Le feu du réveil
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Lettre 6 L'excitation pendant les
réveils (1)
Je veux sans cesse revenir sur le sujet de
l'ex-citation associée aux réveils spirituels. Dans
toutes les époques de l'Eglise, il y a eu des situations
où des gens ont reçu des manifestations tellement
claires de la vérité divine qu'ils en ont
été privés de toute force physique. Cela semble
avoir été le cas de Daniel. Il perdit toute vigueur et
tomba face contre terre. Saul de Tarse semble également avoir
été terrassé et jeté à terre par
l'éclat de la gloire divine qui l'enveloppa. J'ai connu de
nombreux cas où les gens perdaient toute force physique,
lors-qu'ils recevaient la révélation de
vérités spirituelles infiniment grandes et puissantes.
A cet égard, je ferai les remarques
suivantes:
1. Il ne s'agit pas là des cas
d'excitation critiquable dont j'ai parlé dans une
précédente lettre. Dans les exemples que je viens de
citer, l'intelligence ne semble pas annihilée ni rendue
confuse. Elle est au contraire remplie de lumière.
L'intelligence ne semble pas consciente d'une quelconque excitation
inhabituelle de sa propre sensibilité. Bien au contraire, elle
semble être calme. Elle se trouve dans un état qui n'est
particulier qu'en raison de la perception d'une vérité
révélée avec une clarté inhabituelle. Il
n'y a manifestement aucune effervescence de la sensibilité
produisant des larmes, ni l'une des manifestations habituelles d'une
imagination surexcitée, ni des sentiments profondément
bouleversés. On ne remarque aucune exubérance de
sentiments propre à distraire les pensées.
L'intelligence perçoit la vérité qui lui est
révélée. S'il est vrai que le corps est
privé de toute force physique, l'intelligence peut
néanmoins contempler la gloire divine qui lui est
manifestée. Un voile semble être ôté de
l'intelligence, et la vérité est contemplée
d'une manière qui ressemble beaucoup à ce qui peut se
passer lorsque l'esprit quitte le corps. Il n'est donc pas
étonnant qu'une telle expérience subjugue le corps.
De tels cas ont souvent été des
sujets de trouble pour ceux qui en ont été
témoins. Pourtant, lorsque j'ai eu l'occasion de
contrôler l'histoire ultérieure de cas semblables, j'ai
été persuadé, en général, qu'il
s'agissait de réelles conversions. Il se peut que certaines de
ces conversions soient fausses. Mais, dans tous les cas semblables
que j'ai connus, il a été ensuite évident que
l'amour de Dieu a été profondément
déversé dans la vie de ces personnes. Leur
volonté a été amenée à une
réelle obéissance. Leur caractère a
été véritablement transformé dans le sens
le plus désirable.
Je ne me sens donc pas la liberté de
critiquer ces exemples d'excitation, si l'on peut les appeler ainsi.
L'excitation qu'ils peuvent traduire semble découler
nécessairement des claires révélations faites
à l'âme par Dieu. Une telle excitation, loin
d'être tapageuse, stupide et passionnée, comme celle que
j'ai décrite dans une précédente lettre,
ressemble à celle qui doit exister, je suppose, chez les
esprits des justes qui viennent de quitter leur corps. Je voudrais
souligner ici un juste principe: nous n'avons aucunement besoin de
craindre une excitation quelconque, quand elle est produite par la
révélation de la vérité, et quand elle
s'accorde avec un fonctionnement équilibré de
l'intelligence. Mais tout ce qui va au delà de cette limite
est certainement désastreux. En général, les cas
de prostration physique dont j'ai parlé semblent se produire
sans qu'aucun moyen extérieur n'ait été
utilisé pour les provoquer. Selon mes observations, ils se
produisent lorsque l'âme est entièrement absorbée
en Dieu. Dans les cas de Daniel, de Saul de Tarse, de William
Tennant, et d'autres, on ne voit intervenir aucun instrument humain,
aucun moyen extérieur, aucun appel passionné à
l'imagination ou à la sensibilité. On est simplement en
présence d'une révélation de Dieu, faite
à l'âme par le Saint-Esprit.
L'excitation produite de cette manière
semble être très différente de celle que
produisent une prédication, une exhortation ou des
prières bruyantes, faites en vociférant, ou que
stimulent les appels passionnés lancés par de
zélés prédicateurs, pour provoquer la crainte.
Ceux-ci utilisent des méthodes et des illustrations qui
provoquent l'ex-citation. Le système nerveux des auditeurs est
mis sous une tension telle que leur sensibilité semble
exacerbée. Leurs sentiments jaillissent en un flot puissant,
qui submerge et noie complètement l'intelligence.
En revanche, l'excitation produite lorsque le
Saint-Esprit révèle Dieu à l'âme est
complètement différente de celle que je viens de
décrire. Non seulement elle ne trouble pas l'exercice
parfaitement clair et étendu de l'intelligence, mais elle
favorise directement cet exercice. Rien n'entrave alors
l'activité libre et sans contrainte de l'intelligence et de la
volonté. C'est de cette excitation-là dont nous avons
besoin.
C'est cette excitation que le Saint-Esprit
produit toujours. Il ne s'agit pas d'une excitation produite par un
effet d'entraînement. Cela n'a rien à voir avec un
accès de nervosité, ni l'explosion de la
sensibilité nerveuse. C'est un état de l'âme,
calme, profond et sacré, produit par la compréhension
des vérités claires, infiniment importantes et
impressionnantes, lorsque Dieu les révèle.
Bien souvent, il ne faut pas avoir beaucoup de
discernement pour faire la différence entre l'effervescence
émotionnelle, produite par des appels bruyants et excitants,
et un mouvement de l'âme, calme, profond, bien que parfois
accablant, produit par l'Esprit de Dieu quand Il révèle
Jésus à l'âme. J'ai souvent craint que l'on
confonde ces différentes sortes d'excitations. Il ne faut ni
les rejeter et les dénoncer toutes ensemble, ni les accepter
et les défendre en même temps. Il me semble d'une
extrême importance que nous puissions, pour ces deux types
d'excitation, bien distinguer les choses qui diffèrent.
Lorsque je suis témoin de cas
d'excitation extraordinaire, j'ai appris à m'informer, avec
autant de calme et d'affection que je le peux, de la nature des
vérités reçues par l'intelligence à ce
moment précis. Si une personne ainsi visitée peut
volontiers et spontanément m'expliquer les raisons de son
excitation, je peux alors juger de la nature de cette excitation. Si
son excitation est réellement produite par une claire
révélation donnée par le Saint-Esprit,
concernant le caractère de Dieu ou les grandes
vérités de Son gouvernement, alors son intelligence
sera remplie de ces vérités. Cette personne sera
prête à en parler spontanément, si elle en est
physiquement capable. Je peux alors voir que la vérité
est perçue d'une manière remarquablement claire. Une
telle personne possède une grande facilité à
communiquer son expérience, s'il lui est encore possible de
parler. D'une manière générale, je n'ai aucune
crainte de ce type d'excitation.
Mais si je vois que l'attention de la personne
est entièrement préoccupée par ses sentiments et
ses émotions, et qu'elle ne peut me donner aucune raison
intelligible pour expliquer son état, je n'ai que très
peu de confiance en son expérience. J'ai souvent
été témoin de cas où l'excitation
était très grande, presque irrésistible.
Après enquête, les personnes concernées ne
pouvaient donner aucune explication intelligente des
vérités que leur intelligence aurait pu percevoir. Leur
âme semblait avoir été remuée jusqu'en ses
tréfonds. Mais ce n'était pas en raison d'une claire
révélation de la vérité. Ce
n'était pas parce que Dieu S'était manifesté
à leur âme. Leur intelligence ne semblait pas
fonctionner d'une manière normale. J'ai appris à me
méfier de ce type d'excitation. Je n'accorde aucune, ou
presque aucune confiance, aux conversions obtenues dans de telles
circonstances. J'ai observé que les personnes ayant
éprouvé ces excitations finissent, après quelque
temps, par tomber dans l'orgueil. Elles ont été
emportées par une tempête d'excitation
émotionnelle et sans intelligence.
Pour illustrer mon propos, j'aimerais relater
un événement dont j'ai été moi-même
témoin. J'assistais à une convention
d'été dans l'Etat de New-York. Cette convention avait
commencé deux ou trois jours avant mon arrivée. J'ai
écouté les prédicateurs et suivi les
réunions pendant la plus grande partie de la journée.
Il n'y avait que très peu d'excitation, et même aucune
excitation visible. Après plusieurs sermons, et beaucoup
d'exhortations, de prières et de chants, j'ai remarqué
que les responsables se concertaient à voix basse pendant un
moment, comme s'ils étaient en profonde
délibération. Ensuite, l'un d'entre eux, un homme d'une
corpulence athlétique et d'une voix de stentor, descendit de
l'estrade, et se fraya un chemin au milieu d'un groupe de femmes qui
étaient assises devant l'estrade. Il commença alors
à frapper des mains, et à crier à pleins
poumons: "La puissance! La puissance! La puissance!" Très vite
une autre voix se joignit à la sienne, puis d'autres,
jusqu'à ce que tout le monde se mette à frapper des
mains et à crier, au milieu des hurlements poussés par
les femmes. Le résultat fut que, très vite, plusieurs
personnes tombèrent à terre. Quelqu'un proclama que
c'était la puissance de Dieu qui se manifestait du ciel.
Après avoir conduit cette excitation jusqu'à un
extraordinaire paroxysme, le prédicateur qui en avait
été à l'origine, ainsi que ceux de ses
collègues qui s'étaient joints à lui, se
retirèrent au milieu de la confusion générale.
Ils avaient réussi, comme ils le prétendaient, à
faire descendre la puissance de Dieu sur l'assemblée. Ils
étaient manifestement très satisfaits du
résultat obtenu.
J'ai souvent pensé à cette
scène, comme à d'autres scènes similaires. Je
considère ces méthodes que comme des manoeuvres
calculées pour provoquer tout autre chose qu'un vrai
réveil spirituel. Dans le déclenchement de cette
excitation, aucune parole de vérité n'a
été prononcée, aucune prière ni
exhortation n'a été faite. Il n'y a rien eu d'autre que
les vociférations d'un homme qui criait: "La puissance! La
puissance! La puissance!", en s'accompagnant d'un claquement de mains
presque assourdissant. Je crois qu'il s'agit là d'un cas
exceptionnel, et qu'il n'y a probablement que peu de cas aussi
critiquables. Mais il se produit souvent dans les réveils des
choses qui déclenchent une excitation à peine plus
intelligente que celle que je viens de décrire. On y fait de
tels appels à l'imagination et à la sensibilité
que l'on met complètement de côté l'action de
l'intelligence. Dans la mesure où l'on déploie de
semblables efforts pour produire des réveils, on aboutit sans
aucun doute à des effets complètement
désastreux, qu'il faut absolument décourager.
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Lettre 7 L'excitation fanatique
Puisque que je suis sur le sujet de
l'excitation, je souhaite faire quelques remarques concernant le
danger de voir des émotions surexcitées entraîner
dans une mauvaise direction et aboutir au fanatisme. Chacun sait que
lorsque des émotions sont fortement excitées, elles
peuvent être orientées dans des directions
variées et prendre diverses formes, selon les circonstances
vécues par ceux qui sont ainsi excités. Presque tous
ceux qui ont été témoins de réveils
spirituels ont eu l'occasion de remarquer cette tendance de la nature
humaine. Il est vrai que Satan utilise aussi cette tendance à
son propre avantage, en mélangeant l'esprit de fanatisme
à l'esprit d'un réveil spirituel.
Le fanatisme apparaît quand il y a
"l'amour sans la lumière," comme l'a écrit un certain
auteur. Chaque fois que l'intelligence est éclairée sur
ce que les hommes devraient être, dire, ou faire, et chaque
fois qu'elle n'est pas en même temps remplie d'amour, il est
presque inévitable de voir apparaître un esprit de
fanatisme, de critique, de reproche et de dénonciation.
Par fanatisme, je veux parler d'un état
d'esprit où des émotions mauvaises prennent le
contrôle de la volonté, et poussent l'individu à
faire des efforts excessifs et vindicatifs pour défendre ce
qu'il considère comme juste et vrai. Il lutte alors pour ce
qu'il regarde comme juste et vrai, mais en étant animé
d'un esprit mauvais.
Les temps de réveil spirituel sont
très propices à l'éveil d'un fanatisme
stimulé par les agents infernaux. C'est, à bien des
égards, un moment particulièrement favorable à
l'action de Satan. Celui-ci peut semer, dans un sol propice, ses
semences d'erreur. Elles produiront à leur tour les formes de
fanatisme les plus turbulentes et les plus violentes qui aient jamais
affligé le monde.
Au milieu des foules qui écoutent les
prédications de réveil, il y a presque toujours des
gens qui ont de très fortes tendances au fanatisme. Ils sont
fortement enclins à censurer, à mettre le doigt sur les
défauts des autres, à vitupérer, à
dénoncer et à critiquer. C'est une tendance de l'esprit
que je qualifie d'ultra-démocratique et anti-conservatrice
à l'extrême. Elle est une source puissante de confusion.
Plus ces personnes sont éclairées sur les devoirs et
les péchés des hommes, plus elles sont susceptibles de
manifester un violent esprit de fanatisme.
Il est bien connu que toutes les
réformes engagées à notre époque, comme
à toute autre époque, ont été
touchées par cet esprit de fanatisme. Qu'il s'agisse de la
lutte contre l'alcoolisme, de la réforme morale, de la
réforme des pratiques physiologiques et
diététiques, ou de la lutte contre l'esclavage, toutes
ont subi cette influence néfaste. Presque aucun domaine n'a
été épargné. Quand des
conférenciers ou d'autres orateurs empoignent ces sujets et
les analysent, ils projettent une vive lumière aux yeux de
l'opinion publique. Ils semblent alors donner un coup de pied dans
une fourmilière. Les tendances profondes au fanatisme, qui
étaient peut-être restées cachées jusque
là, s'enflamment et explosent souvent comme un volcan en
éruption. L'indignation grandit, les langues portées
à la censure et à la violence se mettent librement en
mouvement. Ces membres indomptables, qui enflamment le cours de la
vie, étant eux-mêmes enflammés par la
géhenne, semblent déverser un flot de lave
brûlante, apportant la dévastation et la
désolation dans toute la société. Les
prières de ces gens, leurs exhortations, tout ce qu'ils disent
ou font, ne sont qu'un flot continu de reproches, de critiques et de
récriminations. Ils disent qu'ils ont "raison de se mettre en
colère." Ils affirment que ce serait n'avoir aucun sens du
sacré que de ne pas faire preuve de la plus grande
indignation, seule attitude convenant au sujet ou à la
situation.
Il est remarquable de voir à quel point
cet esprit de fanatisme a été stimulé par les
diverses réformes du moment, quelle qu'en soit la nature, et
même par les réveils spirituels. S'il s'agit par exemple
de défendre la paix, ceux qui sont animés par cet
esprit fanatique vont lutter pour la paix en s'engageant dans une
guerre à outrance. Par la langue, ils feront la guerre
à tout ce qui s'oppose à eux. Ils déverseront
des torrents d'injures sur tous ceux qui sont en désaccord
avec eux. Ils refuseront le moindre compromis, la moindre communion,
avec ceux qui ne se rangent pas immédiatement à leurs
vues particulières. S'il s'agit de lutter contre l'esclavage,
ils se battront pour l'abolir, mais avec l'esprit d'un esclavagiste.
Tout en affirmant que tous les hommes sont libres, ils ne laisseront
à personne la liberté de s'exprimer, si ce n'est
à eux-mêmes. Ils sont prêts à mettre sous
le joug de l'esclavage les opinions et les sentiments de ceux qui ne
partagent pas leurs opinions, en les critiquant
sévèrement pour les obliger à se ranger à
leur avis.
Dans les réveils spirituels, cet esprit
se manifeste en général, dans tous les milieux, par une
manière de prier pleine de reproches et de critiques. Cet
esprit gagne ensuite les exhortations, les prédications et les
conversations. Il attaque tout particulièrement les serviteurs
de Dieu et ceux qui exercent une influence
prépondérante dans l'Eglise. Il se répand
progressivement jusqu'à finir par accuser l'Eglise visible
d'être une véritable Babylone, et tous les hommes qui
n'en sortent pas et ne la dénoncent pas d'être
engagés sur le chemin large qui mène à l'enfer.
Cet esprit se manifeste au cours des
réveils d'une manière si subtile et insidieuse que l'on
ne parvient pas à le déceler dès le
départ. Il se peut qu'une église soit froide, que le
pasteur et les conducteurs soient égarés. Il peut donc
sembler juste, et même nécessaire, d'user d'une certaine
sévérité envers ceux qui se sont tellement
écartés du chemin. Quelqu'un peut alors ressentir ce
besoin d'une manière tellement forte qu'il ne soupçonne
pas être lui-même un fanatique. Il commence pourtant
à faire de vifs reproches, dans lesquels se mêle une
touche d'élément nocif. Il fait appel à
l'exemple de Christ, des apôtres et des prophètes. Il
peut citer de nombreux passages de la Bible, très proches des
termes qu'il emploie, trouvant une justification à leur
utilisation dans le fait qu'il les tire des Ecritures. Il croit
pouvoir les appliquer à la situation qu'il observe, prenant
bientôt la place de Dieu, et pensant être la bouche de
Dieu pour dénoncer l'iniquité.
Lorsque cet esprit commence à se
manifester, il écorche l'esprit délicat de ceux qui
marchent dans l'amour. Tout d'abord, il provoque en eux de la
détresse et de l'angoisse. Mais ceux-ci remarquent peu
à peu qu'il y a beaucoup de vérité dans ce
qu'ils entendent. Ils commencent à être excités
par les prières et les exhortations des fanatiques. Leur
attention est attirée sur les fautes qui sont
dénoncées avec tant de sévérité,
et ils commencent à boire à la même source. Puis
ils adoptent le même zèle bruyant et ardent, qui
était au départ si opposé à la douceur de
leur esprit. Ils commencent à comprendre, du moins le
supposent-ils, comment les reproches faits par les prophètes,
par Christ et Ses apôtres, s'adressent aussi à ceux qui
les entourent. Leur attention est tout entière
préoccupée par les fautes de l'Eglise et des
ministères, et ils ne voient plus rien de bon. Ils se
demandent si toute l'Eglise visible n'est pas uniquement
composée d'hypocrites. Ils commencent par craindre, puis
finissent par croire que presque tous les serviteurs de Dieu sont
séduits, attirés par l'argent, conservateurs, ambitieux
et agents du diable. Ils considèrent les organisations
chrétiennes tout d'abord avec suspicion, puis avec
mépris et horreur. L'ordre du jour devient: "Sortez du milieu
de Babylone!"
Le fanatisme prend une multitude de formes. Ses
variantes sont presque innombrables. C'était l'esprit des
Croisades, lorsque des hommes partaient avec bottes et éperons
convertir leurs semblables au christianisme par le feu et
l'épée. C'est aussi l'esprit de l'obscur converti qui
murmure dans son coin ses réprimandes et ses critiques,
à propos de tout et de tous. On peut trouver toute la panoplie
des différents types de fanatisme. Depuis le
prédicateur itinérant animé d'un zèle
brûlant qui crie, vocifère et dénonce l'Eglise et
l'Etat, jus-qu'au solitaire exprimant son fanatisme dans ses
manières sinon dans ses paroles, vous pourrez trouver dans
tous les milieux chrétiens ce type de personnage,
occupé à attiser et à alimenter les flammes du
fanatisme.
Il s'agit là, sans aucun doute, de
l'esprit de Satan. Il est parvenu à l'introduire dans l'Eglise
et dans le monde tout au long des siècles passés. Nous
connaissons un bon livre sur le thème du fanatisme. Mais nous
en avons besoin d'un autre, qui expose et tienne compte de ses
développements les plus récents, et qui décrira,
comme sur une page de lumière, les oeuvres de cet esprit
ténébreux, dont l'influence maligne, tel le levain,
fera vite lever toute la pâte, et rendra notre terre aussi
méchante que l'enfer.
Je supplie mes frères de veiller au
danger de voir les prédicateurs de réveil manifester
eux-mêmes l'esprit de fanatisme. Lorsqu'ils subissent une forte
opposition de la part de l'Eglise, du monde, ou des serviteurs de
Dieu, ils se laissent quelquefois aller à faire des remarques
fortement teintées d'amertume, ou qui paraissent tout au moins
teintées d'amertume et de critique. On trouve parfois des
indices et des traits de cet esprit dans les prédications et
l'esprit d'hommes de bien. Satan semble profiter de certaines
circonstances de leur vie pour injecter imperceptiblement dans leur
esprit une touche d'amertume et de critique. Cela finit par colorer
leurs prédications, leurs prières et leurs discours.
Cela tend ensuite fortement à produire un état d'esprit
fanatique chez ceux qui les admirent.
Des prédicateurs de réveil ont
parfois subi une forte opposition de la part de serviteurs de Dieu,
à tel point qu'ils ont été blessés et
sont devenus quelque peu irritables. Dans cet état d'esprit,
ils sont quelquefois allés jusqu'à prêcher et
parler de ces serviteurs de Dieu d'une manière très
critique.
Cela cause inévitablement de grands
dommages aux réveils dans lesquels ils sont engagés.
Cela se répand comme un feu parmi les chrétiens, en
particulier parmi ceux qui sont sous leur influence directe. Cela
tend à ôter du réveil l'esprit d'amour, pour y
introduire un esprit de récrimination et d'amertume. Un esprit
blessé et amer se manifeste alors chez ceux qui sont
engagés dans l'oeuvre du Seigneur. Cela fait presque
complètement disparaître la douceur, la bienveillance,
l'amour fraternel et la sympathie profonde et compatissante que l'on
doit éprouver pour Christ et Son Eglise.
Si je ne m'abuse, les prédicateurs de
réveil ont souvent commis de graves erreurs dans ce domaine.
Cela a été parfois le cas de Whitefield, comme il le
confesse lui-même. La conséquence fut celle que j'ai
décrite. Tous ceux qui ont lu l'histoire des réveils
conduits par son ministère le savent. Il n'y a pas un seul
prédicateur de réveil contemporain qui n'ait plus ou
moins commis d'erreurs dans ce domaine. Je suis certain que j'en ai
aussi parfois commis. Et je ne connais pas un seul prédicateur
de réveil, parmi ceux qui me viennent à l'esprit,
auquel ne puisse pas s'appliquer cette remarque, dans une certaine
mesure.
Lorsqu'une petite mesure de cet esprit se
trouve présent chez un prédicateur de réveil,
elle agira comme du levain, qui fera lever toute la pâte. Si
l'on n'y remédie pas, elle parviendra tôt ou tard
à modifier totalement la nature de l'excitation produite,
jusqu'à ce qu'un pur réveil spirituel se transforme en
parfait réveil du fanatisme. Cela peut se produire sans
même que le prédicateur soupçonne la
présence de cette tendance dans son esprit, sa
prédication, ou son comportement. Lorsqu'il s'en rend compte,
le mal est déjà trop avancé pour que l'on puisse
y remédier.
Il me semble que les prédicateurs de
réveil devraient être d'une parfaite
honnêteté vis-à-vis d'eux-mêmes à ce
propos. Ils doivent rester soigneusement sur leurs gardes, être
indulgents, doux et conciliants dans leur façon de parler et
de prêcher, surtout quand ils parlent de ceux qui s'opposent
à leurs vues et à leurs décisions. Il vaut
parfois mieux ne faire aucune remarque publique, quelle que soit
l'opposition subie, et surtout ne faire jamais allusion à ceux
qui nous combattent. Il ne faut jamais évoquer ou prier pour
des pasteurs ou des chrétiens d'une manière propre
à faire exploser les étincelles de fanatisme qui
couvent dans de si nombreux coeurs.
Quand je pense à ce sujet, quand je
contemple l'état de l'Eglise, ou quand je lis l'histoire des
réveils passés, je suis frappé et
profondément peiné de voir à quel point ceux qui
travaillaient pour ces réveils ont si souvent commis les
erreurs que j'ai décrites. Sans s'en rendre compte, ils se
sont eux-mêmes plus ou moins imbibés d'un esprit de
fanatisme. Celui-ci s'est ensuite abondamment manifesté dans
leurs interventions publiques, au point de gâcher l'oeuvre du
Seigneur. Bien entendu, ils ont attristé l'Esprit de Dieu. En
vérité, certains prédicateurs de réveil
me semblent avoir abandonné le droit chemin sans même en
être conscients. Ils sont devenus tout-à-fait fanatiques
dans leur esprit, leur prédication, et leur comportement
général. Dieu a manifestement été
obligé de les châtier en leur retirant Son Esprit, et en
leur fermant les portes de l'Eglise. Si l'on veut préserver du
fanatisme les véritables réveils spirituels, il ne faut
ménager aucun effort pour préserver les conducteurs
spirituels de cet esprit. L'une des grandes stratégies du
diable est d'infiltrer sournoisement cet esprit dans les responsables
de l'Eglise, injectant ainsi un poison mortel dans les
réveils.
Dans ce que je viens de dire, je ne voudrais
aucunement suggérer que seuls les prédicateurs de
réveil ont pu commettre cette erreur. Je suis
tout-à-fait certain qu'ils ne l'ont pas aussi souvent commise
que ceux qui n'ont jamais cherché à travailler pour un
réveil. Ceux-ci sont plus coupables. Leur prédication
est tout imprégnée de controverse, de critique, de
reproche et d'amertume, à l'égard de ceux qui ne
partagent pas leur avis. L'Esprit de Dieu ne rafraîchit donc
que bien rarement, sinon jamais, ceux dont ils s'occupent. J'ai connu
plusieurs de ces serviteurs de Dieu, qui étaient loin
d'être des prédicateurs de réveil, et dont la
prédication ne tendait qu'à raviver et à
perpétuer l'esprit de fanatisme et de critique. J'ai
simplement voulu dire dans ma lettre que les prédicateurs de
réveil eux-mêmes ont parfois commis cette erreur, si
communément pratiquée par les autres
prédicateurs.
En réalité, l'esprit sectaire,
sous toutes ses formes, n'est qu'une variante du fanatisme. On peut
aisément le démontrer. Les prédicateurs de
réveil qui ont associé des mouvements sectaires
à leurs tentatives de produire un réveil ont
probablement tous constaté qu'ils n'ont réussi
qu'à développer l'esprit de fanatisme.
Mes frères, veillons soigneusement
à ce que notre propre esprit demeure céleste, semblable
à celui de Christ. Veillons à posséder la
sagesse qui vient d'en haut, qui est premièrement pure,
ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de
miséricorde et de bons fruits" (Jacques 3:17). Que notre
travail soit animé par cet esprit. Nos oeuvres
démontreront alors que nous sommes des ouvriers qui n'ont pas
à rougir.
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Lettre 8 L'excitation pendant les
réveils (2)
Sauf erreur de ma part, beaucoup de
manifestations qui ont été prises pour des signes de
réveil se sont avérées par la suite n'être
que de l'excitation très peu spirituelle. A mon avis, on a
presque entièrement, sinon totalement oublié, que toute
véritable religion se ramène à l'amour. Il est
donc remarquable de voir à quel point, tout au moins dans
certains cas, on laisse se manifester un zèle brûlant,
souvent fortement teinté d'amertume et de sarcasme, au lieu de
l'amabilité et de la douceur qui caractérisent la
véritable religion de Jésus. Si vous assistez à
une réunion quelconque, si vous discutez avec des
frères qui font profession d'être chrétiens, ou
avec ceux qui sont dans un état d'excitation, vous verrez
qu'ils ont tendance à médire, à critiquer et
à faire des reproches. Ceci n'a rien à voir avec la
véritable foi en Christ.
Il est certain que nous assistons en ce moment
à une grande excitation. Il y a beaucoup d'agitation et de
discussions. Beaucoup d'activités sont proposées. Bref,
il y a tout ce qu'il faut pour favoriser un certain type
d'excitation. Nous sommes bien en présence d'un puissant
réveil, mais ce n'est certainement pas un réveil de la
pure foi chrétienne. Les pécheurs parlent des
chrétiens avec une grande amertume, et les chrétiens
engagés parlent des pécheurs avec guère moins
d'amertume. La prédication est pleine de vitupération.
Ceci ne manque pas de répandre le même esprit dans tous
les milieux qui sont gagnés par cette excitation. Tout ceci
semble être parcouru d'un courant d'émotions profondes,
troubles et amères, qui sont l'essence même du
fanatisme. Il ne fait aucun doute que c'est l'esprit de Satan, et non
l'Esprit de Dieu, qui a été déversé sur
ces gens. Un esprit a bien été répandu, mais il
ne s'agit pas du Saint-Esprit de Dieu. Il semble qu'il y ait une
invasion des agences infernales, une libération des puissances
des ténèbres. Nous vivons un temps de séduction
profonde. Il est en outre surprenant de voir que ce sont souvent des
hommes de bien qui sont pour un temps emportés par cet esprit.
Ils restent parfois des semaines et même des mois sans
s'apercevoir de leur erreur. Comme l'a exprimé un
frère, qui s'est lui-même laissé prendre par
cette erreur: "J'essayais de chasser les démons par
Belzébuth, le prince des démons!"
Vous constatez très souvent la
présence de cet esprit en regardant simplement le comportement
de ceux qui sont profondément excités. Ils ont un air
maussade, et leur apparence semble traduire une profonde
insatisfaction de leur esprit. Lorsque vous allez à une
réunion de prière, ou à toute autre
réunion où sont assemblés un grand nombre de
ceux qui sont animés par cet esprit, vous pourrez voir un
nuage sombre recouvrir le visage de ceux qui sont ainsi
excités. L'ex-pression de leur visage ne traduit pas un esprit
ouvert, doux, calme, profondément solennel et humble. Vous
constatez plutôt dans leur regard, dans tous les traits de leur
visage, un air affolé, fanatique et résolu. Leur
expression entêtée de condamnation semble vous dire:
"Retire-toi, car je suis plus saint que toi!"
J'ai du mal à décrire exactement
ce dont j'ai souvent été témoin dans de pareils
cas. Mais peut-être, si je ne puis exactement le
décrire, puis-je tout au moins tenter de me faire comprendre
par ceux qui n'ont pas eu la grâce de l'observer
eux-mêmes. Parfois, cet état d'esprit ne se traduit pas
toujours par une excitation visible. Ils se peut qu'un
véritable réveil spirituel commence sans que cet esprit
se manifeste aucunement. Mais j'ai rarement assisté à
un puissant réveil, où qu'il se soit produit, sans
avoir aussi constaté qu'un esprit de fanatisme plus ou moins
grand finissait par se manifester au cours du réveil, à
un moment ou à un autre.
Il faut que le responsable spirituel du
réveil soit lui-même entièrement
épargné par cet esprit. Il doit rester vigilant et
veiller à ce qu'il ne se manifeste pas. Il doit être
entièrement fidèle et intervenir à propos, pour
avertir en privé tous ceux qui sont saisis par cet esprit. Si
ces conditions sont remplies, il est alors certain que l'on
parviendra en général à éviter d'en
être contaminé.
Au début, cet esprit se manifestera
souvent au cours de réunions de prières, si on lui en
laisse la possibilité. Si tous ceux qui sont disposés
à prier n'ont pas le champ libre pour le faire, vous verrez
parfois un homme ou une femme prendre la parole d'une manière
extraordinairement excitée, et déverser un torrent de
vitupérations dans leurs prières. Celles-ci seront
empreintes d'une telle amertume que tous ceux qui ne sont pas ouverts
à cet esprit seront profondément froissés. Dans
ce cas, dès la fin de la réunion, le responsable doit
immédiatement aller trouver cet homme ou cette femme. Il doit
lui parler d'une manière claire et affectueuse, et lui montrer
quel est son véritable état d'esprit. A ces conditions,
il peut réussir à lui ouvrir les yeux dès le
début, pour lui faire comprenne son erreur et lui
éviter de s'y engager davantage. Mais si le responsable
néglige cette démarche, le mal se répandra
rapidement et la séduction se développera dans l'esprit
de la personne touchée. En l'espace de quelques jours ou, tout
au plus, de quelques semaines, cela modifiera complètement la
nature du réveil. Cela attristera et fera fuir l'Esprit de
Dieu, et ouvrira la porte à une foule d'agents infernaux qui
répandront la désolation dans l'Eglise.
J'espère qu'aucun de mes frères,
en lisant ce que j'ai voulu dire au sujet du fanatisme, et de son
association fréquente aux réveils, ne comprendra que je
veux en quoi que ce soit critiquer les efforts de ceux qui
travaillent fidèlement à nettoyer et à purifier
la conscience des rétrogrades et des pécheurs
impénitents.
Comme tous ceux qui ont assisté à
des réveils, je suis conscient que l'esprit de critique et de
censure ne se manifeste pas uniquement chez ceux qui veulent
favoriser l'excitation. L'esprit de fanatisme n'est nullement
réservé à ce type de personnes. Il se manifeste
souvent avec le plus de laideur chez ceux qui ne recherchent
absolument pas un réveil. En fait, il est très
fréquent de voir ceux qui s'opposent aux réveils, dans
l'Eglise ou hors de l'Eglise, manifester un esprit très
turbulent et intolérant. C'est une forme de fanatisme tout
aussi honteux et insensé que celui dont je viens de parler.
Parfois, même des serviteurs de Dieu ou
des chrétiens éminents se comportent comme ceux qui
n'appartiennent pas à l'Eglise et qui sont opposés au
réveil ou à toute excitation. Ils sont eux aussi
remplis d'un esprit de chicane, de censure, de récrimination
et de critique. Ils semblent presque uniquement occupés
à dénoncer tout défaut réel ou apparent,
ou du moins imaginé tel, qu'ils détectent chez ceux qui
recherchent le réveil.
Il est très fréquent d'entendre
ces personnes critiquer même ce qui est le moins critiquable.
Elles semblent animées d'un esprit qui leur fait appeler le
mal bien, et le bien mal. Même les efforts ardents et
fidèles pour sonder et fouiller profondément le coeur
des rétrogrades et des pécheurs sont jugés
grossiers, indiscrets, déraisonnables, hystériques,
etc...
Ce que je veux dire, mes frères, c'est
que courons de grands dangers. Nous risquons de commettre de graves
erreurs, dont nous devons nous garder. J'ai déjà dit
que l'esprit de fanatisme qui se manifeste chez ceux qui recherchent
le réveil, est en général produit et
développé par un autre esprit de fanatisme, celui qui
est opposé au réveil. Quand l'opposition devient
excessive, elle semble souvent produire, chez ceux qui travaillent
à l'oeuvre de Dieu, un esprit qui entrave en
réalité cette même oeuvre.
Pour ma part, lorsque j'ai observé
l'esprit de fanatisme se manifester chez ceux qui conduisaient un
réveil, il était le plus souvent provoqué et
entretenu par un autre esprit, opposé au réveil. Quand
l'opposition prend certaines formes, et qu'elle gagne les serviteurs
de Dieu et les chrétiens éminents, c'est alors que les
hommes de bien et de prière courent le plus grand risque
d'être vaincus par ce mal, au lieu de vaincre le mal par le
bien. Nous devons toujours nous tenir sur nos gardes à ce
propos.
J'ai beaucoup à dire concernant
l'apparition d'un esprit fanatique associé au réveil.
Mais j'aimerais à présent attirer l'attention de mes
frères sur un autre point. Dans les moments de profonde
excitation, surtout lorsque la prédication insiste sur la
nécessité d'être dirigé par Dieu, d'avoir
un esprit de prière, d'être conduit par l'Esprit,
d'être rempli de l'Esprit, etc..., certaines personnes sont
particulièrement disposées à être
dominées par leurs impulsions et à s'y abandonner.
Elles ne comprennent pas comment le Saint-Esprit parle en
réalité à notre esprit. Elles ne
réalisent pas que le Saint-Esprit veut illuminer notre
intelligence. Il veut pousser les chrétiens sensibles à
Son influence à être parfaitement raisonnables et
rationnels dans tous leurs actes et leurs opinions.
Certaines personnes attendent que le
Saint-Esprit leur communique directement des impressions au niveau de
leurs sentiments et non de leur intelligence. Elles reçoivent
donc une foule d'impressions. Elles ont l'impression qu'elles
devraient faire telle chose ou dire telle chose. Elles se sentent
poussées à aller à tel endroit, à entrer
dans une taverne, par exemple, pour parler aux habitués d'un
bar. Elles sentent qu'il leur faut aller reprendre un serviteur de
Dieu, ou encore dire aux anciens ou aux diacres de l'Eglise que Dieu
leur a révélé qu'ils étaient en train de
s'opposer au réveil... Bref, cette séduction peut
prendre une variété infinie de formes.
Ces gens ont parfois l'impression qu'ils sont
convaincus qu'il leur faut se lever pour interrompre publiquement
l'orateur pendant son message. Ou bien ils se mettent à prier
à un moment où cela produit manifestement du
désordre. Bien d'autres choses semblables sont susceptibles de
se produire quand une profonde excitation se manifeste au cours d'un
réveil. Parfois encore leur imagination leur montrera qu'un
serviteur de Dieu fait du blocage spirituel, et qu'il entraîne
en enfer toutes les âmes dont il est responsable. Ils croient
que de terribles jugements vont s'abattre sur tel endroit, que le
réveil va bientôt cesser, ou que quelque autre chose
épouvantable va se produire.
Lorsque cet esprit se manifeste, il prend
toujours une forme sévère, critique, et turbulente. Il
est remarquable de voir qu'il exprime le plus d'hostilité et
d'opposition envers ceux qui exercent l'influence la plus forte et la
plus positive dans le sens d'un véritable réveil
spirituel. Si l'on observe de près cet esprit fanatique, on
s'aperçoit vite qu'il est en fait opposé à tout
ce qui est vraiment bon dans l'oeuvre de Dieu. Souvent même, il
est réellement scandaleux de voir de quelle manière il
s'oppose aux moyens les plus efficaces et les plus spirituels
employés par le Saint-Esprit pour produire un réveil.
La plupart de ceux qui ont été témoins de
puissants réveils ont probablement eu la douleur et
l'étonnement de voir de telles choses se produire.
De tels agissements sont excessivement
dangereux pour un réveil. Car ils sont souvent le fait de ceux
qui semblaient le plus engagés dans le réveil, qui sont
les plus spirituels et les plus adonnés à la
prière. Ces déviations se produisent souvent en
relation avec des expériences, ou, plus exactement, suivent
des expériences qui, au départ, étaient
réellement d'origine divine et tout-à-fait
spirituelles.
A ce propos, permettez-moi de faire les
remarques suivantes:
1. Ce sont souvent ceux qui sont dans une
disposition réellement spirituelle, qui sont vraiment
sincères, qui ne se méfient pas, et qui souhaitent
être conduits dans toute direction indiquée par Dieu,
qui se laissent séduire par Satan. Celui-ci réussit
souvent, en se transformant en ange de lumière, à les
persuader de s'abandonner à leurs impulsions et à leurs
impressions. Dès ce moment, le diable les tient captifs
à sa volonté.
2. Voici comment vous pourrez distinguer
l'influence de Satan de l'influence du Saint-Esprit: si vous avez
simplement l'impression que vous devez faire telle ou telle chose,
aller parler à telle ou telle personne, ou vous rendre
à tel ou tel endroit, vous ne devez en tenir aucun compte.
Mais quand le Saint-Esprit nous conduit à nous
intéresser à quelque chose, nous ressentons une
compassion particulière. Notre coeur est poussé
à prier ou à intercéder pour quelqu'un. Nous
pouvons alors faire confiance à une telle influence, et nous
ne courons aucun risque. Si vous vous sentez poussé à
vous lancer dans une puissante prière pour certaines
personnes, avec une grande compassion, et même avec des cris et
des larmes, ou à prier pour votre famille, vos voisins ou
d'autres personnes, vous pouvez vous abandonner sans crainte à
une telle influence. Si vous ne ressentez que de la compassion, qu'un
zèle plein d'amour pour leur salut, et qu'un
intérêt profond et affectueux pour leur bien-être
spirituel, vous pouvez être sûr que cela vient de Dieu.
Vous pouvez ouvrir votre esprit à cette influence et agir en
ce sens. Vous pouvez déployer tous les efforts qui vous
semblent raisonnables pour obtenir leur salut.
Mais gardez-vous soigneusement de simples
impressions, qui ne sont pas motivées par l'amour, la
compassion, ou l'esprit de prière. En général,
de telles impressions ne viennent pas de Dieu, pour ne pas dire plus.
Il ne serait peut-être pas excessif de dire qu'elles ne
viennent jamais de Dieu. L'Esprit de Dieu conduit les hommes par leur
intelligence, et non par de simples impressions sur leur
sensibilité.
Quand la culpabilité de quelqu'un et le
danger qu'il court vous viennent fortement à l'esprit, quand
vous comprenez clairement quelle est la valeur immense de son
âme, quand votre coeur est poussé à prier pour sa
conversion et son salut, cela vient certainement de Dieu. J'ai connu
des situations où des gens se sont rendus complètement
ridicules, et ont causé de grands dommages à leur
âme et à la cause de Dieu, en se laissant conduire par
une série d'impressions passionnées et
fanatiques.
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