L'ÉDUCATION
CHRÉTIENNE
LEÇONS BIBLIQUES
(13 FÉVRIER.)
Choix et mission des douze. La
moisson est grande.
Mat.
9 : 35-38 ;
10 : 1-42.
Cantiques proposés :
N° 87. Servons tous dès notre
enfance. - N° 96. Travaillons l'oeuvre est
immense.
La moisson est grande et il y a peu
d'ouvriers. Priez donc le maître de la
moisson d'envoyer des ouvriers dans sa
moisson.
C'était il y a une cinquantaine
d'années, à l'époque de la
moisson. Frédéric de Bodelschwingh,
le célèbre fondateur des asiles de
Béthel, alors gérant d'une
propriété en Poméranie, se met
en route, un matin, à la recherche
d'ouvriers pour sa moisson. Arrivé dans le
village de Büblitz, il entend des chants dans
l'église ; aussitôt il descend de
cheval et entre dans la maison de Dieu. On y
célèbre une fête de missions.
Le prédicateur, parlant sur le texte :
« La moisson est grande... »,
demande si aucun de ses nombreux auditeurs ne
serait prêt, non seulement à prier
Dieu d'envoyer des ouvriers dans sa moisson, mais
à partir pour l'évangélisation
du monde. Ce fut, pour le jeune
Bodelschwingh,
préoccupé déjà des
affaires du Royaume de Dieu, l'appel
décisif ; en lui-même il
répondit par un oui joyeux à la
question du prédicateur. Quelques semaines
plus tard. il commençait ses études
de théologie à Bâle, et si,
dans la suite, les circonstances ne lui permirent
pas de devenir missionnaire en terre païenne,
il n'en fut pas moins, dans son pays, un ouvrier
dans le champ de Dieu.
Pourquoi ce trait au début de notre
étude ? Frédéric de
Bodelschwingh avait entendu la parole centrale de
notre récit : « La moisson
est grande... » et il y a répondu,
non en priant seulement, mais en se consacrant
lui-même au service de Dieu. Et voilà,
me semble-t-il, ce que nous devons montrer aux
enfants, à propos de la leçon du
jour, prier Dieu qu'il envoie des ouvriers dans sa
moisson, c'est lui demander cela, certes, mais
c'est aussi s'engager soi-même pour Dieu. Car
s'il choisit des hommes en vue de tâches
spéciales (ici les apôtres ;
aujourd'hui pasteurs, missionnaires, etc.), d'autre
part Dieu a besoin de nous tous, - et des enfants
aussi bien que des grands, - et il a une
tâche pour chacun. Montrons aux enfants que,
dans la mesure où tout chrétien se
donne au service de Dieu, dans les plus humbles
devoirs, les Églises deviennent vivantes et
capables de produire des missionnaires, des
ouvriers, au sens spécial. C'est donc dans
cette ligne, tous à l'oeuvre pour Dieu,
d'une manière ou d'une autre, que nous
chercherons à réaliser le voeu de
Jésus : « La moisson est
grande.... Priez le maître d'envoyer des
ouvriers dans sa moisson. »
I. Arrêtons-nous d'abord
à l'image employée par Jésus:
« La moisson est grande et il y a peu
d'ouvriers. » Comme nos enfants, les
petits campagnards surtout, la comprendront
facilement ! Au mois d'août 1914, la
moisson commençait quand nos soldats durent
partir pour un temps plus ou
moins long. La moisson était là,
toujours une période de gros et fatigant
labeur, et les bras manquaient, il y avait peu
d'hommes à la maison, on demandait de tous
côtés de l'aide, des ouvriers. Il faut
du monde pour la moisson.
De même dans l'oeuvre de Dieu, dans la
moisson de Christ. Jésus est venu lutter
contre le péché et donner aux hommes
la vie ; il est venu défricher, semer,
travailler... et il a besoin d'aides. L'oeuvre est
immense : que de mal sur la terre (faits
actuels), et il faut que le bien triomphe.
Hélas ! il y a peu d'ouvriers.
Tout chrétien, c'est-à-dire disciple
de Christ, devrait être ouvrier avec Christ,
et combien ne s'en soucient nullement !
combien ne se demandent jamais : que
pourrais-je faire pour le Maître ?
« La moisson est grande. Il y a
peu d'ouvriers. » Prions donc le
Maître qu'il mette au coeur des
chrétiens la fidélité au
service de Christ et qu'il nous décide et
nous aide nous-mêmes à devenir des
ouvriers dans sa moisson.
Il.
9 : 35; 10 : 5. -
Jésus a exprimé un désir qu'il
y ait des ouvriers dans sa moisson. Mais il fait
plus il appelle des ouvriers. On pourrait
ici, en reprenant le trait cité au
début ou en notant d'autres faits,
développer l'idée des appels de
Jésus, en montrer la diversité et la
fréquence.
a) Il le peut, parce que
lui-même donne l'exemple. Cette moisson du
Maître, c'est celle de Dieu, c'est aussi la
sienne, à lui Jésus, tant il l'a
prise à coeur : « Ma
nourriture est de faire la volonté de celui
qui m'a envoyé et d'accomplir son
oeuvre »
(Jean
4 : 34). C'est ce que nous
rappelle le verset 35: l'oeuvre
évangélisatrice de Jésus. Il
est en Galilée, il parcourt villes et
villages, prêchant la bonne nouvelle,
guérissant les malades. Il y avait des
synagogues dans toute localité ; c'est
là surtout que Jésus enseignait,
annonçait son message, la
bonne nouvelle du Royaume de Dieu.
b) Il veut trouver des ouvriers, parce que
(v. 36) il a compassion de la foule.
Disons tout l'amour de Christ ; il voit la
foule, languissante, abattue, comme des brebis qui
n'ont point de berger : image de la souffrance
sociale et morale du peuple qui afflige
Jésus. Consoler, diriger cette foule, lui
apporter le Dieu de vie, l'oeuvre est
immense ; ne trouvera-t-il pas des aides
capables d'aimer aussi et de collaborer à sa
tâche.
c) Il a donc besoin d'aides
(v. 37 et 38). Et je pense que nous
aurons raison d'insister de nouveau sur ce
point : le chrétien, le disciple du
Christ est et doit être un ouvrier dans la
moisson du Maître ; Jésus a
besoin de lui... et du plus petit.
d) Jésus a fait plus encore en cette
occasion. Il a choisi aussitôt parmi ses
disciples des aides spéciaux, les douze
apôtres
(10: 1-5). Nous pourrons rappeler
leurs noms, avec quelques détails sur tel
d'entre eux ; ainsi, dire à quelle
occasion Pierre et André, Jacques et Jean
avaient suivi le Maître ; ou quelques
mots de la vocation de Matthieu. Cependant, le
sujet étant assez vaste déjà,
il sera peut-être préférable de
se borner à l'énumération des
douze noms sans entrer dans aucun
développement. Disons seulement que, Judas
excepté, ces hommes sont tous
Galiléens ; Jésus est né
en Galilée, ce fut son premier champ de
travail, il y gagna ses premiers disciples ;
tous, hommes simples, ignorants, frustes, mais qui
se sont attachés à Jésus.
e) Et quelle tâche Jésus
confie-t-il à ses amis ?
Vers. 1 : c'est sa
tâche : ils agiront, chacun selon ses
moyens, peut-être dans des conditions
d'existence très diverses, mais l'oeuvre est
la même pour tous : prêcher la
bonne nouvelle du Royaume ; Jésus vent
J'aire d'eux ses missionnaires
chargés pour un temps de
répandre son oeuvre. Il leur donne le
pouvoir de guérir : il leur montre que
ce pouvoir vient de Dieu et qu'il faut le demander.
Parce qu'il fallait des ouvriers dans la
moisson, Jésus a immédiatement choisi
douze hommes comme
« apôtres », mot qui
signifie « envoyés ».
Mais il voulait d'autres aides encore, et, à
partir de ce moment, au cours des siècles,
beaucoup de chrétiens ont répondu
à l'appel du Maître, - citer quelques
noms de disciples, réformateurs,
missionnaires. Et nous, ne veut-il pas aussi nous
prendre à son service ? Ne voulons-nous
pas nous y préparer et accepter d'être
« ouvriers dans sa
moisson ? » Trouver et citer un
exemple de ce qu'un enfant peut faire dans la
moisson du Maître, non pas
nécessairement par des actes
extraordinaires, mais dans l'existence quotidienne
la plus modeste. Je conseillerais ; aux
moniteurs et monitrices de rappeler, par exemple,
aux enfants l'histoire de Suzanne Meurant (voir:
C'est Noël, 1913, les dernières
pages).
Pourquoi donc Jésus ne nous
compterait-il pas au nombre de ses
« moissonneurs » ?
III. Oui, nous pouvons en être
tous. Mais, naturellement, Jésus
réclame de bons ouvriers, des moissonneurs
qualifiés. À quelle condition
acceptera-t-il notre collaboration ? Ou
quelles qualités conviennent à ses
ouvriers ?
Avant de les envoyer en mission,
Jésus donna aux douze des conseils dont nous
allons profiter. - Traiter en détail le
chapitre
10 : 5-42 serait trop long et
fastidieux. Il vaut mieux, me semble-t-il,
s'arrêter surtout aux premiers versets de la
leçon
(9 : 35-10 : 5) et se
borner, pour la suite, à relever
brièvement quelques qualités
indispensables à tout ouvrier dans la
moisson de Christ ; il y aurait même
avantage à laisser de côté
certains passages, ainsi les versets
11 à 23,
34 à 38.
Qu'est-ce que Jésus a dit aux
apôtres ? Que nous
recommande-t-il ?
Il leur a dit d'abord
(v. 5 et 6) : « Voici
où vous irez : allez vers les brebis
perdues de la maison d'Israël ; n'allez
pas chez les païens, ni chez les
Samaritains. » Les apôtres sont des
apprentis, des débutants ; il ne
saurait être question de les lancer dans un
travail trop grand pour eux, il convient de leur
confier une mission qui soit à leur
portée, tant il est vrai que le Maître
ne nous impose jamais une tâche
disproportionnée à nos moyens.
Il leur a dit encore :
« Voici ce que vous ferez :
Prêchez et dites : Le Royaume des cieux
est proche.... »
(v. 7 et 8).
Et il les a exhortés, - c'est
là ce que nous relèverons
surtout :
a.) À l'amour
(v. 8). Guérissez, faites du
bien, aimez, donnez gratuitement. C'est par amour
que Jésus appelle des aides ; comment
pourrait-on, sans aimer, être ouvrier dans la
moisson de celui qui a aimé jusqu'à
donner sa vie, participer à un travail dans
lequel l'amour est la grande puissance ?
À quoi servirait de s'y mettre avec de
l'intelligence, de riches facultés si
l'amour fait défaut ? Apprenons du
Sauveur lui-même l'amour qui sauve.
b) A la confiance et au courage
(v. 9, 10,
26,
28 à 31). Oui, il faut
être confiant et courageux pour servir le
Maître. Que de difficultés, que de
luttes ! Que de supplices ont enduré,
à certaines époques, les
témoins de l'Évangile ! Mais
qu'il fait bon savoir, être sûr que
Dieu n'oublie jamais les
« moissonneurs » ; alors
on ne craint rien, alors on attend tout de Dieu et
l'on travaille pour lui avec courage.
c) A l'humilité
(v. 24 et 25). Le chrétien
agit, non pour le plaisir d'accomplir de grandes
choses, d'attirer l'attention sur sa personne et
d'acquérir de la gloire, mais, pour que
Christ paraisse de plus en
plus
dans sa vie et soit de plus en plus connu et
aimé par les hommes.
d) A la fidélité
(v. 32 et 33). Confesser Christ,
c'est-à-dire témoigner sa foi en lui
et l'annoncer dans ses paroles, et dans sa vie, en
toute circonstance.
Conclusion. - Heureux celui qui
répond ainsi à l'appel
(v. 40-42) : « Et
quiconque donnera seulement un verre d'eau froide
à l'un de ces petits, parce qu'il est mon
disciple, je vous le dis en vérité,
il ne perdra point sa
récompense. »
G. VITTOZ.
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Pour les petits.
Récapituler leçon du 6
février. - Le monde est semblable
à un grand champ de blé que
l'on moissonne continuellement. Dieu en
est le propriétaire ; les
épis, ce sont les, hommes ; le
grenier, c'est le ciel dans lequel il veut
les recevoir, c'est pourquoi il a
envoyé son Fils
Jésus-Christ, afin de les
préparer a y entrer. Dans un champ
que l'on, moissonne, beaucoup de gens,
hommes, femmes, enfants. sont
occupés à faucher, mettre en
javelles, râteler, glaner, lier les
gerbes, les mettre sur le char, les monter
au grenier. Il en est ainsi dans le
monde.
1. Le choix des
apôtres
(Mat. 9 : 35-38 ;
10 : 1-4). Pendant qu'il
était sur la terre, Jésus,
le grand moissonneur, avait un travail
immense. Pensez à celui du
médecin courant soigner malades et
infirmes ; à celui du pasteur
prêchant aux grands et aux petits,
visitant pauvres, malades et mourants.
Jésus était un pasteur et un
médecin comme il n'y en eut jamais
de pareil, employant à secourir les
hommes toutes les heures du jour et
même de la nuit. Il souffrait en
voyant la multitude de pécheurs
malheureux à secourir et à
sauver ; il disait : La
moisson est grande, mais il y a peu
d'ouvriers. - Alors il choisit douze
disciples. qu'il nomma apôtres,
c'est-à-dire envoyés, parce
qu'il voulait les envoyer accomplir son
oeuvre là où il n'allait pas
lui-même, et la continuer quand il
aurait quitté la terre. Voici leurs
noms
(Mat. 10: 2-4). - Donner
quelques, renseignements
sur eux. - Vous ne pouvez être
apôtres, mais vous avez aussi,
quoique petits, votre oeuvre à
remplir au service du Seigneur. Pour bien
la remplir, écoutez ce qu'il leur
dit quand, pour la première fois,
il les envoya deux à deux annoncer
l'Évangile.
2. La mission des
apôtres
(Mat. 10 : 5-42). - Il
leur donna d'abord ses ordres et leur dit
« Allez vers les brebis perdues
de la maison d'Israël »
(v. 6). Plus tard, ils
devront aller bien loin, traverser les
mers et les montagnes ; mais, pour le
moment, ayant peu d'expérience, ils
doivent rester dans leur pays.
Peut-être pensez-vous : quand
je serai grand je serai missionnaire,
diaconesse. Oui, mais maintenant, c'est
chez vous, avec frères et soeurs,
que vous devez être au service du
Seigneur. Il leur dit ensuite :
Faites tout le bien que vous pouvez et
tout gratuitement
(v. 8) ; non pas comme
les enfants qu'il faut presser, supplier
et qui veulent être
récompensés pour le moindre
service. Il leur dit aussi : Soyez
polis envers chacun
(v. 12), ne parlez pas
à tout propos et ne mentez pas
(v. 16) ; voilà
de bons conseils, qu'en pensez-vous ?
- Après leur avoir donné ces
ordres, il les avertit qu'ils auraient des
difficultés, qu'ils auraient
à souffrir. Et vous aussi vous
aurez des difficultés au service du
Seigneur ; il y aura peut-être
de méchants garçons, de
méchantes fillettes qui vous
chicaneront, se moqueront de vous quand
vous ferez votre devoir. Mais il vaut
mieux souffrir en faisant bien qu'en
faisant mal. - Enfin, pour les encourager,
il leur fit de belles promesses : il
leur promit que Dieu mettrait dans leur
bouche des paroles sages et les
protégerait. Ces promesses sont
aussi pour vous : quand l'enfant
s'applique à son devoir, Dieu lui
vient en aide, lui met dans le coeur de
bonnes pensées, sur les
lèvres des paroles sages, et ne
l'abandonne jamais. Mon fils, dit le
Seigneur, n'oublie pas mes
enseignements... ils prolongeront tes
jours et les années de ta vie, et
augmenteront ta paix. Confie-toi en
l'Eternel... et il aplanira tes sentiers.
(Prov. 3 : 1 à
2,
5 à 6). Ainsi, en
outre, vous aurez la gloire d'être
du nombre de ses moissonneurs.
L. N.
Partie de
l'élève.
-
SUJET : Choix
et mission des Douze. La
moisson est grande.
(Mat.
9 :
35-38 ; 10 :
1-42.)
- Versets à
apprendre :
- Celui qui conservera sa
vie la perdra, et celui qui
perdra sa vie à cause
de moi la retrouvera.
(Mat. 10 :
39.)
- Vous avez reçu
gratuitement, donnez
gratuitement.
(Mat. 10 ;
8.)
- La moisson est grande,
mais il y a peu
d'ouvriers.
(Mat. 9:37.)
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