au
roi, par son serviteur, que les quatre parties
principales qui composent la statue qu'il vit dans
son songe, préfigurent quatre grands empires
mondiaux, qui doivent successivement
posséder la terre jusqu'à la fin du
«temps des Gentils».
Nous n'éprouvons
aucune difficulté à identifier ces
empires. Ce sont indiscutablement, d'après
l'ordre de leur apparition: l'Empire babylonien de
Nébucadnetsar, l'Empire médo-perse,
l'Empire grec d'Alexandre le Grand, et, enfin,
l'Empire romain qui, comme les autres, n'est plus,
mais qui doit reparaître, selon la parole
prophétique. D'après cette parole, ce
quatrième empire devait passer par quatre
phases distinctes l'une de l'autre.
La première est celle
que nous pouvons appeler la période de
«fer» (Dan. 2: 40), et qui a trouvé son
accomplissement à travers les siècles
de son développement et de ses
conquêtes.
La deuxième est celle
de sa division en deux parties, symbolisées
par les deux jambes de la statue, et qui s'est
accomplie dans la division de l'empire en deux
Etats, celui de l'orient et celui de l'occident,
avec Constantinople et Rome comme capitales
respectives.
La troisième est celle
qui a été
révélée à
l'apôtre Jean dans l'île de Patmos,
où il vit la bête comme n'existant
plus (Apoc. 17: 8), une de ses têtes, ou forme de
gouvernement, étant blessée à
mort (13: 3).
Cette blessure a trouvé son accomplissement
dans la décadence de l'empire, qui ouvrit
les portes aux Barbares, lesquels firent de
l'empire ce qu'est l'Europe actuelle.
Enfin, la quatrième et
dernière phase de l'empire, est celle de sa
réapparition, tel qu'il a été
révélé à l'apôtre
Jean (Apoc. 13 : 3 et 17: 8), et
où nous le voyons divisé en dix
royaumes, symbolisés par les dix doigts de
pieds de la statue, et qui trouvera son
accomplissement dès l'enlèvement de
l'Eglise. C'est à la fin de cette
quatrième phase, qui ne durera que sept ans,
que le phénomène surnaturel et
catastrophique de la petite pierre
(Jésus-Christ), qui se détachera de
la montagne (gouvernement de Dieu) sans le secours
d'une main, pulvérisera ces gouvernements
humains, représentés par la statue,
et les rendra semblables à la balle qui
s'échappe de l'aire en été, et
qui est emportée par le vent, sans laisser
de trace derrière elle. Ils seront
remplacés par la pierre qui les aura
frappés et qui deviendra le gouvernement de
la promesse qui remplira toute la terre.
Cette vision de
Nébucadnetsar, et son interprétation,
produisirent chez le prophète une profonde
impression, qui l'incita à crier à
Dieu avec ferveur, pour le supplier de lui faire
connaître les temps et les circonstances dans
lesquels la promesse faite à Israël,
concernant sa gloire future, se
réaliserait.
Dieu répond au
désir du prophète en lui montrant,
sous une autre forme, les mêmes choses qu'Il
révéla au roi. Il lui fait voir, dans
des visions, trois grandes bêtes, puis une
quatrième qui était différente
de toutes les autres, tout en possédant les
traits caractéristiques des trois
précédentes. Cette quatrième
bête était extrêmement terrible,
avec des dents de fer et des ongles d'airain, qui
mangeait, brisait et foulait aux pieds tout ce qui
était sur son chemin. Ainsi ces quatre
bêtes, comme les quatre parties de la statue,
représentent les quatre empires mondiaux qui
doivent exister sur la terre, et se succéder
l'un à l'autre, avant l'établissement
d'un cinquième empire, qui sera
lui-même l'accomplissement de la promesse,
soit le Royaume de Dieu sur la terre, la
réalisation de la requête de l'oraison
dominicale: «Que ton règne
vienne».
Il existe ainsi une parfaite
similitude entre le symbolisme de la statue et
celui des quatre bêtes, avec cette
différence que la statue présente le
côté physique et matériel de
ces empires, alors que les quatre bêtes en
offrent le côté moral et
spirituel.
Le premier de ces empires a
été présenté au
prophète sous la forme d'un lion, le
deuxième sous celle d'un ours, et le
troisième sous celle d'un léopard.
Quant au quatrième, il a été
présenté sous la forme d'une
bête sans nom, comme s'il n'y avait aucune
bête, sur la terre, qui puisse être
trouvée pour dépeindre son
véritable caractère. Elle
possède en elle même tous les traits
caractéristiques des trois
précédentes, et elle est
mentionnée comme étant terrible,
épouvantable et extraordinairement
forte
Nous ne voulons pas nous
arrêter sur les trois premières qui
parlent de souvenirs historiques qui appartiennent
au passé et qui n'ont aucun rapport
particulier avec notre étude. La
quatrième seule nous
intéresse.
Cette bête nous est
présentée comme ayant dix cornes,
préfigurant dix rois (Apoc. 17 : 12). L'Empire romain n'a encore jamais
existé sous cette forme-là; ces dix
royaumes apparaîtront vers la fin du temps
des Gentils, ce qui correspond parfaitement aux dix
doigts de pieds de la statue de
Nébucadnetsar (Dan. 2).
Nous avons ainsi une image de la formation finale
de cet Empire romain, genre de
Confédération, ou d'Etats-Unis
d'Europe, agglomérant dix royaumes, qui
couvriront l'espace qu'occupait cet empire avant sa
dislocation. Cette quatrième bête
avait sept têtes, ou formes de gouvernement.
Une de ses têtes fut blessée
mortellement, mais sa blessure mortelle fut
guérie. Les fragments de l'Empire romain
n'ont jamais cessé d'exister en tant que
royaumes séparés. L'Europe actuelle
est formée précisément de ces
fragments. La tête qui a été
blessée mortellement, c'est son gouvernement
impérial, et nous avons, dans le
troisième verset de ce chapitre, une
prophétie de la restauration de cette forme
impériale, de cet empire composé de
dix royaumes fédérés. Sur cet
empire réorganisé, il y a un
empereur, car il n'y a pas d'empire sans empereur,
comme il n'y a pas de royaume sans roi. C'est
pourquoi cette bête, tout en étant le
symbole de l'empire, est aussi celui de son
empereur, la personnification de l'empire.
Napoléon disait: «Je suis la France, la
France c'est moi». Cette bête est ainsi
la figure de la «petite corne» de
Daniel 7 : 8, le dévastateur de Daniel
9: 27, le
grand dictateur de la fin, la tête politique
de l'empire.
Nous la voyons sortir de la
mer. Au premier verset du sixième chapitre,
elle apparaît sous la forme d'un cavalier
assis sur un cheval blanc, ayant dans sa main un
arc, mais pas de flèches. Aucune mention de
sang versé n'est faite. Il part en vainqueur
et pour vaincre. Dans le huitième verset du
septième chapitre de Daniel, nous apprenons
qu'il fait disparaître, sans laisser de
trace, trois des dix royaumes de l'empire.
Que peut représenter
la mer d'où sort cette bête,
chef-d'oeuvre de Satan?
La mer est une masse d'eau
d'une puissance irrésistible, mais sans base
solide, facilement soulevée et
menaçante, s'agitant d'un côté
et d'un autre sous la simple influence du courant
qui la frappe, et qui la qualifie merveilleusement
pour symboliser les peuples en révolte. Une
montagne est par contre son antipode. C'est une
masse solide, compacte, formée de roche et
de terre, qui repose sur une base
inébranlable, qu'aucune force
extérieure ne peut agiter, et devient, par
ce fait, le symbole des gouvernements bien
constitués.
Dans le Psaume
quarante-sixième nous avons la vision d'une
révolution mondiale, dans laquelle on voit
«les montagnes chanceler au coeur des
mers». Cette révolution ne serait-elle
pas provoquée par des circonstances encore
imprévues de cette présente guerre?
Un fait est certain. Si, dans le présent
conflit, une des parties engagées rêve
de conquérir le monde, elle peut être
assurée de ne jamais atteindre son but. Car
Dieu a déclaré dans sa Parole, avec
une précision qui ne laisse aucun doute,
qu'il n'y aura pas d'autres empires mondiaux, avant
l'établissement de son Royaume sur la terre,
que les quatre précités au cours de
notre étude. C'est pourquoi nous pouvons
affirmer la défaite finale de la nation qui
aurait de telles ambitions, quelle qu'elle soit.
Elle peut briser les frontières, franchir
les espaces, toucher du doigt le but qu'elle se
propose, mais ne l'atteindra jamais.
Cette guerre peut durer
encore longtemps, jetant partout sa moisson de
mort, de souffrances et de misères, laissant
derrière elle son habituel cortège
d'estropiés, d'esclaves et de
révoltés, qui devront vivre dans la
privation des choses essentielles de la vie, au
milieu des soupirs et des larmes, fournissant ainsi
un aliment par excellence pour allumer la
révolution mondiale. N'oublions pas que tous
les pays sont actuellement contaminés par
des cellules révolutionnaires, prêtes
à allumer le brasier. De l'extrême
septentrion, où règne une paix
très relative, mais où existe un
intérêt croissant pour la marche des
événements, sortira, en ce
temps-là, la patte de l'ours qui se posera
sans miséricorde sur sa voisine
épuisée par des années de
guerre ruineuse, en hommes et en matériel,
accomplissant ainsi la prophétie
d'Ezéchiel. Alors, devant cette lourde
menace du septentrion, on verra se grouper les
nations en une confédération, hors de
laquelle sortira «la bête».
«La bête que je
vis était semblable à un
léopard. Ses pieds étaient comme ceux
d'un ours, et sa gueule comme celle d'un lion»
(v. 2). Cette
quatrième bête est un amalgame des
trois précédentes. Elle
possède en elle-même tous les
éléments caractéristiques des
autres. En plus, elle était dotée,
par le dragon, d'une puissance infernale et
diabolique (v. 2), qui
avait été offerte à
Jésus-Christ, et qu'Il a rejetée
(Matth. 4: 8-9). Avant l'apparition de cette
monstrueuse bête, l'Eglise, qui était
un obstacle à son apparition (2 Thess. 2: 7), a été
transmuée, laissant derrière elle,
sur cette terre ensanglantée, cette
humanité en révolte contre l'ordre
divin, vivant sans Dieu et sans espérance,
livrée à elle-même par sa
propre volonté, au sein de ce cataclysme
social où se débattent toutes les
couches de la société. Il n'est pas
étonnant de voir, à l'apparition de
la bête qui sort de cette convulsion des
peuples, cette humanité
épuisée, saisie d'angoisse et
d'épouvante, et respirant la haine et la
révolte, se livrer sans réserve
à un délire de joie diabolique,
allant jusqu'à l'adoration du dragon et de
la bête qu'il a suscitée, et criant
à l'unisson: «Qui est semblable
à la bête et qui peut combattre contre
elle?» (v. 4). Devant
son incomparable personnalité, pleine
d'arrogance et de mépris, tous ceux dont les
noms n'ont pas été écrits,
dès la fondation du monde, dans le livre de
vie de l'Agneau qui a été
immolé, se tiendront derrière la
bête, dans l'admiration (v. 3). Les
quarante-deux mois mentionnés au verset
cinquième correspondent toujours aux
derniers trois ans et demi de la 70me semaine de
Daniel.
.
b) La bête qui sort de
la terre (v. 11-18).
Cette deuxième
bête ne représente pas, comme la
première, un empire et son chef, mais une
grande personnalité. Quoique
possédant toutes les deux une grande
puissance, provenant de même source et ayant
un même esprit, elles sont néanmoins
absolument distinctes l'une de l'autre. La
première sort de la mer, symbole des peuples
secoués par la révolution. La
deuxième sort de la terre, la Terre Sainte,
la Palestine. La première est issue des
païens, la deuxième d'Israël,
probablement de la tribu de Juda. La
première a dix cornes, qui sont les dix rois
ou royaumes de l'empire qu'elle personnifie. La
deuxième en a deux, qui symbolisent, par
tricherie, le pouvoir du Grand Prêtre et du
Roi des rois. La bête qui sort de la mer
apparaît la première, au commencement
de la 70me semaine, alors que la deuxième
fait son apparition trois ans et demi plus tard. La
première est la tête politique de
l'empire qu'elle dirige, la deuxième est la
tête religieuse du même empire qu'elle
inspire. La première est le dernier et
puissant dictateur des Gentils, c'est l'instrument
fidèle de la bête qui sort de la
terre. La deuxième est le faux
prophète, l'Antéchrist proprement
dit, qui donne son pouvoir à la
première bête. La première
bête fait une alliance avec les Juifs au,
commencement de la dernière semaine
(Dan. 9: 27), par laquelle les Juifs recevront
probablement l'autorisation de reconstruire le
temple, et de rétablir leurs sacrifices;
mais au milieu de la semaine (Dan. 9: 27), lorsque Satan l'investit de sa
puissance, il brise son alliance, et la seconde
bête s'installe dans le temple, fait que la
première bête soit adorée (v.
12) et se
proclame lui-même Dieu (2 Thess. 2: 4). Satan transmet ses ordres à
la deuxième bête, qui est
l'Antéchrist, qui, à son tour, les
fait exécuter par la première
bête qui sort de la mer.
Une question se pose à
notre esprit: Qui est l'Antéchrist?
L'Antéchrist, l'homme du
péché, le fils de la perdition,
l'adversaire qui s'élève au-dessus de
tout ce que l'on appelle Dieu, ou de ce qu'on
adore, n'est pas un athée. C'est un
être fort religieux, qui répond
parfaitement au besoin de sa race. Quelqu'un a dit:
L'homme est un animal religieux, et c'est
exactement cela. Ainsi nous devons voir en lui
l'homme qui a toutes les apparences de la
piété. C'est la raison pour laquelle
beaucoup pensent voir, dans la papauté, la
personnification de l'Antéchrist. Il est
vrai que la papauté nous a fourni, à
travers l'histoire, toute une série
d'antéchrists. Il suffit de citer
quelques-uns des plus récents pour s'en
rendre compte.
Pie IX
disait de lui-même: «Je suis le chemin,
la vérité et la vie».
Léon XIII, successeur
de Pie IX, disait en 1894: «Nous occupons la
place du Dieu tout puissant sur la terre»,
ainsi que: «Ce que Jésus-Christ a dit
de lui-même, peut être dit de
nous-mêmes». Pie X disait en 1912:
«Le pape est... Jésus-Christ
caché sous le voile de la chair». Et
enfin Pie XI disait dans un message adressé
au Vatican en 1922: « Vous savez que je suis
le Saint Père, le représentant de
Dieu sur la terre, le Vicaire de
Jésus-Christ, ce qui veut dire que je suis
Dieu sur la terre». Tout ceci, évidemment,
correspond remarquablement bien avec ce qui est dit
de l'Antéchrist dans la deuxième
épître de l'apôtre Paul aux
Thessaloniciens (2 : 4).
Toutefois il est parfaitement clair que si les
papes peuvent être des antéchrists,
aucun d'entre eux n'a été et ne sera
jamais l'Antéchrist dépeint par la
seconde bête de ce treizième chapitre
de l'Apocalypse, pour deux raisons
déjà mentionnées.
L'Antéchrist proprement dit ne peut faire
son apparition qu'après l'enlèvement
de l'Eglise, puis il ne peut venir du milieu des
Gentils. Il est le faux prophète et doit
être, par le fait, un Juif apostasié.
Quelles que fussent les
qualités d'un Gentil, il ne serait jamais
acclamé par les Juifs comme leur Messie.
Cependant, l'interprétation qui
prétend que l'Antéchrist est une
réincarnation de Judas Iscariote, doit
être considérée comme une
fantaisie et une pure spéculation. Il
règne à Jérusalem comme faux
roi, et prend dans le temple la place de Dieu. Son
arrogance dépasse tout ce que l'on peut
imaginer. Il se pose comme le conducteur spirituel
du christianisme et du judaïsme
apostasiés. Il est la grande illusion de la
deuxième épître aux
Thessaloniciens, chapitre deux. Un de ses exploits
est l'érection d'une colossale statue, du
modèle de celle de Nébucadnetsar, et
qu'il dédie à la première
bête. Il anime la statue afin qu'elle parle.
Nous savons qu'il lui est donné de faire de
grands prodiges, même jusqu'à faire
descendre le feu du ciel sur la terre, à la
vue des hommes.
N'oublions pas que tout ce
qui nous est dit dans ce treizième chapitre
de l'Apocalypse s'accomplira dans des circonstances
exceptionnelles. L'Eglise ne sera plus sur la
terre. L'Esprit de Dieu sera retiré
d'ici-bas. Satan aura été
précipité sur la terre, et il saura
que son temps est limité (chap. 12: 12).
C'est pourquoi il ne négligera rien pour
séduire même les élus, s'il
était possible. L'animation de la statue est
un de ses chefs-d'oeuvre, comme d'ailleurs
l'idée d'imposer à toute
créature de porter, sur la main droite ou
sur le front, la marque de la bête ou le
nombre de son nom. La condition
générale de la société
sera si infernale qu'il devra prendre des mesures
draconiennes et, en même temps, garder en
éveil les instincts religieux de la
bête humaine. C'est pourquoi il anime la
statue afin qu'elle transmette elle-même les
ordres du dragon que la foule adore.
Ce phénomène,
si étrange qu'il paraisse au premier abord,
n'est en dernière analyse pas si
extraordinaire depuis les découvertes
scientifiques de ce dernier demi-siècle. Il
y a environ vingt-cinq ans, nous lisions dans nos
journaux que Marconi avait reçu un message
qu'il ne put jamais déchiffrer et qui devait
provenir, selon l'article paru, de la
planète Mars. En supposant la
réalité de ce fait, ce message ne
pourrait-il pas aussi bien provenir de cette grande
personnalité qui va être
précipitée sur la terre? Il y a
cinquante ans, nous aurions répondu d'une
manière catégorique avec un gros
jamais. Oserions-nous le faire maintenant ? Quant
à la marque qu'il faudra porter en ces
temps-là, sur la main droite ou sur le
front, il n'y a en ceci rien d'extraordinaire non
plus. Nous avons au milieu de nous de nombreux
avant-coureurs de cette idée. Chaque
groupement religieux, social ou politique, a son
insigne particulier, et chaque adhérent se
fait une gloire de porter l'insigne qui l'identifie
à son groupement.
L'atmosphère
ultra-révolutionnaire de ces temps fera que
l'Antéchrist exigera que chacun, petits et
grands, riches et pauvres, libres et esclaves,
porte la marque de la bête sans laquelle
personne ne pourra vendre ni acheter. Refuser de
porter cette marque, sera équivalent
à une déclaration formelle contre le
gouvernement établi. Le jugement de cette
offense sera la peine de mort sans recours.
Quelle sera cette marque? On
peut supposer que ce sera l'effigie de la
première bête, ou le nombre de son
nom, qui sera portée par les uns sous forme
de médaillon servant de pièce
d'identité et d'ornement. Nous connaissons
les folies de la mode. Beaucoup
d'élégantes se feront une gloire
d'étaler leur médaillon suspendu
à un ruban placé sur le front comme
un turban. Pour d'autres, ce sera une gloriole de
se faire tatouer, sur la main droite, l'effigie de
la bête ou son nombre. Tous la porteront avec
un véritable fanatisme. Malheur à
celui ou celle qui s'y opposera. Gloire soit rendue
à Dieu, il y aura «une grande foule que
personne ne pourra compter, de toute nation, de
toute tribu, de tout peuple et de toute
langue» (Apoc. 7 : 9-14) qui ne se prosternera pas devant la
statue et refusera de porter la marque de la
bête, préférant mourir
plutôt que de renier sa foi nouvelle. Car
elle aura appris à ne pas aimer sa vie
jusqu'à craindre la mort.
Où en sommes-nous
nous-mêmes, nous qui avons l'immense
privilège de connaître le Seigneur
Jésus? Est-ce que nous l'aimons plus que
notre vie, sommes-nous prêts à mourir
pour Lui? Si nous sommes
régénérés par l'effet
de Sa grâce, nous n'avons pas à
craindre cet antéchrist-là, car nous
ne passerons pas par la Grande Tribulation. Cela ne
veut pas dire, toutefois, que nous n'aurons pas
à passer par de grandes tribulations avant
le retour du Seigneur pour les siens. Il suffit de
penser aux nombreux chrétiens qui, pour leur
foi et leur fidélité à
Jésus-Christ, sont actuellement dans des
camps de concentration, pour nous ouvrir les yeux
sur ce qui peut nous arriver avant Son retour sur
les nuées. Alors! sommes-nous prêts?
Sommes-nous suffisamment en communion intime et
profonde avec Lui pour recevoir journellement Sa
puissance et Sa grâce? Que Dieu nous vienne
en aide.
Que dire sur le nombre de la
bête? Si nous avions à
énumérer toutes les
différentes interprétations qui ont
été faites sur ce sujet, il nous
faudrait certainement remplir bien des pages,
à la fin desquelles nous ne serions pas plus
avancés. On a trouvé moyen de faire
dire à ce nombre 666, les noms des papes,
des Néron, Kaiser, Mussolini, Hitler,
Staline et de combien d'autres encore? Beaucoup
d'encre aurait été
épargnée si l'on avait pris en
considération l'enseignement du Maître
qui nous est donné dans la deuxième
épître de Paul aux Thessaloniciens,
chap. 2, verset 7, si souvent cité dans cette
étude. Il nous montre avec une grande
netteté que l'Antéchrist ne peut pas
faire son apparition aussi longtemps que l'Eglise
est encore sur la terre, car elle est le
récipient du Saint-Esprit qui fait obstacle
à l'iniquité. Tout ce que nous
pouvons dire sur la signification de ce nombre est
ce que l'on peut retirer du symbolisme des
chiffres, et encore sans vouloir dogmatiser sur ce
que nous avançons à ce sujet. Nous
savons que le nombre sept est le nombre divin, le
nombre de Dieu. Par contre, six est le nombre
humain, le nombre de l'homme sous la
malédiction. Pendant six jours l'homme doit
travailler à la sueur de son front pour
gagner sa vie. Le septième jour appartient
au Seigneur, c'est le jour du repos. Pendant six
jours de mille ans l'humanité doit vivre sur
une terre maudite à cause du
péché. Un septième jour de
mille ans est à la porte. C'est le jour de
Dieu, de son Royaume sur la terre, c'est
l'âge d'or, le Millénium Ceci nous
conduit à penser que le nombre 666 n'est
peut-être pas six cent soixante-six, mais
simplement trois fois le nombre six, ce qui nous
parle de trinité. Nous constatons en effet,
dans ce chapitre, la substitution de la
trinité divine par la trinité
diabolique. Dieu le Père est
substitué par le dragon, Dieu le Fils par le
faux prophète, la bête qui sort de
terre, et Dieu le Saint-Esprit par la bête
qui sort de la mer, la tête politique,
l'instrument du faux prophète. Nous
remarquons ceci: c'est que ces trois grands
personnages, tout :en étant distincts les
uns des autres, ne forment qu'une seule et
même personne:
Le dragon, qui est le serpent
ancien, Satan;, qui est la source de tout
mal.
Le faux prophète,
l'Antéchrist est la manifestation en chair
du dragon.
Le grand dictateur, la
tête politique, est le grand exécuteur
de l'Antéchrist.
Ainsi nous croyons voir, en
ce nombre 666, l'emblème de la
trinité satanique.