LE MASQUE DE
SAINT PIERRE
PREMIÈRE PARTIE
CHAPITRE III
Le nom de Pierre.
Sur ce rocher...
Telle est, à grands traits, tracée
par l'Écriture, la figure
caractéristique de l'apôtre. Nous
allons maintenant mesurer la différence qui
existe entre cette réalité et la
figure conventionnelle, ce masque, que la
légende, que le temps, que la tradition,
qu'une piété sincère, mais
aveugle, ou intéressée, lui ont
substitué ; nous allons chercher
à comprendre comment ce masque à pu
se composer.
« La seconde
année du règne de l'empereur Claude,
c'est-à-dire en l'an 42 de l'ère
chrétienne, Pierre se rendit à Rome.
Il y exerça le pontificat durant vingt-cinq
ans et remporta la palme du
martyre en l'an 67, sous le règne de
Néron. »
Tel est l'enseignement des docteurs
de l'Eglise romaine, enseignement qui se
complète ainsi : St Pierre, premier
pape à Rome, a transmis ses pouvoirs
à ses successeurs.
Tel est aussi le modelage initial du
masque, tel est le point de départ de la
transformation inouïe de l'humble
apôtre, à qui Jésus n'avait
cessé d'enseigner, par actes et par parole,
qu'il n'était que l'égal de ses
frères.
On voit les conséquences
incalculables de cette métamorphose. St
Pierre, premier pape de l'Eglise romaine, inaugure
une suprématie absolue, mère de la
hiérarchie ecclésiastique, arme
redoutable, dangereuse parce qu'à deux
tranchants, placée entre les mains d'un seul
homme dont la domination s'étendra ainsi sur
l'Eglise tout entière.
L'Eglise romaine repose
uniquement sur la double affirmation
ci-dessus à laquelle
l'interprétation, très
spéciale d'un texte, d'un seul texte de
l'Évangile, va servir, dans cette
gigantesque entreprise, à. la fois de base
et de couronnement.
Par une étude loyale de ce
texte, nous allons voir si cette
interprétation est bien en accord avec la
pensée de Jésus et l'enseignement de
sa Parole.
Quel est ce texte ?
Peu de temps après
l'expérience de Pierre sur la mer de
Galilée, se produit un incident dont nous
avons déjà parlé et qui
révèle, d'une éclatante
manière, la très supérieure
intuition spirituelle de l'apôtre.
- « Qui dit-on qu'est le
Fils de l'homme ? » demande le
Sauveur aux Douze.
Et chacun de rapporter les propos
divers qu'il a entendus, et qui courent sur le
compte de Jésus, parmi le peuple.
- Et vous, qui dites-vous que je
suis ?
- Le Christ, le Fils du Dieu
vivant!
Ces mots sont partis comme le cri du
coeur, et c'est Pierre qui les a lancés,
répondant pour tous.
Alors, devant les Douze,
Jésus fait entendre les paroles solennelles
par lesquelles Il exalte la confession magnifique
de son apôtre, lui donne toute sa
portée et proclame la destinée
sublime et divine de l'Eglise.
- « Tu es heureux,
Simon, fils de Jean, car ce n'est
pas la chair et le sang qui te l'ont
révélé, mais c'est mon
Père qui est dans les cieux. Et moi je te
dis que tu es Pierre, et sur ce Rocher
(1), je
bâtirai mon Église, et les portes de
l'enfer ne prévaudront pas contre
elle ! Je te donnerai les clefs du royaume des
cieux. Tout ce que tu lieras sur la terre sera
lié au ciel ; tout ce que tu
délieras sur la terre sera
délié au ciel ! »
(St Matthieu XVI. 17-18).
Ce texte contient plusieurs
déclarations d'une importance qu'il serait
difficile d'exagérer ; nous allons les
étudier à tour de
rôle.
Tu es pierre et sur ce rocher, je
bâtirai mon Église.
Avant d'aborder cette parole, il
importe de faire deux remarques
préliminaires qui éclaireront nos
recherches.
Premièrement, c'est qu'il ne
faudrait point voir, dans ces paroles de
Jésus à Pierre, uniquement une
allusion au caractère très personnel
de l'apôtre, comme au
rôle historique que St Pierre a joué
dans les origines de l'Eglise. Il s'attache
à ces déclarations du Sauveur un sens
prophétique et une spiritualité
intenses qui ont complètement
échappé aux théologiens
romains. Ne le perdons jamais de vue et
gardons-nous d'atténuer la portée du
caractère intentionnel et positif qu'y a
renfermé Jésus.
La seconde remarque, c'est que la
langue maternelle, si l'on ose dire, des
Évangiles est le grec
(2).
C'est donc le grec, et non le latin,
qui fait autorité lorsqu'il s'agit de
définir le sens exact des mots et leur
portée dans le Nouveau Testament.
St Jérôme, au IVe
siècle, traduisit en latin l'Ancien et le
Nouveau Testament. Cette traduction, connue sous le
nom de « Vulgate », devint le
texte officiel des Saintes Écritures durant
tout le Moyen Âge.
Et quand, dans le premier membre de
phrase tu es Pierre » pour rendre en
latin le mot grec Petros, on a écrit
Petrus, on a forgé un mot dans une
langue où ce mot n'existe pas. Petros aurait
dû être rendu par Petra. Petrus n'est
pas un mot latin.
Non seulement, il ne signifie pas
plus « pierre » que
« rocher », mais il ne signifie
rien du tout.
Quand, ensuite, dans le second
membre, de phrase « et sur ce
Rocher » on a traduit le mot grec
Petra par le même mot latin
Petra, on a encore altéré le
sens original parce que ces deux mots sont loin
d'être, synonymes. Le latin, petra,
signifie : caillou, pierre
détachée le grec petra,
signifie : rocher, roc.
Le premier dictionnaire venu nous le
confirmera. C'est donc à la faveur de ce
double malentendu qu'a pu s'accréditer la
parole connue, véritable jeu de mots qui
n'est jamais sorti des lèvres de notre
Seigneur : « Tu es Pierre et sur
cette pierre je bâtirai mon Église...
etc ».
« Tu es Petrus, et
super hanc Petram aedificabo Ecclesiam meam...,
etc. »
- Mais, dit ici quelqu'un, peut-on
vraiment faire état de ces
nuances de mots, alors que la langue dans laquelle
Jésus parlait était, non point le
grec, mais l'araméen ? Comment
contrôler, ces nuances ?
- Une semblable objection nous
étonne, - non qu'elle nous embarrasse, -
parce qu'elle met en question l'inspiration
même des Écritures.
Si nous croyons, en effet, que la
Parole contenue dans les livres canoniques de la
Sainte Écriture est
procédée de Dieu, qu'elle prend son
autorité de lui et non des hommes, qu'elle
est la règle de toute
vérité (confession de foi de La
Rochelle) c'est que nous retenons implicitement que
cette parole fait autorité dans le
langage où le Saint-Esprit nous l'a
communiquée, soit, pour le Nouveau
Testament, dans le grec. Mettre ceci en doute,
c'est ébranler l'autorité de
l'ensemble des Écritures, car, quelle
garantie avons-nous, dès lors, concernant
toutes les autres paroles de
Jésus-Christ ?
Nous disons que cette objection ne
nous embarrasse pas. C'est qu'en effet, le sens
exact de ce mot araméen Kephas, le
Saint-Esprit a pris soin de nous
le donner. Il en prévoyait sans doute
l'importance. Et nous lisons au verset 42 du
premier chapitre de St Jean, après
Kephas, ces mots entre parenthèses
ce qui se traduit
« Petros »,
pierre.
Dans la langue originale, nous
avons, par conséquent, deux mots de genre et
de sens tout différents - l'un, masculin,
Petros, signifiant caillou, pierre
détachée ; l'autre,
féminin, Petra, signifiant
rocher.
La phrase, dans le grec, ne peut se
prêter à un jeu de mots. Ici, pas
d'équivoque possible.
Et nous lisons : Tu es
Pierre, et sur ce Rocher je bâtirai mon
Église (3).
Voilà un point bien
acquis.
Mais avant d'aller plus loin, il
importe de retenir que nous ne sommes pas ici
devant une sorte
« d'énigme » dont les
termes, ambigus à dessein, ne se devinent
que grâce à une finesse
spéciale de l'esprit.
Nous sommes sur un terrain
sacré, devant la pensée même du
Seigneur.
Quelle connaissance est donc
nécessaire pour comprendre cette
pensée ?
Une connaissance solide de
l'Évangile.
Si l'on ne voit dans ces paroles que
des mots, et si l'on n'essaie d'en
déchiffrer le sens qu'avec la loupe du
parti-pris protestant ou catholique, jamais l'on
n'arrivera à mettre ce sens au
clair.
Mais prenons du large. On ne regarde
pas un grand tableau de maître comme on
examine un point de dentelle. Il faut du recul. De
trop près, les arbres empêchent de
voir la forêt !
Les paroles de Jésus et des
apôtres s'expliquent, toutes, par d'autres
paroles de Jésus et des apôtres. Le
plus grand docteur de l'Écriture, avec le
Saint-Esprit, c'est l'Écriture. Avec un
verset isolé de l'Écriture, on
n'aboutit qu'à une secte. Il faut
toute l'Écriture pour établir une
vérité, un article de Foi.
Interrogeons-la donc, cette sainte
Parole, dans la prière,
sincèrement, humblement, et le Saint-Esprit
qui en est l'auteur nous éclairera.
L'explication du passage que nous
étudions, nous la trouvons donc dans
l'Écriture. Le Saint-Esprit y a pourvu, et
avec prodigalité, si l'on ose dire, afin
qu'il fût impossible de s'y
tromper.
- Et de quel interprète se
sert-Il pour cela ?
Tout d'abord de l'interprète
assurément le mieux qualifié, de
celui qui, sans aucun doute, doit avoir le mieux
compris la pensée de Jésus, de
Jésus lui-même !
Après la parabole des
vignerons
(St Luc XX. 9-19) où le
Sauveur laisse entendre que son peuple va le
rejeter, Il ajoute :
« Que signifie donc ce
qui est écrit : La pierre, qu'ont
rejetée ceux qui bâtissaient, est
devenue la pierre angulaire ? Quiconque
tombera sur cette pierre sera
brisé... »
Ce passage n'était autre que
la prophétie antique
(Psaume CXVIII. 22 ;
Isaïe LV. 8) concernant la
personne du Messie.
Jésus fait l'application
à soi-même de cette
prophétie ; elle ne peut concerner en
même temps quelqu'un d'autre.
La « pierre
angulaire », c'est donc
Jésus-Christ.
Qui peut, après Jésus,
nous donner la meilleure interprétation de
cette parole ? N'est-ce point celui-là
même à qui le Sauveur, dans la
circonstance qui nous occupe, l'a adressée,
St Pierre ?
Tout d'abord, dans le Livre des
Actes des Sts Apôtres, après la
Pentecôte, Simon Pierre, reprenant cette
même prophétie, déclare :
« Jésus est la pierre,
rejetée par vous qui bâtissez, et qui
est devenue la pierre angulaire. Et le salut n'est
en aucun autre ; car il n'y a pas sous le ciel
un autre nom qui ait été donné
aux hommes, par lequel nous devions être
sauvés »
(Actes IV. 11 à
13).
La pierre angulaire de l'Eglise
n'est donc point l'homme, c'est Jésus
lui-même.
L'apôtre prend encore le soin,
dans sa première Épître, de
bien définir qui est cette pierre. Peut-on,
sans manquer de respect pour l'autorité du
Saint-Esprit, comme pour celle de l'apôtre,
négliger une affirmation telle que celle
dont voici le texte
littéral :
- « Approchez-vous de
Lui, pierre vivante,
méprisée des
hommes, il est vrai, mais choisie et
précieuse devant Dieu ; et vous-mêmes,
comme des pierres vivantes, entrez dans la
structure de l'édifice pour former un temple
spirituel... Car il est dit dans
l'Écriture : « Voici je pose
en Sion une pierre angulaire, choisie,
précieuse, et celui qui met en elle sa
confiance ne sera pas confondu ».
À vous donc l'honneur, vous qui
croyez ; mais pour les incrédules
« la pierre qu'ont rejetée ceux
qui bâtissaient, c'est elle qui est devenue
une pierre d'angle, un rocher de
scandale »
(I Pierre Il. 4-7).
Et qui peut apporter encore, ici, un
témoignage probant ? L'apôtre St
Paul. Il écrit aux
Éphésiens : « Ainsi
donc, vous n'êtes plus des étrangers,
ni des hôtes de passage, mais vous êtes
concitoyens des Saints et membres de la famille de
Dieu, édifiés que vous êtes sur
le fondement des apôtres et des
prophètes, dont Jésus-Christ
lui-même est la pierre
angulaire »
(Ephés. II. 20).
Et St Paul dit encore :
« Personne ne peut poser un autre
fondement que celui qui est déjà
posé :
Jésus-Christ »
(I Corinth. III. 11).
Quelle affirmation peut être
plus catégorique que
celle-là ?
Ainsi donc, puisque
Jésus-Christ est à la fois la
pierre angulaire de l'Eglise, d'après sa
propre interprétation comme d'après
celle de St Pierre, et le fondement de cette
même Église, d'après St Paul,
c'est par conséquent que Lui, Jésus,
et Lui seul, est l'un et l'autre.
Au risque d'être taxé
d'illogisme en faisant intervenir ici l'opinion des
Pères de l'Eglise, nous rappelons que St
Cyrille, St Hilaire, St Jérôme, St
Ambroise, St Chrysostome, et surtout St Augustin,
pour ne citer que ceux-là, n'ont
enseigné ni les uns ni les autres que
l'Eglise fût fondée sur
Pierre.
- « Que veut dire, demande
St Augustin dans son 10e traité sur la 1re
Épître de St Jean « sur
cette pierre, j'édifierai mon
Église » ? Cela veut dire,
sur cette foi, sur ce que tu as dit :
Tu es le Christ, le Fils du Dieu
vivant ». Et dans son 124e traité
sur St Jean, on lit encore : « Sur
cette pierre que tu as confessée,
j'édifierai mon Église ; car
Christ était la
pierre ».
Et nous l'avons compris, maintenant,
ce mot symbolique de
pierre, en contraste avec le mot non moins
symbolique de rocher ; et nous
comprenons mieux, aussi, que Jésus, qui
savait toutes choses, qui voulait que son
Église triomphât éternellement
des puissances de la mort, n'ait pu songer à
la bâtir sur un homme, cet homme eût-il
été le moins inconstant et le moins
imparfait.
La pensée de Jésus
nous apparaît désormais très
simple et très claire, dans le nom de
contraste qu'Il donne à son apôtre,
comme aussi dans les paroles qui font le titre du
chapitre qui
précède :
- Simon, fils de Jona, ô homme
rempli de bonnes intentions, capable d'élans
généreux et superbes, mais
inconstant, mobile comme la pierre qui roule, comme
le caillou du chemin, tu es Pierre, mais le Roc
immuable dont tu viens d'affirmer l'essence
éternelle, cet inébranlable Rocher
des siècles sur lequel sera bâtie et
reposera à jamais mon Église, c'est
Moi, le Christ, le Fils du Dieu
vivant !
Mais songez-y donc, bâtir son
Église sur un homme, même le
plus dévoué et le meilleur des
hommes, jamais Jésus n'aurait eu une
pareille pensée ! Ne
sait-Il pas ce qu'il y a dans l'homme ? de
quelle poussière il est
fait ?
Eût-il imaginé de
bâtir son Église sur de la
poussière ?
Ah ! certes oui, pierre, il
l'est bien, l'apôtre vif, bouillant,
entreprenant, généreux, mais pierre
mouvante par ce caractère encore si
inconséquent, si inégal, à la
fois si solide et si vacillant...
Quelqu'un dira : Mais, dans ce
cas, Jésus pouvait aussi bien donner ce nom
de Pierre à n'importe quel autre des
disciples. Dans un sens, oui. Mais avec cette
différence, qu'aucun des autres
apôtres - laissons Judas de côté
- n'avait au même point ni les
qualités ni les défauts
caractéristiques de Simon, le fils de Jona.
À aucun d'eux ce nom - le nom de l'homme
à la physionomie si particulière, -
ne convenait aussi parfaitement
(4).
CHAPITRE
IV
Je te donnerai les clefs du royaume des
cieux
« Je te donnerai les clefs du
Royaume des cieux », dit ensuite
Jésus à Pierre.
Personne, assurément, n'a
jamais cru qu'il y ait au ciel une porte munie
d'une serrure, et que, joignant le geste à
la parole, Jésus ait remis à St
Pierre la clef de cette serrure !
Il est vrai que des peintres
célèbres ont, ainsi,
matérialisé les paroles du Christ.
Ingres, par exemple, dans un tableau figurant au
Musée du Louvre ; il s'agit là
d'une oeuvre d'imagination.
Mais au fait, avant de nous occuper
des clefs et de la serrure, si
nous songions un peu à définir ce
qu'est la porte, et, surtout, ce qu'est la
maison ? Les clefs du Royaume des cieux, oui,
mais, d'abord, que faut-il entendre par
« le Royaume des cieux ? »
Car, c'est là une expression qui revient
souvent sur les lèvres du Sauveur.
Par exemple, au
chapitre XIII de l'Évangile de St
Matthieu : « Le royaume des
cieux est semblable à un homme qui avait
semé du bon grain... »
- S'agit-il du ciel ? Ou
encore, plus loin : « Le royaume
des cieux est semblable à une
femme... »
- S'agit-il du ciel ? On
comprend bien que non. Le Seigneur désigne
par ces mots l'économie présente, la
dispensation de la grâce, qui se termine au
moment de son retour sur la terre ; ou encore,
d'une manière plus générale,
Il désigne le but que Dieu poursuit dans
l'humanité. Nous entendons encore
Jésus dire dans l'Évangile de St
Matthieu
- « Malheur à
vous, scribes et pharisiens hypocrites, car vous
fermez le royaume des cieux aux
hommes... »
(St Matt. XXIII).
Devons-nous comprendre par là
que les scribes et les pharisiens avaient, eux
aussi, une clef de la porte du ciel ?
Non. De toute évidence, ces
paroles sont allégoriques. Par leur
enseignement, les scribes, les pharisiens rendaient
impraticable, comme ils auraient pu faciliter,
l'accès du royaume des cieux à leurs
auditeurs.
C'est dans ce même sens
allégorique qu'il est écrit, à
propos des travaux missionnaires de Paul et
Barnabé : « Dieu a ouvert
aux nations la porte de la foi »
(Actes XIV. 26-27).
Cette explication, enfin, se trouve
en parfait accord avec l'interprétation
donnée par le Paroissien romain
lui-même. (Édition du diocèse
de Clermont). À la page 759, et pour la date
du 26 juin, à Magnificat, il est
écrit :
« Jean et Paul sont les
deux oliviers plantés devant la demeure du
Seigneur, comme deux candélabres qui
brûlent en sa présence ; ils
ont reçu le pouvoir de fermer et d'ouvrir
les portes du ciel, car leurs langues sont devenues
les clefs du royaume des cieux... »
(B. Arbousset. L'Évangile dans le
Paroissien).
Mais cette porte elle-même,
qui s'ouvre ainsi à l'appel des hommes,
cette porte spirituelle, quelle est-elle
donc ?
- Cette porte, c'est Moi,
répond Jésus. « Je
suis la Porte ; si quelqu'un
entre par Moi, il sera sauvé »
(St Jean X. 9).
Paroles que confirme le Saint-Esprit
quand Il déclare solennellement, par la
bouche de l'apôtre Pierre, au lendemain de la
Pentecôte : Et le salut n'est en
aucun autre, car il n'y a pas sous le ciel un autre
nom qui ait été donné aux
hommes par lequel nous devions être
sauvés !
(Actes IV. 12).
Cette porte du ciel n'est donc pas
une porte ordinaire, rigide et massive, qui ne voit
ni n'entend, et dont le coeur est fait d'une
serrure d'acier. C'est une porte palpitante de vie,
faite du Sacrifice du Fils de l'homme et de
l'Esprit glorifié du Christ.
Elle n'a besoin ni de serrure ni de
clef, la Porte par où entrent les brebis et
les agneaux de Dieu. Elle s'appelle aussi
« le Bon
Berger ».
Et celui qui n'entre point par
« Elle » dans la bergerie, et
qui y monte par ailleurs, est un voleur et un
brigand, dit le Seigneur
(St Jean X. 1).
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