REMARQUES
SUR L'APOCALYPSE
CHAPITRE XII.
Sous la septième trompette, les anciens
anticipaient les résultats du fait de
l'établissement du
trône
sur la terre. Mais maintenant le
temple
apparaît de nouveau, de sorte qu'ici nous
retournons en arrière, car ce qui nous est
présenté ce sont les desseins de Dieu
en rapport avec le Seigneur Jésus dès
le commencement - le fils mâle qui devait
paître toutes les nations avec une verge de
fer étant évidemment, je pense,
Christ Lui- même. C'est Dieu qui revient
à son conseil en Christ, né
l'héritier du monde - non pas en relation
avec l'appel de l'Église, mais comme l'homme
puissant destiné à gouverner toutes
choses d'une main puissante. Il me semble que cette
vérité explique un
autretrait remarquable de la
vision. Il n'y est pas fait allusion à la
mort et à la résurrection de Christ,
mais sa naissance et son enlèvement (pas sa
mort) sont mentionnés d'une façon
sommaire.
La femme nous est présentée en grand
tourment pour enfanter; puis le fils mâle
naît; et ensuite nous le voyons enlevé
vers le trône de Dieu en haut.
Bien entendu, ceci n'est pas donné comme
histoire. Il y a longtemps que le Seigneur
Jésus est né et qu'il est mort; et
s'il se fût agi d'histoire, sa mort - fait de
la dernière importance - n'aurait pas
été et n'aurait pu être
passée sous silence.
Ici, le Saint-Esprit rattache la naissance de
Christ et son enlèvement vers le trône
de Dieu dans le ciel, à Israël et aux
desseins de Dieu concernant ce peuple. La naissance
de Christ est d'une importance spéciale pour
Israël. C'est pourquoi sa
généalogie est soigneusement
donnée en
Matt. I; et au
chap.II, nous voyons que tout
Jérusalem est troublé au sujet de sa
naissance. C'était là l'oeuvre du
dragon. Hérode était en quelque sorte
l'expression de la puissance du dragon, qui aurait
volontiers dévoré l'enfant
aussitôt après sa naissance, par le
moyen de ce méchant roi comme instrument.
L'enfant fut délivré; mais,
historiquement, au lieu d'être
élevé sur le trône de Dieu il
fut emmené en
Égypte.
Notre chapitre ne saurait donc être
regardé comme historique, dans sa
première partie au moins; et même
lorsqu'il est fait allusion à des faits
historiques, ils ne sont pas du tout
arrangés historiquement, mais simplement
liés avec les pensées de Dieu
à l'égard d'Israël.
L'Église, comme telle, est passée
sous silence. Elle peut être mystiquement
comprise dans la personne et la destinée du
fils mâle, mais il n'y a point de
manifestation graduelle des pensées de Dieu
touchant son dessein relatif à une
épouse céleste pour son Fils. Il
n'est rien dit au sujet de l'épouse du fils
mâle. Ce que nous trouvons ici, c'est la
mère, mais non la femme de l'Agneau.
Israël fut la mère de Christ, c'est de
lui que, selon la chair, le Christ est né.
C'est là le grand point sur lequel
l'apôtre Paul insiste en
Rom. XI, parce que les Juifs
pensaient qu'il n'appréciait pas à
leur juste valeur les privilèges qui leur
appartiennent, et qu'il y était contraire,
vu la force avec laquelle il faisait ressortir la
miséricorde de Dieu envers les Gentils. Mais
il n'en était nullement ainsi. Il
démontre que, de fait, c'étaient
eux
qui
amoindrissaient leurs privilèges les plus
élevés. A eux furent donnés
l'adoption et la gloire et les alliances, et la loi
et le service divin et les promesses Ils avaient
aussi les pères, et en dernier lieu leur fut
donné un Fils,
l'enfant-mâle, qu'ils ne
connurent pas - le Christ; car c'est d'eux que
descendit, selon la chair, Celui qui est Dieu sur
toutes choses, béni
éternellement.
Loin de diminuer la juste gloire d'Israël,
l'apôtre l'exalte plus que les Juifs
eux-mêmes ne le faisaient. Et comme en
Rom. IX il ne s'étend pas sur
le sujet de la mort et de la résurrection du
Seigneur Jésus, il en est de même
ici.
En conséquence, vous trouvez ces deux
pensées liées l'une à l'autre
en
Apoc. XII. Le fils mâle est
enfanté, mais quitte la scène
où le dragon lui faisait opposition, et
prend sa place sur le trône de Dieu, ce que
nul, sinon une personne divine, n'était en
droit de faire. Le temps est proche où il
s'assiéra sur son propre trône, mais
cela aura lieu quand Il gouvernera la terre d'une
manière directe et publique; car Dieu ne se
dessaisira jamais du droit et du titre que le
Seigneur Jésus possède à la
terre aussi bien qu'aux cieux. Outre son droit
essentiel comme Créateur, il a acquis un
nouveau droit comme Rédempteur. Mais, comme
tel, il veut faire beaucoup mieux que paître
les nations avec une verge de fer, ou même
bénir son peuple terrestre: il veut ouvrir
son propre coeur. Il lui faut, pour son amour, un
libre cours et un digne objet. Christ veut avoir,
comme participants de sa gloire en haut, ceux qui
ne méritaient rien que le
jugement. Il n'est pas fait
allusion ici à ce qui est
opéré par Christ et pour Christ
pendant qu'il est sur le trône de Dieu. Il
est question d'Israël. Ces quelques
pensées aideront peut-être à
saisir la place et la portée propres de
cette nouvelle
vision.
Le temple de Dieu est donc ouvert dans le ciel, et
l'arche du Seigneur y apparaît, gage de sa
fidélité envers son peuple. Car,
ainsi que nous l'avons remarqué dans le
dernier chapitre, il y avait un certain
résidu mesuré, lequel s'approchait de
Dieu par le moyen du culte, et à ces
témoins était confié un
témoignage aux droits du Seigneur sur la
terre, comme finalement le royaume était
annoncé. Maintenant nous avons un autre
ordre d'idées.
En
Apoc. IV, il y avait le trône
et un arc-en-ciel à l'entour. Ici nous avons
le temple, et l'arche de l'alliance de Dieu y
apparaît. Cela indique peut-être
déjà la différence qui existe
entre les deux sujets. Là, il s'agissait de
l'autorité de Dieu sur la création.
Des jugements providentiels étaient sur le
point de tomber sur la terre, et l'arc-en-ciel
était destiné à montrer, avant
qu'un seul jugement fût senti, que Dieu
n'oublierait pas d'user de miséricorde.
L'arc-en-ciel autour du trône,
au
chap.IV, et autour de la tête
de l'ange puissant, au
chap. X, était la garantie
que Dieu travaillait non à la destruction,
mais à la délivrance de la terre.
Mais maintenant nous touchons à un point
plus élevé; car, si béni que
soit le trône, il ne nous fait pas entrer
dans les profondeurs du caractère de Dieu
autant que le temple uni à l'arche. Nos
coeurs sont moins disposés à
l'adoration devant des manifestations de la
puissance divine que quand nous nous approchons du
domicile et de la maison de Dieu Lui-même;
car, bien qu'il n'y ait rien qui doive nous rendre
aussi véritablement honteux que la pauvre et
inadéquate manière dont nous
répondons à sa sainteté,
cependant c'est juste au fond de cette
misère que Dieu nous a rencontrés
dans sa
grâce.
Maintenant Dieu va nous montrer non-seulement la
création et le genre humain frappés,
mais la connexion de Satan avec l'apostasie finale
de ce siècle. Il avait été
figurativement fait allusion à son influence
au
chap. IX, vers. 2, où il est
dit que la fumée monte du puits de
l'abîme; puis au
chap. XI, 7, la bête monte de
cet abîme; mais ici
(chap. XII), la source du mal est
entièrement mise à découvert.
Et n'est-il pas précieux de voir que dans le
moment qui précède celui où
Dieu met à jour le flot du mal tout entier,
et nous en montre non-seulement le
développement et les instruments parmi les
hommes, mais la grande source cachée et la
personne de celui qui se place à la
tête et qui n'a pas encore, jusqu'à
présent, complètement produit cette
épouvantable conspiration contre Dieu -
n'est-il pas, dis-je, précieux de voir,
avant tout cela, le temple de Dieu ouvert dans le
ciel et l'arche de l'alliance de Dieu apparaissant
dans son temple? car, en de telles circonstances,
le coeur n'a pas besoin de la manifestation de la
puissance de Dieu seulement, mais il a besoin de
savoir que la sainteté de Dieu est garantie
et que, en vertu de ce fait, son peuple est
maintenu.
Aussi voyons-nous que quand le temple est ouvert en
haut, ce n'est pas un arc-en-ciel qui
apparaît, mais c'est la relation de Dieu avec
son peuple, qui est présentée dans la
figure de l'arche; car, l'arche fut toujours la
chose la plus rapprochée de Dieu, et, par
conséquent, la chose à laquelle la
foi s'attache le plus.
Israël se montrait mort à tout
sentiment juste et pieux, quand il voulut exposer
l'arche dans l'espoir d'être
délivré des Philistins. La douleur
qui fit mourir Héli, et les vivants
transports de David sont des choses qui attestent
également ce qu'était l'arche aux
yeux de ceux qui étaient droits de coeur.
Ici, il s'agit de l'arche de l'alliance de Dieu
dans le ciel, et non-seulement de l'arche
d'Israël, qui pouvait
être emmenée. Le roi
particulièrement doué de sagesse,
n'apprécia pas lui-même à sa
valeur l'arche d'autrefois; et ceci nous montre la
supériorité de David, car la foi est
toujours, si je puis parler ainsi, plus sage que la
sagesse.
Lors même que nous serions doués de
l'intelligence humaine la plus étendue, et
de la sagesse naturelle la plus
élevée que Dieu puisse
conférer, nous n'atteindrions pourtant pas
à la hauteur de la simple foi. Salomon
paraît devant le grand autel. C'était
une chose magnifique. Il était, lui, un roi
auguste, et il apportait des offrandes convenables.
Mais David montre sa foi en ceci, à savoir
qu'il n'appréciait pas seulement l'autel,
mais l'arche par dessus tout. L'arche était
une chose cachée; le souverain sacrificateur
lui-même ne pouvait la voir
qu'enveloppée d'un nuage d'encens. Il
fallait marcher par la foi et non par la vue pour
apprécier l'arche de Dieu. C'est pourquoi
David ne peut se donner du repos tant que l'arche
de Dieu n'a pas une place stable en Israël; et
il n'éprouva jamais de plus grande joie que
quand l'arche de Dieu fut ramenée à
Jérusalem. Il est vrai que l'arche attirait
le jugement sur tous ceux qui la
méprisaient; et le coeur de David lui-
même eut peur pendant quelque temps, et
l'arche resta dans la maison d'Hobed-Edom,
Guittien. Mais David regagna la source de sa
confiance en Dieu, qui marqua si
généralement sa
carrière, car nous le voyons un peu plus
tard, quand l'arche est de nouveau ramenée
avec bonheur, se réjouissant plus qu'en
toutes ses victoires
réunies.
Ici, il ne s'agit pas du tout de l'arche de
l'alliance de l'homme, mais bien de l'alliance de
Dieu; le temple de Dieu dans le ciel est ouvert,
mais cependant pas encore sur la terre
(c'est-à-dire qu'il n'est question jusqu'ici
que du dessein de Dieu à son égard);
et, en rapport avec ce dessein, l'arche de
l'alliance de Dieu apparaît, gage certain de
miséricorde et signe de sa
fidélité envers son peuple. Mais
cependant les circonstances étaient telles,
qu'elles nécessitaient le jugement; et, en
conséquence, «il y eut des
éclairs et des voix, et des tonnerres, et un
tremblement de terre et une grosse grêle
(1),
choses qui
toutes étaient des témoignages de
jugement de la part de Dieu. Le jour de paix et de
gloire n'est pas encore venu. Ainsi donc, vous avez
ces deux choses réunies:
premièrement, le gage de
l'intérêt que Dieu prend en son peuple
et de son triomphe pour son peuple, et ensuite, les
signes de son jugement sur le mal qui doit
être jeté de
côtéavant qu'arrive
le temps de la pleine
bénédiction.
«Et un grand signe parut dans le ciel, une
femme revêtue du soleil, et ayant la lune
sous ses pieds, et sur sa tête une couronne
de douze étoiles»
(vers. 1).
Je crois probable qu'il est ici fait allusion au
songe bien connu, dans lequel Joseph vit le soleil,
la lune, les étoiles, et
interprété par lui-même comme
s'appliquant à ses parents et à ses
frères. Ici, les symboles ont un
caractère plus général, et se
rapportent naturellement: le soleil, à la
gloire suprême; la lune, à la gloire
qui dérive de celle-là; et les
étoiles, à une autorité
inférieure et subordonnée. Tout cela
est en connexion avec Israël; Car, Dieu veut
que, pour ce qui regarde ce monde, toute puissance
et toute gloire aient leur centre en Israël.
Quant à l'Église, elle aura tout dans la perfection avec Christ et en Christ: mais pour ce qui concerne
la terre, Israël en formera le centre. La
femme est le symbole du dessein de Dieu comme se
rattachant à
Israël.
Au verset suivant, nous avons une autre chose:
c'est l'homme par le moyen de la femme; et, en
conséquence, nous lisons
«qu'étant enceinte, elle crie
étant en travail d'enfant et en grand
tourment pour enfanter,» et un peu plus loin
nous lisons
(vers. 5), «qu'elle enfanta un
fils mâle, qui doit paître toutes les
nations, etc.» Ainsi nous
voyons que ce n'est pas pour ce qu'elle est en
elle-même, quoique revêtue de tous ces
symboles de puissance glorieuse, que la femme a une
telle importance, mais parce que c'est d'elle que
naît le fils mâle. Et nous verrons que
cette pensée n'est nullement
étrangère à
l'Écriture.
Prenez, par exemple, les Psaumes, où la
même chose est présentée par
allusion et d'une manière mystique. Ainsi,
au
Psaume LXXXVII où
l'Éternel est célébré,
il est dit: «Sa fondation est dans les saintes
montagnes.» Il appelle le monde à
comparer ce qu'il a de mieux avec ce que Lui peut
produire.
«L'Éternel aime les portes de Sion,
etc.» Il a choisi Sion parmi toutes les villes
d'Israël, parce que le choix souverain de Dieu
doit être mis en évidence, même
parmi son peuple.
«Je ferai mention de Rahab et de Babylone
entre ceux qui me connaissent.» Rahab
était le nom figuratif qui désignait
l'Égypte, et l'Égypte et Babylone
étaient les plus fameuses nations de la
terre au temps du Psalmiste. La Palestine, Tyr et
Cus étaient, sans doute, des pays bien
inférieurs, mais pourtant bien
célèbres par leur trafic, leur
commerce, l'habileté de leurs habitants.
D'eux, il était dit: «Celui- ci est
né là.» Et de Sion, il sera dit:
«Celui-ci et celui-là y est né;
et le Souverain lui-même l'établira.
Quand l'Éternel enregistrera, etc.» Je
crois que ce passage renferme une
obscure allusion à la naissance de Christ,
en laquelle, pour ainsi dire, Dieu et son peuple se
glorifient - quelque personnage
célèbre qui ait pu exister ailleurs -
de ce que celui-ci est né là.
L'allusion est, je pense, principalement, sinon
exclusivement, au Seigneur Jésus. Que les
autres se vantent de leurs grands hommes, mais
«l'Éternel comptera, quand il
enregistrera les peuples, que Celui-ci est
né là.»
Lorsqu'il enregistre le peuple, à quoi
pense-t-il? Oh! c'est à Christ, à
Celui qui est né d'une femme, né
d'Israël, et maintenant enlevé au ciel.
Quand le regard cherche Christ, on trouve que tous
les passages de l'Écriture portent sur Lui,
plus ou moins, mais d'une manière bien
nette; car Celui qui a écrit la Parole avait
toujours Christ en vue. Ce n'est pas la mort de
Christ que nous avons dans ce psaume, parce que ce
sujet aurait particulièrement amené
le péché des Juifs devant eux; mais
c'est sa naissance qui était ou aurait
dû être un sujet de joie sans
mélange. C'est pourquoi, lorsque
Jésus naquit, les armées
célestes éclatèrent en
louanges: «Gloire à Dieu dans les lieux
très-hauts; et sur la terre paix et bon
plaisir dans les hommes.» Il n'y avait nul
trouble parmi ces multitudes célestes, quels
que fussent les sentiments d'Hérode et de
tout Jérusalem. Leur grande joie
était causée par la
connaissance de ce que serait,
Christ pour Dieu et pour les hommes et
spécialement pour la cité de David.
En d'autres mots, c'étaient
précisément, les sentiments justes de
ces multitudes célestes, toutes
désoccupées d'elles-mêmes, qui
leur permettaient de discerner les conseils de Dieu
relativement à son
peuple.
Il y a un ou deux autres passages dont je voudrais
faire brièvement mention ici, parce qu'ils
peuvent nous aider à saisir la signification
figurée de cette femme et de son enfant,
non-seulement en ce qui touche le fait de la
naissance, mais en ce qui touche sa relation avec
la prophétie.
En Michée
V, il est un passage
qui reçoit et communique à la fois de
la clarté en étant comparé
avec
Apoc. XII. «Maintenant
assemble-toi par troupes, fille de troupes; on a
mis le siège contre nous, on frappera le
Juge d'Israël avec une verge sur la
joue.»
Or, il y a évidemment ici ce que nous
n'avons pas en Apocalypse: le rejet de Christ et
l'opprobre dont il est couvert par son propre
peuple.
Puis, le Saint-Esprit interrompt le cours du
chapitre par une parenthèse, car tel est
bien le
verset
2 en entier. «Mais toi,
Bethléem Ephrata, petite pour être
entre les milliers de Juda, de toi me sortira
quelqu'un pour être dominateur en
Israël; et ses issues sont
d'ancienneté, dès les
jours éternels.»
C'est le Christ, selon la chair, qui est Dieu sur
toutes choses béni éternellement.
Là, vous avez les deux aspects de la gloire
de Christ: sa gloire comme homme, comme le Messie,
et aussi sa gloire comme Celui dont les issues sont
d'ancienneté, dès les jours
éternels.
Ensuite, ayant montré qui était celui
dont il était question (l'homme qui devait
être frappé, mais qui était une
personne divine, ce qui aurait rendu impardonnable
l'acte de l'avoir frappé, n'eût
été l'intervention de la
miséricorde infinie), le Saint-Esprit
reprend: «Ils frapperont le juge d'Israël
avec une verge sur la joue..... C'est pourquoi il
les livrera jusqu'au temps que celle qui est en
travail d'enfant aura enfanté; et le reste
de ses frères retournera avec les enfants
d'Israël.»
Il est dit, remarquez-le, qu'ils sont livrés
par Dieu «jusqu'au temps que celle qui est en
travail d'enfant, etc.» Cela montre que nous
ne devons pas prendre la naissance du fils
mâle pour une allusion purement
littérale à la naissance de Christ
dans le monde, mais plutôt comme se
rattachant à l'accomplissement des conseils
de Dieu relativement à Israël. Christ
est né
(Michée
V, 2); ensuite vient
sa rejection, et, comme s'il était la mesure
de la durée de sa rejection sur la terre et
de son exaltation clans le ciel, l'appel de
l'Église. Mais ici la prophétie passe
par-dessus tout ce qui se
rapporte à l'Église, et traite d'une
manière figurée de la naissance de
Christ, la rattachant à la manifestation du
conseil divin, qui lui-même est
symbolisé par une naissance.
Le Juge d'Israël est frappé avec une
verge sur la joue, et, comme conséquence,
Israël est abandonné jusqu'au temps
qui, pour nous servir du langage de
Jérémie, «sera un temps de
détresse à Jacob, mais il en sera
pourtant délivré.»
Dans le passage de Michée, il s'agit, dans
un sens figuré, du travail de Sion
jusqu'à l'enfantement du grand dessein de
Dieu concernant Israël. «Et le reste de
ses frères retournera avec les enfants
d'Israël.»
Durant le temps que l'Église est
appelée, le résidu des Juifs
(«ceux qui sont sauvés»), est
choisi en dehors d'Israël, cesse d'avoir des
espérances juives et est absorbé dans
l'Église. Mais quand le conseil de Dieu,
relativement à la terre, commencera à
recevoir exécution au dernier jour, le
résidu de ce jour-là fera partie
d'Israël et reprendra l'ancienne position
juive. Les branches naturelles seront entées
sur leur propre
olivier.
Un autre passage traite de l'enfantement de Sion;
mais c'est dans un sens bien différent.
Au dernier chapitre d'Ésaïe, il est
parlé d'une naissance; mais elle est dite
avoir lieu en un jour. «Un son éclatant
vient de la ville; un son vient du
temple, le son de
l'Éternel rendant la pareille à ses
ennemis. Elle a enfanté avant que de sentir
le travail d'enfant; elle a été
délivrée d'un enfant mâle avant
que les tranchées lui vinssent. Qui entendit
jamais une telle chose, et qui en a jamais vu de
semblables? Ferait-on qu'un pays fût
enfanté en un jour? ou une nation
naîtrait-elle tout d'un coup, que Sion ait
enfanté ses fils aussitôt qu'elle a
été en travail d'enfant? Moi qui fais
enfanter les autres, ne ferais-je point enfanter
Sion? a dit l'Éternel: Moi qui donne la
postérité aux autres, fermerais-je sa
matrice? a dit ton Dieu. Réjouissez-vous
avec Jérusalem et vous égayez en
elle, vous tous qui l'aimez, etc.»
Ici, évidemment, il ne s'agit pas du temps
dont il est parlé en
Apoc. XII; de sorte qu'il y a
évidemment trois grandes phases critiques se
rattachant à l'histoire.
Premièrement, il y a la naissance du Messie;
deuxièmement, le passage de Michée ou
le progrès des conseils de Dieu, à
l'égard d'Israël, vers leur
maturité, et l'effet qu'ils ont, passage qui
se lie avec
Apoc. XII, où Dieu
déploie son dessein envers Israël,
avant que l'Antichrist se révèle
pleinement; et troisièmement, il y a ce
passage
d'Ésaïe LXVI, qui est une
espèce de contraste par rapport aux autres,
les circonstances mentionnées liant
positivement l'inverse de celles qui accompagnent
l'enfantement naturel, et
l'inversede la figure
employée dans notre chapitre.
Les trois passages peuvent être ainsi
rapprochés: - Premièrement,
Michée
V nous montre la
naissance de Christ et Israël abandonné
jusqu'à ce que soit manifesté le
résultat des desseins de Dieu à
l'égard de ce peuple; en second lieu,
Apoc. XII touche au temps
d'épreuve (2)
qui doit juste
précéder la dernière
tribulation, où Satan,
précipité des lieux de sa vieille
demeure, essaiera de nouveaux plans dans le but de
faire échouer l'intention que Dieu a de
bénir et de magnifier Israël; et, en
dernier lieu,
Ésaïe LXVI est le temps
où toute épreuve est passée,
où Sion a enfanté avant d'être
en travail - le temps où Israël sera
pleinement et subitement béni par
l'apparition du Seigneur. Toute la souffrance
antérieure a passé en raison de la
joie qui remplit la cité de Sion, ou n'est
rappelée que pour la
rehausser.
Mais, pour revenir à notre chapitre, nous
voyons qu'outre la femme et le fils mâle, il
y a un autre signe; un grand adversaire de Dieu
apparaît - ce n'est pas la Bête, mais
un pouvoir beaucoup plus sérieux «un
grand dragon roux.» Il y a, en outre, cette
remarquablecirconstance, que la
description même qui est appliquée
à la bête, l'est au dragon.
D'où vient cela? Que Satan soit le grand
dragon roux, il ne saurait y avoir de doute
là-dessus. Ce chapitre même nous le
déclare au
verset 9; et pourtant il est
décrit sous les mêmes traits qui
caractérisent l'empire romain
(chap. XIII, 1), «ayant sept
têtes et dix cornes, et sur ses sept
têtes, sept diadèmes.»
La raison en est, je crois, que Satan est vu en
rapport avec le pouvoir terrestre. Tout comme la
femme a été vue investie des symboles
d'une puissance émanant d'en-haut, puissance
que Dieu lui avait donnée, de même
Satan est revêtu de la plénitude de
l'autorité terrestre. Il a sept têtes
- symbole du pouvoir délibératif,
celui qui guide et gouverne, - et dix cornes
représentant des rois et des dignités
royales. Il est le prince du monde et s'environne
de toute la puissance qui se rattache à la
terre.
L'empire romain est le type par excellence de la
puissance de Satan. Mais quand vous
considérez cet empire au
chap. XIII, il y a cette
différence: les diadèmes sont non pas sur les
têtes
du dragon, mais sur les
cornes
de
la bête, ce qui veut dire que dans l'empire
romain vous avez l'exercice du pouvoir
représenté comme chose de fait; mais
pour ce qui regarde Satan, il s'agit seulement
d'une affaire de principe, ou de la source
même dela chose: Satan,
quoique invisible, est la grande force motrice.
C'est de principe et de caractère qu'il est
question, et non pas
d'histoire.
Premièrement donc, nous avons eu la
pensée de Dieu à l'égard
d'Israël et de Christ. Et il est clair qu'il
s'agit de la destinée du fils mâle, et
non encore de l'exercice de sa domination sur
toutes les nations; car s'il s'agissait de ce
dernier point, la femme n'aurait pas à
s'enfuir au désert, et il ne serait pas
permis à Satan de lui faire la guerre,
à elle et au résidu de sa semence.
Faire de ceci une application historique, c'est
fausser l'enseignement de Dieu, qui fait voir ici
son dessein et rien de plus pour le moment.
Ensuite apparaît le dragon, celui que Dieu
considère comme le gouverneur de ce monde,
le prince de la puissance de l'air, revêtu de
symboles de puissance terrestre semblables à
ceux que nous voyons un peu plus tard dans l'empire
romain, avec la différence que, dans ce
dernier, les diadèmes sont sur les cornes de
la bête ou sur ceux qui ont de fait le
pouvoir en main.
(Apoc. XIII). «Et sa queue
entraîne la troisième partie des
étoiles du ciel»
(verset 4).
Ceci semblerait être sa puissance de
méchanceté en fait de doctrine et de
prophétie de mensonge. En
Ésaïe IX, il nous est
dit: «Le prophète
enseignant mensonge, c'est la queue.»
La queue du dragon ne représente pas son
pouvoir terrestre, mais son influence pour
égarer les âmes au moyen de la fausse
doctrine, et ceux en particulier qui gouvernent et
occupent une position d'autorité - «les
étoiles du ciel.»
«Et le dragon se tenait devant la femme qui
allait enfanter, afin que lorsqu'elle aurait
enfanté, il dévorât son
enfant.»
Comme toutes les parties de l'Écriture sont
en merveilleuse harmonie! car si vous commencez par
la toute première partie de
l'Écriture qui parle du serpent, vous y
voyez face à face la femme et cet adversaire
rusé; et ce qui est davantage encore, Dieu
paraît sur la scène où Satan
avait en apparence remporté un grand
triomphe, et c'est alors qu'il fait cette
révélation bénie que
«la
semence de la femme écrasera la
tête du serpent.»
Ici, à la fin des Écritures, les
mêmes parties réapparaissent, mais
avec des différences marquées. Dans
le jardin d'Eden, ce fut la victoire du serpent,
mais ici, c'est le triomphe certain de Dieu;
là, ce fut la tromperie du diable, mais ici
c'est la puissance de Dieu, longtemps
déployée en patience, mais toute
glorieuse à la fin. Dieu permet que le
dragon se tienne devant la femme, prêt
à dévorer son enfant aussitôt
qu'il naît. Le dragon montre sa haine et sa
méchanceté au dernier degré,
et au chapitre qui suit, il
laisse voir ses plans. En même temps, Dieu
change la souffrance même en
bénédiction d'autant plus positive
pour ceux qui sont fidèles. La certitude
même qu'il peut écraser le dragon, lui
donne de la patience pour attendre, et il
désire que son peuple soit comme
lui-même.
Je voudrais remarquer qu'il ne nous faut pas
envisager le chapitre comme s'il était tout
consécutif. Le
verset 7 commence une nouvelle
division. Et la preuve que tout ne suit pas dans un
ordre immédiat, la voici: le moment
où Satan est précipité du ciel
sur la terre, précède celui où
la femme s'enfuit au désert, et est, de
fait, la cause de cette fuite (voyez le
vers. 13), tout en n'étant
constaté qu'après. Le fait est que
les six premiers versets nous fournissent le
tableau complet.
Dans le conseil divin, nous voyons la femme
revêtue des corps célestes,
représentant la puissance que Dieu seul peut
conférer. Mais il y a un autre
côté du tableau. Lorsque le fils
mâle est enfanté, on voit la
mère dans un état de faiblesse,
obligée pour sauver sa vie, de s'enfuir au
désert, où elle avait un lieu
préparé par Dieu. Dieu se
préoccupe avec tant de sollicitude du temps
qu'elle y passe, qu'il ne l'appelle pas «un
temps, des temps et une moitié de
temps»; mais il compte pour ainsi dire l'un
après l'autre les jours qu'elle passe
là: «afin qu'on la nourrisse là,
mille deux cent soixante
jours»
Puis vient une nouvelle scène au
verset 7. Il n'est plus question de
ce qui se passe sur la terre, mais de ce qui a lieu
dans le ciel, et, pour beaucoup, d'une chose
nouvelle et alarmante. Un combat est signalé
en haut. Comment cela? Un combat dans le ciel!
C'est chose aisée d'imaginer l'ennemi des
âmes sur la terre, et un combat contre lui
ici-bas. Mais le combat commence ailleurs. «Et
il y eut un combat dans le ciel: Michel et ses
anges combattaient contre le dragon, et le dragon
combattait, et ses anges; et ils ne furent pas les
plus forts, et leur place ne fut plus
trouvée dans le ciel».
Si la Bible est implicitement crue, elle donne
distinctement à entendre que Satan a le
pouvoir de s'approcher et d'accuser les saints
devant Dieu. On peut être confondu de cela,
et dire que ce n'est pas possible; mais il vaut
mieux se laisser guider par la parole de Dieu que
par les idées des hommes. Le livre de Job
nous démontre le fait;
1 Rois XXII aussi, et peut-
être
Zach. III. Vous pouvez dire que dans
ces passages il s'agit de vision; mais je prendrai
l'épître aux
Éphésiens VI, et
là Paul me dit que notre lutte n'est pas
semblable à celle d'Israël, qui
combattait contre les Cananéens, «car
notre lutte n'est pas contre le sang et la chair,
mais contre les principautés, contre les
autorités, contre les dominateurs de ces
ténèbres, contre les
puissances spirituelles de
méchanceté qui sont dans les lieux
célestes».
Il en est qui se servent de ce verset pour
justifier les chrétiens qui résistent
aux pouvoirs de ce monde, en contradiction
évidente avec
Rom. XIII et d'autres passages. Mais
les principautés et puissances dans les
lieux célestes ne représentent pas du
tout des hommes. Ce sont des esprits de
méchanceté,
en
contraste avec les hommes. La lutte
d'Israël avait lieu contre des hommes vivants,
sur la terre; tandis que celle des chrétiens
a lieu contre les esprits de
méchanceté, dans les lieux
célestes.
Sans doute, Satan ne peut pas s'approcher de la
présence immédiate de Dieu, dans la
lumière où Dieu habite, de laquelle
nul homme ne peut s'approcher; mais il peut
s'approcher assez pour accuser le peuple de Dieu
devant Dieu lui-même. Ici, le terme:
«les lieux célestes» signifie les
cieux en général, et non pas
seulement ce qui est appelé le
troisième ciel ou ciel supérieur.
Satan a accès aussi loin que
s'étendent les cieux inférieurs; on
ne saurait mettre en doute qu'il soit le prince de
la puissance de
l'air.
Les Israélites avaient à combattre
dans le but d'acquérir la possession de leur
héritage. La terre leur fut donnée
titulairement, et avant que Moïse fût
retiré de cette vie, le Seigneur
lui-même le fit monter au sommet de la
colline, et lui fit voir tout le
pays, depuis Galaad
jusqu'à Dan, nommant les districts par les
noms des douze tribus d'Israël, comme si elles
eussent déjà été
là.
Pour jouir de ses possessions, Israël avait
à combattre, et il en est de même de
nous maintenant. Il n'est pas possible de
goûter la céleste portion de
l'Église sans combattre contre l'ennemi, et
voilà la raison pourquoi il en est un si
grand nombre qui ne la goûtent pas.
Si le chrétien n'entre pas, dès
ici-bas, dans la plénitude de sa part
céleste, c'est parce qu'il est
occupé soit de lui-même, soit du
monde, ou bien de quelque autre idole de l'ennemi,
et alors n'en peut pas jouir.
Le grand but de Satan, c'est de nous empêcher
de goûter nos bénédictions
célestes en Christ, et de jouir et de vivre
d'elles. Dans la proportion où le monde et
la chair sont tolérés, et où
la porte est ainsi ouverte à Satan pour
aveugler nos yeux, nous ne pouvons pas voir le bon
pays. Il faut qu'il y ait victoire sur Satan avant
que nous y puissions entrer. L'adversaire ne puise
pas seulement sa puissance dans les convictions des
hommes, ici-bas, mais spécialement dans la
position qu'il occupe dans les lieux
célestes - le pouvoir d'empêcher les
chrétiens d'apprécier la portion
qu'ils y possèdent. Mais il vient une fin
à cet état de choses; toutefois, ce
n'est pas sans lutte qu'elle arrive.
Dieu mettra un terme à tous les moyens
d'accès de Satan au ciel.
Il est un texte qu'on a trouvé obscur et que
je ne puis que rattacher à ce sujet. En
Hébreux IX, où il est
parlé des diverses applications de la mort
de Christ, il est fait allusion aux lieux
célestes de la manière suivante:
«Il était donc nécessaire que
les images des choses qui sont aux cieux fussent
purifiées par de telles choses; mais que les
choses célestes elles-mêmes, le soient
par de meilleurs sacrifices que ceux-
là».
Une des raisons de ce fait, je pense, est qu'il a
été si longtemps permis à
Satan d'y avoir accès comme accusateur. Si
ce n'eût été la mort de Christ,
Dieu aurait depuis longtemps manifesté son
propre jugement sur la souillure produite là
par Satan. Mais comme Il supporte la
rébellion de ce monde, Il en fait de
même à l'égard d'une autre
rébellion, l'audace de Satan, qui ose
s'introduire même jusque dans sa propre
présence, pour apporter devant Lui des
accusations contre son peuple. Mais n'oublions pas
que s'il en est un qui aime à accuser, il y
en a un autre qui intercède, un Avocat qui
ne sommeille ni ne dort jamais.
Le diable peut se déclarer contre les
saints, mais Christ se déclare pour eux, Lui
qui est toujours vivant pour intercéder.
Le temps approche où Dieu ne permettra pas
à Satan de souiller davantage l'air du ciel.
Il sera forcément précipité de
là, et il ne lui restera plus que le
pouvoir d'agir sur
l'espèce humaine par des moyens
terrestres.
«Malheur à la terre et à la mer,
car le diable est descendu vers vous» etc.
(vers. 12), - ce qui implique toutes
les nations, tant celles qui sont dans une
condition de stabilité, que celles qui sont
dans un état d'instabilité.
Satan est dorénavant complètement
empêché d'usurper sa place la plus
élevée, comme prince de la puissance
de l'air. Les cieux sont à jamais
débarrassés de lui et de ses anges,
de façon à ce qu'ils ne rentrent
jamais dans leur place en haut. Il pourra de
nouveau sortir sur la terre pour un peu de temps
après qu'il aura été
lié; mais il ne réapparaîtra
jamais plus dans le ciel comme l'accusateur des
frères devant Dieu. La différence
essentielle dans les voies de Dieu à
l'égard de son peuple est bien
marquée ici. Pendant toute la durée
du temps actuel, il y a l'accusateur dans le ciel,
mais à l'époque prédite, il
est précipité, et il n'est plus
trouvé là de lieu pour lui. Or, vous
remarquerez que ceci implique naturellement, sinon
nécessairement, l'enlèvement de
l'Église au ciel avant que le changement ait
lieu; et en voici la raison: c'est que, si nous
supposons l'Église encore sur la terre
lorsque le diable et ses anges sont
précipités du ciel, il ne serait plus
vrai de nous alors que notre lutte est avec les
esprits de méchanceté dans les lieux
célestes. Telle ne sera pas la
condition des saints, soit
pendant le millénium, soit dans la grande
tribulation qui doit le
précéder.
Trois ans et demi s'écoulent après
que Satan est précipité sur la terre,
durant lesquels la femme et sa semence,
c'est-à-dire Israël, sont les objets de
sa persécution. «Et le grand dragon fut
précipité, le serpent ancien,
appelé diable et Satan, qui séduit le
monde habitable tout entier; il fut (dis-je)
précipité sur la terre, et ses anges
furent précipités avec lui. Et
j'ouïs une grande voix dans le ciel, disant:
Maintenant est venu le salut, la puissance, le
royaume de notre Dieu et le pouvoir de son Christ,
car l'accusateur de nos frères, qui les
accusait devant notre Dieu jour et nuit, a
été précipité. Et ils
l'ont vaincu à cause du sang de l'Agneau et
à cause de leur témoignage, et ils
n'ont point aimé leur vie, même
jusqu'à la mort»
(vers. 9-11).
«Le sang de l'Agneau», voilà ce
qui leur conservait une bonne conscience, et leur
donnait confiance devant Dieu. Leur conscience
était purifiée par le sang de Christ,
et ils avaient de plus, leur témoignage pour
Dieu. Il leur donna le sang de l'Agneau aussi bien
que la parole de leur témoignage, et ils
vainquirent par le moyen de l'un et de l'autre.
L'un les fortifiait devant Dieu, et l'autre devant
les hommes. «C'est pourquoi,
réjouissez-vous, cieux, et vous qui y
habitez.»
Là, vous le voyez, sont les habitants du
ciel, et ils ont à se réjouir, parce
que Satan est précipité du ciel.
L'Église y est au temps dont parle le
passage; les saints sont déjà
emmenés de dessus la terre. «Or, quand
le dragon vit qu'il avait été
précipité sur la terre, il
persécuta la femme qui avait enfanté
le mâle. Et deux ailes d'un grand aigle
furent données à la femme, afin
qu'elle s'envolât dans le désert, en
son lieu, où elle est nourrie un temps, des
temps, et la moitié d'un temps, loin de la
face du serpent»
(vers.
13-14).
Or, il est clair que ceci nous ramène
au verset 6. La liaison importante qui
nous est donnée dans les
vers. 7-13, était
nécessaire, et après cela nous avons
l'ordre consécutif. Nous sommes
ramenés au fait de la persécution de
la femme et de son enfant par le dragon, et
à sa fuite dans le désert; puis
l'Esprit de Dieu retourne en arrière pour
nous montrer les raisons les plus graves et la
source la plus haute de tous ces faits. Satan sera
obligé de quitter sa place dans le ciel, et
maintenant en fureur «sachant qu'il a peu de
temps», il descend sur la terre pour exercer
toute sa fureur. Il hait la femme, sachant bien que
la semence de celle-ci l'écrasera; de sorte
que, son inimitié longtemps caressée,
se concentre sur la femme et sur la semence.
Voilà ce qui conduit la femme à
s'envoler dans le désert: l'inimitié
de Satan, non seulement à
cause qu'elle a enfanté un enfant
destiné à paître les nations
avec une verge de fer, mais parce que Satan est
précipité sur la terre. Satan fut
autrefois innocent, mais il abandonna sa position
de créature, s'admirant lui-même, et
s'élevant contre Dieu. Maintenant, lorsque
Satan est précipité du ciel, il
manifeste tous ses sentiments de
méchanceté contre Dieu, en
persécutant la femme et sa
semence.
«Et deux ailes d'un grand aigle furent
données à la femme, etc.»
Remarquez ici la différence (analogue
à
Apoc. XI): «où elle est
nourrie un temps, des temps et la moitié
d'un temps». Dans un verset
précédent le temps est, pour ainsi
dire, aussi allongé que possible, parce que,
c'est du moins ainsi que je le conçois, les
soins de Dieu envers elle sont le grand point mis
en relief. Il y avait un lieu préparé
pour elle de la part de Dieu, et quand il est
question de ses soins et de ce qu'il a
préparé, il allonge le temps le plus
possible; mais quand il. est question de la
puissance du diable, il le raccourcit. C'est, je
crois, la même période, mais
présentée d'une manière
différente.
Le serpent, ainsi appelé à cause de
sa subtile inimitié, adopte maintenant un
expédient nouveau. Il «jeta de sa
bouche de l'eau, comme un fleuve, après la
femme, afin de la faire emporter par le fleuve. Et
la terre aida la femme,
etc.»
(vers. 15-16).
Ceci représente quelques moyens
providentiels employés par Dieu pour
délivrer et son peuple terrestre et son
dessein, des instruments de l'ennemi mis alors dans
un état de grande commotion. Ces derniers
sont représentés par les eaux qui
sortent comme un fleuve de la bouche du dragon (des
peuples qui sont sous l'influence immédiate
du diable), tandis que la terre qui aide la femme,
représente ces parties du monde qui
sont dans une condition plus stable, et
employées par la Providence de Dieu pour
résister aux efforts que Satan fera pour
vaincre les Juifs.
Dans le cours de ce livre, l'expression «la
terre», peut impliquer un caractère
moralement mauvais; mais Dieu peut produire une
diversion quand il le trouve convenable, et ainsi
réduire à néant ce qui a
été calculé pour vaincre son
peuple.
«Et le dragon fut irrité contre la
femme, et s'en alla faire la guerre contre le
résidu de la semence de la femme, qui garde
les commandements de Dieu, et qui a le
témoignage de Jésus»
(vers. 17).
Ce pourrait être pour quelques-uns une chose
difficile à s'expliquer, qu'un résidu
Juif eût le témoignage de
Jésus. Mais si vous m'avez suivi dans les
chapitres précédents, la
difficulté ne sera pas inextricable; parce
que dans le livre de l'Apocalypse, «le
témoignage de Jésus» est
toujours Jésus se
présentant de nouveau
comme l'Héritier du monde, et non dans ses
relations de pleine, parfaite grâce, et de
grâce céleste, comme nous en jouissons
maintenant.
Le résidu Juif ne jouira pas d'une communion
avec le Seigneur Jésus-Christ semblable
à celle que l'Église possède
à présent; mais ils se tiendront
debout par la foi, et ils auront le
témoignage que Jésus rend dans
l'Apocalypse. Au
chap.I, nous lisons:
«Révélation de
Jésus-Christ, que Dieu lui a donnée
pour montrer à ses esclaves les choses qui
doivent arriver bientôt» etc.
C'est, comme nous l'avons vu souvent, une certaine
révélation que Dieu donne à
Jésus, en rapport avec des
événements, qui devaient arriver
bientôt. Cette révélation est
appelée, dans le verset suivant, «la
parole de Dieu et le témoignage de
Jésus-Christ.» De même, en
Apoc. XIX, 10: «Le
témoignage de Jésus est l'esprit de
prophétie,» - ce qui montre clairement
qu'il s'agit de la connaissance de Jésus au
point de vue de la
prophétie.
C'est ainsi que le témoignage rendu dans ce
livre, quoique également divin,
diffère de la manière bénie,
en laquelle Dieu a maintenant manifesté
Christ à l'Église, qui est son
corps.
Le résidu aura une connaissance semblable
à celle que possédaient les saints
des temps de l'Ancien Testament - probablement plus
grande en somme, mais analogue en nature, me
semble- t-il. Ils attendront l'apparition de
Jésus. Ils diront avec des
coeurs repentants: «Béni soit celui qui
vient au nom de Jéhovah». Ils crieront:
«Jusques à quand, ô Maître
souverain, saint et véritable, ne juges-tu
pas et ne venges-tu pas notre sang?»
Je ne nie pas qu'ils ne puissent avoir le
Nouveau-Testament devant leurs yeux: mais il n'y
aura pas de puissance pour appliquer les faits du
Nouveau-Testament à leurs propres
âmes, pour autant, du moins, qu'il s'agit de
la paix et de la communion qui sont actuellement
notre partage. Quelle preuve que ce n'est pas
seulement la Parole qu'il faut, mais le
Saint-Esprit, pour en donner l'intelligence pour le
repos et la joie des âmes!
Même comme chrétiens, nous manquons,
quelques-uns de nous, de lumières quant
à certaines vérités,
jusqu'à ce que dans la grâce de Dieu,
il lui plaise d'ôter le voile de devant notre
oeil. Et Dieu fait ordinairement cela par des
moyens particuliers, car il n'est pas dans sa
manière de donner aux gens la
capacité de prendre la Bible, et de la
comprendre, indépendamment des moyens
auxquels il a pourvu pour le perfectionnement des
saints. Dieu enseigne ses enfants; mais c'est en
général par le moyen de ceux qu'il a
donnés pour le bien de l'Église, et
quoiqu'il ne s'assujettisse jamais à cet
ordre, il ne met pas de côté le sage
et miséricordieux arrangement qu'il
perpétuera aussi longtemps que durera
l'Église.
Il y a des jointures et des liens pour fournir la
nourriture au corps, et c'est ainsi que, bien uni
ensemble, tout le corps croît d'un
accroissement de Dieu. Dieu ne donne ni ne
sanctionne jamais quelque chose, qui nous mettrait
en état de nous passer les uns des
autres.
Supposons une personne jetée dans une
île déserte; elle sera bénie de
Dieu en lisant solitairement la Parole avec
prière; mais là où il y a
d'autres moyens et d'autres occasions, comme de
nous réunir pour l'édification, pour
la lecture des Écritures, pour la
prédication en public, l'exhortation, etc.,
négliger ou mépriser ces moyens, ces
occasions, ce serait agir d'après la
volonté de l'homme, et non suivre la
direction de l'Esprit de
Dieu.>
Ces saints, comme ceux de jadis, craindront
Jéhovah, et écouteront la voix de son
serviteur, mais aussi ils marcheront dans les
ténèbres, et n'auront pas de
clarté jusqu'à ce que le Seigneur
revienne en gloire.
Notre
position à nous est identique à celle
de Christ lui-même, ressuscité et
glorifié. Comparez
Ésaïe, L. 8, 9, avec
Rom. VIII, 33, 34, pour le dernier
cas; et
Ésaïe L. 10, 11, pour le
premier. Les chrétiens peuvent ne pas
toujours agir selon la lumière; mais ils
marchent dans la lumière, comme Lui est dans
la lumière. «Celui qui me suit,»
dit notre Seigneur, «ne
marchera pas dans les ténèbres, mais
il aura la lumière de la vie». Le
résidu de ce jour-là aura confiance
dans le nom de Jéhovah, et s'appuiera sur
son Dieu; mais ce sera d'une autre manière.
Thomas, en Jean, XX, comparé aux autres
disciples, peut être un type de cette
position.
Je ne m'arrêterai pas à discuter
l'application que font de ce chapitre les partisans
de l'interprétation historique. Ils voient,
dans le symbole de la femme revêtue du
soleil, etc., l'Église chrétienne
élevée au ciel politique avec
l'éclat que projettent sur elle Constantin
Licinius, et la constellation des principaux
évêques! dans le grand dragon rouge,
le vieux paganisme romain concentré pour un
temps dans l'énergie de réaction
païenne déployée par Maximin;
et, dans le fils mâle, Constantin encore
réapparaissant comme empereur baptisé
(?) Fils
de la fidèle Église de Christ!
etc. Je ne nie pas, sans doute, qu'il n'y ait ici
comme en d'autres endroits une vague analogie avec
le renversement de par l'empereur de la puissance
que l'ennemi tirait de l'idolâtrie; mais ce
sur quoi j'insiste, c'est qu'un accomplissement
passé est loin de répondre à
tous les traits de la
scène.
Quelque ressemblance partielle qu'il puisse y avoir
entre des événements
déjà accomplis, et
ce que nous présente notre chapitre, son
accomplissement dans la crise se comprend
suffisamment.
La septième trompette nous a conduits d'une
manière générale
jusqu'à «la fin». A partir
d'Apoc. XI, 19, nous entrons dans un
sujet entièrement nouveau, dont ce verset
est une sorte de préface.
L'arche de l'alliance du Seigneur est vue dans son
temple en haut: ce n'est pas encore l'introduction
effective de la maison d'Israël et.de la
maison de Juda sous l'efficace de la nouvelle
alliance, mais c'en est un gage. La source de
toutes choses, soit du côté de Dieu,
soit du côté de l'ennemi, est mise
à découvert. C'est pourquoi, comme
cette vision nous ramène incontestablement
en arrière, je pense qu'il n'y a rien
d'inconvenant à présumer, que la
naissance et l'enlèvement au ciel du Messie
d'Israël, peuvent bien être
signalés comme l'objet spécial de la
haine de Satan, et l'occasion de sa haine toujours
croissante et toujours plus intense contre les
Juifs et contre les conseils de Dieu à leur
égard. Je puis comprendre aussi que
l'enlèvement du fils mâle implique
celui de l'Église - comme une étoile
double, dont le double caractère
apparaît à un examen complet. C'est
bien certainement de cette manière que nous
voyons l'Église comprise, pour ainsi dire,
en Christ. Le premier grand acte du royaume de
notre Seigneur consistera, je pense, à
précipiter Satan des lieux
célestes avec les esprits
de méchanceté (Confer.
Eph. VI, 12, et
Apoc. XII, 7-12).
Sur la terre, la question d'Israël,
peuple choisi de Dieu, est tout à coup
soulevée; et soit comme dragon, soit comme
serpent, Satan met en oeuvre toutes ses ressources
contre le dessein de Dieu, relativement à ce
peuple non encore reconnu publiquement, et contre
le résidu fidèle qui a
(prophétiquement je crois) le
témoignage de Jésus, comme l'Homme
élevé à la droite de Dieu,
comme le Fils de l'Homme qu'Il s'est
fortifié. Nous trouvons dans le chapitre qui
suit, le développement de ses
plans.
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