La
Cité de l'Âme
La grande Cité de l'Âme
CHAPITRE V
L'ÂME DÉLIVRÉE DU JOUG DE
SATAN SE TOURNE VERS EMMANUEL. - LE SENTIMENT DE
SON PÉCHÉ L'ACCABLE. - ELLE IMPLORE
LA PITIÉ. - SILENCE DU PRINCE. - LA
CITÉ DE LAME S'HUMILIE ET SE REPENT. - LES
SEIGNEURS INTELLIGENCE, CONSCIENCE, VOLONTÉ
APPELÉS EN JUGEMENT PAR LE PRINCE
PLAIDENT : « COUPABLES ».
LE PARDON DU PRINCE. - IL LES RENVOIE
CONSOLÉS ET VÊTUS DE JOIE.
La grande ville de l'Âme était
désormais délivrée de
l'épouvantable esclavage de Diabolus, et
elle se tournait vers son Roi. Mais Lui, son oeuvre
achevée, s'était retiré en son
pavillon royal hors des murs de la Cité,
laissant les chefs Boanergès et Conviction
chez le seigneur Conscience. L'apparence de ces
chefs était empreinte de majesté,
leurs visages resplendissaient de force et de
décision, leurs paroles rappelaient le
mugissement des grandes eaux. Tout ce qu'ils
faisaient ou disaient remplissait de crainte et de
terreur les habitants. L'incertitude du lendemain,
le remords du passé pesaient lourdement sur
la ville de l'Âme. Pendant longtemps, il lui
fut impossible d'avoir aucun repos ou
tranquillité, ni de goûter aucun
sentiment de paix, ou d'espérance.
Certain jour, Boanergès
reçut du prince Emmanuel l'ordre de
rassembler les citoyens dans la cour du
Château, et là, sous leurs yeux, de se
saisir des seigneurs Intelligence, Conscience et
Volonté et de les jeter en prison, en
chargeant les habitants eux-mêmes de les
garder. Cet ordre, aussitôt
exécuté, ne fit qu'aviver la douleur
et la terreur des habitants. Ceci semblait
confirmer les craintes qu'ils avaient
éprouvées de voir la Cité de
l'Âme complètement détruite.
À quel genre de mort seraient-ils
condamnés ? Combien de temps
auraient-ils à souffrir ? Ces
pensées les préoccupaient, et ils
redoutaient par-dessus tout d'être
envoyés dans cet abîme qui effrayait
l'Usurpateur Diabolus, car ils savaient bien qu'ils
avaient mérité un châtiment.
D'ailleurs, il était dur aussi d'avoir
à supporter la disgrâce dans laquelle
ils se sentaient maintenus, et il aurait
été dur d'avoir à mourir sous
l'épée d'un prince aussi excellent
qu'Emmanuel. L'emprisonnement des seigneurs
Intelligence, Conscience et Volonté jetait
aussi la Cité de l'Anne dans le
désarroi. C'étaient eux qui avaient
toujours gouverné la ville : les
exécuter ce serait la décapiter.
Longtemps, les citoyens repassèrent ces
pensées en leur coeur. Chaque jour, leur
incertitude et le silence du Prince semblaient plus
difficiles à supporter ; enfin,
aidés des prisonniers, ils
décidèrent d'envoyer une
pétition à Emmanuel et choisirent
pour porter celle-ci un monsieur
« VOUDRAIT VIVRE ». La dite
pétition contenait des louanges pour le
Prince victorieux, puis la Cité de
l'Âme s'humiliait et demandait son pardon en
faisant appel à la grandeur de la
Miséricorde royale. « Que nous
vivions devant ta face, ajoutaient-ils, et nous
serons tes serviteurs...
Âmen. »
Le Prince prit la pétition des
mains du messager, il la lut, puis renvoya son
porteur sans mot dire.
Que faire ! Il n'y avait plus
qu'à prier le Prince, ou à mourir.
Âme d'Homme continua donc de le supplier, et
cette fois demanda au capitaine Conviction
d'être son messager. Il répondit qu'il
ne voulait point et n'osait pas servir
d'intermédiaire à des traîtres,
ni se faire l'avocat de rebelles.
« Cependant, notre Prince est
miséricordieux, ajouta-t-il ; envoyez
l'un de vous comme messager, mais qu'il se
présente comme il convient, avec une corde
autour du cou, et qu'il n'implore rien d'autre que
la compassion du Prince. » Après
d'assez longs délais, la ville envoya
chercher un pauvre homme nommé Coeur
réveillé ; il habitait une
chaumière. On lui fit savoir ce qu'on
attendait de lui et il partit accompagné de
tous les voeux de ses concitoyens. Je vous laisse
à penser avec quelle impatience son retour
fut attendu.
Quand il fut conduit devant Emmanuel, il
tomba à ses pieds et dit en suppliant :
« Oh Que la Cité de l'Âme
vive devant ta Face ! » Le Prince se
détourna quelque temps très
ému et pleura, puis il dit au
messager : « Lève-toi,
retourne chez toi, j'examinerai ta
requête. » À peine Coeur
réveillé fut-il dans la ville, que de
toute part on accourut vers lui :
« Comment le Prince l'avait-il
reçu ? Qu'avait-il dit ? Quoi,
toujours rien ? Aucune
précision ? »
Considérant qu'il était convenable de
rendre compte de sa mission aux chefs d'abord, le
messager se dirigeait vers le château
où il raconta aux prisonniers tous les
détails de l'entrevue. Il dit aussi la
gloire et la beauté du Prince qu'on ne
pouvait voir sans le craindre et l'aimer tout
aussitôt.
L'attitude du Prince fut
expliquée différemment dans la
Ville : « Elle était un
indice de clémence, disaient les uns. - Non,
non ! c'était une marque de
sévérité, assuraient les
autres. Il fallait se préparer à
mourir, etc., etc... » Perplexité
et doutes firent place rapidement à la
terreur, un grand trouble tomba sur la Cité.
Mieux valait la mort que cette incertitude, que ces
terreurs planant sur eux jour et nuit. Dans leur
misère, ils résolurent d'envoyer une
troisième supplique au Prince.
Dans celle-ci ils louaient d'abord la
grandeur du Prince et sa bonté, puis ils
confessaient leur iniquité :
« Nous ne sommes plus dignes d'être
considérés comme tes sujets, nous
méritons l'Abîme. Si tu décides
de nous faire passer au fil de
l'épée, certes nous
déclarerons que ta sentence est
équitable ; si tu nous condamnes, ce
n'est que justice. Mais, oh ! Seigneur !
laisse agir ta Grâce, sauve-nous, pardonne
nos transgressions, et nous chanterons à
jamais ta bonté et tes jugements
miséricordieux. Âmen. » La
question du messager se posa de nouveau. Plusieurs
voix proposèrent Bonnes Oeuvres ; mais
l'Archiviste s'opposa énergiquement à
ce choix : « Quoi « Bonnes
Oeuvres » comme messager, quand toute
notre requête crie :
« Miséricorde ! »
Si le Prince lui demande son nom et qu'il le
décline, Emmanuel répondra :
« Quoi, Bonnes Oeuvres vit encore dans la
Cité de l'Âme ? Eh bien !
que les Bonnes Oeuvres vous sauvent de la
détresse où vous
êtes. » On se rallia aux paroles de
M. Conscience et on mit Bonnes Oeuvres de
côté. Coeur réveillé fut
à nouveau choisi et, à sa demande, on
lui adjoignit M. Détresse, ainsi
nommé parce qu'il versait beaucoup de larmes
de repentance sur lui-même et sur ses
compatriotes. Tous deux partirent la corde au cou,
les mains liées.
Ils s'excusèrent en arrivant
à la cour de venir à nouveau
importuner le Prince, mais à cause de leurs
péchés ils n'avaient plus de repos ni
jour ni nuit. Ils remirent la supplique de la
Cité et attendirent prosternés la
décision du Prince, qui, après avoir
lu le manuscrit, leur posa plusieurs questions sur
leur naissance et leur situation. Sans doute
celles-ci étaient très hautes,
puisqu'on les avait choisis comme
députés ? - Non, ils
étaient au contraire gens du commun,
répondirent-ils, et ils ne s'expliquaient
pas le choix de leurs concitoyens. Que le Prince ne
prît pas offense de leur bassesse !
Oh ! pardonne nos transgressions, et ne te
retiens pas plus longtemps d'avoir
pitié ; n'éloigne pas plus
longtemps l'instant de la Grâce, et la gloire
qui t'en reviendra ! »
Le Prince commanda qu'ils se tinssent
debout, ce qu'ils firent. Alors, il montra la
grandeur de l'iniquité de la Cité de
l'Âme rejetant son Père comme Roi,
pour mettre à la place un tyran, un menteur,
un rebelle. « Lié de chaînes
et déjà condamné à
l'Abîme, il est venu vous offrir ses services
et vous l'avez accepté ! Nous, nous
sommes venus pour chasser l'Usurpateur, et
qu'avez-vous fait ? Vous avez pris parti pour
lui, fermant vos portes et faisant la guerre contre
nous... Maintenant que j'ai vaincu le Tyran, vous
venez implorer ma faveur ! Pourquoi n'avoir
point pris fait et cause pour moi ? Pourquoi
ne m'avoir pas aidé à chasser le
« puissant »
Cependant, et malgré tout, je
lirai votre pétition, et j'y
répondrai comme il convient à ma
gloire.
« Allez ! Vous direz de
ma part aux chefs Boanergès et Conviction de
m'amener demain au camp les prisonniers ; aux
chefs Jugement. et Exécution de rester au
Château et de veiller à la
tranquillité de la ville jusqu'à
nouvel ordre. » Ayant dit, le Prince
regagna le pavillon royal.
Les messagers allèrent
directement à la prison pour rendre compte
de leur mission aux chefs et donnèrent une
partie du message : « Le Prince
avait dit que sa réponse serait en rapport
avec sa gloire. » - « Est-ce
là tout, demanda un vieux N.
Inquisitif ? » - « Pas
tout à fait »,
avouèrent-ils ; et ils dirent alors
toutes les paroles du Prince. Les prisonniers
remplis d'angoisse crièrent dans leur
douleur, et leur cri monta jusqu'au ciel. Puis ils
se préparèrent à mourir. Quant
à ceux de la ville, ils se dirent
qu'à quelques jours de distance, eux aussi
devraient expier leur iniquité par la
mort ; ils prirent des habits de deuil et
allèrent sur les remparts.
Le lendemain, en vêtements de
deuil, la corde au cou, chaînes aux pieds, se
frappant la poitrine et sans oser lever les yeux,
les prisonniers prirent le chemin du Camp
d'Emmanuel. Boanergès et la garde,
bannière déployée, allaient
devant ; puis les prisonniers ; enfin
l'arrière-garde avec sa bannière,
sous la conduite du Capitaine Conviction. Quand ils
arrivèrent au Camp du Prince, la vue de sa
gloire, de sa grandeur ne fit qu'augmenter la
détresse des prisonniers qui ne purent
retenir leurs larmes et, leurs lamentations.
Arrivés à la porte du Pavillon du
Prince, ils se prosternèrent jusqu'en
terre.
Averti de la présence des
prisonniers, Emmanuel monta les degrés du
Trône et s'y assit ; puis, après
leur avoir dit de se relever, il les questionna en
disant :
- - Êtes-vous de ceux qui, autrefois,
serviez Shaddaï ? - Oui, Seigneur,
répondirent-ils.
- - Et vous avez accepté d'être
gouvernés par Diabolus qui a
travaillé à vous corrompre et
à vous souiller ?
- - Oui Seigneur ! Plus que cela, nous
l'avons choisi.
- - Auriez-vous aimé de vivre sous son
joug jusqu'à la fin ?
- - Oui Seigneur. Ses lois satisfaisaient nos
désirs charnels, et nous avions
oublié notre premier état.
- - Et quand je suis venu pour vous secourir,
vous avez souhaité du fond du Coeur que
je fusse vaincu ?
- - Oui Seigneur !
- - Quelle punition méritez-vous ?
- - La mort et l'Abîme.
- - Avez-vous quelque chose à dire pour
votre défense ?
- - Rien Seigneur ! Tu es juste ! Et
nous avons péché.
- - Pourquoi ces cordes à votre
cou ?
- - Pour être liés à la
place d'exécution s'il ne te plaît
pas d'avoir pitié.
- - Cette confession est-elle faite aussi au
nom des habitants d'Âme d'Homme ?
- - Oui, au nom de tous les indigènes,
Seigneur ! Mais nous ne sommes pas les
porte-paroles des
Diaboloniens. »
Alors le Prince ordonna qu'un
héraut fut amené, lequel fut
chargé de proclamer par tout le camp que
le Prince, Fils de Shaddaï, avait
remporté une parfaite victoire sur la
Cité de l'Âme. La proclamation
devait être faite avec l'accompagnement
des sonneries de trompettes, les prisonniers
devaient suivre le héraut et dire
lorsqu'il avait achevé la
proclamation : Âmen. Il fut fait
comme Emmanuel avait commandé. Alors une
musique mélodieuse retentit dans les
lieux célestes, les chefs
poussèrent des cris de joie, et les
soldats entonnèrent des chants de
triomphe et les louanges du Prince. Les
bannières déployées
claquaient au vent. L'allégresse
débordait de toutes parts. Cependant elle
n'habitait pas encore dans le coeur des
prisonniers.
Ensuite Emmanuel fit venir ceux-ci,
et lorsqu'ils furent en sa présence, le
Prince prononça ces paroles :
« Mon Père m'a donné le
pouvoir et le commandement de pardonner à
la ville de l'Âme ses
péchés, ses offenses, son
iniquité. J'accorde donc un pardon
général et voici le parchemin
scellé des sept sceaux où le dit
pardon est exposé. Vous le lirez demain
à vos compatriotes une fois le soleil
levé. »
Puis Emmanuel ôta les habits de
deuil des prisonniers maintenant
libérés et les revêtit de
gloire, il donna l'huile d'allégresse au
lieu de cendres, un vêtement de louanges
au lieu d'un esprit abattu. Des joyaux, des
chaînes d'or et des pierres
précieuses au lieu des cordes du
condamné.
En apprenant leur pardon, en
constatant les marques de la faveur du Prince,
les prisonniers s'évanouirent presque de
joie tant la grâce avait été
soudaine. Le seigneur Volonté serait
tombé si les bras éternels ne
l'avaient enlacé,
réconforté, affermi. Emmanuel
l'embrassa, l'encouragea il fit de même
avec les deux autres. - Que ceci serve de gage
de mon amour, de ma faveur et de mes
compassions, dit-il, et que M. l'Archiviste ne
néglige point de dire à la ville
tout ce que vous avez vu et
entendu. »
Alors leurs fers volèrent en
pièces sous leurs yeux, leur
démarche fut libre, et s'inclinant
jusqu'en terre ils baisèrent les pieds
d'Emmanuel, et éclatèrent en
cantiques de louange. Le Prince leur dit de se
lever, de retourner à la ville et
là, de dire à leurs compatriotes
la Grâce dont ils avaient
été les objets. De plus, Emmanuel
commanda qu'ils fussent
précédés d'un musicien avec
chalumeau et tambourin, lequel devait jouer tout
le long du chemin. Ainsi s'accomplissaient des
choses qu'ils n'avaient jamais
espérées, et ils
possédaient ce que leurs pensées
n'avait jamais considéré comme
possible. Enfin Emmanuel fit appeler le
capitaine Confiance : avec quelques
officiers, enseignes déployées et
marchant devant les seigneurs
libérés, ils devaient
précéder ceux-ci jusque dans la
Ville. Puis, quand l'Archiviste lirait au peuple
réuni le pardon accordé, le chef
Confiance entrerait par la Porte de l'Oeil avec
ses dix mille hommes et irait jusqu'au
château-fort pour y établir
garnison, tandis que les capitaines Jugement et
Exécution en sortiraient pour retourner
au camp du Prince. »
Désormais les jours d'angoisse
étaient passés, la Ville de
l'Âme ne vivrait plus sous la terreur que
faisait peser sur elle les quatre chefs de la
première armée.
- Imagine si tu le peux, Lecteur,
l'étonnement des citoyens de la grande
Cité. Eh quoi ! C'est en cet
appareil et entourés de tant de gloire
que revenaient les prisonniers ? Ils
étaient descendus au camp en
vêtements de deuil, ils revenaient
vêtus de blanc ! Avec des cordes au
cou, et maintenant ils avaient des chaînes
d'or ! Avec des fers aux pieds, mais
maintenant libres ! Ils marchaient à
la mort, et revenaient avec l'assurance de la
vie ! Ils étaient partis le Coeur
brisé, et revenaient plein
d'allégresse, aux accents joyeux de la
musique. Lorsqu'ils parvinrent à la porte
de l'Oeil, leurs concitoyens
éclatèrent en cris de joie dont
les échos firent tressaillir les chefs et
l'armée du Prince. Ceux qu'ils avaient
cru morts, étaient revenus à la
vie, et ils revenaient vêtus de
magnificence. Il n'était plus question de
cognée ni de billot d'exécution.
C'étaient la joie et
l'allégresse.
- Bienvenus ! Soyez les
bienvenus, criait-on. Qu'il soit béni
celui qui a épargné vos vies. Tout
va bien pour vous ! Mais quel est le sort
réservé à la
Ville ?
- Nous apportons d'excellentes
nouvelles pour la Cité,
répondirent MM. Conscience et
Intelligence ; puis ils racontèrent
en détail tout ce qui leur était
survenu au camp. Quant au message pour la ville,
un mot le résumait : celui de
Pardon ! Mais c'est le lendemain que serait
lu le message du Prince, sur la place du
Marché. Cependant la joie et
l'allégresse étaient telles que
personne ne put dormir cette nuit-là.
Dans toutes les maisons, on entendait des
chants, de la musique, tous débordaient
de bonheur, tous exaltaient le grand amour dont
ils étaient les objets.
Ceux qui se jugeaient et se
condamnaient eux-mêmes en se rendant au
devant de leur Juge s'étaient vu
acquitter bien que coupables, de par la
clémence du Prince. - Était-ce
là une coutume de rois que de faire
grâce aux traîtres ? -
Non ! elle n'appartenait qu'à
Shaddaï et à Emmanuel son
Fils... »
Lorsque le lendemain M. Conscience
commença de lire la sentence de
Grâce, l'acte de Pardon, sur la place du
Marché, un grand silence plana sur la
Ville. Mais quand l'Archiviste arriva à
ces paroles :
« L'Éternel !
L'Éternel ' Le Dieu miséricordieux
et compatissant qui pardonne l'iniquité,
le crime et le
péché... » Les auditeurs
ne purent s'empêcher de sauter de joie, et
l'allégresse éclata de toutes
parts ; les cloches sonnèrent, et
les habitants allant jusqu'aux remparts se
prosternèrent sur les murailles en
regardant vers le camp d'Emmanuel. De
l'armée du Prince
s'élevèrent aussi des cris
d'allégresse, tandis que le son
éclatant des trompettes remplissait l'air
de notes joyeuses, et que les couleurs
étaient hissées. Dans le
château, le capitaine Confiance se fit
voir sur la plus haute tour, puis d'une sonnerie
de trompette il salua la Cité et le Camp
du Prince.
Ce fut ainsi qu'Emmanuel conquit la
ville de l'Âme, l'enlevant à la
domination et à la puissance du tyran
Diabolus.
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