CHAPITRE
VII.
3. première
parenthèse
Entre le sixième et le
septième sceau.
Nous arrivons maintenant
à une parenthèse dans laquelle nous
avons une vision de ceux qui se convertissent
pendant la Grande Tribulation. Il ne faut pas
considérer ce fait chronologiquement. Par
exemple le premier sceau est ouvert au commencement
de la 70me semaine. Le cavalier qui apparaît
à l'ouverture de ce sceau, exerce son
autorité jusqu'au terme des sept ans. Le
deuxième cavalier déploie son pouvoir
infernal avec le premier jusqu'à la fin de
la Grande Tribulation, et ainsi de suite pour tous
les autres jugements, de sorte qu'il en
résulte une aggravation progressive et
continuelle dans ces jugements. Les faits qui nous
sont présentés dans les
différentes parenthèses que nous
rencontrons à travers le livre, trouveront
leur accomplissement dans ce même espace de
temps.
Par exemple, la vision que
nous allons considérer, se réalisera
tout à travers l'exécution de ces
jugements, en commençant au milieu de la
Grande Tribulation. Les sept trompettes et les sept
coupes ne sont pas une description de jugements
nouveaux qui doivent suivre ceux qui sont
présentés sous la forme des sept
sceaux. Mais une nouvelle présentation des
mêmes jugements qui apporte de nouveaux
détails, et révèle non
seulement une aggravation par le fait de nouveaux
jugements, mais aussi une amplification de chacun
de ces jugements. Ainsi la description de ces
jugements, qui nous est donnée sous la forme
des sceaux, donne un aperçu sommaire de ce
que sera la Grande Tribulation. Les sept trompettes
couvrent le même chemin, mais donnent des
détails qui n'étaient pas fournis
dans les sceaux et qui intensifient sensiblement
ces jugements. Les sept coupes, comme les sept
trompettes, couvrent le même espace de temps
en nous apportant de nouveaux faits. Ainsi nous
avons compris que le contenu de la vision qui est
dépeinte dans cette première
parenthèse, placée entre le
sixième et le septième sceau, couvre
toute la période des jugements, mais plus
particulièrement la dernière
moitié de la 70me semaine de Daniel.
.
1) La conversion du
résidu d'Israël (v. 1-8).
En étudiant la
signification de cette vision, bien des erreurs
auraient été évitées si
nous avions pris deux choses en
considération.
La première est le
fait indiscutable que nous ne trouvons dans cette
vision, comme d'ailleurs dans tout ce chapitre,
aucune allusion directe ou indirecte à
l'Eglise. Au temps de cette vision, l'Eglise est
déjà transmuée et, par le
fait, ne se trouve plus sur la terre, mais dans le
ciel.
La deuxième est
l'indication très nette que ces serviteurs
de Dieu sortent des douze tribus d'Israël, et
ainsi n'ont aucun rapport avec l'Eglise. Certaines
sectes s'identifient à ces 144 000; nous
sommes profondément attristés pour
ces âmes qui se laissent égarer par
ces interprétations fantaisistes, qui ne
trouvent aucun appui réel dans la Parole de
Dieu.
Après
l'enlèvement de l'Eglise, quand la
totalité des païens sera entrée
(Rom. 11 : 25), le Seigneur portera à
nouveau ses regards vers son peuple. Il les
visitera par la puissance de son Esprit, un grand
nombre d'entre eux se convertiront, et seront
scellés du sceau divin (voir Ezéchiel chap. 9). Ces Israélites convertis,
marqués du sceau de Dieu, seront
miraculeusement gardés à travers la
Grande Tribulation, cette tribulation sera
même abrégée à cause
d'eux (les élus de Matth. 24: 22).
Le nombre de 144 000 doit
être considéré dans un sens
figuratif, représentant tous les
Israélites orthodoxes qui se convertiront
durant cette période de jugements.
Ce résidu
d'Israël qui aura tourné sa face vers
l'Eternel, et qui aura accepté le Seigneur
Jésus comme son Messie, deviendra une grande
puissance missionnaire, par laquelle Dieu
réalisera la prophétie qu'Il a faite
par son serviteur Esaïe (chap. 11 : 9).
Cette compagnie de
rachetés ne proclamera pas l'évangile
de la grâce (le temps de la grâce
étant terminé), mais proclamera
l'évangile du Royaume qui était
prêché par Jean-Baptiste,
Jésus-Christ et ses disciples, et qui a
été substitué par
l'évangile de la grâce au rejet du
Roi, pour être repris par ce résidu
après l'enlèvement de l'Eglise
lorsque celui-ci se convertira (voir Matth. 24: 14). Il proclamera la venue du Roi, pour
l'établissement du Royaume de Dieu sur la
terre.
.
2) La multitude des
Gentils sauvés à travers la Grande
Tribulation (v.
9-17).
Là encore nous ne
devons pas voir, dans cette multitude, l'Eglise.
L'un des vieillards, prenant la parole, demande
à l'apôtre Jean s'il connaît
l'identité de cette foule, sur quoi
l'apôtre répond: Seigneur, tu le sais.
Alors le vieillard déclare sans ambage, que
ce sont ceux qui viennent de la Grande Tribulation.
L'Eglise n'est pas appelée à passer
par la Grande Tribulation, l'Eglise a
été appelée à passer et
passe encore par de grandes tribulations ; mais
elle ne passera pas par la Grande Tribulation,
c'est-à-dire cette période de
jugements qui se dérouleront pendant la
dernière semaine de Daniel.
Le déluge n'a pu
déferler sur le monde aussi longtemps
qu'Hénoc n'était pas transmué
(Gen. 5: 24). Sodome n'a pu être
embrasé par le feu du ciel aussi longtemps
que Lot ôtait dans la ville. L'Eglise
n'est-elle pas l'obstacle qui empêche la
venue de l'auteur de cette tribulation?
(2 Thess. 2 : 7). L'Eglise ayant été
enlevée hors de ce monde pour être
introduite dans la gloire avant que la Grande
Tribulation ait commencé, ne peut être
représentée par cette multitude. Une
autre preuve: nous voyons l'Eglise assise sur des
trônes et couronnée de gloire en
qualité d'épouse du Roi des rois.
Cette foule se tient devant le trône en
qualité de serviteurs. On peut conclure
ainsi que cette foule ne représente pas
l'Eglise, mais la multitude des païens qui se
convertiront par le moyen du résidu
d'Israël durant la Grande Tribulation.
Ceux-là, n'étant pas scellés
du sceau de Dieu, mourront en grand nombre martyrs
de leur foi.
On pourrait se demander ce
qu'il adviendra de la chrétienté
apostasiée, laissée sur la terre
après l'enlèvement de l'Eglise. Y
aura-t-il dans cette foule des membres de cette
chrétienté? D'après
2 Thess. 2: 1-12 nous croyons devoir répondre
négativement, à part,
peut-être, quelques cas isolés ici et
là, car il en sera de la deuxième
venue du Seigneur comme de la première. Il y
a deux mille ans, Il est venu pour les siens (le
peuple juif), mais les siens ne l'ont pas
reçu, à l'exception d'un groupe
restreint. Les grands bénéficiaires
de sa grâce ont été
tirés du milieu des païens. Nous sommes
portés à croire qu'il en sera de
même après l'enlèvement de
l'Eglise. La chrétienté
apostasiée s'enfoncera toujours plus dans
son incrédulité : mais les
païens, qui n'auront pas eu l'occasion
d'entendre le message de la grâce, se
tourneront en masse vers le Roi des rois lorsque
l'évangile du Royaume leur sera
prêché par les 144 000 scellés
du sceau de Dieu.