Parabole de la
perle
versets
45-46.
Le royaume
de Dieu est encore semblable à un marchand
qui cherche de belles perles. Il a trouvé
une perle de grand prix; et il est allé
vendre tout ce qu'il avait, et l'a
achetée.
Matthieu 13: 45-46.
Cette parabole ressemble
beaucoup, à son début, à celle
que nous venons de considérer. Nous
retrouvons une des figures qui nous sont
familières, celle de l'homme,
désigné ici comme un marchand.
L'idée de vendre tout
ce qu'il a pour acheter ce qu'il a trouvé
est présente comme dans celle du
trésor. Ainsi nous rejetons pour les
mêmes raisons l'interprétation
populaire qui fait de Jésus-Christ, la perle
de grand prix, et du pécheur, le marchand
qui l'a trouvée. Une telle
interprétation est en contradiction formelle
avec les vérités fondamentales du
salut. Nous ne voulons pas revenir sur ce sujet qui
a été traité dans la
précédente parabole. Nous passerons
ainsi directement à la signification de la
perle elle-même. Que peut bien
représenter cette perle de grand
prix?
Premièrement,
remarquons que les perles n'avaient aux yeux des
Juifs aucune valeur. Dans l'Ancien Testament nous
avons des descriptions merveilleuses de pierres
précieuses; mais rien ne nous est dit de la
perle. La perle n'occupe aucune place dans les
couronnes des rois d'Israël et de Juda, ni sur
le pectoral du grand-prêtre. Quand Job
répond à la critique de Beldad
(Job 28 : 15-19) et demande où se trouve la
sagesse, il mentionne toutes les pierres
précieuses, mais passe sous silence la
perle. Il est vrai que nous la voyons
mentionnée au dix-huitième verset,
mais par une erreur de traduction. La version
révisée anglaise, par exemple,
substitue le mot de cristal à celui de
perle. Par contre, la perle était
très considérée parmi les
Gentils.
Lors de récentes
investigations faites en Egypte, il a
été démontré que la
perle avait sa place dans les couronnes royales des
anciens rois. A Ninive, la perle était en
grand usage et une valeur grandissante lui a
été donnée progressivement de
sorte que la perle est devenue très
précieuse dans l'Est. Cela nous aide
à comprendre à quel degré
d'étonnement les disciples ont dû
être frappés lorsque le Maître
leur dit: «Le Royaume de Dieu est semblable
à un marchand qui cherche de belles perles.
Il a trouvé une perle de grand prix, et est
allé vendre tout ce qu'il avait et l'a
achetée» La parabole du trésor a
été comprise par les disciples sans
aucune difficulté. Ils étaient, eux
les Juifs, le trésor caché dans ce
monde; mais une perle ne peut signifier que les
païens, considérés par eux comme
des chiens. Se pourrait-il que Dieu jette un regard
favorable sur les Gentils et les fasse
héritiers de la vie éternelle?
Voilà ce qu'ils ne pouvaient comprendre, et
pourtant c'est bien l'enseignement que le
Maître voulait leur donner, et qu'Il affirme
plus tard par la plume de l'apôtre Pierre
dans sa première lettre (chap. 2 : 9-10),
lorsqu'il écrit, en parlant de l'Eglise:
«Vous, au contraire, vous êtes une race
élue, un sacerdoce royal, une nation sainte,
un peuple acquis, afin que vous annonciez les
vertus de Celui qui vous a appelés des
ténèbres à son admirable
lumière, vous qui autrefois n'étiez
pas un peuple, et qui maintenant êtes le
peuple de Dieu, vous qui n'aviez pas obtenu
miséricorde, et qui maintenant avez obtenu
miséricorde.»
Regardons pour quelques
instants la perle et sa formation.
Premièrement, la perle est le produit direct
d'un organisme vivant et non celui d'un
mécanisme ou d'une fabrication quelconque. A
ma connaissance il n'y a aucune autre pierre
précieuse qui soit dans ce cas. En effet,
l'Eglise n'est pas le résultat d'un
système humain savamment conçu par le
cléricalisme, mais le produit d'un organisme
vivant, Jésus-Christ, la source de toute
vie.
Deuxièmement, la perle
est le résultat d'une blessure faite
à la vie qui la produit. De même
l'Eglise est le résultat des blessures
faites à Jésus-Christ «car Dieu
prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque
nous étions encore des pécheurs,
Christ est mort pour nous» (Rom. 5: 8).
Troisièmement, la
perle est la réponse du blessé
à a blessure qui a été
produite. De même l'Eglise est la
réponse du Crucifié sur le
péché qu'Il expie, de sorte que
l'apôtre peut dire: Il n'y a donc maintenant
aucune condamnation pour ceux qui sont en
Jésus-Christ (Rom. 8: 1).
Quatrièmement, la
perle est l'élément de la blessure
qui a été transmué par le
procédé de couches
répétées jusqu'à ce que
cet élément soit transformé en
un joyau précieux de même nature que
la vie qui l'a produite. De même l'Eglise,
qui est l'élément qui a causé
la mort de la sainte victime, se voit
changée par le procédé de
l'amour divin: Il s'est livré Lui-même
pour elle, afin de la sanctifier pour la faire
paraître devant lui, glorieuse, sans
défaut, sans tache, ni ride, ni rien de
semblable, mais sainte et
irrépréhensible.
Nous savons tous comment une
perle se forme dans le sein de l'huître.
C'est un petit grain de sable ou un autre corps
étranger qui pénètre dans le
côté de l'huître et la blesse,
comme blesserait un grain de poussière dans
l'oeil humain. Pour calmer la souffrance que lui
cause ce corps étranger, l'huître
recouvre cette impureté d'une couche de sa
nacre, matière gluante qui finit par se
durcir. A ce moment-là, l'inflammation
renaît, et produit à nouveau la
douleur à laquelle l'huître
répond par une nouvelle couche de sa nacre.
Ainsi de suite, couche sur couche, l'huître
va jusqu'à donner sa vie pour la formation
de la perle, en sorte que ce corps étranger
se voit transformé, à l'image de
l'organisme qui l'a formé, sublime image de
l'Eglise de Jésus-Christ.
Nous, créatures
déchues, étrangères à
la gloire de Dieu, nous qui n'avions aucun droit
aux promesses divines, nous qui étions des
ennemis, des révoltés, nous qui
blessions Dieu par nos péchés et par
nos fautes, Dieu versa sur nous la nacre de son
amour, et a prouvé cet amour en allant
jusqu'à la mort, la mort même de la
croix, afin que nous fussions transformés
à son image, de gloire en gloire.
Continuant notre
étude, nous arrivons à
considérer l'usage de la perle. Pour nous,
la perle est une chose de luxe, c'est un ornement,
une parure. Mais pour les Orientaux, dont
l'imagination est particulièrement fertile,
la perle est beaucoup plus que cela. C'est un
ornement, bien entendu, mais un ornement
symbolique, qui parle d'innocence et de
pureté. Ainsi la parure de perles
était l'image du puissant triomphe du bien
sur le mal. Glorieuse vérité, mais
hélas! si peu comprise et
réalisée parmi nous. Que de hauts et
de bas dans nos vies, que de chutes et rechutes
dans nos existences et pourtant la victoire nous
est assurée en Lui. L'apôtre saint
Paul pouvait dire du fond de son âme:
«Je puis tout par Christ qui me fortifie»
(Phil. 4 : 13).
En Orient, seuls les rois
avaient le droit de se parer de joyaux
précieux. Aujourd'hui encore, en Perse, si
je ne fais erreur, toute perle de grand prix
devient automatiquement la propriété
du shah. C'est donc, dans ce pays-là, un
ornement royal précieux.
Sublime
révélation de la gloire future
réservée à l'Eglise, son corps
mystique, destinée à être sa
couronne de Gloire dans toutes les
générations, aux siècles des
siècles.
Hors du mystère du
péché, hors du mystère du mal,
hors du mystère de ce monde en
révolte dans lequel les valeurs du Royaume
semblent être méconnues et
incertaines, Dieu, dans sa toute sagesse, a su
tirer de ce chaos, un peuple qui porte son nom, et
proclame sa vérité dans les
générations futures, et un joyau
précieux pour orner la couronne royale de
son Fils bien-aimé, afin de montrer dans les
siècles à venir, l'infinie richesse
de sa grâce, par sa bonté envers nous
en Jésus-Christ.