Il est écrit:
TA PAROLE EST LA VERITE  (Jean 17.17)
Cela me suffit...
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(Notre confession de foi: ici)
Il est écrit:
TA PAROLE EST LA VERITE
(Jean 17.17)
Cela me suffit...



PENSÉES DU MATIN 


6 janvier 1904.

Quelle est la pensée de Jésus-Christ et du Nouveau Testament sur l' « absolute surrender » ou l'absolue consécration, dont parlait Pierson aux réunions de Mildmay? Ses paroles font envie.

Elles m'inspirent cependant un doute dans leur conclusion. On dirait qu'il suffit d'un acte momentané pour opérer l'entier abandon. Et cependant les faits montrent que cet abandon n'est jamais entier, ou plus exactement qu'il y a toujours en nous des régions opaques, non traversées par le rayon lumineux.

Je crois que la consécration est accomplie sur la croix par le fait même du sacrifice de J.-C. La foi, par laquelle je saisis Christ, est donc l'acceptation implicite d'une consécration toute faite. Et ce qu'on appelle la consécration, l' « absolute surrender, » n'est que la reconnaissance en fait de ce qui est accompli en droit, du côté de Dieu et de Jésus-Christ par la Croix, de notre côté par la foi. Quand on parie de « se consacrer, » de « réunions de consécration, » etc., on parle à côté, on est jusqu'à un certain point dans la fiction. Et ici on pourrait dire bien des choses sur l'erreur, la superficialité de toute une école, de toute une méthode qui extériorise et par là même rend superficiel et écoeurant ce qu'il y a de plus intime dans la vie chrétienne.

Et cependant il y a quelque chose de vrai dans le « mouvement de consécration, » dans les appels à la consécration. D'abord il est nécessaire que le droit de Dieu soit reconnu, et il y a fort à faire pour cela. Que de gens qui en prennent et en laissent, se figurant que l'on peut avoir le bénéfice du sacrifice de J.-C., et cependant rester son propre maître, disposer à volonté de soi-même, de ses enfants. Ensuite il faut que le droit soit accepté, et il se peut bien que sous l'action de la prédication, ou d'une lecture, ou d'une réunion, cette double adhésion, celle de l'intelligence et celle de la volonté, soient données plus complètement; c'est ce qui s'appellera « se consacrer. » Mais le mot tel quel prête à des malentendus comme celui de réveil, et ici comme ailleurs, et plus qu'ailleurs, c'est le cas de répéter : Res non verba.

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12 octobre 1908.

... Malgré tout, le pacte tient; oui malgré tout, par la miséricorde qui m'est faite, j'ai ce ministère et je le garde. Je veux, comme le souverain prêtre, « me sanctifier moi-même pour eux. » C'est là le sens de ma vie. Ma vie ne m'appartient plus; je suis mort. Ce que tu me rends est à toi. Et pour autant que tu m'en laisses la disposition, je te la donne pour ton service et le service des âmes. Je veux me donner, me livrer pour eux. Par mon amour, par mon service, par ma prière, je veux être pour tous, et particulièrement pour ceux que tu as mis sur mon chemin et près de mon coeur, un moyen de bonheur, de paix, de force, de vie, de salut. Accepte-moi une fois de plus. Et rends vraies par ton Saint-Esprit, toutes ces intuitions d'une vie véritable et sacerdotale où s'opère incessamment le sacrifice que tu acceptes et qui n'est point stérile.

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27 octobre 1908.

Accepter la mort; devenir un instrument de Dieu pour le salut des âmes; n'être plus que cela; oui, malgré les misères quotidiennes je le désire ardemment. Oh! fais-moi cette grâce!

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5 décembre 1909.

Il faut se séparer même de ceux auxquels on veut être en bénédiction. On leur est parfois plus utile en les quittant qu'en restant avec eux et en pesant sur eux. Saint Cyran se retirait, attendant qu'on le cherchât et même qu'on le forçât. Sachons nous séparer. Un peu d'amour rapproche; plus d'amour sépare et isole, mais pour produire plus sûrement la bénédiction et l'union suprême et définitive en Jésus-Christ.

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28 juillet 1910.

La condition de l'ordre, c'est d'en respecter le principe qui est : Dieu au centre.

Au centre de la vie, au centre du coeur, et pour ne retenir qu'un aspect pratique de cette règle formidable : Dieu au centre de la journée, au centre, disons surtout au point de départ, pendant cette heure matinale qui est la clef de la journée. Ayons-la à tout prix.

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3 mai 1911(1).

« You cannot do it. If you could do it, it would no more be God's work. God must do it (2). »,

Ces mots de Bishop Lloyd peuvent être mal compris, si on en déduit l'inaction et la passivité absolue.

Pour moi, ils ont été l'appel le plus pressant à la confiance en Dieu et à la prière que j'aie entendu.

Ils m'ont fait voir dans mon oeuvre, non une vulgaire entreprise de collecteur, mais une portion de l'oeuvre de Dieu. Or l'oeuvre de Dieu ne serait plus l'oeuvre de Dieu, si elle devait être fabriquée par les hommes. C'est Dieu qui la fait par nous, ses instruments. Il faut donc aller à lui et tout attendre de lui.

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11 mai 1911.

Etre comme Jésus. Avoir l'Esprit de Jésus.

Les hommes qui m'ont le plus donné l'impression de la présence de Dieu, de la sainteté, sont ceux auprès desquels je me suis senti élevé vers le bien et détaché du mal. Ils habitent des sommets où la médisance expire. Pas possible auprès d'eux de cancaner, de déblatérer. Ils absorbent le mal et ils émettent le bien comme des rayons. Je pense à M. Appia... et à d'autres.

Jésus est l'être qui a absorbé tout le mal et qui n'a émis que le bien.

Etre comme lui. Avoir son esprit.

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11 Mai 1911.

Oh ! être une source d'amour et de bienveillance. Etre de ceux qui procurent la paix, qui surmontent le mal par le bien!

Mais il faut plus que cela; ou plutôt il faut cela dans son essence, qui est l'Esprit même de Dieu, l'Esprit de Jésus.

Oh! donne-le-moi, Seigneur.

L'Esprit de Jésus pour juger, discerner, parler, se taire, agir, décider..

« Je ne vous laisserai point orphelins. Je viendrai à vous (3). »

« Il vous conduira dans toute la vérité (4). »

 

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Il vous est avantageux que je m'en aille, car, si je ne m'en vais, le Saint-Esprit ne viendra pas....

Jean, XVI, 7

4 et 5 juin 1911.

C'est vrai de Jésus au sens absolu, mais vrai aussi de toutes les relations d'âme.

Il y a des contacts qui séparent. Il y a des séparations qui rapprochent et qui sont la condition indispensable de l'action profonde et définitive.

Il y a aussi des conversations qui séparent et qui font du mal. Et il y a des silences qui parlent.

Ce qui sépare, ce qui tue la vraie affection et la vraie action, c'est l'égoïsme, la recherche de soi.

Ne vouloir rien pour soi, pas même la reconnaissance exprimée, pas même l'approbation ou l'acquiescement, pas même l'affection manifestée.

Jésus a fait le sacrifice de tout cela ! Il y tenait cependant, et il l'a eu parfois : « Seigneur, nous avons tout quitté et nous t'avons suivi (5)... Seigneur, à qui irions-nous qu'à toi (6). »

Il a donc eu l'acquiescement, la reconnaissance exprimée. Mais il ne les a eus que partiellement, à certains moments, par intermittence. Et, au moment décisif, tout cela lui a manqué. Il a préparé son sacrifice, fait les derniers pas dans sa voie douloureuse, entouré d'incompréhension, et il a été finalement l'objet de l'abandon total, de la trahison des siens.

C'est seulement après sa mort et sa résurrection qu'il a obtenu de Pierre le triple: « Seigneur, tu sais que je t'aime.... »

Oh! quelle joie pour lui que ce triple témoignage ! Mais il avait dû, il avait su s'en passer. Et il ne l'avait pas réclamé au moment du combat suprême. Il ne l'a même réclamé après que pédagogiquement, si l'on peut ainsi dire. Même alors, il a évité plutôt que recherché les protestations et les effusions, ou les témoignages d'une affection trop humaine: Noli me tangere.

0 Jésus ! Qui m'apprendra à aimer comme toi?

Qui m'apprendra à me taire, à me séparer quand il le faut, pour que l'action de l'Esprit puisse se produire directement sur l'âme?

Qui m'apprendra le silence? Qui m'apprendra la confiance que tu as eue toi-même dans « l'autre Consolateur » et dans son action?

0 Dieu ! consume ce qu'il y a encore de trop humain, de terrestre, d'égoïste, d'inférieur dans mon coeur, dans mes affections, dans mes relations.

Détruis tout désir de satisfaction personnelle.

Purifie mon coeur, et toutes mes pensées, tous mes désirs, toutes mes affections.

Consume tout ce qui n'est pas selon toi. Et malgré tout, accepte-moi. Accepte ma prière pour les âmes, et le sacrifice que je veux faire, que je fais de moi-même en priant pour « qu'elles soient sanctifiées. »

Oh ! être béni et en bénédiction !

 

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9 octobre 1911.

Il y a des moments où il ne suffit plus de prier; il faut agir. Ou plutôt il faut que la prière devienne un acte, un acte de confiance spirituelle, non seulement pour le passé que la grâce de Dieu efface, mais pour l'avenir, et surtout pour le présent qu'elle peut assurer.

Sans cela les jours, les nuits, les années se passeraient à s'inquiéter et à se rassurer alternativement, et le temps de l'action se perdrait irrévocablement.

L'heure est venue de saisir la grâce par un acte de foi et de reprendre l'épée pour le combat de chaque jour.

Je veux obéir, croire, agir.

Je veux accepter la grâce pour tout le passé.

Je veux tout lui remettre dans le présent et dans l'avenir, tout ce qui concerne ceux qu'il m'a donnés et confiés, tout ce qui concerne mon oeuvre, tout ce qui concerne ma propre âme et ma vie.

Et je veux avec son secours tout reprendre, toutes les saintes résolutions des jours décisifs, toutes les habitudes qui forment le cadre et le soutien de ma vie intérieure, toute t'inspiration, toute l'impulsion, toutes 'les puissances de l'amour.

L'amour de Dieu en Jésus-Christ.

L'amour, la charité, principe de vie, victorieux de la paresse et de l'égoïsme.

Quelle place ce qu'on est convenu d'appeler l'idéal occupe-t-il dans la Bible? Avoir son idéal, se rapprocher de son idéal, trouver, manquer son idéal; toutes ces manières de dire et de penser sont-elles chrétiennes ?

Je ne crois pas. Pour la Bible, un seul idéal : la perfection. Et la perfection, c'est le devoir.

On peut faire tant de bien en s'oubliant. L'homme qui saurait véritablement s'oublier, tous viendraient à lui. Tous feraient de leur vie une partie de la sienne, parce qu'il aurait fait la sienne de la leur. Cet homme a existé, c'est Christ. Soyons comme lui, et, pour y parvenir, soyons en lui

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11 février 1912.

Par moments, les exemples les plus émouvants et les plus décisifs de la grâce de Dieu dans les vies individuelles ne suffisent pas à ramener la vie et la confiance; ni les exemples qu'offre l'histoire. ni même ceux qu'offre la Bible.

On peut toujours se dire : oui, mais mon cas est spécial; plus complexe, plus grave; mon péché est plus odieux, plus inexcusable, plus irrémissible, plus inguérissable. Aucun de ces exemples n'est probant; tous, même les plus décisifs, me laissent découragé, plein de doute et de désespoir....

A cette situation, il n'y a qu'un remède : le recours à la promesse, le recours à la croix, le recours à Jésus.

Les promesses les plus simples, les plus générales : « Voici l'Agneau de Dieu qui ôte le péché dit monde (7). » Mon péché fait partie du péché du monde; donc Il a ôté, Il ôte mon péché.

« Quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi (8). »

Tous les hommes : je suis un homme, donc je puis céder à l'attrait.

« Il a donné son Fils unique afin que quiconque croit ait la vie éternelle (9).»

Quiconque ! je puis m'identifier à quiconque !

Donc, allons à lui. Regarde et crois, tes péchés te sont pardonnés, Lève-toi et marche....

Et de même que pour la grâce, les promesses de Dieu et le fait de Jésus-Christ et de sa croix sont seuls suffisants; de même pour les difficultés de la lutte, pour la tâche, pour la guérison de l'âme, pour l'accomplissement de l'oeuvre, pour la solution du problème, pour l'exaucement des prières, il n'y a que la promesse et que le fait, la personne qui résument la promesse et en qui elle s'incarne Jésus-Christ solution, Jésus-Christ délivrance, Jésus-Christ réduction des dualités,

Seigneur, je t'apporte tout, Seigneur je te remets tout.

« Il fait tout bien. »

Voilà ce qu'il faut saisir parla foi.

Et puis levons-nous, marchons, agissons, bâtissons.

Seigneur, tu le sais, j'ai essayé cent fois....

« Toutefois, sur ta parole, encore une fois, je jetterai le filet. »

Ce dimanche 11 février, 9 h. 45 matin.

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ABRAHAM BENI ET EN BENEDICTION

NOTES EN VUE DU SERMON PRÊCHÉ À LA ROCHELLE LE 25 FÉVRIER 1912.

Je te béniras, je rendrai ton nom grand et tu seras une source de bénédiction.

Genèse, XII, V. 2.

Février 1912.

... Il n'y a pas à dire, c'est Abraham qui a rendu possible, par sa foi, l'entrée du Salut dans le monde; et c'est la race d'Abraham qui continue à rendre possible la propagation du salut dans le monde.

Il y a deux peuples, deux humanités : l'humanité naturelle, pécheresse, suivant la voie de la perdition et allant son chemin vers la mort, et l'humanité nouvelle, le peuple de Dieu, allant à la vie, et rendant possible le retour de l'humanité à la vie. Cette deuxième humanité a sa source dans Abraham. Jésus est fils d'Abraham. Les croyants sont, eux aussi, fils d'Abraham. Il faut opter : ou aller avec la masse, suivre le chemin large, aller à la mort - ou entrer dans l'alliance d'Abraham, marcher sur les traces d'Abraham; aller à la vie, et solliciter l'humanité vers la vie. Dieu, montre-moi à moi-même, et donne-moi de faire sentir à ceux qui m'entendent, combien cela est sérieux, profondément, tragiquement, véritablement sérieux.

Donne-moi. ce sermon, avant tout pour moi, et que, en le prêchant, j'accomplisse un acte intérieur; que je renoue une fois de plus l'alliance....

Hélas! comment le faire, moi qui ai si souvent et en tant de manières trahi l'alliance après l'avoir conclue?

 

AUTRES NOTES POUR LE MEME SERMON

Préserve-moi Seigneur de faire sentir ma fatigue. Donne-moi une bonne nuit de repos.

Donne-moi ce sermon.

Purifie mes lèvres, et mon coeur, et ma vie (Esaïe 6).

Donne-moi de les toucher.

Comment les saisir?

Je dois parler de missions. Mais comment parler de missions quand la patrie est malheureuse. Comment parler des nations païennes quand la France revient au paganisme?

La préoccupation de la patrie est impérieuse et obsédante.

Je ne puis prêcher sur les missions à part. Mon sujet est : Comment se formera un peuple de Dieu qui sera béni et en bénédiction pour notre patrie?

0 Dieu rends-moi un élan, la vigueur, la force. Ote cette fatigue....

Comment combiner l'élément missionnaire avec le sujet?- Le laisser pour la fin dans le sermon lui-même étudier simplement et directement la question. Comment être le sel de la terre: comment être en bénédiction à l'humanité. - Montrer en Abraham, le type de ceux qui sont, pour eux-mêmes, pour leur race, pour lé monde, bénis et en bénédiction. - L'application missionnaire viendra

1° dans le : se séparer,

2° dans le : se solidariser et intercéder,

3° dans le : se sanctifier.


Table des matières

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1. Ecrit à la suite d'un séjour en Amérique où il avait souvent été submergé par l'angoisse.
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2. Vous ne pouvez pas le faire vous-même. Si vous le pouviez, ce ne serait plus l'oeuvre de Dieu. Il faut que ce soit Dieu qui le fasse.
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3. Jean, XIV, 18.
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4. Jean, XVI, 13.
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5 Matthieu, XIX, 27.
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6. Jean, VI, 68.
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7. Jean, I, 29.
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8. Jean, XII, 32.
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9. Jean, III, 16.

 

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