Parabole du
trésor
Le royaume
de Dieu est encore semblable à un
trésor caché dans un champ. L'homme
qui l'a trouvé le cache; et, dans sa joie,
il va vendre tout ce qu'il a, et achète ce
champ.
Matthieu 13: 44.
Dans les quatre paraboles que
nous venons de considérer, nous avons vu le
Roi s'adresser Lui-même à la foule qui
l'entourait, et qui, sans être coeur et
âme avec Lui, s'intéressait
néanmoins aux progrès et revers de la
formation du Royaume qu'Il proclamait. Il brossa
à cette foule, sous la forme de paraboles,
un tableau qui était à la
portée de tous, et par lequel elle pouvait
comprendre que le progrès du Royaume
dépendait de la nature du terrain et de la
semence, et que les revers de son
développement provenaient tout à la
fois du résultat de l'activité d'un
ennemi, du développement anormal de l'oeuvre
commencée, ainsi que d'influences
mauvaises.
Nous voulons maintenant
considérer les trois suivantes que le
Seigneur a adressées exclusivement aux
disciples, et qui nous présentent le sujet
sous son angle divin.
Parlant à la foule, le
Maître fait un exposé des
manifestations extérieures sur le
développement du Royaume pendant notre
économie, tel que l'homme de la rue peut le
comprendre. Ici, Il ouvre son coeur à ses
disciples, Il les introduit dans le secret de sa
pensée. Il leur fait voir la chose de plus
haut, et leur fait entrevoir les choses profondes
qui ont trait à l'établissement de
son Royaume.
D'abord il faudra nous
souvenir tout particulièrement, pour les
paraboles du trésor et de la perle, de notre
interprétation des paraboles
précédentes. Par exemple, il ne
faudra pas nous laisser influencer par
l'interprétation populaire, quelle qu'elle
soit. Secondement, il faudra conserver la
même signification des figures
interprétées par le Seigneur. Dans
cette parabole du trésor, nous rencontrons
deux figures qui nous sont familières et qui
ont été interprétées
par Jésus-Christ. Ce sont celles du champ et
de l'homme. Au sujet de la première figure,
que nous retrouvons dans les trois premières
paraboles, le Seigneur nous dit au verset
38:
«Le champ, c'est le monde»; ainsi le
champ dans lequel le trésor est
trouvé, puis caché, c'est le monde.
La deuxième figure est celle de l'homme, que
nous avons déjà
considéré comme le Fils de l'Homme,
Jésus-Christ.
Ceci suffit pour prouver
dès le début que
l'interprétation populaire qui fait du
trésor, le Salut, ou Jésus-Christ (ce
qui revient au même), et l'homme qui l'a
trouvé, le pécheur, est
entièrement inexacte.
Le texte nous dit que le
trésor est caché dans le champ, image
du monde, Jésus-Christ n'est pas de ce
monde, Il est le pain qui vient du ciel. le salut
vient d'En haut, non d'ici-bas, ce n'est pas la
terre qui s'élève vers le ciel, c'est
le ciel qui se penche sur la terre. Nous, nous
l'aimons parce qu'Il nous a aimés le premier
(1 Jean 4: 19). Celui qui trouve le trésor
achète le champ, symbole du monde. Celui qui
trouve Jésus-Christ abandonne le monde au
lieu de l'acheter. «Celui qui trouve le
trésor le cache, celui qui trouve
Jésus-Christ, au lieu de le cacher, le
confesse» (Marc 8: 38). Celui qui trouve le trésor
dans ce monde vend tout ce qu'il a et achète
le champ. Qu'est-ce que le pécheur a qu'il
puisse vendre afin d'acheter son salut? Le
prophète ne déclare-t-il pas que la
plus belle justice de l'homme est semblable
à un vêtement souillé?
(Esaïe 64: 5). Nicodème, l'homme
érudit, moral, religieux, impeccable dans sa
conduite, s'entend dire : Si tu ne nais de nouveau,
tu ne pourras voir le Royaume de Dieu ni y entrer.
Alors, comment un homme, quel qu'il soit, peut-il
espérer retirer un profit, devant Dieu, de
sa propre justice, que Dieu évalue à
un vêtement souillé? Et que peut-on
acheter avec un vêtement souillé? Un
mont-de-piété donnerait-il un sou en
échange d'un paquet de vieux vêtements
souillés? En outre, le salut est-il en
vente, ou offert gratuitement comme un don de Dieu?
Que dit l'apôtre Paul à ce sujet?
«Tous ont péché et sont
privés de la gloire de Dieu, et ils sont
gratuitement justifiés par sa grâce,
par le moyen de la Rédemption qui est en
Jésus-Christ.» Cependant, malgré
ces déclarations si précises et si
convaincantes on entend fréquemment dire,
tout en admettant que le salut est offert par sa
grâce, que le pécheur doit payer le
prix de son salut par le renoncement à
lui-même, par l'abandon de son
péché, par une volte-face de sa vie
passée, etc., etc. Si ce renoncement, cet
abandon, cette volte-face sont des conditions de
salut, le salut n'est pas gratuit, ce n'est pas un
don; mais un dû. En outre, pouvons-nous faire
des oeuvres acceptables aux yeux de Dieu, avant que
nous ayons passé par la nouvelle naissance?
Ainsi toutes ces choses appartiennent au programme
des oeuvres, et l'apôtre nous dit: «Nul
ne sera justifié devant lui par les oeuvres
de la loi» (Rom. 3: 10). L'âme qui s'est laissé
saisir par Jésus-Christ, qui a
accepté le don de Dieu, et qui a
passé de la mort à la vie par sa
grâce renonce à elle-même,
abandonne son péché, fait volte-face
au chemin large dans lequel elle marchait; mais non
pour obtenir les grâces de son Dieu, car elle
sait qu'elle ne sera jamais digne d'une faveur
quelconque (Luc 17: 10).
Ce changement de vie sera le
résultat inévitable de sa conversion,
dicté non par un esprit de gain, ou de
crainte, comme le ferait un mercenaire, ou un
esclave; mais dicté par un esprit d'amour
que Dieu lui a donné pour le pousser
à agir comme un fils envers son père,
éliminant tout ce qui pourrait l'attrister
et accomplissant ce qui peut le
réjouir.
Si le trésor n'est pas
le salut, c'est-à-dire Jésus-Christ,
et si ce trésor est dans ce monde, que
peut-il bien être ? C'est Israël
(Ps. 135 : 4 et Exode 19 : 5). Le monde a été
créé pour faire éclater la
sagesse infinie de Dieu. Présentement cet
éclat est voilé.
La créature que Dieu a
placée en Eden comme gouverneur de cette
terre s'est laissé séduire par
Lucifer, elle lui a vendu pour ainsi dire son droit
d'aînesse. En d'autres termes, Adam, par sa
chute, est devenu, ainsi que ses descendants,
l'esclave, et Satan, le Prince de ce monde.
Les principes du Royaume se
sont effacés, la loi de la jungle a pris
leur place. Le monde est devenu un monde de
cruauté, d'égoïsme et d'orgueil.
Mais au sein de ce chaos, où tout
était noir, obscur et bouleversé,
Dieu a pu voir la possibilité de
réaliser un trésor qu'Il appelle
«Son Peuple» et dans lequel Il voit les
éléments latents pour la
réalisation de l'établissement de son
Royaume sur la terre, où Sa gloire
éclaterait. Dans sa joie Il vend tout ce
qu'Il a pour acheter le champ , «Lui qui s'est
fait pauvre de riche qu'Il était, afin que
par sa pauvreté nous fussions enrichis»
(2 Cor. 8: 9). Et que dire de la joie qu'Il
éprouva à la perspective de voir se
réaliser son Royaume. Cette joie
éclate dans ces paroles du prophète
Esaïe (52: 1-3).
«Réveille-toi! réveille-toi!
revêts ta parure, Sion! Revêts tes
habits de fêtes, Jérusalem, ville
sainte! Car il n'entrera plus chez toi ni
incirconcis, ni impur, secoue ta poussière,
lève-toi, mets-toi sur ton séant,
Jérusalem! Détache les liens de ton
cou, captive, fille de Sion! Car ainsi parle
l'Eternel: c'est gratuitement que vous avez
été vendus, et ce n'est pas à
prix d'argent que vous serez rachetés»
A ce sujet nous pourrions lire encore les passages
suivants: Esaïe 49 : 13; 65 : 18-19; 62 : 4-7,
et d'autres encore.
Israël a connu une
histoire glorieuse, Salomon n'a été
surpassé en puissance, en richesse, en
gloire et en sagesse par aucun autre de la terre.
Mais selon la prescience divine, Israël a
rejeté son Messie, et par un acte solennel,
le Messie rejeté a tourné le dos
à son peuple. Il l'a dispersé parmi
les nations. Les nations sont devenues pour
Israël comme des sépulcres qui gardent
ses ossements desséchés depuis de
nombreux siècles. C'est le trésor
caché, doublement caché, caché
premièrement par cette dispersion parmi les
nations, et caché par le caractère
particulier de sa race. Qui peut voir
présentement dans le peuple juif, ce peuple
méprisé, rejeté,
persécuté, un trésor? Et
pourtant c'est bien le trésor de la
parabole. Sa valeur est mise en relief par le prix
qui a été payé pour son
acquisition (car Jésus est venu
premièrement pour les siens, le peuple
choisi) ainsi que par ce qu'il produira lorsqu'il
sera mis en évidence. «Alors que tu
étais délaissée, haïe et
solitaire, je ferai de toi un sujet d'orgueil
à jamais, la joie des
générations futures»
(Esaïe 60 : 15) et «toutes les nations seront
bénies en toi» (Galates 3: 8).
Mis en évidence !
Voici le mot, ce trésor, Israël,
sortira de ses sépulcres selon la parole de
l'Eternel (Ezéchiel 37: 13). «Je vous rassemblerai de
toutes les nations et de tous les lieux où
je vous ai chassés, dit l'Eternel, et je
vous ramènerai dans le lieu d'où je
vous ai fait aller en captivité»
(Jérémie 29 :
14).
Le peuple d'Israël
retournera en Palestine, les uns attirés par
les avantages matériels que leur offre le
pays, les autres pour fuir simplement leurs
persécuteurs, accomplissant ainsi la
prophétie de Jérémie
(16: 16).
Ce retour, n'étant pas animé par un
mouvement de repentance, ni même par un
simple sentiment religieux quelconque, ne les
sauvera pas de leurs persécuteurs. Que dit
le prophète Ezéchiel à ce
sujet: «Comme on rassemble l'argent, l'airain,
le fer, le plomb et l'étain, dans le
creuset, et qu'on souffle le feu pour les fondre,
ainsi je vous rassemblerai dans ma colère et
dans ma fureur, et je vous mettrai au creuset pour
vous fondre. Je vous rassemblerai, et je soufflerai
contre vous avec le feu de ma colère, et
vous serez fondus au milieu de
Jérusalem» (Ezéchiel 22).
Mais le jour vient où
Israël se convertira au sein de la Grande
Tribulation, qui doit venir sur le monde entier
pour éprouver les habitants de la terre.
«Alors je répandrai sur la maison de
David et sur les habitants de Jérusalem un
esprit de grâce et de supplication, et ils
tourneront les regards vers moi, celui qu'ils ont
percé. Ils pleureront sur lui comme on
pleure sur un premier-né» (Zach. 12: 10).
A la suite de cette
conversion d'Israël, le peuple choisi de Dieu,
ce trésor caché, deviendra
l'instrument du Roi des rois, pour
l'établissement du Royaume. C'est en ces
temps-là que la connaissance de l'Eternel
remplira la terre, comme le fond des mers par les
eaux qui le couvrent (Esaïe 11 : 9) et que les nations auront pleinement
conscience de la présence de ce
trésor, ainsi que l'exprime l'Eternel. en
ces termes : « Il viendra encore des peuples
et des habitants d'un grand nombre de villes. Les
habitants d'une ville iront à l'autre, en
disant: Allons implorer l'Eternel et chercher
l'Eternel. des armées. Nous irons aussi et
beaucoup de peuples et de nombreuses nations
viendront chercher l'Eternel des armées
à Jérusalem et implorer l'Eternel.
Ainsi parle l'Eternel des Armées: En ces
jours-là, dix hommes de toutes les langues
des nations saisiront un Juif par le pan de son
vêtement, et diront: Nous irons avec vous,
car nous avons appris que Dieu est avec vous»
(Zacharie 8: 20-23).