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DES INSTITUTIONS CHRÉTIENNES ÉTABLIES PAR LE NOUVEAU-TESTAMENT.
- DE LA RELIGION
- DU MINISTERE DE CHRIST
- DE L'EGLISE DE CHRIST
- DU MINISTERE CHRETIEN
- DU BAPTEME
- DE LA CENE
- DU CULTE CHRÉTIEN
- DE LA PRIERE
- DES DEVOIRS DES CHRÉTIENS
DE LA RELIGION.
Le mot religion vient du mot latin religare, qui signifie lier, attacher: la religion est le lien qui nous unit à Dieu; telle est son essence. En conséquence elle suppose la connaissance et le service de la divinité.
I. DE L'IMPORTANCE DE LA RELIGION.
Les sciences humaines, en tant qu'elles ont les oeuvres de Dieu pour objet , sont intéressantes ; elles sont utiles : mais la religion nous entretient de Dieu lui-même, l'auteur de tout ce qu'il y a de bon et d'utile au monde. Elle est donc, par son importance, aussi supérieure aux autres sciences, que Dieu est élevé au-dessus de ses ouvrages.
II. Du SENTIMENT RELIGIEUX
Le sentiment religieux, principe de la religion en nous , est ce qui nous unit à Dieu et à un monde supérieur. Un homme religieux est un homme qui s'élève au-dessus du monde borné où nous sommes, pour se rattacher à un monde sans bornes et surtout à Dieu, l'être infini , directeur de ce monde supérieur. Ainsi la religion est la manière de connaître Dieu et de le servir, ou le lien qui nous unit à Dieu et au monde supérieur.
Le sentiment religieux a trois caractères essentiels
1° il est le vrai titre de noblesse de l'humanité il élève l'homme au-dessus des autres êtres de la création, et le fait ressembler au Dieu qu'il recherche. Les animaux ont bien quelque intelligence et surtout quelques affections, mais ils n'ont ni sens moral ni sentiment religieux, c'est-à-dire qu'ils ne sentent pas l'obligation morale et ne peuvent pas s'élever à la connaissance de leur Créateur.
L'homme seul, sur la terre , a une âme faite par sa nature pour se tourner vers Dieu ; voilà sa véritable noblesse.
2° Ce sentiment qui , sur la terre, n'appartient qu'à l'homme, appartient à l'humanité ; chaque homme en apporte le germe à sa naissance , et si ce sentiment n'est pas inné, il est tout au moins naturel et se développe dès que l'homme fait usage de ses facultés.
3° Enfin, le développement du sentiment religieux est la seule source du vrai bonheur pour l'homme. L'animal peut être heureux sans religion , parce qu'il n'a pas besoin de sortir du monde borné où il est appelé à vivre : ce monde-ci lui suffit ; mais l'homme qui sent le besoin de quelque chose d'éternel et d'infini, trouve dans tous les objets de ce monde des bornes qui rendent ces objets insuffisants pour lui ; le monde (c'est-à-dire tout ce qui n'est pas Dieu ou fait par lui) passe avec sa convoitise (1 Jean, 11, 17). Par la nature même des choses , une âme que la religion ne pénètre pas est ou sera malheureuse.
III. DE LA, RELIGION NATURELLE.
La religion naturelle est celle qui résulte de l'exercice de nos seules facultés naturelles, la raison, le sens moral et le sens religieux; on peut dire en quelque sorte de cette religion, que l'homme se la donne à lui-même.
L'imperfection de la religion naturelle paraît dans les trois points que nous allons indiquer :
1° Quant à la connaissance de Dieu, on peut par la seule religion naturelle démontrer l'existence de la divinité : mais ce Dieu reste le Dieu inconnu, celui qu'on honore sans le connaître, comme dit l'Ecriture (Actes, XVII, 23). La raison dit que Dieu est , mais elle ne dit pas clairement ce qu'il est ; aussi, les hommes abandonnés à eux-mêmes sont tombés de bonne heure dans des idées fausses sur Dieu, sa nature et ses desseins; ne pouvant le saisir tout entier, ils l'ont divisé , morcelé, rabaissé ; ils l'ont fait à leur image et l'ont honoré par un culte grossier (Rom., I, 22-25). L'idolâtrie était devenue universelle : les peuples qui suivaient cette religion dégénérée sont désignés par le nom général de Gentils, dérivé du latin gentes, qui veut dire les nations. Un seul peuple y avait échappé, et cela en vertu d'une direction extraordinaire de Dieu : preuve que la raison humaine ne suffit pas pour conserver pure la religion naturelle chez la grande masse des hommes.
2° Quant à la connaissance de nos devoirs, elle existe jusqu'à un certain point au moyen de la religion naturelle; la conscience fait distinguer à tout homme le bien du mal, mais nos passions affaiblissent l'effet de la conscience et nous trompent souvent sur nos obligations ; notre conscience abandonnée à elle-même perd sa délicatesse, tout comme la raison abandonnée à elle-même perd sa lucidité. Les païens étaient si peu d'accord sur les vrais principes de la morale, que Varron , dit le plus grand des Romains , a compté deux cent quatre-vingt-huit opinions différentes des philosophes sur ce que c'est que le souverain bien.
3° Quant à la connaissance d'une vie à venir, la religion naturelle fait espérer cette vie, mais ne la promet pas; les philosophes païens en parlent comme d'une conjecture probable, mais encore douteuse ; il y a loin de là à la foi, qui est une démonstration des choses qu'on ne voit point (Héb., XI, 1) ; la vie a venir est cachée par un voile que la raison ne peut pas lever tout entier; il faut que Dieu lui-même le lève pour nous. - De plus, cette vie à venir sera-t-elle heureuse ou malheureuse ? La conscience nous: fait craindre qu'elle ne soit malheureuse, et par nos seules lumières naturelles, nous ne pouvons jamais être complètement rassurés sur ce point si grave qui tient à l'accord de la justice et de la bonté de Dieu à notre égard.
Espérer faiblement , voilà le seul parti qu'ait à prendre l'homme abandonné à ses seules lumières naturelles; et cependant qu'est la religion pour nous , si ce point n'est pas décidé ? C'est presque comme si nous n'en avions point.
La religion naturelle est une lumière précieuse mais faible, que la révélation seule peut rendre suffisante.
IV. DE LA RELIGION CHRÉTIENNE.
Le christianisme est une religion révélée qui consiste dans la connaissance et le service de Dieu par la rédemption accomplie par Jésus-Christ, Dieu manifesté en chair.
La religion chrétienne repose donc sur la révélation, et celle-ci ne nous est connue que par les livres où elle est renfermée. Leur existence ancienne et authentique, leur autorité divine, sont donc les bases de notre foi, les faits primitifs et fondamentaux qui la soutiennent.
La doctrine de la religion de Christ a deux parties : la première montrant ce que Dieu a fait pour l'homme; l'autre enseignant ce que l'homme doit faire pour Dieu.
La première constitue le véritable caractère qui distingue la religion chrétienne de toutes les autres ; car il n'y a point de fausse religion qui n'enseigne plusieurs pratiques excellentes de morale. Mais enseigner ce que Dieu a fait pour son peuple dans l'oeuvre de la rédemption , est une doctrine qui ne se trouve que dans la religion chrétienne (Apoc,, VII, 10. Héb., V, 9. Rom., VIII, 32. Luc, II, 30. Apoc., XIX, 1 ; XII, 10, 11. Esaïe , I , 8, 9).
La doctrine de Jésus-Christ n'est donc pas une simple doctrine de morale , mais c'est la doctrine de la foi et de la croix, et toute la morale chrétienne a son fondement en Jésus-Christ; c'est de là qu'elle dérive sa perfection et sa gloire (Jean, XV, 4, 5. Philip., I, 11; IV, 13. Osée, XIV, 8).
DU MINISTERE DE CHRIST.
Ce que nous avons dit jusqu'ici sur les institutions religieuses, politiques et civiles des Israélites, sur leurs moeurs et usages , etc., servira à l'intelligence du Nouveau-Testament aussi bien que de l'Ancien ; car le christianisme n'étendit que peu à peu et insensiblement sa puissante influence sur la vie sociale et domestique des Israélites. Jésus-Christ n'est point venu anéantir la loi ou les prophètes, mais les accomplir (Matth., V, 17) ; son but n'était pas d'établir un nouveau culte extérieur, mais d'enseigner une adoration de Dieu en esprit et en vérité (Jean, IV, 23, 24). - Aussi voyons-nous par les Evangiles et par les autres livres du Nouveau-Testament , que le Seigneur et après lui les apôtres et les premiers disciples continuèrent à observer les préceptes de la loi mosaïque, et qu'ils fréquentaient le temple de Jérusalem (Matth., XVII, 24-27 ; XXVI, 17 , etc. Actes , III , 1 ; X , 14; XXI, 26-29, etc.).
Le Seigneur Jésus, avant de quitter ses apôtres , leur promit le Consolateur, l'Esprit de vérité , pour leur enseigner toutes choses (Jean, XIV, 16-18, 26; XVI, 13, 14). - Il promit aussi à Pierre de lui donner le pouvoir des clefs, c'est-à-dire de lier et de délier (Matth., XVI, 19). Il répéta ensuite la même promesse aux douze réunis (Matth., XVIII, 18. Jean, XX, 23).
Jésus, après sa résurrection, voulant mettre les apôtres qu'il avait élus à même d'accomplir le grand ministère dont il allait les charger, et de fonder l'Eglise de la nouvelle économie, leur donna l'autorité de pardonner et de retenir les péchés (Jean, XX, 21, 23). - Puis, au Moment d'entrer dans sa gloire, il leur confia le solennel message d'aller enseigner toutes les nations, et de les baptiser (Matth., XXVIII, 19, 20).
DE L'EGLISE DE CHRIST.
Administrateurs fidèles des mystères de Dieu (1 Cor., IV, 1), les apôtres s'en tinrent scrupuleusement aux termes du message qu'ils avaient reçu (Matth., XXVIII, 19, 20) ; ils allèrent prêcher l'Evangile au peuple juif et à toutes les nations de la terre (Matth., X, 4 -18). - Ils formèrent des Eglises à Jérusalem , dans toute la Judée, l'Asie-Mineure, la Grèce, etc., etc., et leur enseignaient de garder tout ce que Jésus leur avait commandé.
I. Le mot grec ecclesia , d'où est formé celui d'église, désigne en général, chez les auteurs profanes, une assemblée, une réunion quelconque. Il est employé dans ce sens large en quelques endroits du Nouveau-Testament (Actes,, XIX, 32, 40; VII, 38, etc.).
II. Dans son acception chrétienne, le mot église dans les écrits du Nouveau-Testament n'a que deux sens ; il y signifie ou l'Eglise universelle des rachetés de Christ, ou une assemblée, de disciples réunis pour professer leur foi et célébrer leur culte.
1° Il signifie d'abord l'Eglise universelle, invisible, le vrai corps de Christ, l'assemblée entière des élus , tant ceux qui sont sur la terre que ceux qui sont dans le ciel. Il a toujours ce sens lorsque rien, dans le passage où il se trouve, ne détermine ou ne limite sa signification; lorsque rien n'y spécifie ni la contrée ni la ville (Matth., XVI, 18. Actes, II, 47; XX, 28. Ephés., I, 22; V, 23-25, 27, 32. 1 Tim., III , 15. Héb., XII, 23).
2° Le mot église, dans le Nouveau-Testament, désigne en second lieu, une congrégation particulière, visible, composée de croyants qui s'assemblent en un même esprit, pour servir Dieu selon sa Parole. Représentation visible de l'Eglise invisible, une Eglise particulière en porte aussi les noms et les titres (Matth., XVIII, 17. Actes, VIII, 1-3; IX, 31 ; XI, 22, 26; XIV, 23, 27 ; XVI , 5. Rom., XVI, 1, 4, 5, 16. 1 Cor., 1, 2. 2 Cor., VIII , 1. Gal., 1, 22. 1 Thes., 1 , 1 ; II, 14. 2 Thes., I, 1 , 4. Apoc., I, 4).
III. Catalogue de tous les endroits du Nouveau-Testament où se trouve le mot église dans l'original :
Matth,, XVI, 18; XVIII, 17. -
- Actes, II, 47 ; V, 11 ; VII , 3 8; VIII, 1, 3; IX, 31 ; XI, 22, 26; XII, 1, 5; XIII, 1 XIV, 23, 27 ; XV, 3, 4, 22, 41 ; XVI, 5; XVIII, 22; XIX, 32, 39, 40 ; XX, 17, 28.
- Rom., XVI, 1, 4, 5, 16, 23.
- 1 Cor., I, 2 ; IV, 17 ; VI, 4; VII, 17 ; X, 32; XI, 16, 18, 22; XII, 28; XIV, 4, 5, 12, 19, 23, 28, 33-35; XV, 9; XVI, 1, 19.
- 2 Cor., VIII, 1, 18, 19, 23, 24: XI, 8, 28; XII, 13. - Gal., I , 2, 13, 22.
- Ephés., I, 22; III, 10, 21 ; V, 23-25, 27, 29, 32.
- Philip., III, 6 ; IV, 15.
- Col., I, 18, 24 ; IV, 15, 16.
- 1 Thes., 1, 1 ; II, 14.
- 2 Thes., 1, 1, 4.
- 1 Tim., III, 5, 15 ; V, 16.
- Phil., 2.
- Héb., Il, 12; XII, 23.
- Jacq., V, 14.
- 3 Jean, 6, 9, 10.
- Apoc., I, 4, 11, 20 ; II, 1, 7, 8, 12 , 18, 23 ; III, 1. 7, 14; XXII, 16.
DU MINISTERE CHRETIEN.
Le ministère, dans l'acception la plus large de ce mot, en tant qu'il se rapporte à l'Eglise, nous est représenté , par les écrivains du Nouveau-Testament, comme un service quelconque des saints envers Dieu, et des uns envers les autres (1 Pierre, IV, 10). - Dans une acception plus restreinte, il se rapporte à des offices spéciaux (Ephés., IV, 11). - Il y avait diverses sortes de ministères dans les Eglises de Rome, de Corinthe et d'Ephèse (Rom., XII, 6-8. 1 Cor., XII, 5-11, 28-30 ; XIV, 26).
Les apôtres, les prophètes et les évangélistes exercèrent un ministère spécial dont Dieu s'est servi pour l'établissement de l'Evangile.
- Du ministère de fondation.
1. Apôtres.
Le mot d'apôtre, qui vient du grec, signifie envoyé. Les apôtres proprement ainsi nommés, les douze, sont les envoyés extraordinaires du Seigneur, ses véritables ambassadeurs. Ils viennent directement, officiellement de la part du Roi des rois. Ils sont les docteurs et les législateurs infaillibles de l'Eglise, ils possèdent le pouvoir des clefs. Tous les fidèles sont tenus de suivre leurs enseignements (Matth., XVIII, 18 ; XVI, 18, 19 ; XIX, 28. 1 Cor., XII, 28. Ephés., IV, 11. 1 Cor., IV, 17 ; VII, 17; XI, 22, 23. 2 Cor., X, 6, 8. 1 Tim., II, 7, 8. Ephés., II, 20).
Les apôtres se nommaient volontiers ministres, c'est-à-dire serviteurs de Dieu, de Jésus-Christ (Ephés., VI, 21. 1 Thes., III, 2. Rom., XV, 16).
II. Prophètes.
Les prophètes, dans les premiers temps de l'Eglise, formaient cette classe de serviteurs de Christ qui prédisaient l'avenir, et qui instruisaient, exhortaient et consolaient les frères, par une révélation particulière de l'Esprit de Dieu (Actes, XI, 27, 28).
III. Evangélistes.
lis assistaient les apôtres dans les fonctions de leur ministère , et les accompagnaient dans leurs voyages. Ils organisaient les Eglises, nommaient les anciens, jugeaient les différends qui pouvaient survenir entre les anciens et les frères , veillaient sur la doctrine , rejetaient de leur autorité propre les hérétiques , affermissaient les assemblées, recueillaient des aumônes et les portaient d'une Eglise à une autre, selon le besoin - observant fidèlement , en toutes ces choses, les instructions des apôtres qui leur avaient conféré , avec l'imposition des mains, des pouvoirs extraordinaires (Actes, XXI, 8 ; VIII, 26-40 ; XVI, 3, 4 ; XIV, 23. Rom., XVI, 21. Ephés., IV, 11, 12. 1 Cor., IV, 17. 2 Cor., VIII, 23. 1 Tim., I, 3. 2 Tim., 1, 6; IV, 5, 9-12, 20. 1Tim., V, 19, 20, 22. Tite, 1, 5 ; III, 10, 11).
IV. Docteurs.
Dans l'Eglise qui était à Antioche, il y avait des docteurs (Actes , XIII, 1). - Il ne nous est donné dans la Parole aucun renseignement sur les spécialités de leur ministère.
- Du ministère permanent.
Dieu ayant promis de donner à son peuple des pasteurs selon son coeur pour le paître de science et d'intelligence (Jér., III, 15 ; II, 8. Ezéch., XXXIV, 2, 5), Jésus-Christ a établi des ministères permanents pour l'instruction et l'édification de ses troupeaux. Ils portent divers noms.
I. Anciens (presbyteroi).
L'office d'ancien est établi de la part de Dieu afin de pourvoir, dans chaque troupeau, au maintien de l'ordre et de la discipline (Actes, XIV, 23).
II Evêques (episcopoi).
Les termes d'évêque et d'ancien ne désignent dans l'Eglise apostolique qu'un seul et même office (1). C'est ce qui ressort de ce passage de la Parole - Que tu établisses des anciens (presbyterous) Car il faut que l'évêque (episcopos) soit irrépréhensible (Tite, 1, 5, 7). - De même, Paul fait venir à Milet les anciens (presbyterous) de l'église d'Ephèse et leur recommande le troupeau sur lequel le Saint-Esprit les a établis évêques (episcopous) (Actes, XX, 17, 28. Philip., I, 1. 1 Tim., III, 1, 2).
III. Pasteurs.
Le nom de pasteurs, qui signifie la même chose que bergers, n'est employé qu'une fois dans le Nouveau-Testament pour désigner une certaine classe de ministres dans l'Eglise (Ephés., IV, 11). Mais on a tout lieu de croire qu'il est, dans ce passage, l'équivalent d'évêques ou anciens, car paître est indiqué (Actes, XX, 28) comme l'office de l'évêque et de l'ancien.
IV. Diacres.
Le nom de diacre est dérivé du grec diaconos qui signifie serviteur. C'est pourquoi dans le Nouveau-Testament le substantif diaconos est souvent employé d'une manière tout-à-fait générale pour indiquer un serviteur quelconque. - Mais il y désigne aussi une classe de fidèles chargée du soin de préparer tout ce qui était nécessaire pour le culte, de visiter les pauvres et les malades, etc. (Actes, VI, 1-6. 1 Tim., III, 8, 10, 13).
V. Diaconesses (grec servantes)..
Il y avait également des diacres femmes ou diaconesses dans l'Eglise primitive , qui remplissaient auprès des femmes les mêmes fonctions que les diacres remplissaient auprès des hommes (Rom., XVI , 1).
VI. Imposition des mains. -
Quant à l'imposition des mains pratiquée du temps des apôtres, nous voyons , d'après le témoignage du Nouveau-Testament, qu'elle avait lieu dans diverses circonstances et avait aussi diverses significations. En effet, l'imposition des mains signifie parfois une simple bénédiction (Matth., XIX, 13 , 15) ; ou la reconnaissance d'un ministère ou service dans l'Eglise (Actes, VI, 6) ; ou bien elle accompagnait la recommandation des frères à la grâce de Dieu pour une oeuvre particulière (Actes, XIII, 1 -4) ; quelquefois c'était un acte par lequel le don du Saint-Esprit était communiqué (Actes, IX, 17 ; VIII, 17, 18; XIX, 6) ; enfin, c'était aussi un signe visible qui accompagnait un miracle (Marc, XVI, 18).
DU BAPTEME.
L'usage de l'eau, comme signe de purification dans les cérémonies religieuses, est très naturel ; aussi la plupart des anciens peuples ont-ils eu des ablutions légales. Les Juifs eurent aussi des ablutions, même avant la loi (Gen., XXXV, 2). Dans le désert, Dieu institua des purifications légales régulières (Exode, XIX, 10-14 ; XXIX, 4, 21. Lév., VIII, 6, 11 ; XVI, 14, 15. Nomb., XIX, 13, 18, 20).
I. Le mot baptême , qui est d'origine grecque, indique primitivement l'action de plonger, de tremper, puis de laver et de nettoyer.
II. Le baptême fut institué par Jésus-Christ, comme chef de l'Eglise, pour être une ordonnance de la nouvelle alliance, peu de temps avant de monter au ciel (Matth., XXVIII , 19).
III. Voici classés sous divers chefs les principaux passages du Nouveau-Testament qui se rapportent au baptême:
- 1° La prédication et le baptême de Jean-Baptiste (Matth., III, 1-10. Marc, I, 4, 5. Luc, III, 1-9, 10-17. Matth., III, 11 , 12. Marc, 1, 7, 8. Jean, 1, 6, 19, 20, 25, etc. ; III, 23. Luc, VII, 29; XX, 1-8. Matth. , XXI, 23-27. Marc, XI, 27-33. Actes, 1, 5, 22; X, 37; XIII, 24; XVIII, 25; XIX, 1- 7).
- 2° Le baptême de notre Seigneur Jésus-Christ (Matth., III, 13-17. Marc, 1, 9-11. Luc, III, 21, 22).
- 3° Christ baptisant (par ses disciples) en Judée (Jean, III, 22 , 26; IV, 1 , 2; X, 40-42; I, 28; III, 23).
- 4° La mission donnée par Christ à ses disciples (Marc, XVI, 15, 16. Matth., XXVIII, 18-20)
-5° Le baptême au jour de la Pentecôte (Actes, 11, 36-47).
- 6° Philippe baptisant à Samarie (Actes, VIII, 5, 12, 13).
- 7° Le baptême de l'eunuque (Actes, VIII, 26-40).
- 8° Le baptême de Paul (Actes, IX, 17 , 18; XXII, 12-16).
- 9° Le baptême de Corneille et de ses amis (Actes, X, 1 , 2, 44- 48).
- 10° Le baptême de Lydie et de sa famille (Actes, XVI, 13-15, 40).
- 11° Le baptême du geôlier (Actes, XVI, 25-34).
- 12° Paul baptisant à Corinthe (Actes, XVIII, 1-8. 1 Cor., I, 13-17 ; XVI, 15).
- 13° Les allusions de Paul au baptême (Rom. , VI, 3-5. Col., II, 12. Ephés., IV, 5. 1 Cor. , XII, 13. Gal. , III, 27. 1 Cor., XV, 29. Héb., VI, 1, 2).
- 14° Les images figuratives du baptême par des évènements anciens (1 Cor., X, 1 , 2. 1 Pierre, III, 18-22).
- 15° Le Christ montrant ses souffrances sous la figure du baptême (Luc, XII, 50. Matth., XX, 20-23).
DE LA CENE.
I. Le mot cène signifie souper. Cette ordonnance est ainsi désignée dans l'Ecriture (1 Cor., XI, 20), parce que Jésus-Christ l'institua la veille de sa mort, immédiatement après le souper de la Pâque, qui avait toujours lieu le soir (Matth., XXVI, 17, 20, 26. Exode, XII, 6, 8). Elle est appelée aussi la table du Seigneur (1 Cor., X, 21), à cause des biens excellents qui y sont offerts à notre foi, pour la nourriture de nos âmes. On la nomme aussi quelquefois Eucharistie, mot grec qui signifie actions de grâces.
II Le Seigneur mangea d'abord l'agneau pascal avec ses disciples (Luc, XXII , 15) ; puis, selon l'usage des Juifs, il leur donna la coupe pascale (Luc, XXII, 17, 18). Ensuite il institua la cène (Luc, XXII, 19, 20. Matth. XXVI, 26-28. Marc, XIV, 22-24. 1 Cor., XI, 23-26).
III. La. cène nous rappelle le don que Dieu nous a fait de la chair et du sang de son propre Fils, pour nourrir nos âmes en vie éternelle (Jean, VI, 32, 48-51). En effet, le pain rompu représente le corps de Jésus-Christ crucifié, et le vin versé, son sang répandu sur le Calvaire. - La mort de Jésus-Christ nous y est donc annoncée par la distinction des deux éléments, lesquels nous représentent, l'un son corps, et l'autre son sang (1 Cor., XI , 23-26).
IV. La célébration de la cène était souvent précédée d'un repas pris en commun, nommé agape ou repas d'amour: repas simple et destiné à resserrer les liens de l'amour fraternel (1) (Actes, 11, 46). - Dès que la vie spirituelle baissa dans l'Eglise, les agapes furent sujettes à de graves abus et peu à peu cessèrent (1 Cor., XI, 21, 22).
DU CULTE CHRÉTIEN.
I. on entend par culte religieux, les hommages et la manifestation des sentiments que nous devons au Dieu miséricordieux et parfait, actes par lesquels nous professons de nous confier en lui et de lui être soumis comme à notre Dieu en Christ, et de lui attribuer la louange et la gloire qui lui sont dues, comme à notre souverain bienfaiteur et à la seule source de toute bénédiction (Ps. XCV, 6 , 7; LXXIX, 13 ; LXX, 4 ; C).
II. Le culte chrétien est un culte spirituel et non cérémoniel; car l'Evangile nous enseigne à communiquer avec Dieu non par les yeux, mais par l'esprit. Le croyant adore Dieu en esprit et en vérité (Jean, IV, 24.).
III. Actes divers du culte public:
1° La prière: partie essentielle du culte établie par Dieu et prescrite par l'Ecriture (Philip., IV, 6. 1 Thes. , V, 17. 1 Tim., II, 4-8).
2° Le chant des louanges de Dieu: acte formel du culte, sous le Nouveau-Testament (Ephés., V, 19, 20. Jacq., V, 13. Col., III, 16).
3° La lecture et la méditation de la Parole de Dieu; car c'est par elle que Dieu veut bénir son peuple (Luc, XI, 28. Actes, X, 33).
Dans la prière et le chant des louanges de Dieu, c'est nous qui parlons à Dieu; dans la lecture de la Parole, c'est Dieu qui nous parle; et il nous est bon d'écouter (I Sam., III, 9).
4° La cène du Seigneurnous rappelle son amour et la grandeur de son salut: culte vrai et spirituel par excellence (Jean, IV, 23, 24).
DE LA PRIERE.
I. Prier, dans le sens le plus général, c'est élever son coeur à Dieu et s'entretenir avec lui (Ps. XXV, 1 ). Il y a différents actes de prière :
1° L'adoration ou la louange, que nous rendons à l'Eternel lorsque, en nous présentant devant lui, nous considérons, d'un côté, ses perfections, sa gloire, la magnificence de ses oeuvres, et de l'autre, notre petitesse , notre néant et notre entière dépendance de sa puissance et de sa bonté (Ps. XCVI, 7-9; VIII; CIV, 24-35; CXXXIX, 1-18).
2° Les bénédictions ou actions de grâces, qui consistent à reconnaître, dans un coeur touché de l'amour infini du Seigneur, les bienfaits que nous en avons reçus (1 Thes., V, 18. Ps. CIII, 20-22;, CIII, 1-5),
3° La confession des péchésconsiste à reconnaître, en nous humiliant devant Dieu, les péchés qui nous ont souillés ou nous souillent encore (Lam. , III, 41 , 42. Prov., XXVIII, 13. 1 Jean, I, 9. Ps. LI, 3-7 ; XXXII, 3- 5; CXXX, 3. Dan., IX. 2 Sam., XXIV, 10, 17. Luc, XVIII , 13).
5° L'invocation ou la supplicationconsiste à demander au Seigneur les grâces dont nous avons besoin (Philip., IV, 6. Matth., VII, 7-11. Luc, XI, 5-13. Ps. L, 45 ; CXVI, 4; LXXXVI ; XLIII; CXLIII; CXXII; CXXX; etc. , etc. ).
II. L'Oraison dominicale ou prière du Seigneur (Matth., VI, 9-13. Luc, XI, 1-4), par cela même qu'elle a été donnée par Jésus, doit être parfaite; cette perfection consiste en trois choses. Cette prière est complète, car elle renferme tout ce que nous devons demander à Dieu pour notre bien temporel et spirituel; elle contient des louanges et des actions de grâces, et mentionne les motifs que nous avons de nous adresser à Dieu. Elle est courte et peut être retenue par tout le monde. Enfin elle est claire et ,simple, à la portée de tous.
Cette prière se divise en deux parties; la première, précédée d'une préface, renferme trois demandes relatives à la gloire de Dieu; et la seconde, suivie d'une adoration, contient aussi trois demandes, relatives à notre avantage temporel.
DES DEVOIRS DES CHRÉTIENS.
La Loi du Seigneur est la règle et la seule règle des devoirs des disciples de Christ.
Comme nous l'avons dit, nous avons un abrégé des lois morales dans le décalogue ou les dix commandements (Exode, XX, 1-17. Deut., V, 6-21). Les préceptes du décalogue sont de leur nature des prescriptions spirituelles et morales, qui ordonnent l'adoration de Dieu et l'amour du prochain. - Jésus-Christ nous a donné le sommaire de la loi (Matth., XXII, 34-40. Marc, XII , 28- 34. Luc, X, 27. Deut., VI, 4, 5. Lév., XIX, 18) , et ses déclarations prouvent incontestablement que , aux yeux du Législateur suprême, la substance et la fin de la loi étaient l'amour et l'obéissance.
Ainsi donc, comme le décalogue renferme en abrégé tous les préceptes de la loi divine, les dix commandements sont tous résumés eux-mêmes dans l'amour souverain que nous devons à Dieu, et dans l'amour du prochain,
. CONCLUSION.
Tout ce qui a été dit dans cet ouvrage se résume dans ces paroles : SONDEZ LES ECRITURES habituellement, journellement, et en priant Dieu avec ardeur de vous accorder le secours de son Esprit.
Le commandement est positif, l'obligation est universelle et les avantages en sont immenses. Quelle que soit la situation où vous êtes placés dans la vie, vous trouverez dans les Ecritures quelque chose qui vous concerne particulièrement, et qu'il vous est infiniment important dé connaître et de retenir dans votre coeur.
En effet, tous les hommes, à quelque condition qu'ils appartiennent, quels que soient leur position et leur âge, rois et sujets, peuples et ministres, maris et femmes, parents et enfants, maîtres et serviteurs , riches et pauvres, justes et pécheurs, heureux et malheureux, savants et ignorants, « tous , » comme le dit l'évêque Cranmer, « peuvent apprendre dans la Bible les choses qu'ils doivent faire et celles dont ils doivent s'abstenir, tant en ce qui concerne Dieu qu'en ce qui concerne le prochain ou eux-mêmes. »
Cher lecteur, voici mon conseil SONDEZ LES ECRITURES !
FIN.
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