Il est écrit:
TA PAROLE EST LA VERITE  (Jean 17.17)
Cela me suffit...
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(Notre confession de foi: ici)
Il est écrit:
TA PAROLE EST LA VERITE
(Jean 17.17)
Cela me suffit...



LE MIEL DÉCOULANT DU ROCHER
QUI EST CHRIST



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 Puisque les idées et les inclinations de la nature sont si peu d'accord avec l'économie de Dieu, sondez-vous bien pour voir si le mérite de Christ, si la parfaite propitiation qu'il a opérée par sa mort est pour vous une chose claire. Cette vérité vous a-t-elle été manifestée dans le temps que votre conscience gémissait sous le poids du péché et de la colère de Dieu ? Si cela est, vous avez reçu grâce.

Il n'est donné qu'à une pauvre âme travaillée et angoissée de connaître la valeur immense du mérite de Jésus-Christ. Celui qui n'a qu'une légère conviction et un sentiment passager de sa corruption, ne saurait apprécier les mérites du sang de Jésus-Christ.

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Pécheur désolé, vous vous tournez à droite et à gauche pour demander : Qui me fera voir ce qui est bon (Ps. IV, 7) ? Vous parcourez dans votre esprit tout l'amas de vos bonnes oeuvres et de vos actes de religion, pour composer un fantôme de justice à la faveur duquel vous puissiez vous sauver. Quittez cette entreprise, il est plus que temps de vous adresser à Jésus-Christ. Il vous y invite lui-même, en disant : Regardez vers moi de tous les bouts de la terre, et vous serez sauvés (Esa, XLV, 22). Aussi est-ce lui, et lui seul, qui est Sauveur ; il n'y en a point d'autre. De quelque autre côté que vous vous tourniez, vous ne verrez que votre perte. Dieu lui-même ne regarde qu'à Jésus ; c'est donc lui qui doit seul aussi fixer vos regards.

Comme le serpent d'airain fut élevé dans le désert, de même Jésus l'a été sur le Calvaire, afin que les pécheurs, même les plus éloignés, puissent l'apercevoir et le contempler en croix. Le plus faible regard jeté sur lui est déjà salutaire, le plus léger de ses attouchements porte avec soi la guérison.

C'est aussi pour l'exposer aux regards de votre foi que le Père l'a exalté publiquement sur le trône de sa gloire. Il est placé là pour être le refuge de tous les pauvres pécheurs. Vous avez mille raisons de vous adresser à lui, et vous n'en avez aucune de vous en tenir éloigné, car il est doux et humble de coeur (Math. XI, 29).

Il ne manquera pas de faire lui-même ce qu'il commande à ses enfants ; comme : user de support envers les faibles, ne point fermer ses entrailles à celui qui a besoin, ne point donner lien à la vengeance, ne pas se prévaloir de la rigueur de la loi.

Il vous corrigera avec un esprit de douceur, et il vous soulagera de ce qui vous pèse sur le coeur (Gal. VI, 1, 2). Il pardonnera, non-seulement sept fois, mais sept fois septante fois (Math. XVIII, 21, 22). Un de ses disciples eut de la peine à admettre cette maxime, et comme il nous en coûte de pardonner, nous nous figurons le Seigneur aussi dur que nous le sommes.

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Quand notre conscience est réveillée, nous nous imaginons que le Seigneur ne peut pas nous pardonner nos péchés. C'est ainsi que nous prétendons réduire une charité infinie à la mesure de la nôtre, et établir une proportion égale entre nos péchés et les infinis mérites du Sauveur. Imagination qui a sa source dans l'orgueil, et qui approche du blasphème (Ps. CIII, 11, 12 ; Esa. XL, 15).

Écoutez ce qu'il dit lui-même : J'ai trouvé la propitiation (Job XXXIII, 24). Écoutez la voix du Père : C'est en lui que j'ai pris tout mon plaisir. Dieu ne prétend rien de vous ; rien ne peut vous faire subsister devant lui ; rien ne peut tranquilliser votre conscience que Jésus seul. Il n'y a que lui qui ait donné à la justice divine une pleine satisfaction. Le Père fait tout en faveur de son Fils.

Voulez-vous savoir quel est le prix de vos propres mérites ? C'est l'enfer, c'est la colère, l'abandon et la rejection. Le fruit des mérites de Jésus, c'est la vie, le pardon, la réconciliation et l'adoption. Il ne vous met devant les yeux ce que vous avez mérité que pour vous donner ce qu'il vous a acquis. Pardonner, c'est en quoi Jésus fait consister sa gloire, sa plus grande joie, et, si j'ose le dire, une partie de sa félicité.

Parcourez l'histoire de sa vie, durant les jours de sa chair, vous verrez qu'il a eu plus de conversations avec les péagers et avec les pécheurs qu'avec les docteurs de la loi et les pharisiens, qui étaient ses ennemis jurés, et qui se regardaient comme des justes. Ne vous figurez pas qu'en passant de son état d'abaissement à celui de la gloire il ait changé de sentiment, qu'il soit devenu indifférent envers les pauvres pécheurs, ou qu'il les regarde avec mépris. Bien loin de là : son coeur est le même aujourd'hui, dans le ciel, qu'il était autrefois, sur la terre, Il est Dieu, il ne change point.

Il est l'Agneau de Dieu, qui ôte te péché du monde (Jean I, 29). Il a lui-même éprouvé les tentations, les inquiétudes, les embarras auxquels vous pouvez être exposé. Il a été rejeté des hommes et abandonné de Dieu, il a bu toute l'amertume du calice pour ne vous en laisser que la douceur.

Plus de condamnation pour ceux qui sont en lui. Il a bu jusqu'au fond toute la coupe de la colère divine, et il ne vous a laissé pour votre part que la coupe de louange, le calice du salut.

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Vous direz peut-être ; « Si seulement je pouvais croire ; mais je n'ai pas même une vraie contrition, ni une vive componction de coeur à la vue de mes péchés. Mais sachez que, par là même que vous n'avez que péché et que misère, vous êtes dans le cas où Jésus peut d'autant mieux signaler sa grâce. Allez seulement à lui avec toute votre impénitence et votre incrédulité, pour recevoir de lui le don de la repentance et de la foi. Par là, vous lui ferez honneur, Dites-lui : « Seigneur, je ne t'apporte ni justice ni don, pour t'engager à me recevoir et à me justifier. Ce sont tes dons que je viens Le demander. C'est La justice absolument nécessaire que je réclame. » Nous ne pouvons pas nous défaire de la prétention de vouloir apporter quelque chose au Sauveur ; cependant il n'y a rien de si déplacé. Les plus brillants talents de la nature ne valent pas la monnaie d'un denier dans le ciel. La grâce de Dieu et le mérite des oeuvres sont deux choses à jamais incompatibles (Tite III, 5 ; Rom. XI, 6).

Rien ne répugne autant à l'homme naturel, et rien ne lui est plus incompréhensible que de se voir dépouillé de tout, au point qu'il ne lui reste pas la moindre ombre de bien dont il puisse faire parade. La propre justice et le penchant à chercher des ressources en soi-même, sont les deux enfants chéris de la nature ; elle en est aussi jalouse qu'elle l'est de sa propre vie. Mais ils aveuglent tellement leur mère, qu'ils ne lui laissent pas la faculté de voir Jésus-Christ dans sa véritable forme, et qu'ils étouffent en elle tout désir d'aller à lui. Lui, de son côté, est l'ennemi irréconciliable des productions les plus apparentes de l'amour-propre raffiné.

Permettez à l'homme naturel de dresser un Évangile à sa façon, vous verrez qu'il sera diamétralement contraire à celui que Jésus-Christ nous a donné. Selon lui, il n'y aurait de grâce et de salut que pour les justes, pour les saints, pour les parfaits. Il est donc heureux pour vous que ce soit Jésus-Christ qui ait donné l'Évangile, parce qu'il est fait exprès pour des pécheurs misérables, corrompus, injustes et damnables. L'esprit humain se révolte contre la simple idée d'un Évangile qui n'est que pour des pécheurs. Le parti du désespoir est moins affreux pour lui, que celui d'aller à Christ dans une posture si humiliante, et à des conditions si mortifiantes pour lui.

Dès que la nature se sent serrée de près et mise à l'étroit par le sentiment de ses péchés et par la crainte du jugement, aussitôt, pour se défendre, elle fait arme de sa propre justice, de sa piété, de sa dévotion. Il ne faut pas moins qu'une grâce toute-puissante pour détruire ses retranchements.

S'il est vrai que Jésus-Christ exclue quelqu'un de la grâce, ce ne peut être que ceux qui se justifient eux-mêmes. Il favorisera les plus insignes pécheurs de ses regards propices, tandis qu'il les détournera de ces faux justes. La raison en est qu'il ne peut pas être leur justice, parce qu'à leurs yeux ils ne sont pas pécheurs.

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Rien de plus aisé que de dire, sans sentir la valeur de ses paroles : « Je suis une créature pécheresse ; » mais dire avec sincérité, dans les sentiments du pauvre péager : « 0 Dieu ! sois apaisé envers moi qui suis pécheur ! » c'est à mon avis la prière la plus rare, la plus difficile.

C'est ainsi qu'il est aisé de dire : « Je crois en Jésus-Christ ; » mais reconnaître en la personne de Jésus crucifié ce Fils de Dieu plein de grâce et de vérité, de la plénitude duquel on reçoit grâce sur grâce, c'est là le grand point. Il en coûte peu d'avoir dans la bouche le nom de JÉSUS ; mais confesser de coeur, comme saint Pierre, qu'il est le CHRIST, le Fils du vivant, et le seul Médiateur, c'est ce qui n'est pas au pouvoir de la chair et du sang. Rien de plus commun que d'entendre nommer Jésus-Christ le Sauveur, et rien de plus rare que les gens qui le reconnaissent véritablement pour tel.

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Quel objet plus ravissant pour un coeur que la grâce et le salut qui résident en Jésus-Christ ! L'a-t-on découverte, on éprouve à l'instant que ce glorieux salut est notre partage. Le connaître et l'embrasser, sont deux choses inséparables.

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Je ne saurais me rappeler, sans rougir qu'au milieu de mes plus grandes dévotions j'ai oublié le sang de Jésus-Christ, qui pourtant est le fondement et l'essence de l'Évangile. Après l'image de l'enfer, il n'y en a point, de plus hideuse qu'un système de christianisme dont Jésus-Christ n'est pas la base et le centre.

Quoique vous ayez nombre de bonnes dispositions, il suffit qu'il vous en manque une pour que, à l'exemple du jeune homme dont parle l'Évangile, vous sortiez avec tristesse de la présence du Sauveur (Luc XVIII, 23). Vous n'avez pas encore consenti à renoncer à tout, et à vous dépouiller de toute propre justice. Vous pouvez passer chez les hommes pour un modèle de vertu, et avec cela être un ennemi secret, que dis-je ! un adversaire déclaré de Jésus-Christ, même dans vos prières et dans tous vos autres exercices de piété.

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Ne négligez rien pour avancer dans la sanctification, mais gardez-vous bien d'y fonder votre espérance d'être sauvé, comme si elle pouvait vous tenir lieu de Sauveur. Si vous tombiez dans cette erreur, vous ne pourriez en revenir qu'en consentant à voir toute votre sainteté anéantie. Ce n'est pas par votre sainteté que vous pouvez être justifié devant Dieu, mais par la satisfaction infinie de Jésus-Christ. La propre justice sera consumée par le feu, comme le foin et le chaume, au jour que le Seigneur paraîtra glorieux sur son tribunal, Alors aucune religion ne sera trouvée véritable, que celle qui se réduit précisément à ceci :

1. N'avoir pour unique fondement que la grâce et la charité éternelle de Dieu en Jésus-Christ, et s'y tenir fermement attaché comme au Rocher immuable des siècles.
2. Vivre continuellement dans la foi du Fils de Dieu, en regardant à lui comme à celui dont les mérites font notre justice éternelle ; aussi n'y a-t-il que cela qui sanctifie le coeur ; sans quoi il demeure toujours charnel.
3. Pouvoir, sans perdre le Sauveur de vue, voir toute l'étendue de notre misère, dans l'assurance que tous nos péchés nous sont pardonnés, et que dès lors le Seigneur les regarde comme s'ils n'avaient jamais été commis.
4. Dans cette situation, être assidu à la prière, lire et méditer la Parole de Dieu, et vaquer à d'autres exercices de piété, en conservant toujours le sentiment de la corruption de notre nature et de l'imperfection de nos oeuvres, quoique agréées de la part du Seigneur.
5. Renoncer, aux pieds du Sauveur, à toute estime de nous-mêmes, à toutes prérogatives et à toute justice propre, et fouler cela aux pieds, comme ce qu'il y a de plus vil.
6. Être continuellement trouvé, revêtu de la justice de Christ et sentir notre coeur rempli d'amour pour lui.
7. Pouvoir nous réjouir de voir tous nos prétendus mérites anéantis, afin que toute gloire soit rendue à l'Agneau qui est sur le trône.
8. Enfin, regarder comme autant de péchés et déplorer amèrement toutes les oeuvres que nous pourrions avoir faites hors de la communion du Sauveur et par un autre principe que par amour pour lui. Aussi bien, tout culte et toute oeuvre qui ne provient pas d'un coeur arrosé du sang de Jésus-Christ, est une oeuvre morte.

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Rien n'est plus aisé que de prouver l'impuissance de notre propre volonté en ce qui regarde le salut. L'incapacité de l'homme ne se démontre pas seulement par l'Écriture ; elle se fait sentir dans le coeur, pour peu qu'on se connaisse, et qu'on ait eu du commerce avec Jésus-Christ. Toute présomption de nous-mêmes cesse quand il s'agit de nous approprier ses mérites et de nous couvrir de sa robe de justice. Le Fils de Dieu est une personne trop élevée pour que la faible nature puisse d'elle-même entrer dans une union étroite avec lui, ou seulement atteindre jusqu'à lui. Il est si souverainement saint que la nature ne peut l'envisager qu'en tremblant. Sa bonté est si inconcevable qu'il n'est pas possible à l'homme naturel de se la représenter aussi grande qu'elle est, surtout lorsqu'il a la vue frappée de la laideur de son péché. La gloire et la majesté de Christ sont trop infinies pour que la nature ose seulement s'approcher de lui pour le toucher. Il faut qu'une vertu divine survienne dans l'âme pour lui inspirer celle liberté. Tant il est vrai qu'il est impossible à la nature abandonnée à elle-même de connaître Jésus-Christ et de s'attacher à lui.

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Un Sauveur que la fantaisie et la volonté de l'homme se forgent n'est qu'une production de l'homme. Ce n'est pas ce Sauveur, ce Jésus, ce Fils du Dieu vivant, auquel nul ne peut aller, à moins que le Père ne l'y attire (Jean VI, 44).


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