Il est écrit: TA PAROLE EST LA VERITE(Jean 17.17)... cela me suffit !

VIENS ET VOIS

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MÉDITATION

Le pardon

(Matthieu XVIII, 21-22.)


À la rigueur de la loi de Christ est venu substituer la douceur de la grâce; — à la justice inflexible, l’amour que rien ne décourage et le pardon qui couvre une multitude de péchés.

«Maître, demande Pierre, si mon frère m’offense, combien de fois lui pardonnerai-je? Sera-ce jusqu’à 7 fois?»

En rappelant ce précepte de la loi traditionnelle, Pierre, le fougueux disciple, devait penser qu’une telle patience était déjà bien méritoire. Se trouverait-il un homme capable de maîtriser sa colère pour pardonner 7 fois dans la même journée?

Et Jésus de répondre: «Je ne te dis pas 7 fois, mais 70 fois 7 fois!»


Entre le pardon de l’homme le plus clément et la miséricorde que Christ ordonne à ses disciples, il y a toute la distance qui sépare le fini de l’infini.

Qui ne voit que compter son pardon c’est le limiter!

Celui que le Christ nous recommande, après nous en avoir donné l’exemple, va jusqu’à EFFACER DE NOTRE MÉMOIRE LE SOUVENIR DE L’OFFENSE...


Nous admirons David lorsqu’il fait grâce à Schiméi qui l’avait maudit, en un jour de détresse (II Samuel XIX, 23); mais à son lit de mort, le roi qui n’a rien oublié, recommande son insulteur aux rigueurs de son fils! Est-ce là pardonner?


Tel renonce à se venger d’un ennemi, mais ne songe pas à s’en faire un ami, et du plus loin qu’il l’aperçoit prend un autre chemin.

Tel autre, qu’un ami a profondément blessé, accepte de se réconcilier avec lui, l’accueille, lui fait bon visage, mais garde au cœur une cicatrice qui ne se ferme pas. II y a quelque chose de brisé...

Tel encore prétend pardonner et s’en fait un mérite. Il pardonne ostensiblement, pour qu’on le sache et qu’on soit juge. Il tient trop au souvenir de son beau pardon, pour oublier l’injure...


L’histoire nous a conservé d'admirables exemples, mais, pensant à Jésus, nous ne pouvons nous empêcher de remarquer qu’un pardon parfait fuirait une telle publicité. O Christ miséricordieux, pardonne-nous... nos pardons.

Pardonner, pour le Maître, ce n’est pas seulement laisser tomber l’offense, c’est «aimer celui qui était notre ennemi, bénir celui qui nous maudissait».

Un sourd-muet à qui on demandait: «Qu’est-ce que le pardon?», écrivit au crayon cette réponse: «C’est le parfum que répand une fleur quand on l’a froissée

Les pardons du monde font le plus souvent des ingrats. Mais il y a quelque chose de rédempteur dans le vrai pardon chrétien. On l’a comparé au bois de santal qui parfume la hache qui le frappe.


Pour le disciple du Christ, remarquons-le, il s’agit là d’un devoir qui lui est imposé.

Si nous sommes chrétiens, nous ne sommes plus libres de ne pas pardonner: c’est une dette contractée envers Celui qui est mort pour nous.

Souvenez-vous du méchant débiteur libéré par son maître d’une dette de 10.000 talents, et qui osait jeter en prison son camarade qui lui devait 100 deniers.


LE PARDON DE CHRIST OBLIGE LE NÔTRE.


Que d’offenses ne nous a-t-il pas remises, ne nous remet-il pas chaque jour?

Il nous envoie travailler dans sa vigne, et nous n’y allons pas;

il frappe à notre porte, et nous le laissons dehors;

il nous fait l’honneur de nous choisir comme témoins de sa grâce devant les hommes, et nous ne le confessons pas.

Mensonge, orgueil, avarice, égoïsme, tous les péchés qui l’ont fait mourir, nous nous en rendons encore coupables et, de sa croix toujours dressée, il nous pardonne encore.


Ce que nous devons pardonner peut-il entrer en ligne de compte avec ce qui nous est pardonné?

S’il nous faut parfois du support pour autrui, n’oublions pas qu’il lui en faut aussi pour nous-mêmes.

Que de fois n’avons-nous pas parlé de notre prochain en termes qui faisaient peut-être honneur à notre esprit, mais certes pas à notre cœur?

Que de fois n’avons-nous pas, sans hésitation, porté atteinte à ses intérêts, quand il s’agissait de sauvegarder les nôtres, envié sa prospérité, convoité ses biens?

S’il nous arrive d’être, à notre tour, sa victime, Dieu seul sait de quel côté penche la balance. Et nous resterions impitoyables, devant l’insondable amour du Calvaire?


Mais c’est surtout à nous-mêmes que nous devons de pardonner à qui nous offensés. Aucun bonheur, aucune paix de l’âme n’est possible dans un climat de haine.

Quelle tristesse que ces discordes sans fin, ces rancunes, cette soif de vengeance qui empoisonnent une vie!

Et c’est peut-être un ami, un frère, que nous sommes tout près d’aimer encore, à qui nous refusons le pardon!


J’ai connu un de ces justes inflexibles qui laissa mourir son ennemi sans réconciliation. Mais comment dire sa douleur lorsque, enfin, repris par sa conscience et s'apercevant trop tard de ses propres torts, il alla, non plus pardonner, mais demander pardon au tombeau?


«Je ne te dis pas de pardonner sept fois, mais 70 fois sept fois.»


Paul GOUNELLE.

(Extrait du Christianisme au XX siècle.)

Source: https://pentecostalarchives.org/

Viens et Vois 1943 - 07


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