Il est écrit:
TA PAROLE EST LA VERITE  (Jean 17.17)
Cela me suffit...
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(Notre confession de foi: ici)
Il est écrit:
TA PAROLE EST LA VERITE
(Jean 17.17)
Cela me suffit...



LE MIEL DÉCOULANT DU ROCHER
QUI EST CHRIST



Préface de l'auteur.

LECTEUR

Depuis quelque temps je sens que la charité de Christ me presse. Elle a dardé sur mon coeur des rayons si puissants, qu'il en est tout pénétré et comme embrasé. C'est trop peu pour moi de bénir, dans le silence, le meilleur ami des hommes, je veux dire Jésus, notre cher Sauveur, dont l'amour surpasse toute connaissance (Eph. III, 19) ; je me sens aussi entraîné à embrasser en esprit tous les enfants de Dieu, et à leur souhaiter du bien. Mon coeur se livre d'autant plus volontiers à ce doux penchant, que, dans ces derniers temps, il se trouve çà et là, dans le monde, beaucoup de pauvres âmes qui, avec de bons désirs, sont encore flottantes et sujettes à se laisser emporter à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes et par leur adresse dans l'art de séduire (Eph IV, 14). Il s'en trouve plusieurs qui, pour travailler à leur édification et à celle des autres, bâtissent sur un fondement faux et ruineux ; ce qui rend inutiles toutes les peines qu'ils se donnent. La raison de cela est qu'il y en a peu qui, comme parle l'apôtre, aient une charité sincère, et qui croissent à tous égards dans celui qui est notre chef, savoir Jésus-Christ (Eph IV, 15). Cela étant, il ne faut pas s'étonner qu'on remarque si peu de solidité et d'accroissement parmi les âmes. Tout ce qu'on fait hors de l'union avec Christ et sans être enraciné en lui, est perdu et maudit.

Cher lecteur ! s'il plaît à Dieu de bénir la lecture de ce petit ouvrage, j'espère que vous y reconnaîtrez le langage d'un fidèle ami. Peut-être entendrez-vous une douce voix qui vous dira intérieurement : « C'est ici le chemin que tu dois suivre ; ne t'en écarte ni à droite ni à gauche. » En effet, l'heureuse route qui mène le pécheur à la justification devant Dieu est celle qui le conduit à la justice de Jésus-Christ. Quant à notre propre justice, c'est un drap souillé ; et il faut que chacun dise : « Ma justice et ma force sont dans le Seigneur (Esa. XLV, 24,25). »

Il n'y a point de réconciliation ni de réunion avec Dieu qu'en ce seul Juste par excellence, qui est mort pour nos injustices. « Celui qui n'a point connu de péché a été fait péché pour nous, afin que, par lui, nous qui sommes pécheurs, fussions revêtus d'une justice valable devant Dieu (2 Cor. V, 21). »

Lecteur chrétien ! jetez aux pieds de Jésus tout ce qui se trouve en vous appartenant encore au vieil homme. Rendez hommage au Fils de Dieu en lui donnant la préférence sur tout autre. Sous le Nouveau Testament, il faut que tous les vases du temple spirituel de Dieu, depuis le plus petit jusqu'au plus grand, soient consacrés et attachés à Jésus-Christ. Cet honneur lui est dû, et il en est seul digne. C'est lui qui bâtit le temple de Dieu, et selon le conseil éternel du Père, il en doit être le fondement, la pierre angulaire et la couronne. En lui réside la plénitude de la grâce et de la gloire du Père. N'hésitez donc point d'aller à lui, quels que vous soyez. Il n'est aucune sorte de péchés, de misères, ni de maladies, qui doivent vous en empêcher. Il est le vrai et unique Médecin des âmes, chez qui vous trouverez le remède à tous les maux.

Cher lecteur ! Dieu vous fasse la grâce d'éprouver la réalité de toutes les paroles que vous lirez dans ce petit ouvrage. Que tout ce qui y est contenu soit pour vous un baume qui restaure votre âme, qui vous fortifie dans vos faiblesses, et guérisse vos langueurs. Alors votre âme se félicitera elle-même de son bonheur.
Je suis, dans l'unité de la foi et dans la communion du saint Évangile,

Votre frère.



1
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Vous qui jetez les yeux sur cet ouvrage, c'est à votre coeur et au mien que je veux parler.
Vous portez le nom de chrétien, vous vivez dans la communion extérieure de l'Eglise, et vous jouissez de ses sacrements. J'avoue que ces prérogatives sont précieuses ; mais, avec tout cela, si votre piété n'a pas pris racine dans le sang de Jésus-Christ, elle sera sèche et stérile, elle se réduira à une fausse apparence, avec laquelle vous pouvez devenir la proie du démon.

2
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Aussi longtemps que vous serez rempli de votre propre justice, vous demeurerez sous la puissance du péché. Vous nourrissez dans votre sein un serpent, qui soufflera sur votre piété, et portera un coup mortel à votre âme. Examinez donc fréquemment, avec une sévère exactitude, quelle est la base de votre espérance. Est-ce la main de Jésus-Christ lui-même qui l'a posée ? À défaut de cela, votre édifice ne résistera jamais à l'orage qui éclatera sur lui. L'ennemi viendra à bout de le saper et de le renverser de fond en comble.

3
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Âme présomptueuse, attendez-vous à être criblée. Vous allez passer par des épreuves qui dévoileront tout le fond de votre christianisme. Quelle affreuse situation, quand tout vous échappera, et que vous ne saurez plus à quoi vous en tenir !

4
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Esprit qui volez trop haut, ne vous fiez pas à vos ailes de cire. Elles se fondront dans l'ardeur des tentations, et votre chute en sera d'autant plus grande. Qu'il est triste de se voir réduit à une honteuse banqueroute, après avoir fait longtemps un brillant commerce ! Tel est le sort d'une âme qui néglige de prendre ses précautions pour l'éternité.

5
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Chrétien éclairé, prenez garde qu'il n'y ait à votre racine un ver capable de gâter toute la plante, et de vous faire devenir un tronc sec et pourri. Portez la sonde dans votre coeur, et demandez-vous à vous-même : « Mon âme est-elle teinte du sang de Jésus-Christ ? En porté-je la marque ? Et sur quelle justice est fondée l'espérance que j'ai d'être sauvé ? Suis-je entièrement dépouillé de ma propre justice ? » Cet examen est d'autant plus nécessaire, que plusieurs chrétiens des plus considérés ont vu, à la fin de leur vie, toutes leurs oeuvres disparaître à leurs yeux. Combien dans ce moment-là se sont écriés qu'ils étaient perdus sans ressource !

6
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Réfléchissez qu'un homme à bonnes oeuvres peut receler plusieurs de ces péchés criants qui en font gémir un autre dans la plus grande angoisse de son âme, et que souvent une conscience bourrelée n'annonce pas plus de crimes secrets qu'une âme n'en cache sous l'appareil de ses prétendues vertus. N'ayez point de repos que votre âme blessée par le péché ne soit guérie radicalement par le sang de Jésus-Christ. Ne vous contentez pas que la cicatrice soit légèrement couverte par la pratique des devoirs de la religion, par des actes de repentance, par des humiliations ou par des consolations. Tout ce que vous y appliquerez, hormis le sang de Jésus-Christ, ne fera que renfermer le venin dans la plaie. Vous vous apercevrez bientôt que le péché n'a pas été amorti, parce que vous n'avez jamais bien contemplé Jésus-Christ répandant son sang pour vous sur la croix. Rien ne peut détruire le péché que le regard de la foi fixé sur la justice du Sauveur.

7
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La nature ne saurait préparer de remède pour la guérison de l'âme. Toute guérison opérée par la voie des oeuvres et des devoirs, et non par le sang de Jésus-Christ, est pire que la maladie la plus incurable. Les lumières et les forces de la nature corrompue ont beau être cultivées et portées au plus haut point, elles ne sauraient fournir à l'âme qu'un habit souillé pour couvrir sa nudité. Le seul habit pur et sans tache qu'il faut à notre âme, c'est la justice et le mérite parfait du Sauveur.

8
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Que deviendra l'ouvrage que la faible nature a tissu ? Ou il faut consentir à vous en voir dépouillé, pour vous laisser revêtir de la justice de Christ, ou bien, si vous gardez sur vous ce tissu de la nature, Satan le mettra en lambeaux ; et alors votre âme, nue et confuse, n'aura d'autre attente que la colère à venir.
Non, la nature, avec toutes ses forces, ne saurait attirer sur votre âme un seul rayon de la grâce divine, capable de détruire le péché en vous, et de vous éclairer jusque devant la face du Seigneur.

9
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Vous faites profession d'être chrétien, vous assistez au culte divin, vous participez aux saints sacrements, tout cela est bon ; mais savez-vous bien qu'en faisant tout cela vous pouvez être le plus malheureux de tous les hommes ? Pouvez-vous vous souvenir d'un moment auquel Jésus se soit approché de votre coeur pour demeurer si bien présent à vos yeux, que vous préfériez cet unique objet à tout ce qu'il y a de perfections, de beautés et de vertus dans le monde ? Tout ce que vous présumiez avoir fait de bon, est-il réputé de votre part comme le linge le plus souillé ? Tout cela est-il abaissé devant la gloire magnifique de sa grâce et de son amour (Esa. II, 17.19) ?

10
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Si jamais vous avez appris à connaître véritablement Jésus-Christ, vous n'avez découvert en lui que pure grâce, que justice parfaite, qui, abonde infiniment sur tout péché et sur toute misère humaine. Si vous avez véritablement vu et connu Jésus-Christ, vous pouvez fouler aux pieds la justice des hommes et des anges, plutôt que de chercher, par l'une ou par l'autre, un libre accès auprès de Dieu.

Si vous connaissez Jésus-Christ, vous ne voudrez pas, pour tout au monde, faire aucune bonne oeuvre sans lui (2 Cor. III, 5). Si jamais vous l'avez connu, vous devez l'avoir aperçu comme le rocher du salut, infiniment élevé au-dessus de toute propre justice, de même qu'au-dessus de Satan et du péché (Ps. LXI, 3). Et ce rocher, qui est Christ, vous suivra partout (1 Cor. X, 4). C'est de lui que découle continuellement le Miel de la grâce, qui peut vous rassasier.

Sondez-vous bien, et me dites si jamais vous avez contemplé Jésus, comme le Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité (Jean I, 14, 16, 17). Ne vous donnez aucun relâche, jusqu'à ce que vous soyez bien assuré que vous êtes entré dans la communion avec Christ, que vous êtes assis sur ce rocher des siècles, que vous avez suivi l'appel que sa voix a adressé à votre âme, et que votre justification est une affaire réglée entre lui et vous.

11
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Rien de plus commun que d'entendre des gens parler admirablement bien de la foi, lorsqu'ils sont jeunes et en santé ; mais rien de plus rare que ceux qui en connaissent, par expérience, la nature et l'efficace.

Le grand mystère révélé dans l'Écriture sainte, c'est Jésus-Christ, ou Dieu manifesté en chair. Le mystère de la doctrine de Christ, c'est la grâce acquise par lui, destinée, offerte et accordée aux pauvres pécheurs. L'ouvrage le plus merveilleux de Dieu dans le monde, c'est la foi. Dès que vous y mêlez du vôtre, c'est un ouvrage défiguré, sur lequel le Sauveur ne daigne pas jeter le moindre regard.

Désirez-vous aller par la foi à Jésus-Christ ? Laissez toute votre propre justice bien loin en arrière, et ne lui portez rien que vos péchés et votre misère. Cette parole est dure ! répliquerez-vous. Oui, dis-je encore une fois, il faut que vous abandonniez toute votre sainteté, vos vertus, vos bonnes oeuvres, vos actes d'humiliation, et que vous n'ayez à présenter au Seigneur Jésus que vos défauts et votre misère. Sans cela, il n'est pas le Jésus qu'il vous faut, et vous ne lui convenez pas non plus. Il est un Médiateur et un Sauveur qui ne souffre point qu'on mette rien à côté de lui. Il ne prétend pas que vous soyez autre chose qu'un pauvre pécheur qui se donne pour perdu. Si cela ne vous accommode pas, jamais vous ne conviendrez ensemble.

Rien de plus difficile à l'homme que de chercher toute sa justice en Jésus. Cependant personne ne le reconnaît pour son Sauveur, que celui qui recherche toute sa justice en lui seul. Dès que vous lui associez quelque autre chose, vous dérogez à sa qualité de Sauveur parfait.

12
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S'il vous arrive, en vous présentant devant Dieu pour être reçu en grâce, de vous prévaloir d'autre chose que du mérite de Jésus-Christ, tenez pour certain que cette pensée est un antichrist. Repoussez-la loin de vous, afin que la justice de Jésus demeure seule triomphante. Partout où elle ne domine pas, là est le règne de Babel ; et il faut que ce règne soit détruit, pour faire place en vous à celui de Christ. Christ a été tout seul à fouler au pressoir, et personne n'était avec lui (Esa. LXIII, 3). Tout mérite que vous voudriez associer au sien, il le foulera aux pieds sans ménagement, parce que ce serait une tache sur la robe de sa parfaite justice.

13
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Vous qui vous imaginez que la foi est une chose si aisée, la vôtre a-t-elle jamais passé par le creuset des épreuves ? A-t-elle tenu bon dans le temps que toute la laideur de vos péchés vous a été mise devant les yeux ? car une foi non éprouvée est toujours suspecte et chancelante. Vous souvenez-vous que, Satan ait eu la permission de s'approcher de vous ? Et votre conscience a-t-elle senti le poids de la colère de Dieu ? Si cela est, et que vous vous soyez vu sur le bord de l'abîme, dans ce cas il doit vous avoir été manifesté que le sang de Jésus est votre rançon, votre justice et votre délivrance. Alors vous avez pu dire : Il y a abondance de grâce en Jésus. Alors il vous aura été donné de proférer la plus importante parole qu'un pécheur puisse prononcer, et de dire : Je crois, j'ai la foi.

14
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Quand un homme a la foi, il est vivement pénétré du sentiment de ses péchés ; il est convaincu du prix immense et de l'efficace divine du sang de Christ, et persuadé de la bonté de coeur avec laquelle le Seigneur Jésus veut le sauver, par la raison même qu'il est un misérable pécheur. Cette oeuvre de grâce présente quelque chose de plus grand que la création d'un monde. Quand une âme est alarmée de ses innombrables forfaits, effrayée des peines que méritent ses péchés, toutes les forces de la nature réunies ne sauraient la porter à croire fermement qu'il y a une grâce et une volonté en Christ de sauver le pécheur. Une âme possède le secret de l'Évangile, quand elle se décharge sur l'Agneau de Dieu du poids des péchés que Satan reproche à sa conscience. C'est là faire hommage à Jésus comme à notre Sauveur, parce que c'est pour cela qu'il a voulu l'être. Ne connaître de justice qu'en Jésus, et ne vouloir être sauvé que par son sang, c'est le sommaire de l'Évangile. Ce qui met une âme à couvert de tout assaut, c'est lorsque ni le souvenir de ses meilleures oeuvres, ni le sentiment de ses grandes misères, ne l'empêchent de dire avec confiance :

Rien, ô Jésus ! que ta grâce,
Rien que ton sang précieux,
Qui seul mes péchés efface,
Ne rend juste, saint, heureux.
Ne me dites autre chose,
Sinon qu'il est mon Sauveur,
L'auteur, la source et la cause
De mon éternel bonheur.

15
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Une des causes des tentations, aussi bien que des avantages que l'ennemi peut remporter sur nous, et la principale source de nos plaintes, gisent dans la propre justice et dans la présomption de nous-mêmes. C'est pour nous dépouiller de cette propre justice et de cette présomption que Dieu permet à Satan de nous poursuivre, comme Laban poursuivait Jacob pour l'obliger à laisser en arrière les idoles qu'il emportait avec lui. Il faut que celles que vous gardez dans votre sein vous soient enlevées, à quelque prix que ce soit ; sans cela, Jésus-Christ ne pourra pas prendre place chez vous. La condamnation reposera sur vous jusqu'à ce qu'il ait pris possession de votre coeur. Partout où la condamnation se trouve encore, elle suppose nécessairement une dureté et une résistance de coeur. D'où il parait que la condamnation que l'homme sent encore dans son coeur est une preuve, ou que Jésus-Christ ne s'en est pas encore rendu le maître, ou qu'il y trouve encore de l'opposition. Jusqu'à ce qu'il ait érigé son trône de grâce dans votre coeur, vous n'y sentirez que condamnation, frayeur et défiance secrète ; ainsi votre âme flottera toujours entre la crainte et l'espérance, et vous ne goûterez jamais la douceur de l'Évangile.


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