PORTRAIT POLITIQUE DES PAPES
(JUSQU'A
1822)
XIe SIÈCLE.
JEAN XVII
CXLIIle PONTIFE. - EN 1003.
Image
provenant de:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_XVII
Élu le 9 juin 1003, et
sacré le 13 du même mois, il mourut le
31 octobre de la même année.
Quelques-uns disent qu'il fut très
adonné à la débauche, et qu'un
mari offensé l'empoisonna. D'autres ajoutent
qu'il fut aussi voleur.
JEAN XVIII
CXLIVe PONTIFE DE 1003 A 1009.
Image
provenant de:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_XVIII
Il s'appelait Fasana,
né à Rome, fils du prêtre Orso
et de Stéphanie, et cardinal du titre de
Saint-Pierre. Il fut sacré le 26
décembre 1003, et prit le nom de Jean.
À la fin de l'an 1009, il abdiqua le
pontificat, et se fit moine dans le
monastère de Saint-Paul de Rome, où
il mourut le 18 juillet. On dit qu'il avait
contribué à la mort de son
prédécesseur, et qu'il périt
de la peine du talion, en mourant aussi par le
poison.
SERGIUS IV
CXLVe PONTIFE. - DE 1009 A 1012.
Il était
évêque d'Albano, sous le nom de
Pierre
Os-porci, ce qui
signifie bouche de porc ; ayant
été élu pape du 17 au 24
août 1009, il le fut jusqu'à sa mort,
arrivée le 18 août 1012. Il fut
charitable, pacifique, zélé pour le
bien public, et modéré dans l'usage
des droits de sa dignité.
BENOIT VIII
CXLVIe PONTIFE. - DE 1012 A 1024
Quatorzième schisme.
Image
provenant de:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Benoît_VIII
JEAN, évêque de
Porto, né à Toscanelle, fils de
Grégoire, fut élu pape le 18 juillet
1012, par les démarches et la protection du
marquis de Toscanelle, son parent, dont la famille,
dès le neuvième siècle, avait
de l'influence dans les élections
pontificales.
S'il en est ainsi, c'était un malheur, car
la plupart des papes de leur façon furent
très méchants. Il prit le nom de
Benoît VIII, et peu de temps après, un
certain Grégoire se fit un parti assez fort pour
persuader que l'élection de Benoît
était nulle et simoniaque, et qu'on en
fît une nouvelle, où le même
Grégoire fut en effet élu.
Après avoir pris l'aveu du peuple,
Benoît fut chassé de la ville, et il y
eut schisme, puisque, en 1013, Grégoire fut
sacré souverain pontife, et en exerça
les fonctions. L'empereur Saint-Henri, second du
nom parmi les rois d'Allemagne, qui ne portaient
alors que ce titre, reçut favorablement
Benoît, et réussit à le
rétablir dans sa dignité.
Dès lors ce pape manifesta un esprit plus
militaire qu'ecclésiastique ; car il
commanda lui-même ses armées contre
les Sarrasins, qui de Naples faisaient des
incursions sur les états de
l'Église.
Dans une bataille, il fit prisonnière la
reine mahométane, et il eut la
cruauté de lui faire trancher la tête.
En 1020, il fit un second voyage en Allemagne,
auprès de l'empereur Saint-Henri, pour
solliciter des secours contre l'empereur de
Constantinople, dont il craignait que les
armées ne vinssent inquiéter les
états pontificaux, par suite de ce qu'il
avait favorisé les Normands contre les
Grecs.
Enfin, il donna des preuves qu'il était plus
propre à occuper le trône des
César, que le siège de Saint-Pierre,
qui ne pensa jamais qu'à gouverner une
barque de pêcheurs. L'esprit d'avarice se
manifesta en même temps que celui d'ambition,
en consacrant l'église cathédrale de
Bamberg, moyennant un tribut annuel de cent marcs
d'argent et un cheval blanc harnaché, sans
autre motif que de la rendre immédiatement
subordonnée au Saint-Siège, ce qui ne
pouvait être sans porter préjudice au
métropolitain, à qui, suivant les
canons, elle devait être directement
subordonnée de droit. Le pape Benoît
mourut à la fin de juillet 1024.
JEAN XIX
CXLVIIe PONTIFE. - DE 1024 A 1033.
Image
provenant de:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_XIX
Avant de changer de nom, Jean
XIX s'appelait Roman,
frère du défunt Benoît VIII. II
était laïque au moment de la vacance du
Saint-Siège, et, par les intrigues
d'Albéric, marquis de Toscanelle, ainsi que
par l'achat infâme des suffrages à
prix d'argent, il se trouva en un même jour,
laïque et souverain pontife, en août
1024.
Son avarice n'eut point de bornes : les
empereurs et les patriarches de Constantinople,
informés de ce qui se passait, crurent enfin
avoir trouvé le moment de faire consentir
les pontifes romains à accorder au
patriarche de Constantinople le titre de patriarche
oecuménique de l'Orient : et Jean XIX y
consentit. Le seul obstacle qui empêcha
l'expédition des bulles nécessaires
à cet effet, fut que le secret de cette
négociation transpira, et les
évêques italiens intriguèrent
pour s'y opposer. On faisait sonner bien haut, dans
cette occasion, le zèle pour les droits de
l'Église romaine.
Pour moi, je n'y découvre que la
cupidité des deux partis :
c'était par ce motif que Jean y consentait,
parce qu'il devait recevoir les sommes convenues
par le traité ; et la même cause
influait sur la répugnance que montraient
les Romains, parce qu'ils prévoyaient que
l'expédition des bulles pour l'Orient
cesserait.
Le peuple se souleva contre le pape, le jour de
Saint-Pierre, 29 juin 1033, et tenta de le tuer. Il
abandonna ensuite cette résolution, et se
contenta de le chasser de la ville. L'empereur
Conrad accourut à Rome avec une
armée, et réintégra Jean sur
son siège ; ce pape mourut le 8
novembre 1033.
BENOIT IX
CXLVIIIe PONTIFE. - DE 1003 ET AU-DELÀ.
Quinzième schisme.
Image
provenant de:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Benoît_IX
La famille des marquis de
Toscanelle, descendants d'Albéric, duc de
Camérino et de Spolette, patrice de Rome, et
de la célèbre reine Marocia,
paraissait destinée à régner
sur le trône pontifical par des moyens
criminels, selon ce que nous avons vu dès la
fin du neuvième siècle ; mais
depuis l'ignominie, dont Grégoire V tenta de
couvrir cette famille dans la personne du
sénateur et patrice Crescence,
Albéric affermit davantage l'opinion des
Romains en sa faveur pour l'élection des
papes.
Nous avons déjà vu Benoît VIII
et Jean XIX, membres de sa famille, et nous allons
en voir un troisième exemple dans
Benoît IX, fils du marquis Albéric, et
neveu des deux papes que nous venons de citer, et
avec un scandale encore plus grand, puisqu'on
effectua son élection, en 1033, lorsque
Theofilato (c'était son nom avant
d'être pape), était âgé
que de dix ans environ.
Les auteurs de l'art de vérifier les dates
nient ce fait ; mais il est affirmé par
Radulphe Graber, moine contemporain, partisan
déclaré du Saint-Siège :
Puer ferme
decennis, dit-il. En
l'année 1038, où il avait tout au
plus dix-sept ans, déjà ses moeurs
étaient si scandaleuses, que les Romains le
chassèrent de la ville.
Remis sur son siège dans la même
année, par l'empereur Conrad II, bien loin
de changer de conduite, ses vices
augmentèrent avec son âge. Les
assassinats, les adultères publics, les vols
même déshonoraient le siège de
Saint-Pierre, en déshonorant celui qui y
était assis.
Les Romains le chassèrent de la ville en
1044, le pape n'ayant encore que vingt-quatre ans,
et ils élurent à sa place Jean,
évêque de Sabine, qui fut antipape
sous le nom de Sylvestre III.
Environ trois mois après, Benoît
retourna à Rome, soutenu par la puissante
protection de son parent, le marquis de
Toscanelle ; ce qui, au milieu de tant de
maux, produisit, du moins, l'avantage de terminer
le schisme ; car Sylvestre III consentit
heureusement à redevenir évêque
de Sabine, comme auparavant. Mais Benoît ne
changea pas pour cela de moeurs, et voyant qu'il
était aussi méprisé du
clergé que du peuple, il chercha à
vendre son pontificat à Jean Gratien, archiprêtre de Rome, moyennant
une somme considérable d'argent. Il
réalisa son projet, et fit sa renonciation
dans la même année 1044- Celui avec
qui il traita, prit le nom de Grégoire VI,
qui renonça lui-même à la
papauté, en 1046, et Clément II lui succéda.
Ce dernier mourut le 9 octobre 1047: dans cette
circonstance, Benoît IX, las de rester
tranquille, vint s'asseoir pour la quatrième
fois sur le trône pontifical, par le moyen de
la puissance et de la force de ses parents ;
et l'on peut s'étonner, à cet
égard, de la patience du clergé et du
peuple qui consentirent à le souffrir. Cette
fois il resta sur le trône un peu plus de
huit mois, après quoi il se retira pour
toujours. Quelques-uns prétendent que ce fut
par suite des exhortations de
Saint-Barthélemi, abbé du
monastère du Grutaferrea.
Dans ce temps, les Polonais lui demandèrent
un roi. Benoît le leur accorda comme une
faveur, et en rendant le royaume feudataire du
Saint-Siège. Le système d'ambition et
d'avarice ne s'est jamais démenti à
Rome, depuis le commencement du troisième
siècle.
Les maximes se trouvaient établies parmi le
clergé romain, et elles se sont transmises
de la bouche des anciens au coeur des
modernes.
GRÉGOIRE
VI
CXLIXe PONTIFE. - DE 1044 A 1046.
Image
provenant de:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Grégoire_VI
Nous avons vu que Jean
Gratien, archi de Rome, dénommé
Grégoire VI, avait acheté de
Benoît IX, sa renonciation et ses
démarches pour la succession du
Saint-Siège.
Grégoire VI poursuivit beaucoup les voleurs,
ainsi que les usurpateurs des biens de
l'Église romaine ; au reste, selon les
écrivains de ce temps, il paraît qu'il
n'y avait parmi tous les ecclésiastiques de
Rome, aucun prêtre de moeurs plus pures.
L'empereur Henri III, qui n'était alors que
roi d'Allemagne et d'Italie, se crut obligé
de porter ses regards sur les affaires de
l'Église. Il voyait à la fois trois
papes, Benoît IX, Sylvestre III et
Grégoire VI, occupant dans la ville les
trois palais de Latran, de Saint-Pierre et de
Sainte-Marie-Majeure, et exerçant le
pontificat, chacun dans son Église, sur
leurs partisans respectifs. Il fit assembler un
concile à Sutri, où il invita
Grégoire à se rendre, vu qu'il
était le seul qui exerçât le
pontificat en 1046. Grégoire y assista, et
le concile ayant reconnu le crime de simonie,
l'invita à donner volontairement sa
démission, afin d'éviter la honte de
la déposition. Grégoire y consentit,
se dépouilla de ses habits pontificaux, et
se retira du concile, qui déclara le
siégé vacant, sans faire aucun cas de
Benoit IX, ni de Sylvestre III.
CLÉMENT
II
CLe PONTIFE. - DE 1046 A 1047.

Image
provenant de:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Clément_II
SUDGER, né en Saxe,
évêque de Bamberg, fut souverain
pontife, en 1046, d'une voix unanime par le concile
de Sutri, sur la proposition de l'empereur. Il fut
intronisé sur le trône pontifical, le
jour de Noël de la même année,
sous le nom de Clément II, et alors
même il couronna empereur Henri, ainsi que
son épouse Inès. Ce souverain fit un
nouveau traité avec les Romains, à
qui Sa Majesté donna une grande somme
d'argent, en récompense de ce qu'ils
s'obligèrent à ne point élire
de pape, lors de la première vacance, avant
d'avoir reçu sa permission, Clément
II accompagna l'empereur dans son voyage, et mourut
en Saxe, le 9 octobre 1047, sans avoir rien fait de
mémorable pendant son pontificat.
Plusieurs disent qu'il mourut empoisonné. Il
est certain que les Italiens étaient
mécontents d'avoir un pape Saxon. Il y en a
aussi qui attribuent le crime à
Gérard Brasure, ami de Benoît IX et du
célèbre Hildebrand, dont nous aurons
occasion de nous occuper sous le nom de
Grégoire VII.
DAMAS II
CLIe PONTIFE. - DE 1047 A 1048.
Image
provenant de:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Damase_II
À peine on apprit en
Italie la mort de Clément II, que les
Romains demandèrent à l'empereur la
permission et le consentement pour élire
Halinard, archevêque de Lyon en France,
personnage d'une vertu éminente, et
très connu de l'empereur, qui l'aimait
beaucoup. Henri y donna son adhésion, mais
non pas Halinard, qui bien réellement refusa
son élévation au trône
pontifical. Alors l'empereur choisit Papon.
évêque de Brixe. qui changea son nom
en celui de Damas II ; mais il ne pût
exercer son pontificat aussitôt son
élection, parce que Benoît IX
s'était intronisé, pour la
quatrième fois, après la mort de
Clément II.
Enfin, Damas fut bien reçu à Rome le
même jour, 17 juillet 1048, que Benoît
se retira pour toujours. La mort empêcha de
connaître le caractère de ce
pape ; car il mourut le 8 du mois d'août
suivant. Benoît vivait encore à cette
époque, et ne témoigna aucun
désir d'occuper le Saint-Siège :
ainsi on regarda le quinzième schisme comme
fini. Je ne donne aucune croyance à ceux qui
disent que Damas mourut empoisonné de la
part de Benoît. S'il est certain qu'on lui
ait donné du poison, le soupçon doit
plutôt en retomber sur ceux qui avaient
conçu l'espoir de lui succéder. Il ne
manque pas non plus d'écrivains, qui disent
qu'Hildebrand fut l'auteur de l'empoisonnement,
comme il avait été complice de celui
de Clément II. Mais les ennemis d'Hildebrand
(plus tard Grégoire VII) lui ont
imputé tant de crimes, qu'il faut la
critique la plus impartiale pour découvrir
la vérité.
LÉON IX
CLIIe PONTIFE. - DE 1048 A 1054

Image
provenant de:
http://pagesperso-orange.fr/
L'empereur Henri III avait
pensé qu'on ne pourrait éviter les
désordres de Rome, qu'en investissant les
empereurs du droit de nommer la personne en faveur
de laquelle le clergé et le peuple romain
présenteraient, revêtu de toutes les
formes, un acte d'élection canonique et
d'ordination épiscopale, ou d'intronisation
de celui à qui déjà cette
ordination aurait été
conférée. Voilà le motif pour
lequel il nomma les deux derniers papes,
Clément II et Damas II : et par une
conséquence du même système, et
vu la vacance du Saint-Siège par la mort de
Damas, il nomma pape l'évêque de
Tubla, Bruno, qui était parent de
l'empereur, et allemand de naissance, comme les
deux papes ses prédécesseurs
immédiats.
Vers la fin de l'année 1048, Bruno entreprit
le voyage de Rome, et passa par le fameux
monastère de Cluny, en Bourgogne.
Hildebrand, l'un des moines de cette maison,
s'aperçut que Bruno affectait, en marchant,
un air de souverain, et qu'il portait
déjà les marques de la
papauté. Il lui représenta que les
honneurs qu'il se faisait rendre avant d'être
élu pape, pourraient offenser les Romains et
les porter à lui refuser leurs voix. Bruno
sentit la force de cet avis ; il
l'agréa ; il amena à Rome celui
qui le lui avait donné, le fit cardinal, et
lui confia le gouvernement de l'église du
monastère de Saint-Paul. Cet Hildebrand est
le même que nous verrons ensuite pape, sous
le nom de Grégoire VII. Bruno aussi changea
de nom, et prit celui de Léon IX.
Ce souverain pontife est canonisé et
vénéré comme Saint.
Je n'ai pas l'intention de m'opposer aux
décisions sages et judicieuses de la
congrégation des cardinaux chargés de
cette affaire ; mais le caractère de
Léon IX est loin de présenter cette
vertu qu'il faut porter jusqu'à
l'héroïsme pour être
canonisé ; il nous montre, au
contraire, un homme ambitieux, violent, peu
réfléchi et plus guerrier que
prêtre.
Presque tout son pontificat se passa en
voyages ; ils n'avaient d'autres motifs que sa
volonté ; il n'en fit pas un qui
eût rapport aux affaires spirituelles, tous,
au contraire, eurent pour lui des
intérêts temporels, les
prérogatives pontificales, mal acquises et
toujours usurpées. Il abusa monstrueusement
de l'excommunication contre Godefroy, duc de
Lorraine, et contre Baudouin comte de Flandres,
parce qu'ils faisaient la guerre à
l'empereur Henri III.
II se livra aux mêmes excès dans des
affaires qui ne valaient pas la peine d'être
défendues verbalement en justice, et qui
méritaient encore moins qu'on se servit des
armes dont les premiers papes ne firent usage que
contre les hérétiques, après
deux admonestations.
C'est lui qui, en gardant la possession de son
évêché de Tubla, nous a
donné le mauvais exemple de la
pluralité des bénéfices. II
remplit les fonctions de capitaine
général d'une armée
conquérante dirigée contre les
Normands, qu'il peignait comme des tigres et des
léopards, dans une lettre qu'il
écrivit à l'empereur de
Constantinople. Ils le firent leur prisonnier, et
ils se conduirent à son égard comme
les hommes qui avaient le plus mérité
de la religion chrétienne. Ils le
traitèrent avec ce respect et cette
bienveillance dont, certainement, n'était
pas digne celui qui les insultait sans raison et
sans titre.
II porta la tiare jusqu'au 19 avril 1054,
époque de sa mort. Dans les cinq ans,
à peu près, que durèrent ses
fonctions pontificales, à peine
résida-t-il trente jours de suite dans son
église. L'état du clergé
romain appelait la présence de son pasteur,
afin que, par son exemple et par ses
prédications il réformât les
moeurs, qui, comme nous l'avons vu, étaient
si corrompues. Je veux bien croire que celles de
Léon étaient pures ; mais la
sainteté des prélats ne consiste pas
dans cette seule vertu. On nous parle de quelques
miracles, mais il n'y en a aucun qui soit bien
prouvé ; et quelques-uns sont si
ridicules, qu'on ne peut, sans honte, penser que la
toute puissance de Dieu ait voulu, malgré
toute absence de motif, intervertir l'ordre de la
nature.
VICTOR II
CLIIIe PONTIFE. - DE 1054 A 1057.
Image provenant
de:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_II
Les Romains envoyèrent
le sous-diacre Hildebrand, cardinal, avec le titre
de légat, à l'empereur Henri III,
pour le prier de leur accorder pour souverain
pontife, son parent et ancien ministre Gebehard,
évêque de Eiesthad. Henri accueillit
leur demande, et Gebehard fut élu parle
concile de Mayence, dans le mois de mars 1055. Il
partit ensuite pour Rome, où il fut
intronisé le 13 avril comme son
prédécesseur. Il resta toujours en
possession de son évêché. Il
était impossible que tous les Italiens
fussent contents devoir la tiare sur la tête
des Allemands. Lambert, écrivain
contemporain, raconte qu'un sou -diacre chercha
à empoisonner Victor ; qu'il mit du
poison dans le vin qui était dans le
calice ; que le pape, malgré ses
efforts, ne put pas le lever après l'avoir
consacré ; que connaissant que cet
événement présentait quelque
chose de mystérieux, il se mit à
genoux sur les marches de l'autel, et qu'avec
beaucoup de ferveur il pria Dieu de lui faire la
grâce de lui en découvrir la
cause ; que le sous-diacre fut, à
l'instant, obsédé par le
démon, de manière que tous les
assistants s'en aperçurent ; que le
pape pria de nouveau, et invita tout le monde
à prier pour la délivrance du
sous-diacre, et qu'il fit enfermer le calice et le
vin consacré dans le tabernacle d'un autre
autel.
Fleuri ajoute que Lambert est un écrivain
d'un grand poids ; mais le fut-il encore plus,
je ne croirai pas à ce miracle tel qu'on le
raconte. Le pape eut, sans doute, quelque motif de
crainte, et il feignit alors l'impossibilité
de lever le calice. Il persécuta beaucoup
les simoniaques ; voilà la seule chose
remarquable qui appartienne à notre sujet.
Il mourut en Toscane, à son retour
d'Allemagne, le 28 juillet 1057.
ÉTIENNE
IX
CLIVe PONTIFE. DE 1057 A 1058.
Image
provenant de:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Étienne_IX
Lorsque le pape Victor II
mourut, l'empereur Henri III n'était
déjà plus. Ses royaumes d'Allemagne
et d'Italie avaient passé à son fils
Henri IV. Ce prince, qui n'avait alors que six ans,
ne fut couronné empereur que quelque temps
après : Les Romains profitèrent
de ces circonstances, pour élire, par
eux-mêmes, un souverain pontife. Ils
élurent, le 2 du mois d'août 1057,
Frédéric de Lorraine, cardinal du
titre de Saint-Crisogone, et frère de
Godefroi, duc de Lorraine. Il prit le nom
d'Étienne IX, et mourut le 29 août
1058. Dans ce court espace de temps, il
s'était déjà montré
ambitieux et guerrier, caractère totalement
contraire à l'état monastique dans
lequel il avait vécu auparavant au
Mont-Cassin, où il avait été
abbé.
La mort, qui le surprit à Florence,
arrêta les progrès des
préparatifs, qu'à peine élu
pape, il avait commencés, afin que son
frère se rendît maître de
l'Italie, au préjudice du jeune roi Henri IV
qui était à la veille d'être
nommé empereur ; il avait conçu
le projet de réunir les forces du
Saint-Siège à celles du duc pour
chasser les Normands qui étaient
déjà maîtres d'une partie du
territoire adjugé à
l'Église ! Romaine par les donations
impériales. Cet homme voulut encore
commander après sa mort. Il réunit,
dans l'église, les évêques, le
clergé, et le peuple de Rome : il leur
intima, si Sa Sainteté mourait pendant
l'absence du sous-diacre Hildebrand, alors
résidant à Constantinople en
qualité de légat chargé des
affaires de l'état, auprès de
l'impératrice mère, de ne pas
élire un nouveau pape jusqu'au retour
d'Hildebrand à Rome ; de prendre son
avis, et de le suivre. Cet ordre produisit le
schisme que nous allons bientôt voir
naître. On trouve encore des écrivains
qui disent qu'il s'opéra des miracles sur le
tombeau d'Étienne IX.
NICOLAS II
CLVe PONTIFE. - DE 1058 A 1061.
Seizième schisme.
Image
provenant de:
http://pagesperso-orange.fr/
À peine eut-on
connaissance à Rome qu'Étienne IX
venait de terminer sa carrière à
Florence, qu'on choisit, pour pape, Jean,
évêque de Veletri, qui prit le nom de
Benoît X. Grégoire, comte de
Toscanilla, fils d'Albéric, et Gérard
de Galera, firent ce choix dans une réunion,
qui eut lieu pendant la nuit, des principaux
personnages de Rome et d'un nombre
considérable de gens du peuple, en
armes.
Pierre Damien et plusieurs autres cardinaux
protestèrent contre ce choix et
lancèrent des anathèmes contre les
électeurs qui devaient, disaient-ils,
exécuter l'ordre du pape Étienne IX.
Pierre d'Amiens devait faire l'intronisation, comme
évêque d'Ostie : à lui
seul appartenait la prérogative d'ordonner
les papes. Mais s'étant refusé
à remplir les fonctions de son
ministère, les Romains prirent
l'archiprêtre d'Ostie, et le forcèrent
à placer la tiare sur la tête du
nouvel élu.
Benoît X n'en était pas indigne, comme
nous pouvons en juger par la réponse que fit
Étienne IX, avant d'être pape,
à celui qui lui demandait quel était
le sujet qui lui paraissait le plus digne
d'être élu ; en effet, Jean,
évêque de Veletri, fut un des cinq
qu'Étienne désigna. Il fut
couronné le dimanche de la Passion, 5 avril
1058. Il donna le pallium à Estigand,
archevêque de Cantorbéri en
Angleterre, et il exerça les fonctions
pontificales, chaque fois que les circonstances lui
en présentèrent l'occasion.
Après tous ces événements,
Hildebrand revint de Constantinople ; il
apprit, en Toscane, tout ce qui s'était
passé à Rome ; il s'arrêta
à Florence, écrivit ce qu'il jugea
convenable ; les Romains lui envoyèrent
des pouvoirs illimités pour qu'il put agir
comme il le croirait utile. Il se rendit à
Sienne et là il choisit, de lui-même,
pour souverain pontife, Gérard,
évêque de Florence et lorrain
d'origine ; Godefroi, duc de Lorraine et de
Toscane, fournit des secours pour favoriser le
succès de cette élection ; et
l'élu prit le nom de Nicolas II.
Les Romains qui étaient entrés dans
ce parti écrivirent au roi Henri IV ;
ils lui firent la promesse qu'ils lui seraient
fidèles comme ils le furent à son
père ; et ils lui dirent que ce motif
leur avait fait suspendre jusqu'alors
l'élection d'un souverain pontife. Ils lui
demandèrent des commissaires de son choix,
afin qu'instruits de tout ce qui se passait, ils
empêchassent qu'une élection faite
contre les règles, prévalût sur
celle qui aurait pour elle la
légitimité.
Le roi approuva l'élection de Gérard,
et ordonna au duc Godefroi de le conduire à
Rome. Cet ordre ayant été
exécuté, Benoît X
renonça à tous ses droits, et le
schisme cessa : mais s'il n'eût pas
voulu céder, je ne sais pas pourquoi son
élection eut été nulle.
Nicolas II célébra un concile dans
son palais de Latran, l'an 1059, avec cent treize
évêques : d'accord avec eux, il y
promulgua une loi qui fixait le mode à
suivre dans les élections de papes, afin
d'éviter l'événement qui
venait d'avoir lieu. Cette loi portait que le
Saint-Siège étant vacant, les
évêques cardinaux, avant toutes autres
personnes, se réuniraient, et
procéderaient à
l'élection ; qu'ils appelleraient
ensuite les clercs cardinaux, puis le reste du
clergé, et enfin le peuple pour qu'il
donnât son consentement : sera
élu pape, celui des individus de
l'Église romaine qui en sera jugé
digne ; si nul de ses membres ne
présente cette condition, on le choisira
dans une autre Église.
« Sauf l'honneur dû à notre
bien-aimé fils Henri qui maintenant est roi,
et qui, si Dieu le veut, comme nous le
lui avons accordé, sera empereur. On rendra
le même honneur à ses successeurs
auxquels le Saint-Siège aurait
accordé personnellement le même
droit. »
S'il y a des obstacles qui empêchent de
faire, à Rome, une élection libre,
pure et gratuite, les évêques, les
cardinaux, le reste du clergé et les
laïques catholiques pourront choisir le lieu
qui leur paraîtra le plus convenable. Si,
pour cause de guerre ou de tout autre
empêchement, l'élu ne peut pas
être intronisé à Rome, il
procédera, nonobstant cela, en
véritable pontife. Tout individu élu
non conformément à cette loi sera
anathématisé et déposé,
ainsi que tous ses complices, comme
antéchrist, usurpateur et destructeur de la
chrétienté, sans que, sur ce point,
audience lui soit accordée.
La clause de ce décret où l'on feint
que le droit de l'empereur est seulement personnel,
et une grâce accordée par le pape,
mérite une attention particulière.
L'abus que l'on fit de. l'enfance d'Henri IV est
bien notoire, puisque nous avons vu que, depuis
Constantin, tous les empereurs jouirent du droit
d'approuver où de rejeter les
élections pontificales avant la
consécration de l'élu. L'esprit
d'ambition et le désir d'indépendance
se montrent au grand jour dans Nicolas II, ainsi
que dans ses prédécesseurs.
En 1059 il réunit un autre concile dans la
ville d'Amalfi, pour prendre un parti dans les
affaires des Normands ; il fit des conventions
avec Richard et Robert de Normandie : il
confirma Richard dans la principauté de
Capoue, et Robert dans les duchés d'Apulie,
de Calabre, et dans ses droits à la Sicile.
Robert promit de payer au Saint-Siège, dans
le temps de pâques, une contribution de douze
deniers, monnaie de Pavie, pour chaque paire de
boeufs. Outre cela, Robert et Richard se
reconnurent vassaux du Saint-Siège, et lui
jurèrent fidélité.
Voilà l'origine du royaume de Naples,
et la cause des progrès extraordinaires de
l'ambition des papes qui, tirant vanité de
la souveraineté directe de ce royaume, ont
causé dans le moyen âge et dans les
siècles modernes, plus de guerres et fait
répandre plus de sang que les rois. Ils ont
prouvé ainsi que leur esprit était
plus occupé des affaires de la domination
temporelle que des intérêts de la
religion et des soins du gouvernement
ecclésiastique.
Que Saint-Pierre serait loin de vouloir
reconnaître pour son successeur ce Nicolas II
et ceux qui l'ont suivi, lorsqu'il les verrait
désoler la chrétienté par des
calamités et par des guerres, pour
satisfaire des passions humaines d'un
prétendu équilibre politique qui
n'est d'aucun intérêt pour le
successeur de l'apôtre ! Nicolas mourut
le 22 juillet 1061.
ALEXANDRE II
CLVIe PONTIFE. - DE 1061 A 1073
Dix-septième schisme.
Image
provenant de:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_II_(pape)
Le 30 septembre 1061, fut
consacré sous le nom d'Alexandre II, Anselme
Badages, milanais, évêque de
Lucques.
Il imita le mauvais exemple de ses
prédécesseurs, en conservant, durant
sa vie, la jouissance de son
évêché. On n'avait point
demandé au roi Henri IV, la confirmation de
l'acte qui constatait sa nomination. On ne fit
aucun cas de ce que le pape Nicolas avait
stipulé dans le concile qu'il avait
tenu ; bien que les expressions de son
décret qui en émanait eussent
été rédigées avec
intention, de manière qu'on eut l'air d'y
avoir satisfait par la seule notification de
l'élection à l'empereur, et sans
qu'on fut tenu d'attendre sa confirmation.
L'impératrice, veuve Inès, qui, en sa
qualité de tutrice, gouvernait l'empire, se
sentit vivement offensée de cet acte de
mépris. Elle ordonna qu'il fût fait
une nouvelle élection de pape à la
diète de Bâle.
Cadaloo, évêque de Parme, fut
élu le 28 octobre, et prit le nom
d'Honoré II. Il fut condamné comme
antipape par les évêques Italiens et
Allemands, le 27 octobre 1062, en concile de
Osbor ; mais Honoré II, entouré
de sa cour et de ses partisans, continua de remplir
ses fonctions pontificales. Je ne pense pas que
l'élection d'Alexandre II fut nulle ;
mais alors la loi fut violée autant, et
même plus qu'elle ne le fut lorsqu'en 1059,
on élut Benoit X. Pourquoi l'élection
de celui-ci fut-elle déclarée nulle,
et valable celle d'Alexandre ? parce qu'ainsi
l'exigeaient les intérêts de Rome.
Cadaloo qui mourut l'an 1064, procéda
toujours comme véritable pape, sous le nom
d'Honoré II, traitant d'antéchrist et
d'excommunié, le pape Alexandre II, et
l'insultant même dans Rome où il avait
des partisans. En même temps Alexandre
excommuniait l'empereur Henri, comme protecteur de
Cadaloo.
Le génie du cardinal Hildebrand, qui
disposait de tout à Rome depuis Léon
X, était la cause de ce désordre et
de plusieurs autres sujets de trouble qui
agitèrent ce pontificat. Saint Pierre
d'Amiens fit à ce sujet un distique
très piquant, que voici :
Papam rite colo, sed te prostratus adoro,
Tu facis hunc dominum, te facit ille deum.
Je rends au pape le tribut de
vénération que je dois ; mais
prosterné à tes pieds, je t'adore. Tu
fais le pape seigneur, lui te fait Dieu.
On nous parle aussi de miracles faits par Alexandre
II ; quant à moi je ne crois point
à ceux d'un homme qui, à chaque
instant et pour des motifs quelconques,
lançait les foudres de l'excommunication,
à ceux d'un homme qui, à peine
parvenu au suprême degré du sacerdoce,
viola les lois et les droits de son souverain,
usurpa la souveraineté de la Calabre, de
Capoue, de la Sicile et de l'Apulie, pour la donner
à ceux que son prédécesseur
disait être pires que des tigres et des
bêtes féroces ; et qui enfin se
jeta dans mille affaires temporelles et peu dignes
du successeur de Saint-Pierre.
GRÉGOIRE
VII
CLVIIe PONTIFE. DE 1073 A 1086.
Dix-huitième schisme.

Image
provenant de:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Grégoire_VII
Le moment est arrivé
de faire le portrait d'un pape que je peindrais,
s'il n'eut été canonisé et mis
au rang des saints, avec des couleurs qui le
représenteraient comme le plus grand des
monstres que l'ambition ait pu former.
Je dirais qu'il fut la source, le principe et la
cause de mille guerres et de mille morts par le
système qu'il adopta, qu'il consolida, qu'il
consacra, et dont il voulut qu'on suivît
désormais l'exemple dans l'exercice du
pouvoir pontifical, je pourrais dire enfin qu'il
paraît impossible qu'un seul homme ait
été capable de causer autant de maux
qu'en causa Grégoire VII.
Les Églises catholiques d'Allemagne, de
France et de plusieurs autres états ne
voulurent pas admettre la bulle de
canonisation ; elles ne reconnaissent point ce
pontife pour saint, ni ne le vénèrent
comme tel. Des considérations politiques
portèrent l'Église d'Espagne à
se conformer à la décision du
Saint-Siège ; mais les hommes de
lettres qui savent donner aux choses la couleur qui
leur convient, disent que quand même les
raisons manqueraient pour reconnaître dans la
canonisation des saints, le jugement des hommes,
celles que nous offre la canonisation de
Grégoire VII suffiraient.
On s'y abstient de déclarer que les
âmes jouissent du ciel ; les plus grands
pécheurs sont sauvés s'ils meurent
avec une contrition sincère de leurs
péchés. La controverse tombe
seulement sur la question de savoir si la conduite
et la vie de cet homme furent vertueuses
jusqu'à ce degré
d'héroïsme qui les rend dignes
d'être proposées pour modèles
au peuple chrétien.
Pour ce qui concerne le culte à rendre
à Grégoire, comme saint, il est
confondu avec tous les autres qui, le 1er novembre,
sont offerts à notre
vénération, sans qu'il soit
nécessaire de connaître leur nom, ni
aucune circonstance de leur vie, ainsi qu'on en use
à l'égard de ceux qu'on parvient
à faire canoniser à force de
sollicitations. Je ne puis m'empêcher de
citer avec éloge la décision que prit
la congrégation des moines de l'ordre de
Saint-Benoît des Pays-Bas, vers le
commencement du XVII siècle ; ils
décrétèrent que toutes les
causes pendantes, relativement à la
canonisation de moines, seraient suspendues :
d'abord parce que le nombre de ceux de leur ordre
qui avaient été canonisés,
était déjà
considérable, et parce que
l'expérience leur démontrait que la
dévotion que l'on avait aux anciens saints
diminuait à mesure que celle qu'on accordait
aux nouveaux, devenait une dévotion à
la mode.
Hildebrand naquit à Sienne, en Toscane, il
fut moine de l'ordre de Saint-Benoît,
à Sainte-Marie du Mont Aventin, à
Rome, et ensuite à Cluni en Bourgogne. C'est
de là que Léon IX le fit venir pour
le mettre à la tête de l'abbaye de
Saint-Paul, avec le titre de cardinal.
Nicolas II le fit ensuite archidiacre de Rome.
Pendant ces deux pontificats, et ceux de Victor II,
d'Étienne IX et d'Alexandre II, il commanda
avec plus d'autorité que ces cinq papes qui
s'en déféraient entièrement
à son sentiment. On lit dans l'office
ecclésiastique de sa fête, le verset
d'un psaume qu'il écrivit, dit-on, par
hasard étant encore enfant, dominabitur à mari usque ad
mare : Il dominera d'une mer jusqu'à
l'autre ;
c'est-à-dire, il dominera sur tout le monde
chrétien.
Je regarde cela comme une fable, composée
après coup, pour lui donner une certaine
odeur de prophétie ; mais cette seule
anecdote, envisagée sous un autre point de
vue, devait nuire à sa canonisation. Le
système qui donnerait à un souverain
pontife la domination sur les hommes, se trouve
réprouvé, dans
l'évangile, par Jésus-Christ, et
s'oppose diamétralement à celui de
Saint-Pierre et des douze premiers papes qui,
étant plus près de la source des
traditions originales de Jésus et de ses
apôtres, connaissaient mieux que les modernes
le véritable esprit du christianisme et du
sacerdoce.
Pendant les 25 années qui
précédèrent son
élection, il commanda plus en pontife qu'en
cardinal : Saint-Pierre Damien, son
collègue, fit bien connaître par son
distique latin que Hildebrand était le dieu
d'Alexandre II.
Les légations et l'élection de
Nicolas II, lorsque Benoît X était
déjà sur le trône pontifical,
seront un éternel témoignage que la
résistance que Grégoire
écrivit avoir opposée à ceux
qui travaillaient à son élection,
n'était que feinte : sa conduite
postérieure confirma cette
vérité. Je ne soutiendrai pas avec
ses ennemis, qu'à l'âge de plus de
soixante ans, il ait vécu en concubinage
avec la comtesse Matilde qui en avait trente, ni
qu'il ait donné du poison au pape Alexandre
pour rendre la chaire vacante, ni qu'il ait
acheté à prix d'argent le suffrage
des électeurs, quoique ses ennemis lui aient
prouvé tout cela, soit par témoins,
soit par des lettres qui, maintenant que
l'intérêt des parties a cessé,
méritent peu de confiance ; mais tous
les papes et tous les cardinaux présents et
futurs auraient beau se réunir pour faire
l'apologie de ce successeur de Saint-Pierre, il
résulterait toujours de l'examen attentif de
sa vie, que Hildebrand Grégoire fut
ambitieux, despote, orgueilleux, arrogant,
inflexible, vindicatif, imprudent, injuste ;
qu'il méprisa les maximes
évangéliques qui font de
l'humilité et du
désintéressement une vertu ;
qu'il fut un appréciateur avare des
grandeurs humaines pour son Église et pour
sa dignité, et qu'enfin il fit périr
un plus grand nombre d'hommes que les autres papes
des siècles IX et X, qu'il citait
lui-même comme mauvais.
Voyons quelques traits de sa conduite.
Il fut élu pape le 22 avril 1073 ; il
n'en donna aucun avis à l'empereur Henri IV.
Ce souverain s'en plaignit, et Grégoire
chercha à lui persuader qu'il n'avait pris
aucune part à son élection ; il
fit plus, il écrivit à quelques
personnages pour les engager à porter
l'empereur à ne pas l'approuver. Quel
événement pour Hildebrand, si le
résultat eut été conforme
à ce qu'il avait fait semblant de
désirer ! Cependant Henri IV confirma
son élection, et Grégoire VII fut
consacré le 30 juin.
Aussitôt qu'il crut son pouvoir bien
établi, il se conduisit mal envers
l'empereur. Il méditait le projet de
dépouiller les souverains laïques du
droit d'investiture des évêchés
et des abbayes, droit qu'ils possédaient
depuis très longtemps, soit sous ce nom,
soit sous un autre : ils l'exerçaient
par le moyen de l'anneau et du bâton ou de
quelques autres signes qui sont le symbole de la
puissance, et qui ne sont pas si opposés
à l'esprit de l'Église, que les
papes, ne consultant que leurs
intérêts, ont cherché à
le persuader. La réponse de l'empereur fut
bien simple ; il dit qu'il n'avait
usurpé aucun droit, et qu'il ne devait pas
nuire à ses successeurs, en se laissant
dépouiller de celui que lui avaient transmis
ses ancêtres. Grégoire, irrité,
regardé dès lors comme ses ennemis
tous les rois chrétiens ; il leur
impute le crime de simonie dans la provision de
dignités et de bénéfices
ecclésiastiques, parce qu'ils faisaient
usage des investitures. Il les menaça
non-seulement de l'excommunication et de publier
qu'ils avaient été
anathématisés comme ennemis de
l'Église, mais de délier leurs
vassaux du serment de fidélité.
Cet attentat n'était pas si inouï que
le disent les auteurs de l'Art de vérifier les
dates, mais il
l'était quant à la manière et
aux circonstances. Les écrits publiés
sur la vie des papes antérieurs,
établissent que le pape Innocent Ier
excommunia l'empereur Arcadius ; Martin Ier,
l'empereur Constant II ; Grégoire III,
l'empereur Léon ; Adrien II, l'empereur
Charles II, dit le Chauve ; Alexandre II,
l'empereur Henri IV ; Jean VIII, Sergius, duc
de Naples, parce qu'il fit la paix avec les
Sarrasins ; Étienne VII, Hugues le
Grand, duc de France, parce qu'il faisait
la guerre au roi Louis IV, dit d'Outre-Mer, contre
lequel il s'était
révolté ; qu'Étienne II
excommunia tout ceux qui oseraient s'opposer
à l'établissement de la nouvelle
dynastie de Pépin, roi de France ;
Étienne V, tous ceux qui favorisaient
l'établissement de la nouvelle dynastie des
Capets. Zacharie délia les Français
du serment de fidélité en vers leur
roi Childéric III, et ordonna qu'ils
jurassent d'être fidèles au nouveau
roi Pépin. Mais qu'est-ce que tout cela,
comparé à l'action de porter les
nations, par leur propre mouvement, à la
révolte contre leurs souverains, et
d'employer le prétexte de la religion pour
exciter des tumultes, des guerres civiles, des
incendies, des homicides, des vols, des
sacrilèges, des adultères, des
violences, la misère publique, le
dépeuplement des pays, et ce nombre
considérable d'actions criminelles,
d'horreurs et de maux qui
épouvantèrent l'Allemagne, l'Italie
et presque toute l'Europe.
L'invention de cet épouvantable attentat
était réservée à
Grégoire VII. L'extirpation de la simonie en
était le prétexte, et le but
réel celui de la faire exercer exclusivement
par les Romains. La simonie ne cessa point ;
elle changea de théâtre. Les
péchés ne furent pas moins nombreux,
mais les personnes des pécheurs ne furent
plus les mêmes. On ne nomma plus aux
investitures., mais la partie essentielle
était dans les provisions pontificales.
Si l'on cherche la cause première des
péchés et des guerres qui
désolèrent les siècles
suivants, on la trouvera dans les principes que
Grégoire VII établit ; ils
donnent au pape le droit de disposer indirectement
des royaumes, en excommuniant les rois, en
dégageant les vassaux du serment de
fidélité, et en offrant le royaume
à d'autres catholiques, sous la condition
qu'ils se confesseront redevables de leur droit de
souveraineté, au souverain pontife.
Grégoire VII fomenta le soulèvement
des Saxons, et donna lieu à celui des
Allemands et des Italiens, Il fit nommer empereur,
Rodolphe de Souabe, beau-frère de Henri. II
est impossible de rien imaginer qu'il n'ait
tenté pour perdre celui-ci. On ne sera pas
surpris que ce monarque ait cherché à
lui rendre la pareille, en créant le schisme
qu'on dut prévoir par l'élection de
l'antipape Guilbert, qui prit le nom de
Clément III.
Il était facile aussi de calculer les maux
qui en furent la suite. Rien n'est comparable
à l'orgueilleuse
témérité que Grégoire
montra lorsqu'il fut question de la
réconciliation avec l'empereur. Ni Sergius,
ni aucun des papes barbares des neuvième et
dixième siècles, n'auraient
imaginé une conduite aussi arrogante et
aussi contraire à l'esprit de
l'Évangile et à tout ce que nous
offrent les vies des anciens papes.
L'empereur arrive à Canosa, et on le garde
pendant trois jours dans le fossé de la
citadelle, entre deux murailles, nu pieds, sans
autre vêtements qu'une tunique d'une laine
grossière, sans suite, et sans aucune marque
distinctive de dignité. On exige ensuite de
lui qu'il confesse publiquement, dans une
diète impériale, que, dans tout ce
qu'il a fait, il a agi sans raison, et qu'il est
indigne de régner. Henri accepta
non-seulement des conditions aussi humiliantes,
mais il fut encore obligé d'en admettre de
plus dures. Grégoire l'absout de
l'excommunication, lui donne le corps de notre
seigneur Jésus-Christ pendant la messe, et
nonobstant cela, quelques jours après, il
écrit aux Allemands qu'il avait
soulevés contre leur souverain, de ne pas le
reconnaître pour roi, puisqu'il ne lui avait
pas rendu l'Empire ni la dignité royale.
Il eut recours à tous les mensonges
inventés par lui ou par ses adulateurs pour
persuader, soit par des lettres, soit par
l'entremise de ses légats, que le droit de
nommer ou de confirmer presque tous les souverains,
ou d'approuver le droit héréditaire
des nouveaux possesseurs, appartenait à
l'Église Romaine qui devait recevoir d'eux
des tributs de reconnaissance, et serment de
vasselage et de fidélité.
C'est ainsi qu'il le déclara à
l'Empire de Constantinople, aux royaumes d'Espagne,
de France, et à plusieurs autres
États. On ne peut lire sans scandale ses
lettres qui n'offrent qu'un tissu de mensonges sans
nombre, sur cette affaire. Si les canonisations
n'inspiraient quelque respect aux catholiques, nous
ne pourrions donner au pape Grégoire VII
d'autre titre que celui d'imposteur.
Quant à l'Espagne, il ne se borna pas
à déclarer qu'il avait des droits sur
le royaume, mais il fit don au comte Rouci,
chevalier français, de tout le territoire
dont il ferait la conquête sur les Maures,
à condition qu'il se reconnaîtrait
feudataire du Saint-Siège. Rien de tout cela
n'eut lieu. Avec de semblables mensonges, il
parvint à introduire dans les royaumes de
Castille et d'Aragon, la liturgie alors en usage
à Rome, à la place de celle qui avait
été conservée dans toute sa
pureté depuis les premiers siècles.
Le Père Henri Florez composa sur cette
affaire un excellent ouvrage ayant pour titre
l'Espagne
sacrée. Il fit
voir que la liturgie gothique d'Espagne
était la liturgie primitive de Rome, et que
la différence qu'on y remarquait du temps de
Grégoire VII, consistait dans les
changements opérés par les Romains et
non par les Espagnols dans les temps
intermédiaires.
L'abus de la puissance spirituelle et son
mélange avec la politique mondaine furent
notoires dans la conduite de Grégoire VII
envers les normands, souverains de l'Angleterre et
des Deux-Siciles. Aujourd'hui il lance contre eux
les foudres de l'excommunication, il les traite de
tyrans, d'antéchrist et d'ennemis de
l'Église ; le lendemain il les absout,
il les flatte, il les loue, il exagère leur
bonté parce qu'ils se soumettent à
faire la guerre à Henri IV. Les
conjurés d'Allemagne lui reprochèrent
avec raison de les avoir abandonnés
après les avoir jetés dans le
précipice. Grégoire voulait qu'on lui
déférât l'élection du
roi, et que le premier serment de celui-ci fut
celui de vasselage et de fidélité au
Saint-Siège ; il se conduisit envers
les rois de France et leurs évêques
avec duplicité et suivant les occurrences.
Il écrivit en faveur du pouvoir qu'il
usurpait de détrôner les rois, et l'on
ne voit dans ses écrits qu'un abus de la
sainte écriture, des pères de
l'Église, et le soin qu'il prend de cacher
tout ce que l'histoire ecclésiastique offre
de contraire à ses projets, comme l'a dit le
cardinal de Fleuri.
Enfin, je suppose que tout ce qu'on a dit contre
lui, relativement à la sensualité,
à la simonie, aux homicides, et à
tant d'autres vices grossiers, ne soit que des
calomnies ; il demeurera encore
démontré que l'on ne vit
peut-être jamais un homme plus ambitieux,
plus téméraire, plus arrogant, plus
intrigant, ni plus méchant ; d'autant
plus pernicieux, qu'il sanctifiait ses passions, en
les cachant sous le voile hypocrite de la religion
et du respect qu'inspirait le Saint-Siège.
Il mourut à Salerne, le 25 mai 1085,
exilé de Rome, à cause, suivant ses
dernières paroles, de son amour pour la
justice. S'il le pensait ainsi, sa bonne foi aura
sauvé son âme ; mais elle ne
commandera pas à l'opinion ; il faut
à celle-ci d'autres titres que des
canonisations.
VICTOR III
CLVIIIe PONTIFE. DE 1085 A 1087.
Suite du dix-huitième schisme.
Image
provenant de:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_III
DÉSIRÉ,
abbé du monastère de Mont-Cassin, et
cardinal romain, fut élu pape le 24 mai
1086, une année après la mort de son
prédécesseur. Il refusa la tiare,
à peu près pendant une autre
année, c'est pourquoi il ne fut
consacré que le 9 mai 1087, sous le nom de
Victor III, et mourut le 16 septembre de la
même année.
Dans les quatre mois de son pontificat, il confirma
l'excommunication lancée par Grégoire
VII contre l'antipape et l'empereur ; mais
Clément III, non-seulement était
reconnu pour véritable pape, par le parti de
Henri IV, en Allemagne et en Lombardie, mais par
une grande partie du peuple de Rome, où il
faisait sa résidence, protégé
par le préfet Cencius, qui gouvernait la
ville au nom de l'empereur : ainsi Victor III
n'était maître que de Saint-Pierre et
de la ville située sur l'autre rive du
Tibre, et tout au plus eut-il quelquefois
l'île de ce fleuve. Un tel état de
chose devait faire naître dans Rome des
factions sanguinaires, et y produire les guerres
civiles. Les partisans de Victor étaient
soutenus par les armes de la comtesse Matilde, par
celles de Roger de Sicile et des princes ses
adhérents. Il est difficile de dire en peu
de mots les malheurs que ce schisme causa en
Italie, en Saxe, et dans tout le reste de
l'Allemagne.
On fut en proie à tant de maux, parce que
les papes s'étaient mis dans un état
contraire à celui de Saint-Pierre. Si on ne
leur eût pas accordé une puissance
temporelle, un moment eut suffit pour
éteindre le schisme, comme Théodoric,
roi d'Italie, fit cesser celui de Symmaque, et
comme cela arriva dans d'autres circonstances, que
nous avons déjà fait connaître.
La position dans laquelle Victor se trouvait
ne l'empêcha pas d'envoyer une escadre en
Afrique, avec des troupes de débarquement
pour châtier les Sarrasins, et pour faire la
conquête des peuples qui habitaient les
côtes de la mer. On peut considérer
cette expédition comme l'avant-coureur des
croisades, que nous verrons commencer sous le
pontificat suivant, On dit que Victor mourut
empoisonné. Il est constant que les
cardinaux Richard, abbé de Marseille, qui
avait été légat en Espagne, et
Hugues, archevêque de Lyon, l'un des trois
que Grégoire VII jugeait convenable de
nommer, ambitionnaient le pontificat.
URBAIN II
CVIXe PONTIFE, - De 1087 A 1099
Suite du dix-huitième schisme.
Image
provenant de:
http://pagesperso-orange.fr/
Othon, évêque
d'Ostie, était l'un des trois que
Grégoire proposa pour lui succéder.
Il fut, en effet, élu immédiatement
après la mort de Victor III, le 12 mars
1088. Il était Français, fils de
Enchère, seigneur de Lageri, près de
Reims : il avait été premier
chanoine de cette dernière ville, ensuite
moine de Cluny, et postérieurement
abbé du Mont-Cassin. Il ne tarda pas
à être nommé
évêque et cardinal, et enfin pape.
Avant sa promotion au pontificat, il était
d'avis qu'on ne devait point célébrer
d'élection papale sans le consentement de
l'empereur, souverain de Rome, ni consacrer, ni
introniser l'élu avant l'approbation
impériale de l'acte de l'élection.
Étant encore abbé du Mont-Cassin, il
s'était montré le défenseur de
cette opinion, dans ses débats avec le pape
Victor III ; mais, devenu pape, il changea de
manière de penser. Il regarda l'honneur de
l'indépendance comme une chose
sacrée ; et ce qu'il regardait avant
comme une justice, ne lui parut plus mériter
son attention.
Il suivit le même système de
Grégoire VII : dès lors il ne
prit aucun moyen de faire cesser le schisme
qu'entretenaient Clément III et Henri
IV ; mais il s'acharna à les
persécuter, eux et les évêques
de leur parti, et avec tant de fureur qu'on ne
pouvait reconnaître dans sa conduite le
caractère du vicaire de Jésus-Christ,
qui cherche la brebis égarée pour la
ramener au bercail ; mais c'était un
prince temporel, un roi des Gentils, qui ne respire
que la vengeance et la mort.
Il fit le voyage de France, et dans un concile de
Clermont, il exhorta les Français à
former une armée, à l'envoyer dans la
Palestine pour en faire la conquête, et pour
délivrer du joug des Mahométans, les
habitants de Jérusalem, de Bethléem,
de Nazareth et de plusieurs autres lieux, qui
furent le théâtre où
s'opérèrent de grands
mystères, et que notre rédempteur
Jésus-Christ consacra par sa
présence. Les préjugés du
siècle firent adopter ce projet dont l'issue
fut ce qu'elle devait être ; car ce pays
retomba enfin sous le pouvoir des Orientaux ;
la population fut inutilement diminuée en
Europe par des émigrations de trois cent
mille hommes, dans une occasion ; de quatre
cent mille dans une autre, etc. ; enfin, le
nombre des personnes qui périrent dans les
croisades se monta à cinq au six
millions.
Ces croisades produisirent le débordement de
moeurs qu'on ne trouve que dans la soldatesque, ces
idées chevaleresques sur le prétendu
honneur, que l'on attache an duel et à
d'autres préjugés dangereux ;
elles donnèrent naissance à ces
corporations de chevalerie, connues sous les titres
distinctifs de chevaliers du Temple, de Saint-Jean,
du Sépulcre, et sous plusieurs autres qui
fournirent, en Europe, l'idée dé la
création de l'ordre de Calatrava, de
Saint-Jacques, d'Alcantara, etc., qui, en
augmentant le nombre de célibataires,
multipliaient les causes de la diminution de la
population ; elles firent connaître, et
elles nous apportèrent l'institut des
ermites du Mont-Carmel, qui fut imité de
suite par les Augustins, et peu de temps
après par les Trinitaires et par l'ordre de
la Merci : ceux-ci furent suivis, comme cela
était facile à prévoir, des
Dominicains et des Franciscains, source
inépuisable d'instituts de mendiants, qui
n'a cessé de produire, jusques à nos
jours, des corporations régulières,
de manière que si nous comparons le nombre
des célibataires ecclésiastiques
d'aujourd'hui, à celui qui existait à
l'époque du concile général de
Nicée, quand déjà la religion
chrétienne était dominante en Asie,
en Afrique et en Europe, on trouvera le rapport de
mille à un.
Nous devons joindre à tout cela la
réunion immense de biens-fonds et domaniaux
dans les corporations ecclésiastiques, au
préjudice des habitants d'un pays
réduits à la condition de colons, qui
gémissent sous le poids de la misère,
ou sous celui de la servitude. Voilà une
partie des funestes résultats que
produisirent successivement les croisades, par une
lutte d'idées, liées entre elles,
suivant le développement que chacune d'elles
présentait.
Urbain II mourut à Rome, le 29 juillet
1099
FIN DU PREMIER
VOLUME.
|