Chapitre 1
La puissance d'en haut
J'ai eu l'occasion de faire une intervention
devant certains membres de notre dernier Conseil, à Oberlin.
Je me suis tout d'abord exprimé le samedi matin, puis le jour
du Seigneur. Permettez-moi, en m'exprimant dans vos colonnes, de
corriger certains malentendus produits par mes remarques. J'avais
attiré l'attention sur la mission de l'Eglise, qui est de
faire de toutes les nations des disciples, comme il est écrit
dans Matthieu et dans Luc. J'avais aussi souligne que cette mission
avait été confiée par Christ à l'Eglise
tout entière, et que chaque membre de l'Eglise se trouvait
dans l'obligation de consacrer sa vie à convertir le monde.
J'avais ensuite posé deux questions : 1) De quoi avons-nous
besoin pour réussir cette grande oeuvre ? 2) Comment
pouvons-nous obtenir ce dont nous avons besoin ?
Réponses:
1. Nous avons besoin d'être revêtus
de la puissance d'en haut. Christ avait auparavant informé Ses
disciples que sans Lui, ils ne pouvaient rien faire. Quand Il leur
confia la mission de convertir le monde, "Il leur recommanda de ne
pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'attendre ce que le
Père avait promis, ce que je vous ai annoncé, leur
dit-il; car Jean a baptisé d'eau, mais vous, dans peu de
jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit" (Actes 1 :4-5).
Christ nous a expressément avertis que la condition
indispensable pour que nous puissions accomplir l'oeuvre qu'Il nous a
confiée était que nous soyons revêtus de cette
puissance d'en haut, de ce Baptême du Saint-Esprit qui avait
été promis par le Père.
2. Comment l'obtenir ? Christ l'a formellement
promis à toute l'Eglise, et à tous ceux qui travaillent
à la conversion du monde. Il a averti les premiers disciples
de ne rien entreprendre tant qu'ils n'auraient pas été
revêtus de cette puissance d'en haut. Cette promesse et cet
avertissement concernent également tous les chrétiens
de toutes les époques et de toutes les nations. Personne n'a
jamais pu prétendre réussir cette mission sans avoir
d'abord obtenu ce revêtement de puissance d'en haut. L'exemple
des premiers disciples nous enseigne de quelle manière nous
devons rechercher ce revêtement. Ils se sont d'abord
consacrés à cette mission. Puis ils ont
persévéré dans les prières et les
supplications jusqu'à ce que le Saint-Esprit descende sur eux,
le jour de la Pentecôte. Ils ont alors reçu ce
revêtement de puissance d'en haut, selon la promesse qui leur
avait été faite. C'est donc de la même
manière qu'il nous faut aussi le recevoir.
Le Conseil a désiré que je
développe ce sujet. En conséquence, le jour du
Seigneur, j'ai pris comme sujet de ma prédication le passage
où Christ affirme que le Père désire donner le
Saint-Esprit à ceux qui Le Lui demandent, bien plus que nous
désirons donner de bonnes choses à nos enfants.
1. J'ai dit que ce texte nous informe qu'il est
infiniment aisé d'obtenir le Saint-Esprit, ainsi que ce
revêtement de puissance venant du Père.
2. Ceci est un constant sujet de prière.
Tout le monde le demande dans la prière, à tout moment.
Pourtant, malgré toute cette intercession, combien peu
nombreux, comparativement, sont ceux qui sont réellement
revêtus de l'Esprit de puissance venant d'en haut! Ce besoin
n'est pas satisfait. Tout le monde se plaint constamment que nous
avons besoin de puissance. Christ a dit : "Celui qui demande
reçoit." Mais il y a certainement un abîme entre le fait
de demander et celui de recevoir. Cela est une grande pierre
d'achoppement pour beaucoup de chrétiens. Comment donc
expliquer cette contradiction ?
J'ai alors entrepris de montrer pourquoi cette
puissance n'est pas reçue. Voici ce que j'ai dit :
1. Nous ne voulons pas, tout compte
fait, obtenir ce que nous désirons et demandons.
2. Dieu nous a formellement prévenus que
si nous conservons l'iniquité dans notre coeur, Il ne nous
entendra pas. Mais celui qui prie est souvent trop indulgent envers lui-même. C'est de l'iniquité, et Dieu ne l'entendra
pas.
3. Nous n'avons pas d'amour.
4. Nous critiquons.
5. Nous nous confions en
nous-mêmes.
6. Nous résistons à la conviction
de péché.
7. Nous refusons de confesser nos
péchés à tous ceux qui sont
concernés.
8. Nous refusons de restituer ce que nous
devons à ceux que nous avons lésés.
9. Nous avons des préjugés et
nous soupçonnons le mal.
10. Nous avons du ressentiment.
11. Nous avons un esprit de vengeance.
12. Nous avons des ambitions mondaines.
13. Nous nous sommes engagés à
faire quelque chose, et, par malhonnêteté, nous
négligeons de le faire et refusons toute lumière
supplémentaire.
14. Nous ne pensons qu'à notre
dénomination.
15. Nous ne pensons qu'à notre
assemblée.
16. Nous résistons aux enseignements du
Saint-Esprit.
17. Nous attristons le Saint-Esprit par nos
disputes.
18. Nous éteignons le Saint-Esprit par
notre entêtement à justifier le mal.
19. Nous attristons le Saint-Esprit parce que
nous ne veillons pas assez.
20. Nous Lui résistons en faisant preuve
d'indulgence envers notre mauvais caractère.
2 1. Nous ne sommes pas honnêtes dans les
affaires.
22. Nous sommes indolents et impatients lorsque
nous nous attendons au Seigneur.
23. Nous faisons preuve d'égoïsme
sous des formes très diverses.
24. Nous sommes négligents dans nos
affaires, dans l'étude de la Parole et dans la
prière.
25. Nous nous laissons trop absorber par nos
affaires ou nos études, au détriment de la
prière.
26. Nous ne sommes pas totalement
consacrés.
27. En dernier lieu, ce qui est le plus grave,
nous résistons au Saint-Esprit par notre incrédulité.
Nous prions pour obtenir ce revêtement de puissance, sans nous
attendre à le recevoir. "Celui qui ne croit pas Dieu le fait
menteur." Il s'agit là, par conséquent, du plus grand
de tous les péchés. Quelle insulte, quel
blasphème, que d'accuser Dieu de mentir!
J'ai été obligé de
conclure que ces formes de péché dans lesquels nous
nous complaisons, parmi bien d'autres, suffisent à expliquer
pourquoi nous recevons si peu, malgré la multitude de nos
prières. J'ai dit ensuite que je manquais de temps pour
traiter la deuxième partie de mon sermon. Par la suite,
certains frères m'ont demandé : "De quoi traite la
deuxième partie ?" La deuxième partie présente
l'assurance que nous recevrons le revêtement de puissance
promis, et que nous réussirons à gagner des âmes.
Mais il faut pour cela nous demander quelles sont les conditions
d'une prière victorieuse, telles qu'elles nous sont clairement
révélées, et comment remplir ces
conditions.
Remarquez que ce que j'ai dit le jour du
Seigneur concernait le même sujet, et complétait ce que
j'avais déjà dit précédemment. Mais je me
suis aperçu qu'il y avait un malentendu, auquel j'ai
déjà fait allusion. Certains croient en effet qu'il
nous suffit de nous débarrasser de toutes les formes de
péché qui nous empêchent de recevoir ce
revêtement, et que nous n'avons pas besoin de faire autre chose
pour avoir cette bénédiction. Ils pensent que nous
n'avons besoin de rien de plus.
Réponse:
Il y a une grande différence entre la
paix et la
puissance
du Saint-Esprit dans notre âme. Les disciples étaient
chrétiens avant le jour de la Pentecôte. De ce fait, ils
avaient déjà une mesure du Saint-Esprit. Ils ont
certainement dû avoir la paix que procure le pardon des
péchés et la justification. Pourtant, ils n'avaient pas
encore reçu le revêtement de puissance nécessaire
à l'accomplissement de la mission qui leur avait
été confiée. Ils avaient la paix que Christ leur
avait donnée, mais pas encore la puissance qu'Il leur avait
promise. Ceci est certainement vrai pour tous les chrétiens.
Là réside, je pense, la grande erreur de l'Eglise et
des ministères. Ils se contentent de la conversion, sans
rechercher ce revêtement de puissance d'en haut jusqu'à
ce qu'ils l'aient obtenu. C'est la raison pour laquelle tant de
chrétiens n'ont aucune puissance devant Dieu et devant les
hommes. Ils n'obtiennent rien de l'un ni des autres. Ils s'accrochent
à une espérance en Christ. Ils commencent même
à exercer un ministère, sans tenir compte de
l'avertissement d'attendre jusqu'à ce qu'ils aient reçu
la puissance d'en haut.
Que chacun apporte donc au trésor de
Dieu toutes les dîmes et les toutes offrandes. Qu'il les
dépose sur l'autel, et qu'il mette ainsi Dieu à
l'épreuve. Il verra alors si Dieu n'ouvrira pas les
écluses des cieux, et s'Il ne déversera pas sur lui la
bénédiction avec une telle abondance qu'il manquera de
place pour la recevoir !