Parabole de
l'ivraie
versets
24-30.
Le royaume
de Dieu est semblable à un homme qui a
semé une bonne semence dans son champ. Mais,
pendant que les gens dormaient, son ennemi vint,
sema de l'ivraie parmi le blé, et s'en alla.
Lorsque l'herbe eut poussé et donné
du fruit, l'ivraie parut aussi. Les serviteurs du
maître de la maison vinrent lui dire:
Seigneur, n'as-tu pas semé une bonne semence
dans ton champ? D'où vient donc qu'il y a de
l'ivraie? Il leur répondit: C'est un ennemi
qui a fait cela. Et les serviteurs lui dirent:
Veux-tu que nous allions l'arracher? Non, dit-il,
de peur qu'en arrachant l'ivraie, vous ne
déraciniez en même temps le
blé. Laissez croître ensemble l'un et
l'autre jusqu'à la moisson, et, à
l'époque de la moisson, je dirai aux
moissonneurs: Arrachez d'abord l'ivraie, et liez-la
en gerbes pour la brûler, mais amassez le
blé dans mon grenier.
Matthieu 13: 24-30.
La première parabole
que nous venons de considérer nous a
donné d'abord l'image d'un champ qui est en
grande partie réfractaire à la
culture, puis celle de la bonne semence qui a
été semée dans la bonne terre
et qui n'a produit qu'une récolte moyenne. A
ces constatations s'en ajoute une troisième
qui nous sera révélée par
l'ivraie.
Nous suivons la même
méthode pour l'étude de cette
parabole que pour la précédente.
Premièrement jeter un coup d'oeil sur le
tableau qu'elle nous offre, puis considérer
l'interprétation du Maître, et, en
troisième lieu, déduire de cela les
instructions qu'elle contient pour
nous-mêmes.
Dans le tableau qui nous est
présenté, il y a trois choses
prédominantes qui attirent notre attention.
En premier lieu c'est l'image du champ
ensemencé par le propriétaire. Ici
nous n'avons rien qui ne soit parfaitement normal.
Mais voilà qu'apparaît, dans ce
même champ, un deuxième personnage qui
jette de l'ivraie parmi le blé qui vient
d'être semé. Ce deuxième semeur
ne peut être qu'un ennemi. Cet ennemi est un
transgresseur de l'ordre établi. Il n'a
aucun droit sur ce terrain, et il en a
lui-même pleinement conscience, comme le
montre sa manière de faire. Il vient de
nuit, en sourdine, pendant que les gens du
maître dorment. Cela fait ressortir sa
poltronnerie et sa lâche détermination
de faire le mal par amour du mal, par pure haine
contre le propriétaire légitime du
champ. Lui-même n'a rien à gagner en
exécutant son acte scandaleux, alors que le
propriétaire a tout à perdre.
La semence qu'il choisit pour
empoisonner le champ, confirme sa
détermination de nuire à
l'extrême. L'ivraie qu'il sème est une
plante enivrante dont la graine est
vénéneuse, certains pensent
même que l'ivraie est un blé
dégénéré. Dans tous les
cas, le fait est qu'elle est très
ressemblante au blé, dans sa germination et
son développement. Ce n'est que lorsqu'elle
atteint sa maturité qu'on peut la distinguer
nettement du bon grain, et c'est ce qui la rend
particulièrement redoutable.
La troisième chose qui
nous frappe dans ce récit, c'est l'attitude
du propriétaire devant la constatation du
mal accompli. «Laissez croître ensemble
l'un et l'autre jusqu'à la moisson»,
dit-il. Premièrement par
considération pour le bon grain, de peur
qu'en arrachant l'ivraie, le blé ne soit
déraciné, puis pour donner une
magistrale démonstration de ce qu'est
véritablement l'ivraie. En laissant
croître l'un et l'autre jusqu'à la
moisson, il sera facile de discerner sans erreur
l'un de l'autre, sur la base de leur propre
manifestation. Cette manifestation justifiera sans
contredit leur destinée. L'ivraie sera
liée en gerbes et brûlée, alors
que le bon grain sera amassé dans le grenier
du maître.
Considérons maintenant
l'interprétation que nous donne le Seigneur
du champ, puis du deuxième semeur, et, en
troisième lieu, de la moisson (versets
36-43).
Sur le premier point, le
Maître nous dit: «Celui qui sème
la bonne semence, c'est le Fils de l'homme; le
champ, c'est le monde». Le mot
«monde», employé ici, n'est pas le
même que celui qui est employé plus
loin et qui se trouve dans cette phrase du verset
39: «La fin du monde». Dans le
premier cas, au verset 38, le monde est, comme nous
l'avons déjà dit dans la parabole
précédente, le monde physique avec
tout ce qu'il renferme, alors qu'au verset
39, le mot
« monde » fait allusion à notre
société humaine, à notre
civilisation, à l'ère
chrétienne dans laquelle nous vivons.
Ce monde physique, cette
création tout entière qui soupire et
souffre les douleurs de l'enfantement (Rom. 8 : 22), attend avec un ardent désir
la manifestation des Fils de Dieu (Rom. 8 : 19), c'est-à-dire le
résultat complet de la semence qui a
été jetée en terre par le
divin semeur.
N'oublions jamais que ce
monde appartient à Dieu, et que Dieu, dans
sa miséricorde, a placé ici et
là, des fils du Royaume (verset 38) pour
qu'ils apportent par leur vie de
consécration, par leur témoignage
vivant, une puissance de
régénération et de vie, qui
enraye le péché, et produit la
guérison, afin de tarir la source des larmes
et transforme les soupirs en chants
d'allégresse, pour qu'ils fassent
prévaloir dans leur entourage les principes
divins du Royaume de Dieu leur Père. La
grande espérance du Divin Semeur, en
ensemençant son champ, est d'établir
son Royaume sur la terre, réalisant ainsi la
prophétie d'Esaïe 11 : 9, qui déclare qu'un jour
«la terre sera remplie de la connaissance de
l'Eternel comme le fond de la mer par les eaux qui
la recouvrent».
Allons un pas plus loin et
considérons l'explication du Seigneur sur le
deuxième semeur et sa semence. Le Seigneur
nous dit que celui qui a semé l'ivraie est
un ennemi, cet ennemi est un transgresseur, un
usurpateur qui occupe une situation à
laquelle il n'a nullement droit. Oh! si nous
pouvions, nous les rachetés de
Jésus-Christ, nous rendre bien compte de
cette vérité, nous lui
résisterions jusqu'au sang chaque fois qu'il
veut nous tenter. Et combien nous avons besoin
d'apprendre à mieux connaître cet
adversaire, car s'il n'est pas omniscient, ni
omnipotent, il dépasse de beaucoup en
connaissance et en force les limites
assignées à l'homme.
Pour quant à son
origine nous ne connaissons rien de positif. Il
semblerait par certains passages que Satan
était un chérubin protecteur, aux
ailes déployées, plein de sagesse et
de beauté, placé sur la Sainte
Montagne de Dieu (symbole du gouvernement de Dieu)
en Eden, le jardin de Dieu, au milieu de pierres
étincelantes (image de créatures
rationnelles splendides), voir 1 Pierre 2: 4-6, comme gouverneur d'une
création préhistorique. Cet astre
brillant, ce fils de l'aurore... fut intègre
dans ses voies depuis le jour où il fut
créé jusqu'à celui où
l'iniquité a été
trouvée en lui et où il a dit en son
coeur: Je monterai au Ciel,
j'élèverai mon trône au-dessus
des étoiles de Dieu... je serai semblable au
Très-Haut.. Son coeur s'est
élevé à cause de sa
beauté, mais ayant corrompu sa sagesse, Dieu
l'a précipité de sa montagne
sainte... Il le fit disparaître du milieu des
Pierres étincelantes (voir Esaïe 14: 12-14; Ezéch. 28: 12-15). Ces paroles n'auraient-elles pas
une portée beaucoup plus grande que celle
que pourrait faire soupçonner celui à
qui elles sont adressées, le roi de Tyr? Ce
qui est intéressant de savoir, c'est qu'un
grand nombre d'éminents serviteurs de Dieu,
tels que C. I. Scofield, R. A. Torrey, James Gray,
I. M. Haldiman, A. C. Geabelein et beaucoup
d'autres encore, pensent ainsi.
Au premier verset de la
Genèse il est dit. «Au commencement
Dieu créa les cieux et la terre.» De
quand date ce commencement? Nul ne le sait. Tout ce
que nous savons, c'est qu'au commencement, lorsque
Dieu créa les cieux et la terre, Il les
créa parfaits. En lisant le deuxième verset et les versets 23-26 du
quatrième chapitre de Jérémie,
nous voyons la terre informe et vide,
c'est-à-dire dans un état de complet
bouleversement. Que s'est-il passé entre le
premier et le deuxième verset de la
Genèse? Si nous regardons notre
planète, nous voyons qu'en effet elle porte
partout les marques d'un cataclysme universel. Je
me rappelle avoir vu, il y a bien des
années, dans un énorme rocher qui
avait été coupé pour la
création d'une me dans le nord de New-York,
les restes énormes d'un arbre gigantesque
pétrifié par les siècles. En
Suisse .nous sommes bien placés pour
constater les traces d'un tel
phénomène.
Ce cataclysme ne serait-il
pas le résultat d'un jugement divin sur une
création préhistorique qui se serait
élevée contre Dieu? Il y a là
certainement matière à
réfléchir.
Au troisième verset, nous voyons l'Esprit de Dieu
à l'oeuvre pour la réorganisation de
notre planète bouleversée. Lorsque ce
monde fut recréé, que le chaos fut
remplacé par l'ordre, que cette terre
réorganisée fut embellie et enrichie
des beautés naturelles qui
réjouissent nos yeux et répondent
à nos besoins, Dieu créa l'homme
à son image et à sa ressemblance, en
connaissance, en justice et en sainteté. Il
le plaça en Eden, comme gouverneur de cette
terre renouvelée. C'est là, dans cet
Eden, que nous voyons pour la première fois
la présence de Satan. D'où vient-il,
et que vient-il faire dans ce nouvel Eden?
Ne serait-ce vraiment pas cet
ange déchu qui vient en vengeur chercher
à séduire nos premiers parents, et
ruiner ainsi cette création nouvelle, en y
introduisant le péché? Regardez comme
il se présente à Eve et la
méthode qu'il emploie pour la faire tomber.
C'est sous la forme d'un serpent qu'il se
présente, créature dotée d'une
grande beauté et d'une grande souplesse,
élégante, subtile et
séduisante. Il ne faut évidemment pas
voir le serpent d'alors comme celui que nous
connaissons. Le serpent d'aujourd'hui est une
créature maudite (Gen. 3 : 14). Avant sa malédiction
c'était une créature merveilleuse,
comme l'indique son nom. Le mot serpent, en
hébreu est «Nachash», qui veut
dire «Resplendissant». Il se tenait
debout comme on peut en juger par le 14me verset mentionné plus haut. Nous
savons également qu'il se déguise en
ange de lumière (2 Cor. 11 : 14) pour insinuer le doute: «Dieu
a-t-il réellement dit?» n'avez-vous pas
mal compris sa pensée! Puis il ment. Il est
le Père du mensonge (Jean 8: 44) et nous voyons dans notre parabole
son oeuvre néfaste d'empoisonnement par le
moyen de l'ivraie. Et pourquoi l'ivraie, et non une
autre semence telle que le chardon ou toute autre
graine de ce genre? C'est que l'ennemi veut
produire la plus grande confusion en
répandant parmi le bon grain une mauvaise
semence de même apparence afin de rendre
impossible le discernement de l'une d'avec l'autre.
Sa grande préoccupation dans son oeuvre
diabolique est d'imiter autant que possible les
méthodes de Celui qu'il combat pour mieux
lui nuire, et c'est là, le coeur de la
parabole. La chose prédominante qui a
frappé la pensée des disciples est
«l'ivraie». Lorsqu'ils viennent vers le
Maître pour lui demander l'explication de
cette parabole, ils ne disent pas:
«Explique-nous la parabole des deux
semeurs» ou «explique-nous la parabole de
l'ennemi», mais «explique-nous la
parabole de l'ivraie».
Maintenant que pouvons-nous
retirer pour notre plus grand profit de cette
parabole? Premièrement n'oublions jamais que
la méthode de notre redoutable adversaire
est celle de l'imitation. S'il y a un don
particulièrement précieux,
après celui de l'amour, pour notre
époque si artificielle, c'est bien celui du
discernement. Satan se déguise en ange de
lumière, c'est un loup en vêtement de
brebis, c'est un beau parleur qui endort la
conscience (Eph. 5: 6). C'est un organisateur qui
crée des sectes pernicieuses pour
répandre de fausses doctrines dans le but
d'élargir la route du Sinaï et
d'obstruer celle du Calvaire, pour exalter le
sacrifice de Caïn et flétrir celui
d'Abel; pour jeter les
chrétiens dans la voie de Balaam :et les
perdre dans la mondanité, pour jeter le
doute et la consternation dans le camp du peuple de
Dieu, en faisant disparaître les limites
existantes entre le bien et le mal, entre la
vérité et l'erreur, entre l'homme de
Dieu et l'homme du monde. Triste
réalité présente.
Deuxièmement, il ne
faut pas confondre l'ivraie avec les non croyants.
Les non croyants ne sont pas
précisément de l'ivraie. L'ivraie a
été jetée dans la bonne terre
et non dans les trois parties du champ qui sont
nettement défavorables à la bonne
semence. L'ivraie représente ainsi
uniquement cette puissance diabolique de Satan,
«les Fils du Malin», qui est
utilisée pour la destruction de la foi.
Ainsi l'ennemi n'a aucune raison de se soucier des
multitudes réfractaires à la Parole
de Dieu. Il les possède. Ce qu'il vise, ce
sont «les Fils du Royaume» plantés
dans la bonne terre. C'est pourquoi, «priez
sans cesse» (1 Thess. 5: 17).
Troisièmement, il est
bon de se souvenir que les deux semences doivent
grandir ensemble jusqu'au terme de la moisson. Le
propriétaire ne doit pas céder au
découragement que pourrait lui causer la
présence de l'ivraie.
Il est un fait certain: le
mal se développe de plus en plus. La
perversité devient diabolique à
mesure que nous traversons les siècles.
Aujourd'hui, le mal est plus satanique qu'il ne
l'était dans les générations
passées, car il est plus fourbe, plus
rusé, plus perfide, le mal a atteint un
raffinement de cruauté inimaginable.
D'un autre côté
, le bien n'est pas non plus resté
stationnaire, il a grandi, il n'est
développé, les forces du Royaume se
sont accrues. Nous pouvons à ce sujet
répéter les paroles apocalyptiques
«que celui qui est injuste soit encore
injuste, que celui qui est souillé se
souille encore, et que le juste pratique encore la
justice, et que celui qui est saint se sanctifie
encore. Voici je viens bientôt et ma
rétribution est avec moi pour rendre
à chacun selon son oeuvre»
(Apoc. 22: 11-12).
La fin de notre
économie est proche, nous marchons
rapidement vers l'écroulement complet de
notre civilisation, mais ce ne sera pas la fin de
ce monde physique. Il y a des questions importantes
qui ont rapport à cette époque, mais,
comme elles, ne sont pas mentionnées
directement dans cette parabole, nous les passerons
sous silence.
Après cette
économie, lorsque l'ivraie aura
été rassemblée et
détruite par le feu du jugement, le
blé sera rassemblé dans le grenier
divin. Alors il y aura sur cette terre une
économie nouvelle, purifiée de
l'ivraie, qui s'épanouira dans la gloire
sous, la présence immédiate du Roi
des rois.