Le
Ministère de la
Guérison
ou
MIRACLES
DE GUÉRISON
À
TRAVERS LES SIÈCLES
CHAPITRE VII
LE TÉMOIGNAGE DE
L'EXPÉRIENCE
« Mettez-moi à
l'épreuve ! »
(Mal.
3 : 10). Tel est le
défi que Dieu a fait écrire dans sa
Parole, et qu'un grand nombre de croyants ont
accepté de nos jours, éprouvant
ensuite la fidélité de leur Dieu
à tenir les promesses de guérison
qu'il a faites aux malades.
Dans ce chapitre, nous allons examiner
ce qu'a offert l'expérience de ceux qui ont
exercé un ministère de
guérison. Ce n'est pas pourtant qu'il soit
permis d'attribuer à aucun homme le pouvoir
de guérir les malades. Le médecin
n'est qu'un médiateur entre la nature et
l'humanité souffrante ; son art
dépend seulement du talent avec lequel il
sait interpréter les lois de la santé
et mettre le malade en rapport avec les forces
restaurantes que peut lui offrir la terre. De
même ceux qui sont revêtus par Dieu du
don de guérison ne sont que des
médiateurs n'ayant d'autre pouvoir que celui
de la foi et de la prière. Il nous est dit
que Paul entra chez Publius et
que trouvant son père malade, « il
pria, lui imposa les mains et le
guérit »
(Act.
28 : 8), mais on ne peut
pas en conclure que l'apôtre possédait
individuellement le pouvoir de guérir les
malades sinon pourquoi aurait-il prié ?
Prier, c'est toucher le bord du vêtement de
Christ comme imposer les mains, c'est toucher le
corps du malade. C'est donc répéter
ce qui s'est fait souvent pendant le
ministère terrestre de notre Seigneur, c'est
lui apporter les malades pour que lui-même
les guérisse.
Lors du miracle à « la
belle porte, » Pierre dit à ceux
qui s'en étonnaient :
« Pourquoi avez-vous les regards
fixés sur nous, comme si c'était par
notre propre puissance ou par notre
piété que nous eussions fait marcher
cet homme ? »
(Act.
3 : 12). S'il était
question ici de puissance ou de sainteté
humaine, nous n'hésiterions pas à
limiter le don de guérison à
l'âge apostolique, en reconnaissant notre
totale incapacité, mais puisqu'il s'agit de
la puissance et de la sainteté de
Jésus-Christ qui « est toujours le
même hier, aujourd'hui et
éternellement, », c'est tout autre
chose. « Si tu peux croire »
(Marc.
9 : 23), voilà le
fond de la question.
Romaine parle d'une certaine
année de son
ministère comme d'une année
exceptionnelle de foi. Si chaque chrétien
pouvait signaler dans sa vie quelque année
de ce genre, ce serait sans doute aussi un temps de
victoires, car croire, c'est connaître Dieu
et s'approprier les trésors de grâce
et de puissance que nous possédons en lui.
« Le peuple de ceux qui connaîtront
leur Dieu prendra courage et fera des
exploits, » nous dit l'Écriture.
(Dan. 11 : 32).
De nos jours quelques croyants ont pris
à la lettre les promesses de guérison
du Seigneur ; ils ont eu foi en sa parole et
ont éprouvé sa
fidélité. Leur témoignage sera
donc d'un grand secours à nos
lecteurs :
Le nom de Dorothée Trudel
(1) est
particulièrement connu. L'histoire de sa
vie, de ses travaux et de sa maison de
guérison dans le village de Maennedorf, sur
le lac de Zurich en Suisse, a été
publiée au loin et a fait
réfléchir ceux qui étudient ce
sujet. Le Seigneur prépare de fortes racines
partout où il veut voir des branches
s'élancer avec vigueur, aussi cette vie si
riche d'activité partait d'une base ferme et
stable. Sa mère qui vivait dans
l'obscurité et la pauvreté se
distinguait par une foi et une consécration
qui font ranger sa biographie au nombre de
celles des femmes
chrétiennes les plus estimées pour
leur piété. Alliée à un
mari brutal et impie, et privée de sympathie
autour d'elle, ce n'était qu'à Dieu
seul qu'elle pouvait recourir dans sa
détresse. À cette rude école,
elle apprit ce que sont la foi et la
dépendance de Dieu. C'est à lui
qu'elle regardait pour le pain de sa famille qui
sans cela eût péri de faim, c'est en
lui qu'elle se confiait en toute circonstance et
aussi pour obtenir la guérison quand la
maladie menaçait ses enfants.
Dorothée avait ainsi grandi au milieu des
guérisons opérées par le
Seigneur, car sa famille était trop pauvre
pour recourir à d'autre médecin. La
foi qu'il est souvent si difficile d'obtenir lui
était donc naturelle ; dans les cas
où d'autres se demandent avec
anxiété s'il est permis d'attendre
autant de Dieu, elle se serait plutôt
reprochée de ne pas user de plus de foi et
de confiance en lui.
Après la mort de ses parents,
nous la trouvons s'occupant avec amour de la classe
ouvrière, et cherchant à
l'évangéliser. Elle-même nous
raconte comment elle fut amenée à
user de la prière de la foi pour la
guérison des malades
« Quatre de mes
ouvrières tombèrent malades et
appelèrent le médecin, mais
malgré les remèdes qui furent
employés, elles allèrent toujours
plus mal. Je m'adressai enfin, au Seigneur pour lui
exposer notre détresse. Je lui dis que je
voudrais bien « appeler un
ancien » selon que le commande saint
Jacques
(5 :
14), mais qu'il n'y en
avait point à faire venir, qu'ainsi je
devais officier moi-même auprès de mes
malades et leur imposer les mains avec la foi de la
femme syrophénicienne, sans toutefois
attribuer aucune vertu à ma main. C'est ce
que je fis, et par la grâce de Dieu, toutes
quatre furent guéries. Depuis ce moment je
fus très frappée du
péché qu'il y a à
désobéir à la Parole de
Dieu ; et la nécessité de
marcher tout simplement par la foi, en faisant ce
que Dieu commande, s'imposa à moi avec
force. »
Bientôt après, Dorothée se
consacra entièrement au service du
Maître. Comme ses travaux
d'évangélisation amenèrent de
bons résultats et que les récits des
guérisons obtenues par ses prières
s'étaient répandus à l'entour,
on lui demanda de recevoir chez elle des malades.
Ce ne fut pas sans peine qu'elle y consentit et
ainsi commença l'oeuvre de sa vie,
d'où devait résulter tant de
bénédictions pour l'âme et pour
le corps, d'un grand nombre de personnes.
La manière dont elle traitait ses
patients était très simple. La Bible
et la prière composaient toute sa pharmacie.
Elle commençait par s'occuper de
l'âme, cherchant à amener chacun
à la foi et à l'obéissance.
Après quoi, elle priait pour la
guérison du corps en imposant les mains aux
malades et les oignant d'huile au nom du Seigneur.
Pour le faire, elle reconnaissait l'absolue
nécessité d'une entière
consécration soit de sa part ? soit de
la part de ceux qui l'aidaient, ainsi que d'une foi
pleine d'abandon de la part du malade. Voici
comment elle parle des privilèges du
croyant.
« Dans le
Nouveau-Testament, nous sommes appelés rois
et sacrificateurs. »
(1
Pier. 2 ; 9 :
Apo. 1 : 6). L'onction des
rois
était accompagnée de puissance ;
si donc nous appartenons réellement à
la sacrificature royale, l'onction du Saint-Esprit
ne nous revêtira-t-elle pas de la puissance
de guérir les malades par la
prière ? Si nous sommes
réellement enveloppés de
l'éphod sacerdotal, si nous sommes tout
à fait consacrés de corps et
d'âme, étant devenus des canaux de la
grâce divine, c'est à Dieu de faire
tout le reste, d'accorder la
bénédiction demandée.
Oh ! ne cherchons pas à
faire plus que Dieu ne demande de nous, et nous
serons vivifiés de la vie
divine ».
C'est ainsi que commença son oeuvre, et
que par une main invisible, elle fut conduite
à exercer ce remarquable ministère.
Il est rare de rencontrer une vie aussi
complètement consacrée. Parmi les
sentences qu'elle distribuait comme souvenirs, se
trouve celle-ci : Le coeur ne doit pas
être une auberge où le Seigneur vienne
loger de temps en temps seulement ; il faut
qu'il soit pour lui une demeure fixe où il
puisse, résider toujours.
Pendant bien des années elle se
vit appelée à tenir une pension
où logeaient les malades, sorte d'hospice
où l'on venait chercher consolation et
guérison. Le Seigneur demeurait si
habituellement en elle, qu'on pouvait dire d'elle
ce qu'on avait dit de Luther, qu'en frappant
à la porte de son coeur et en
demandant : « Qui habite
là ? » on eût
aussitôt entendu répondre :
« Jésus-Christ ».
Ce n'est pas pourtant qu'elle
prétendît à une grâce si
élevée, car nul ne fut jamais plus
humble et plus exempt d'égoïsme, mais
sa vie même témoignait de la
vérité du fait. Sa biographie raconte
que parfois ses prières se prolongeaient
jusqu'au milieu de la nuit et que souvent le
désir intense d'obtenir ce qu'elle demandait
se trahissait par la
transpiration qui perlait
sur
son front. Une fois même elle passa toute la
journée sans manger, tant elle était
préoccupée des soins à donner
à ses malades, et quand l'heure tardive ne
lui permit plus de se procurer de la nourriture,
elle tomba aux pieds de Jésus,
réclamant de lui la nourriture que le monde
ne connaît pas. Ainsi restaurée, elle
acheva la nuit avec la force du Seigneur.
Une consécration si rare, si
conforme à l'exemple de Christ est un sol
fertile, bien préparé à
produire des fruits miraculeux, surtout quand la
persécution vient encore la purifier et la
stimuler. Ce sceau de souffrance que
l'Écriture promet à « tous
ceux qui veulent vivre pieusement en
Jésus-Christ »
(2
Tim. 3 : 12) ne lui manqua
pas, non plus que l'esprit de douceur pour
supporter tout avec patience. « J'ai eu,
écrit-elle, une foule d'ennemis connus et
inconnus, et tous les mensonges, toutes les
calomnies répandues sur mon compte
n'étaient pas faciles à supporter.
J'ai éprouvé que tant qu'on ne peut
pas supporter les plus noirs mensonges et calomnies
sans être péniblement ému, on
ne sait pas encore tout ce qu'est la paix de Dieu,
cet océan sans bornes ».
Les médecins et d'autres
personnes encore lui furent très hostiles,
l'accusant devant les tribunaux de pratiquer
illégalement la médecine, tandis que
les malades assuraient que la prière avait
été le seul remède
employé pour leur guérison. En
parlant de cette épreuve elle dit :
« Mais un orage allait
fondre sur l'oeuvre, car en 1856 au moment
où la nouvelle maison était remplie
de malades et où le Seigneur agissait avec
puissance, on nous fit payer une amende de soixante
francs accompagnée de l'ordre de renvoyer
tous les malades à tel jour fixé.
Quoique ce fût là le jour le plus
triste de ma vie, j'obéis à cet
ordre, mais les maisons si rapidement vidées
ne tardèrent pas à se remplir plus
que jamais « d'aveugles, de boiteux et de
sourds » pour lesquels le Seigneur fit
« de grandes choses. » Les
esprits malins furent chassés de
quelques-uns des malades qui en furent
instantanément délivrés ;
ils furent affranchis de la puissance des
ténèbres qui opprimait leur esprit
aussi bien que leur corps, et de loups ils
devinrent agneaux ».
En 1861 une nouvelle persécution
commença contre cette sainte femme. À
l'instigation d'un médecin, les magistrats
du pays la condamnèrent à une lourde
amende et à renvoyer tous ses malades. C'est
alors qu'elle recourut en appel
et que sa cause jugée par un tribunal
supérieur fit connaître au monde par
de nombreux témoignages l'oeuvre
merveilleuse que Dieu avait accomplie en
répondant à ses
prières.
M. Spondlin, éminent avocat de
Zurich consentit à se charger de sa
cause ; le pasteur Kopff, le professeur
Tholuck et beaucoup d'autres
témoignèrent en sa faveur. Il en
résulta qu'elle fut pleinement
acquittée, et qu'après cela on la
laissa exercer en paix son oeuvre de
miséricorde. Depuis ce moment, sa maison qui
avait été trop souvent un Beth-aven
(maison d'affliction) devint un Béthesda
(maison de miséricorde). S'il suffit des
simples récits de sa plume, confirmés
par la parole de nombreux pour prouver la
vérité de tous les miracles de
guérison qui furent opérés
dans sa maison, ceux-ci ne sont pas
douteux.
Convaincue que le péché
est souvent la cause secrète de la maladie,
elle s'occupait très sérieusement de
l'âme de ses malades.
« Confessez vos
péchés les uns aux autres et priez
les uns pour les autres afin que vous soyez
guéris. »
(Jac.
5 : 16). Voilà le
texte qui avait pour elle un sens très
pratique ; aussi la conviction de
péché et la conversion
étaient à ses yeux
les premiers symptômes de la convalescence
physique.
« Un jeune artisan vint un
jour chez moi si malade d'un cancer qu'il
était presque impossible de supporter son
approche. Cet homme jadis frivole, mais qui
cherchait alors la vérité, assista
aux leçons bibliques. Il apprit là
par où devait commencer la guérison,
et ce fut du jour où il confessa ses
péchés envers Dieu et envers les
hommes, que son mal commença à
diminuer. Quelque temps après, il confessa
encore un autre péché qu'il avait
caché ; aussitôt il recouvra
rapidement la santé et s'en retourna chez
lui guéri de corps et
d'âme. »
Dans certains cas, ses prières et son
ardent désir de connaître la
volonté de Dieu devaient se prolonger un
certain temps, avant qu'il se manifestât
aucun signe de guérison. Dans d'autres cas,
elle obtenait une très forte conviction que
la volonté de Dieu n'était pas de
guérir le malade, et alors elle travaillait
sans relâche à amener cette âme
à la paix avec Dieu avant que vînt la
mort. Pour d'autres malades encore, la
guérison lui était
immédiatement accordée.
Une dame de S. s'était fait si
mal au genou en tombant que depuis plusieurs
semaines elle souffrait beaucoup. Le docteur
avait déclaré que
cela finirait mal, mais le divin Guérisseur
accomplit pour elle les promesses qui seront vraies
jusqu'à la fin du monde. Par la
prière et l'imposition des mains de
Dorothée, ce genou fut guéri en
vingt-quatre heures et toute enflure
disparut.
Voici ce qu'a raconté quelqu'un
à propos de son procès
criminel :
« Pendant le cours de ce
procès, plusieurs centaines de
guérisons bien constatées et
authentiques eurent lieu, entre autres
celles-ci : Un genou roide qu'avaient en vain
traité les meilleurs médecins de
France, d'Allemagne et de Suisse ; un homme
âgé qui ne pouvait plus marcher et qui
était abandonné des médecins,
mais qui posa bientôt ses
béquilles ; un homme avec un pied
brûlé. Les médecins avaient
déclaré que l'amputation pouvait
seule le préserver de la mort ; mais il
fut aussi guéri. Un des premiers
médecins du Wurtemberg témoigna de la
guérison de l'un de ses malades qu'il tenait
pour un cas désespéré. Un
autre médecin qui avait passé
là six semaines déclara qu'il avait
assisté à la guérison de toute
espèce de maladies. Le cancer et la
fièvre avaient été
radicalement guéris de même que
l'épilepsie et la démence dans de
nombreux cas. »
Tel fut le ministère de guérison
de cette sainte femme jusqu'au jour où elle
s'endormit en Jésus. Quel exemple
béni elle nous a laissé ! On
raconte qu'en Suisse se trouve un lac
entouré de hautes montagnes et que dans ses
ondes pures se mirent d'autres cimes plus
éloignées encore et dont l'oeil ne
peut voir que la réflexion dans l'eau. C'est
ainsi que l'image du Sauveur invisible se voyait
dans la vie paisible et cachée de cette
humble paysanne suisse. Et combien de ceux qui
l'ont connue personnellement, ou qui après
sa mort ont lu le récit de sa vie, en ont
éprouvé un reflet de la
présence invisible du Sauveur, en ont
été animés d'un nouvel amour
pour lui, et en ont reçu une foi plus
vivante en sa puissance.
Samuel Zeller poursuivit l'oeuvre
commencée par Dorothée à
Maennedorf. Son père était le
fondateur d'un asile de jeunes garçons
à Beuggen près de Bâle, il
était beau-frère de Gobat,
évêque de Jérusalem. Samuel
Zeller avait coopéré à
l'oeuvre de Dorothée du vivant de
celle-ci ; et c'est après avoir
demandé pour lui un don de foi et de
guérison, qu'elle avait laissé son
oeuvre à ses soins. Dès lors la
maison a continué sous sa direction sans
diminution appréciable de
puissance spirituelle et
avec le
concours de Mlle Zeller, sa soeur, ainsi que de
quelques personnes dévouées. Tous les
employés et jusqu'aux domestiques
travaillent sans rétribution à cette
oeuvre d'amour ; c'est souvent par
reconnaissance qu'ils le font, après avoir
été guéris eux-mêmes
dans cette maison.
M. Zeller est un
évangéliste zélé qui
circule dans le voisinage de son asile pour
prêcher la Parole de Dieu tout en travaillant
sans relâche au salut de l'âme et
à la guérison du corps auprès
des malades qui réclament ses soins. Cet
asile qui s'est accru de nouveaux bâtiments,
compte actuellement dix maisons toujours remplies
de malades de diverses nations. Comme
Dorothée, il impose les mains aux malades,
les oignant d'huile au nom du Seigneur, et
réclame surtout la promesse de
l'Épître de Jacques.
(5:
15). Les rapports qu'il publie
chaque aimée sont pleins d'exemples
frappants de conversion et de
guérison.
Rien d'extravagant dans son
ministère. Tout en s'attachant avec force
à la perpétuité de la
promesse : « La prière de la
foi sauvera le malade »
(Jac.
5 : 15), il
reconnaît aussi la souveraine et libre
volonté de Dieu quant
à l'exaucement de la prière. Un jour
qu'un visiteur lui demanda si la volonté de
Dieu n'était pas que tous ses enfants
fussent exempts de maladie, il répondit que
la volonté du Père est que les uns
aient la victoire sur la maladie et que les autres
l'aient dans la maladie.
Il cita à l'appui ces mots :
« Par la foi, ils
vainquirent des royaumes, exercèrent la
justice, obtinrent des promesses, fermèrent
la gueule des lions, éteignirent la
puissance du feu, échappèrent au
tranchant de l'épée, guérirent
de leurs maladies, furent vaillants à la
guerre, mirent en fuite des armées
étrangères, des femmes
recouvrèrent leurs morts par la
résurrection, d'autres furent livrés
aux tourments et n'acceptèrent point de
délivrance afin d'obtenir une meilleure
résurrection. D'autres subirent les
moqueries et le fouet, les chaînes et la
prison. Ils furent lapidés, sciés,
torturés, ils moururent tués par
l'épée, ils allèrent
çà et là vêtus de peaux
de brebis et de peaux de chèvres,
dénués de tout,
persécutés, maltraités - eux
dont le monde n'était pas digne, - errants
dans les déserts et les montagnes, dans les
cavernes et les autres de la terre. Tous
ceux-là à la foi desquels il a
été rendu témoignage,
etc... »
(Héb. 11 : 33-40).
D'éminents prédicateurs et
professeurs allemands visitèrent un jour cet
asile et lorsqu'on demanda à l'un d'eux son
opinion quant à cette oeuvre, il
répondit : « Là
où le Saint-Esprit parle avec tant de
puissance, on ne saurait faire autre chose que se
taire pour écouter. Toute analyse critique
est ici hors de question. » Une vie
spirituelle calme et profonde, une foi vivante aux
promesses de Dieu, ainsi qu'une humble soumission
à sa Parole et à sa volonté,
voilà quels sont les traits
caractéristiques de cette oeuvre depuis son
origine. Les guérisons obtenues à
Maennedorf sont si fidèlement
racontées dans le rapport de cet asile qu'il
est inutile de les reproduire ici.
Le pasteur Blumhardt dans le petit
village luthérien de Moettlingen, au centre
de la Forêt Noire, en Allemagne, est aussi
l'un de ces croyants dont Dieu a honoré la
foi d'une manière signalée. Il est
mort en 1880, mais pendant bien des années,
Dieu accorda des grâces extraordinaires
à ses prières pour les malades. Pour
lui comme pour d'autres, dont nous venons de
parler, ce ministère lui avait
été en quelque sorte imposé.
Il était connu par une rare
consécration à Dieu et par son
zèle à réveiller les croyants
formalistes pour les faire
entrer dans une vie d'activité. Il priait
pour les malades avec efficace et les
guérisons obtenues par ses prières
lui amenèrent des malades de tous
côtés. Sa maison et les maisons
voisines devinrent bientôt une sorte
d'hospice où non seulement les malades, mais
aussi les affligés et les pécheurs
venaient chercher conseil et secours. Quelqu'un a
écrit de lui : Quant à Blumhardt
et son oeuvre, on peut dire hautement de lui que
« l'oeuvre de l'Éternel
prospéra entre ses mains. »
(Esa. 53 : 10). Il ne prit
aucun
soin de publier ses succès, ayant sans doute
appris que le moyen d'obtenir une foi vivante et
ferme est de ne point compter sur
soi-même ; mais d'autres en
parlèrent, et sa renommée qui
s'accrut à l'entour témoignait de sa
fidélité à s'occuper des corps
malades aussi bien que des âmes
angoissées de son troupeau.
Nous citons ici un trait de la vie de
Blumhardt qui montre quelle influence peut avoir
sur la vie spirituelle d'un peuple le don de faire
des miracles.
Au début de son ministère,
il avait trouvé Moettlingen envahi par
l'incrédulité et la
sensualité; aussi dès que ses
prédications pleines de vie
censurèrent la population,
Satan s'éleva avec fureur
contre lui pour lui résister. Il suscita
dans le village un cas qui rappelait les
possédés dont parle
l'Écriture. La femme qui était
affligée de cet état bizarre
souffrait de cruelles tortures. Le pasteur
appelé à la visiter fut
terrifié de ce qu'il voyait là et
dans sa perplexité, il fut sur le point de
se retirer en refusant d'intervenir, car jamais il
n'avait rien vu de pareil ; mais quelques
fidèles de l'Eglise qui l'avaient entendu
parler énergiquement de la prière de
la foi, vinrent lui dire : Si vous ne
résistez pas ici au malin, comment
pourrons-nous avoir confiance en ce que vous
prêchez. Il réfléchit un
instant, pria en silence et répondit :
Vous avez raison, mais pour être d'accord
avec la Parole de Dieu, il faut que vous consentiez
à prier avec moi selon que le dit saint
Jacques.
(5 :
14). Voici comment son ami,
le pasteur Spittler, raconte la suite de cette
histoire :
« Qu'il me soit permis de
ne pas parler ici des détails terrifiants de
ses souffrances. Le médecin qui la soignait
ne sachant plus qu'essayer, s'écria un
jour : N'y a-t-il donc point de pasteur ici
qui sache prier ? Pour moi je n'y puis plus
rien !
Blumhardt, pasteur de ce village, sentit
toute la force de ce reproche qui venait
confirmer ce que lui
avaient
déjà dit quelques croyants de sa
paroisse, et par la force de la foi, il se rendit
chez la malade. Là, il résista
à la puissance funeste de Satan, et plus les
manifestations de cette puissance maligne
devenaient effrayantes, plus aussi le pasteur lui
opposait une foi inébranlable en la
souveraine puissance du Dieu vivant. Il continua
à lutter ainsi contre les assauts
répétés des puissances
infernales jusqu'à ce que la malade finit
par s'écrier d'une voix de
forcenée : Jésus a la
victoire ! Jésus est vainqueur !
Après avoir poussé ce cri terrible
qu'on entendit dans presque tout le village, elle
fut délivrée de l'obsession qu'elle
avait subie depuis si longtemps et qui l'avait
souvent mise au bord de la tombe.
Ce cri : Jésus est
vainqueur ! retentit comme une trompette de
Dieu dans toute la paroisse. Huit jours
après, un homme si dissolu et si fourbe que
le pasteur redoutait de lui parler, vint lui dire
tout tremblant et tout pâle :
« Monsieur, serait-il possible que moi
aussi, je puisse être sauvé ? De
toute la semaine, je n'ai pas pu dormir et si mon
coeur ne trouve pas la paix, j'en
mourrai. » Cet homme fit ensuite une
affreuse confession de ses péchés qui
ouvrit les yeux du pasteur sur la multitude et
l'énormité des péchés
commis par le peuple. Blumhardt pria avec lui, et
lui annonça Christ tout prêt à
pardonner le plus vil pécheur s'il recourait
à sa miséricorde. Lorsqu'il vit cet
homme humilié et
réduit au désespoir, il sentit que,
comme ambassadeur de Christ, il devait l'assurer
solennellement de la grâce de Dieu en
Jésus-Christ. Soudain l'expression
désespérée de ce
pécheur fut transformée et rayonna de
joie et de gratitude.
La première chose qu'il fit alors
fut d'aller chercher de maison en maison ses
compagnons de péché pour leur
raconter son expérience.
Étonnés, ils ne purent pas le
comprendre tout de suite, mais voyant le changement
merveilleux qui s'était opéré
en lui, ils se laissèrent entraîner
à la cure où il les amena en
triomphe. C'est ainsi qu'une vingtaine de personnes
furent convaincues de péché et
finirent par trouver grâce et pardon en
Jésus. »
Ensuite vient le récit d'un réveil
aussi béni qu'étendu. Tout le village
devint un Bokim. (qui pleure.
Jug. 2 : 1-5). Avec larmes, et
lamentations, le peuple allait confesser ses
péchés et demander comment il serait
possible d'éviter la colère de Dieu.
Du matin au soir, la maison du pasteur était
assiégée de pénitents, si bien
qu'au bout de deux mois, on n'eût pas
trouvé vingt personnes qui ne fussent
allées à lui, pleurant sur leurs
péchés et trouvant la paix en
Jésus-Christ. Le changement qui en
résulta fut presque aussi merveilleux que
la transformation amenée
à Kidderminster par la prédication de
Richard Baxter. Voilà ce qu'on peut attendre
de la prédication de l'Évangile
lorsqu'elle est « accompagnée de
miracles. »
« L'âme est la vie du
corps, la foi est la vie de l'âme ;
Christ est la vie de la foi, » a dit Jean
Farel et par là il a décrit
très clairement la marche que suit Christ,
notre Rédempteur, pour agir sur le corps
humain.
Le pasteur Otto Stockmayer pourrait
être appelé à bon droit le
théologien de la guérison divine. Il
a publié quelques pages aussi hardies que
claires sur le rapport qui existe entre le
péché et la maladie.
« L'âme est la vie du
corps, » et le Seigneur ne s'en tient pas
à sauver et sanctifier l'âme
seulement. Voilà ce qu'affirme très
fortement la doctrine prêchée par
Stockmayer. Il attache une grande importance
à ce texte de l'Écriture :
« Il guérit tous les malades afin
que s'accomplît ce qui avait
été annoncé par Esaïe, le
prophète : Il a pris nos
infirmités et il s'est chargé de nos
maladies. »
(Mat. 8 : 16, 17.
Esa. 53 : 4). Il en
infère que si notre Rédempteur s'est
réellement « chargé de nos
maladies, » sa volonté n'est donc
pas de voir ses enfants rester au pouvoir de la
maladie, pas plus qu'il ne
veut
après avoir porté nos
péchés, nous voir rester sous la
condamnation du péché et dans
l'asservissement au péché. Voici ce
qu'il dit :
« Lorsqu'on a bien compris
que la volonté de Dieu n'est pas de voir
souffrir ses enfants par la maladie
(Jac.
5 : 14, 18) lorsqu'on sait
que Christ nous a rachetés de nos maladies
aussi bien que de nos péchés
(Mat. 8: 16, 17), on ne peut plus
tenir la guérison pour un privilège
auquel il serait permis de renoncer. Il ne s'agit
plus là de savoir s'il nous plaît ou
non d'être guéri ; mais il s'agit
de la volonté de Dieu qui doit s'accomplir
dans notre corps aussi bien que dans notre
âme. Nos propres vues sur ce point ne doivent
dépouiller notre bien aimé Sauveur
d'aucune des grâces que nous a acquises son
agonie sur la croix.
C'est en vertu de cette volonté
divine que nous sommes sanctifiés par
l'offrande du corps de Jésus-Christ, une
fois pour toutes. »
(Héb. 10 : 10). Ceci
signifie que par sa mort, Christ a affranchi nos
membres et notre être tout entier de tout
usage mauvais et sacrilège, les rachetant et
les consacrant exclusivement à son usage.
Par la rançon qu'il en a payée, il
nous a soustraits à toute puissance
étrangère, à celle de la
maladie comme à celle du
péché, en un mot à la
puissance du diable. Rachetés par lui, nos
membres doivent rester
intacts
et entièrement en sa possession.
« Laisse aller mon
peuple »
(Exo.
5 : 1) avait dit Dieu
à Pharaon. Tel est encore l'ordre que Dieu
adresse au péché, à la
maladie, à Satan : « Laisse
aller mon peuple, afin qu'il me serve. »
Les enfants de Dieu ne doivent donc pas chercher
à obtenir la guérison du corps sans
prendre en même temps, par la foi, la
position nouvelle que leur a acquise la
rédemption par Christ et qu'expriment si
bien ces mots de Moïse à Pharaon, puis
mieux encore ceux de Paul, aux Corinthiens.
« Il est mort pour tous afin que ceux qui
vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais
pour celui qui est mort et ressuscité pour
eux, »
(2 Cor. 5 : 14, 15) ce qui
revient à dire : Plus rien pour moi,
mais tout pour Christ. Avant de chercher à
être délivré de la maladie,
nous devons saisir l'affranchissement moral que
nous a obtenu la rédemption par Christ et
par lequel nous sommes libérés de
toute préoccupation de nous-mêmes,
libérés de toute volonté
propre, de toute vie propre, de toute recherche
d'intérêt personnel et de propre
gloire. Nos membres sont dorénavant les
membres de Christ et ce n'est ni pour
nous-mêmes, ni pour nos membres que nous
désirons la santé, mais pour Christ
et pour les membres qui sont à lui. Nous ne
voulons plus savoir autre chose que
Christ. »
Telle est en abrégé la doctrine
qu'expose le traité
Évangile et maladie du pasteur
Stockmayer, traité qui a eu
déjà plusieurs éditions et qui
a été très répandu.
Lui-même a mis en pratique ce qu'il enseigne.
Il a ouvert à Hauptweil, dans le canton de
Thurgovie, en Suisse, une maison de guérison
dans le genre de celle de Maennedorf et il y
reçoit ceux qui recourent à la
prière de la foi pour être
guéris.
Le pasteur Rein appartient au même
groupe de ceux qui ont été les
premiers à remettre en lumière cette
doctrine. Très estimé pendant sa vie,
il est mort depuis plusieurs années. Le
début de son ministère fut tout
à fait formaliste ; mais après
avoir étudié la Bible avec la ferme
détermination de s'en tenir à ce
qu'elle enseigne, sans égard aux traditions
humaines, il ne tarda pas à être
transformé. Il commença par renoncer
à l'usage de lire des prières aux
malades et se mit à prier du coeur
auprès d'eux. Ensuite, il se sentit
pressé de leur imposer les mains avec
prière selon la Parole de Dieu dans Marc
XVI. Plus tard il fut appelé à les
« oindre d'huile au nom du
Seigneur » en obéissant
strictement aux directions données dans
l'Épître de Jacques.
(5 :
14). Son ministère
se distingua par l'humilité autant
que par le zèle, par une
entière consécration et une constante
sollicitude pour le bien de soin prochain, en sorte
que sa vie de dévouement a offert l'exemple
vivant de cette maxime mise en pratique : La
véritable humilité consiste moins
à penser peu de soi qu'à se perdre
entièrement de vue.
Voici ce que nous extrayons d'une
publication récente, juste tribut à
sa mémoire :
« Lorsqu'on lui amenait
des malades, il les recevait comme venant de la
part de Dieu ; et que de bien on se faisait
dans la retraite et le calme qu'offrait la modeste
cure du pasteur Rein. C'est dans le silence et sans
en faire parade, qu'il aimait à travailler
au service de Dieu, redoutant de faire parler de
lui. Oh ! qu'ils sont heureux les malades qui
reçoivent ainsi du Livre de Dieu et de la
prière le remède à leurs maux,
remède également efficace et pour le
corps et pour l'âme.
Jamais Rein ne recourait au
médecin, car il croyait à cette
parole : « Je suis l'Éternel
qui te guérit. »
(Exo. 15 : 26). Lorsqu'il
était malade lui-même, les anciens de
l'Eglise ou ses amis lui imposaient les mains en
priant pour lui et toujours il s'en trouvait mieux
que d'user de médicaments. Il conservait
ainsi plus de paix, sa communion avec Dieu
n'étant interrompue ni par les visites du
médecin, ni par la constante
préoccupation de suivre
ses directions. Il vivait en communion si intime
avec Dieu qu'il lui demandait tout, des plus
petites aux plus grandes choses ; aussi
comment aurait-il pu ne pas recourir à lui
pour la guérison ? Il aurait
répugné à chercher du secours
ailleurs qu'en son Dieu tout directement.
Jaloux de la gloire de Dieu, il
s'affligeait de ce que généralement
on ne lui rendait pas toute la gloire qui lui est
due et de ce que surtout en cas de maladie, on
attribuait la guérison au médecin et
aux remèdes plutôt qu'au Seigneur. Il
ne souffrait donc pas qu'aucun remède vint
s'interposer entre lui et son Dieu et il se
réjouissait de tout son coeur quand il
voyait d'autres croyants quitter l'ancienne
ornière de « la sagesse de ce
monde » pour suivre sans réserve
le chemin de la foi et de
l'obéissance.
Quand il imposait les mains à un
malade en priant pour lui, il cherchait à
comprendre quelle était la volonté de
Dieu à son égard et demandait
toujours au Seigneur de lui révéler
si cette maladie devait amener la mort ou si elle
n'était qu'un appel à faire
réfléchir le malade ; il priait
alors avec lui selon sa conviction.
Cette confiance en Dieu qui allait
jusqu'à refuser tout remède en cas de
maladie, lui attira de sévères
critiques, mais nous devons dire à son
honneur que Rein, toujours plein de charité
envers les autres, ne chercha jamais à leur
imposer comme un joug ce qu'il
considérait être un privilège
et une grâce précieuse
d'En-Haut.
Il ne voyait pas de péché
à user de remèdes ou à
consulter le médecin pour ceux qui n'avaient
pas encore la foi spéciale qui permet de
s'en passer, une foi qui, toute précieuse
qu'elle soit, n'est pas indispensable pour
être sauvé. Pourrait-on blâmer
ceux qui comme Rein, se confient en Dieu seul pour
toutes choses, par conséquent aussi pour la
santé du corps, et qui trouvent heureux tous
ceux qui peuvent agir comme eux ?
Il était ému d'une sainte
jalousie quand il entendait dire des
« miracles qui accompagneront ceux qui
auront cru »
(Marc
16 : 17) que cette
promesse ne s'adressait qu'aux temps apostoliques,
tandis que si ces miracles n'ont plus lieu, c'est
au déclin de la foi dans l'Eglise
chrétienne qu'il faut l'attribuer. On a dit
que la foi met à la disposition de l'homme
la puissance de Dieu. C'était aussi ce qu'il
pensait et ce qui le faisait agir. »
Divers cas de guérison accordés
à ses prières accompagnent cette
esquisse de sa vie, mais comme ils sont du
même genre que d'autres dont nous avons
déjà parlé, nous ne les citons
pas ici.
Au nombre des évangélistes
et des pasteurs qui ont possédé la
même foi, nous devons
faire mention de Lord Radstock. Il est bien connu
pour sa piété et son
développement spirituel par tous ceux qui
ont eu des rapports avec lui ; et ceux qui ne
l'ont jamais vu ont lu avec intérêt le
récit de ses travaux
d'évangélisation parmi les personnes
de haut rang, principalement en Russie et en
Suède.
Un article, publié par le
Christian, parle d'exemples frappants de
guérison divine en Suède :
« Le Seigneur manifeste sa
grâce à Stockholm par
l'obéissance et la foi de plusieurs pasteurs
et anciens qui ont usé du privilège
d'oindre les malades au nom du Seigneur. Plusieurs
cas de guérisons remarquables leur ont
été accordés. J'en cite ici
quelques-uns afin de montrer aux enfants de Dieu
que le Seigneur n'a pas retiré la promesse
transmise par Jacques
(5 :
15) et qu'il vaut mieux
mettre sa confiance en Dieu qu'en
l'homme. » etc...
En Amérique, il y a plusieurs maisons de
guérison du même genre que celle de
Mlle Trudel. Quelques-unes sont sous la direction
de femmes pieuses qui ont acquis le secret de la
prière de la foi. Nous ne parlerons ici que
de l'oeuvre bien connue dont l'auteur de
ces pages se trouvait
rapproché et que par conséquent il a
pu visiter souvent et apprécier avec
connaissance de cause :
Le Dr Charles Cullis est à la
tête de ce qu'on appelle « l'oeuvre
de foi » dans la ville de Boston. Cette
oeuvre compte plusieurs branches : la maison
des malades atteints de consomption ; le
dépôt des traités
Willard ; des asiles d'enfants ; la
mission intérieure ; les missions en
pays païens ; des écoles pour les
esclaves affranchis, etc. Toutes ces oeuvres
marchent d'après le principe mis en action
par George Muller à Bristol, et il suffit de
visiter un seul de ces divers départements
pour n'avoir aucun doute sur le caractère
chrétien et la très grande
utilité de tous les travaux qui se font
là.
Depuis longtemps, le Dr Cullis se
conforme aux directions de l'Écriture pour
traiter les malades qui le font appeler, et nous
avons autour de nous de nombreux témoins des
guérisons que Dieu lui a accordées.
L'auteur de ce livre connaît personnellement
bon nombre de ceux qui ont été
guéris et n'hésite pas à voir
dans ces guérisons le caractère de la
vérité la plus évidente. Dans
son Rapport Guérisons par la foi, le Dr
Cullis expose lui-même comment il fut
amené à exercer ce
ministère. Voici ce que nous en
extrayons :
« Depuis plusieurs
années je me demandais devant Dieu s'il ne
voudrait pas étendre l'oeuvre qu'il m'avait
confiée auprès des affligés en
y ajoutant aussi la guérison des malades.
J'avais souvent lu les prescriptions et les
promesses de l'Épître de Jacques.
(5 :
14, 15). Elles me
paraissaient si claires et si simples que je me
disais : Si je puis compter sur ces
mots : « Tout ce que vous demanderez
au Père en mon nom, je le ferai, »
et en réaliser chaque jour l'efficace pour
tout ce que réclame l'oeuvre confiée
à mes soins, pourquoi ne pourrais-je pas
compter également sur lui pour recevoir
l'accomplissement de cette autre promesse qui
concerne la guérison du corps :
« La prière de la foi sauvera le
malade et le Seigneur le
relèvera. »
(Jean
14 : 13.
Jac. 5 : 15). Je ne pouvais
pas
admettre qu'avec des promesses si explicites et si
claires, il fut permis de limiter le libre exercice
de la puissance de Dieu. Je demandai à de
sincères croyants s'ils connaissaient
quelque réponse de Dieu pour la
guérison du corps. Bientôt
après, la vie de Dorothée Trudel me
tomba entre les mains et vint fortifier mes
convictions, car si Dieu pouvait faire de tels
miracles à Maennedorf, pourquoi n'en
ferait-il pas autant à Boston ?
Dans ce temps-là, je soignais
comme médecin une malade
atteinte d'une tumeur qui la faisait beaucoup
souffrir et qui l'obligeait à garder plus ou
moins le lit. Tout remède avait
échoué, il ne restait d'autre
ressource que celle d'une opération
chirurgicale. Un matin que je la visitais, je
sentis toute la puissance de la promesse qui nous
est transmise par saint Jacques et, prenant la
Bible, je lui lus ce que Dieu promet à la
foi de ses enfants. « La prière de
la foi sauvera le malade et le Seigneur le
relèvera et s'il a commis des
péchés, il lui sera
pardonné. »
(Jac.
5 : 15).
Je lui demandai ensuite si elle voulait
confier au Seigneur la guérison de cette
tumeur et croire qu'il rétablirait sa
santé pour qu'elle pût continuer son
oeuvre missionnaire. Elle me répondit :
Je n'ai pas de foi spéciale à cet
égard, mais je veux bien confier ma
guérison au Seigneur.
Je m'agenouillai donc et je l'oignis
d'huile au nom du Seigneur le priant d'accomplir sa
promesse, après quoi je la quittai.
Bientôt après, elle se leva, elle put
marcher et franchir à pied une distance de
près de cinq kilomètres. Depuis ce
jour-là sa tumeur diminua rapidement et
finalement il n'en resta plus trace. »
L'oeuvre ainsi commencée a
continué Pendant un grand nombre
d'années et nous n'hésitons pas
à déclarer qu'à Boston, aussi
bien qu'à Maennedorf et à
Moettlingen, Dieu a souvent
montré qu'il veut, aujourd'hui encore,
guérir directement les malades en
réponse aux intercessions de ses
enfants.
N'avons-nous donc pas raison de louer le
Seigneur et de nous réjouir d'une joie
nouvelle de ce que:
- « C'est lui qui pardonne nos
iniquités,
- Qui guérit toutes nos
maladies. »
(Ps.
103: 3)
Néanmoins quand le monde incrédule
se trouve en présence du miracle, il recourt
à toute espèce d'explication
plutôt que d'admettre le surnaturel ; et
ne voit-on pas même des chrétiens,
plus prudents que croyants, qui se rangent en ceci
à l'avis du monde ? C'est ainsi qu'on a
évité avec soin de reconnaître
le surnaturel dans les cas où pourtant il
eût fallu le signaler et en rendre
témoignage. Quoi qu'il en soit, notre but
est ici d'attirer l'attention non seulement sur ces
cas de guérison miraculeuse, mais bien
plutôt sur la foi qu'ils dénotent. On
peut avoir quelques doutes sur
l'authenticité de telle guérison,
mais est-il permis d'en avoir quand il s'agit de la
promesse de Dieu ? Si l'on pouvait prouver que
tel récit de guérison n'est
guère fondé, il s'agirait seulement
là de l'erreur ou de
l'ignorance humaine, mais nous savons que
« Dieu dans ces derniers temps nous a
parlé par le Fils qu'il a établi
héritier de toutes choses ; »
et que « celui qui a reçu son
témoignage a certifié que Dieu est
vrai. »
(Héb.
1: 1 ;
Jean 3: 33).
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