VERS LA
SAINTETÉ
CHAPITRE V
Après une réunion de
sanctification.
- Étiez-vous à la réunion
de sanctification ?
- Êtes-vous venu au banc des
pénitents ?
- Y avez-vous reçu la grâce d'un
coeur pur ?
- Avez-vous reçu le
Saint-Esprit ?
Si vous vous êtes donné
à Dieu autant que cela était en
votre pouvoir mais n'avez pas reçu le
Saint-Esprit, je vous en conjure : Ne vous
découragez pas ! Ne faites point un
pas en arrière. Demeurez au point
où vous êtes et attachez-vous
fortement à votre foi. Le Seigneur ne
demande qu'à vous bénir. Continuez
à regarder à Jésus et
attendez-vous pleinement à Lui pour
satisfaire le désir de votre coeur.
Dites-Lui que vous vous y attendez et
rappelez-Lui Ses promesses. Il dit :
« Car je connais les projets que j'ai
formés sur vous, projets de paix et non
de malheur, afin de vous donner un avenir et de
l'espérance. Vous m'invoquerez et vous
partirez ; vous me prierez et je vous
exaucerai. Vous me chercherez et vous me
trouverez, si vous me cherchez de tout votre
coeur. Je me laisserai trouver par vous, dit
l'Éternel. »
(Jér. XXIX, 11-14).
C'est là une promesse merveilleuse
et c'est à vous qu'elle s'adresse.
Le diable a-t-il continué
dès lors à vous tenter plus encore
que par le passé ? Voici une autre
promesse :
« Malheureuse,
battue par la tempête, et que nul ne
console ! voici je garnirai tes pierres
d'antimoine, et je te donnerai des fondements de
saphir ; je ferai tes créneaux de
rubis, tes portés d'escarboucles, et
toute ton enceinte de pierres précieuses.
Tu seras affermie par la justice. »
(Esaïe LIV, 11-14).
Dieu fera pour vous des choses
merveilleuses si vous gardez votre foi et votre
assurance.
Mais, sans doute, plusieurs d'entre vous
se sont non seulement donnés à
Dieu, mais Dieu lui-même s'est
donné à eux. Vous avez reçu
le Saint-Esprit. Quand il est entré en
vous, le « moi », votre vie
propre vous ont quittés. Vous vous
êtes pris en horreur, en
dégoût, et avez reconnu votre
néant, tandis que Jésus devenait
votre tout. C'est là l'oeuvre
première du Saint-Esprit quand il entre
dans un coeur dans toute sa plénitude -
il glorifie Jésus ; nous voyons
Jésus comme nous ne L'avions jamais vu
auparavant ; nous L'aimons ; nous
L'adorons ; nous Lui attribuons tout
honneur, toute gloire et toute puissance, et
nous réalisons comme jamais auparavant
que c'est par Son précieux sang que nous
sommes sauvés et sanctifiés. Le
Saint-Esprit n'appelle pas notre attention sur
lui-même, mais sur Jésus.
« Quand le Consolateur sera,
venu, l'Esprit de vérité, Il vous
conduira dans toute la vérité, car
il ne parlera pas de lui-même, mais il
dira tout ce qu'il aura entendu et il vous
annoncera les choses à venir. Il me
glorifiera, parce qu'il prendra de tout
ce qui est à Moi et
vous l'annoncera. »
(Jean
XVI, 13-14) et
ailleurs : « Il rendra
témoignage de Moi. »
(Jean
XV, 26).
Il ne vient pas davantage nous
révéler une vérité
nouvelle, mais nous faire comprendre la
vérité ancienne annoncée
par Jésus, par les prophètes et
les apôtres qu'Il inspira. « Il
vous enseignera toutes choses et vous rappellera
tout ce que je vous ai dit. »
(Jean
XIV, 26). Il fera de votre
Bible un livre nouveau pour vous ; Il vous
rappellera ses leçons, Il vous enseignera
à l'appliquer à votre vie de
chaque jour, de sorte que vous soyez
guidés par elle en toute
sécurité.
La raison pour laquelle certaines
personnes ne comprennent pas la Bible, c'est
qu'elles ne possèdent pas le Saint-Esprit
pour leur en faire pénétrer le
sens. Un cadet ou un humble soldat rempli du
Saint-Esprit peut en dire davantage sur le sens
réel, profond et spirituel de la Bible
que tous les docteurs en théologie et
tous les professeurs du monde qui n'ont pas
reçu le baptême de l'Esprit. Le
Saint-Esprit vous fera aimer votre Bible et vous
vous écrierez avec Job :
« J'ai fait plier ma volonté
aux paroles de Sa bouche »
(Job
XXIII, 12) et avec le
Psalmiste vous déclarerez que ses
jugements « sont plus doux que le
miel, que celui qui coule des rayons »
(Ps. XIX, 11). Aucun livre, aucune
publication ne peut la remplacer, mais de
même que l'homme béni de Dieu dont
parle David, vous la méditerez jour et
nuit
(Ps.
1, 2). Il vous
fera trembler aux
avertissements de la Parole de Dieu, vous
réjouir en ses promesses et trouver votre
plaisir dans ses commandements. Rien moins que
la Bible ne pourra vous satisfaire et vous direz
avec Jésus : « L'homme ne
vivra pas de pain seulement, mais de toute
parole qui sort de la bouche de
Dieu » ; vous comprendrez ce
qu'entendait Jésus lorsqu'il
disait : « Les paroles que je
vous ai dites sont esprit et
vie. »
Tant que vous marcherez dans une humble
obéissance et une foi enfantine, vous
confiant au sang de Jésus pour vous
purifier de tout péché, le
Consolateur habitera en vous et le niveau le
plus bas de votre expérience sera
« une paix parfaite ». Je
n'ose pas dire ce que serait le niveau le plus
élevé ! Comme Paul, vous
pourrez même être ravis au
troisième ciel et entendre des paroles
ineffables, qu'il est impossible d'exprimer.
Oh ! elles sont inexprimables la largeur,
la longueur, la profondeur et la hauteur de
l'amour de Dieu, qui vous seront
révélées et que vous
pourrez découvrir par le microscope et le
télescope de la foi ! Gloire
à Dieu ! Ne craignez pas que cette
expérience s'use ou s'amoindrisse. Dieu
est infini ! Votre intelligence restreinte,
pas plus que votre coeur, ne peut épuiser
dans l'espace d'une courte vie humaine les
merveilles de sa sagesse, de sa bonté, de
sa grâce et de sa gloire. Bénissez
le Seigneur ! Alléluia !
Ne croyez pas cependant, quand les flots
se retirent et descendent jusqu'au niveau le
plus bas, que le Consolateur vous ait
abandonnés. Je me souviens,
comment après avoir
reçu le Saint-Esprit, je demeurai des
semaines entières sous un poids de gloire
et de joie divines presque écrasant pour
mon corps. Puis la joie commença à
diminuer ; il y eut des alternatives de
joie et de paix, et dans les jours que ne
marquait aucune expérience
spéciale, le diable ne tarda pas à
me tenter en me représentant que j'avais
en quelque manière contristé le
Saint-Esprit et qu'Il m'abandonnait. Mais le
Seigneur me fit comprendre que c'était
là un mensonge du diable et que je devais
retenir fermement la profession de mon
espérance.
(Héb. X, 23). Je puis donc
vous dire : Ne croyez point qu'Il vous ait
abandonnés, par le fait que vous
n'êtes pas débordant
d'émotion. Retenez ferme votre foi. Il
est avec vous et ne vous abandonnera jamais
après avoir eu tant de peine à
entrer pleinement dans votre âme, sans
vous signifier d'abord la raison exacte de son
départ. L'Esprit saint n'est ni
capricieux, ni inconstant. Il doit lutter
longtemps pour entrer dans votre coeur ; il
luttera longtemps avant de le quitter, à
moins que vous ne vous endurcissiez
obstinément pour le contraindre à
s'éloigner de vous.
Je n'écris pas ceci, toutefois,
pour les indifférents, pour ceux à
qui cela ne fait rien de l'attrister ou
non ; je l'écris pour ceux qui ont
le coeur sensible ; qui L'aiment et
préféreraient mourir plutôt
que de Le perdre. Je leur dis :
Confiez-vous en Lui ! Quand j'allais
céder aux mensonges de Satan
s'efforçant de me persuader que le
Saint-Esprit m'avait abandonné, le
Seigneur me remit ce
texte en
mémoire : « Les enfants
d'Israël avaient tenté
l'Éternel en disant :
L'Éternel est-il au milieu de nous ou n'y
est-il pas ? »
(Ex.
XVII, 7).
Je compris que douter de la
présence de Dieu en moi, même
lorsque je ne reconnaissais aucun signe
particulier de Sa présence, était
Le tenter : aussi promis-je au Seigneur de
ne plus douter mais d'être fort dans la
foi. Gloire à Dieu aux siècles des
siècles ! Dès lors Il ne m'a
pas abandonné et je suis persuadé
qu'Il ne le fera jamais. Je puis avoir confiance
en ma femme même lorsque je ne la vois
pas ; j'ai de même appris à me
confier au Seigneur lors même que je ne
ressens pas en moi le puissant tressaillement de
son Esprit. Je Lui dis que j'ai foi en Lui, que
je crois à Sa présence en moi et
que je ne veux pas réjouir le malin par
mes doutes.
C'est précisément à
cette période, lorsqu'ils ont reçu
le Saint-Esprit, que beaucoup de gens courent le
risque de se tromper. À l'heure de la
tentation, ils se croient abandonnés de
Lui ; au lieu de se confesser en Lui et de
reconnaître sa présence et de le
remercier de ce qu'Il s'abaisse à
descendre dans leurs pauvres coeurs, ils se
mettent à Le chercher comme s'Il
n'était point venu ou qu'il s'en
fût allé. Ils devraient à
l'instant cesser de chercher, pour combattre le
diable par la foi en lui disant :
Arrière ! et louer le Seigneur pour
sa présence en eux !
Si vous cherchez la lumière
lorsque vous la possédez
déjà, vous ne trouverez que
ténèbres et
confusion ; de
même
en cherchant le Saint-Esprit lorsque vous l'avez
déjà reçu, vous le
contristerez. Ce qu'Il demande, c'est notre
foi ! C'est pourquoi, l'ayant reçu
dans vos coeurs, continuez à
reconnaître sa présence !
obéissez-lui ! cherchez votre gloire
en Lui ! Il habitera en vous à
jamais, et sa présence sera une force en
vous.
Ne désirez pas et ne demandez pas
plus de puissance ; mais plutôt par
la prière, la vigilance et l'étude
de votre Bible ainsi qu'en mettant
scrupuleusement à profit toutes les
occasions d'avancer, cherchez à devenir
un canal parfaitement libre où l'action
du Saint-Esprit qui est maintenant en vous
pourra s'exercer pleinement. Confiez-vous en
Dieu et n'obstruez pas le chemin du Saint-Esprit
afin qu'Il puisse agir par votre moyen.
Demandez-Lui de vous enseigner et de vous
guider, afin de n'être pas un obstacle
à son oeuvre. Cherchez à vous
pénétrer de ses pensées,
à parler selon Lui, à ressentir
son amour, à pratiquer la foi.
Efforcez-vous d'être guidés par son
Esprit de manière à prier quand Il
veut que vous priiez, à chanter quand Il
veut que vous chantiez, et à garder le
silence quand Il veut que vous le gardiez. Vivez
dans l'Esprit ! Marchez par l'Esprit !
Soyez remplis de l'Esprit.
Pour terminer, ne soyez point surpris
qu'il vous survienne des tentations
particulières. Souvenez-vous que c'est
après avoir été
baptisé du Saint-Esprit que Jésus
fut conduit dans le désert pour y
être tenté par le
diable pendant quarante jours et quarante nuits.
(Matth. III, 16, 17 et
IV, 1, 3). « Le
disciple n'est pas plus grand que son
Maître. » Quand vous êtes
tentés, regardez cela comme un sujet de
joie.
(Jacques
I, 2). Vos
épreuves même et vos tentations
vous conduiront à une connaissance plus
approfondie du Seigneur ; car ce qu'Il fut,
vous devez l'être aussi en ce monde
présent. Rappelez-vous qu'Il a dit :
« Ma grâce te suffit »
et qu'il est écrit de Lui :
« Car ayant été
tenté lui-même dans ce qu'il a
souffert, il peut secourir ceux qui sont
tentés. »
(Héb.
II, 18) et
ailleurs : « Nous n'avons pas un
grand prêtre qui ne puisse compatir
à nos faiblesses, au contraire, il a
été tenté comme nous en
toutes choses, sans commettre de
péché ! »
(Héb.
IV, 15).
« Que dirons-nous donc à
l'égard de ces choses ? Si Dieu est
pour nous, qui sera contre
nous ? »
Soyez fidèles, pleins de foi, et
vous pourrez dire avec Paul :
« Mais dans toutes ces choses nous
sommes vainqueurs et au delà par Celui
qui nous a aimés ; car j'ai
l'assurance que ni la mort, ni la vie, ni les
anges, ni les dominations, ni les choses
présentes, ni les choses à venir,
ni les puissances, ni la hauteur ni la
profondeur, ni aucune autre créature ne
pourra nous séparer de l'amour de Dieu
manifesté en Jésus-Christ notre
Seigneur. »
(Rom. VIII, 37, 39).
CHAPITRE VI
Combats
le bon
combat de la foi.
(1 Tim. VI, 12).
Un ami chez qui je logeais un jour,
réclama la bénédiction d'un
coeur pur et en rendit témoignage le
lendemain à la table du déjeuner. Il
avoua qu'il avait longtemps douté de la
possibilité d'une telle expérience,
mais il ajouta que depuis qu'il fréquentait
l'Armée du Salut, il avait été
conduit à étudier la Bible et
à observer la vie de ceux qui professent y
croire et qu'il en était venu à cette
conclusion qu'il ne pouvait servir Dieu d'une
manière qui lui soit agréable sans la
sainteté du coeur. Mais la difficulté
était d'arriver au point où il
l'obtiendrait par la foi. Il dit qu'il
s'était attendu à la recevoir un
jour, il avait espéré qu'il en serait
ainsi, il avait anticipé le moment où
il serait pur, mais il avait enfin compris qu'il
devait la réclamer
immédiatement et à ce moment
précis commença pour lui le combat de
la foi. Il saisit une partie de la promesse, tandis
que le diable l'empêchait de saisir l'autre.
Ils entrèrent alors en lutte
s'efforçant tous deux de s'assurer la
victoire sur-le-champ.
Le diable l'avait jusque-là souvent
remportée, mais parvenu à ce point,
cet homme ne voulut pas abandonner sa
confiance ; il vint hardiment au trône
de grâce, obtint miséricorde et trouva
le secours au temps convenable. Le diable fut
vaincu par la foi ; ce frère
reçut la bénédiction d'un
coeur pur, et ce matin-là il
put me dire :
« La
nuit dernière Dieu m'a rempli du
Saint-Esprit » ; la joyeuse
intonation de sa voix et le rayonnement de son
visage assuraient la réalité de ses
paroles.
La dernière chose que l'âme
doit abandonner lorsqu'elle recherche le salut ou
la sanctification, c'est un coeur mauvais et
incrédule. C'est la forteresse de Satan.
Vous pourrez le chasser de tous ses avant-postes
sans qu'il s'en inquiète ; mais si vous
attaquez cette citadelle-là, il
résistera avec tous les mensonges et tous
les artifices dont il peut disposer. Peu lui
importe qu'on renonce au péché
extérieur. Un pécheur aux dehors
respectables fera son affaire tout aussi bien que
le pécheur plus décrié.
En réalité, je ne suis pas
sûr que certaines personnes ne soient pires
que le diable le désirerait, car elles sont
une mauvaise recommandation pour lui.
Peu lui importe qu'un homme garde l'espoir
du salut et de la pureté ; à
vrai dire je le suspecte fort d'aimer qu'il en soit
ainsi, s'il peut seulement obtenir que cet homme en
reste là. Mais qu'une pauvre âme
vienne à dire : C'est maintenant
que je veux avoir l'assurance de mon salut ;
c'est maintenant qu'il me faut obtenir cette
bénédiction ; je ne puis vivre
plus longtemps sans le témoignage rendu par
l'Esprit que Jésus me sauve
maintenant et qu'Il me purifie
maintenant, aussitôt le diable se met
à rugir, à mentir et à
employer toutes les ruses pour tromper l'âme
et la pousser dans un chemin
détourné, ou la bercer et
l'endormir par une promesse
de
victoire future. C'est ici que le diable commence
véritablement son oeuvre. Beaucoup de gens
prétendent qu'ils luttent contre le diable
tout en ignorant ce que cela veut dire :
combattre le diable. C'est un combat de la foi dans
lequel l'âme s'empare de la promesse de Dieu,
s'y cramponne, et y croit en dépit de tous
les mensonges de l'ennemi, en dépit de
toutes les circonstances et de tous les sentiments
contraires, et demeure dans l'obéissance,
lors même que Dieu semblerait ne pas tenir sa
promesse. Quand une âme en est arrivée
à ce point où elle retient fermement
et sans varier la profession de sa foi, elle
s'élèvera bientôt au-dessus des
brouillards et des obscurités du doute et de
l'incertitude, jusqu'à la pleine
clarté d'une assurance parfaite. Gloire
à Dieu ! L'âme saura que
Jésus sauve, et sanctifie et sera remplie
d'un sentiment ineffable d'humilité,
mêlé à une joie sans pareille
dans l'assurance de sa faveur et de son amour
éternel.
Un camarade que j'aime comme ma propre
âme cherchait la bénédiction
d'un coeur pur ; il avait renoncé
à tout, mais il gardait « ce coeur
mauvais et incrédule », sans
toutefois s'en rendre compte ; il attendait
que Dieu lui accordât sa
bénédiction. Le diable lui
murmura : « Tu dis que tu es sur
l'autel du Seigneur, et cependant tu ne te sens
point différent. » Le
« coeur mauvais et
incrédule » de ce pauvre homme
accepta cette assertion de l'ennemi et reconnut
qu'il en était ainsi. Il se
découragea et la victoire resta au malin.
Après un rude combat, il se donna de
nouveau au Seigneur, mais en gardant encore ce
« coeur mauvais et
incrédule. » De nouveau le diable
murmura : « Tu déclares
appartenir tout entier au Seigneur, et cependant tu
n'éprouves rien de ce qu'éprouvent
les autres quand ils ont tout abandonné
à Dieu. » « Le coeur
mauvais et incrédule »
répondit : « En
vérité, il en est
ainsi » ; et par ce fait il retomba
encore à cause de son
incrédulité.
Après beaucoup d'efforts, il
rechercha une troisième fois cette
bénédiction et de nouveau
renonça à tout pour le
Seigneur ; mais en gardant toujours ce
« coeur mauvais et
incrédule ». Pour la
troisième fois le diable murmura :
« Tu dis que tu appartiens au Seigneur,
mais tu sais combien est prompt ton
tempérament ; qui sait si la semaine
prochaine quelque tentation, inattendue ne
surviendra pas pour te terrasser ? »
Pour la troisième fois le coeur mauvais et
incrédule répondit :
« Il en est ainsi », et dans
cette troisième lutte notre frère fut
battu.
Une dernière fois, il tenta un effort
désespéré ; dans son
désir de la sainteté et du
témoignage du Saint-Esprit qu'il
était maintenant tout entier à
Dieu, il Lui demanda de lui montrer toute la
dépravation de son âme ; alors
Dieu lui fit voir le coeur mauvais et
incrédule qui avait écouté la
voix du malin et abondé dans ses avis. De
braves gens qui font profession de christianisme,
n'aiment pas admettre qu'il subsiste en eux quelque
incrédulité, mais jusqu'à ce
qu'ils consentent à
reconnaître tout le mal caché au fond
de leur coeur et à prendre le parti de Dieu
contre eux-mêmes, Dieu ne pourra les
sanctifier.
Mon ami revint encore, plaça son tout
sur l'autel et dit au Seigneur qu'il aurait foi en
Lui. De nouveau le diable murmura :
« Tu ne sens aucune
différence. » Mais cette fois
l'homme réduisit au silence l'esprit
d'incrédulité et
répondit : « Peu m'importe de
ne pas me sentir différent. Je suis
tout au Seigneur. »
- « Mais tu n'éprouves pas
les mêmes sentiments que les
autres », ajouta le diable.
- « Qu'importe ; je
suis au Seigneur, et Il m'accordera ou me
refusera Sa bénédiction, selon qu'Il
le jugera bon. »
- « Mais il y a la promptitude de
ton tempérament. »
- « Qu'importe, je suis
au
Seigneur ; J'ai foi en Lui pour dompter mon
tempérament. Je suis au Seigneur ! je
suis au Seigneur ! »
Et il résista au diable, ferme dans
sa foi et refusant ce jour-là, la nuit et le
jour suivants, de prêter l'oreille aux
suggestions d' « un coeur mauvais et
incrédule. » Le calme entra dans
son âme avec la ferme résolution qu'il
prit de s'en tenir pour jamais aux promesses de
Dieu, qu'Il le bénît ou non. Vers dix
heures du soir, la seconde nuit, au moment
où il s'apprêtait à se livrer
au repos, sans le moindre pressentiment de ce qui
allait se passer, l'Éternel accomplit
à son égard la promesse faite aux
jours d'autrefois : « Le Seigneur
que vous cherchez apparaîtra soudain dans
son temple. »
Jésus, le Fils de Dieu - « qui
vit, et qui était mort », - mais
« qui vit maintenant aux siècles
des siècles, » lui fut si bien
révélé et manifesté
dans son être intérieur qu'il en fut
« comme perdu dans un océan
d'amour, de louanges et de gloire. »
Oh ! comme il triompha en Dieu, son Sauveur et
se réjouit de s'être fermement
attaché à sa foi et d'avoir
résisté au diable !
Or, c'est là le point auquel doit
arriver toute âme pour entrer dans le Royaume
de Dieu. L'âme doit mourir au
péché, renoncer à toute
incrédulité, et abandonner tous ses
doutes. Elle doit consentir à être
maintenant crucifiée avec Christ.
Quand ceci sera fait, elle entrera en contact avec
Dieu, éprouvera le feu de Son amour, et sera
remplie de Sa puissance, de la même
manière qu'un train électrique
reçoit la lumière et la force par le
contact avec le fil placé au-dessus de
lui.
Que Dieu vous bénisse, mon
frère, ma soeur, et vous aide à
comprendre que maintenant est le moment
favorable. Rappelez-vous, si vous vous êtes
entièrement donnés à Dieu, que
tout ce qui pourrait faire naître le doute en
vous vient de Satan et non de Lui ; Dieu vous
ordonne de résister au diable, en demeurant
ferme dans la foi ; c'est pourquoi
« n'abandonnez pas votre assurance,
source d'une grande
rémunération. »
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