Le feu du réveil
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Lettre 9 Pourquoi y a-t-il
si peu de réveils?
Je me réjouis de voir
que l'Eglise commence à se préoccuper de la question
suivante: "Pourquoi n'y a-t-il pas plus de réveils, et
pourquoi leur nature a-t-elle changé?" Elle se demande aussi
ce qui peut être fait pour obtenir des réveils qui
soient d'une nature désirable et permanente.
Mes chers frères,
j'espère, et je crois, que ne m'en voudrez pas si je vous
dévoile ma pensée sur ce sujet avec une grande
franchise. L'état de l'Eglise, le déclin des
réveils, et la situation générale du monde
chrétien le réclament.
J'ai lu dans diverses revues
certaines raisons invoquées pour expliquer le déclin
des réveils, l'absence de leur influence vivifiante, et
l'absence de puissance dans la prédication de l'Evangile.
Quelles que soient par ailleurs
les raisons du grand déclin des réveils, il me semble
que nous, serviteurs de Dieu, nous devrions considérer que
notre propre état spirituel est certainement l'une des raisons
de ce déclin, pour ne pas dire la raison principale et
fondamentale. Ne cherchons pas hors de nous-mêmes la cause
fondamentale de ce problème. Nous manquons de sanctification
personnelle et d'onction. Nous avons peu de puissance dans la
prière et dans la prédication de la Parole. Nous
n'avons pas assez de sainteté dans notre vie, ni de
consécration à l'oeuvre de renoncement à soi.
Nous mettons peu d'énergie à exercer notre
ministère. Voilà, sans aucun doute, les principales
raisons pour lesquelles les réveils sont aujourd'hui si peu
nombreux, si espacés dans le temps, et si superficiels.
En réalité, les
ministères se sont dans un large mesure égarés
dans de vaines disputes. Ils consacrent leur attention à la
politique de l'Eglise, au gouvernement de l'Eglise et à toutes
sortes de procédures ecclésiastiques. Les
ministères ont cessé de lutter pour réveiller
ceux qui ne sont pas dans l'Eglise, et pour ramener l'Eglise à
la sainteté. La situation est alarmante et le préjudice
extrême.
Je fais appel à vous,
mes frères de toutes dénominations, pour vous demander
si vous ne reconnaissez pas ce que je viens de dire comme une
réalité de votre expérience et de votre
observation personnelles. Les ministères, dans une large
mesure, se sont laissés distraire de l'oeuvre fondamentale de
la conversion des pécheurs et de la sanctification de
l'Eglise. Ceci est alarmant. Mais ceci est trop connu pour avoir
besoin d'être prouvé. Il suffit de lire la presse,
d'observer les remous au sein des églises, les conflits
doctrinaux et, puis-je le dire, les ambitions personnelles. Tout cela
est venu au grand jour et a été offert en pâture
au public au cours des dernières années, et
témoigne clairement du fait que la plupart des
ministères ne se préoccupent plus de rechercher le
réveil, ni la sainteté et l'entière
consécration de l'Eglise.
S'il en est ainsi, mes
frères bien-aimés, et quelles que soient les mesures
qui doivent être prises par ailleurs, ne nous revient-il pas de
reconnaître notre faute, de la confesser, de nous en attrister
et de nous en repentir, afin de recevoir une nouvelle onction pour le
ministère?
Frères
bien-aimés, il ne nous sert à rien de regarder autour
de nous pour chercher les causes de ce mal. La principale de toutes
les causes est à rechercher en nous-mêmes. Si notre
coeur est froid, notre zèle pour le réveil s'affaiblit.
Si nous sommes occupés à autre chose, si nous battons
la campagne pour assister à des conventions, des conseils et
des synodes, si nous passons notre temps à lire les critiques
acerbes publiées par les journaux, si nous nous lançons
dans la politique de l'Eglise, si nous nous agitons pour le
gouvernement de l'Eglise et pour tant d'autres choses, il n'est pas
étonnant que l'Eglise et le monde se
désintéressent complètement des réveils.
Il faut que les responsables se
mettent à l'oeuvre! Il faut que les serviteurs de Dieu soient
baptisés dans le Saint-Esprit! Il faut que nous soyons
réveillés et présents sur le champ de bataille
avec toute notre armure! Il faut que notre âme soit ointe du
Saint-Esprit! Sinon, il ne nous convient certainement pas de regarder
autour de nous pour tenter de découvrir la cause du
déclin des réveils.
Je suis sûr qu'il y a
bien d'autres causes à ce déclin. Dieu voulant, nous
les examinerons. Mais celle-ci est la plus importante. De toutes les
causes, elle est celle qui déshonore le plus le Seigneur. Les
ministères ne sont pas à l'oeuvre, et les bergers ont
d'une certaine manière abandonné leur troupeau. Je veux
dire qu'ils ne le conduisent pas dans les gras pâturages,
auprès des eaux tranquilles. Ils ne sont pas eux-mêmes
oints de l'Esprit, ni remplis de foi et de puissance, pour pouvoir
conduire l'Eglise dans le réveil.
Dans une large mesure, les
Eglises ne semblent pas très bien se rendre compte de
l'état des ministères, parce qu'elles sont
elles-mêmes rétrogrades. Le déclin d'une
piété vivante au niveau des ministères a, bien
entendu, été l'occasion d'un déclin
parallèle des Eglises. A tel point que celles-ci ne sont plus
guère conscientes de leur propre état, ni de
l'état des ministères.
J'espère, mes chers
frères, qu'en écrivant de la sorte, je ne serai pas
accusé de mépriser l'influence des ministères ni
d'encourager l'esprit de critique dans l'Eglise. Je ne voudrais
aucunement faire cela. Mais nous devons être assez francs,
humbles et honnêtes, pour regarder en face le véritable
état des choses. Nous devons confesser et abandonner nos
péchés. Nous devons nous remettre à l'oeuvre et
travailler à nouveau pour le réveil. Sinon, Dieu ne
manquera pas de nous châtier et de susciter d'autres
instruments pour accomplir Son oeuvre, en nous mettant à
l'écart. Il éloignera de nous le coeur des Eglises,
détruira l'influence que nous exerçons sur elles, et
suscitera des hommes que nous ne connaissons pas pour aller
conquérir le pays.
On voit beaucoup de conventions
diverses aujourd'hui. Mais je pense à une convention qui
serait différente de toutes les autres, et qui nous serait
fort utile. Nous devrions organiser une convention des divers
ministères, et nous réunir pour prier, pour confesser
nos péchés les uns aux autres, pour recevoir un esprit
de réveil, et pour discuter des meilleurs moyens de promouvoir
un réveil dans tout le pays. Je me réjouirais d'une
telle convention. Il me semble que, de toutes les conventions que
nous avons aujourd'hui, celle-ci serait la plus utile!
Que dire, frères? Ne
sommes-nous pas extrêmement coupables? N'est-il pas vrai que
les ministères, dans une large mesure, ont perdu l'esprit de
réveil? N'y a-t-il pas au milieu de nous une grande
insuffisante d'onction et de puissance? N'avons-nous pas
accepté passivement de nous laisser distraire de cette grande
oeuvre? Notre indifférence n'est-elle pas excessive et
criminelle?
S'il en est ainsi, mes chers
frères, ne devons-nous pas nous repentir? Ne devons-nous pas
réaliser nos fautes, les confesser aux Eglises et au monde, et
retourner en arrière pour reprendre notre bannière, au
nom du Seigneur?
J'espère que mes
frères seront patients envers moi. Car je veux insister
davantage sur les responsabilités criminelles des
ministères en ce qui concerne le déclin des
réveils, tout particulièrement ces derniers temps.
Tout le monde sait que les
ministres de Christ ont abandonné l'esprit de réveil.
Cela est évident et lamentable. Il est tout-à-fait
courant de remarquer que les ministères ont perdu, en
général, l'esprit de réveil. Ils ont beaucoup de
zèle pour toutes les questions ecclésiastiques. Ils
savent très bien manier la critique. Mais ils ont peur des
réveils, des prédicateurs de réveil, et des
tentatives faites en faveur des réveils. Ils font peu de
chose, ou même rien, pour rechercher eux-mêmes un
réveil spirituel. Je ne pense pas que ce soit vrai partout,
mais je fais une remarque générale. Elle est trop
évidente pour nécessiter d'être prouvée.
Je crois que tous en conviendront.
Mes très chers
frères bien-aimés, si les ministères ne sont pas
animés d'un esprit de réveil, il est vain
d'espérer que l'Eglise le soit. La place normale du berger est
devant le troupeau. Mais s'il essaye de pousser le troupeau devant
lui, il le dispersera dans toutes les directions. Si le berger
abandonne l'esprit de réveil, les brebis l'abandonneront aussi
tout naturellement. En revanche, si le berger progresse dans l'oeuvre
du Seigneur, les brebis le suivront partout où il les
conduira. Cela est presque évident.
Ce qui a le plus freiné
les réveils a toujours été une oeuvre de
grâce superficielle dans le coeur des ministères
eux-mêmes. Je me tromperais gravement si cela n'était
pas vrai.
Mes frères, croyez-moi,
je ne dis pas cela avec un esprit de critique. Je ne désire
pas pointer du doigt les fautes. Il s'agit là d'une pleine et
entière conviction de mon propre esprit. Mon opinion ne s'est
pas formée de manière hâtive. Elle résulte
d'une longue observation, et d'une connaissance intime d'un grand
nombre de serviteurs de Dieu de différentes
dénominations.
Quand les serviteurs de Christ
sont remplis de l'Esprit de Dieu, l'Eglise, en général,
ne sera pas rétrograde. Je le dis d'une manière
générale. Il peut y avoir certains cas où des
Eglises subissent une influence qui les empêche de rechercher
la sainteté des chrétiens et la conversion des
pécheurs, malgré tous les efforts
déployés par de responsables tout-à-faits
réveillés et vigilants. Quand il y a de grands
bouleversements politiques, de grandes crises économiques, des
périodes de grande dépression ou d'activité
intense dans les affaires ou dans la situation financière de
l'Eglise ou du monde, cela peut détourner momentanément
la majorité des chrétiens d'une profonde
spiritualité, même si les ministères restent
réveillés.
Cependant, je reste
entièrement convaincu que si les ministères sont
réveillés, s'ils prient, s'ils sont pleins de
vitalité, leur influence écartera presque toujours les
calamités et les troubles. Ils pourront pousser l'Eglise, et
la société en général, à
s'intéresser profondément aux choses spirituelles. Cela
réduira considérablement le risque de voir se produire
des guerres, des bouleversements politiques et économiques,
des spéculations et des crises. Quoi qu'il en soit, je
considère comme une vérité
générale que si les ministères sont
baptisés dans le Saint-Esprit, s'ils sont abondamment oints
d'un esprit de réveil, l'Eglise suivra. "Tel sacrificateur,
tel peuple!"
Mes frères, je crois que
si nous sommes nous-mêmes profondément animés
d'un esprit de réveil, nous allons lancer un appel aux Eglises
pour qu'elles se lèvent et recherchent le réveil. Cet
appel sera immédiatement entendu. Il suffit que les serviteurs
de Dieu se lèvent, qu'ils soient remplis de l'Esprit et
eux-mêmes réveillés. Je suis alors certain qu'il
leur suffira, où qu'ils soient dans ce pays, de prêcher
dans l'Esprit pendant trois dimanches seulement, pour voir l'esprit
de réveil renaître dans l'Eglise. Essayons seulement de
faire cette expérience! Eveillons-nous à l'importance
de ce sujet! Confessons et abandonnons nos propres
péchés! Crions à plein gosier, ne nous retenons
pas, élevons la voix comme une trompette devant l'Eglise!
Rallions la foule des élus de Dieu! S'ils sont sourds à
notre appel, cherchons encore plus sérieusement ce qu'il nous
faudra faire. Mais, tant que nous ne serons pas oints pour accomplir
cette oeuvre, ne nous permettons pas de tenter le Seigneur ni
d'abuser l'Eglise, en recherchant la cause du déclin des
réveils ailleurs qu'en nous-mêmes.
Comprenez-moi bien. Je sais que
l'Eglise est dans un état de déclin spirituel. Elle a
grandement besoin d'être vivifiée et
réveillée. Mais je crois que la cause majeure de ce
déclin de l'Eglise réside dans le fait que les
ministères se sont laissés distraire des
responsabilités qu'ils auraient dû exercer. Je crois
aussi que le seul remède à cette situation sera
trouvé lorsque ces ministères auront compris que leur
priorité absolue est d'être eux-mêmes
profondément spirituels et complètement
réveillés. Dès qu'ils l'auront compris, il se
produira un réveil général. Je ne m'attends pas
à voir un tel réveil se produire tant que les
ministères n'auront pas pleinement ouvert les yeux sur leur
propre état et sur l'état de l'Eglise.
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Lettre 10 Les causes du
déclin des réveils
Selon moi, il existe une autre
cause au déclin des réveils. Les Eglises n'ont pas
été guidées dans les bonnes voies. Elles ont
parfois été poussées à faire des efforts,
des visites, et beaucoup d'activités pour la conversion des
pécheurs. Mais elles-mêmes n'ont reçu qu'une
nourriture fort peu abondante. On leur a demandé de beaucoup
travailler en les mettant à un régime trop
léger. Elles n'ont guère entendu autre chose que des
prédications purement légalistes. Les
prédicateurs n'ont adressé leurs messages presque
exclusivement qu'aux pécheurs. Pendant des mois, ils n'ont
pratiquement pas donné à leur Eglise un seul repas
consistant. Ils ne lui ont pas présenté le
véritable Evangile. Si les chrétiens doivent travailler
pour Dieu et pour les âmes perdues, il faut qu'ils soient
nourris en abondance avec le pain du ciel. On doit leur faire
comprendre et savoir où réside leur grande puissance.
Il faut fréquemment leur présenter Christ, dans tout
Ses ministères, dans Son action, et dans Sa plénitude.
Si l'on ne fait pas cela, non seulement la piété des
chrétiens en souffrira, mais ils adopteront un esprit
légaliste. Tous leurs efforts pour convertir les païens
ne seront qu'activisme et légalisme. Dans cet état
d'esprit, ils parcourront la terre et la mer pour faire des
prosélytes, mais ils ne réussiront qu'à remplir
l'Eglise de convertis superficiels.
Sauf erreur de ma part, c'est
ce qui s'est passé, dans une mesure alarmante, pour tous les
réveils de ces dernières années. Les
chrétiens ont été si peu nourris de l'Evangile
qu'ils sont devenus légalistes, pleins de leur propre justice,
fanfarons, charnels, routiniers et incrédules. Leurs efforts
ont abouti à faire des convertis qui leur ressemblent, et
à jeter un grand discrédit sur les réveils.
Je le répète, on
a prêché trop exclusivement aux pécheurs. Les
serviteurs de Dieu n'ont pas assez servi de moelle et de graisse. Ils
n'ont pas exposé la plénitude de l'Evangile. En
agissant ainsi, ils ont porté un grand préjudice
à leur propre piété. Ils sont souvent devenus
légalistes, durs de coeur et portés à censurer.
Dans un tel état, il leur est impossible de produire un
véritable réveil spirituel. Ils ne se nourrissent pas
eux-mêmes de Christ. Ils ne demeurent pas en Dieu, et Dieu ne
demeure pas en eux. Ils ne sont donc pas en état de nourrir
l'Eglise, ni de produire un véritable réveil spirituel.
Je le répète, les
serviteurs de Dieu ont tellement craint la doctrine du
perfectionnisme, au cours de ces dernières années,
qu'ils ont trop négligé de présenter haut et
fort l'Evangile du salut, dans sa plénitude et sa perfection.
Beaucoup d'entre eux ont été complètement
égarés par les erreurs répandues à propos
de la doctrine du perfectionnisme, dans la presse qu'ils
reçoivent et qu'ils lisent.
Je me suis rendu à
l'étranger. J'ai été étonné de
voir la quantité de fausses informations circulant
là-bas, concernant les choses que nous aurions
réellement dites et enseignées, et concernant les
effets de notre enseignement sur notre Eglise et sur les autres
Eglises. Ces fausses informations ont poussé beaucoup de
serviteurs de Dieu à mettre en garde les chrétiens de
leurs Eglises contre toutes les erreurs. Ils ont
dénoncé ce qu'ils pensaient être les erreurs des
Perfectionnistes et des Sanctificationnistes. Dans la pratique, ils
n'ont abouti qu'à abaisser considérablement le niveau
de la sainteté biblique dans leurs propres Eglises. Je veux
dire que cela a été le résultat pratique. En
critiquant la doctrine de l'entière sanctification dans cette
vie, et en défendant l'idée, comme beaucoup l'ont fait,
que les chrétiens doivent s'attendre à pécher
tant qu'ils sont sur cette terre, ils n'ont pratiquement abouti
qu'à encourager leurs Eglises à rétrograder en
permanence. On a créé dans l'Eglise des
préjugés contre la doctrine de la sanctification. En
outre, si je ne me trompe, les ministères ont eux-mêmes
beaucoup soufferts dans leur propre piété. Une baisse
de spiritualité correspondante s'est donc manifestée
dans leurs Eglises.
Mes chers frères, vous
pourrez faire autant d'efforts que vous voulez, si vous continuez
à vous attarder sur ce terrain, vos Eglises vont
rétrograder à un point tel que vous en serez
vous-mêmes consternés. Ma longue expérience me
permet d'affirmer que la seule voie consiste à persuader
profondément les Eglises qu'elles doivent absolument parvenir
à "se purifier de toute souillure de la chair et de l'esprit,
en achevant leur sanctification dans la crainte de Dieu." Tout effort
pour excuser le péché, toute tentative d'affirmer
l'impossibilité pratique d'atteindre la perfection dans cette
vie, constituent les erreurs les plus grandes et les plus
désastreuses qui puissent être inculquées aux
Eglises. Comme l'a écrit un auteur anglais il n'y a pas si
longtemps: "Aucune erreur n'est aussi destructrice, et aucune ne doit
être aussi fermement dénoncée, que celle qui
consiste à dire que les chrétiens doivent s'attendre
à pécher pendant toute leur vie."
Mes frères
bien-aimés, je ne cherche pas, par mes propos, à vous
gagner à mon opinion. Mais je désire attirer votre
attention, et l'attention de l'Eglise, sur cette
réalité, et vous faire observer les résultats
que l'on obtient quand on propose des critères spirituels
moins exigeants que ceux que j'ai mentionnés.
En réalité, les
Eglises s'éloignent rapidement de Dieu, faute d'être
nourries du véritable pain de vie. En outre, les
ministères, dans une mesure vraiment alarmante, ont trop mis
leurs Eglises en garde contre la doctrine de la sanctification, et
pas assez contre le péché.
Je supplie mes frères de
prendre un autre chemin. J'exhorte aussi l'Eglise à vivre dans
la sainteté. Je veux faire connaître que Dieu nous
demande d'obéir à Sa loi et à Son Evangile.
Faites-le aussi connaître, mes frères, et vous verrez
que vous apporterez une vie de résurrection à vos
Eglises.
Ne craignez pas le
perfectionnisme. Cela ne m'étonne pas que la véritable
doctrine de la sanctification ait été confondue avec
celle du perfectionnisme dans beaucoup d'esprits. Les
défenseurs de l'une ont aussi été confondus avec
les défenseurs de l'autre. Mais, frères
bien-aimés, n'est-il pas temps pour les serviteurs de Dieu de
comprendre parfaitement quelles sont les différences entre ces
deux doctrines, et de ne plus confondre des choses qui
diffèrent tellement? Vous pourrez ainsi abandonner vos
préjugés et ne plus vous inquiéter. Vous pourrez
aussi montrer à l'Eglise comment abandonner ses propres
préjugés et ne plus s'inquiéter.
Dans ce que je viens de dire,
j'espère ne pas avoir créé des
préjugés chez mes frères. J'espère ne pas
vous avoir incités à ne plus m'écouter. Car j'ai
encore des choses à dire à propos des erreurs commises
dans la recherche des réveils. Je dois encore expliquer
pourquoi ces réveils sont devenus si rares, si espacés,
et d'une nature si superficielle. Mes chers frères, j'ai le
coeur rempli de ce sujet. J'ai beaucoup de choses à dire. Je
vous supplie de m'écouter avec patience. Recherchez
honnêtement si une grave erreur n'a pas été
commise dans la direction que je viens d'indiquer.
Je veux encore parler de
quelque chose dont les conséquences ont été
très funestes sur les réveils spirituels. Il s'agit des
fausses conceptions concernant les meilleurs moyens de promouvoir un
réveil. Si j'ai bien compris, on a actuellement une forte
tendance à s'orienter vers deux extrêmes presque aussi
nuisibles l'un que l'autre. D'un côté, il y a ceux qui
semblent rechercher un réveil sans utiliser aucun moyen
particulier. Ils disent que les réveils sont l'oeuvre de Dieu.
Ils croient donc qu'il leur suffit de continuer à faire ce
qu'ils font habituellement. Ils continuent à donner
régulièrement leurs messages hebdomadaires ou mensuels,
à avoir quelques réunions de prière
occasionnelles, etc... Ils laissent le réveil, cet
"événement," selon leur terme, à la
souveraineté de Dieu. Ils pensent que Dieu peut Se manifester
sans que nous ayons à utiliser de moyens particuliers. Ils
disent que cela reviendrait à prendre la place de Dieu dans
Son oeuvre et à produire des réveils avec notre propre
force. Il leur suffit de poursuivre leurs activités
habituelles pour le salut des âmes.
Il me semble que l'on a
négligé ici un principe de la nature humaine, qu'il
faut respecter si l'on veut travailler avec succès pour le
royaume de Dieu. Supposez qu'un homme ait l'esprit fortement
intéressé par un sujet quelconque. Si vous voulez
attirer son attention sur un autre sujet, il vous faut utiliser des
moyens propres à l'intéresser et à le stimuler.
Depuis trente ans, le monde chrétien tout entier se trouve
dans un état de grande excitation. Il se dirige vers une
grande révolution morale. Par révolution morale, je
veux parler d'une révolution dans les opinions, suivie d'une
révolution dans les comportements. On ne parle que de
réforme. On soulève l'une après l'autre de
nombreuses questions d'un intérêt profond, pour agiter
l'opinion publique. C'est Dieu qui, par Sa providence, continue
à faire pression sur les pensées des hommes, par ces
questions qui les agitent. Ce sont des questions politiques et des
questions religieuses. Tout cela produit une excitation à la
limite du supportable. En réalité, tout sujet
d'intérêt profond et fondamental pour l'humanité
a dans la presse ses avocats, ses conférenciers et ses
défenseurs, qui contribuent à fixer l'attention et
l'intérêt de l'opinion publique.
Dans ces conditions, il est
parfaitement déraisonnable d'espérer gagner l'attention
des hommes et de produire un réveil, si l'on ne fait pas des
efforts particuliers et prolongés. Le monde entretient
constamment l'intérêt du public, pour alimenter
l'agitation politique et lancer des réformes. De même,
les ministères doivent élever la voix comme une
trompette, "crier à plein gosier," et ne pas se retenir. Ils
doivent multiplier leurs efforts et leurs tentatives, à la
mesure de l'excitation manifestée par le monde pour les sujets
qui l'intéressent. Ils doivent persévérer
jusqu'à ce que, par la grâce de Dieu, l'attention de
leurs auditeurs soit captée et conservée, et que les
coeurs soient gagnés au Seigneur.
Il se peut qu'un réveil
éclate sans que l'on ait fait d'effort particulier, dans un
endroit où les gens ne s'intéressent pas vraiment
à d'autres sujets. Mais l'Eglise se trompe si elle
espère avoir un réveil sans avoir recours à des
efforts exceptionnels et prolongés. C'est parce que les
réveils sont l'oeuvre de Dieu que ces efforts sont
indispensables. Cela ne nous autorise donc pas à invoquer une
seule raison pour négliger de tels efforts. Dieu, en
bâtissant Son Royaume et en établissant Son gouvernement
sur le monde, ne viole pas les lois de l'intelligence, mais Il les
respecte strictement. Par conséquent, si nous traînons
les pieds, ou si nous craignons de faire un surcroît d'efforts,
tout en espérant obtenir un réveil, ce serait
irrationnel et absurde, alors que le monde s'enflamme pourtant
d'autres sujets. Il est vrai qu'il nous faut conserver une grande
sagesse pour ne pas commettre des actions
inconsidérées. Nous ne devons pas avoir recours
à des moyens qui ne seraient que de l'agitation et de
l'excitation inutiles, ou qui détourneraient l'attention de la
vérité. Mais il faut pourtant utiliser certains moyens
et multiplier les réunions. Les prédicateurs et les
chrétiens doivent être eux-mêmes enflammés.
Ils doivent pouvoir élever leur voix pour couvrir le bruit des
vagues et des vents de ce monde, jusqu'à ce qu'ils parviennent
à fixer l'attention des hommes. Sinon, ils ne parviendront
jamais à sanctifier les coeurs.
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