B. Ecris les choses qui
sont
Chapitres 2 et 3.
1. L'historicité de
ces Eglises
Du temps de l'apôtre,
alors qu'il était dans l'île de
Patmos, il existait en Asie Mineure une centaine
d'églises au milieu desquelles se trouvaient
les sept mentionnées dans ces deux
chapitres.
.
2. Le symbolisme de ces
Eglises ou ce qu'elles
représentent
Ces sept églises ont
été choisies de
préférence à d'autres, parce
qu'elles possédaient en elles-mêmes un
caractère particulier qui représente
ou symbolise trois choses.
.
a) La condition de
l'Eglise à l'époque de
l'apôtre.
.
b) Sept différentes
classes de chrétiens que l'on retrouve dans toutes les
églises de tous les temps et de tous les
lieux. Par exemple, nous trouvons dans toutes les
époques de la chrétienté,
ainsi que dans chaque église de chaque
époque, des chrétiens dont le
caractère est le reflet de l'une ou de
l'autre de ces églises.
1) Nous rencontrons une
classe de chrétiens qui se
caractérise par les traits
prédominants que nous trouvons dans l'Eglise
d'Ephèse. C'est-à-dire des
chrétiens pleins de vie, de zèle, des
chrétiens actifs,
persévérants, qui ne se laissent
point arrêter par les difficultés,
mais qui ont cependant perdu leur premier amour
pour Jésus-Christ. Cette perte n'est pas
encore apparente dans leur vie extérieure,
mais elle existe néanmoins. Cette flamme de
pureté et de simplicité qui constitue
le premier amour n'est éteinte, cet
enthousiasme des premiers jours de leur conversion
a perdu de sa chaleur.
2) La deuxième classe,
que représente l'Eglise de Smyrne, se
caractérise par des croyants
éprouvés, mal compris et mal
jugés par le monde, pauvres des biens
d'ici-bas et souvent persécutés; mais
riches pour Dieu, vaillants et fidèles
jusqu'à la mort.
3) La troisième se
distingue par le caractère
prédominant de l'Eglise de Pergame, soit des
chrétiens qui, quoique exposés
à tous les dangers d'un redoutable ennemi,
restent debout et fidèles à la Parole
de Dieu, mais qui, hélas! se laissent aller
à une tolérance coupable
vis-à-vis de certains principes de l'Eglise,
tels que tolérer certaines dispositions ou
idées nettement mondaines au sein de la
congrégation, ou encore,
l'établissement de certaines règles
plus charnelles que spirituelles, dictées
par un amour maladif, et révélant
ainsi un grave danger.
4) La quatrième
classe, qui est préfigurée par le
caractère de l'Eglise de Thyatire, se
compose de croyants pleins de zèle et de
dévouement, allant même jusqu'au
sacrifice, mais qui refusent de penser pour
eux-mêmes, remettant toute
responsabilité de leur âme, comme de
la marche de l'Eglise en général,
entre les mains des autorités
ecclésiastiques,
5) Par contre, la
cinquième classe, qui est l'image de
l'Eglise de Sardes, se caractérise par des
chrétiens satisfaits d'eux-mêmes, des
chrétiens qui se reposent sur leurs lauriers
passés, dans une quiétude absolue,
ayant perdu la vision de l'oeuvre à
poursuivre.
6) La sixième, qui est
imagée par le caractère
prédominant de l'Eglise de Philadelphie,
donne l'admirable tableau de chrétiens
d'élite. De chrétiens qui ont
pleinement conscience de leur faiblesse, mais qui
ont fait, et qui font chaque jour
l'expérience bénie et personnelle de
la puissance de Christ dans leur vie.
7) Et enfin la
septième et dernière classe, qui est
la continuation de l'état spirituel de
Laodicée, révèle un triste
tableau de chrétiens qui ne possèdent
point le Christ qu'ils proclament, n'ayant que la
forme de la chrétienté sans la
réalité, se croyant riches,
étant pauvres, sans vie, et par le fait sans
vision, entraînés par un christianisme
social sans Christ, destiné à
être vomi de la bouche du
Maître.
.
c) Sept différentes époques
de la chrétienté, et dans son infinie sagesse, Il les
présente dans l'ordre des époques
qu'elles préfigurent. Par exemple, dans la
première époque de la
chrétienté nous trouvons tous les
caractères dépeints dans les sept
messages adressés à ces sept
églises, ainsi que dans toutes les
époques, de la première à la
dernière, mais dans la première, le
caractère prédominant est celui qui
est révélé dans la
première lettre, tandis que les autres sont
en minorité. De même dans la
deuxième époque, nous trouvons
également tous les caractères de ces
sept églises ; mais le caractère qui
prédomine est celui de la deuxième
église, et ainsi de suite jusqu'à la
dernière. De sorte que le caractère
de l'Eglise d'Ephèse se retrouve dans la
dernière époque, les temps actuels,
mais c'est l'exception. Le caractère qui
prédomine en ces temps de la fin est celui
de Laodicée.
.
3. Description de ces
Eglises
Jetons un coup d'oeil rapide
sur ces sept églises.
.
a) L'Eglise
d'Ephèse (v.
1-7).
Cette église
était fidèle dans la
vérité, zélée dans le
travail, et ne se lassait point dans les
difficultés croissantes. Cependant, si
à vues humaines elle était parfaite,
elle ne l'était point aux yeux de son
Maître, devant lesquels rien n'est
caché, et qui découvrait dans le
coeur de cette église une tare
secrète: «la perte du premier
amour». En d'autres termes, cet
élément de pureté et de
simplicité avait en partie disparu. Cette
émotion intime, cet enthousiasme bouillant,
ce zèle irrésistible avaient perdu
leur premier élan, et tel a
été le caractère
général de la première
époque de l'histoire de l'Eglise
jusqu'à la fin du premier
siècle.
.
b) L'Eglise de
Smyrne
(v. 8-11).
L'Eglise de Smyrne offre le
sombre tableau d'une église dans le creuset
de l'épreuve, et appelée à
rester dans ce creuset pour un temps
déterminé, ce qui
caractérisait bien l'âge qui
succéda à l'Eglise apostolique
jusqu'en l'an 316, comme le montre l'histoire qui
cite précisément dix grandes
persécutions des chrétiens de la part
des empereurs romains.
.
c) L'Eglise de Pergame
(v. 12-17).
Cette église, qui
demeurait dans la ville où Satan avait son
trône, tolérait dans son sein deux
principes diamétralement opposés au
plan divin. Les doctrines de Balaam et des
Nicolaïtes, l'une enseignant l'union du peuple
de Dieu avec le monde, l'autre
l'établissement d'une classe
privilégiée au-dessus de leurs
frères, comme le fait comprendre le mot de
Nicolaos, «Nico» qui veut dire dans notre
langue «dominer» et «Laos» qui
veut dire «laïque», le peuple.
Là encore, l'histoire montre que la
condition de cette église
caractérisait bien la troisième
période de la chrétienté,
où l'église souffrante sortait du
creuset de la persécution pour entrer dans
les faveurs impériales, de l'an 316 à
l'an 500, pour s'endormir et se laisser
séduire par ces deux principes
sataniques.
.
d) L'Eglise de
Thyatire (v.
18-29).
Les croyants de Thyatire
avaient beaucoup de zèle, leurs oeuvres
étaient nombreuses, mais ils étaient
dominés par une autorité non reconnue
de Dieu, et qui conduisait l'Eglise dans une
prostitution religieuse, image frappante de
l'époque où le cléricalisme
naissant triompha jusqu'à l'an 1500.
.
e) L'Eglise de
Sardes (chap.
3: 1-6).
L'Eglise de Sardes vivait
dans l'illusion d'une fausse
sécurité, se reposant sur ses oeuvres
passées, au lieu de poursuivre avec
zèle la mission que Dieu lui avait
confiée, à l'exception de quelques
frères bouillants d'amour pour le Divin
Maître. Frappante image de l'époque de
la Réforme, qui hélas! satisfaite de
ses premières oeuvres, tomba dans
l'engourdissement spirituel et n'acheva point
l'oeuvre commencée.
.
f) L'Eglise de
Philadelphie (chap.
3: 7-13).
Par contre, cette Eglise de
Philadelphie présente l'image d'une oeuvre
vivante, qui caractérise merveilleusement
cette époque du réveil et de grande
activité missionnaire du siècle
dernier, ainsi que la vraie Eglise au sein de la
chrétienté actuelle.
.
g) L'Eglise de
Laodicée
(chap. 3: 14-22).
Enfin nous avons l'Eglise qui
révèle le plus triste état
spirituel de toutes ces Eglises. Toute
émotion, tout enthousiasme, toute passion,
toute compassion, toute vie spirituelle sont bannis
de son programme. Son état spirituel est tel
que Celui qui est l'Amen, le Fidèle, le
Véritable, n'a aucun compliment à lui
faire. «Je connais tes oeuvres», dit-Il.
«Je sais que tu n'es ni froid ni bouillant, je
te vomirai de ma bouche.» La tiédeur
spirituelle qui caractérise cette
église est cet état d'âme dans
lequel la conviction n'affecte plus la conscience,
ni le coeur, ni la volonté. Cela ne veut pas
dire qu'elle était tombée dans une
entière indifférence, le fait est
qu'elle n'était pas froide. Ses registres
pouvaient probablement montrer un nombre
considérable de membres, elle pouvait fort
bien posséder un superbe édifice
exempt de toute hypothèque, elle pouvait
même entretenir une activité intense
entre ses paroissiens; mais à
côté de cela, elle avait perdu le
sentiment de sa vraie mission. La croix n'occupait
plus la première place, le Sinaï
voilait le calvaire, les oeuvres étaient
placées avant le salut. On croyait encore
à la présence du mal dans la
société, et on luttait contre ce mal,
mais le sentiment de la gravité du
péché avait disparu et l'on ne
croyait plus à la faillite complète
de l'humanité, de manière que toute
la prédication de cette église se
limitait à un évangile social, sans
le Christ de Dieu. Elle se croyait riche, et
pensait n'avoir besoin de rien, mais aux yeux de
Celui qui est le commencement de la création
de Dieu, elle était pauvre, malheureuse,
misérable, nue et aveugle. La condition de
cette église n'est-elle pas le triste
tableau de la condition religieuse de notre
époque, où tout est forme et
vanité?