Il est écrit: TA PAROLE EST LA VERITE(Jean 17.17)... cela me suffit !

VIENS ET VOIS

----------

MÉDITATION

L’AMOUR FRATERNEL


«Que la charité soit sans hypocrisie.

Ayez le mal en horreur;

Attachez-vous fortement au bien.»

(Romains XII, 9.)


Le mot «charité» n’a, ici, qu’une parenté très éloignée avec l’aumône, quoique dans les pays latins on confonde aisément les deux!

La «charité», dans le style des Saintes Écritures, n’est autre chose que l’amour; c’est d’ailleurs, sous ce vocable que le mot «agapè» du texte original a été traduit par la version de Lausanne et celle de Darby.

Ce mot se retrouve environ 285 fois dans le Nouveau Testament.


La Parole de Dieu est le «Message de Son amour» aux hommes.

Charité ne signifie pas simple affection, mais véritable et profond amour divin d’origine. Il paraît être aussi étranger au cœur humain qu’il est naturel à celui de Dieu.

Le sentiment appelé «charité», dans notre texte, a en vue l’exercice de l’amour à l’égard de nos semblables plutôt qu’à l’égard de Dieu Lui-même; en effet, on comprendrait mal l’exhortation de l’apôtre: «Que votre amour (à l’égard de Dieu) soit sans hypocrisie!»


L’HYPOCRISIE À L’ÉGARD DE DIEU SERAIT LE COMBLE DE LA FOLIE!


Il s’agit donc, dans notre texte, de l’amour fraternel chrétien, spirituellement parlant et non pas intellectuellement parlant. L’amour fraternel n’est pas fait de «convenances» ou de «devoir» qui caractérisent la politesse mondaine, ce serait encore une forme de l’hypocrisie.

L’amour chrétien, c’est la courtoisie du cœur. Il ne peut s’agir, dans notre texte, de «pitié» ou de «compassion», ce serait prendre l’effet pour la cause; la «pitié» et la compassion» dépendent de la nature et de l’intensité de l’amour et ne sont que des conséquences de l’amour; pour réaliser l’amour, il faut «monter plus haut», à sa véritable source, en Dieu. D’autre part,» amour» et «admiration» sont choses sensiblement différentes; il est très possible de ne pas aimer, à proprement parler, une personne qu’on admire, cependant, très sincèrement.

L’amour chaud et réconfortant est différent de la «froide» «sympathie» et, sans être entièrement étranger à l’enthousiasme (étym. Dieu en soi.) humain, fragile et éphémère, il peut être la cause de cette manifestation extérieure appelée «enthousiasme».


Pour réaliser le véritable amour, il ne faut rien de moins que toute l’action du Saint-Esprit qui en remplit le cœur (Romains V, 5). Recherchons cette bienfaisante action de l’Esprit de Dieu en nous-mêmes.


L’apôtre Paul signale le grand et principal danger pouvant menacer l’amour au point de le «dénaturer»!

Si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on?

Si l’amour manque de sincérité à un degré quelconque, il perdra, de ce fait, le propre de sa nature et, avec quoi la lui rendra-t-on?

«Que l’amour soit sans hypocrisie!» L’enfant de Dieu placé devant cette «mise en garde» se trouve dans l’obligation d’examiner, sans retard, ses raisons d’aimer ainsi que les objets de son amour.


Mais, qu’est-ce exactement que l’hypocrisie?

Si, d’une part, «tout ce oui n’est pas le produit de la conviction (ou de la foi), est péché», d’autre part, tout amour qui manque de sincérité, à quelque degré que ce soit, revêt au même degré, le caractère de l’hypocrisie.

Non seulement l’affreux mensonge, heureusement ignoré du chrétien, mais encore la dissimulation et toutes les gammes des restrictions mentales, constituent l’hypocrisie!


L’AMOUR HYPOCRITE!

C’EST LE MIEL DISSIMULANT LE FIEL!


L’amour qui cache un intérêt à réaliser et a en vue un avantage personnel n’est qu’une forme de l’égoïsme.

L’amour qui s’exerce en vue de la propre jouissance personnelle de celui qui l’exerce plutôt que de la joie ou du soulagement qu’il doit apporter à l’objet aimé, est encore une forme de l’hypocrisie: c’est là l’amour du chat qui ronronne de satisfaction, non pas parce qu’il vous caresse, mais parce qu’il se caresse à vous en se câlinant à vous comme il le ferait au pied d’une table.

L’amour qui a en vue soi-même plutôt que l’objet de son affection revêt fatalement un certain degré d’hypocrisie.


Aimer, ce n’est pas manifester des sentiments d’affection, voire même de tendresse, à l’égard de ce qui est aimable (les païens n’agissent-ils pas de même? (Matthieu V, 46-47) ou sympathique, parce qu’il y a «écho des cœurs».

Aimer, c’est naturellement et sans contrainte, ressentir et manifester son affection à l’égard de ceux avec lesquels il ne pourrait y avoir, humainement parlant, aucune affinité.

Aimer comme Dieu aime c’est, toutes proportions gardées, faire jouir l’objet de son amour même si celui qui exerce l’amour doit en souffrir ou parfois s’exposer à être moins aimé de ceux qu’il aime.

Il y a un abîme entre l’apparence et la réalité.


Comme son Dieu, le racheté du Seigneur doit être lié par cette glorieuse impossibilité. «il ne peut pas ne pas aimer» (I Jean IV, 16) et il doit pouvoir avoir la faculté d’oublier les offenses, ne conservant aucun sentiment d’amertume dans le cœur qui ferait obstacle à l’amour. Que Dieu nous soit en aide!

P. Nicolle (Rouen)

Source: https://pentecostalarchives.org/

Viens et Vois 1943 - 04


Table des matières