Comment gagner des
âmes
"Veille sur toi-même et sur ton
enseignement ; persévère dans ces choses, car, en
agissant ainsi, tu te sauveras toi-même, et tu sauveras ceux
qui t'écoutent" (1 Timothée 4 :16).
Dans cet article, je désire ardemment
faire à mes frères plus jeunes dans le ministère
certaines suggestions sur la manière de prêcher
l'Evangile, afin que des âmes soient amenées au salut.
Ces suggestions résultent de beaucoup de recherches, de
beaucoup de prière à propos de l'enseignement de la
Parole de Dieu, et de nombreuses années d'expérience
pratique.
Telle que je la comprends, l'exhortation
reproduite au début de cet article concerne le thème, le
déroulement, et le style de la
prédication.
Le problème est le suivant: Comment
allons-nous gagner entièrement des âmes à Christ
? Il est certain que nous devons parvenir à détacher
les pécheurs d'eux-mêmes.
1. Les pécheurs sont des êtres
moralement libres, rationnels et responsables.
2. Ils sont en rébellion contre Dieu et complètement aliénés. Ils
sont remplis de préjugés
et entièrement engagés à
combattre Dieu.
3. Ils sont entièrement engagés
à satisfaire leurs désirs personnels. C'est le but de
leur vie.
4. Ils sont en permanence plongés
dans la dépravation morale. La source de leur
péché est en eux-mêmes. Toutes leurs mauvaises
actions en découlent par une loi naturelle. C'est leur 46
coeur mauvais" qui explique leur volonté de faire le mal.
C'est lui qui a besoin d'être radicalement changé.
5. Dieu est infiniment bienveillant, mais les
pécheurs inconvertis sont infiniment égoïstes. Ils
sont donc radicalement
opposés à Dieu. Ils n'ont
qu'un seul désir : satisfaire leurs appétits et leurs
passions, que la Bible appelle "les désirs de la chair." Ils
"s'affectionnent" aux choses du monde, ce qui fait d'eux des ennemis
de Dieu.
6. Cette opposition à Dieu est
volontaire. Elle doit être vaincue, et ne peut l'être que
par la Parole de Dieu, rendue efficace par l'enseignement du
Saint-Esprit.
7. L'Evangile permet d'atteindre ce but. Quand
il est présenté avec sagesse, nous pouvons avec
confiance nous attendre à ce que le Saint-Esprit
coopère efficacement avec nous. C'est cela que Jésus a
voulu dire, en nous donnant cette mission : "Allez, faites de toutes
les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du
Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce
que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours,
jusqu'à la fin du monde" (Matthieu 28:11).
8. Si nous manquons de sagesse et de logique
spirituelle, si nous ne présentons pas l'Evangile dans son
ordre naturel, nous ne pouvons aucunement prétendre à
une aide divine.
9. Pour gagner des âmes, comme pour
toutes choses, Dieu agit en accord avec un certain nombre de lois
naturelles. Si donc nous voulons gagner des âmes, nous devons
utiliser avec sagesse les moyens adéquats. Nous devons
présenter les vérités de l'Evangile dans un
ordre qui puisse être compris par les lois naturelles de
l'intelligence et de la pensée. Si notre logique spirituelle
est fausse, cela nous égarera beaucoup. Nous agirons dans
l'ignorance et nous nous opposerons souvent à l'action du
Saint-Esprit.
10. Il faut convaincre les pécheurs
qu'ils sont ennemis de Dieu. Ils ne connaissent pas Dieu. Ils
ignorent donc souvent que leur coeur est opposé à Dieu.
"C'est par la loi que vient la connaissance du péché"
(Romains 3:20). C'est par la loi que le pécheur se forme sa
première idée véritable de Dieu. C'est par la
loi qu'il apprend tout d'abord que Dieu est parfaitement
bienveillant, et infiniment opposé à tout
égoïsme. Il est donc nécessaire que la loi de Dieu
soit opposée avec toute sa majesté à
l'égoïsme et à l'inimitié du
pécheur.
11. La loi produit une irrésistible
conviction de sa justice. Aucun être moral ne peut en
douter.
12. Tous les hommes savent qu'ils ont
péché, mais tous ne sont pas convaincus de la
culpabilité et des conséquences
funestes du péché. La
plupart sont insouciants. Ils ne ressentent pas le fardeau du
péché, ni les horreurs et les terreurs du remords. Ils
n'ont aucune conscience de leur condamnation ni de leur état
de perdition.
13. C'est pourquoi il leur est impossible de
comprendre et d'apprécier le moyen de salut que leur
présente l'Evangile. Nous ne pouvons demander ou accepter un
pardon, de manière intelligente et
sincère, que lorsque nous voyons et comprenons la
réalité et la justice de notre
condamnation.
14. Il est absurde de supposer qu'un
pécheur insouciant, qui n'est pas convaincu de
péché, puisse accepter avec intelligence et
reconnaissance le pardon que lui offre l'Evangile, tant qu'il n'a pas
compris que Dieu était juste en le condamnant. La conversion
à Jésus-Christ est un changement intelligent. Il faut
être convaincu des conséquences funestes du
péché pour accepter la miséricorde de Dieu. Sans
cette conviction, l'âme ne comprend pas son besoin de
miséricorde, et l'offre divine sera rejetée. L'Evangile
n'est pas une bonne nouvelle, pour un pécheur insouciant et
non convaincu de péché.
15. Le caractère spirituel de la loi de
Dieu doit être inlassablement présenté à
la conscience du pécheur, jusqu'à ce que sa propre
justice soit éliminée. Il faut qu'il puisse se tenir
devant un Dieu saint sans rien avoir à Lui répliquer,
et en se condamnant lui-même.
16. Certains hommes sont déjà
convaincus de leur péché. Le prédicateur peut
leur présenter Christ sans tarder, en espérant qu'Il
sera accepté. Mais ces cas sont exceptionnels. La très
grande majorité des pécheurs sont insouciants. Ils
n'ont aucune conviction de péché. Il ne faut pas
supposer qu'ils ont déjà cette conviction et qu'ils
sont prêts à accepter Christ. Il ne faut donc pas les
presser trop vite d'accepter le Seigneur. Ce serait mettre la charrue
avant les boeufs. Notre enseignement serait inintelligible. Nous nous
apercevrions que nous nous sommes trompés, quelles que soient
les apparences, même si des décisions étaient
prises. Cette présentation de l'Evangile peut donner un espoir
aux pécheurs. Mais ce serait un faux espoir, à moins
que le Saint-Esprit fasse Lui-même ce que le prédicateur
a omis de faire. Il faut absolument passer par toutes les
étapes de la présentation de la
vérité.
17. Lorsque la loi a accompli son oeuvre,
lorsqu'elle a éliminé toute propre justice, et
acculé le pécheur à accepter la
miséricorde divine, il faut alors lui faire comprendre qu'il
court le grand danger de voir s'exécuter la peine
attachée à la violation de la loi.
18. C'est à ce moment précis
qu'il faut faire comprendre au pécheur qu'il ne doit pas
espérer être pardonné sans que la justice de Dieu
soit satisfaite, simplement parce que Dieu est bienveillant. Il faut
que la justice divine soit satisfaite pour que la bienveillance de
Dieu puisse pardonner le péché. Si la justice
n'était pas satisfaite en même temps que s'exerce la
miséricorde, cela signifierait que Dieu accepterait de
sacrifier Sa justice
universelle au bien d'un
individu.
Dieu ne fera jamais cela.
19. Cet enseignement va persuader le
pécheur de la nécessité de trouver un moyen de
satisfaire la justice
universelle de Dieu.
20. C'est le moment de lui présenter
l'expiation comme une réalité
révélée, pour le
persuader de considérer Christ comme Celui qui a
été offert pour son propre péché. Il faut
insister sur cette réalité
révélée, et
souligner que Dieu a accepté la mort de Christ à la
place de la mort du pécheur. Cette vérité doit
être reçue comme étant le témoignage de
Dieu.
21. Le pécheur est déjà
écrasé de contrition par la puissance de conviction de
la loi. Il sera naturellement rempli de dégoût pour
lui-même, en recevant la révélation de l'amour de
Dieu manifesté dans la mort de Christ. Il éprouvera
alors cette tristesse selon Dieu dont on n'a pas besoin de se
repentir. Dans cette lumière, le pécheur ne peut plus
se justifier lui-même. Dieu est saint et glorieux, tandis que
lui n'est qu'un pécheur, sauvé par la grâce
souveraine de Dieu.
Cet enseignement peut être plus ou moins
formel en fonction des âmes auxquelles vous vous adressez,
selon leur capacité de réflexion, leur intelligence et
leur degré d'attention.
22. Ce n'est pas un hasard si la dispensation
de la loi a précédé celle de la grâce.
C'est dans l'ordre naturel des choses. Cela s'accorde avec les lois
mentales de l'homme. Plus que jamais, la loi doit frayer le chemin
à l'Evangile. Si vous négligez cette
vérité lorsque vous instruisez des âmes, vous
ferez naître presque à coup sûr de fausses
espérances. Vous définirez de mauvais critères
de vie chrétienne, et vous remplirez l'Eglise de convertis
superficiels. Le temps vous le prouvera.
23. Il faut prêcher la
vérité aux personnes présentes. Il faut la
présenter de telle manière que chacun se sentira
personnellement concerné par ce que vous dites. Il faut qu'on
puisse dire de vous : "Il ne prêche pas, mais il explique ce
que les autres prêchent. Il semble s'adresser personnellement
à moi!"
24. Cette manière de prêcher
attirera l'attention de vos auditeurs, qui ne feront plus attention
à la longueur de votre prédication. Ils se fatigueront
s'ils ne voient aucun intérêt personnel dans ce que vous
dites. Vous devez absolument les intéresser à ce que
vous dites pour pouvoir les convertir. Quand leur
intérêt est ainsi retenu, et qu'ils suivent avec
attention votre sujet, ils se plaindront rarement de la longueur de
votre sermon. Presque toujours, quand les gens se plaignent de la
longueur d'un sermon, c'est parce que nous n'avons pas réussi
à les intéresser personnellement à
ce que nous disons.
25. Il peut y avoir plusieurs raisons pour
lesquelles nous n'arrivons pas à retenir leur
intérêt : nous ne nous sommes pas adressés
à eux personnellement; nous manquons d'onction et de
sérieux; nous manquons de clarté et de force ; nous
manquons en tout cas de quelque chose que nous devrions
posséder. Il est indispensable que nous leur fassions
comprendre que c'est Dieu qui leur parle en même
temps que nous.
26. Ne croyez pas que votre piété
personnelle suffira à vous permettre de gagner des âmes.
Ce n'est que l'une des conditions de votre succès. Vous devez
avoir du bon sens et de la sagesse spirituelle pour adapter les
moyens au but recherché. Il faut employer avec sagesse tous
les éléments vous permettant d'atteindre votre objectif
: le sujet, la manière de le présenter, l'ordre des
arguments, le temps et le lieu.
27. Pour convertir des âmes, Dieu peut
parfois Se servir d'hommes qui ne sont pas spirituels, mais qui
possèdent cette sagesse naturelle leur permettant d'adapter
les moyens au but qu'ils recherchent. Mais la Bible nous indique
clairement que ce sont des cas exceptionnels. Même s'il est
spirituel,
un chrétien sera incapable de gagner des âmes à
Christ s'il ne possède pas cette sagesse, et s'il ne sait pas
adapter les moyens nécessaires au but recherché.
28. L'instruction que vous donnez aux
âmes doit être adaptée à leur intelligence.
Quelques vérités simples, exposées avec sagesse
et illuminées par le Saint-Esprit, suffisent à
convertir des enfants. Je répète que ces
vérités doivent être exposées avec
sagesse, car les enfants sont aussi des pécheurs. Ils ont
besoin d'être placés sous la loi, comme un
précepteur, pour être amenés à Christ, et
pouvoir être justifiés par la foi. On s'apercevra
tôt ou tard que de soi-disant conversions à Christ
étaient superficielles, parce que l'on a négligé
le travail préparatoire de la loi. Jésus-Christ n'a pas
été reçu comme le Sauveur du péché
et de la condamnation.
29. Quant aux pécheurs
éduqués et cultivés, qui, après tout,
n'ont pas de conviction de péché et sont sceptiques
dans leur coeur, ils ont besoin d'une présentation de la
vérité bien plus approfondie et complète. Il
faut que le filet de l'Evangile enveloppe entièrement ces
professionnels, et qu'ils n'aient aucune possibilité de
s'échapper. Quand on les traite de cette manière, plus
ils sont intelligents, et plus on est certain de les voir se
convertir. Je me suis rendu compte qu'une série de
conférences s'adressant à des avocats, lorsqu'elles
sont adaptées à leur manière de penser et de
raisonner, constitue un moyen extrêmement sûr de les
conduire à la conversion.
30. Si nous voulons réussir à
gagner des âmes, nous devons savoir observer. Nous devons
étudier les caractères des individus, et tenir compte
des réalités de l'expérience. Nous devons
exposer à la conscience des hommes de toutes classes les
vérités observées et
révélées.
31. Assurez-vous de bien expliquer les termes
que vous employez. Avant ma conversion, je n'ai jamais entendu
quelqu'un m'expliquer d'une manière intelligible les termes de
repentance, foi, régénération, et conversion. On
m'a expliqué que la repentance était un sentiment. La
foi m'a été présentée comme un
acte ou un
état intellectuel, et non comme un acte volontaire de confiance.
La régénération m'a été
présentée comme une sorte de changement physique dans
ma nature, produit directement par la
puissance
du Saint-Esprit, alors qu'il s'agit en réalité d'un
changement volontaire dans les préférences
ultimes de
l'âme, changement produit par l'illumination du
Saint-Esprit. Même la conversion m'a été
présentée comme étant l'oeuvre du Saint-Esprit,
mais en cachant le fait qu'il s'agit d'une décision
personnelle du pécheur, lorsqu'il est persuadé par le
Saint-Esprit.
32. Insistez bien sur le fait que la repentance
implique une renonciation volontaire à tout
péché, et qu'elle est un changement radical de notre
attitude devant Dieu.
33. Insistez aussi sur le fait que la foi qui
sauve est une confiance en Christ qui
vient du coeur, qu'elle est agissante
par l'amour, qu'elle purifie le coeur, et qu'elle triomphe du monde.
Si notre foi manque de l'un de ces attributs, ils ne s'agit pas de la
foi qui sauve.
34. Il faut demander au pécheur de faire
un certain nombre d'opérations
mentales. Il doit comprendre
lesquelles. Si notre manière de penser est mauvaise, cela
conduit dans l'erreur, et peut tromper d'une manière fatale
l'âme qui cherche la vérité. Les pécheurs
sont souvent conduits sur des voies de traverse. On essaye de leur
faire sentir quelque chose au lieu de les inciter à prendre
les décisions de leur volonté qui
s'imposent. Avant ma conversion, personne ne m'a
expliqué de manière intelligible quelles étaient
les opérations mentales que Dieu exigeait de moi.
35. Le caractère trompeur du
péché rend l'âme qui recherche la
vérité extrêmement exposée à
être séduite. Il faut donc que ceux qui enseignent la
parole de Dieu aillent droit au but, et explorent soigneusement tous
les recoins où le pécheur pourrait se cacher pour y
trouver un refuge trompeur. Soyez aussi complet et précis que
vous le pourrez, pour qu'il soit pratiquement impossible, pour
l'âme qui cherche, de s'accrocher à un faux
espoir.
36. Ne craignez pas d'aller au fond des choses.
Ne faites preuve d'aucune fausse pitié, et ne mettez pas
d'emplâtre sur une plaie qui a besoin d'être
nettoyée en profondeur. Ne craignez pas de décourager
le pécheur, lorsqu'il est convaincu de péché.
N'ayez pas peur de le faire fuir en le sondant jusqu'à la
moelle de ses os. Si le Saint-Esprit oeuvre en lui, plus vous
sonderez le pécheur, et mieux vous lui couperez toute
retraite. Il ne pourra plus continuer à pécher
tranquillement.
37. Si vous voulez conduire une âme au
salut, n'épargnez aucune main droite, aucun oeil droit, aucune
idole chérie. Veillez bien à ce que le pécheur
renonce à toute forme de péché. Insistez sur le
fait qu'il doive demander pardon à tous ceux qu'il a
offensés. Demandez-lui de faire une restitution
complète à tous ceux qu'il a pu léser, autant
qu'il lui sera possible. Ne manquez pas d'expliquer les enseignements
de Christ sur ce sujet. Quelle que soit la personnalité du
pécheur, faites-lui clairement comprendre qu'il ne peut pas
être un disciple de Christ s'il ne renonce pas à tout ce
qu'il possède. Dites-lui bien qu'il doit totalement se
consacrer à Dieu, avec toutes les capacités de son
corps et de son intelligence, avec tout ce qu'il possède, et
avec tout ce qu'il est. Montrez-lui clairement qu'il doit, pour
être accepté par Dieu, renoncer totalement à
lui-même et à toutes choses, et qu'il ne s'appartient
plus.
38. Vous devez vous-même comprendre que
la foi et la repentance véritables impliquent tout ce qui
vient d'être dit. Sans cela, il n'y a aucune véritable
consécration. Si vous le pouvez, faites-le comprendre au
pécheur.
39. Rappelez constamment au pécheur
qu'il a affaire à Christ en personne. Montrez-lui que
c'est Dieu en Christ qui cherche à le réconcilier avec
Lui-même, et que la condition de cette réconciliation
est qu'il abandonne entre les mains de Dieu sa volonté
personnelle et son être tout entier. Il ne doit pas en garder
une miette pour lui.
40. Affirmez-lui que Dieu lui a donné la
vie éternelle, et que cette vie est dans Son Fils. Dites-lui
que Christ a été fait pour lui 46 sagesse, justice,
sanctification et rédemption." Rappelez-lui que c'est en
Christ qu'il trouvera un plein et complet salut.
41. Quand vous serez sûr que l'âme
a compris et accepté cet enseignement, et que Christ lui a
été révélé, rappelez-lui qu'il lui
faut absolument persévérer jusqu'à la fin. C'est
encore une condition du salut. Vous devrez à présent
travailler avec ardeur à empêcher une âme de
rétrograder. Vous devrez l'aider à vivre dans une
sanctification permanente, pour qu'elle soit définitivement
scellée pour la gloire éternelle.
42. N'est-il pas vrai que lorsque des convertis
rétrogradent, cela indique très souvent un grave
défaut dans l'enseignement qu'ils ont reçu sur ce sujet
? Pourquoi tant d'heureux convertis, quelques mois à peine
après leur conversion apparente, perdent leur premier amour,
perdent toute ferveur spirituelle, négligent leurs devoirs, et
vivent comme ceux du monde, en n'étant plus que des
chrétiens de nom ?
43. Un prédicateur réellement
efficace est celui qui non seulement gagne des âmes à
Christ, mais aussi les garde à Christ. Il doit s'occuper non
seulement de leur conversion, mais aussi de leur sanctification
permanente.
44. Rien n'est plus clair dans la Bible que la
promesse d'une sanctification
permanente. "Que le Dieu de paix vous
sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être,
l'esprit, l'âme et le corps, soit conservé
irrépréhensible, lors de l'avènement de notre
Seigneur Jésus-Christ ! Celui qui vous a appelés est
fidèle, et c'est lui qui le fera" (1 Thessaloniciens 5
:23-24). Il s'agit là, sans l'ombre d'un doute, d'une
prière de l'apôtre pour que nous soyons conservés
dans une sanctification permanente dans cette vie. Cette
prière est assortie d'une promesse expresse que c'est Celui
qui nous a appelés qui le fera.
45. Les Ecritures nous enseignent que nous ne
sommes scellés du Saint-Esprit promis qu'après avoir cru. Ce
scellement constitue un gage de notre salut. "En lui vous aussi,
après avoir entendu la parole de la vérité,
l'Evangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez
été scellés du Saint-Esprit qui avait
été promis, lequel est un gage de notre
héritage, pour la rédemption de ceux que Dieu s'est
acquis, à la louange de sa gloire" (Ephésiens 1
:13-14). Ce scellement, ce gage de notre héritage, est ce qui
nous assure notre salut. C'est pourquoi l'apôtre dit, dans
Ephésiens 4 :30 : "N'attristez pas le Saint-Esprit de Dieu,
par lequel vous avez été scellés pour le jour de
la rédemption." Il ajoute, dans 2 Corinthiens 1 :21-22 : "Et
celui qui nous affermit avec vous en Christ, et qui nous a oints,
c'est Dieu, lequel nous a aussi marqués d'un sceau et a mis
dans nos coeurs les arrhes de l'Esprit." Nous sommes ainsi
affermis
en Christ, et oints du Saint-Esprit. Nous sommes aussi scellés par le
gage de
l'Esprit dans notre coeur. Notez bien que nous recevons cette
bénédiction après avoir cru, comme nous le dit
Paul dans l'Epître aux Ephésiens déjà
citée. Il est donc d'une extrême importance d'apprendre
aux convertis à ne se satisfaire de rien d'autre
qu'une sanctification
permanente, étant scellés
et affermis en Christ par cette onction spéciale du
Saint-Esprit.
46. Frères, il est donc
nécessaire que nous sachions aussi ce que cela
représente dans notre propre vie et que nous l'ayons
nous-mêmes expérimenté. Sinon, nous ne pourrons
pas conduire des convertis dans cette expérience. Nous
échouerons lamentablement dans notre enseignement, en laissant
de côté ce qui constitue la richesse et la
plénitude de l'Evangile.
47. Il faut comprendre que si une telle
expérience est rare parmi les prédicateurs, elle sera
discréditée dans les Eglises. Il sera ensuite presque
impossible à un prédicateur isolé de surmonter
l'incrédulité de son Eglise et de lui faire accepter
cette doctrine. Elle mettra en doute cet enseignement, car il y en a
si peu qui le prêchent et qui le croient. Si son pasteur
insiste, l'Eglise dira que l'expérience personnelle de ce
dernier n'est due qu'à son tempérament particulier.
L'Eglise ne pourra pas recevoir cette onction à cause de son
incrédulité. Dans ces circonstances, il est d'autant
plus nécessaire d'insister beaucoup sur l'importance et le
privilège de la sanctification permanente.
48. Le péché est cause par une
mentalité charnelle. Pécher, c'est obéir aux
désirs de la chair et des pensées charnelles. La
sanctification permanente est une consécration totale et
permanente à Dieu. Elle implique le refus d'obéir aux
désirs de la chair ou des pensées humaines. Quand nous
sommes baptisés et scellés par le Saint-Esprit, nous
pouvons vaincre la puissance des désirs charnels. Nous sommes
fortifiés dans notre volonté de résister
à l'impulsion de nos désirs. Nous pouvons demeurer en
permanence dans une offrande complète de tout notre être
à Dieu.
49. Si nous restons silencieux sur ce sujet, on
peut naturellement en conclure soit que nous sommes dans l'ignorance
à ce propos, soit que nous ne sommes nous-mêmes jamais
passés par cette expérience. Cela sera
inévitablement une pierre d'achoppement pour l'Eglise.
50. Il s'agit indéniablement d'une
importante doctrine, clairement enseignée par l'Evangile. Nous
y trouvons en vérité la richesse et la plénitude
de l'Evangile. En omettant d'enseigner cette doctrine, nous privons
l'Eglise de son héritage le plus riche.
51. Le témoignage donné par
l'Eglise dans ce domaine a été lamentable. Il en est de
même, dans une grande mesure, pour le témoignage
donné par les ministères. L'Eglise a été
privée de cet héritage. Est-il donc étonnant
qu'elle rétrograde ? Il est vrai qu'un petit nombre de
chrétiens fidèles continuent, ça ou là,
à insister sur cette doctrine. Mais leur témoignage est
presque réduit à néant par le
contre-témoignage et le silence coupable de la grande masse
des témoins de Christ.
52. Chers frères, quand je parle de
sanctification permanente, mes convictions sont fermes et mes
sentiments profonds. Je ne vous cache donc pas que, pour moi, le peu
de succès de la prédication de l'Evangile, je le
crains, est dû au fait que les prédicateurs
eux-mêmes ne sont pas passés par cette
expérience, pour beaucoup d'entre eux. Je ne vous le dis pas
comme un reproche, ce n'est pas mon intention. Il n'est pas
étonnant que beaucoup d'entre vous ne soient pas passés
par cette expérience. C'est votre formation spirituelle qui a
été défectueuse. On vous a conduits à
adopter un autre point de vue sur ce sujet. Pour beaucoup de raisons,
vous avez fini par rejeter cette doctrine bénie de notre
glorieux Evangile. Vous ne l'avez pas crue. Bien entendu, vous n'avez
donc pas pleinement reçu Christ dans votre coeur.
Peut-être que cette doctrine de la sanctification permanente a
représenté pour vous une pierre d'achoppement. Mais je
vous supplie d'abandonner vos idées préconçues.
Osez vous tourner à présent vers Christ en Le
considérant comme votre sagesse, votre justice, votre
sanctification et votre rédemption. Vous verrez s'Il ne vous
donne pas infiniment au-delà de tout ce que vous pourrez
demander ou penser!
53. Nous ne devons permettre à aucun
homme, qu'il soit chrétien ou pécheur, de vivre en paix
en pratiquant un péché quelconque. Autant que nous le
pouvons, nous ne devons permettre à personne d'espérer
entrer un jour au ciel, s'il continue à pratiquer un
péché
quelconque. Notre exigence et nos
exhortations doivent être sans cesse : "Soyez saints, car Dieu
est Saint!" "Soyez parfaits comme votre Père céleste
est parfait !" Rappelons-nous comment Christ a conclu Son remarquable
Sermon sur la Montagne. Après avoir expose à Ses
auditeurs ces vérités extraordinairement profondes, Il
leur a demandé d'être parfaits, comme Son Père
céleste est parfait. Puis Il a conclu en leur affirmant que
personne ne pouvait être sauvé sans accepter Ses
enseignements, ni sans leur obéir. Au lieu d'essayer de faire
plaisir à ceux qui vivent dans leur péché, nous
devons continuellement nous efforcer de les persuader d'en
sortir!
Frères, faisons-le, si nous ne voulons pas avoir nos
vêtements tachés par leur sang. Si nous
persévérons dans cette attitude, si nous prêchons
constamment avec onction et puissance, et si nous demeurons dans la
plénitude de la doctrine de Christ, nous pouvons nous attendre
avec joie à nous sauver nous-mêmes, et à sauver
ceux qui nous écouteront!