Le
Ministère de la
Guérison
ou
MIRACLES
DE GUÉRISON
À
TRAVERS LES SIÈCLES
CHAPITRE VIII
TÉMOIGNAGE DES MALADES
GUÉRIS
« Je sais une chose, c'est que
j'étais, aveugle et que maintenant je
vois. »
(Jean
9: 25.) De tous les
témoignages de l'expérience, celui-ci
n'est-il pas le plus concluant ?
Ce « je sais »
pourrait paraître entaché de la
présomption du moi, mais souvenons-nous que
si l'opinion du moi paraît toujours
agressive, l'expérience du moi a le droit de
se faire écouter. Savoir qu'on ne sait pas,
est-ce donc là le point culminant de la
pensée et des spéculations de
l'esprit humain ? Ceci caractérise la
culture de notre siècle qui descend peu
à peu dans l'agnosticisme,
c'est-à-dire dans la connaissance qui
aboutit à l'ignorance, comme les cimes les
plus élevées vont se perdre dans les
nuages. D'un autre côté, quand nous
lisons le commencement de la première
Épître de Jean : « Ce
que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos
yeux, ce que nous avons contemplé et que nos
mains ont touché concernant
la parole de
vie, »
nous ne pouvons plus nous étonner que
l'auteur se serve souvent de l'expression
« nous savons » et qu'il puisse
dire : Nous savons que nous l'avons
connu. »
(1
Jean 1 : 1- 3).
L'expérience est la meilleure
pierre de touche pour s'assurer de la
vérité. Sans doute elle n'est pas
infaillible, surtout lorsqu'il s'agit de notre
état spirituel, car souvent il est difficile
de s'en rendre compte ; mais quand une maladie
se trouve guérie après avoir
longtemps accablé le corps, quand une vive
douleur disparaît après avoir fait
beaucoup souffrir, ce témoignage-là
n'est pas facile à réfuter.
Que de malades guéris sont
prêts à rendre témoignage de
leur guérison ! Refuserons-nous de les
écouter ou les accuserons-nous d'être
visionnaires et de ne pas savoir ce qu'ils
disent ? Nous sommes prêts à
accueillir ce que nous appelons une
expérience religieuse faite par un membre de
l'Eglise et témoignant de sa vie
spirituelle, nous serait-il plus difficile de
discerner et d'admettre une expérience de
guérison divine ?
Écoutons ce que nous racontent
les malades qui ont été
guéris. Voici tout d'abord la
guérison de Mlle Faucourt, fille d'un
pasteur anglais, à
Londres. Cette guérison excita un vif
intérêt dans le temps où on en
publia le récit.
Il serait trop long de retracer ici tous
les détails de sa maladie. Disons seulement
qu'en Novembre 1822, elle fut atteinte d'un mal
à la hanche et que jusqu'en 1828 elle
souffrit constamment soit du mal même, soit
aussi de tous les traitements, emplâtres,
saignées et opérations chirurgicales
qu'elle eut à subir et qui ne produisirent
aucune amélioration. Pendant deux ans encore
elle fut tout à fait impotente et presque
toujours obligée de rester couchée.
Voici comment elle raconte elle-même sa
guérison :
« Je continuai à
être malade jusqu'au 20 octobre 1830. Un ami
qui m'avait vue deux mois auparavant, avait
été amené par Dieu à
lui demander ma guérison en s'appuyant de
ces mots : « tout ce que vous
demandez en priant, croyez que vous le recevez et
vous le verrez s'accomplir. »
(Marc
11 : 24). Il la demanda
avec foi et Dieu exauça sa prière.
Mercredi soir comme mon amie allait quitter la
chambre, Mr. I. demanda la permission de rester
encore un moment auprès de moi. Il me parla
de ses parents, de la mort de son frère,
puis se leva en disant : On m'attend sans
doute pour le souper. Après m'avoir fait
quelques questions sur ma
maladie, il ajouta : - C'est triste de rester
toujours enfermée.
- C'est dans sa bonté et pour mon
bien que Dieu l'a permis lui dis-je.
- Mais ne croyez-vous pas que dans sa
bonté il pourrait aussi vous
guérir ?
- Oui, répondis-je, car Dieu me
donna la foi de pouvoir le dire.
- Croyez-vous que ce soit le manque de
foi qui ait empêché jusqu'ici votre
guérison ?
- Oui.
- Croyez-vous que Jésus veuille
vous guérir à présent
même ?
- Oui.
Entre chacune de ces questions je voyais
qu'il priait. Il ajouta alors : - Levez-vous
et marchez, descendez et allez rejoindre votre
famille.
Il me prit par la main et demanda
à Dieu de glorifier le nom de Jésus.
Je me sentis aussitôt la force de me lever.
Dieu m'ôta toute douleur et nous
descendîmes l'escalier, Mr I. continuant
à prier ainsi : O Dieu sois avec
nous ! Christ, sois avec nous !
Après être restée un
moment au rez-de-chaussée, je
m'aperçus que j'avais laissé mon
mouchoir de poche dans ma chambre, je pris une
bougie et j'allai le chercher. Le lendemain je
marchai pendant près d'un quart d'heure, et
le Dimanche suivant j'allai à pied
jusqu'à la chapelle épiscopale
distante de deux
kilomètres. Depuis ce moment Dieu a
continué à me fortifier et je suis
tout à fait guérie. À
Jésus toute la gloire.
13 Novembre 1830. (Mrs
Oliphant. Vie de Edward Irving).
Nous avons appris dès lors
qu'après avoir souffert si longtemps, cette
malade a continué à jouir d'une bonne
santé. Dès que le récit de sa
guérison se répandit au loin, il
attira sur elle et sur sa famille tout un orage de
blâme, de reproches et de ridicule. La presse
religieuse traita le tout de grossier scandale pour
la foi chrétienne et ajouta des paroles si
amères contre les personnes qui avaient eu
part à cette guérison, que le
vénérable père de la malade se
vit appelé à publier une confirmation
énergique de ce qui s'était
passé, quoique lui-même eût
été bien connu jusqu'alors pour ne
pas croire aux miracles modernes. Voici donc ce que
dit le Rev. Faucourt:
« Pénétré
de la grâce particulière qui nous a
été accordée, je suis
convaincu que la gloire de Dieu et
l'intérêt de la religion en
réclament la publication et sans redouter
les conséquences de ce que je déclare
ici, je suis prêt à rendre
témoignage du fait suivant : Par la foi
au nom de Jésus, Dieu a guéri
instantanément ma fille cadette qui
était tout à fait
impotente et qui savait très bien, selon que
l'enseigne notre mère l'Eglise, que ce
n'était qu'au nom de Jésus-Christ,
qu'elle pouvait recevoir santé et salut,
« puisqu'il n'y a sous le ciel aucun
autre nom qui ait été donné
aux hommes par lequel nous devions être
sauvés. »
(Act.
4 : 12). C'est par cette
foi-là et par la prière efficace d'un
homme juste, car « Dieu n'exauce point
les pécheurs »
(Jean
9 : 31), que
« Dieu a fait au delà de tout ce
que nous demandons et pensons. »
(Eph.
3 : 20.) Je sais qu'il
s'élève des questions difficiles
à résoudre quant aux moyens dont Dieu
se sert pour accorder ses grâces ; mais
qui pourrait sans trembler en conclure à la
négation de l'intervention divine. Sans
vouloir admettre cette supposition, je suis au
contraire convaincu qu'un grand nombre de
fidèles s'unissent à nous dans la
voie de la vérité pour faire
connaître à l'Eglise ce que Dieu a
fait pour nous ; ce sont là de si
grandes choses qu'au premier moment
« nous étions comme ceux qui font
un rêve. »
(Psa. 126 : 1).
Notre Seigneur savait d'avance accueil on ferait
aux miracles de guérison lorsqu'il
disait : « Allez rapporter à
Jean ce que vous entendez et ce que vous
voyez : les aveugles voient, les boiteux
marchent, les lépreux sont purifiés,
les sourds entendent, les morts ressuscitent et la
bonne nouvelle est
annoncée aux pauvres. Heureux celui pour qui
je ne serai pas une occasion de chute. »
(Mat. 11: 5). Et pourtant ne
semble-t-il pas que ce soit la dernière
chose. dont le monde dût se
scandaliser ? Mais l'esprit de l'homme est aux
antipodes de l'esprit de Christ. Quelle indignation
montrèrent les chefs de la synagogue lorsque
Jésus guérit un jour de sabbat la
pauvre femme que « Satan tenait
liée depuis dix-huit ans. »
(Luc
13 : 16). Une fois
Jésus aussi fut rempli d'indignation
lorsqu'il « frémit en son
esprit, »
(Jean
11: 33, 38) près de la
tombe de Lazare. Il voyait là le
chef-d'oeuvre du diable dont il était venu
« détruire les
oeuvres, »
(1
Jean 3 : 8) mort, larmes,
désolation, gémissements et tout ce
qui accompagne la mort ; aussi son âme
était-elle émue d'une sainte
colère au dedans de lui. Et nous,
ferions-nous bien de nous indigner à la
pensée qu'à présent encore le
Dieu vivant peut délivrer de la maladie, de
cet avant-coureur de la mort, tous ceux sur
lesquels il pose sa main.
Nous ajoutons ici le récit d'un
autre miracle conservé par un éminent
pasteur baptiste du siècle dernier, le Rev.
Morgan Edwards, de New Jersey. Il raconte la
guérison d'Anna Carman
qui, dit-il, mourut à Brunswick. N. J. en
1776. Voici ce qu'il dit :
« Je tiens
d'elle-même les détails suivants, trop
bien attestés par d'autres pour que personne
puisse en douter. J'ai devant moi trois certificats
qui confirment le fait ainsi que le
témoignage de la femme de N. Stout qui
était présente au moment du miracle.
Dès son enfance la malade avait
montré piété et bon sens.
À l'âge de vingt-cinq ans, elle fit
une chute de cheval qui affecta l'épine
dorsale et depuis ce moment, elle resta
courbée sans pouvoir se redresser. Tous ses
membres avaient tellement souffert qu'elle ne
pouvait ni marcher, ni faire la moindre chose. Un
jour la femme de Stout qui la soignait était
allée au jardin après l'avoir assise
dans son fauteuil ; mais bientôt elle
entendit du bruit dans la maison et craignant que
l'impotente ne fût tombée de son
fauteuil, elle accourut aussitôt. Quels
furent son étonnement et sa frayeur quand
elle la vit à l'autre bout de la chambre
louant Dieu qui venait de la guérir
entièrement. Aussitôt cette femme fit
chercher leur voisin Bray qui vint en toute
hâte et fut également surpris de voir
l'impotente en extase ; elle ne prenait garde
à aucun de ceux qui l'entouraient, mais elle
courait dans la maison, soulevait les chaises et
les tables, entrait dans sa chambre à
coucher pour prendre son lit et le porter ça
et là, puis de temps en temps elle tombait
à genoux pour louer Dieu
qui venait de « guérir une fille
d'Abraham courbée depuis dix ou douze
ans. »
« Remarquons que l'impotente
était seule à la maison quand le
miracle eut lieu. C'est donc elle-même qui
doit nous dire comment elle fut
guérie :
« Tandis que je
réfléchissais à ces
mots » « Enée,
Jésus-Christ te guérit »
(Act.
9 : 34) je ne pus
m'empêcher d'exprimer la pensée et le
désir de mon coeur en
m'écriant : Oh ! que n'ai-je
été à la place
d'Enée ! Aussitôt j'entendis une
voix me dire distinctement :
« Lève-toi, prends ton lit et
marche ! » Le bruit soudain de cette
voix me fit tressaillir sur mon fauteuil et quelle
fut ma surprise de sentir mon dos se redresser
aussitôt, mes membres reprendre leur ancienne
force. Je me levai, et pour m'assurer qu'il
s'agissait là d'une réalité et
non d'une vision, je soulevai mon fauteuil et tout
ce qui se trouva sur mon chemin. J'allai dans ma
chambre à coucher, je pris mon lit et je
continuai à user de mes forces
jusqu'à ce que je fusse très certaine
que ma guérison n'était pas un
rêve, mais qu'elle était bien
réelle. »
Edwards ajoute encore :
« Je ne doute pas qu'il ne
se trouve des esprits légers capables de
tourner en plaisanterie ce récit.
Laissons-les faire ; mais tous ceux qui
croient à la puissance de la
prière retireront quelque
bien et profit de ces détails. »
Il paraît qu'en effet, des esprits
légers se firent un jeu de cette
guérison, mais le caractère
éminent de l'homme qui affirme ce fait et
les certificats qui garantissent la
vérité du récit nous engagent
à le recevoir avec confiance.
Peut-être nous trouvera-t-on bien simple
d'avoir cité ici cette guérison, mais
n'importe, la simplicité est l'une des
qualités qui conduisent à la foi
véritable. N'a-t-on pas traité de
parole oiseuse la première nouvelle de la
résurrection et n'est-ce pas à la foi
de simples femmes répandant la nouvelle de
ce miracle, qu'on doit d'avoir vu ensuite des
hommes énergiques l'annoncer au loin dans
leurs prédications ?
Le professeur Godet en parlant des
miracles qui se virent chez les anciens protestants
de France et qui sont confirmés par le
même genre de renseignements se refuse
à prononcer contre eux et cite avec
approbation ce qu'en dit un auteur contemporain de
ces faits, dans son livre Visions des Camisards,
etc. : « Il y a eu un temps
où l'on croyait tout. Dans celui où
nous sommes, on ne croit rien. Je pense qu'il y
aurait un milieu à prendre ; il ne
faudrait pas croire tout, mais il faudrait croire
quelque chose, car cet
esprit
d'incrédulité et le caractère
d'esprit fort ne sont bons à rien et je n'ai
pas encore découvert son usage... Il y a une
Providence, nous l'avouons tous. Rien ne se fait
sans Dieu. Est-il possible que Dieu se soit
tellement caché derrière les
créatures et sous le voile des causes
secondes, que jamais il ne veuille tirer le
rideau ? Concluons que la
crédulité de nos ancêtres a
bien fait recevoir de méchants contes pour
de bonnes histoires ; mais aussi qu'elle est
cause que de très bonnes histoires passent
aujourd'hui pour de méchants
contes... » - Paroles d'un
écrivain du XVIIe siècle
citées par F. Godet. - Conférences
apologétiques ; Il. L'hypothèse
des visions, p. 34 à 35.
Le récit suivant est de la plume
du Dr R., médecin bien connu à
Philadelphie. Nous le citons tel que l'avait
publié le journal Le grand médecin du
Dr Boardman. On avait prié le Dr R. de
raconter la guérison frappante de son fils
et voici ce qu'il dit :
« Je n'aime pas à
en parler à qui que ce soit, car il y a tant
d'incrédules ; mais à vous, je
puis vous le raconter : Les enfants
s'amusaient à sauter du haut d'un
banc ; le cadet tomba et se cassa les deux os
du bras au-dessous du coude. Mon frère,
professeur de chirurgie au Collège de
Chicago, était venu nous
voir. Je le priai de remettre ce bras, ce qu'il fit
en se servant d'éclisses et de bandages de
façon que l'enfant pût le porter en
écharpe. Celui-ci fut très patient et
ne proféra ni plainte, ni murmure, tout le
reste du jour. Le lendemain, il vint à moi
en me disant :
- Papa, aie la bonté de
m'ôter tout ça !
- Oh ! non, mon enfant, il faut
encore cinq ou six semaines avant que le bras soit
guéri.
- Mais, papa, il est
guéri.
- Non, non, mon cher enfant, c'est
impossible.
- Pourtant, papa, tu as foi en la
prière, n'est-ce pas ?
- Tu sais bien que oui.
- Eh bien, hier au soir quand j'ai
été me coucher, le bras me faisait si
mal que j'ai demandé à Jésus
de le guérir, et il l'a guéri.
À présent il est
guéri.
Je ne voulus rien lui dire qui pût
ébranler sa foi ; mais l'idée me
vint de lui répondre : Mon cher enfant,
c'est ton oncle qui a mis toutes ces choses sur ton
bras, et s'il faut les ôter, c'est à
lui de le faire. Il alla donc à son oncle.
Celui-ci lui répondit que son bras devait
rester ainsi six ou sept semaines encore et qu'il
fallait avoir de la patience. Quand l'enfant lui
dit que Jésus l'avait guéri, il le
renvoya en disant : Peuh ! peuh !...
bêtise, tout ça !...
Le lendemain matin, le pauvre
garçon revint à
moi et plaida sa cause d'un air si sincère
et avec tant de confiance que je fus tenté
de croire qu'il était réellement
guéri. J'allai donc dire à mon
frère : Ne ferais-tu pas mieux de
délier son bras pour lui faire voir dans
quel état il est. Si on ne le fait pas, je
crains que quoiqu'il soit obéissant, il ne
le débande lui-même, et alors ce sera
pire qu'avant. Mon frère consentit à
le faire, il ôta bandages et éclisses,
puis s'écria : Il est guéri,
complètement guéri !
Aussitôt il s'élança vers la
porte pour respirer l'air extérieur de peur
de s'évanouir.
Mon frère avait été
autrefois un chrétien de coeur simple, mais
pendant ses années d'études, il
s'était éloigné de la foi.
Ceci le ramena aussitôt au Seigneur, et
comment eût-il pu en être
autrement ! Quant à moi je ne puis
faire autre chose que me joindre au
témoignage de mon enfant en déclarant
qu'en effet Jésus l'avait
guéri. »
Quelle histoire ! s'écriera-t-on,
mais n'est-il pas remarquable que ce sont souvent
les médecins qui témoignent de la
réalité de ces miracles. Eux qui sont
accoutumés à traiter les maux de
l'humanité par les ressources terrestres de
la science ne craignent pas de
s'écrier : « L'Éternel
est en ce lieu, »
(Gen. 28 : 16) tandis que nous,
théologiens, tout préoccupés
des causes et des effets, nous croyons presque
commettre un sacrilège en
remontant à la cause des
causes. Médecins et physiologistes montrent
plus de hardiesse que nous en personnifiant la
force merveilleuse qui guérit les malades.
Quand donc aurons-nous le courage de voir dans le
Saint-Esprit notre souverain Guérisseur,
sans autre tribut à lui payer que celui de
la reconnaissance, remerciant notre Dieu de ce
qu'il a dit : « Je suis
l'Éternel qui te guérit. »
(Exo. 15 : 26). Oui, disons-le
ouvertement, les médecins chrétiens
sont souvent moins sceptiques que les pasteurs
chrétiens à l'égard de la
guérison miraculeuse. À notre
connaissance au moins, il y a plus de
médecins que de théologiens qui
adhèrent à cette doctrine soit
verbalement, soit par écrit.
Dans le livre du Dr Boardman, nous
trouvons la touchante histoire d'un médecin
anglais, le Dr de Gorreker Griffeth qui,
après avoir quitté un enfant malade
pour lequel la science ne pouvait plus rien,
s'était retiré au bord de la
rivière où il allait souvent chercher
un moment de communion avec Dieu. Là il
avait demandé au Seigneur et avait
reçu de lui la guérison de ce jeune
malade. Les deux croyants dont Dieu s'est le plus
servi dans notre ville (Boston) pour la
guérison divine sont des médecins qui
ont fait des études de
médecine et qui pratiquent la
médecine. Et nous, pasteurs, nous qui sommes
chargés de faire connaître les oracles
divins, prenons garde ; ne soyons pas plus
sceptiques sur ce point-là que ceux qui sont
chargés d'administrer les remèdes
tirés de la nature.
Citons encore une autre guérison
dont plusieurs personnes ont pu entendre le
récit par la malade elle-même. La
remarquable histoire de Mlle Jenny Smith, de
Philadelphie a été publiée
sous le titre de From Baca to Beulah.
Garrigues. Philadelphie 1880.
Sa maladie, aussi mystérieuse que
cruelle, ne peut se raconter ici en détail.
Le pasteur qui la visitait a déclaré
que c'était là un cas rare, sinon
inouï, de souffrances accumulées. Qu'il
suffise de dire que depuis seize ans, elle
était tout à fait impotente et
souffrait de cruelles douleurs. L'une de ses jambes
se contractait parfois avec une telle violence
qu'il avait fallu l'enfermer dans une sorte
d'étui très fort et la maintenir en
place au moyen de poids lourds. Pendant ce temps de
souffrances extraordinaires, sa foi et sa
collaboration étaient devenues si actives
que Dieu s'était servi d'elle pour
réveiller la vie spirituelle de ceux qui
venaient la voir. Peu à
peu elle fut amenée à saisir les
promesses de Dieu pour la guérison du corps
et après avoir obtenu plusieurs fois des
preuves de la puissance du Seigneur pour des
soulagements partiels, elle en vint à
demander et obtenir son entière
guérison. Voici le récit de cette
guérison tel qu'elle le donne
elle-même. Après une journée de
souffrances exceptionnelles elle était
étendue le soir sur sa chaise longue,
entourée de quelques amis chrétiens.
Laissons-la parler :
« Notre soirée se
passa à prier sous la direction du pasteur
Everett. Au bout d'une heure ou deux, quelques
personnes furent obligées de se retirer. Un
frère que je n'avais pas encore vu me dit en
s'en allant et me serrant la main :
« Ma soeur, vous demandez trop, vous
êtes trop impatiente d'être
guérie. Le Seigneur peut vous rendre plus
utile sur votre couche que si vous étiez sur
pied. » Reconnaissante de cet
avertissement, j'examinai s'il en était
ainsi dans mon coeur et c'est avec droiture que je
pus me dire : Non, je ne suis pas impatiente
d'être guérie, j'ai obtenu la victoire
à cet égard, et lors même que
le creuset serait cent fois pire, je pourrais
dire : Ta volonté soit faite, et
supporter encore la douleur, si je voyais
clairement que ce fût là la
volonté de Dieu. Mais je crois que le temps
est venu où je vais éprouver ce
qu'est cette volonté divine.
Jusqu'à ce moment-là, je
n'avais pas, senti dans notre réunion de
prières l'unité d'esprit que je
savais être nécessaire. Je dis donc
à ceux qui restaient : Pouvez-vous
rester ici jusqu'au matin si c'est
nécessaire ? Je sais que c'est en
attendant le Seigneur que nous recevrons de lui la
grâce que nous désirons. Sommes-nous
tous d'accord en ceci ? Mon médecin, le
Dr Morgan, fut le premier à dire : Je
resterai et je suis pleinement d'accord avec
vous.
Tous vinrent entourer ma chaise longue
et jamais ils ne pourront oublier les moments que
nous passâmes là. C'était alors
un peu plus de neuf heures. Nous continuâmes
à attendre devant le Seigneur. L'un ou
l'autre d'entre nous citait parfois un verset de la
Bible en ajoutant quelques mots ou
présentant à Dieu une courte
prière. Pour, moi je restais dans une
tranquille attente, souffrant encore, mais sentant
clairement la présence de Dieu. La plupart
du temps je perdais de vue, tout ce qui
m'entourait, tant je me sentais en communion avec
mon Père céleste. Vers onze heures je
fus amenée à me consacrer de nouveau
à Dieu, lui disant : Je te donne de
nouveau mon corps, ces yeux pour voir, ces
lèvres pour parler, ces oreilles pour
entendre et si telle est ta volonté ces
pieds aussi pour marcher au service de
Jésus. Tout ce qui est en moi, tout, tout
mon être est à toi, Père bien
aimé. Que ta précieuse volonté
soit faite.
Jusqu'à ce moment-là, je
n'avais ressenti ni moins de
douleur ni plus de force ; je me sentais
même plus faible qu'à l'ordinaire.
Après quelques minutes de silence, la
guérison de « la main
sèche »
(Mat. 12 : 18) se
présenta tout à coup à mon
esprit avec une telle force qu'il me semblait la
voir reprendre vie, et au même instant, le
Saint-Esprit me doua d'une foi qui me permit de
réclamer une grâce pareille. Ce fut
alors comme si le ciel s'ouvrait soudain. Je sentis
descendre sur moi un baptême de force aussi
clairement que si une secousse électrique
eût parcouru tout mon organisme. Je sentis
distinctement cette force se répandre dans
mon dos et animer mes jambes inertes. Posant la
main sur le bord de la chaise longue, je me
soulevai et m'assis. Les frères Garrigues
qui étaient de chaque côté de
ma couche s'élancèrent pour me
soutenir, mais ce n'était pas
nécessaire. Le Dr Morgan qui était
tout près abaissa le pied de la chaise
longue et tandis que la main de mes amis
était encore sur mon épaule, je me
levai et me tins debout.
Notre soeur Fanny ne se souvenait pas de
m'avoir jamais vue debout. Elle leva les mains au
ciel en s'écriant : O Jenny,
Jenny ! - Je ne trouve pas de paroles pour
exprimer ce que je sentais. Tout mon être
tressaille encore de joie et déborde de
louanges et d'actions de grâce Quand je parle
de ce moment-là. Dès que je fus
debout, le frère W. H. G. me mit la main sur
la tête en me disant.
Louons Dieu de qui nous vient toute
grâce !
Ma première pensée
fut : Puis-je m'agenouiller ? Je demandai
au Seigneur de le pouvoir et je pus en effet me
mettre à genoux aussi naturellement que si
j'avais toujours pu le faire. Nous sentions si bien
la présence de Dieu que pas un mot ne fut
prononcé et c'est en silence que nous
répandîmes notre âme devant le
Seigneur le louant et le bénissant. Je me
relevai ensuite et me mis à marcher avec
facilité d'un bout à l'autre de la
chambre, le faisant comme quelque chose de tout
naturel. Ni tressaut, ni sensation étrange.
Je m'assis quelques minutes dans un fauteuil. Il me
semblait si merveilleux de ne pas avoir besoin de
rapprendre à marcher. Mes jambes et tout mon
corps me paraissaient avoir été remis
à neuf. »
En se répandant au loin, le récit
de cette guérison ne pouvait manquer de
susciter bien des commentaires. On se demandait
comment une guérison si rapide et si
complète pouvait avoir eu lieu. Quelques
personnes assurèrent que cela venait sans
doute d'un acte de volonté aussi
énergique que soudain, que dans des cas
semblables, le mal était en grande partie
nerveux et imaginaire et qu'ici la foi et les
prières n'avaient fait qu'affermir la
volonté et l'énergie. En est-il
ainsi ? N'est-on pas heureux de
rencontrer un médecin qui
sache reconnaître que rien ne peut agir dans
les cas déclarés sans espoir par
toute la Faculté ? Si cette
interprétation était juste, ce que
nous ne pouvons admettre un instant, ce serait
déjà là un beau triomphe de la
foi sur la médecine. Notre pauvre
humanité a besoin d'un Guérisseur
divin qui pénètre et voie la cause du
mal, car l'oeil du médecin terrestre est
souvent plus fautif que sa main ; il ne peut
pas guérir parce qu'il ne comprend pas la
cause cachée de la maladie ; au
contraire, quel regard pénétrant que
celui du souverain Guérisseur ! Il
discerne le fond des choses là où
nous ne pouvons voir que les symptômes du
mal.
Heureux le malade qui a trouvé le
seul Docteur dont la main guérit,
guidée par la vue pénétrante
et sûre de celui qui sait « ce qui
est en l'homme et qui n'a pas besoin qu'on lui en
rende témoignage. »
(Jean
2: 25)
Dans ce cas-ci, le témoignage
écrit du médecin vient confirmer
celui de la malade jusque dans les détails,
soit quant au terrible caractère de la
maladie, soit quant à la soudaine et
complète guérison accordée
à la prière de la foi. Nous pourrions
ajouter ici beaucoup d'autres témoignages de
guérison divine. Les
exemples d'ivrognes subitement guéris de
leur passion dominante, ainsi que de victimes de
l'opium affranchies sans réserve de leur
dégradante servitude sont
particulièrement frappants ; ils nous
font voir clairement l'intervention
immédiate d'un Dieu qui enlève les
conséquences du péché aussi
bien qu'il pardonne le péché
lui-même.
Quand on en vient à ouvrir les
yeux sans prévention, que de traces de la
main de Dieu ne voit-on pas dans le monde ?
Que de faits évidents, irréfutables
pour celui qui a la volonté de croire,
tandis que pour celui qui est décidé
à douter et à nier, ces mêmes
faits paraissent voilés et incertains.
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