Un semeur sortit pour semer. Comme
il semait, une partie de la semence tomba le long
du chemin: les oiseaux vinrent et la
mangèrent. Une autre partie tomba dans les
endroits pierreux, où elle n'avait pas
beaucoup de terre: elle leva aussitôt, parce
qu'elle ne trouva pas un sol profond; mais, quand
le soleil parut, elle fut brûlée et
sécha, faute de racines. Une autre partie
tomba dans la bonne terre: elle donna du fruit, un
grain en rapporta cent, un autre soixante, un autre
trente. Que celui qui a des oreilles pour entendre
entende.
Matthieu 13: 4-9.
Cette parabole est une des
deux que le Maître a
interprétées Lui-même, de sorte
que nous ne rencontrons aucune difficulté
dans son interprétation.
Les points qui nous
intéressent sont les suivants: Le semeur, la
semence, le champ et la moisson. Le semeur est le
Fils de l'homme (verset 37). La
semence ce sont les fils du Royaume (verset
38),
c'est-à-dire, ceux qui ont reçu dans
leur âme le message divin. C'est cette parole
qui était avec Dieu, qui était Dieu,
et qui a été faite chair et à
laquelle nous avons été
identifiés par le moyen de la foi, c'est
nous, c'est moi, c'est cette parole vécue
par les enfants de Dieu. Le champ c'est le monde
(verset 8), ce
monde physique avec tout ce qu'il renferme. C'est
cette création tout entière qui
soupire et souffre les douleurs de l'enfantement
(Rom. 8 : 22). La moisson, ce sont les fruits de
la semence, l'influence qui a été
produite en faveur du Royaume par la semence, en
d'autres termes, les oeuvres des croyants. Ainsi
quel est l'enseignement que nous pouvons retirer de
cette première parabole?
L'enseignement que nous en
retirons est simplement navrant. Le coeur de Dieu a
dû être étreint de souffrance
devant la vision d'un monde si hostile, si rebelle,
si réfractaire à sa
vérité, ainsi que de constater le
fait qu'une partie de sa semence a perdu de sa
vitalité par son contact avec
l'homme.
Considérons
premièrement le monde imagé par le
champ. Une partie tombe le long du chemin,
c'est-à-dire dans un monde
indifférent, incrédule, endurci, qui
n'a pas une pensée pour Dieu, et qui, de ce
fait, ne peut pas comprendre les choses de la vie
à venir qui lui sont prêchées.
Le malin (illustré par les oiseaux, comparez
v. 4 avec
19) ne
rencontre aucune difficulté pour
empêcher toute puissance de vie de
s'épanouir, ou même de germer dans un
tel milieu.
Une autre partie tombe dans
les endroits pierreux où il n'y a pas
beaucoup de terre, elle lève aussitôt,
mais périt faute de racines,
c'est-à-dire dans un monde religieux, mais
sans le moindre besoin spirituel. Facilement
entraîné avec la foule à crier
aujourd'hui: « Hosanna béni soit Celui
qui vient au nom du Seigneur», et, demain,
à crier avec la même
détermination: « Qu'Il soit
crucifié». Un monde dans lequel
l'émotion joue un grand rôle, mais
où la volonté reste figée, de
sorte que le résultat, dans cette partie du
terrain, est le même que dans la
précédente.
Une autre partie tombe parmi
les épines, et est étouffée
par elles. Triste spectacle d'un monde religieux,
qui a conscience de son état devant Dieu,
mais qui, hélas! étouffe ce besoin de
Dieu par les soucis du siècle
présent, et par les attractions de la vie
matérielle et ses multiples plaisirs d'un
jour, en sorte que là encore, la semence ne
produit aucun fruit.
Une autre partie tombe dans
la bonne terre, et produit son fruit. Symbole d'un
monde qui a pleinement conscience du besoin de Dieu
et qui est disposé à lui
obéir. La semence jetée dans un tel
terrain ne peut rester sans effet, un grain en
porte cent, un autre soixante, un autre
trente.
Cette partie du champ a tout
pour assurer une bonne et abondante moisson, la
terre est bonne, et en excellente condition, elle
n'est ni piétinée, ni envahie de
pierres, de ronces ou d'épines. Il n'y a
rien qui puisse entraver l'éclosion de la
semence et son développement, et pourtant
nous sommes obligés d'admettre que la
récolte n'est pas ce que l'on aurait pu
attendre. Elle n'est pas de nature à
réjouir et à encourager le
Maître. Où se trouve la cause de ce
désappointement? Se trouve-t-elle uniquement
dans le terrain ou devons-nous la chercher
également dans la semence? Pour les trois
premières parties du domaine, nous pouvons
admettre que le terrain est pour une bonne part
responsable de l'insuccès des semailles,
quoique pas entièrement, mais pour la
quatrième partie, la responsabilité
ne peut pas être imputée au terrain.
La semence seule doit être responsable.
Jetons un coup d'oeil sur cette semence. Le
Maître Lui-même nous dit, dans son
interprétation, que la semence ce sont les
fils du Royaume (verset 38) et
nous avons vu, au début de cette
étude, que les fils du Royaume
étaient l'expression de la parole
incarnée, vécue chez les enfants de
son peuple. Par exemple nous sommes, vous et moi,
cette semence, si ayant reconnu notre état
de péché devant Dieu, nous avons
accepté la Parole faite chair,
Jésus-Christ, comme substitut, et que par la
foi, nous avons été identifiés
à Lui. La semence est donc le peuple de
Dieu. Chaque croyant est ainsi un grain de cette
semence divine.
Et y a eu, il est vrai,
à travers tous les siècles, des
âmes d'élite, foncièrement
consacrées à Dieu, des âmes qui
n'ont compté ni leur temps, ni leur argent,
ni leur peine, qui se sont données corps et
biens, qui ont surmonté tous les obstacles,
accepté tous les sacrifices, qui se sont
inclinées devant toutes les humiliations et
qui ne se sont point lassées dans leur
zèle, et qui sont devenues, par leur
obéissance à Dieu, des instruments
puissants pour la conversion de milliers
d'âmes: Mais à part ces âmes
d'élite, qui ont produit le maximum, combien
n'ont produit que le soixante pour cent et
même que le trente pour cent. Et que dire du
nombre plus grand encore de ceux qui n'ont
absolument rien produit, et qui, pourtant, ont
reçu la vérité et sont devenus
par elle des ,enfants de Dieu, cette parole
incarnée. Hélas! ils n'ont jamais
amené une âme à la connaissance
de la vérité, comme si ce travail
était exclusivement réservé
aux serviteurs de Dieu, n'ayant jamais reconnu que
tout croyant est en Jésus-Christ,
prêtre et sacrificateur pour Dieu
(1 Pierre 2: 9). Ainsi leur témoignage n'a
pas eu plus d'efficacité que celui de Lot en
pleine ville de Sodome, par suite de
l'inconséquence de leur foi. Convertis, mais
gardant un coeur divisé, comme Naaman, ils
sont disposés à se recueillir dans la
Maison de Dieu, sans vouloir, pour cela, rompre les
liens qui les gardent attachés à ce
monde de péché. Portés
à contempler les richesses d'En haut, ils
courtisent les biens d'ici-bas, neutralisant de ce
fait toute l'efficacité de leur
témoignage. Chrétiens! puisqu'ils se
sont identifiés par la foi en
Jésus-Christ, il n'y a pas de doute sur ce
fait; mais hélas! leur salut n'est suivi
d'aucune oeuvre. Ils sont sauvés comme
à travers le feu (1 Cor. 3 : 15), sans laisser après eux une
oeuvre qui subsiste à la gloire de Dieu,
sans avoir influencé le monde au milieu
duquel ils ont été placés. Ils
ont juste assez de vie pour se maintenir dans la
foi; mais sans puissance pour attirer des
âmes à Jésus-Christ. Vie
nettement négative, ne faisant ni bien, ni
mal. Qu'en est-il de toi, mon cher lecteur? Peux-tu
affirmer avec véhémence, sous le
regard de Dieu, qu'il n'en est pas ainsi pour toi?
Que Dieu le veuille, et qu'Il t'aide à te
consacrer tout à nouveau à son saint
service, avant l'heure dernière.