CHAPITRE VI.
2. L'ouverture des
sceaux
Chapitres 6 à 8 :
5.
Dans le grand discours
prophétique du mont des Oliviers qui est
relaté dans le chapitre 24 de Matthieu, le Seigneur donne un aperçu
des conditions politiques, économiques et
sociales de la fin de notre civilisation, ou, pour
être plus exact, de la fin de
l'économie israélite. Cette
économie devait durer 70 semaines
sabbatiques, soit 490 années (Dan. 9: 24). A la fin de la 69me semaine, l'Oint
de l'Eternel fut retranché (v. 26).
Jésus-Christ, le Roi des rois, le Messie
d'Israël, a été crucifié,
et n'a pas eu de successeur. Ce rejet de leur Oint
a rompu le cours de cette économie et a
formé, pour ainsi dire, une
parenthèse indéterminée en
durée, entre la 69me et la 70me semaine
comme nous l'avons déjà vu. Durant
cette parenthèse, qui s'est formée il
y a bientôt deux mille ans, le mystère
caché de tout temps en Dieu s'est
manifesté (Eph. 3 : 9). Ce mystère étant
caché de tout temps, Daniel ne peut en
parler. C'est pourquoi il passe directement
à la description des grands
événements qui doivent se passer
durant la 70me semaine, soit la dernière
avant l'établissement du Royaume de Dieu sur
la terre.
C'est donc à la fin de
cette parenthèse et au commencement de cette
dernière semaine sabbatique que l'Eternel,
assis sur le trône que nous venons de
considérer donnera au rejeton de David,
l'Agneau immolé, devenu le Lion de la tribu
de Juda, l'autorité d'exercer les jugements.
Et c'est par Ses mains percées que l'Oint
rejeté prendra le livre de la
rédemption, pour en ouvrir les
sceaux.
.
Le premier
sceau (v.
1-2).
«Quand l'Agneau ouvrit
un des sept sceaux, j'entendis l'un des quatre
êtres vivants qui disait comme d'une voix de
tonnerre: viens. Je regardai et voici, parut un
cheval blanc. Celui qui le montait avait un arc,
une couronne lui fut donnée et il partit en
vainqueur et pour vaincre.» Beaucoup pensent
que ce cavalier représente
Jésus-Christ. Ceci est inexact. Il est vrai
que le Seigneur est représenté, dans
le 19me chapitre, au verset
11, par un cavalier
sur un cheval blanc; mais lorsqu'il apparaît
comme tel, c'est à la fin de la Grande
Tribulation, lorsque tous les sceaux sont ouverts,
que les sept trompettes ont sonné, et que
les sept coupes ont été
répandues sur la terre. Sa victoire est tout
autre que celle du cavalier qui apparaît
à l'ouverture du premier sceau.
Ce cavalier est un imitateur
du cavalier du 19me chapitre, un usurpateur, une
contrefaçon satanique, un déguisement
en ange de lumière. Ce n'est pas
l'Antichrist proprement dit, mais la petite corne
de Daniel qui sort du milieu des dix cornes
(Dan. 7: 8). Nous vivons des temps d'une
solennité inconnue jusqu'à ce jour.
Durant des années nous avons vécu sur
un volcan plein de menace, ce volcan a fait
éruption, l'Europe est à feu et
à sang, le monde tout entier est
menacé de destruction. Dans l'angoisse qui
nous serre, nous nous demandons où nous
allons.
Qu'est-ce qui nous attend? Y
a-t-il encore une espérance de paix? A quoi
nous répondons que la seule espérance
de paix qui reste à l'humanité, se
trouve dans l'acceptation sans réserve du
Prince de la Paix. Hélas! ce Prince de la
Paix a été rejeté par les
hommes. Les hommes ont dit: «Nous ne voulons
pas qu'Il règne sur nous» (Luc 19:14). Présentement,
l'humanité n'est pas plus disposée
à le recevoir qu'elle ne l'était il y
a vingt siècles. C'est pourquoi le jour
vient, et il vient bientôt, où Dieu
livrera l'humanité à elle-même,
et cet acte constituera le premier jugement. Car
livrée à elle-même, elle
acclamera, dans la grande détresse où
des années de guerre l'auront conduite, le
surhomme de son propre choix (Jean 5: 43). Ce surhomme, acclamé comme
sauveur, deviendra le Tyran des Nations. Il prendra
les rênes des gouvernements, sa victoire sera
foudroyante et sans effusion de sang. « Il
part en vainqueur et pour vaincre.» Il a un
arc avec lui; mais il n'est fait mention d'aucune
munition.
Les peuples fatigués,
épuisés, ruinés par la grande
catastrophe, seront unanimes à le recevoir
comme leur libérateur. Devant lui ils
mettront bas les armes, la guerre sera jugée
hors la loi, l'on entendra de bouche en bouche ces
paroles: «Paix et sûreté»
(1 Thess. 5 : 3). Hélas! cette paix et cette
sûreté ne seront que de courte
durée, car une ruine soudaine les surprendra
et ils n'échapperont point. C'est là
que le Tyran se révélera sous son
vrai visage.
.
Le deuxième
sceau (v.
3-4).
«Quand il ouvrit le
second sceau, j'entendis le second être
vivant qui disait: Viens. Et il sortit un cheval
roux. Celui qui le montait reçut le pouvoir
d'enlever la paix de la terre, afin que les hommes
s'égorgeassent les uns les autres; et une
grande épée lui fut
donnée.»
La paix universelle,
après laquelle le monde entier soupire, est
établie par le cavalier du cheval blanc.
Hélas! cette paix sans le Prince de la Paix
n'est qu'une triste illusion d'un instant. Le
cavalier du cheval roux, qui suit de près
son prédécesseur, est chargé
de l'enlever de la terre, Il n'y a pas de
déclaration de guerre. Premièrement
c'est une chose périmée, puis cette
guerre ne sera pas entre nations; mais entre
voisins et amis, entre patrons et ouvriers, entre
parents et enfants. Ce sera le péril rouge
en action, la révolution des masses. Un
règne de terreur et d'épouvante
durant lequel les hommes rendront l'âme
d'épouvante (Luc 21 : 26). Ce sera un carnage tel que
l'histoire n'en aura jamais vu de semblable.
«La détresse sera si grande qu'il n'y
en a point eu de pareille depuis le commencement du
monde jusqu'à présent, et qu'il n'y
en aura jamais» (Matth. 24: 21).
.
Le troisième
sceau (v.
5-6).
«Quand il ouvrit le
troisième sceau, j'entendis le
troisième être vivant qui disait:
Viens. Je regardai et voici, parut un cheval noir.
Celui qui le montait tenait une balance dans la
main. Et j'entendis, au milieu des quatre
êtres vivants, une voix qui disait: Une
mesure de blé pour un denier et trois
mesures d'orge pour un denier, mais ne fais point
de mal à l'huile et au vin.»
Ce troisième cavalier
apporte à cette humanité sous la
terreur, le fléau de la famine. Ce
redoutable fléau est un des fidèles
alliés de la guerre. Les hommes,
étant partis sur les lieux de combats pour
s'entre-tuer, ont abandonné les travaux des
champs, de sorte que les récoltes sont pour
ainsi dire nulles. Le mouvement des troupes et leur
ravitaillement ont entravé le
développement normal du commerce, à
un tel degré que tout se traduit par la
famine. Il tient dans sa main une balance, ce qui
parle de pénurie. Les commodités de
la vie devront être pesées et
mesurées avec soin. Le commerce sera
contrôlé dans ses plus petits
détails. Les prix seront imposés par
le ministre du commerce représenté
par le cavalier du cheval noir.
Les prix mentionnés au
verset six révèlent une extrême
disette. Une mesure (un peu plus d'un litre) est
une nourriture insuffisante pour un esclave. Un
denier représente le gage entier d'une
journée d'ouvrier. Comment se vêtir,
se loger, faire face à tous les à
côtés? S'il y a famille, comment
nourrir sa femme et ses enfants avec un tel salaire
et de tels prix? Des milliers mourront par la
famine (Lam. 5: 9-10 et 4: 9). Le
riche semble être épargné dans
un certain sens par ce fléau. L'huile et le
vin ne sont pas touchés, probablement par le
fait que les prix sont trop élevés
pour la classe moyenne. Mais si le riche ne ressent
pas toute la sévérité de ce
jugement, il ne sera pas épargné plus
tard, car un autre jugement, plus terrible encore,
l'attend.
.
Le quatrième
sceau (v.
7-8).
«Quand il ouvrit le
quatrième sceau, j'entendis la voix du
quatrième être vivant qui disait:
Viens. Je regardai et voici, parut un cheval d'une
couleur pâle. Celui qui le montait se nommait
la mort, et le séjour des morts
l'accompagnait. Le pouvoir leur fut donné
sur le quart de la terre, pour faire périr
les hommes par l'épée, par la famine,
par la mortalité et par les bêtes de
la terre.»
A l'apparition de ce
quatrième cavalier, les hommes meurent comme
des mouches. Le séjour des morts qui
accompagne ce cavalier, ne serait-ce pas les
puissances occultes qui font déjà
tant de ravages parmi nous? Et l'on peut se
demander si ces bêtes sauvages de la terre ne
sont pas des brutes humaines, sans foi ni loi. Ce
que David redoutait le plus, était de tomber
entre les mains des hommes (2 Samuel 24: 14 et 1 Chr. 21 : 13).
.
Le cinquième
sceau (v.
9-11).
Ce cinquième sceau
nous présente un tableau tout
différent des autres. Jean voit sous l'autel
les âmes de ceux qui avaient
été immolés à cause de
la parole de Dieu... Ils crient d'une voix forte en
disant: «Jusques à quand... tardes-tu
à juger et à tirer vengeance de notre
sang sur les habitants de la terre?»
Qui sont ces martyrs que nous
voyons dans ces versets? Ce ne sont pas les martyrs
de la dispensation de la grâce pour deux
raisons. La première est concluante par
elle-même. Les rachetés de l'Eternel
sont tous sortis de leurs tombeaux au signal
donné, à la voix de l'archange et au
son de la trompette de Dieu, avant l'apparition du
cavalier du cheval blanc, ils sont tous, avec les
vivants, transmués au 1 jour de Sa venue
pour les siens, glorifiés et assis autour du
trône de la Divinité. La
deuxième preuve se trouve dans le cri qu'ils
adressent au Seigneur: «Jusques à
quand?» C'est l'expression, l'âme
même, le centre de la prière des Juifs
orthodoxes qui soupirent après le jour de
leur grande délivrance. Et cette soif de
vengeance est un trait caractéristique
d'Israël, jamais de l'Eglise. L'Eglise a
été appelée à aimer et
à prier pour ses ennemis. Les paroles que
prononça le Sauveur sur le mont des Oliviers
donnent la réponse à cette question.
Le 24me chapitré de Matthieu parle de
l'avènement du Fils de l'homme et des
événements qui se déroulent
par rapport à Ses élus
israélites, pendant la dernière
semaine de Daniel, Le 9me verset est en rapport
direct avec le cinquième sceau, ainsi que le
4me verset du 20me chapitre de l'Apocalypse. La
première partie de ce 4me verset fait
allusion à l'Eglise transmuée et
glorifiée. La deuxième partie au
résidu d'Israël, dont beaucoup d'entre
eux auront été
décapités à cause du
témoignage de Jésus, en accord avec
le cinquième sceau.
.
Le sixième
sceau (v.
12-17).
La première question
qui se pose à notre esprit, en
étudiant le contenu de ce sixième
sceau, est celle-ci: devons-nous considérer
les choses mentionnées dans ce texte d'une
manière littérale ou dans un sens
purement symbolique? Nous croyons ne pas nous
tromper en disant que les deux façons
d'interpréter ne doivent pas être
entièrement perdues de vue. Il est vrai que
la plus grande partie doit être
traitée symboliquement, néanmoins
nous devons admettre une interprétation
littérale du tremblement de terre aussi bien
que symbolique. Le Seigneur n'a-t-Il pas
prédit qu'à la fin de cet âge
«A y aurait dans divers lieux des tremblements
de terre» (Matth. 24: 7) et ne voyons-nous pas les
tremblements de terre se multiplier à mesure
que nous arrivons au terme de notre
époque?
Symboliquement, ce
tremblement de terre représente un complet
bouleversement, un effondrement
général de notre système
social. Le soleil, symbole de l'autorité
suprême, s'obscurcit, la lune, qui
dépend du soleil, devient le symbole d'une
autorité dérivée. Cette
autorité de deuxième ordre devient
comme du sang, elle est l'instrument de
l'autorité suprême de ce monde
déchu et enténébré,
elle a soif de sang et fait verser le sang. Les
étoiles, symbole de l'autorité
subordonnée, perdent leur direction. Les
puissances civiles et gouvernementales seront mises
en miettes. Toutes les couches de la
société seront atteintes par ce
cataclysme social. Depuis les rois jusqu'aux
esclaves, aucun n'échappera. Puissances
politiques et ecclésiastiques seront
entraînées dans ce formidable
écroulement de notre civilisation. Alors,
dans cette complète anarchie, les hommes de
tout rang, de toute classe et de toute race qui se
moquaient de la prière, se grouperont dans
les cavernes de rochers pour prier, demandant aux
montagnes et aux rochers de tomber sur eux et de
les cacher de la face de Celui qui est assis sur le
trône et de devant la colère de
l'Agneau; car le Grand Jour de Sa colère est
venu et qui peut subsister? Il n'y a qu'un Rocher
auquel ils peuvent s'adresser pour être
délivrés; mais dans leur
endurcissement ils ont tué leur .conscience
et ont poussé leur incrédulité
jusqu'à la révolte ouverte contre le
Saint des saints. En rapport avec ce sixième
jugement, lisons les textes ci-dessous:
Esaïe chap. 24 en entier, chap. 34 : 2-4 ;
Joël chap. 2 :
30-31; Sophonie chap. 1er en entier. Oh! cher lecteur,
laisse-moi te demander si tu t'es
réfugié vers ce Divin Rocher?