Il est écrit: TA PAROLE EST LA VERITE(Jean 17.17)... cela me suffit !

LE TRESOR DES ANCIENS SENTIERS

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JÉSUS


I.


CELUI QUI DEVAIT VENIR.

C’est dans l'adoration que je veux écrire ces lignes qui m’ont été demandées. Nul mieux que moi ne peut sentir l'abîme immense qui la sépare de Jésus et mon âme reprend, à son compte, dans toute la force de l'esprit et des mots, la déclaration de Saint Paul:

«Jésus Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier (I Tim. 1 v. 15)

Aussi bien cette confession soulignera la vérité particulière que nous aborderons aujourd’hui: Celui qui devait venir.

Sans avoir la joie de pouvoir grouper pour l'édification du lecteur, tous les textes se rapportant au sujet, il est bond indiquer que toute la démonstration, toute la force et tout l’intérêt de ces articles seront empruntés au texte biblique uniquement.


S’il s’y ajoute dans le cours des recherches, de l’expérience, elle ne sera que l’encre imparfaite avec laquelle l’Esprit aura marqué et souligné la Vérité éternelle, cette Vérité qui se confond avec Jésus (Jean 14  v. 6), par laquelle nous sommes sanctifiés (Jean 17  v. 17). Et dans laquelle le Saint-Esprit nous conduit sans cesse (Jean 16 v. 13)

Et nous voici par Elle, en Elle et pour Elle devant le nom de Jésus. «Jésus! ô nom qui surpasse tout nom qu'on puisse exalter!... »


Oh! ce nom de Jésus!

Quelles tendresses de l’esprit, du cœur et de l’âme ne fait-il pas monter en prière en nous! Pour moi, ce nom est si doux, si grand, si puissant, qu'il associe des larmes d'infini à une joie inexprimable, dans l'expression de ma foi et de mon offrande. Ce n'est qu’à genoux que l’on a le droit de dire et de redire ce nom! Il contient toutes les pitiés de Dieu, toute l’allégresse du Ciel, toute la gloire de la Rédemption, toute la félicité des rachetés!

Combien on aime prendre la place de la brebis perdue et du fils prodigue repentant, pour le prononcer! ô Jésus! je tremble et je chante disant Ton nom glorieux! (1 Cor. 1  v. 2,30, 31)


C'est tout d'abord la prophétie qui nous parlera de Celui qui devait venir.

Elle contient tout l'amour, toute la souffrance et toute la volonté de Dieu à cet égard (Ésaïe 5 v, 1-4 et 7) (Luc 20 v. 9-16) L’Éternel en donne l’assurance à Moïse afin de bien marquer devant le grand législateur qu'il n'est pas le prophète définitif. (Deut. 18 v. 15, 17-19)

Dans une vision grandiose Daniel le salue: «Je regardais pendant mes visions nocturnes, et voici, sur les nuées des cieux arriva quelqu'un de semblable à un fils de l’homme; il s’avança vers l'ancien des jours, et on le fit approcher de lui. On lui donna la domination, la gloire et le règne; et tous les peuples, les nations et les hommes de toutes langues le servaient. Sa domination est une domination éternelle qui ne passera point.et son règne ne sera point détruit» (Dan. 7 v. 13-14).

Quand Ésaïe oppose l'idolâtrie et la divination au service fidèle que Dieu demande (Ch. 8 v. 19-20) il ne tarde pas à montrer les ténèbres épaisses où le péché conduit le peuple. Mais il ajoute, avec joie l'accent de sa ferme certitude. «Mais les ténèbres ne régneront pas toujours sur la terre où il y a maintenant des angoisses...»(v. 23) qui précède de peu la magnifique déclaration du chapitre 9 v. 1-6.

«Le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière…

Car un enfant nous est né, un Fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule; on l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la Paix...»

À relire ces paroles de feu et de gloire, on croit comprendre l’espoir immense que la voix du prophète a laissé dans les cœurs.

C'est la même pensée qui retentit dans sa vision glorieuse, qui se termine par ces mots: «Venez, et marchons à la lumière de l'Éternel.»(Es. 2 v. 1-5).

Dans une poésie douce et forte est appelé encore celui qui devait venir et l’âme profonde d’Ésaïe saisit la puissance spirituelle du Messie (11 v. 10-19); de même il en montrera le caractère doux et compatissant, l'amour qui soulage et délivre les malheureux et les souffrants (42 v. 1-12).

Et que dire de son cri merveilleux au chapitre 53

Quelle vision nette et auguste de la personnalité totale du Sauveur du monde. On imagine facilement le prophète en larmes en écrivant sous la dictée de Dieu, les lignes de cette révélation. Il a dû y avoir par le Saint-Esprit, des heures d'une émotion sublime, d’une hauteur incomparable, de compréhension et de vision devant les personnages spirituels qui, sur le plan éternel de Dieu, passaient, au bout de leur adoration (Ps. 22). Cette émotion, cette compréhension et cette vision ont constitué parfois des éléments si nets d’un tableau historique que l’on a appelé Ésaïe le cinquième évangéliste.

Quittant le plan de la prophétie, abordons maintenant le plan direct et historique de notre sujet dans les vérités duquel «les anges désirent plonger leurs regards». (l Pierre 1 v. 10-12)


Il

LE PLUS GRAND FAIT DE L’HISTOIRE, A-T-ON DIT!

Et tout dans la Parole confirme ce jugement. Tout y contribue: péché, ruine, condamnation de l'homme, amour, compassion, puissance de Dieu en Jésus Christ, (Eph. 2 v. 1-8; Col. 1 v. 21-23; I Jean 4 v. 9-11).

C’est encore la prophétie qui lui sert de berceau spirituel. Ésaïe (7 v. 15) et Michée (5 v. 14) semblent descendre ensemble devant la marche auguste des mages et les bergers étonnés, à Bethléem. Leurs accents retentissent encore au fond du ciel quand l'armée du ciel vient ébranler par des échos fantastiques la terre des prophètes.


Les simples de ce monde sont courbés dans la surprise et l’adoration et leur silence laisse planer, majestueux et immortel, le message du ciel à la terre. ( Luc 2 v. 8-14).

Le Christ qui vient de naître, ainsi annoncé est aussi révélé aux profonds penseurs de l’Est araméen. La simplicité des petits s'associe à celle des grands et trace une route que Dieu désire toujours, pour arriver à Lui (Matt. 10 v. 16).

Tandis que l'âme d’Hérode et Jérusalem tout entière sont mises en émoi, les mages, dans la joie, courent, à la suite de l’étoile, pour être les premiers témoins du fait dominant de l’histoire (Mat. 2 v. 1-12).


Nous pensons tout d’abord à l’amour de Dieu qui explique ce fait et son apostrophe émouvante à son peuple:

«Venez et plaidons, dit l’Éternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige; s’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine».


(Ésaïe 1: 18) fait surgir le cri merveilleux du texte central de l’Évangile:

«Car Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle» (Jean 3 v. 16).

Par lui nous sommes ramenés à la compréhension du Dieu d’amour dont l’apôtre Jean nous fait sentir l’éternité, la lumière et la volonté dans le préambule profond de son évangile, paragraphe puissant où la venue de Christ est saluée avec grandeur (Jean 1: 1-18).


Tous les hommes attendaient l'accomplissement de la prophétie messianique.

Siméon attendait et laissa éclater sa joie (Luc 2: 25-35).

Anne veillait aussi et annonça ensuite Jésus «à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem». (Luc 2 v. 36-38).

Jésus se révèle avec joie à la femme Samaritaine, qui n’avait pas perdu complètement, dans l'atmosphère épaisse du péché, l'espoir de son peuple (Jean 4: 25-26).

Nicodème lui-même tremble dans sa question, en pensant au même espoir. (Jean 3: 1-2)


Jésus lui-même confirme sa venue de maintes façons et en plusieurs circonstances (Jean 6: 28-29 et 33), pain vivant descendu du ciel; nourriture abondante pour ses brebis (Jean 10: 10), appelant, non les justes, mais les pécheurs à la repentance (Luc 5: 32), montrant le Jugement qu'il a apporté dans le monde (Jean 9: 39): apportant l'accomplissement définitif de l’oeuvre de la loi (Matt. 5: 37) révélant sa venue comme voulue de Dieu (Jean 20: 21) et l’apôtre Pierre soulignera cette pensée dans Actes 3: 26.

Enfin nous voyons Jésus donnant la réponse la plus magnifique, la plus probante et la plus touchante aux envoyés inquiets du Précurseur (Luc 7: 18-23). Le prince de la vie donne la vie, Il guérit, Il purifie et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres, et tandis que Jean fatigué et heureux, dans sa prison, entendait cette magnifique réponse, ses yeux lisaient dans l’invisible le vieux manuscrit: «Alors s'ouvriront les yeux des aveugles.... (Ésaïe 35: 4-10) et le captif fut fortifié ne sentit plus ses chaînes (Ésaïe 42: 7 et son âme en adorant ajouta sûrement: «Celui qui devait venir est venu» et demandant pardon de son doute, il se rappela ce qu’il avait dit lui-même (Jean: 1 v. 33-34); et adora.


III


JÉSUS! CELUI QUI DEVAIT VENIR!

Il nous reste maintenant, en puisant toujours aux mêmes sources, à voir l'importance et l’espérance qui s’attachent au fait glorieux que la parole de Dieu vient de nous révéler.

Nous sentons cette espérance comme une nécessité que les hommes n'ont pas toujours envisagée ainsi et qui est rappelée au peuple d’Israël par le psalmiste (Ps 2 v. 1-12) et le cri de la fin de ce chant montre l’heureux état de tous ceux qui acceptent le Fils donné au monde.

C’est Jésus lui-même résumant toute son œuvre à travers la volonté, la gloire et l'unité qu’il n’a cesser de partager avec le Père, dans sa prière du chapitre 17 de Saint Jean, montrant le souci constant de sa venue sur la terre, voulue de Dieu et avant une importance primordiale pour ceux qu'il laissait:

c'est la vie éternelle en «Celui que tu as envoyé, Jésus Christ» (v. 3);

la connaissance et la foi (v. 8b);

la même mission pour le maître et les disciples (v. 18)

l’unité des disciples en Dieu et en Christ pour que le monde croie (v. 21b), cette unité plus explicitement affirmée pour le même résultat (v. 23); l’éternité du Christ affirmée, montrant son existence auprès de Dieu avant sa venue sur la terre (v. 24).


Nous n’osons pas appliquer au Christ le mot orgueilleux de César, mais nous pourrions dire qu'à travers cette prière unique nous l’entendons résonner dans la splendeur et la victoire du monde spirituel. Il est venu... Il n'a pas seulement vu... Il a agit, Il s'est donné, et II a vaincu, pour l'éternité. Et nous partageons sa victoire (Rom. 8 v. 17). Amen.

Ce sont les apôtres qui saluent sa venue d’une importance absolue: (Héb; 1) Fils, Dieu, Seigneur, Éternel, etc.

Son rôle de Médiateur nous le révèle dans son don immortel (1 Tim. 2: 5-6) et pour cela il a revêtu toute notre humanité (Héb. 2 v. 17-18).


L’apôtre Paul nous montre, dans une inspiration sainte et élevée (Phil. 2 v 5-11) Jésus. Personne n’a pu donner, en si peu de mots, et d'une façon aussi complète et émouvante, toute l'histoire merveilleuse de notre Bien-aimé Sauveur.

Ici nous comprenons ce qu’il lui en a coûté de venir parmi les hommes; et les deux abîmes, de l'immolation dans l’obéissance absolue, et de la profondeur de la gloire de Dieu y sont remplis du même nom: JÉSUS.

Nos genoux fléchissent aussi et nous adorons, subjugués par tant d’amour, de souffrance, de perfection et de gloire.

Témoins de Celui qui nous demande de l’être, nous répétons avec l'apôtre Pierre sa déclaration substantielle devant le Sanhédrin (Actes 4 v. 12) et notre âme, après avoir connu un tel Maître s'écrie, avec le même disciple:

«Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle». (Jean 6: 68).


Émus en face d'une œuvre aussi glorieuse, conscients de l'amour de Dieu et de l'indifférence du grand nombre à l'endroit du Rédempteur éternellement vivant, nous voudrions FAIRE ENTENDRE L'AVERTISSEMENT DE LA PAROLE DE DIEU À CE SUJET.

Celui que Jésus aimait nous donne la norme en fonction de la venue du Christ sur la terre (l Jean 4 v. 2) et nous apprenons aussi par lui que «quiconque croit que Jésus est le Christ est né de Dieu» (I Jean 5: 1). Si «la victoire qui triomphe du monde est notre foi» (v. 4) nous voyons qui est celui qui triomphe du monde (v. 5)


Quel rôle! Quel sort glorieux! être ce vainqueur! ce triomphateur!

L’apôtre nous montre ensuite Jésus Christ qui est venu avec l'eau et le sang (v. 6). L’accord de l'Esprit de l'eau et du sang (v. 7) est émouvant et Satan n'avait pas su le voir, à l'heure où il croyait être seul à avoir dressé la Croix!

Nous nous courbons devant le témoignage de Dieu et c'est ce témoignage que nous ne devons cesser de faire connaître au monde (Actes 1 v. 8).


Chers frères et sœurs, dans la joie et dans la foi, adorant Celui qui devait venir et qui est venu, je vous rappelle ceci comme ma salutation en Lui:

«Je vous ai écrit ces choses, afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu». (I Jean 5: 13).

(Pasteur Boulle)

Viens et Vois 1933-08


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