3. Gloire des
chrétiens
S'il fallait encore une preuve convaincante
que saint Paul ne méprisait point l'Ancien Testament, la
voilà donnée dans ces douze versets. Il
écrivait que la lettre tue ; pourtant qui établira
plus solidement que lui la valeur des révélations de
Dieu dans l'ancienne Alliance? Il ne se contredit point
lui-même, en s'exprimant de la sorte. Il sait que la lettre
purement littérale, qu'elle soit d'Esaïe ou de
-Matthieu, porte des fruits de mort. Mais il sait aussi, et il
proclame bien haut, que l'Esprit, partout où il circule,
fait entrer la vie ; or il le reconnaît, il l'entend, cet
Esprit, agissant, progressant, d'un bout à l'autre de nos
saints livres. En sorte que le ministère de la loi, avec
toute sa grandeur, se voit admirablement dépassé par
le ministère de là grâce.
Une pensée, un mot, domine ce
fragment: c'est le mot, c'est la pensée de la gloire.
L'apôtre ne craint pas, nous l'avons déjà
signalé, d'accumuler en un court espace des termes
identiques ou similaires. Vous vous en souvenez à propos de
la consolation, dont il remplissait les débuts de sa
lettre; plus loin, à l'occasion du deuil, de l'affliction
dont son âme fut remplie pour un temps. Le voilà
maintenant qui écrit douze fois en douze versets les
expressions : gloire, glorieux, glorifier. C'est qu'il se propose,
toujours dans sa description enthousiaste du ministère
apostolique, de mettre en regard trois apparitions
éclatantes : la gloire de Moïse, la gloire des
apôtres, la gloire des chrétiens. Arrêtons-nous
un moment devant chacun de ces tableaux.
.
1. Gloire de Moïse.
J'ai traduit aussi exactement que possible
les versets sept à treize, très riches, mais
fortement condensés pour nos habitudes modernes. Dans son
style bouillant, Paul ne se préoccupe pas des règles
de notre rhétorique. Pour deux ou trois passages, d'autres
traductions sont possibles, mais sans beaucoup modifier le sens
général. Au verset neuvième, par exemple, au
lieu de lire : « S'il y a gloire pour le ministère de
la condamnation », on peut, avec un texte
légèrement différent, traduire : « Si,
en effet, le ministère de la condamnation est gloire
», expression peut-être encore plus énergique.
Mais la pensée demeure la même.
Un souvenir auquel ni vous ni moi, n'aurions
peut-être songé, s'est présenté
tout-à-coup à l'esprit de notre apôtre. Il
donne la clef de tout ce morceau.
Moïse, après avoir brisé
les premières tables de la loi, quand il aperçut le
veau d'or, remonta sur le Sinaï. Il y resta de nouveau
quarante jours et quarante nuits. Lorsqu'il redescendit, cette
longue communion avec l'Eternel avait imprimé sur son
visage quelque chose de tellement glorieux, tellement
supra-terrestre, qu'il rayonnait et resplendissait comme un
soleil. Moïse ne savait pas, dit le texte, ce qui venait de
se passer. Mais les Israélites s'en aperçurent tout
de suite, et, pour pouvoir converser avec eux sans les aveugler,
il dut couvrir son front d'un voile, l'enlevant seulement quand il
s'entretenait avec Dieu.... (2)
Ainsi le diacre Etienne, au moment où il
commençait son apologie devant le sanhédrin, apparut
à ses juges comme transfiguré; son visage leur
sembla celui d'un ange (3).
Rien ne nous dit que cette manifestation
extraordinaire se soit prolongée jusqu'à la mort de
Moïse. Peut-être n'a-t-elle pas même duré
très longtemps, et cela paraît résulter des
paroles de notre texte. Ce qui demeure certain, ce que Paul
relève très nettement, c'est que la gloire
céleste enveloppa de ses reflets, non pas Moïse
seulement, mais toute l'économie dont il fut le
représentant le plus éminent, en d'autres termes,
toute l'ancienne Alliance. Que nous prenions l'époque de la
loi ou celle des prophètes, un mot les caractérise ;
et, malgré beaucoup de misères, beaucoup de
révoltes et beaucoup de châtiments, ce mot, c'est
bien celui de gloire. Gloire de Moïse, avec qui Dieu
s'entretenait, comme un ami avec son ami; gloire de Samuel qui
rétablit au sein du peuple la parole de l'Eternel
demeurée longtemps silencieuse; gloire de David, qui
organisa dans Jérusalem, avant qu'il s'y trouvât un
temple, le culte le plus spiritualiste et le plus vivant de
l'antiquité; gloire d'Esaïe, qui contemple en vision
le Seigneur assis sur son trône, et en esprit le serviteur
de Jahveh conduit « comme un agneau, comme une brebis muette
devant celui qui la tond. » Gloire admirable! Gloire divine
à travers plus de dix siècles!
Tout éclat cependant, si radieux
qu'il fût, n'était et ne devait être que
passager. En outre, il n'a pu se produire complètement; il
a dû être, il a été voilé. Comme
le voile dont Moïse couvrit sa face atténua les rayons
éblouissants qui en jaillissaient, de même, un autre
voile, infiniment plus épais, couvrit les coeurs des
Israélites. Voile d'ignorance chez les uns,
d'endurcissement chez la plupart, chez tous d'un tissu assez
serré pour les empêcher de voir, non pas seulement la
gloire de Moïse, mais aussi celle de l'Alliance dont il
était le ministre. Ils ne comprenaient pas ; plusieurs ne
voulaient pas comprendre.
Mais Moïse, en personne, a-t-il tout
compris?
Le pouvait-il? Expliquer la loi,
certainement; il l'a fait maintes fois. La saisir dans la
profondeur de son sens prophétique, y voir le
pédagogue qui devait conduire à Christ, le
témoin qui confond le coupable mais pour l'amener au
tribunal de la miséricorde, en vérité, le
pouvait-il ? Ne lui manquait-il pas pour cela, malgré les
clartés de son visage, cette illumination intérieure
que produit seule l'Evangile ? Paul n'écrit donc point un
paradoxe quand il lance cette affirmation, contraire à
toutes les déductions de la logique : « Ce qui est
couvert de gloire n'est point glorifié. » Qu'ils sont
glorieux, n'est-ce pas, les astres qui éclairent nos nuits!
Mais que devient leur gloire, quand le soleil apparaît dans
sa force ? Alors la lune même éteint ses feux et ne
s'aperçoit que comme un nuage. Ainsi, lorsqu'est venu sur
notre terre celui qui osait dire : « je suis la
lumière du monde (4)
», les astres même les plus grands,
qui brillaient avant lui, ont perdu beaucoup de leur éclat.
Partout où l'Evangile est annoncé, ce n'est plus
Moïse qui règne en législateur, c'est
Jésus-Christ. La loi du Sinaï ne retrouve ses
splendeurs, tout ensemble grandioses et terribles, que dans la
mesure où l'homme repousse la grâce ou bien la
méconnaît.
L'apôtre nous l'apprend dans un
langage d'une admirable précision ; ce qui se
détruit, - ce qui est destiné à la
destruction, - passe par la gloire, la traverse, mais n'y reste
pas. Ce qui subsiste, ce qui dure est en gloire, y vit et n'en
sort plus. Or grâces en soient rendues à Dieu : ce
qui demeure, ce n'est pas le ministère de la condamnation,
c'est celui de la vie.
.
2. Gloire de l'apôtre.
Il était déjà
singulièrement audacieux de comparer au ministère de
Moïse celui des prédicateurs de l'Evangile. A combien
plus forte raison de déclarer que le second surpasse en
gloire le premier. Mais nous ne savons plus nous étonner de
ces audaces. Paul en est coutumier, rien ne lui coûte quand
il s'agit d'arracher des âmes au joug de la loi pour les
amener à la liberté des enfants de Dieu.
La supériorité du
ministère apostolique sur celui de Moïse ressort de
trois considérations principales.
D'abord, il est un ministère de
l'Esprit et non de la lettre. Ce point nous est devenu familier
dans un chapitre précédent. Nous pouvons ne pas nous
y arrêter à nouveau, et nous borner à conclure
que le « service » des apôtres (pour employer le
terme original) aboutit à la vie et non à la
mort.
En second lieu, il est un « service
» de justice celui de Moïse était un «
service » de condamnation. Comment cela ? Il suffit pour s'en
convaincre d'étudier la loi. Elle justifie ceux-là
seulement qui l'accomplissent dans son entier, sans en laisser
échapper la moindre prescription. Qui présentera
jamais, au terme de sa vie, un accomplissement pareil ? Personne.
Donc la loi condamne tout le monde. « Maudit est quiconque ne
persévère pas dans tout ce qui est écrit pour
le faire. » Que disent, en revanche, les apôtres ? Ils
prêchent, ils enseignent, nous dirions presque : ils
apportent la justice justifiante du Christ, justice qui ne vient
point des oeuvres, mais de la foi, et qui transforme la vie pour
la rendre capable d'obéir à Jésus. Qui dira
que ce ministère ne surpasse pas le
précédent, autant que les cimes de nos monts
dominent les premières pentes de la vallée ?
Le ministère apostolique, enfin,
dépouille tous les voiles ; Moïse devait, au
contraire, en conserver un sur sa figure pour communiquer à
son peuple le message de l'Eternel. Sur quoi, donnant à la
scène contemplée jadis au pied du Sinaï une
interprétation hardiment allégorique, exacte
cependant, Paul transforme le voile de Moïse en une
couverture qui s'étend sur l'intelligence de ses
frères et les empêche de comprendre la Bible.
Brouillard de l'esprit et de la conscience, nuage opaque
enveloppant le coeur! Malgré les milliers de synagogues
où Moïse est lu chaque jour de sabbat (5),
les enfants d'Israël n'entendent pas sa
parole; leurs yeux restent fermés devant les
révélations les plus claires.
En sera-t-il toujours ainsi ? Non; aucune
fatalité ne condamne Israël à l'ignorance
indéfinie des voies de Dieu. Une seule condition à
remplir, et ils verront, ils comprendront, ils sauront.
Malheureusement cette condition leur coûte
énormément; elle s'appelle la conversion. «
Lorsque Israël se retournera vers le Seigneur, poursuit
l'apôtre, alors le voile sera enlevé » (v. 16).
Et qu'est-ce donc que se retourner vers le Seigneur, vers le
Christ nommé au verset 14, sinon se convertir?
Singulière leçon jetée
comme en passant sur la manière de lire et de comprendre
l'Ancien Testament. Car vous n'avez pas supposé, je
m'assure, que Paul écrive ces lignes uniquement pour ses
compatriotes. On lit Moïse dans nos temples comme dans les
synagogues; y est-il mieux compris? Les auditeurs et les lecteurs
chrétiens ont-ils ou n'ont-ils plus sur leur coeur ce voile
qui recouvre encore celui des juifs ? je ne m'occupe pas ici de
l'Eglise romaine qui ne peut guère lire l'Ecriture que dans
une langue étrangère; autant dire de la plupart de
ses adhérents qu'ils ne la lisent pas. Non, je m'adresse
à vous, protestants, qui vous glorifiez de posséder
la Bible et de la connaître, et je vous demande : La
comprenez-vous ?
Je ne sais pas. Au jugement de
l'apôtre, le seul moyen de la bien comprendre c'est
d'être converti. Voilà, probablement, à quoi
l'exégèse n'a pas toujours pensé. Oh!
acceptons avec gratitude toutes les découvertes
sérieusement contrôlées que la science met
à notre portée. Qu'elles nous viennent de l'Egypte,
de Ninive, de Babylone ou d'ailleurs, nous nous empresserons de
les accueillir, nous savons qu'un grand nombre de ces travaux
contribuent à éclairer d'une vive lumière
maintes pages de l'Ancien Testament. Ils ne peuvent pourtant pas
remplacer la conversion.
On faisait l'autre jour encore un bruit
considérable autour d'un législateur nommé
Hammurabi qui, bien des siècles avant Moïse, aurait
dit les mêmes choses que lui. Et pourquoi pas, je vous en
prie? Prétendez-vous limiter l'Esprit de Dieu? Lui
interdirez-vous d'instruire un seul autre sage que les auteurs de
nos livres saints? D'ailleurs toutes les lois et tous les
préceptes des plus anciens Assyriens empêcheront-ils
que « la loi nous ait été donnée par
Moïse (6) » et non par le
vénérable Hammurabi ? Or, pour la comprendre cette
loi, pour ne pas être maudit par elle, il nous faut la
grâce et la vérité, l'une et l'autre venues
par Jésus-Christ et reçues par la conversion. Le
sens profond, le sens complet de l'Ecriture devra beaucoup
à la science; mais il restera caché au savant le
plus éminent, s'il n'a pas été converti. Ce
n'est pas moi qui le dis; c'est l'apôtre Paul.
.
3. Gloire des
chrétiens.
Il ne suffisait point à cet
apôtre de parler de sa gloire, ou plutôt de celle de
son ministère comparé au ministère de
Moïse : une plus haute ambition l'anime, mêlée
à plus de charité. Il veut faire connaître aux
Corinthiens et à tous les fidèles la gloire qui
resplendit en eux et autour d'eux, du fait même de leur
foi.
Gloire, d'abord, dans la possession de la
liberté. Affranchis de l'esclavage de la lettre, ils ont
passé dans le domaine de l'Esprit. Or, partout où
est l'Esprit du Seigneur, là aussi est la liberté.
Peu d'enseignements sont plus chers à Paul. Son
épître aux Galates, deux ans environ avant celle que
nous étudions, revenait constamment sur cette leçon.
L'épître aux Romains s'y arrêtera longuement.
Les Corinthiens aussi, ces Grecs passionnés
d'indépendance, mais la cherchant longtemps là
où elle ne se trouve pas, en connaîtront la vraie
source, l'unique dispensateur. Liberté partout où
agit l'Esprit du Seigneur!
Gloire, ensuite, par une transformation
graduelle et constante de la vie. « Nous tous, écrit
l'apôtre, - et l'on ne saurait trop insister sur ce toits,
qui embrasse la totalité des croyants, - à visage
découvert, contemplant dans un miroir la gloire du
Seigneur, nous sommes transformés en son image, de gloire
en gloire, comme de par l'Esprit du Seigneur. » Chaque mot
mérite d'être retenu dans cette magnifique
affirmation.
A visage découvert! Le voile de
Moïse ne nous servirait plus à rien. Les autres voiles
tombent les uns après les autres. L'ignorance
disparaît petit à petit; l'indifférence aussi;
le mauvais vouloir également. Nous voulons voir et
être vus. Et les nuages que nous ne pouvons pas chasser par
nos efforts, nous demandons à l'Esprit de les dissiper; il
exauce notre prière; les ténèbres, le
clair-obscur même disparaissent; les coeurs se
dégagent de leurs entraves; les visages se
découvrent.
Nous contemplons la gloire du Seigneur.
Précisément cette majesté suprême que
Moïse demandait un jour à voir et dont il put saluer
le plus merveilleux rayon, celui de la bonté de Dieu
(7). Oh ! comme nous le voyons
à notre tour, et bien mieux que le législateur
d'Israël, nous qui sommes entrés par la foi dans
Gethsémané, et montés sur le Calvaire
!
C'est dans un miroir, cependant, que nous
percevons cette gloire. Nous n'en supporterions pas l'éclat
si nous la rencontrions en face ; nos yeux mortels en seraient
aveuglés. Il faut un miroir entre nous et ces feux
étincelants. Et quel est-il ce miroir,
préparé pour nous par la prévoyance
paternelle de notre Dieu, afin que nous puissions voir sans
mourir? C'est l'Evangile lui-même, c'est cette alliance
nouvelle dont Paul et les apôtres ont été
faits les ministres. A qui sait lire dans ce livre d'or, sous la
direction du Saint-Esprit, la gloire de l'Eternel apparaît
dans l'abaissement de Jésus.
Ce n'est pas tout de voir. Spectateurs de
plus en plus captivés par les scènes sans Pareille
qui se déroulent devant nous, voici que peu à peu,
nous subissons, comme malgré nous, l'influence
extraordinaire de ce spectacle. Pénétrés de
part en part de cette lumière, nous devenons lumineux
à notre tour. Irradiés par cette gloire, nous sommes
métamorphosés, - c'est le mot exact du texte, - au
point de la reproduire dans nos personnes. Nous ne sommes plus
nous-mêmes, nous sommes l'image du Seigneur. Image
imparfaite, tachée, troublée? Oh! je crois bien,
mais écoutez : image chaque jour moins mauvaise et plus
ressemblante, car nous sommes « transformés de gloire
en gloire. » La gloire d'aujourd'hui dépasse
déjà par quelques traits celle d'hier; que sera-ce
de celle de demain? D'une gloire moindre à une gloire plus
pure, et toujours ainsi, sans recul malgré les nuées
qui essaieront maintes fois d'obscurcir cette image, jusqu'au jour
où nous entrerons, serviteurs fidèles, « dans
la gloire de notre Maître. »
Mes amis, je ne me charge pas d'expliquer.
je ne saurais qu'affaiblir, et vraiment c'est trop beau pour que
nous consentions a rien perdre de cette perspective. Vous
êtes-vous élevés quelquefois sur les hauteurs
de nos Alpes? Quelle gloire lorsque vous aviez
dépassé les premiers plateaux, et que votre regard,
se promenant curieux tout ensemble et reposé sur un vaste
panorama, passait de l'humble chalet à la forêt
profonde, du lac d'émeraude à la colossale paroi de
rochers ! Mais il fallait monter encore. Quelle gloire, lorsque,
franchissant les limites de la végétation, vous avez
vu surgir de tous côtés les sommités couvertes
de neige immaculée, dont les aiguilles les plus fines se
détachaient sur l'azur du firmament! Et vous montiez
toujours. Quelle gloire, enfin, quand, posant le pied sur la
dernière cime, vous écoutiez le silence et vous
admiriez l'immensité ! Etait-ce la nature qui
s'était transformée de gloire en gloire ? Etait-ce
vous-même, à chaque étape nouvelle? Vous
n'auriez su le dire au premier instant. Et puis il vous a
semblé, n'est-ce pas ? que la nature comme vous, et vous
comme la nature, vous aviez passé par cette
mystérieuse et solennelle transformation.... Image
très incomplète, mais image pourtant de celle qui
s'opère dans l'âme et dans la vie du croyant, quand
il contemple à visage découvert la gloire de son
Seigneur (8).
Il y a dans le monde, comment ne pas le
rappeler ? une autre progression. Celle qui descend au lieu de
celle qui s'élève : de honte en honte et non de
gloire en gloire. Progression du péché qui
amène, elle aussi, une transformation graduelle de tout
l'individu. Les traits mêmes du visage prennent alors
l'apparence du vice, et l'homme se rapproche de la bête au
lieu de monter jusqu'à l'ange. Entre ces deux
métamorphoses, il faut choisir. Hier, nous fêtions
avec reconnaissance un glorieux anniversaire de notre
Genève, une délivrance telle qu'il n'en fut
accordé qu'à peu de républiques (9).
Depuis le 12 décembre 1602, notre patrie
s'est-elle transformée de gloire en gloire ? S'est-elle
élevée, ou s'est-elle abaissée ? Dieu le
sait. Mais pour qu'une cité prospère moralement, il
ne suffit pas que ses remparts tombent et que de beaux
édifices les remplacent. Il faut que tous ses citoyens se
sentent appelés, pour parler avec juste Olivier, à
...
Grandir, mais du côté
du ciel.
ou, pour reprendre le langage de Paul, il
faut que nous soyons transformés de gloire en gloire,
jusqu'à ressembler au Seigneur!