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LE JUSTE DE
DIEU
CHAPITRE 6
DIEU, ÉDUCATEUR DE
SON PEUPLE
"Mais vous, vous êtes la race
élue, la communauté sacerdotale du
roi, la nation sainte, le peuple que Dieu s'est
acquis, pour que vous proclamiez les hauts faits de
celui qui vous a appelés des
ténèbres à sa merveilleuse
lumière, vous qui jadis n'étiez pas
son peuple, mais qui maintenant êtes le
peuple de Dieu ; vous qui n'aviez pas obtenu
miséricorde, mais qui maintenant avez obtenu
miséricorde. "
(1 Pi. 2. 9-10)
Ce peuple que Dieu
s'est acquis grâce à l'oeuvre de la
rédemption accomplie par son Fils
Jésus, ne va-t-il pas le former en le
transformant, en l'instruisant, en
l'orientant ? Assurément oui, et, en
cela, nous aborderons l'oeuvre éducatrice de
Dieu et de Christ en la communauté de
l'Eglise comme à l'égard de chacun de
ses membres.
Au sens habituel du
terme, l'éducation consiste à former,
développer, discipliner, enrichir les
facultés naturelles des jeunes. Cependant,
l'éducation venant de Dieu a son propre
plan, et elle s'exerce en un domaine qui lui est
particulier, même si elle utilise, en les
mobilisant, l'intelligence naturelle et la
mémoire. Son domaine est celui des relations
entre l'homme et son Dieu et des caractères
spirituels de la vie.
L'action de Dieu sur
les hommes de foi ne se comprendrait pas si, avant
tout, elle n'était pas essentiellement
éducative, car alors, elle ne consisterait
qu'à dire, attendre l'obéissance et
gouverner. Or, l'amour de Dieu entend sauver et
ramener l'homme à la perfection par le moyen
de sa grâce. S'il revêt ses enfants de
"l'homme nouveau" créé en
Jésus-Christ dans une justice et une
sainteté que produit la
vérité, ce qui est
considérable, il veut en outre leur
apprendre à vivre la vie nouvelle, vie de
résurrection. Le psalmiste en exprimait
prématurément le désir dans sa
prière : "enseigne-moi ta
volonté"
disait-il, ou bien : "mon âme est attachée
à la poussière, rends-moi la vie
selon ta parole", ou encore : "montre-moi
Seigneur la voie que je dois suivre et je m'y
engagerai jusqu'au bout. Fais-moi comprendre la loi
et je la suivrai, je m'y appliquerai de tout mon
coeur... mets en moi plus d'attrait pour tes ordres
que pour le profit. Détourne mon regard des
affirmations creuses, et fais-moi vivre à la
manière qui te plaît. " (Ps. 119. 25-26 ; 33-37 ; Seg. et BFC)
Le désir du
psalmiste n'est-il pas le nôtre
aujourd'hui ?
UNE
COMMUNICATION CONSTANTE
Nous ne
bénéficierons de l'action
éducatrice de Dieu qu'autant que nous serons
en vraie communication avec lui dans une communion
de tous les instants. Plusieurs passages mettent en
évidence le prix de cette communication.
D'abord, le psaume 16 (7. 9) :
"Je bénis l'Éternel mon
conseiller ; la nuit même mon coeur
m'exhorte, j'ai constamment l'Éternel sous
mes yeux ; quand il est à ma droite, je
ne chancelle pas. Aussi mon
coeur est dans la joie, mon esprit dans
l'allégresse et mon corps repose en
sécurité. "
Ce que le roi David
nous confie ici de son intimité avec
l'Éternel son Dieu atteint une haute
vérité à laquelle on peut
donner une portée prophétique en y
voyant le Seigneur Jésus dans sa propre
intimité avec son Père. Cela ne peut
que nous inciter à rechercher une communion
de cet ordre, car elle est dans la volonté
de Dieu aujourd'hui comme jadis à
l'égard des fidèles de son
Église.
Faisons une
première remarque importante : le
verset 9 attribue
la joie au coeur, puis l'allégresse à
l'esprit et la sécurité au corps.
Nous y reconnaissons la constitution trichotomique
(ou trinitaire) de l'homme : esprit, coeur (ou
âme) et corps. C'est donc tout l'être
qui s'offre à cette précieuse
communion et qui en
bénéficie.
Comme seconde
remarque, nous constaterons que Dieu désire
nous conseiller et nous exhorter sans risque de
défaillance (je ne chancelle pas) de notre
part, car il se tiendra à notre
droite ; le soutien le meilleur. Nous recevons
ainsi par l'Esprit la révélation
précieuse et sûre des choses qui ne
peuvent pas monter au coeur de l'homme par l'oeil
et par l'oreille ; choses que Dieu a
préparées d'avance pour ceux qui
l'aiment ; et nous savons que l'Esprit sonde
tout, même les profondeurs de Dieu
(1 Cor. 2. 10).
Le psaume
25. 12
certifie qu'à l'homme qui le craint,
l'Éternel montre toujours la voie qu'il doit
choisir. Son éducation n'entrave pas la
liberté personnelle, bien au contraire, car
il importe que ce soit dans cette liberté
que l'homme fasse lui-même le choix qui lui
est montré avec la douceur de l'amour.
Au psaume
32. 8 Dieu
nous parle directement de son action
éducatrice :
"Je t'instruirai et te montrerai la
voie que tu dois suivre ; je te conseillerai,
j'aurai le regard sur toi".
L'Évangile de
Jean (15. 9-11)
nous engage à conserver la communion
infiniment précieuse avec le Seigneur, dont
les paroles sont :
"Comme le Père m'a aimé,
je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon
amour. Si vous gardez mes commandements, vous
demeurerez dans mon amour, de même que j'ai
gardé les commandements de mon Père,
et que je demeure dans son amour. Je vous ai dit
ces choses, afin que ma joie soit en vous, et que
votre joie soit parfaite. "
Sommes-nous dans
l'expérience réelle de cet appel du
Seigneur : demeurez dans mon amour ? Le
Seigneur ne parle pas d'un amour émotif ou
que l'on affirme verbalement, mais de l'amour
puissant qui appartient à l'essence de Dieu
et qui forme un lien entre lui et son disciple.
L'amour de Jésus pour les siens est de
même nature que celui du Père pour le
Fils, or c'est bien ce même amour qu'il
propose et en lequel il nous demande de demeurer,
c'est-à-dire de nous maintenir constamment.
Cependant, tout abandon des instructions et des
commandements du Seigneur (sauf accident
promptement confessé) porterait atteinte
à cet amour et au lien de communion qu'il
permet. La joie parfaite venant du Seigneur en
serait elle-même voilée. Dans sa
nature d'homme, Jésus a constamment
conservé l'amour de son Père, en lui
restant pleinement soumis, et sa joie resta
parfaite. Chez ses disciples, une soumission du
même ordre maintiendra la même joie.
La question peut se
poser de savoir s'il faut reconnaître, Dieu
en le Père, ou en son Fils Jésus, ou
en l'oeuvre du Saint-Esprit notre grand
éducateur. Sans aucun doute, ce sont les
trois personnes divines ensemble, ou, si l'on veut,
Dieu en sa plénitude, qui assurent cette
admirable fonction de l'affermissement des coeurs
en connaissance, en discernement et en sagesse.
Notre Souverain Père céleste est
source de tous les biens, de la vie, de l'amour,
des lumières. Notre Seigneur et Sauveur
Jésus-Christ est notre conseiller
(Es. 9. 5),
notre directeur (Mat. 23. 10), le souverain-pasteur et gardien de
nos âmes (1 Pi. 2. 25 ; 5. 4), le
médiateur de la nouvelle alliance
(Héb. 12. 24), et celui qui intercède en
notre faveur (Ro. 8. 34).
Le Saint-Esprit
distribue les dons en particulier et en anime la
manifestation (1 Cor. 12. 11) ; il conduit les fidèles
dans les voies de la vérité et de la
vie (Ro. 8. 9,
16).
À
QUOI TEND L'ÉDUCATION DE
DIEU ?
La repentance et la
foi en Jésus-Christ conduisent à la
conversion, puis, vient le temps imparti à
la vie chrétienne au sujet de laquelle la
parole de Dieu fait tant de pressantes
recommandations, que l'Esprit éducateur
mettra en lumière. Utilisant notre foi, il
parviendra à nous dépouiller du vieil
homme, de ses oeuvres et de ses pensées. Il
fera cesser en nous la tendance à
l'autonomie qui est une marque de la chute en Eden
et comme une affreuse cicatrice à faire
disparaître au plus vite. Ainsi, il nous
ramènera dans la pleine dépendance de
Dieu, nous pressant de demeurer en Christ comme le
sarment attaché au cep qui a pour seule
ressource vivifiante la sève qui lui
parvient (Jn. 15. 4).
L'autonomie de
l'homme fut ce terrible mal contracté par
Adam et Eve, par leur préférence
donnée à la parole du serpent sur la
parole de Dieu : "Vous serez comme des dieux connaissant
le bien et le mal"
(Gen. 3. 5). Par cette option suivie de l'acte
abominable de manger le fruit défendu, ils
obtinrent l'autonomie au prix d'une effroyable
rupture avec leur Créateur. À notre
époque, le monde retient plus que jamais
cette conquête impie et mortelle ; il
s'en targue et en use. Oui, entend-on dire,
l'humanité a le droit de concevoir et de
dire le bien et le mal. Or, nous savons comment
elle le fait : elle appelle bien ce qui est
mal et vice versa ; précisément
ce que dénonce le prophète Esaïe
(5. 20).
L'autonomie de
l'homme est inadéquate à la nature
des choses, ainsi que l'exprime le verset
suivant : "L'homme ne vivra pas de pain
seulement, mais de toute parole qui sort de la
bouche de Dieu. "
(Mat. 4. 4)
L'homme a
été créé pour vivre
dans une constante union avec Dieu et par le
parfait accomplissement des lois de sa justice.
L'autonomie et le rejet de cette justice furent une
brusque pénétration dans l'empire de
la mort.
L'Eglise et ses
membres reviennent au plan de Dieu et forment un
temple saint dans le Seigneur, étant
édifiés en lui pour être une
habitation de Dieu en Esprit (Eph. 2. 21-22).
L'éducation
divine poursuit les objectifs
suivants :
A - Nous apprendre à exercer la
foi avec toujours plus d'assurance, et lui fournir
les occasions de s'affermir. À cet
égard, le Deutéronome nous
révèle nettement les intentions de
Dieu : "Souviens-toi de tout le chemin que
l'Éternel ton Dieu t'a fait faire pendant
ces quarante années dans le désert,
afin de t'humilier et de t'éprouver, pour
savoir quelles étaient les dispositions de
ton coeur et si tu garderais ou non ses
commandements. Il t'a humilié, il t'a fait
souffrir de la faim, et il t'a nourri de la manne,
que tu ne connaissais pas, afin de t'apprendre que
l'homme ne vit pas de pain seulement, mais que
l'homme vit de tout ce qui sort de la bouche de
l'Éternel"
(8. 2-3).
"Prends garde que ton coeur ne s'enfle,
et que tu n'oublies l'Éternel ton Dieu, qui
t'a fait sortir du pays d'Égypte, de la
maison de servitude, qui t'a fait marcher dans ce
grand et affreux désert, où il y a
des serpents brûlants et des scorpions, dans
les lieux arides et sans eau, et qui a fait jaillir
pour toi de l'eau du rocher le plus dur, qui t'a
fait manger dans le désert la manne inconnue
à tes pères, afin de t'humilier et de
t'éprouver, pour te faire ensuite du bien.
" (8. 14-17)
N'en est-il pas de
même dans la marche chrétienne ?
Dieu table sur l'épreuve comme le disent
Jacques (1. 2-4) et
Pierre (1 Pi 1. 6-9) pour ensuite nous faire du bien. En
nous laissant continuer notre route, guidés
par nos propres pensées, par la chair, Dieu
nous abandonnerait à notre
perte.
Notons encore les
assurances suivantes : "Celui qui nous affermit avec vous en
Christ, et qui nous a oints, c'est
Dieu" (2 Cor. 1. 21) ; "Le Seigneur est fidèle, il vous
affermira et vous préservera du
malin" (2 Thes. 3. 3).
B - Nous apprendre Christ (Eph. 4. 20-24), ou encore, dans la communion avec
Christ, en venir à nous dépouiller du
vieil homme et à revêtir l'homme
nouveau, ce que l'apôtre
Paul exprime aussi par l'expression "revêtir
Christ".
Cette substitution de
l'homme nouveau au vieil homme peut
nécessiter du temps et des combats, comme le
montre le contexte (ch. 4. 25-32). Il faut pourtant la réaliser
pleinement, elle englobe tout ce que nous avons
à attendre de notre transformation.
Lorsqu'il nous dit : soyez transformés
par le renouvellement de l'intelligence, Paul a
toujours en vue le dépouillement et le
revêtement.
C - Nous faire acquérir de
l'expérience dans la mise en pratique de la
parole de Dieu, selon Hébreux 5. 13-14. Au fil des jours et des
circonstances de l'existence, les occasions de
vivre les principes de l'Évangile se
succèdent, alors que, certaines situations
nous prenant au dépourvu, notre
inexpérience nous prive de les vivre
réellement, et nous en avons le coeur
contrit. Après coup nous nous disons :
il aurait fallu dire ceci ou faire cela, mais c'est
trop tard ! Ces occasions manquées sont
toutefois une école d'application sous la
direction du Saint-Esprit, et notre coeur en tire
profit.
D - Nous faire entrer
profondément dans la connaissance intime de
Christ et de Dieu le Père. Cette double
connaissance conditionne l'héritage de la
vie éternelle (Jn. 17. 3). Ensuite, elle permet et stimule la
croissance du chrétien (Col. 1. 10). L'apôtre Paul en est
illuminé lorsqu'il en
parle :
"Et même je regarde toutes choses
comme une perte à cause de l'excellence de
la connaissance de Jésus-Christ mon
Seigneur... "
(Ph. 3. 8).
Enfin, la
connaissance personnelle et profonde de Dieu et de
Jésus-Christ nous procurera l'abondance de
la grâce de Dieu (2 Pi. 1. 2).
E - Nous préparer à
l'entrée dans le royaume éternel
(2 Pi. 1. 10-11).
F - Nous rendre capables de toute bonne
oeuvre (Héb. 13- 21). L'Écriture insiste beaucoup
sur la pratique des bonnes oeuvres, celles que Dieu
prépare d'avance pour que nous les
pratiquions (Eph. 2. 10). Elles interviennent constamment
dans le témoignage chrétien, et
Jésus l'a souligné :
"Que votre
lumière luise devant les hommes, afin qu'ils
voient vos bonnes oeuvres, et qu'ils glorifient
votre Père qui est dans les cieux.
" (Mat. 5. 16)
UNE
MÉTAMORPHOSE
"Ne vous conformez pas au siècle
présent, mais soyez transformés par
le renouvellement de l'intelligence, afin que vous
discerniez qu'elle est la volonté de Dieu,
ce qui est bon, agréable et
parfait. "
(Ro. 12. 2)
Dans une autre traduction (BFC) :
"Ne vous conformez pas
aux habitudes du monde, mais laissez Dieu vous
transformer par un changement complet de votre
intelligence. Vous pourrez alors comprendre ce que
Dieu veut, ce qui est bien, ce qui lui est
agréable, et ce qui est
parfait.
"
D'un point de vue
général, l'oeuvre éducative de
Dieu transforme ou métamorphose (selon le
mot grec) l'être intérieur dans la
mesure où le fidèle consent à
soustraire ses pensées aux formes qu'elles
tiennent des habitudes du monde. En dehors de la
foi, l'homme a en lui une imprégnation
persistante de conceptions, de manières de
considérer l'existence, de juger des choses
et des faits auxquelles les usages et les exemples
l'ont habitué. Le monde a imprimé en
lui de fausses notions et de
faux raisonnements qui obscurcissent sa vue sur les
décisions à prendre ou les paroles
à prononcer. Il se trouve installé
dans "la vaine manière de vivre". En cet
état il ne peut pas connaître la
volonté de Dieu, et ne peut donc pas
l'accomplir, même s'il en avait
l'intention.
C'est pourquoi
l'Esprit de Dieu veut en venir à un total
renouvellement de cette faculté
nommée "intelligence" et quelquefois aussi
"entendement". Il s'agit de l'intelligence
naturelle que l'homme a de toutes choses, sa vue et
sa compréhension des faits, des
événements, des circonstances de la
vie courante. Dans son état naturel, il les
voit sous un jour partial, sous le jour de
l'égocentrisme, et son jugement en subit une
déformation, laquelle résulte de ses
pensées charnelles et aveugles. Paul en
parle en ces termes :
"Ils (les
païens) ont
l'intelligence obscurcie, ils sont étrangers
à la vie de Dieu à cause de
l'ignorance qui est en eux, à cause de
l'endurcissement de leur coeur. Ayant perdu tout
sentiment, ils se sont livrés à la
dissolution, pour commettre toute espèce
d'impureté jointe à la
cupidité. "
(Eph. 4. 18-19)
Il faut donc bien un
renouvellement de l'intelligence consistant en une
métamorphose ou en un changement total qui,
à l'intelligence naturelle forcément
charnelle, substituera l'intelligence et la sagesse
d'En haut pleine de bons fruits (cette sagesse ne
se trouve pas sur la terre des vivants, Dieu seul
en connaît la source : Job 28. 12 et s.).
Cette
métamorphose intervient dans la ligne du
dessein de Dieu d'amener ses fidèles
à l'image de son Fils (Ro. 8. 29). Elle nécessite la
contemplation comme dans un miroir de la gloire du
Seigneur Jésus, et elle est l'oeuvre de son
Esprit (2 Cor. 3. 18). Dieu et l'homme concourent donc
ensemble à y parvenir. Celui-ci sera alors
devenu une nouvelle créature (2 Cor. 5. 17). Il agira en cohéritier de
Christ, et, ayant entièrement
échappé aux formes de pensée
du siècle présent, ainsi qu'à
la puissance du péché, il sera libre
dans ses jugements et ses décisions.
Merveilleuse métamorphose ! Laissons
Dieu l'opérer de gloire en gloire en gardant
les regards fixés sur Jésus dont
notre foi dépend d'un bout à l'autre
de notre expérience
chrétienne.
Ainsi
renouvelé dans son entendement, voici le
fidèle devenu apte à discerner avec
exactitude la volonté de Dieu, comprenant ce
qu'elle est et où elle se situe en chacune
des circonstances de la vie. Il connaît alors
la pensée de Dieu, et peut obéir
à sa volonté sous la puissance de
l'amour. Quel précieux discernement !
Paul y revient dans l'épître aux
Philippiens :
"Et ce que je demande dans mes
prières, c'est que votre amour augmente de
plus en plus en connaissance et en pleine
intelligence pour le discernement des choses les
meilleures, afin que vous soyez purs et
irréprochables pour le jour de Christ,
remplis du fruit de justice qui est par
Jésus-Christ à la gloire et à
la louange de Dieu. "
(Ph. 1. 9-11)
Pouvoir à coup
sûr discerner les choses les meilleures, ce
qui est bon, agréable et parfait, revient
à pouvoir se comporter en toute situation
selon le bien, selon ce qui plaît à
Dieu, et atteindre même le parfait
accomplissement de sa volonté.
Souvenons-nous que Jésus a dit :
"Quiconque fait la
volonté de mon Père qui est dans les
cieux, celui-là est mon frère, et ma
soeur et ma mère. " (Mat. 12. 50)
LA
CROISSANCE
Dans la nature qui
nous est familière, nous sommes
habitués au fait
généralisé de la croissance.
C'est toujours à partir de quelque chose de
petit et même de très petit, d'infime,
que commencent les réalisations de la vie.
Le dynamisme de notre toute première
apparition a pris son départ dans le
mystère du code génétique que
renfermaient les chromosomes d'une seule et bien
minuscule cellule. Il s'ensuivit un
développement relativement rapide pour que
se forme l'embryon, puis le foetus et l'enfant qui
allait naître. Celui-ci, tout aussitôt
après sa naissance était promis
à un processus de croissance
s'étageant sur les premières
années de sa vie. Les animaux et les plantes
partent également d'un stade d'infime
petitesse, empruntant le processus de la croissance
pour atteindre leur maturité. Telle est donc
la loi qui régit l'ensemble des organismes
vivants.
Cette loi administre
la preuve que la vie doit sa pousse à
l'action d'une puissance immatérielle qui
préside à son développement,
à son animation et à son maintien
jusqu'à ce que la mort survienne (cela sur
la terre du péché). L'oeuvre de cette
puissance dont on constate les effets en un si
vaste domaine sollicite notre réflexion,
notre admiration et nos actions de grâce
envers Dieu, comme le dit l'apôtre Paul
(Ro. 1. 18-21). Dans le splendide spectacle que
nous offre toute l'étendue de la vie, il y a
l'évidence d'une vérité que
les hommes retiennent pourtant injustement captive.
Cette vérité, au sein des ouvrages de
la vie, fait éclater la puissance
éternelle de Dieu, car rien, absolument rien
ne l'explique. Les hypothèses savantes qui
tentent d'expliquer rationnellement l'apparition de
la vie et son développement en tant
d'espèces variées
se perdent dans un complet échec. Ces
hypothèses n'ont jamais eu d'autre but que
d'écarter l'absolue vérité de
la création et de la puissance divine
à laquelle toute la vie est manifestement
redevable.
Ces réflexions
sur la vie physique nous servent de
parallèle avec le domaine de la vie nouvelle
d'ordre spirituel qui constitue notre sujet. En
effet, le principe de la croissance y
apparaît également, car l'étude
de la parole de Dieu met en lumière que les
hommes de foi ont à grandir par le
"perfectionnement" ou une marche de "progrès
en progrès" (1 Thes. 4. 1). La vie chrétienne a donc un
commencement et elle tend vers un achèvement
(2 Cor. 7. 1). L'on pourra voir dans le peuple de
Dieu des "enfants" se nourrissant de lait (les
premiers enseignements) et des "hommes faits"
consommant une nourriture solide grâce au
discernement obtenu de l'expérience
(Héb. 5. 11-14).
Le Seigneur
Jésus lui-même a utilisé les
aspects de la croissance dans ses enseignements. Le
royaume de Dieu (ou la parole de Dieu) dit le
Seigneur, est d'abord à voir comme une
semence qui, jetée en terre, germe et
croît sans que le semeur sache comment ou ait
à s'en soucier, et elle donne l'herbe, puis
l'épi, puis le grain tout formé dans
l'épi, et, à pleine maturité,
la moisson se fait (Marc 4. 26-29).
Ne nous trompons
toutefois pas quant à la portée du
principe de la croissance. Il ne s'agit pas de cela
lorsque quelqu'un se convertit, c'est-à-dire
passe de son état d'homme naturel (ou
psychique) à l'état nouveau
résultant d'une conversion. La nouvelle
naissance n'a rien à voir avec la
croissance. C'est seulement lorsque la semence a
germé que cette croissance commence. Se
succéderont les étapes
de cette croissance :
l'herbe, l'épi, et le grain. La croissance
du disciple de Christ n'est donc à voir
qu'au cours de son avance dans une marche de foi.
L'apôtre Pierre
écrit :
"Croissez dans la grâce et dans
la connaissance de notre Seigneur et Sauveur
Jésus-Christ"
(2 Pi. 3. 18).
La croissance
développe, scelle et enrichit ce que la
conversion a mis en place ; et la puissance
qui l'assure vient de Dieu
seul :
"J'ai planté, Apollos a
arrosé, mais Dieu a fait croître, en
sorte que ce n'est pas celui qui plante qui est
quelque chose, ni celui qui arrose, mais Dieu qui
fait croître. "
(1 Cor. 3. 6-7)
Cette action
régulière du Tout-Puissant prend
place dans l'oeuvre éducatrice ; elle
nécessite un soin assidu de l'Esprit saint
qui dispense à chacun la nourriture
adéquate : "désirez, comme des enfants
nouveau-nés le lait spirituel et pur, afin
que par lui vous croissiez pour le
salut" (1 Pi. 2. 2).
Cette nourriture
provient aussi du bon exercice des
ministères au sein de l'Eglise, puisque
ceux-ci ont la charge d'assurer le perfectionnement
des saints, l'édification du corps de
Christ, l'unité de la foi et de la
connaissance du Fils de Dieu, afin que tous
parviennent à la stature parfaite de Christ
(Eph. 4. 11-14). De plus, n'est-ce pas en fonction
d'une croissance en progression que les disciples
arriveront à ce que l'amour fraternel
augmente de plus en plus (2 Thes. 1. 3).
Envisagée de
toujours, la croissance due à Dieu
était attendue et
célébrée par le
psalmiste :
"Les justes croissent comme le palmier,
ils s'élèvent comme le cèdre
du Liban. Plantés dans la maison de
l'Éternel, ils prospèrent dans les
parvis de notre Dieu ; ils
portent encore des fruits dans la vieillesse, ils
sont pleins de sève et verdoyants pour faire
connaître que l'Éternel est
juste. "
(Ps. 92. 13-16)
En définitive,
Dieu et Christ prennent soin de l'Eglise et de
chacun de ses membres ; ils l'éduquent,
la nourrissent, la fortifient ; cela, de jour
en jour avec amour. De notre côté,
sachons nous mettre à l'école de
Dieu ; prêtons-nous à cette riche
éducation ; soyons de bons
élèves.
GARDER ET
RETENIR
Ce sont des termes
que le Seigneur a employés et qui expriment
le puissant conseil de la fidélité.
Le premier de ces deux termes débute
diverses expressions toutes aussi essentielles et
qui sont en grand nombre dans l'Écriture.
Pour s'en rendre compte, il suffit de consulter une
concordance. Les différents sens des termes
hébreux et grec traduits par "garder"
prennent tous une ferme autorité. En
français, ce sont principalement :
veiller attentivement sur quelque chose,
préserver, protéger contre un
écueil à éviter, surveiller
(le troupeau par exemple), prendre soin, conserver
(la parole au fond de son coeur), conserver pur son
coeur. "Se garder" sera s'abstenir des souillures
du monde, de l'idolâtrie, des
hérésies ou des séductions.
Enfin, le verbe "garder" veut dire : observer
sans rien en perdre, dans les expressions "gardez
ma parole" ou "gardez mes
commandements".
Le terme "retenir"
avoisine le précédent et
signifie : ne pas abandonner ou laisser se
perdre. Par exemple : "retiens l'Évangile
tel qu'il a été annoncé"
(1 Cor. 15. 2) et "retenir le modèle des
saines paroles reçues" (2 Tim. 1. 13).
Aujourd'hui, les
verbes "garder" et "retenir" portent
l'impératif d'une préservation
essentielle de la pureté de la foi, face aux
dangers de notre temps. Le Seigneur nous dit plus
que jamais ceci :
"Parce que tu as gardé la parole
de la persévérance en moi, je te
garderai aussi à l'heure de la tentation qui
va venir sur le monde entier pour éprouver
les habitants de la terre. Je viens bientôt.
Retiens ce que tu as, afin que personne ne prenne
ta couronne. "
(Apo. 3. 10-11)
D'autres versions que
Segond emploient le terme "épreuve" au lieu
de "tentation", ou "le temps du malheur". D'autre
part au lieu de "ta couronne", elles
traduisent : "le prix de ta
victoire".
Si le Seigneur promet
de donner lui-même une protection contre
l'épreuve mondiale dont il parle, c'est
qu'il faut admettre que même les
chrétiens les plus fidèles ne le
pourraient pas seuls, et risqueraient d'être
enlacés dans les subtilités de cette
épreuve. L'origine de celle-ci ne fait aucun
doute ; elle sera (et est déjà)
la plus audacieuse machination de Satan, mettant
à profit tous les facteurs de l'heure,
c'est-à-dire, le goût des aventures
intellectuelles et psychiques d'une
société en quête de
changements, de mystère, de puissance et
d'une unité mondiale tendant à
l'uniformisation. L'épreuve qu'annonce le
Seigneur agit déjà actuellement, et
elle commence à accomplir la
prophétie du monstrueux système
appelé "Babylone la grande". Nous sommes
donc en présence d'un bouleversement sans
précédent que l'Eglise doit avoir la
prudence de considérer avec gravité
et dans la foi en la protection de son Seigneur.
Remarquons encore que
le texte d'Apocalypse 3 (10-11)
laisse nettement entendre que l'épreuve en
cause est en rapport tant avec la parole qu'avec la
persévérance. Il s'agit donc d'abord
d'un grand risque d'altération de la parole,
susceptible de mettre la persévérance
des fidèles en défaut et de les
induire en erreur. La parole serait alors
saccagée par la pénétration de
thèses séduisantes ou par des
interprétations présentées
comme novatrices. Nous sommes entrés dans
l'ère du Nouvel âge qui impose d'ores
et déjà une philosophie
anti-chrétienne. Plus que jamais, Satan
séduit toute la terre (Apo. 11. 9).
Nous ne pouvons pas
nous étendre ici sur ce sujet que traitent
des ouvrages récents et nous nous bornons
à donner le conseil d'user de beaucoup de
vigilance à l'égard de tous
écrits ou de toutes propositions verbales
où apparaîtraient certains concepts
s'autorisant d'une avance scientifique dans la
connaissance ou de la psychologie. Celle-ci peut
prétendre éclairer l'Écriture
d'une façon nouvelle et plus profonde ;
elle peut aussi proposer ses moyens pour renouveler
la cure d'âme, nommée
maintenant : relation d'aide.
William Kirk
Kilpatrick auteur de "La séduction
psychologique" (Centre biblique Européen -
Lausanne 1985 version française) parle de la
psychologie en ces termes : "Mais comme bien
des contrefaçons, la psychologie populaire
ne tient pas ses promesses. Au contraire elle
éloigne à la fois les
chrétiens et les non-chrétiens de ce
qui est leur devoir ou leur conduite. C'est une
séduction dans le sens étymologique
du mot (lat. seducere, conduire à
l'écart). L'une des tâches de ce livre
par conséquent est de libérer le
christianisme de toute religion
psychologique ; lorsque ce sera fait, je pense
qu'il sera manifeste que le christianisme est et a
toujours été la meilleure
façon de satisfaire nos
besoins, même ceux que nous croyons
habituellement purement humains. En
résumé, bien que le christianisme
soit plus qu'une psychologie, il est finalement de
meilleure psychologie que la psychologie
elle-même" (page 14).
Le Nouvel âge,
la psychologie, la science sociale, et l'occultisme
constituent ensemble l'étoffe de la
séduction dont il faut prendre
garde.
Il nous paraît
également opportun de citer le petit ouvrage
de Roland Antholzer, psychologue, qu'il a
intitulé "Psychothérapie ou cure
d'âme biblique" (Maison de la Bible -
Genève 1991). Cet auteur affirme
notamment : La psychologie humaniste s'est
révélée
particulièrement fertile dans la production
de procédés
psychothérapeutiques. Une statistique
américaine de 1978 en comptait plus de 4000,
pour la plupart d'inspiration humaniste. Le
chrétien remarquera avec inquiétude
que ces thérapies sont de plus en plus
envahies par l'occultisme et la mystique orientale.
Les méthodes méditatives sont
très populaires (yoga, zen, tao)... La
psychothérapie prône de plus en plus
des méthodes à orientation physique,
telle que la "bioénergétique", qui
cherchent à développer l'expression
créative par les moyens du
théâtre, de la danse et de la
pantomime (page 53).
Citons maintenant la
parole de Dieu : "Ne vous mettez pas avec les
infidèles sous un joug étranger. Car
quel rapport y a-t-il entre la justice et
l'iniquité ? ou qu'y a-t-il de commun
entre la lumière et les
ténèbres ? Quel accord y a-t-il
entre Christ et Bélial ? ou quelle part
a le fidèle avec
l'infidèle ?" (2 Cor. 6. 14-15) "Ne
vous laissez pas entraîner par des doctrines
diverses et étrangères ;
car il est bon que le coeur soit
affermi par la grâce, et non par des aliments
qui n'ont servi de rien à ceux qui s'y sont
attachés."
(Héb. 13. 9) (Aujourd'hui, les aliments
proposés sont d'ordre
mental).
Le prophète
Ezékiel rapporte une parole de
l'Éternel adressant à la maison
d'Israël le sévère avertissement
que voici : "Comme l'argent fond dans le
creuset, ainsi vous serez fondus au milieu d'elle
(Jérusalem)" (22. 22).
Une telle fonte a pour but de purifier l'argent de
ses scories. À ce sujet, voici une petite
histoire qui met en lumière le bienfait de
cette élimination des
scories :
On demandait un jour
à un fondeur d'argent à quoi il
reconnaissait la réussite de son
opération. Je sais, dit-il, que mon
opération a complètement
réussi quand je vois ma propre image
réfléchie dans le
métal !
Assurément,
lui aussi le Seigneur, désire voir son image
réfléchie en tout fidèle
disciple, et rien qu'elle.
ÉPILOGUE
"Mon juste vivra par la foi, mais s'il
se retire mon âme ne prend pas plaisir en
lui. Nous ne sommes pas de ceux qui se retirent
pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour
sauver leur âme. " (Héb. 10. 38-39)
"Si vous savez qu'il est juste,
reconnaissez que quiconque pratique la justice est
né de lui. "
(1 Jn. 2. 29)
La justice qui vient
de Dieu et qui s'obtient par la foi en Christ ne
peut que s'accompagner d'un constant désir
d'en être trouvé revêtu à
tout moment, comme Paul l'exprime pour
lui-même (Ph. 3. 9),
mais, en raison même de ce revêtement,
la mise en pratique de la justice de Dieu
constitue, elle aussi, une préoccupation
nécessaire, et appelle beaucoup de
vigilance.
Le disciple
justifié par la grâce de Dieu aspire
à mener une vie juste dans son parcours sur
cette terre, et dans toutes les situations qu'il
traverse. Pour y bien parvenir, il dispose de la
prière, de la contemplation de son Seigneur
et de la méditation. Ce sont principalement
les grands sujets de cette méditation que
nous avons entrevus dans ce modeste ouvrage.
Appliquons-nous chaque jour à cette
indispensable piété ; offrons
lui tout le temps nécessaire. La grâce
de Dieu nous le permettra surnaturellement et
pratiquement.
FIN
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