Il est écrit: TA PAROLE EST LA VERITE(Jean 17.17)... cela me suffit !

CONVERSION D'EMILIE M...

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Il y a quelque temps, une jeune et chère enfant de Dieu m'écrivait pour me prier de venir comme médecin, et surtout comme ami, visiter sa cousine qui était, depuis près d'un an, atteinte d'une maladie de poitrine.

Je connaissais cette pauvre malade, car elle assistait régulièrement à des réunions qui, par une coïncidence remarquable, avaient commencé dans la localité où elle habitait, à peu près à l'époque où elle ressentit les premiers symptômes de son mal.

Plusieurs fois des appels directs avaient été adressés à cette enfant, qui, d'ailleurs, douce et aimable, écoutait avec respect et répondait avec plaisir aux questions qui lui étaient faites; mais il était facile de voir que, malgré un intérêt apparent pour les choses de Dieu, elle restait toujours dans le même état.

Il y avait eu, dans sa localité et dans sa famille, des personnes converties et d'autres réveillées; mais elle, qui paraissait, par son caractère et son attitude, mieux préparée que personne à recevoir la vérité, restait toujours à faire le premier pas, sans que ni elle ni personne eussent pu dire pourquoi.

Pourtant, les forces de la malade déclinaient de jour en jour, et quand je la revis, après avoir été longtemps empêché de la visiter, je la trouvai tellement changée que je me vis contraint de lui dire toute la vérité sur sa position. Après m'être informé de ce qu'elle ressentait et m'être rendu compte de l'état de sa poitrine, je lui demandai, en la regardant fixement:

Pensez-vous que vous allez mieux depuis que je ne vous ai vue?

Oui, répondit-elle en souriant.

Croyez-vous que vous vous remettrez?

Oui, dit-elle avec assurance.

En effet, dis-je, voilà le printemps, le soleil semble apporter la santé dans ses rayons, la campagne renaît, les fleurs s'épanouissent, la nature entière semble se réveiller du sommeil de l'hiver, et je suis assuré que Dieu peut, si c'est sa volonté, vous rétablir.

Mais, en attendant, Il vous offre depuis longtemps quelque chose de plus précieux que la santé, quelque chose de plus durable que la vie présente. Oui, depuis longtemps Dieu vous offre la vie éternelle et vous ne paraissez pas vous en soucier.

Vous aimeriez vivre dans ce monde où la vie n'est souvent qu'une longue agonie; vous vous contenteriez de peu, et Dieu vous offre beaucoup. Le Seigneur Jésus disait à la foule qui l'entourait pendant qu'il était dans ce monde:

«Vous ne voulez pas venir à
moi pour avoir la vie» (Jean V, 40).

Seriez-vous de ceux-là? Je dois vous dire que, pour ma part, je trouve que vous êtes plus faible et que, à vues humaines, vous ne me paraissez pas devoir vous rétablir. Je ne veux pas être trop dur pour vous, et si je vous parle ainsi, c'est moins pour vous effrayer que pour détruire des illusions qui vous entretiendraient dans une fausse sécurité.

Un sourire forcé accueillit ces paroles dites un peu vivement et que j'essayai d'adoucir en ajoutant à peu près ceci:

Le Seigneur Jésus vous aime, c'est pourquoi Il vous fait inviter à mettre votre confiance en Lui; et, pour cela, il faut cesser de vous confier en vous ou en qui que ce soit.

La santé, votre bien le plus précieux, est fortement ébranlée; la vie que vous aimez est devenue moins qu'agréable à présent. Oh! hâtez-vous de vous confier dans le Seigneur Jésus, «mort pour vos offenses et ressuscité pour votre justification» (Romains IV, 25).

Reconnaissez vos offenses, reconnaissez votre état de péché, d'éloignement de Dieu; reconnaissez que vous êtes naturellement injuste et saisissez la justice que Dieu vous offre en Christ.

Pensez à ce pauvre enfant prodigue arrivant tout couvert de haillons; il est dans les bras de son père, mais il ne peut être reçu et introduit avec ses haillons dans la maison du père, il lui faut la «plus belle robe», Christ Lui-même pour justice.

Quand Christ apparaîtra dans sa gloire, les siens seront avec Lui, tels que Lui. Ne voudriez-vous pas faire partie de cette heureuse compagnie?...

Vous ne répondez pas?

C'est que vous êtes sincère, vous aimez le monde, qui cependant ne peut rien pour vous; ses séductions ne sont que pour un moment...

Oh! pensez au Seigneur Jésus assis à la droite de Dieu dans la gloire, et écoutez la douce voix de sa grâce qui vous appelle à Lui.

Je lui présentai encore quelques passages en rapport avec le salut de Dieu et quelques-uns des caractères qu'il revêt:

un salut éternel (Hébreux V, 9);

un grand salut (Hébreux II, 3);

un salut actuel, présent (2 Corinthiens VI, 2, 3);

un salut commun (Jude 3);

un salut gratuit, par grâce et pour tous les hommes,

«car la grâce de Dieu qui apporte le salut est apparue à tous les hommes» (Tite II, 11),

«À tous», répétai-je avec intention; donc à vous, Émilie.

Oh! pensez que Dieu dans le ciel, maintenant même, est occupé de vous, qu'il vous voit, vous suit comme si vous étiez seule dans ce monde, de la même manière qu'il cherchait le premier homme quand il n'y avait encore qu'Adam et Ève sur la terre!

Pensez au salut et au Dieu qui vous l'offre et qui veut vous avoir pour toujours dans sa propre présence.

Souvenez-vous que, pour vous avoir ainsi, II a dû donner son Fils bien-aimé, en qui II avait trouvé tout son bon plaisir, toute son affection.

«Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle» (Jean III, 16).

Je lui représentai encore l'attitude des Israélites sauvés par le sang de l'agneau lequel, aspergé sur leurs portes, les préservait, tandis que l'ange destructeur faisait des ravages à côté d'eux; leur paisible sécurité reposant, non sur eux-mêmes, mais sur Dieu qui avait dit: «Je verrai le sang.»

Oh! lui dis-je, croyez au Seigneur Jésus, Dieu voit toujours l'efficace de son œuvre parfaitement suffisante pour sauver tous ceux qui croient en Lui.

«Celui qui croit au Fils a la vie éternelle, et il ne viendra pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.»

Après avoir prié avec la malade, je la quittai, «la recommandant à Dieu et à la parole de sa grâce, qui a la puissance d'édifier et de donner un héritage avec tous les sanctifiés» (Actes XX, 32).

J'avais à peine fait quelques pas, qu'on vint me dire qu'elle avait fondu en larmes aussitôt après mon départ. «Bien, pensai-je, voilà une bonne chose.»

La femme pécheresse du VII chapitre de Luc pleurait aux pieds du Seigneur, qui, voyant sa sincérité, la consola par ces paroles qui répondaient à tous ses besoins passés, présents et futurs:

«Tes péchés sont pardonnés; ta foi t'a sauvée; va-t'en en paix» (Luc VII, 49-50).

Avez-vous, cher lecteur, pleuré une fois en pensant à votre condition devant Dieu?

Souvenez-vous que des milliers de pécheurs qui n'auront pas voulu pleurer un instant sur leurs péchés dans la présence du Dieu de grâce, passeront l'éternité loin de Lui à pleurer là où il y a des pleurs et des grincements de dents !... «Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés!» (Matthieu V, 4.)

Quelques jours après, je revis la jeune malade et je la trouvai changée de toute manière. La faiblesse physique avait augmenté, la fièvre ne cessait pas; l'insomnie, entretenue par une toux incessante ou des souffrances continuelles, l'avait accablée, et pourtant elle était calme!

Ah! cher lecteur, c'est qu'il y avait eu aussi un changement moral... Cette âme avait pleuré sur ses péchés et... Dieu l'avait consolée!

Elle me reçut en souriant et me dit de sa voix faible et entrecoupée par l'oppression et la toux:

Je suis heureuse à présent, je sais que le Seigneur m'a sauvée et que mes péchés sont effacés.

Mais, répondis-je, le Seigneur a donc fait une chose nouvelle depuis ma visite?

Oh! dit-elle, pendant la nuit, je ne sais ce qui s'est passé, je me suis tout à coup sentie tout autre, et je puis dire que, depuis, tout va bien.

Nous remerciâmes Dieu ensemble, et, après avoir relu la fin du chapitre VII de Luc et cité quelques autres passages qui montrent le salut, la paix, le pardon, je la quittai non plus attristée, mais heureuse et en paix.

Quelques jours après, elle recevait la visite d'une ancienne connaissance, un serviteur de Dieu qui habite l'Angleterre et qui correspondait régulièrement avec elle, ne pouvant venir la voir. Cet ami put, par la bonté de Dieu, instruire dans sa connaissance cette enfant à peine née de nouveau et lui faire comprendre les richesses de sa parole.

Il est précieux que les chers serviteurs de Christ sentent la tâche qui leur incombe, non seulement d'amener les âmes aux pieds du Seigneur, mais de les édifier sur le fondement de leur très sainte foi. Avec quelle sollicitude les apôtres du Seigneur, veillant.et priant, ne s'occupaient-ils pas des enfants de Dieu! (Colossiens l,9; II, 1, 2; 2 Pierre I, 12-15; III, 18.)

Le maçon qui bâtit reçoit des matériaux tout prêts, les pierres sont arrangées, taillées, ornées, puis il les pose sur la pierre angulaire. C'est une tâche analogue que font les serviteurs de Dieu: l'un plante, l'autre arrose, Dieu donne l'accroissement.

Dans l'éternité, nous verrons l'œuvre complète; en attendant, travaillons, — avec le Seigneur et sous son regard, — là où Il nous place.

Notre cher ami D. allait tous les jours voir la jeune malade et passait auprès d'elle de précieux moments; d'autres amis chrétiens ont aussi trouvé, dans la petite chambre d'Émilie, du rafraîchissement et de l'encouragement.

Le 3 mai, elle m'écrivait de sa propre main ces quelques lignes:

«...Ma main tremble, mais je veux tout de même vous dire que j'aimerais bien vous voir avec M. D., venu de Londres tout exprès pour moi, afin que je puisse vous serrer la main à tous deux ensemble, car je suis heureuse de pouvoir vous dire que je suis tranquille, car je crois maintenant que je suis sauvée et que je n'ai plus rien à craindre, car Dieu a eu pitié de moi: j'aime le Sauveur. M. D. vient me voir tous les jours pour me fortifier.

Cher monsieur, c'est à vous que je dois d'avoir fait les premiers pas; pardon si je m'arrête, je ne puis vous en dire plus long, car je suis trop fatiguée.»

Je me rendis le lendemain auprès d'elle, et ce fut un bonheur pour M. D. et pour moi de la voir ensemble. Elle prit une main de chacun de nous dans chacune des siennes et écoutait avec bonheur ce que nous lui disions du Seigneur.

Lequel de nous serait le plus heureux, lui dis-je, celui qui irait auprès du Seigneur, même en passant par la mort, ou celui qui resterait?

Oh! dit-elle après un court moment, le plus heureux serait celui qui irait avec le Seigneur.

Pouvez-vous répondre ainsi, cher ami lecteur?

Je mets la question sur votre conscience, et je désire que le Saint-Esprit vous amène à dire comme cette jeune fille ou comme Paul:

«Être avec Christ, c'est beaucoup meilleur.»

Nous lui chantâmes ce verset de cantique bien connu:

Heureux bientôt, dans un monde nouveau,

Nous chanterons les gloires de l'Agneau;

Là plus de deuil, plus de cris, plus de larmes;

Plus de péché, dans ce lieu plein de charmes:

Avec Jésus, joyeux, toujours joyeux,

Dans son amour nous serons bienheureux!

et son visage restait radieux! Que les sceptiques rient, qu'ils se moquent... mais plutôt qu'ils aient le privilège d'assister à une pareille scène qu'on n'oublie jamais, ils verront ce que c'est que d'avoir le Seigneur près de soi au moment même de la mort, en contraste avec la condition d'un homme sans Dieu... sans espérance.

Vous, lecteur, savez-vous combien la présence de Dieu change la scène quand Il est introduit quelque part?

Avez-vous vu une chambre d'un de ces malades où l'espérance n'entre jamais? où une illusion trompeuse est la seule ressource, souvent même à peine laissée au malheureux en proie à la fièvre qui le dévore et en fait bientôt un squelette d'où la vie semble toujours prête à s'échapper?

Avez-vous entendu ces accès incessants de toux déchirante, détruisant pour ainsi dire peu à peu la vie en lui, enlevant le peu de forces qui restent et empêchant d'en retrouver par un sommeil réparateur?

La chambre d'Émilie vous aurait présenté un tout autre tableau.

Pendant un mois que cette chère enfant a vécu encore dans ce monde après avoir connu le Sauveur, sa chambre était devenue un petit sanctuaire où chacun pouvait sentir la présence et la bénédiction du Seigneur...

Oui, l'introduction de Dieu change tout dans une scène quelconque, et quand même la mort est là, le croyant y sent la vie et peut s'écrier:

«Ô mort, où est ton aiguillon? Ô sépulcre, où est ta victoire?

Or, l'aiguillon de la mort, c'est le péché; et la puissance du péché, c'est la loi.

Mais grâces à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ!» (1 Corinthiens XV, 56, 57.)

Malgré les soins et l'affection dont elle était entourée, notre jeune amie déclinait rapidement, et un jour, le 16 mai, je recevais ce message: «Émilie s'est endormie hier, à six heures, dans la paix de son précieux Sauveur.»

Le cher frère D... m'écrivait aussi en me donnant des détails que je désire mettre sous vos yeux:

«Demain, par la grâce du Seigneur, nous espérons rendre témoignage sur la tombe de la chère petite Émilie, qui, elle-même, par la même grâce, en a rendu un bien touchant à ses parents. Hier, à quatre heures du soir, j'étais encore auprès d'elle; elle me disait: «Je serai bientôt avec le Seigneur? — Je le pense, ma chérie, lui répondis-je, et, en attendant, tu es déjà avec Lui, car Il est là; c'est par la foi maintenant, mais alors ce sera par la vue. — Oui», me dit-elle, et après un moment elle ajouta: «Pensez-vous que ce sera encore long? — Non, mon enfant, je ne le pense pas, mais le Seigneur te soutiendra.» Elle me dit alors: «La seule chose que je crains, c'est de beaucoup souffrir pour mourir. — Chérie, ne crains pas cela; le bon Berger n'accablera pas sa petite et jeune brebis au delà de ses forces.

Tes plus grandes souffrances sont passées, et lors même que tes forces seraient complètement épuisées, II te communiquerait les siennes, qui te seraient suffisantes. Alors elle fut tranquillisée à ce sujet. Je pensai que la fin ne serait que pour la nuit et je la quittai à six heures. Mais, un quart d'heure après, on me rappelait auprès d'elle, et aussitôt nous nous rendîmes, le frère B... et moi, près de la mourante, dont je trouvai la main encore chaude. Je l'appelai en vain: c'était fini.

Un moment auparavant, elle joignait ses mains sur sa poitrine en élevant ses yeux au ciel avec un beau sourire. Sa pauvre mère, qui la regardait, lui dit: «Que tu as une bonne figure, ma fille! tu es contente?» La pauvre petite poussa un faible soupir, et son âme s'envola auprès du Seigneur, où nous la retrouverons avec tous les rachetés.»

Et maintenant, cher lecteur, je viens vous demander, en toute affection, si vous vous joignez à la dernière pensée exprimée par mon ami D. ?

Pensez-vous que vous serez un jour auprès du Seigneur?

Savez-vous que nous comparaîtrons tous devant Lui?

Mais n'oubliez jamais «la bonne figure», le «doux sourire» de cette jeune fille, dont l'histoire vous a certainement touché...

Je sens une corde vibrer dans votre cœur, je vois une larme mouiller vos yeux, et je lis votre pensée, que vous aimeriez mourir comme cette jeune fille... et vivre comme elle pendant l'éternité, auprès de Celui qui a dit:

«En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui entend ma parole, et qui croit Celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.

En vérité, en vérité, je vous dis que l'heure vient, et elle est maintenant, que les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront» (Jean V, 24-25),

et je vous invite de la part de Dieu: SOYEZ RÉCONCILIÉ AVEC DIEU.

«Celui qui n'a pas connu le péché, Dieu l'a fait péché POUR NOUS, afin que nous devinssions justice de Dieu en lui» (2 Corinthiens V, 21).




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